Speaker #0Je suis kiné libéral en France dans le Var et aujourd'hui je vais faire une vidéo sur ce que l'accès direct a changé et ce qu'elle apporte dans ma pratique. Comme à mon habitude, je vais essayer d'être le plus théorique, le plus pratique et le moins théorique possible. Donc je vais partir d'une situation concrète. Un patient vient me voir, c'était pour une main. Allez, je vais. Je prends le cas d'une patiente. Elle vient me voir pour une main. Ça commence à aller de mieux en mieux. Ce n'est plus du tout une urgence. Elle a quand même beaucoup d'autonomie. Elle vient et elle me dit qu'elle a une épine calcanéenne. Elle a refait un scanner et que le scanner ressort avec une épine calcanéenne. Je lui dis, écoutez, si ça vous intéresse, à la prochaine séance. Nous pourrons faire un bilan et on pourra regarder ce qu'on peut faire pour votre cheville. Ça, c'est un exemple concret de l'accès direct, c'est-à-dire que le patient, la patiente, n'a pas besoin de retourner par la case médecin, n'a pas besoin d'une prescription pour que je puisse réaliser et être payé pour un bilan et pour des séances qui s'accompagnent. Les conditions pour ça, il a fallu que j'adhère à une CPTS. Une CPTS, en gros, c'est un regroupement de professionnels de santé dans un bassin de vie. Et le but de la CPTS, c'est de promouvoir des actions. Nous, par exemple, la CPTS, elle fait des soirées d'information pour professionnels de santé. Ça, c'est plutôt pour le côté professionnel. Pour le côté patient, elle peut par exemple, souvent, la mission numéro 1 des CPTS, c'est de permettre aux patients de trouver des médecins généralistes. Comment justifier ça ? Il suffit de donner l'attestation. Donc lors de l'inscription, parce qu'il faut s'inscrire pour faire partie de cette expérimentation, parce qu'il s'agit d'une expérimentation qui va durer encore 4 ans. Ça fait un peu plus d'un an qu'elle dure. Il faut prouver l'appartenance à une CPTS. Moi, personnellement, la CPTS, elle coûte 20 euros. J'ai juste dû donner ce papier, cette attestation lors de mon inscription au dispositif. L'inscription, elle le fait sur le site de l'ARS de ma région. Donc, ils précisent qu'il faut prendre contact avec la CPTS pour leur dire que vous souhaitez faire l'accès direct. Mais sinon, l'inscription sur le site de l'ARS se fait tout seul. Et c'est super rapide. Moi, je crois en 15 jours, je pense qu'ils ont accepté. L'important à noter, c'est que l'accès direct n'est pas pour les remplaçants. Pour les départements concernés, l'Aude, les Côtes d'Armor, les Deux-Sèvres, le Gers, la Haute-Corse, le Haut-Rhin, l'Isère, le Loiret, la Martinique-Mayotte, Murphy-Moselle, le Nord, la Réunion, le Rhône, Seine-et-Maritime, Tarn-le-Var, Oujbos, la Vendée et Lyon et Zivline. Il n'y a vraiment aucune différence. Les soins sont toujours remboursés et à même hauteur. Concernant le nombre de séances, il y a deux cas. C'est simple, il y a un cas où le diagnostic médical est là. Donc là, l'exemple que je vous ai donné, ma patiente est arrivée avec son scanner qui montrait une faciopathie plantaire. Le diagnostic médical est présent. Les limites du nombre de séances, c'est les limites classiques données par l'HAS de la demande d'accords préalables. Comment prouver le diagnostic médical ? Ça peut être le patient internal LD, par exemple, donc c'est connu par la sécu qu'il a telle et telle pathologie. Ça peut être un compte rendu d'une opération. Enfin bref, ça peut être une radio, ça peut être tout ce qui peut montrer que le patient a telle pathologie. À nous de garder en sécurité ces preuves en cas de contrôle. Si le patient arrive sans diagnostic médical, tous, on prenait tous des patients, plein de patients qui viennent nous voir pour une pathologie et qui, au fur et à mesure des séances, nous disent, ou même au pilon, nous disent j'ai aussi ça et ça. S'il n'y a pas de diagnostic médical, c'est 8 séances par patient et par épisode. Il me semble qu'un épisode dure 3 mois de mémoire. Un des avantages principaux, c'est vraiment d'éviter de perdre du temps pour le patient. C'est-à-dire éviter qu'il aille retourner prendre rendez-vous chez le médecin, même pour moi, au final, ne pas avoir à prendre l'ordonnance, à vérifier. On sait bien qu'il y a des ordonnances qui sont, par exemple, passées ou qui contiennent... des erreurs. C'est un gain de temps pour le patient, pour moi, et bien sûr pour les médecins prescripteurs. Un autre avantage pour moi, c'est bien évidemment le fait que je gagne plus. Bien sûr, on sait très bien que les bilans sont mieux rémunérés qu'une séance classique. Et comme lorsque je fais un bilan, puisque le bilan est un acte intellectuel, le bilan c'est un forfait qui peut être facturé à tout moment. Lors de la rééducation, bien sûr, au début, c'est plus logique, mais ça reste un forfait. Je code toujours un bilan et une première séance, ce qui fait que cette séance, au lieu qu'elle soit, par exemple, à 18 euros, ou le cas d'une main, 16 euros, elle sera davantage rémunérée puisque je coterai un bilan et une séance. Donc voilà, je suis gagnant aussi dans cette affaire. Et puis moi, j'aime bien faire le bilan. J'aime bien ce côté clinique, ce côté réflexion. Et donc, ça me va de temps en temps de couper un peu et de faire un peu plus de bilan au final. Pour moi, ça m'enlève vraiment une charge mentale, un certain stress. Vous savez, des patients qui arrivent en première séance et qui, par exemple, oublient leur ordonnance. Ça, ça m'est déjà arrivé quelques fois. Et là, je peux être sûr que quand même, je peux avoir l'ordonnance, être payé, même si le patient au final Ça, on va dans la nature. Ou voilà, les patients qui viennent avec des ordeaux qui sont déjà utilisés, qui ont déjà été utilisés par d'autres kinés. Donc, les patients qui viennent me voir et Dieu sait qu'il y en a dans la ville où je bosse en me disant le kiné ou la kiné chez qui j'ai été, ça ne va pas du tout. J'ai une ordonnance, est-ce que je peux vous la donner ? Là, je lui dis, écoutez, vous pouvez la ramener. Je la prends au cas où il y a des indications. Par exemple, s'il y a le diagnostic sur l'ordonnance, mais ça peut me permettre d'avoir cette preuve de diagnostic dont on a besoin pour dépasser les limites de 8 séances. Et donc, je ne l'utilise pas forcément, j'utilise la mienne pour éviter les doubles facturations de bilan, par exemple. Ou alors, une ordonnance quantitative, si je dois au final aller au-delà du nombre, par exemple si le médecin a écrit 6 séances et que je peux dépasser par rapport au seuil de la demande d'accord préalable, Est-ce que j'ai besoin de renouveler en accès direct ? Au final, non. Je pense que j'ai juste besoin de voter des séances puisque je n'ai pas besoin d'organisme. Pour le moment, je réserve l'accès direct. Ça fait quelques mois que je me suis lancé dans l'accès direct. Je le réserve seulement, principalement à mes patients que je connais. Pour plus de sécurité, parce que je les connais, je connais un peu leur pathologie, leurs antécédents, leurs symptômes. Bien sûr, je vais faire une formation très profonde. prochainement, là, en novembre, pour me former davantage au drapeau rouge, aux conduites en cas de suspicion de pathologie grave. Et donc, je vais faire une formation spécifique axée directe. Il existe tout un tas de... Il n'y a pas non plus des milles et des cents, mais tout un tas de formations exprises pour l'axée directe. La suite concernant l'expérimentation, et d'ailleurs, je vais m'apporter en précisant qu'il y a de nombreux pays déjà depuis des années en Europe qui ont l'accès direct pour les kinés. Je trouve qu'on est vraiment en retard par rapport à ça. Mais tant que ça passe, l'Ordre récemment a publié un article, je vais essayer de vous le trouver. Voilà, cet article de l'Ordre publié en juin. C'est une étude inédite qui démontre que l'accès direct à la kiné améliore les soins en réduisant les dépenses publiques avec tous les scandales qu'il y a eu qui... soi-disant explique que la kinésithérapie coûte trop cher. Elle explique que jusqu'à 14 milliards d'économies pourraient être possibles grâce à la généralisation de l'accès direct. C'est un résultat d'une étude médico-économique menée par un économiste spécialisé dans le domaine de la santé et de la protection sociale. Vous pourrez aller lire cette étude si vous êtes intéressé. Mais en tout cas, il y a des moyens, il y a grands moyens que ça passe. Au vu de l'intérêt économique, parce qu'on parle seulement des dépenses de kiné, bien sûr on occulte tout ce qu'on apporte et toutes les économies qu'on peut engendrer grâce aux soins de kiné, notamment concernant les arrêts maladie, les arrêts de travail. Alors comment va être analysée cette expérimentation ? Sur l'accès direct, l'ARS indique qu'elle va récolter des données. sur le nombre de kinés participants, donc c'est pour ça que j'en parle beaucoup, parce que ça me tient à cœur, et j'aimerais énormément que l'accès direct passe. C'est pour ça que plus on sera de kiné à réaliser cette expérimentation, plus ça envoie un message positif à l'ARS. Bien sûr, ils vont analyser le nombre de patients reçus en accès direct et le type de rééducation réalisé, le nombre moyen de séances dispensées, la part de l'activité du kiné réalisée en accès direct, le pourcentage, les informations concernant d'éventuels événements indésirables, le pourcentage de patients ayant été orientés. C'est pour ça qu'un des points, bien sûr, parce qu'il y a des points négatifs dans l'accès direct, il ne faut pas se leurrer, c'est qu'il faut tenir un tableau. Il faut noter à chaque fois que l'on redirige des patients ou lorsque l'on a des événements indésirables. L'Ordre nous a mis à disposition un guide des pathologies sérieuses. En fait, c'est un guide des drapeaux rouges qui est sur le site de l'Ordre et qui est sur mon article complet parce que j'ai fait un article complet. sur mon expérience d'accès direct et sur comment s'inscrire et sur comment ça fonctionne avec tous les liens sur utera.fr et dedans j'ai mis le lien pour le guide des pathologies sérieuses. Je vais vous parler des points négatifs. Pour moi, les points négatifs de l'accès direct, c'est le côté administratif puisqu'il faut tenir ce tableau, puisqu'il faut écrire un compte rendu et envoyer le bilan. Ainsi que le compte rendu de la rééducation des sciences aux médecins. Bien sûr, en sécurisé. Bien sûr, le bilan, il faut le mettre dans le DMP du patient. Et d'autant plus puisque l'accès direct va être analysé. Donc tout ça, c'est les points un peu lourds. Mais au final, je me dis que c'est pour la bonne cause. Et aussi, je sais très bien que j'ai beaucoup plus de bilan depuis que je suis en accès direct. Et donc, ma rémunération sera d'autant meilleure. Donc comme je vous ai dit, mon article complet est sur Yotera.fr. Si vous voulez me faire des retours de votre expérience d'accès direct et de vos interrogations, n'hésitez pas à laisser des commentaires, n'hésitez pas à vous abonner, à laisser des étoiles, des j'aime, des partages, et je vous dis à très bientôt.