Description
TW: sujets sensibles et témoignages.
Débat sur l’acquisition du bonheur.
Est-il un droit ou un privilège ?
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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TW: sujets sensibles et témoignages.
Débat sur l’acquisition du bonheur.
Est-il un droit ou un privilège ?
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Bonjour à tous, bienvenue dans le podcast Les Lettres de la Torez aujourd'hui. Nous allons ouvrir le débat sur la question du bonheur avec un invité spécial aujourd'hui qui s'appelle Amine.
Bonjour.
Donc je te laisse te présenter.
Eh bien, je m'appelle Amine, je vis... Entre la Tunisie et le Canada, j'ai 25 ans et je suis un passionné d'histoire et de science et de géographie.
D'accord, donne-moi un fait sur la science.
Sommes-nous des primates ?
Oui, toi tu ressembles à un bonobo, mais ça c'est notre histoire. Tu es très poilu. Il faudrait faire un devis d'une semaine pour pouvoir enlever toute la surface publique. D'accord ? Alors aujourd'hui, la question c'est, est-ce que le bonheur est un droit ou un privilège ? Et faut-il obligatoirement des expériences difficiles pour pas venir à ce bonheur ? Donc pour toi déjà, qu'est-ce que le bonheur ?
Pour moi, le bonheur, c'est d'avoir un certain confort au niveau du mental, d'être libre psychologiquement. Je ne sais pas si tu m'as...
Tu sais, je comprends, ça veut dire que pour toi, c'est une ouverture d'esprit qui débouche sur un développement de sa propre personne, le bonheur.
Exactement, c'est d'être bien psychologiquement.
D'accord, donc pour toi le bonheur c'est psychologique, ça veut dire que t'as pas un confort qui peut être lié aussi au matériel, tu peux pas avoir un confort qui est lié aussi de manière, quand je te dis soit matérielle, soit personnelle, soit de manière sociable ?
Sociale, oui. Donc c'est plus dans la morale, dans l'esprit quoi.
Dans l'esprit ?
D'être ouvert aux autres, d'être à l'aise dans la société.
D'accord, mais dans ta vie quotidienne à toi, c'est quoi le bonheur du coup ? Parce que si c'est d'un point de vue personnel, il faudrait que tu puisses expliquer.
Le bonheur ? Peut-être d'avoir une certaine stabilité, stabilité financière au niveau de la sécurité. Mais moi, c'est surtout d'être ouvert vers les gens. C'est ça, le bonheur pour moi. C'est d'être en communication vers les gens.
D'accord. Ça peut passer aussi par des principes de vie. Pour moi, le bonheur, ça peut être un tout. Ça veut dire, si on va sur une base de matérialisme, ça veut dire qu'on est dans le bonheur parce qu'on a la sécurité de la maison, on a une sécurité financière, on est en... couple, on a des enfants. Là, on va quand même dans un modèle de vie sociale complètement banal, mais le bonheur, ça peut être plein d'aspects. Réussir sa vie, réussir sa carrière professionnelle, c'est plein de points qu'on pourrait exactement détailler. Pour toi, le bonheur, c'est genre un fantasme de société ou c'est un travail à faire sur toute une vie ? Est-ce que c'est quelque chose d'atteignable ou c'est simplement pour pouvoir se stimuler et avoir une vie beaucoup plus réfléchie, plus construite, plus développée ?
Pour moi, c'est les deux. Pour moi, il y a le bonheur de la société, il y a le bonheur personnel. Je ne sais pas si tu as compris. Le bonheur de la société, par exemple, c'est ce qui nous impose, par exemple, d'avoir beaucoup d'argent, d'avoir sa maison, d'avoir des enfants. En fait, c'est cette société qui est en train de formuler notre bonheur. Comme à l'école, ils nous disent qu'il faut travailler dur pour réussir. Même à la maison, avec certains parents, ils nous disent qu'il faut être médecin pour avoir de l'argent. En fait, il y a un bonheur imposant.
Dans l'éducation, tu apprends aux enfants de dire que si tu veux être heureux dans ta vie plus tard et atteindre le bonheur, c'est d'avoir une stabilité financière. La question, c'est est-ce que c'est quelque chose qui est atteignable ou ça reste un prétexte aux gens de cette société pour pouvoir se trouver une vie meilleure et la vivre un peu moins maussade ?
Tout dépend de la personne. Par exemple, moi, si c'est mon bonheur, c'est d'avoir... un chant d'olivier et vivre tout seul dans ma maison, ça c'est mon bonheur à moi. Mais comme j'ai dit tout à l'heure, il y a le bonheur qui est imposé par la société. Tu vois ce que je veux dire ?
Oui. Mais c'est peut-être pas atteignable. Si ta mère te dit qu'il faudrait que tu sois architecte en plein milieu de l'Égypte, des fois, t'as beau essayer d'aller au bout de cet objectif, mais ça ne veut pas dire que c'est la retranscription et la définition personnelle que toi, tu as du bonheur. Son bonheur, pour elle, c'est que ses enfants ont un travail spécial. avec une stabilité financière, mais ça ne veut pas dire que toi, c'est ta définition du bonheur. Parce que comme tu disais tout à l'heure, le bonheur, c'est une définition qui est très personnelle. Toi, tu as tes objectifs comme quelqu'un d'autre a ses objectifs.
C'est ça. Donc, c'est un, entre guillemets, c'est un bonheur imposé.
Mais est-ce que tu penses que du coup, quand tu parles d'éducation, est-ce que c'est réellement le bonheur de dire à ses enfants, voilà, tu vas faire ce métier-là, tu vas avoir cette stabilité-là, mais est-ce que tu ne penses pas que c'est imposé et... justement éviter à des enfants de partager, de créer une vie qui les rendrait vraiment heureux. Par exemple, si tu dis à ton enfant, voilà, tu seras médecin, alors qu'il ne veut pas être médecin, il veut faire, je ne sais pas, il veut faire de la musique, travailler dans un opéra, et c'est ça qui le rendrait heureux. Donc, en fait, c'est bâtir une fausse image du bonheur.
C'est ça, c'est ce que j'ai dit.
Après, il y a peut-être des enfants que ça leur plaît d'être le métier que les parents veulent. Mais on ne crée pas, il faut savoir qu'on ne crée pas des enfants à notre propre image. C'est très narcissique de voir ça.
C'est le bonheur des parents.
Ok, ça veut dire que tu es obligé de t'exécuter. Ça veut dire que si toi, en étant petit, ta mère voulait que tu fasses un métier, tu es obligé de le faire.
Non, je suis mon propre bonheur.
Donc tu construis ta propre définition du bonheur.
C'est ça, mon propre bonheur, pas le bonheur de mes parents.
Ok. Est-ce que tu penses que du coup, la perception de ce bonheur personnel, il se construit ? avec des expériences difficilement surmontables, où c'est une qualité de vie qu'on peut atteindre juste en le voulant. Si c'est un désir, j'ai envie d'être heureux, j'ai envie d'être dans le bonheur, je le suis. Ou au contraire, il faut des objectifs, ou il faut des épreuves ou des choses difficiles pour atteindre cette plénitude et cette qualité de vie.
Moi, je pense qu'il faut passer par des moments plutôt difficiles. Par exemple, dans une situation, dans un pays en guerre, une personne veut quitter ce pays pour trouver... d'aller dans un endroit où il y a une certaine sécurité, pour trouver le bonheur, pour fonder une nouvelle vie. Il passe dans un moment plutôt difficile, qui est la guerre. Et en réussissant à franchir cette expérience, il va trouver un... Il va trouver une certaine sécurité qui va lui donner le bonheur. Tu vois ce que je veux dire ?
Oui, mais là, tu parles d'expérience vraiment très difficile. Tu es dans un contexte qui est très particulier. Mais par exemple, si tu enchaînes des relations qui échouent ou si tu enchaînes des métiers qui ne te rendent pas heureux, mais dans le but d'avoir le bonheur financier, d'avoir une stabilité, un confort financier. en fait ça ne remplit pas tous les coches donc ça veut dire qu'il faut accumuler plein d'échecs pour comprendre ce qui nous rend heureux, au contraire il faut viser dans le mille dès la première fois pour être satisfait et d'avoir c'est à dire il faut cocher tous les objectifs pour atteindre cet objectif de vie oui c'est ça mon réel point de vue c'était ça en
fait il faut commencer par le je sais pas comment t'expliquer, c'est comme un labyrinthe il faut passer par plusieurs chemins qui sont plutôt difficiles pour trouver un certain équilibre du bonheur. Par exemple, si tu as un objectif, il faut passer par des petits boulots pour atteindre ton objectif principal. Ok. Tu vois ce que je veux dire ?
Ah ouais, mais on parlait de stabilité financière. Oui,
ça c'est côté financier. Côté sécurité, c'est comme j'ai dit tout à l'heure par rapport à la guerre. Par rapport à la guerre, une personne essaie de fuir un pays en guerre, d'aller par exemple vers un endroit qui est plutôt sécurisé, sécurisé c'est-à-dire sécurisé, pour trouver un certain confort.
Ok. Mais du coup, dans cette épreuve-là, il y a quand même beaucoup de malheurs. Et toi, pour toi, est-ce que tu penses qu'il y a un lien entre le bonheur et le malheur ?
il ya un lien je trouve qu'il ya un lien je pense si on passe dans des moments plutôt malheureux je pense que le bonheur sera un peu mieux ressenti, un peu plus fort. Par exemple, quand on voit des personnes traverser la Méditerranée et quand ils arrivent dans les côtes européennes, quand tu vois, ils sont joyeux. Comparé à moi, par exemple, que je prends l'avion tout simplement et j'arrive et je suis neutre.
Ok, parce que là, entre le malheur et le bonheur... C'est un peu un lien comme le positif, le négatif, le noir, le blanc. En fait, c'est des opposés contraires. Ça veut dire, moi, personnellement, mon avis là-dessus, c'est que, comme je le dis souvent, c'est que dans le malheur, c'est ce qui fait aussi le bonheur. Ça veut dire que c'est dans les moments négatifs qu'on trouve ce qu'il y a de positif et ce qui reste de positif. Donc, pour moi, il y a un lien, forcément, parce qu'il y en a un qui est le commencement. Et dans le temps, ce qui perdure, c'est la continuité. Par exemple, si on peut dire que c'est dans le malheur qu'on trouve ce qui est bon, c'est dans les moments les plus sombres qu'on trouve de la lumière, par exemple. Donc pour moi, c'est dans le malheur qu'on peut trouver un petit peu de bonheur et qui nous permet aussi de sortir d'une emprise, d'une dépression, de moments difficiles. Donc le bonheur, c'est vraiment en fait un prétexte. Et c'est aussi une opportunité de pouvoir se construire quelque chose de beaucoup plus positif qu'il est de base, qui est très négatif.
D'une question, pour toi, est-ce que le bonheur peut mener à la dépression ?
Ça dépend. Si tu parles de bonheur désillusoire, dans le sens où tu as une illusion, que tu as bâti toute ta vie quelque chose de positif. Par exemple, je te donne un exemple. Tu t'es marié avec quelqu'un pendant 20 ans, puis tu as ta carrière professionnelle qui est au plus haut, tu as des enfants, des animaux, crédit, maison, tout le truc. Et tu te rends compte que finalement, tout le monde s'est foutu de toi ou que tes enfants t'aiment. pas, qui a une double vie, que dans ton boulot, tout le monde se fout de toi, tout le contraire de ce que tu avais imaginé, oui, là, ça peut te créer beaucoup de choses négatives. À partir du moment, je pense que quand l'être humain ne vit pas assez d'épreuves difficiles, il ne peut pas se façonner des capacités et des moyens de défense face à des moments très difficiles.
Donc, entre guillemets, c'est un cercle vicieux, le malheur. t'emmène vers le bonheur, le bonheur t'emmène vers la dépression, ainsi de suite.
Oui, entre autres. C'est pour ça qu'il y a du positif et du négatif, en vrai, dans tout.
D'accord.
Donc après, c'est le point de vue, en tout cas, que j'ai là-dessus.
Il n'y a pas de...
Est-ce que tu penses qu'on peut se considérer dans le bonheur sans avoir eu, du coup, des épreuves très difficiles ?
Oui, je pense.
Il ne faut pas simplement dire oui, il faut détailler.
Par les moments difficiles, c'est comme j'ai dit tout à l'heure. Tu peux mieux me respecter la question.
Tu veux que je te réexplique la question ? Elle est un peu difficile, je te l'avoue. C'est, est-ce que pour toi, par exemple toi, est-ce que tu peux te considérer comme quelqu'un d'heureux et dans le bonheur alors que tu n'as vécu aucune épreuve difficile ?
Ça dépend de la personne.
Mais là, je parle de toi. Oui,
moi, honnêtement... Honnêtement... J'ai vécu des choses difficiles, mais ça ne change pas aux autres. Ça veut dire que je me considère comme les autres. Même une personne qui n'est pas passée dans un moment plutôt, entre guillemets, traumatisant, ça ne me change pas. Ça n'aura pas de différence entre moi et lui.
Ok, mais là, c'est le rapport que toi, en fait. C'est-à-dire que là, on parle de ton point de vue. La question peut varier d'une personne à une autre. Moi, par exemple, je pense, pour moi, que ce n'est pas réellement possible. Dans le sens où on parlait de cercle vicieux, c'est qu'une personne qui n'a pas eu d'épreuve difficile ne peut pas apprendre de cette épreuve difficile, des choses négatives qui lui arrivaient dans la vie et les capacités qu'elle aura pu développer. Par exemple, tu te fais trahir beaucoup de fois. Donc, tu apprends aussi de toi-même des erreurs que tu as faites, mais aussi des erreurs des autres. Et tu ne les recommets pas à l'avenir. ou du moins tu essayes de faire de mieux en mieux. Comme par exemple, quand tes relations sont chaotiques, tu essayes de comprendre les deux points de vue. Donc pour moi, les épreuves difficiles, en fait, ce sont comme dans les Sims, quand tu augmentes tes capacités et tes points de compétence. Et à la fin, tu finis par être expert. Moi, je vois ça de manière comme ça. Ça veut dire que pour moi, je ne peux pas tout réussir. Par exemple, quand tu as l'argent, quand tu es jeune, tu vis dans une famille aisée, tu as beaucoup d'argent. tu as un peu tout, mais ça veut pas dire que tu peux pas être malheureux, mais tu peux pas réellement être dans le bonheur, parce que t'as des gens, par exemple, qui ont beaucoup d'argent, mais qui se retrouvent seuls et qui se sentent seuls. Ils ont les mêmes choses que quelqu'un qui peut être très pauvre, au contraire, qui peut être très heureux.
Je sais pas comment m'expliquer. Ça veut dire qu'il y a plusieurs facettes du bonheur. Il y a plusieurs étages de bonheur. Ça veut dire qu'il y a le bonheur. Par exemple, les personnes qui sont bien financièrement ne peuvent pas connaître, par exemple, le bonheur des gens qui veulent avoir le bonheur financier. Tu vois ce que je veux dire ?
Oui, parce que chacun a sa classe différente, chacun a son mode de vie différent. C'est indéniable, mais ce n'est pas le sujet. du coup pour complémenter un peu tout ça est-ce que tu peux nous raconter une épreuve difficile pour toi que tu as vécu et évidemment trigger warning d'autres personnes qui peuvent être sensibles peu importe à ce que tu vas dire qui pourrait illustrer du coup une phase de malheur ou
quelque chose qui retranscrit vraiment le malheur oui j'ai vécu des en étant jeune j'ai vécu des expériences plutôt violentes à l'école
Est-ce que tu peux nous détailler ? Oui,
je peux détailler, pas de souci. Bon, il y a des choses que je ne vais pas dire.
Oui, avec un peu plus de censure, bien sûr. Les gens sont avertis directement au contenu sensible.
À l'école, par exemple, quand je partais à l'école en Tunisie, vu que j'ai une certaine différence, parce que je ne l'ai pas précisé au début, Ma différence, c'est que je suis autiste. Donc, j'ai eu une certaine différence des autres élèves. J'ai un petit retard scolaire. Et j'étais différent en globalité. Donc, cette différence m'emmenait vers une certaine intimidation vers les élèves et les professeurs. Je me faisais généralement tabasser. pendant 7 ans, attentif. Et voilà, j'ai eu d'autres expériences plutôt... J'ai eu des expériences plutôt violentes physiquement et voilà. Il y a eu des choses qui sont parties un peu plus loin, je ne veux pas dire les termes. Et voilà.
Je trouve que... Qu'est-ce que ça t'a appris dans ces moments-là ? à ce moment précis que tu parles, est-ce que tu as essayé de percevoir le malheur comme quelque chose qui va plus vers le bonheur ? Est-ce que tu as appris des choses ? Et quelles sont les mesures que tu as eues et que tu as eues comme recours pour pouvoir établir une procédure de soignement ?
Ça, en fait, au début, je ne sais pas comment expliquer. Je n'ai pas trouvé la solution tout de suite. C'est quand j'ai quitté la Tunisie en partant à Montréal, c'est là où j'ai trouvé cette sécurité psychologique. C'est le bonheur qui s'est déclenché tout seul. Le bonheur de ne pas me faire tabasser, le bonheur de ne pas me faire insulter. Le bonheur est venu tout seul. Ce n'est pas moi qui a trouvé des solutions.
C'est quoi ? C'est le fait d'être parti ailleurs ?
C'est le fait de partir ailleurs. D'être dans un endroit qui...
Est-ce que tu penses que dans tout ça, la communication a aidé ? Est-ce que le fait de... Je ne sais pas si tu en as parlé à ce moment-là à des gens. Est-ce que la communication a eu un facteur plus propice à avoir ce sentiment de bonheur ?
Sur la communication, quand j'ai en parlé, ça ne m'a pas vraiment aidé. C'est plutôt le temps qui a fait, qui a déclenché ça, qui m'a apporté cette... Je ne sais pas comment l'expliquer.
C'est le fait que tu aies laissé le temps faire les choses ? C'est ça. Après, tu sais, quand il y a des événements traumatiques, il ne faut pas être dans le déni ou enfouir. La communication, elle est très importante. Oui,
j'ai essayé, mais j'ai enfoui mes pensées. Par exemple, j'ai essayé d'en parler à des psychologues, d'en parler aux membres de ma famille. Ça n'a pas trop fonctionné. J'avais tout le temps cette frustration. Donc, je me suis échappé vers des livres, vers des documentaires. C'est ça qui m'a mis... qui m'a mis une certaine sécurité. Je m'inspirais de certains héros, des marins et tout ça.
Donc du coup, ta construction du bonheur à ce moment-là, c'est d'être projeté. dans une vie qui n'est pas la tienne. Voilà,
c'est ça.
Donc, ça veut dire que...
Depuis que je suis jeune, je m'imagine, même maintenant, des fois, je m'imagine une autre vie, je m'imagine dans le cosmos et tout.
Donc, pour toi, ta construction et ta définition du bonheur, c'est ce que tu es en train de me dire.
C'est ça.
Donc, ce que je te disais tout à l'heure, est-ce que ce que tu penses, la question du début, c'est qu'est-ce que tu penses que du coup, le bonheur est un fantasme de société ou c'est quelque chose qui est atteignable ? Parce que là, dans ta définition du bonheur, tu es en train de me dire que je me vois dans le cosmos, je me vois dans une autre vie. Du coup, c'est quelque chose d'assez fictif. Ce n'est pas quelque chose qui est palpable ou de réel.
C'est une certaine sécurité que je me fais. Ce n'est pas une réelle sécurité, mais ça m'apporte du bien mentalement.
Donc, ça veut dire que tu es dans le fantasme. Ce n'est pas quelque chose de réalisable.
Ce n'est pas réalisable.
Mais est-ce que tu as un exemple concret, réalisable, et pas de manière fictive ? pour retranscrire ton bonheur ?
C'est de parler. De parler. Même si ça ne m'apporte pas grand-chose, mais je décharge. Ça fait du bien. Ça veut dire de parler de mes histoires et de mes expériences. Ça décharge et je peux trouver. Ça peut diminuer, par exemple, une forme de dépression qui peut m'emmener plus du côté du bonheur. Je ne sais pas si tu as... Si,
si, si, je vois. Mais du coup, vu que tu as dit que tu viens de la Tunisie, du Canada, quand tu es parti, du coup, après la Tunisie, tu es parti au Canada, est-ce qu'arriver au Canada, ta vision du bonheur, elle a changé ? Et ta vision du malheur ? Parce que du coup, on parlait de le fait d'être dans une autre ville. Et tout à l'heure, tu disais que le temps a fait les choses, le fait d'être... partie déjà ça a aidé beaucoup à cette construction vers le bonheur mais arrivé au canada est ce que ta vision du bonheur elle a changé est ce que tes objectifs ils ont changé puisque du coup tu n'étais pas face aux problèmes qui te mettait dans le malheur quelle était ta vision des choses ma
vision des choses n'a pas changé tout de suite la diane n'a pas changé c'est par exemple dès que je suis arrivé en canada j'étais tout le temps le j'étais toujours trop mal traumatisé quoi
Donc tes traumatismes, ils t'ont suivi dans tes relations ou dans ton rapport avec toi-même ?
Avec tout le monde.
Donc ça veut dire que le comportement que tu as eu, qui t'a traumatisé étant plus jeune, s'est retranscrit dans les relations que tu as eues après ? Exact. Et c'est quoi comme sentiment que tu as eu ?
De la peur. De la peur. De la peur vers les gens, vers les... Par exemple, quand j'allais à l'école, j'avais peur des professeurs, des élèves. Mais maintenant, j'ai des particules de trauma. Par exemple, quand je vais à un rendez-vous, j'ai peur comme frappe. J'ai tout le temps cette sensation. Elle est restée collée en moi.
Ça veut dire que tes traumatismes t'ont construit et tu vis avec. Oui. Ça veut dire que ta vision du bonheur, c'est une retranscription. d'un équilibre qui s'est construit à travers de tes traumatismes.
C'est ça,
oui. Ça veut dire qu'en vrai, quand tu étais petite, quand tu avais une vision du bonheur et un épanouissement que tu voulais, c'est-à-dire que tu visualisais quelque chose qui n'existait pas. C'est ça. Parce que ce qui est dommage, mais ce qui a fait qu'avec tes traumatismes, ta vision du bonheur a changé. Parce que quand on est tous petits, on aspire à une vie plutôt... plutôt, comment dire... Soit fictives, soit comme ceux qui disent Moi, je serais astronaute en étant plus grand Du coup, vu que ça t'est arrivé quand tu étais jeune, ton développement en tant qu'enfant et quand tu es adolescent, il t'a perturbé dans ta vision du bonheur.
C'est ça.
Donc, tu n'as changé tout au long de ta vie ta conception du bonheur. Donc, c'est ce que je disais tout à l'heure. C'est-à-dire, quand je parlais du fait que ce soit un fantasme de la société, est-ce que c'est vraiment quelque chose d'atteignable ? Est-ce que c'est quelque chose qui se construit au long d'une vie ou pas ? Et en fait, mon avis là-dessus, c'est que le bonheur, il se déconstruit, il se reconstruit, il se développe et il se remet en question beaucoup de fois. Donc en fait, on n'a pas réellement la définition du bonheur puisque avec nos expériences, c'est pour ça que je disais tout à l'heure que pour moi, une personne qui n'a pas d'épreuves difficiles ne peut pas construire une vision du bonheur très profonde parce qu'il faut vivre des choses et comprendre aussi ce qu'on vit. et en tenir des leçons et faire des belles conclusions pour pouvoir réadapter la vision du bonheur qu'on a par la suite en étant adulte. Parce que là, du coup, toi, en tant qu'adulte... ta vision du bonheur, elle changera avec le temps et elle deviendra différente.
C'est pour ça qu'au début, j'ai dit qu'il y a plusieurs phases du bonheur.
Là, on parle d'un point de vue développement personnel. Oui, c'est ça. Là, on ne parle pas d'un point de vue financier. Là, on parle vraiment de qualité humaine.
Oui, c'est ça.
Ok. Je me sens d'accord. Est-ce que du coup, quand tu es arrivé au Canada, tu as trouvé plus de solutions que quand tu étais en Tunisie ? vis-à-vis d'aspirer à quelque chose de plus positif.
Oui, j'ai compris. C'est au Canada que j'étais diagnostiqué, que j'étais autiste. Je voulais comprendre pourquoi j'étais aussi différent des autres. J'ai découvert qui j'étais, qui j'étais vraiment.
Est-ce que c'était l'ambiance du Canada ou c'était toi au Canada qui étais plus propice au changement ?
C'était les deux. C'était les deux en même temps.
Donc le pays t'aspirait plus de plus positif que la Tunisie. Bon, rien contre la Tunisie, il y a des très bons territoires, il y a des gens très positifs, on a eu de mauvaises expériences là-bas, mais rien à voir avec le pays.
En termes de scolarité, en termes de sécurité, je me sentais mieux là-bas. J'avais plus d'assurance.
Ok. Mais du coup, c'est dû à ce traumatisme, tu te sens plus à l'aise en étant au Canada. Oui. Mais ça ne veut pas dire que néanmoins, en Tunisie, il peut y avoir des bonnes expériences.
Oui, oui. On peut dire ça. J'essaye d'en trouver, mais... Mais voilà. C'est pas facile.
Ton rapport avec cette expérience-là, forcément, t'as une vision différente en tant que magic, parce que tu t'es construit avec ça. Et quand tu vas là-bas, forcément, ça peut réveiller aussi quelques traumatiques.
Oui. C'est pour ça que c'est pas encore facile pour moi, jusqu'à maintenant.
De toute façon, ok. Je vois. Mais est-ce que, pour toi, il y a des cultures ? Ou des pays qui sont plus susceptibles à être heureux et atteindre le sentiment de bonheur ? Ou c'est juste une question personnelle ?
Pour moi, c'est une question personnelle.
Il n'y a pas de pays, il n'y a pas de culture où ils sont plus heureux et ils cultivent cette notion du bonheur pour toi ?
Personnellement, je n'y connais pas. Mais pour moi, tout dépend des personnes. Pour moi, je vais être honnête, le bonheur, c'est comme un virus. Le bonheur, ça se transmet. Quand tu vois un village qui est heureux, qui transmet du bonheur, ça se contamine. Je ne sais pas si tu m'as compris.
Si, oui. C'est une métaphore qu'on est en train de faire à l'église.
Donc, voilà. Ça dépend des villages. Des îles et tout.
Ok. Parce que des fois, tu vois par exemple la culture française. Beaucoup pourront dire que la culture française, bon, j'aime beaucoup la France, mais pourront dire aussi que la culture française n'est pas positive dans le sens où beaucoup de jalousie, beaucoup de choses négatives. Il y a quand même beaucoup de positifs, mais là, je parle vraiment de préjugés. Et par exemple, tu peux avoir la culture américaine où on peut dire oui, c'est plus ouvert. Les gens sont plus susceptibles à l'ouverture d'esprit, comme le Canada d'ailleurs. On dit qu'au Canada, c'est plus libre, c'est plus susceptible à développer ses qualités, ses passions, son travail et plein de choses. À contraire, tu vas avoir des cultures qui sont hyper restrictives et qui ne sont pas susceptibles au bonheur. Je vais te donner un exemple que je pense que tout le monde connaît. La Corée du Nord, là-bas, c'est très restreint. Ça veut dire que la conception du bonheur, elle est complètement... Après, là, on parle sur un point de vue politique.
Elle est imposée.
Elle est imposée. C'est pour ça que je te dis, est-ce qu'il n'y a pas des cultures ? Est-ce qu'il n'y a pas des pays ? Après, peut-être qu'il y a des gens qui se sentent heureux aussi en Corée du Nord. Mais là, on va dans un contexte politique. Mais vu que ça a été imposé, du coup, tout est biaisé. Mais c'est pour ça que la question est importante en disant, est-ce qu'il n'y a pas une culture ou un pays où on est plus susceptible d'être au bonheur ?
Personnellement, je n'y connais pas. Je ne connais pas. Un pays qui est vraiment heureux, qui est dans le bonheur. C'est des deux côtés. Je ne sais pas comment t'expliquer.
Tu peux parler, par exemple, de ta propre vision des pays que tu as déjà visités, genre la Tunisie, le Canada ou la France. Après, la France, tu n'as pas eu beaucoup d'expérience.
Comparé au Canada et la France et la Tunisie... malgré ça c'est de ce que je vois je sens que les gens ils sont plus heureux en tunisie
Vis-à-vis de quel pays ?
Des deux pays, de la France, du Canada. Peut-être que ce n'est pas la même culture, c'est peut-être une société différente.
Pour toi, les gens sont plus heureux en Tunisie ?
D'après ce que j'ai vu, d'après leur situation. Malgré qu'ils aient une situation difficile, les gens sont plutôt heureux.
C'est la culture qui fait ça ou c'est les gens ?
Peut-être que c'est la culture. Parce que c'est la Méditerranée.
C'est le mode de vie.
Le mode de vie, les gens, ils se saluent. Ils sont heureux. Des gens, ils sont beaucoup plus ouverts. Je sens qu'ils sont beaucoup plus ouverts qu'en France et au Canada, les gens là-bas, en Tunisie. C'est-à-dire, en termes de communication, bon, moi, je ne me classe pas dedans, mais d'après ce que je vois, les gens, ils sont... plus communicatif en Tunisie qu'au Canada et qu'en France.
Mais du coup, vis-à-vis de la Tunisie, par rapport à l'expérience que tu as vécue, parce que du coup, tu l'as vécue en Tunisie, tu dis que les gens ont l'air plus heureux, plus souriants, etc. Est-ce qu'ils sont plus dans l'entraide ? Parce que du coup, si tu as vécu ça, est-ce que tu as eu des gens qui sont intervenus ? Est-ce que des gens étaient indignés ? Ou au contraire, tu t'es retrouvé face ? Parce que moi, je te donne un... contrario, un exemple. Moi, j'ai vécu des choses en France qui sont pas très cool. J'ai eu des agressions en pleine rue. Et les gens, j'ai demandé de l'aide à toute classe, tout type de personnes, étrangers, pas étrangers, français. Et quand j'ai demandé aux Français, la plupart du temps, les gens ont peur ou les gens veulent pas t'aider ou les gens sont trop fermés. Et la seule personne qui m'a aidé, c'est un étranger qui vivait en France et qui était un sans-abri, un arrêt de bus. Donc... Parce que moi, je te donne un exemple, c'est par rapport à la France. Parce que la France, les gens, ils ont peur de réagir. Ils ont peur parce que c'est la culture. Je ne sais pas, en vrai, je ne peux pas réellement expliquer. Les gens sont très fermés, ils ne sont pas souriants. On a déjà eu une expérience à Paris, par exemple, où on voyait les gens dans la rue marcher, regarder vers le bas, ne pas être trop dans la communication, pas trop dans le sourire. Est-ce qu'ils subissent aussi la culture ? Est-ce qu'ils subissent aussi la vie ? Comparé à la Tunisie, est-ce qu'en Tunisie, il y a des gens qui réagissent plus face à ce genre d'épreuves difficiles ?
Je parle de mon expérience ?
Oui, de ce que tu as vécu du contenu.
De ce que j'ai vécu, entre guillemets, personne n'est intervenu. De ce que j'ai vécu à l'école ou autre, personne n'est intervenu. Comparé au Canada, oui, il y a des gens qui ont intervenu. Mais ça, c'est mon expérience à moi. C'est la pièce que j'ai vécue.
Tu penses que c'est une question de circonstances, d'événements, ou c'est genre dans la culture ?
D'événements.
Donc c'est juste qu'à ce moment-là, il y a des gens qui voulaient réagir ?
Dans la culture, j'ai vu des gens se faire agresser ou se faire braquer en Tunisie. Les gens, ils ont automatiquement intervenu. Ils ont aidé la dame, ils leur ont apporté de l'eau, à manger. Mais dans ma situation, à moi, personne n'est intervenu. comparé au Canada. Au Canada, j'ai eu des aides. J'ai eu des psychologues, j'ai eu des soins. Je suis suivi. Comparé à Tunisie, pas du tout. Personne ne m'a aidé.
Mais du coup, par rapport à la Tunisie, est-ce que tu penses que... C'est quoi ton avis du coup ? Parce que du coup, tu as été diagnostiqué en arrivant au Québec. Oui, c'est ça. En Tunisie, tu n'étais pas au courant.
Non, pas du tout.
Mais est-ce qu'en la culture tunisienne, est-ce qu'ils ont une approche de ce que tu as ? Comme quelque chose de... Tu sais, des fois, il y a des familles ou des cultures qui disent, par exemple, je te donne un exemple. Oui, la dépression, c'est un caprice de riche.
C'est ça.
Est-ce que, du coup, le fait d'être autiste, c'est genre, pour eux, tu sais, quelque chose qui n'est pas pris en compte ? où tu vois tu es dans l'excès parce qu'il y a d'autres cultures qui n'ont rien à voir de l'autre côté du continent où il y a des gens qui prennent ça comme une activité nouvelle ou une mode.
Moi, d'après mon expérience, d'après mes souvenirs, soit je faisais du théâtre, soit j'étais un interdémental.
Ok, donc c'est...
En Tunisie, c'était comme ça.
Donc pour eux, tu avais exagéré.
J'ai exagéré.
Je précise que c'est pas, on parle pas de toute la culture, on parle de ton expérience.
De mon expérience. Je précise de mon expérience en Tunisie, à l'école ou autre. J'avais un retard mental où je faisais la comédie. Je faisais ça exprès.
OK. Et comparé au Canada, du coup, quand tu as été diagnostiqué, est-ce qu'il y a eu plus une évolution au niveau de la culture ? Est-ce qu'ils ont plus de visualisation là-dessus ? Parce que peut-être qu'en Tunisie, il y en a très peu. Tu vois ?
C'est encore difficile.
OK. Ce n'est pas encore démocratisé ? Non,
ce n'est pas ça. Là, ça commence un peu. Il y a deux, trois ans, là, ça commence un peu, mais c'est encore difficile.
Après, je ne fais pas de lien entre ce que tu as vécu et le fait d'être autiste. Je dis juste vis-à-vis de ton expérience, du coup, en tant que personne autiste, vis-à-vis du bonheur, du fait d'être épanoui. Parce que si ça peut être un frein dans ta compréhension, la compréhension que les autres avaient de toi vis-à-vis de ces... de ta vision du bonheur, des agressions que tu as eues. C'est plus dans ce point de vue-là que je parlais.
C'est encore... En fait, on est dans 50-50. C'est en même temps un frein, et en même temps, c'est une certaine découverte. Je ne sais pas si tu as saisi ce que je veux dire.
Oui.
C'est les deux en même temps.
Tu penses que si tu avais eu la même expérience aujourd'hui en Tunisie, tu aurais peut-être... Tu as eu plus de considération ?
Je serais sûrement une autre personne. J'aurais peut-être vu qu'en Tunisie, peut-être qu'il faut mieux se débrouiller qu'au Canada. Peut-être que j'aurais plus d'expérience, plus d'outils que j'ai eu au Canada. Parce qu'au Canada, j'ai eu une certaine facilité. J'ai été diagnostiqué autiste, j'ai eu des psys, j'ai eu des aides. J'étais dans des associations, j'étais dans une école adaptée.
Est-ce que du coup, pour finir là-dessus, pour revenir à la thématique, est-ce que le bonheur, c'est un droit ou est-ce que c'est un privilège ? Du coup, le fait d'atteindre le bonheur pour toi, c'est un droit. Et par rapport au privilège, est-ce que toi, tu bénéficies de ce privilège ? Moi, par exemple, je vais t'expliquer pour que tu... puissent mieux se situer. Par exemple, moi je dis que le bonheur c'est un droit, ça veut dire qu'on est tous susceptibles à inspirer une vie positive, d'être dans un bonheur constant, d'être dans un épanouissement, une construction avec des épreuves, des choses. Mais des fois, t'as des personnes, comme tu parlais de guerre tout à l'heure, qui n'ont pas le privilège d'accès à ce bonheur, à cet épanouissement parce que les facteurs obligent on ne peut pas atteindre ce bonheur parce qu'il y a la précarité, il y a la guerre. Donc, des fois, il y a des différences de classe sociale, le fait d'être aisé, le fait de ne pas être racisé, le point de vue discrimination aussi. Il y a plein de facteurs. Est-ce que tu penses que du coup, c'est à droit référence aussi à ce que tu as vécu, est-ce que par rapport au fait que tu sois autiste, vis-à-vis du bonheur, tu as été privilégié ? Ou au contraire, ça a été un droit, mais que tu n'as pas pu exercer ?
Moi, je pense que c'est un privilège. Le bonheur que j'ai eu, c'est plutôt un privilège.
Ce n'est pas un droit pour toi ? C'est-à-dire que toi, tu n'as pas le droit au bonheur ?
Ça dépend. Ça dépend de quelles circonstances.
Tout court, de manière... Moi,
par exemple, je n'ai pas demandé d'aller au Canada.
Oui, tu n'as pas demandé, mais là, on parle de manière générale. Je situais pour que tu sois... plus pointilleux. Mais là, la question, c'est est-ce que toi, tu as le droit de manière générale d'avoir un accès au bonheur ? Oui. Toi, tu l'exerces, mais pas comme un privilège.
Comme tout être humain, j'ai le droit de goûter au bonheur.
Ok, mais du coup, le bonheur, vu que tu disais que c'était un privilège... Est-ce que du coup, il y a des classes sociales qui différencient cette accessibilité ? Est-ce qu'il y en a qui ont plus droit au bonheur parce qu'ils sont plus privilégiés par la société, d'un point de vue discrimination, d'un point de vue financier, d'un point de vue familial, héritage ? On ne parle pas que financier, tu m'entends ?
Oui, en globalité. En fait, ça dépend du degré du bonheur. Je vais donner un exemple. on va dans dans un pays où il ya de la famine par exemple tu donnes un bout de pain à un enfant il sera heureux, il sera joyeux. Je ne sais pas ce que je veux dire.
Oui, mais là, on parle de privilèges. Oui,
de privilèges. Donc lui,
il n'est pas privilégié. Puisqu'il a la notion, là, on parle de notion de bien ou notion de l'argent, des qualités de vie, des ressources, de plein de choses, d'avoir la tête sur les épaules. Mais là, on parle du bonheur. Est-ce que c'est un privilège ?
Non, ce n'est pas un privilège.
Est-ce que tu penses que pour toi, ce n'est pas un privilège ?
Ça doit être normalisé. Oui,
dans ta conception des choses. Mais là, dans la vie qu'on mène et dans la société qu'on vit, dans le monde qu'on vit.
Dans le monde qu'on vit, dans la société qu'on vit, c'est ça.
Est-ce que tu penses qu'il y a des gens qui sont plus privilégiés à être stimulés et atteindre cette notion du bonheur ?
Oui, parce qu'il y a des gens qui ont besoin d'aide, qui sont... Je ne sais pas comment expliquer, qui sont bloqués, en fait. Ils ne peuvent pas atteindre le bonheur. Tu vois ce que je veux dire ?
Par rapport à quoi ?
Il y a des gens, par exemple, qui sont en dépression, qui sont collés à la dépression. Pour eux, la dépression, c'est un truc de sécurité. Ils sont, entre guillemets, en otage. Donc, on devrait leur faire goûter. au bonheur. Tu vois ce que je veux dire ? Je ne sais pas comment le développer avec mon vocabulaire, mais c'est ma vision.
Ok. Moi, tu vois, par exemple, je pense que le bonheur, c'est vraiment quelque chose, c'est un droit, mais au point de vue des privilèges, tu as des gens qui sont plus privilégiés par la société d'un point de vue aisé. Tu vois, c'est un enfant qui veut construire une société, une vie, un projet. Il sera plus susceptible d'atteindre ce projet. Mais pour moi, tu vois, les personnes qui sont plus en droit et plus axées au bonheur, c'est les gens qui vont avoir des choses plus difficiles. C'est vrai que tu peux avoir des contextes où des personnes vivent dans des périodes de guerre, de famine, de précarité, et du coup, sont moins susceptibles d'atteindre cette notion de bonheur. Mais comme on disait tout à l'heure, c'est que les épreuves difficiles, des fois, nous amènent à avoir cette plénitude personnelle. Ça veut dire que le fait d'être développé, de se sentir heureux, peu importe avec les facteurs comme je disais tout à l'heure il y a des gens qui ont beaucoup d'argent ils se sentent très seuls et ils sont pas heureux et tu as des gens qui n'ont pas beaucoup les moyens mais qui vivent des moments de vie qu'ils ont des qualités de vie qui leur permet d'être épanouie donc ils peuvent avoir ce sentiment de plénitude et de bonheur donc ça veut dire que il y en a qui sont plus privilégiés par l'argent par aussi le fait de ne pas être racisé parce qu'il y a quand même aussi beaucoup de discrimination tu vois le fait que tu sois minoritaire bon même si on parle de commissaristes Là, ce n'est pas le débat, c'est un autre sujet. Mais voilà, je pense que si tu n'es pas, par exemple, un homme blanc, par exemple, après, c'est simplement que mon avis. Et là, on pourrait développer, mais ce n'est pas du tout le débat. Mais par exemple, si tu es un homme blanc riche, par exemple, pour moi, tu es plus privilégié par la société qu'une femme blanche riche, déjà. Il y a un peu une hiérarchie qui descend comme une pyramide. Et quand tu es en bas, c'est vraiment quand tu es sujet à de la discrimination, à des différences, à plein de choses, à de la précarité, etc. Donc, ça dépend comment tu situes. C'est-à-dire que c'est un droit pour tout le monde, mais des gens sont plus privilégiés que ce soit d'un point de vue personnel. Ça veut dire que si la personne d'un point de vue personnel, elle est plus développée, donc du coup, elle a plus de sentiments de bonheur parce que... D'un point de vue, pas forcément d'argent ou de quoi que ce soit. La personne, elle se sent plus heureuse. Mais par exemple, elle peut être en précarité, plein de choses. Et par rapport à l'accessibilité de ce privilège, je trouve que les gens qui ont beaucoup de moyens, qui sont parasisés, ont plus de facilité. Là, on parle de facilité. Les gens qui sont plus accessibles, c'est plus facile pour eux d'accéder à cette volonté d'atteindre le bonheur.
Donc, c'est plus un problème de la société.
Oui.
C'est un problème de sexisme. Oui et non. Par exemple, c'est un problème de sexisme.
Oui, mais là, ça va dans...
Si on prend ton exemple.
Oui, mais là, c'est un autre débat. Ce n'est pas pareil.
C'est-à-dire que c'est la société qui choisit d'avoir le bonheur ou pas.
Ça dépend. Parce que si tu es né dans une famille qui est riche, tu n'as rien demandé. Oui. T'es venu au monde, t'es arrivé dans des bonnes circonstances. Si tu nais, par exemple, dans une famille en précarité totale... qui essaie de s'en sortir mais qui a beaucoup de difficultés, certes elle pourra prendre beaucoup, mais elle pourra jamais atteindre quelqu'un qui est né confortablement dans des circonstances de facilité.
De facilité, oui.
Donc là on est dans deux contextes complètement différents. Donc t'as des personnes qui peuvent vivre très bien de manière financière, mais d'un point de vue personnel, elles peuvent être moins développées que quelqu'un qui est en précarité. C'est ça, oui. Effectivement. Ça veut dire qu'il y en a, ils ont plus de privilèges. d'atteindre le bonheur de manière non monétaire et humaine. Mais tu as des gens qui ont la facilité et le privilège d'atteindre le bonheur d'un point de vue plus matérialiste ou capitaliste, plein de choses, vis-à-vis de l'argent ou des prédispositions d'une vie modeste. Parce que même en étant modeste, tu n'es pas en précarité, mais tu ne peux pas atteindre, inspirer, être... Dieu. Dans un contexte aisé. Donc, tu as des gens qui sont entre les deux, entre la précarité et la richesse.
Oui, je suis d'accord.
Donc, tu as des gens qui peuvent plus, eux là, par exemple, ceux-là, ceux qui sont au milieu, ils peuvent être plus sujets à développer un sentiment de bonheur.
D'accord.
Mais quand on arrive tout en haut, tu peux tout avoir dans ta vie de manière financière, etc. Sauf que l'argent, on n'achète pas le bonheur, comme on dit, c'est vraiment l'expression la plus bateau. Mais tu peux avoir tout l'argent du monde et en fait, plus tu as une accessibilité et des privilèges d'un point de vue monétaire ou de sociétal, et plus tu es sujet à des trahisons, à des escroqueries, à de la manipulation. Après,
je parle d'un point de vue financier.
Par exemple, tu n'as pas des gens qui peuvent avoir beaucoup d'argent, ils peuvent se faire manipuler pour l'argent, pour un héritage. Tu peux avoir des gens qui peuvent profiter de toi. Alors que quand tu es en précarité et que tu n'as pas les moyens, il y en a qui peuvent profiter de toi, mais de tes ressources humaines, comme un effet vampirisant. Ils te voient heureux et du coup, ils veulent profiter de ça ou de ta gentillesse. Le fait que tu rendes des services, le fait que tu sois à l'écoute, tu vois ? Donc là, on va essayer d'aller dans la manipulation, mais d'un point vu émotionnel et d'un point vu de ressources humaines, pas du financier. Donc les deux ont des problèmes différents.
Peut-être que la personne, elle veut ça pour retrouver une certaine sécurité et cette sécurité-là va l'emmener au bonheur. Tu vois ce que je veux dire ? Ouais.
En fait, chaque classe a son problème. C'est ça,
oui. Dans ce cas, c'est chacun son problème, c'est vrai.
En fait, c'est pas les mêmes problèmes et c'est pas la même bâtisse du bonheur. Ça veut dire qu'ils ont chacun leur définition du bonheur en fonction de leurs moyens. Mais pour toi, est-ce que... Comment dire ? Est-ce qu'il y a un sentiment ou une émotion que tu ressens ? après avoir vécu des choses très difficiles ? Genre, à part le bonheur, est-ce qu'il y a d'autres sentiments ou d'autres émotions, je ne sais pas, comme la satisfaction, comme la réflexion ? Est-ce que tu as acquéri des émotions, des sentiments différents après avoir vécu des choses difficiles ?
C'est encore difficile chez moi, vraiment. De décortiquer mes émotions, c'est plutôt encore difficile. Je ne sais pas ce que c'est lié à mes expériences, ce que c'est lié à mon autisme. J'ai du mal à retrouver dans mes émotions, mais d'après mes souvenirs et mes expériences, c'est plutôt de la colère et de l'injustice.
Donc là, c'est le sentiment qui est très présent.
Oui, jusqu'à maintenant.
Mais là, le fait d'avoir surmonté ce que tu as vécu, parce que du coup, tu as dit que le temps a fait les choses. Là, on parle d'émotion, de ressenti positif.
Positif.
Parce que là, tu peux être toujours en colère et c'est parce que tu n'as pas été dans de la communication. C'est le fait d'avoir laissé le temps, comme tu disais tout à l'heure. Le fait, tu sais, qu'on ne parle pas de choses qui nous traumatisent. Le problème, c'est que le temps le répare, mais ne guérit pas. Je veux dire qu'il va te réparer dans un sens, mais il ne va pas te guérir parce que tu n'es pas dans la communication. Donc là, on va aller sur des points de vue positifs.
Positifs,
oui. Donc, qu'est-ce que tu as eu comme émotion ou comme sentiment que tu as ressenti après avoir laissé le temps faire par rapport à tes obstacles difficiles ?
c'est difficile c'est ça c'est une question difficile parce que j'ai j'ai encore du mal à ça mais c'est plus j'ai développé peut-être plus de réflexion Dans le domaine de l'analyse, j'analyse mieux les situations.
Tu es plus perspicace sur certaines choses.
C'est ça. J'analyse mieux les endroits où je me sens...
Tu es plus méfiant.
Voilà. Mais dans la positivité.
Ok.
Même au niveau de l'autonomie.
Est-ce que tu as des conseils à donner aux gens qui ont vécu des situations difficiles et qui aimeraient aspirer à quelque chose de plus positif pour trouver le bonheur ?
Trouver le bonheur ? Je donne mon point de vue personnel.
Oui.
C'est de peut-être... d'en parler, d'aller dans des associations, de parler avec des gens qui ont vécu, entre guillemets, les mêmes expériences. Car avec les gens qui ont vécu les mêmes expériences, indirectement, ce n'est pas pareil, mais on s'identifie. Donc on peut développer quelque chose socialement. Et à part ça, moi, d'après ce que j'ai vécu, c'était les associations et de lire des livres pour m'évader et de développer des choses mentalement. Tu vois ce que je veux dire ?
Oui.
Ça, c'est d'après mon expérience.
Ok. Moi, personnellement, je trouve qu'après des expériences très difficiles... pour aspirer à essayer de trouver le bonheur, c'est qu'il faudrait essayer de se trouver soi-même. Ça veut dire que dans les expériences négatives, on essaie de trouver le positif. En fait, ce qui nous a aspirés à quelque chose de meilleur après une expérience aussi difficile. Par exemple, par rapport à ce qu'on a énuméré, j'ai du mal à parler à la fin de ce podcast, c'est que pour moi, il faut pouvoir apprendre de ces choses. qui sont arrivées, ces épreuves difficiles, en termes de qualité, en termes de capacité, en termes d'acceptation, de tolérance, de plein de points de vue. Ça veut dire qu'avec le temps, est-ce que ta tolérance, elle a baissé ? Est-ce qu'elle a augmenté par rapport à certaines situations ? Est-ce que tu te trouvais plus épadoui avec des épreuves similaires ? Est-ce que tu as développé une tolérance ? Est-ce que tu as appris des choses ? Par exemple, je ne sais pas, tu subis quelque chose comme une agression. Est-ce que la prochaine agression, tu as accepté ? T'es à t'ouvrir à des moyens de recours, de défense. Est-ce que tu réfléchis de manière différente ? Et en fait, c'est ça, il faut apprendre. Même si c'est des choses négatives, il faut apprendre. Et pour essayer d'aller mieux, c'est se développer soi-même par rapport à ses capacités d'adaptation. C'est-à-dire, tu vis des choses pas cool, mais la prochaine fois que ça arrivera, est-ce que je la vivrai de manière plus positive ? Prenons l'exemple de la précarité. C'est pas quelque chose de simple. Moi, l'ayant déjà vécu, Je sais que j'aspirais à quelque chose de positif. Et quand cette ère est passée, du coup, j'apprenais, j'ai appris, par exemple, la valeur de l'argent. J'ai appris la valeur des choses. Je savourais des choses très simples. En fait, j'étais très matérialiste avant. Et avec la précarité, j'ai vraiment perdu ce sentiment de matérialiste. J'ai appris beaucoup de choses. Et en fait, le fait de simplifier, de vulgariser un peu ma vie, ma vision des choses, ça m'a permis d'être plus heureuse, d'atteindre plus le bonheur. Donc je dirais vraiment de vulgariser, de simplifier un peu des choses qui sont très façonnées par la société. Par exemple, le fait de, je ne sais pas, aller se balader, aller boire un verre, un truc simple, et de le transformer comme une expérience et un événement extraordinaire. Et tu vois, d'en tenir plus des souvenirs. C'est comme un concert, tu vois. Aujourd'hui, quand tu vas à un concert, la plupart des gens, ils ont leur téléphone en l'air. Moi, je préfère avoir le téléphone dans la poche et vivre l'instant présent. C'est très psychologique. Voilà, de créer des souvenirs. donc voilà il faut voir sa vie et construire sa vie de manière différente pour pouvoir apprendre des leçons créer des souvenirs, des émotions et en apprendre aussi à l'avenir et on construit son bonheur en fonction de notre vision du monde mais aussi la vision qu'on a de nous-mêmes donc plus on va se développer plus on aura une vision différente du départ avec beaucoup de vis qu'on avait si tu vis avec du matérialisme ou un manque de confiance en toi forcément ta vision du bonheur sera complètement biaisée et voilà Donc c'est important de pouvoir s'aimer, de prendre confiance en soi et se développer pour avoir une vision du bonheur qui est deux fois plus positive.
Moi, en globalité, à la fin de mes expériences, j'ai développé de l'empathie. envers les gens. J'ai pu développer. Parce que j'ai vu des gens qui ont vécu la même chose que moi. Une certaine discrimination liée à leur autisme, etc. Donc, j'ai développé une empathie vers les gens qui sont exclus. Tu vois ce que je veux dire ? Ce que je n'avais pas avant. Avant, j'étais très renfermé. J'étais dans mon univers. J'étais avec moi-même. Donc, le fait que je sois au Canada et d'avoir rencontré des gens comme moi, j'ai pu... pu développer une certaine ouverture d'esprit vers les gens. Parce qu'avant, socialement, j'étais vraiment avec moi-même. Je n'avais pas d'amis, je n'avais personne. Donc là, j'ai pu m'ouvrir. Tu vois ce que je veux dire ?
Je vois ce que tu veux dire. Du coup, tu as pu aussi voir que tu étais beaucoup plus polé que la normale. Hein ? Non, je disais que du coup, grâce à tes expériences sociales, t'as pu te rendre compte que t'étais beaucoup plus poilu que la normale.
Ouais, ça je prêtais pas attention, mais grâce à toi, là, je remarque que je suis énormément poilu.
Tu le savais déjà. On dirait que t'as un chat entre les deux chorizos.
Ouais, effectivement. Enfin, juste dans les chorizos...
On a besoin de savoir. En tout cas, je te laisse, tu as peut-être une autre remarque, une dernière remarque ou quelque chose à dire avant qu'on coupe ce podcast ?
J'ai une question.
Pas une ouverture. Si tu veux poser ta question, mais ce n'est pas une grande ouverture.
Non, une petite ouverture. Pour toi, est-ce que c'est le bonheur qu'on vit maintenant ? Est-ce que c'est le même bonheur qu'on vivait, bon, on ne le connaissait pas, qu'il y avait il y a des années ? Ça veut dire, est-ce que le bonheur était plus accessible avant à maintenant ?
Ta question, elle ne veut rien dire.
Comment ça ?
Elle n'est pas développée, là. Oui,
parce que j'ai du mal à parler.
Tu m'as dit une petite ouverture. Là, ça va rentrer dans un autre débat.
Enfin bref.
Oui, voilà. Enfin bref. Je voulais... Le bonheur d'avant, c'était le bonheur de la vision que tu avais avant, avant de vivre des expériences. Donc la vision que tu as du bonheur aujourd'hui, elle est différente.
En termes d'époque.
En termes d'époque ?
Ça veut dire par exemple dans les années 60, 40...
Il y a 60, tu prends pour Edith Piaf ou quoi ? bref, tu leur dis au revoir parce que tu ouvres encore un débat et tu veux le prolonger, on est déjà sur presque une heure de podcast, d'accord, on va pas les embêter,
c'est une passion, désolé donc de m'évader de parler, de débattre donc on va,
vaut mieux s'arrêter oui et qu'on sort du papier toilette quand il rachète tout à l'heure donc ce que je peux dire vers la fin
Merci de nous avoir écoutés. Et bon courage à vous si vous passez des périodes difficiles. Voilà.
D'accord. Merci beaucoup. En tout cas, merci d'avoir écouté ce podcast. N'hésitez pas à laisser un avis, évidemment, et un commentaire sur la chaîne du podcast. N'hésitez pas aussi à me suivre sur Instagram, la.torez. Sur TikTok, la.torezofficiel. Et sur Snapchat, la_torez. Je vous laisse avec la fin, en espérant que vous trouvez la voie du bonheur. Et n'oubliez pas que dans les moments les plus sombres, il y a toujours une lumière à allumer.
Description
TW: sujets sensibles et témoignages.
Débat sur l’acquisition du bonheur.
Est-il un droit ou un privilège ?
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Bonjour à tous, bienvenue dans le podcast Les Lettres de la Torez aujourd'hui. Nous allons ouvrir le débat sur la question du bonheur avec un invité spécial aujourd'hui qui s'appelle Amine.
Bonjour.
Donc je te laisse te présenter.
Eh bien, je m'appelle Amine, je vis... Entre la Tunisie et le Canada, j'ai 25 ans et je suis un passionné d'histoire et de science et de géographie.
D'accord, donne-moi un fait sur la science.
Sommes-nous des primates ?
Oui, toi tu ressembles à un bonobo, mais ça c'est notre histoire. Tu es très poilu. Il faudrait faire un devis d'une semaine pour pouvoir enlever toute la surface publique. D'accord ? Alors aujourd'hui, la question c'est, est-ce que le bonheur est un droit ou un privilège ? Et faut-il obligatoirement des expériences difficiles pour pas venir à ce bonheur ? Donc pour toi déjà, qu'est-ce que le bonheur ?
Pour moi, le bonheur, c'est d'avoir un certain confort au niveau du mental, d'être libre psychologiquement. Je ne sais pas si tu m'as...
Tu sais, je comprends, ça veut dire que pour toi, c'est une ouverture d'esprit qui débouche sur un développement de sa propre personne, le bonheur.
Exactement, c'est d'être bien psychologiquement.
D'accord, donc pour toi le bonheur c'est psychologique, ça veut dire que t'as pas un confort qui peut être lié aussi au matériel, tu peux pas avoir un confort qui est lié aussi de manière, quand je te dis soit matérielle, soit personnelle, soit de manière sociable ?
Sociale, oui. Donc c'est plus dans la morale, dans l'esprit quoi.
Dans l'esprit ?
D'être ouvert aux autres, d'être à l'aise dans la société.
D'accord, mais dans ta vie quotidienne à toi, c'est quoi le bonheur du coup ? Parce que si c'est d'un point de vue personnel, il faudrait que tu puisses expliquer.
Le bonheur ? Peut-être d'avoir une certaine stabilité, stabilité financière au niveau de la sécurité. Mais moi, c'est surtout d'être ouvert vers les gens. C'est ça, le bonheur pour moi. C'est d'être en communication vers les gens.
D'accord. Ça peut passer aussi par des principes de vie. Pour moi, le bonheur, ça peut être un tout. Ça veut dire, si on va sur une base de matérialisme, ça veut dire qu'on est dans le bonheur parce qu'on a la sécurité de la maison, on a une sécurité financière, on est en... couple, on a des enfants. Là, on va quand même dans un modèle de vie sociale complètement banal, mais le bonheur, ça peut être plein d'aspects. Réussir sa vie, réussir sa carrière professionnelle, c'est plein de points qu'on pourrait exactement détailler. Pour toi, le bonheur, c'est genre un fantasme de société ou c'est un travail à faire sur toute une vie ? Est-ce que c'est quelque chose d'atteignable ou c'est simplement pour pouvoir se stimuler et avoir une vie beaucoup plus réfléchie, plus construite, plus développée ?
Pour moi, c'est les deux. Pour moi, il y a le bonheur de la société, il y a le bonheur personnel. Je ne sais pas si tu as compris. Le bonheur de la société, par exemple, c'est ce qui nous impose, par exemple, d'avoir beaucoup d'argent, d'avoir sa maison, d'avoir des enfants. En fait, c'est cette société qui est en train de formuler notre bonheur. Comme à l'école, ils nous disent qu'il faut travailler dur pour réussir. Même à la maison, avec certains parents, ils nous disent qu'il faut être médecin pour avoir de l'argent. En fait, il y a un bonheur imposant.
Dans l'éducation, tu apprends aux enfants de dire que si tu veux être heureux dans ta vie plus tard et atteindre le bonheur, c'est d'avoir une stabilité financière. La question, c'est est-ce que c'est quelque chose qui est atteignable ou ça reste un prétexte aux gens de cette société pour pouvoir se trouver une vie meilleure et la vivre un peu moins maussade ?
Tout dépend de la personne. Par exemple, moi, si c'est mon bonheur, c'est d'avoir... un chant d'olivier et vivre tout seul dans ma maison, ça c'est mon bonheur à moi. Mais comme j'ai dit tout à l'heure, il y a le bonheur qui est imposé par la société. Tu vois ce que je veux dire ?
Oui. Mais c'est peut-être pas atteignable. Si ta mère te dit qu'il faudrait que tu sois architecte en plein milieu de l'Égypte, des fois, t'as beau essayer d'aller au bout de cet objectif, mais ça ne veut pas dire que c'est la retranscription et la définition personnelle que toi, tu as du bonheur. Son bonheur, pour elle, c'est que ses enfants ont un travail spécial. avec une stabilité financière, mais ça ne veut pas dire que toi, c'est ta définition du bonheur. Parce que comme tu disais tout à l'heure, le bonheur, c'est une définition qui est très personnelle. Toi, tu as tes objectifs comme quelqu'un d'autre a ses objectifs.
C'est ça. Donc, c'est un, entre guillemets, c'est un bonheur imposé.
Mais est-ce que tu penses que du coup, quand tu parles d'éducation, est-ce que c'est réellement le bonheur de dire à ses enfants, voilà, tu vas faire ce métier-là, tu vas avoir cette stabilité-là, mais est-ce que tu ne penses pas que c'est imposé et... justement éviter à des enfants de partager, de créer une vie qui les rendrait vraiment heureux. Par exemple, si tu dis à ton enfant, voilà, tu seras médecin, alors qu'il ne veut pas être médecin, il veut faire, je ne sais pas, il veut faire de la musique, travailler dans un opéra, et c'est ça qui le rendrait heureux. Donc, en fait, c'est bâtir une fausse image du bonheur.
C'est ça, c'est ce que j'ai dit.
Après, il y a peut-être des enfants que ça leur plaît d'être le métier que les parents veulent. Mais on ne crée pas, il faut savoir qu'on ne crée pas des enfants à notre propre image. C'est très narcissique de voir ça.
C'est le bonheur des parents.
Ok, ça veut dire que tu es obligé de t'exécuter. Ça veut dire que si toi, en étant petit, ta mère voulait que tu fasses un métier, tu es obligé de le faire.
Non, je suis mon propre bonheur.
Donc tu construis ta propre définition du bonheur.
C'est ça, mon propre bonheur, pas le bonheur de mes parents.
Ok. Est-ce que tu penses que du coup, la perception de ce bonheur personnel, il se construit ? avec des expériences difficilement surmontables, où c'est une qualité de vie qu'on peut atteindre juste en le voulant. Si c'est un désir, j'ai envie d'être heureux, j'ai envie d'être dans le bonheur, je le suis. Ou au contraire, il faut des objectifs, ou il faut des épreuves ou des choses difficiles pour atteindre cette plénitude et cette qualité de vie.
Moi, je pense qu'il faut passer par des moments plutôt difficiles. Par exemple, dans une situation, dans un pays en guerre, une personne veut quitter ce pays pour trouver... d'aller dans un endroit où il y a une certaine sécurité, pour trouver le bonheur, pour fonder une nouvelle vie. Il passe dans un moment plutôt difficile, qui est la guerre. Et en réussissant à franchir cette expérience, il va trouver un... Il va trouver une certaine sécurité qui va lui donner le bonheur. Tu vois ce que je veux dire ?
Oui, mais là, tu parles d'expérience vraiment très difficile. Tu es dans un contexte qui est très particulier. Mais par exemple, si tu enchaînes des relations qui échouent ou si tu enchaînes des métiers qui ne te rendent pas heureux, mais dans le but d'avoir le bonheur financier, d'avoir une stabilité, un confort financier. en fait ça ne remplit pas tous les coches donc ça veut dire qu'il faut accumuler plein d'échecs pour comprendre ce qui nous rend heureux, au contraire il faut viser dans le mille dès la première fois pour être satisfait et d'avoir c'est à dire il faut cocher tous les objectifs pour atteindre cet objectif de vie oui c'est ça mon réel point de vue c'était ça en
fait il faut commencer par le je sais pas comment t'expliquer, c'est comme un labyrinthe il faut passer par plusieurs chemins qui sont plutôt difficiles pour trouver un certain équilibre du bonheur. Par exemple, si tu as un objectif, il faut passer par des petits boulots pour atteindre ton objectif principal. Ok. Tu vois ce que je veux dire ?
Ah ouais, mais on parlait de stabilité financière. Oui,
ça c'est côté financier. Côté sécurité, c'est comme j'ai dit tout à l'heure par rapport à la guerre. Par rapport à la guerre, une personne essaie de fuir un pays en guerre, d'aller par exemple vers un endroit qui est plutôt sécurisé, sécurisé c'est-à-dire sécurisé, pour trouver un certain confort.
Ok. Mais du coup, dans cette épreuve-là, il y a quand même beaucoup de malheurs. Et toi, pour toi, est-ce que tu penses qu'il y a un lien entre le bonheur et le malheur ?
il ya un lien je trouve qu'il ya un lien je pense si on passe dans des moments plutôt malheureux je pense que le bonheur sera un peu mieux ressenti, un peu plus fort. Par exemple, quand on voit des personnes traverser la Méditerranée et quand ils arrivent dans les côtes européennes, quand tu vois, ils sont joyeux. Comparé à moi, par exemple, que je prends l'avion tout simplement et j'arrive et je suis neutre.
Ok, parce que là, entre le malheur et le bonheur... C'est un peu un lien comme le positif, le négatif, le noir, le blanc. En fait, c'est des opposés contraires. Ça veut dire, moi, personnellement, mon avis là-dessus, c'est que, comme je le dis souvent, c'est que dans le malheur, c'est ce qui fait aussi le bonheur. Ça veut dire que c'est dans les moments négatifs qu'on trouve ce qu'il y a de positif et ce qui reste de positif. Donc, pour moi, il y a un lien, forcément, parce qu'il y en a un qui est le commencement. Et dans le temps, ce qui perdure, c'est la continuité. Par exemple, si on peut dire que c'est dans le malheur qu'on trouve ce qui est bon, c'est dans les moments les plus sombres qu'on trouve de la lumière, par exemple. Donc pour moi, c'est dans le malheur qu'on peut trouver un petit peu de bonheur et qui nous permet aussi de sortir d'une emprise, d'une dépression, de moments difficiles. Donc le bonheur, c'est vraiment en fait un prétexte. Et c'est aussi une opportunité de pouvoir se construire quelque chose de beaucoup plus positif qu'il est de base, qui est très négatif.
D'une question, pour toi, est-ce que le bonheur peut mener à la dépression ?
Ça dépend. Si tu parles de bonheur désillusoire, dans le sens où tu as une illusion, que tu as bâti toute ta vie quelque chose de positif. Par exemple, je te donne un exemple. Tu t'es marié avec quelqu'un pendant 20 ans, puis tu as ta carrière professionnelle qui est au plus haut, tu as des enfants, des animaux, crédit, maison, tout le truc. Et tu te rends compte que finalement, tout le monde s'est foutu de toi ou que tes enfants t'aiment. pas, qui a une double vie, que dans ton boulot, tout le monde se fout de toi, tout le contraire de ce que tu avais imaginé, oui, là, ça peut te créer beaucoup de choses négatives. À partir du moment, je pense que quand l'être humain ne vit pas assez d'épreuves difficiles, il ne peut pas se façonner des capacités et des moyens de défense face à des moments très difficiles.
Donc, entre guillemets, c'est un cercle vicieux, le malheur. t'emmène vers le bonheur, le bonheur t'emmène vers la dépression, ainsi de suite.
Oui, entre autres. C'est pour ça qu'il y a du positif et du négatif, en vrai, dans tout.
D'accord.
Donc après, c'est le point de vue, en tout cas, que j'ai là-dessus.
Il n'y a pas de...
Est-ce que tu penses qu'on peut se considérer dans le bonheur sans avoir eu, du coup, des épreuves très difficiles ?
Oui, je pense.
Il ne faut pas simplement dire oui, il faut détailler.
Par les moments difficiles, c'est comme j'ai dit tout à l'heure. Tu peux mieux me respecter la question.
Tu veux que je te réexplique la question ? Elle est un peu difficile, je te l'avoue. C'est, est-ce que pour toi, par exemple toi, est-ce que tu peux te considérer comme quelqu'un d'heureux et dans le bonheur alors que tu n'as vécu aucune épreuve difficile ?
Ça dépend de la personne.
Mais là, je parle de toi. Oui,
moi, honnêtement... Honnêtement... J'ai vécu des choses difficiles, mais ça ne change pas aux autres. Ça veut dire que je me considère comme les autres. Même une personne qui n'est pas passée dans un moment plutôt, entre guillemets, traumatisant, ça ne me change pas. Ça n'aura pas de différence entre moi et lui.
Ok, mais là, c'est le rapport que toi, en fait. C'est-à-dire que là, on parle de ton point de vue. La question peut varier d'une personne à une autre. Moi, par exemple, je pense, pour moi, que ce n'est pas réellement possible. Dans le sens où on parlait de cercle vicieux, c'est qu'une personne qui n'a pas eu d'épreuve difficile ne peut pas apprendre de cette épreuve difficile, des choses négatives qui lui arrivaient dans la vie et les capacités qu'elle aura pu développer. Par exemple, tu te fais trahir beaucoup de fois. Donc, tu apprends aussi de toi-même des erreurs que tu as faites, mais aussi des erreurs des autres. Et tu ne les recommets pas à l'avenir. ou du moins tu essayes de faire de mieux en mieux. Comme par exemple, quand tes relations sont chaotiques, tu essayes de comprendre les deux points de vue. Donc pour moi, les épreuves difficiles, en fait, ce sont comme dans les Sims, quand tu augmentes tes capacités et tes points de compétence. Et à la fin, tu finis par être expert. Moi, je vois ça de manière comme ça. Ça veut dire que pour moi, je ne peux pas tout réussir. Par exemple, quand tu as l'argent, quand tu es jeune, tu vis dans une famille aisée, tu as beaucoup d'argent. tu as un peu tout, mais ça veut pas dire que tu peux pas être malheureux, mais tu peux pas réellement être dans le bonheur, parce que t'as des gens, par exemple, qui ont beaucoup d'argent, mais qui se retrouvent seuls et qui se sentent seuls. Ils ont les mêmes choses que quelqu'un qui peut être très pauvre, au contraire, qui peut être très heureux.
Je sais pas comment m'expliquer. Ça veut dire qu'il y a plusieurs facettes du bonheur. Il y a plusieurs étages de bonheur. Ça veut dire qu'il y a le bonheur. Par exemple, les personnes qui sont bien financièrement ne peuvent pas connaître, par exemple, le bonheur des gens qui veulent avoir le bonheur financier. Tu vois ce que je veux dire ?
Oui, parce que chacun a sa classe différente, chacun a son mode de vie différent. C'est indéniable, mais ce n'est pas le sujet. du coup pour complémenter un peu tout ça est-ce que tu peux nous raconter une épreuve difficile pour toi que tu as vécu et évidemment trigger warning d'autres personnes qui peuvent être sensibles peu importe à ce que tu vas dire qui pourrait illustrer du coup une phase de malheur ou
quelque chose qui retranscrit vraiment le malheur oui j'ai vécu des en étant jeune j'ai vécu des expériences plutôt violentes à l'école
Est-ce que tu peux nous détailler ? Oui,
je peux détailler, pas de souci. Bon, il y a des choses que je ne vais pas dire.
Oui, avec un peu plus de censure, bien sûr. Les gens sont avertis directement au contenu sensible.
À l'école, par exemple, quand je partais à l'école en Tunisie, vu que j'ai une certaine différence, parce que je ne l'ai pas précisé au début, Ma différence, c'est que je suis autiste. Donc, j'ai eu une certaine différence des autres élèves. J'ai un petit retard scolaire. Et j'étais différent en globalité. Donc, cette différence m'emmenait vers une certaine intimidation vers les élèves et les professeurs. Je me faisais généralement tabasser. pendant 7 ans, attentif. Et voilà, j'ai eu d'autres expériences plutôt... J'ai eu des expériences plutôt violentes physiquement et voilà. Il y a eu des choses qui sont parties un peu plus loin, je ne veux pas dire les termes. Et voilà.
Je trouve que... Qu'est-ce que ça t'a appris dans ces moments-là ? à ce moment précis que tu parles, est-ce que tu as essayé de percevoir le malheur comme quelque chose qui va plus vers le bonheur ? Est-ce que tu as appris des choses ? Et quelles sont les mesures que tu as eues et que tu as eues comme recours pour pouvoir établir une procédure de soignement ?
Ça, en fait, au début, je ne sais pas comment expliquer. Je n'ai pas trouvé la solution tout de suite. C'est quand j'ai quitté la Tunisie en partant à Montréal, c'est là où j'ai trouvé cette sécurité psychologique. C'est le bonheur qui s'est déclenché tout seul. Le bonheur de ne pas me faire tabasser, le bonheur de ne pas me faire insulter. Le bonheur est venu tout seul. Ce n'est pas moi qui a trouvé des solutions.
C'est quoi ? C'est le fait d'être parti ailleurs ?
C'est le fait de partir ailleurs. D'être dans un endroit qui...
Est-ce que tu penses que dans tout ça, la communication a aidé ? Est-ce que le fait de... Je ne sais pas si tu en as parlé à ce moment-là à des gens. Est-ce que la communication a eu un facteur plus propice à avoir ce sentiment de bonheur ?
Sur la communication, quand j'ai en parlé, ça ne m'a pas vraiment aidé. C'est plutôt le temps qui a fait, qui a déclenché ça, qui m'a apporté cette... Je ne sais pas comment l'expliquer.
C'est le fait que tu aies laissé le temps faire les choses ? C'est ça. Après, tu sais, quand il y a des événements traumatiques, il ne faut pas être dans le déni ou enfouir. La communication, elle est très importante. Oui,
j'ai essayé, mais j'ai enfoui mes pensées. Par exemple, j'ai essayé d'en parler à des psychologues, d'en parler aux membres de ma famille. Ça n'a pas trop fonctionné. J'avais tout le temps cette frustration. Donc, je me suis échappé vers des livres, vers des documentaires. C'est ça qui m'a mis... qui m'a mis une certaine sécurité. Je m'inspirais de certains héros, des marins et tout ça.
Donc du coup, ta construction du bonheur à ce moment-là, c'est d'être projeté. dans une vie qui n'est pas la tienne. Voilà,
c'est ça.
Donc, ça veut dire que...
Depuis que je suis jeune, je m'imagine, même maintenant, des fois, je m'imagine une autre vie, je m'imagine dans le cosmos et tout.
Donc, pour toi, ta construction et ta définition du bonheur, c'est ce que tu es en train de me dire.
C'est ça.
Donc, ce que je te disais tout à l'heure, est-ce que ce que tu penses, la question du début, c'est qu'est-ce que tu penses que du coup, le bonheur est un fantasme de société ou c'est quelque chose qui est atteignable ? Parce que là, dans ta définition du bonheur, tu es en train de me dire que je me vois dans le cosmos, je me vois dans une autre vie. Du coup, c'est quelque chose d'assez fictif. Ce n'est pas quelque chose qui est palpable ou de réel.
C'est une certaine sécurité que je me fais. Ce n'est pas une réelle sécurité, mais ça m'apporte du bien mentalement.
Donc, ça veut dire que tu es dans le fantasme. Ce n'est pas quelque chose de réalisable.
Ce n'est pas réalisable.
Mais est-ce que tu as un exemple concret, réalisable, et pas de manière fictive ? pour retranscrire ton bonheur ?
C'est de parler. De parler. Même si ça ne m'apporte pas grand-chose, mais je décharge. Ça fait du bien. Ça veut dire de parler de mes histoires et de mes expériences. Ça décharge et je peux trouver. Ça peut diminuer, par exemple, une forme de dépression qui peut m'emmener plus du côté du bonheur. Je ne sais pas si tu as... Si,
si, si, je vois. Mais du coup, vu que tu as dit que tu viens de la Tunisie, du Canada, quand tu es parti, du coup, après la Tunisie, tu es parti au Canada, est-ce qu'arriver au Canada, ta vision du bonheur, elle a changé ? Et ta vision du malheur ? Parce que du coup, on parlait de le fait d'être dans une autre ville. Et tout à l'heure, tu disais que le temps a fait les choses, le fait d'être... partie déjà ça a aidé beaucoup à cette construction vers le bonheur mais arrivé au canada est ce que ta vision du bonheur elle a changé est ce que tes objectifs ils ont changé puisque du coup tu n'étais pas face aux problèmes qui te mettait dans le malheur quelle était ta vision des choses ma
vision des choses n'a pas changé tout de suite la diane n'a pas changé c'est par exemple dès que je suis arrivé en canada j'étais tout le temps le j'étais toujours trop mal traumatisé quoi
Donc tes traumatismes, ils t'ont suivi dans tes relations ou dans ton rapport avec toi-même ?
Avec tout le monde.
Donc ça veut dire que le comportement que tu as eu, qui t'a traumatisé étant plus jeune, s'est retranscrit dans les relations que tu as eues après ? Exact. Et c'est quoi comme sentiment que tu as eu ?
De la peur. De la peur. De la peur vers les gens, vers les... Par exemple, quand j'allais à l'école, j'avais peur des professeurs, des élèves. Mais maintenant, j'ai des particules de trauma. Par exemple, quand je vais à un rendez-vous, j'ai peur comme frappe. J'ai tout le temps cette sensation. Elle est restée collée en moi.
Ça veut dire que tes traumatismes t'ont construit et tu vis avec. Oui. Ça veut dire que ta vision du bonheur, c'est une retranscription. d'un équilibre qui s'est construit à travers de tes traumatismes.
C'est ça,
oui. Ça veut dire qu'en vrai, quand tu étais petite, quand tu avais une vision du bonheur et un épanouissement que tu voulais, c'est-à-dire que tu visualisais quelque chose qui n'existait pas. C'est ça. Parce que ce qui est dommage, mais ce qui a fait qu'avec tes traumatismes, ta vision du bonheur a changé. Parce que quand on est tous petits, on aspire à une vie plutôt... plutôt, comment dire... Soit fictives, soit comme ceux qui disent Moi, je serais astronaute en étant plus grand Du coup, vu que ça t'est arrivé quand tu étais jeune, ton développement en tant qu'enfant et quand tu es adolescent, il t'a perturbé dans ta vision du bonheur.
C'est ça.
Donc, tu n'as changé tout au long de ta vie ta conception du bonheur. Donc, c'est ce que je disais tout à l'heure. C'est-à-dire, quand je parlais du fait que ce soit un fantasme de la société, est-ce que c'est vraiment quelque chose d'atteignable ? Est-ce que c'est quelque chose qui se construit au long d'une vie ou pas ? Et en fait, mon avis là-dessus, c'est que le bonheur, il se déconstruit, il se reconstruit, il se développe et il se remet en question beaucoup de fois. Donc en fait, on n'a pas réellement la définition du bonheur puisque avec nos expériences, c'est pour ça que je disais tout à l'heure que pour moi, une personne qui n'a pas d'épreuves difficiles ne peut pas construire une vision du bonheur très profonde parce qu'il faut vivre des choses et comprendre aussi ce qu'on vit. et en tenir des leçons et faire des belles conclusions pour pouvoir réadapter la vision du bonheur qu'on a par la suite en étant adulte. Parce que là, du coup, toi, en tant qu'adulte... ta vision du bonheur, elle changera avec le temps et elle deviendra différente.
C'est pour ça qu'au début, j'ai dit qu'il y a plusieurs phases du bonheur.
Là, on parle d'un point de vue développement personnel. Oui, c'est ça. Là, on ne parle pas d'un point de vue financier. Là, on parle vraiment de qualité humaine.
Oui, c'est ça.
Ok. Je me sens d'accord. Est-ce que du coup, quand tu es arrivé au Canada, tu as trouvé plus de solutions que quand tu étais en Tunisie ? vis-à-vis d'aspirer à quelque chose de plus positif.
Oui, j'ai compris. C'est au Canada que j'étais diagnostiqué, que j'étais autiste. Je voulais comprendre pourquoi j'étais aussi différent des autres. J'ai découvert qui j'étais, qui j'étais vraiment.
Est-ce que c'était l'ambiance du Canada ou c'était toi au Canada qui étais plus propice au changement ?
C'était les deux. C'était les deux en même temps.
Donc le pays t'aspirait plus de plus positif que la Tunisie. Bon, rien contre la Tunisie, il y a des très bons territoires, il y a des gens très positifs, on a eu de mauvaises expériences là-bas, mais rien à voir avec le pays.
En termes de scolarité, en termes de sécurité, je me sentais mieux là-bas. J'avais plus d'assurance.
Ok. Mais du coup, c'est dû à ce traumatisme, tu te sens plus à l'aise en étant au Canada. Oui. Mais ça ne veut pas dire que néanmoins, en Tunisie, il peut y avoir des bonnes expériences.
Oui, oui. On peut dire ça. J'essaye d'en trouver, mais... Mais voilà. C'est pas facile.
Ton rapport avec cette expérience-là, forcément, t'as une vision différente en tant que magic, parce que tu t'es construit avec ça. Et quand tu vas là-bas, forcément, ça peut réveiller aussi quelques traumatiques.
Oui. C'est pour ça que c'est pas encore facile pour moi, jusqu'à maintenant.
De toute façon, ok. Je vois. Mais est-ce que, pour toi, il y a des cultures ? Ou des pays qui sont plus susceptibles à être heureux et atteindre le sentiment de bonheur ? Ou c'est juste une question personnelle ?
Pour moi, c'est une question personnelle.
Il n'y a pas de pays, il n'y a pas de culture où ils sont plus heureux et ils cultivent cette notion du bonheur pour toi ?
Personnellement, je n'y connais pas. Mais pour moi, tout dépend des personnes. Pour moi, je vais être honnête, le bonheur, c'est comme un virus. Le bonheur, ça se transmet. Quand tu vois un village qui est heureux, qui transmet du bonheur, ça se contamine. Je ne sais pas si tu m'as compris.
Si, oui. C'est une métaphore qu'on est en train de faire à l'église.
Donc, voilà. Ça dépend des villages. Des îles et tout.
Ok. Parce que des fois, tu vois par exemple la culture française. Beaucoup pourront dire que la culture française, bon, j'aime beaucoup la France, mais pourront dire aussi que la culture française n'est pas positive dans le sens où beaucoup de jalousie, beaucoup de choses négatives. Il y a quand même beaucoup de positifs, mais là, je parle vraiment de préjugés. Et par exemple, tu peux avoir la culture américaine où on peut dire oui, c'est plus ouvert. Les gens sont plus susceptibles à l'ouverture d'esprit, comme le Canada d'ailleurs. On dit qu'au Canada, c'est plus libre, c'est plus susceptible à développer ses qualités, ses passions, son travail et plein de choses. À contraire, tu vas avoir des cultures qui sont hyper restrictives et qui ne sont pas susceptibles au bonheur. Je vais te donner un exemple que je pense que tout le monde connaît. La Corée du Nord, là-bas, c'est très restreint. Ça veut dire que la conception du bonheur, elle est complètement... Après, là, on parle sur un point de vue politique.
Elle est imposée.
Elle est imposée. C'est pour ça que je te dis, est-ce qu'il n'y a pas des cultures ? Est-ce qu'il n'y a pas des pays ? Après, peut-être qu'il y a des gens qui se sentent heureux aussi en Corée du Nord. Mais là, on va dans un contexte politique. Mais vu que ça a été imposé, du coup, tout est biaisé. Mais c'est pour ça que la question est importante en disant, est-ce qu'il n'y a pas une culture ou un pays où on est plus susceptible d'être au bonheur ?
Personnellement, je n'y connais pas. Je ne connais pas. Un pays qui est vraiment heureux, qui est dans le bonheur. C'est des deux côtés. Je ne sais pas comment t'expliquer.
Tu peux parler, par exemple, de ta propre vision des pays que tu as déjà visités, genre la Tunisie, le Canada ou la France. Après, la France, tu n'as pas eu beaucoup d'expérience.
Comparé au Canada et la France et la Tunisie... malgré ça c'est de ce que je vois je sens que les gens ils sont plus heureux en tunisie
Vis-à-vis de quel pays ?
Des deux pays, de la France, du Canada. Peut-être que ce n'est pas la même culture, c'est peut-être une société différente.
Pour toi, les gens sont plus heureux en Tunisie ?
D'après ce que j'ai vu, d'après leur situation. Malgré qu'ils aient une situation difficile, les gens sont plutôt heureux.
C'est la culture qui fait ça ou c'est les gens ?
Peut-être que c'est la culture. Parce que c'est la Méditerranée.
C'est le mode de vie.
Le mode de vie, les gens, ils se saluent. Ils sont heureux. Des gens, ils sont beaucoup plus ouverts. Je sens qu'ils sont beaucoup plus ouverts qu'en France et au Canada, les gens là-bas, en Tunisie. C'est-à-dire, en termes de communication, bon, moi, je ne me classe pas dedans, mais d'après ce que je vois, les gens, ils sont... plus communicatif en Tunisie qu'au Canada et qu'en France.
Mais du coup, vis-à-vis de la Tunisie, par rapport à l'expérience que tu as vécue, parce que du coup, tu l'as vécue en Tunisie, tu dis que les gens ont l'air plus heureux, plus souriants, etc. Est-ce qu'ils sont plus dans l'entraide ? Parce que du coup, si tu as vécu ça, est-ce que tu as eu des gens qui sont intervenus ? Est-ce que des gens étaient indignés ? Ou au contraire, tu t'es retrouvé face ? Parce que moi, je te donne un... contrario, un exemple. Moi, j'ai vécu des choses en France qui sont pas très cool. J'ai eu des agressions en pleine rue. Et les gens, j'ai demandé de l'aide à toute classe, tout type de personnes, étrangers, pas étrangers, français. Et quand j'ai demandé aux Français, la plupart du temps, les gens ont peur ou les gens veulent pas t'aider ou les gens sont trop fermés. Et la seule personne qui m'a aidé, c'est un étranger qui vivait en France et qui était un sans-abri, un arrêt de bus. Donc... Parce que moi, je te donne un exemple, c'est par rapport à la France. Parce que la France, les gens, ils ont peur de réagir. Ils ont peur parce que c'est la culture. Je ne sais pas, en vrai, je ne peux pas réellement expliquer. Les gens sont très fermés, ils ne sont pas souriants. On a déjà eu une expérience à Paris, par exemple, où on voyait les gens dans la rue marcher, regarder vers le bas, ne pas être trop dans la communication, pas trop dans le sourire. Est-ce qu'ils subissent aussi la culture ? Est-ce qu'ils subissent aussi la vie ? Comparé à la Tunisie, est-ce qu'en Tunisie, il y a des gens qui réagissent plus face à ce genre d'épreuves difficiles ?
Je parle de mon expérience ?
Oui, de ce que tu as vécu du contenu.
De ce que j'ai vécu, entre guillemets, personne n'est intervenu. De ce que j'ai vécu à l'école ou autre, personne n'est intervenu. Comparé au Canada, oui, il y a des gens qui ont intervenu. Mais ça, c'est mon expérience à moi. C'est la pièce que j'ai vécue.
Tu penses que c'est une question de circonstances, d'événements, ou c'est genre dans la culture ?
D'événements.
Donc c'est juste qu'à ce moment-là, il y a des gens qui voulaient réagir ?
Dans la culture, j'ai vu des gens se faire agresser ou se faire braquer en Tunisie. Les gens, ils ont automatiquement intervenu. Ils ont aidé la dame, ils leur ont apporté de l'eau, à manger. Mais dans ma situation, à moi, personne n'est intervenu. comparé au Canada. Au Canada, j'ai eu des aides. J'ai eu des psychologues, j'ai eu des soins. Je suis suivi. Comparé à Tunisie, pas du tout. Personne ne m'a aidé.
Mais du coup, par rapport à la Tunisie, est-ce que tu penses que... C'est quoi ton avis du coup ? Parce que du coup, tu as été diagnostiqué en arrivant au Québec. Oui, c'est ça. En Tunisie, tu n'étais pas au courant.
Non, pas du tout.
Mais est-ce qu'en la culture tunisienne, est-ce qu'ils ont une approche de ce que tu as ? Comme quelque chose de... Tu sais, des fois, il y a des familles ou des cultures qui disent, par exemple, je te donne un exemple. Oui, la dépression, c'est un caprice de riche.
C'est ça.
Est-ce que, du coup, le fait d'être autiste, c'est genre, pour eux, tu sais, quelque chose qui n'est pas pris en compte ? où tu vois tu es dans l'excès parce qu'il y a d'autres cultures qui n'ont rien à voir de l'autre côté du continent où il y a des gens qui prennent ça comme une activité nouvelle ou une mode.
Moi, d'après mon expérience, d'après mes souvenirs, soit je faisais du théâtre, soit j'étais un interdémental.
Ok, donc c'est...
En Tunisie, c'était comme ça.
Donc pour eux, tu avais exagéré.
J'ai exagéré.
Je précise que c'est pas, on parle pas de toute la culture, on parle de ton expérience.
De mon expérience. Je précise de mon expérience en Tunisie, à l'école ou autre. J'avais un retard mental où je faisais la comédie. Je faisais ça exprès.
OK. Et comparé au Canada, du coup, quand tu as été diagnostiqué, est-ce qu'il y a eu plus une évolution au niveau de la culture ? Est-ce qu'ils ont plus de visualisation là-dessus ? Parce que peut-être qu'en Tunisie, il y en a très peu. Tu vois ?
C'est encore difficile.
OK. Ce n'est pas encore démocratisé ? Non,
ce n'est pas ça. Là, ça commence un peu. Il y a deux, trois ans, là, ça commence un peu, mais c'est encore difficile.
Après, je ne fais pas de lien entre ce que tu as vécu et le fait d'être autiste. Je dis juste vis-à-vis de ton expérience, du coup, en tant que personne autiste, vis-à-vis du bonheur, du fait d'être épanoui. Parce que si ça peut être un frein dans ta compréhension, la compréhension que les autres avaient de toi vis-à-vis de ces... de ta vision du bonheur, des agressions que tu as eues. C'est plus dans ce point de vue-là que je parlais.
C'est encore... En fait, on est dans 50-50. C'est en même temps un frein, et en même temps, c'est une certaine découverte. Je ne sais pas si tu as saisi ce que je veux dire.
Oui.
C'est les deux en même temps.
Tu penses que si tu avais eu la même expérience aujourd'hui en Tunisie, tu aurais peut-être... Tu as eu plus de considération ?
Je serais sûrement une autre personne. J'aurais peut-être vu qu'en Tunisie, peut-être qu'il faut mieux se débrouiller qu'au Canada. Peut-être que j'aurais plus d'expérience, plus d'outils que j'ai eu au Canada. Parce qu'au Canada, j'ai eu une certaine facilité. J'ai été diagnostiqué autiste, j'ai eu des psys, j'ai eu des aides. J'étais dans des associations, j'étais dans une école adaptée.
Est-ce que du coup, pour finir là-dessus, pour revenir à la thématique, est-ce que le bonheur, c'est un droit ou est-ce que c'est un privilège ? Du coup, le fait d'atteindre le bonheur pour toi, c'est un droit. Et par rapport au privilège, est-ce que toi, tu bénéficies de ce privilège ? Moi, par exemple, je vais t'expliquer pour que tu... puissent mieux se situer. Par exemple, moi je dis que le bonheur c'est un droit, ça veut dire qu'on est tous susceptibles à inspirer une vie positive, d'être dans un bonheur constant, d'être dans un épanouissement, une construction avec des épreuves, des choses. Mais des fois, t'as des personnes, comme tu parlais de guerre tout à l'heure, qui n'ont pas le privilège d'accès à ce bonheur, à cet épanouissement parce que les facteurs obligent on ne peut pas atteindre ce bonheur parce qu'il y a la précarité, il y a la guerre. Donc, des fois, il y a des différences de classe sociale, le fait d'être aisé, le fait de ne pas être racisé, le point de vue discrimination aussi. Il y a plein de facteurs. Est-ce que tu penses que du coup, c'est à droit référence aussi à ce que tu as vécu, est-ce que par rapport au fait que tu sois autiste, vis-à-vis du bonheur, tu as été privilégié ? Ou au contraire, ça a été un droit, mais que tu n'as pas pu exercer ?
Moi, je pense que c'est un privilège. Le bonheur que j'ai eu, c'est plutôt un privilège.
Ce n'est pas un droit pour toi ? C'est-à-dire que toi, tu n'as pas le droit au bonheur ?
Ça dépend. Ça dépend de quelles circonstances.
Tout court, de manière... Moi,
par exemple, je n'ai pas demandé d'aller au Canada.
Oui, tu n'as pas demandé, mais là, on parle de manière générale. Je situais pour que tu sois... plus pointilleux. Mais là, la question, c'est est-ce que toi, tu as le droit de manière générale d'avoir un accès au bonheur ? Oui. Toi, tu l'exerces, mais pas comme un privilège.
Comme tout être humain, j'ai le droit de goûter au bonheur.
Ok, mais du coup, le bonheur, vu que tu disais que c'était un privilège... Est-ce que du coup, il y a des classes sociales qui différencient cette accessibilité ? Est-ce qu'il y en a qui ont plus droit au bonheur parce qu'ils sont plus privilégiés par la société, d'un point de vue discrimination, d'un point de vue financier, d'un point de vue familial, héritage ? On ne parle pas que financier, tu m'entends ?
Oui, en globalité. En fait, ça dépend du degré du bonheur. Je vais donner un exemple. on va dans dans un pays où il ya de la famine par exemple tu donnes un bout de pain à un enfant il sera heureux, il sera joyeux. Je ne sais pas ce que je veux dire.
Oui, mais là, on parle de privilèges. Oui,
de privilèges. Donc lui,
il n'est pas privilégié. Puisqu'il a la notion, là, on parle de notion de bien ou notion de l'argent, des qualités de vie, des ressources, de plein de choses, d'avoir la tête sur les épaules. Mais là, on parle du bonheur. Est-ce que c'est un privilège ?
Non, ce n'est pas un privilège.
Est-ce que tu penses que pour toi, ce n'est pas un privilège ?
Ça doit être normalisé. Oui,
dans ta conception des choses. Mais là, dans la vie qu'on mène et dans la société qu'on vit, dans le monde qu'on vit.
Dans le monde qu'on vit, dans la société qu'on vit, c'est ça.
Est-ce que tu penses qu'il y a des gens qui sont plus privilégiés à être stimulés et atteindre cette notion du bonheur ?
Oui, parce qu'il y a des gens qui ont besoin d'aide, qui sont... Je ne sais pas comment expliquer, qui sont bloqués, en fait. Ils ne peuvent pas atteindre le bonheur. Tu vois ce que je veux dire ?
Par rapport à quoi ?
Il y a des gens, par exemple, qui sont en dépression, qui sont collés à la dépression. Pour eux, la dépression, c'est un truc de sécurité. Ils sont, entre guillemets, en otage. Donc, on devrait leur faire goûter. au bonheur. Tu vois ce que je veux dire ? Je ne sais pas comment le développer avec mon vocabulaire, mais c'est ma vision.
Ok. Moi, tu vois, par exemple, je pense que le bonheur, c'est vraiment quelque chose, c'est un droit, mais au point de vue des privilèges, tu as des gens qui sont plus privilégiés par la société d'un point de vue aisé. Tu vois, c'est un enfant qui veut construire une société, une vie, un projet. Il sera plus susceptible d'atteindre ce projet. Mais pour moi, tu vois, les personnes qui sont plus en droit et plus axées au bonheur, c'est les gens qui vont avoir des choses plus difficiles. C'est vrai que tu peux avoir des contextes où des personnes vivent dans des périodes de guerre, de famine, de précarité, et du coup, sont moins susceptibles d'atteindre cette notion de bonheur. Mais comme on disait tout à l'heure, c'est que les épreuves difficiles, des fois, nous amènent à avoir cette plénitude personnelle. Ça veut dire que le fait d'être développé, de se sentir heureux, peu importe avec les facteurs comme je disais tout à l'heure il y a des gens qui ont beaucoup d'argent ils se sentent très seuls et ils sont pas heureux et tu as des gens qui n'ont pas beaucoup les moyens mais qui vivent des moments de vie qu'ils ont des qualités de vie qui leur permet d'être épanouie donc ils peuvent avoir ce sentiment de plénitude et de bonheur donc ça veut dire que il y en a qui sont plus privilégiés par l'argent par aussi le fait de ne pas être racisé parce qu'il y a quand même aussi beaucoup de discrimination tu vois le fait que tu sois minoritaire bon même si on parle de commissaristes Là, ce n'est pas le débat, c'est un autre sujet. Mais voilà, je pense que si tu n'es pas, par exemple, un homme blanc, par exemple, après, c'est simplement que mon avis. Et là, on pourrait développer, mais ce n'est pas du tout le débat. Mais par exemple, si tu es un homme blanc riche, par exemple, pour moi, tu es plus privilégié par la société qu'une femme blanche riche, déjà. Il y a un peu une hiérarchie qui descend comme une pyramide. Et quand tu es en bas, c'est vraiment quand tu es sujet à de la discrimination, à des différences, à plein de choses, à de la précarité, etc. Donc, ça dépend comment tu situes. C'est-à-dire que c'est un droit pour tout le monde, mais des gens sont plus privilégiés que ce soit d'un point de vue personnel. Ça veut dire que si la personne d'un point de vue personnel, elle est plus développée, donc du coup, elle a plus de sentiments de bonheur parce que... D'un point de vue, pas forcément d'argent ou de quoi que ce soit. La personne, elle se sent plus heureuse. Mais par exemple, elle peut être en précarité, plein de choses. Et par rapport à l'accessibilité de ce privilège, je trouve que les gens qui ont beaucoup de moyens, qui sont parasisés, ont plus de facilité. Là, on parle de facilité. Les gens qui sont plus accessibles, c'est plus facile pour eux d'accéder à cette volonté d'atteindre le bonheur.
Donc, c'est plus un problème de la société.
Oui.
C'est un problème de sexisme. Oui et non. Par exemple, c'est un problème de sexisme.
Oui, mais là, ça va dans...
Si on prend ton exemple.
Oui, mais là, c'est un autre débat. Ce n'est pas pareil.
C'est-à-dire que c'est la société qui choisit d'avoir le bonheur ou pas.
Ça dépend. Parce que si tu es né dans une famille qui est riche, tu n'as rien demandé. Oui. T'es venu au monde, t'es arrivé dans des bonnes circonstances. Si tu nais, par exemple, dans une famille en précarité totale... qui essaie de s'en sortir mais qui a beaucoup de difficultés, certes elle pourra prendre beaucoup, mais elle pourra jamais atteindre quelqu'un qui est né confortablement dans des circonstances de facilité.
De facilité, oui.
Donc là on est dans deux contextes complètement différents. Donc t'as des personnes qui peuvent vivre très bien de manière financière, mais d'un point de vue personnel, elles peuvent être moins développées que quelqu'un qui est en précarité. C'est ça, oui. Effectivement. Ça veut dire qu'il y en a, ils ont plus de privilèges. d'atteindre le bonheur de manière non monétaire et humaine. Mais tu as des gens qui ont la facilité et le privilège d'atteindre le bonheur d'un point de vue plus matérialiste ou capitaliste, plein de choses, vis-à-vis de l'argent ou des prédispositions d'une vie modeste. Parce que même en étant modeste, tu n'es pas en précarité, mais tu ne peux pas atteindre, inspirer, être... Dieu. Dans un contexte aisé. Donc, tu as des gens qui sont entre les deux, entre la précarité et la richesse.
Oui, je suis d'accord.
Donc, tu as des gens qui peuvent plus, eux là, par exemple, ceux-là, ceux qui sont au milieu, ils peuvent être plus sujets à développer un sentiment de bonheur.
D'accord.
Mais quand on arrive tout en haut, tu peux tout avoir dans ta vie de manière financière, etc. Sauf que l'argent, on n'achète pas le bonheur, comme on dit, c'est vraiment l'expression la plus bateau. Mais tu peux avoir tout l'argent du monde et en fait, plus tu as une accessibilité et des privilèges d'un point de vue monétaire ou de sociétal, et plus tu es sujet à des trahisons, à des escroqueries, à de la manipulation. Après,
je parle d'un point de vue financier.
Par exemple, tu n'as pas des gens qui peuvent avoir beaucoup d'argent, ils peuvent se faire manipuler pour l'argent, pour un héritage. Tu peux avoir des gens qui peuvent profiter de toi. Alors que quand tu es en précarité et que tu n'as pas les moyens, il y en a qui peuvent profiter de toi, mais de tes ressources humaines, comme un effet vampirisant. Ils te voient heureux et du coup, ils veulent profiter de ça ou de ta gentillesse. Le fait que tu rendes des services, le fait que tu sois à l'écoute, tu vois ? Donc là, on va essayer d'aller dans la manipulation, mais d'un point vu émotionnel et d'un point vu de ressources humaines, pas du financier. Donc les deux ont des problèmes différents.
Peut-être que la personne, elle veut ça pour retrouver une certaine sécurité et cette sécurité-là va l'emmener au bonheur. Tu vois ce que je veux dire ? Ouais.
En fait, chaque classe a son problème. C'est ça,
oui. Dans ce cas, c'est chacun son problème, c'est vrai.
En fait, c'est pas les mêmes problèmes et c'est pas la même bâtisse du bonheur. Ça veut dire qu'ils ont chacun leur définition du bonheur en fonction de leurs moyens. Mais pour toi, est-ce que... Comment dire ? Est-ce qu'il y a un sentiment ou une émotion que tu ressens ? après avoir vécu des choses très difficiles ? Genre, à part le bonheur, est-ce qu'il y a d'autres sentiments ou d'autres émotions, je ne sais pas, comme la satisfaction, comme la réflexion ? Est-ce que tu as acquéri des émotions, des sentiments différents après avoir vécu des choses difficiles ?
C'est encore difficile chez moi, vraiment. De décortiquer mes émotions, c'est plutôt encore difficile. Je ne sais pas ce que c'est lié à mes expériences, ce que c'est lié à mon autisme. J'ai du mal à retrouver dans mes émotions, mais d'après mes souvenirs et mes expériences, c'est plutôt de la colère et de l'injustice.
Donc là, c'est le sentiment qui est très présent.
Oui, jusqu'à maintenant.
Mais là, le fait d'avoir surmonté ce que tu as vécu, parce que du coup, tu as dit que le temps a fait les choses. Là, on parle d'émotion, de ressenti positif.
Positif.
Parce que là, tu peux être toujours en colère et c'est parce que tu n'as pas été dans de la communication. C'est le fait d'avoir laissé le temps, comme tu disais tout à l'heure. Le fait, tu sais, qu'on ne parle pas de choses qui nous traumatisent. Le problème, c'est que le temps le répare, mais ne guérit pas. Je veux dire qu'il va te réparer dans un sens, mais il ne va pas te guérir parce que tu n'es pas dans la communication. Donc là, on va aller sur des points de vue positifs.
Positifs,
oui. Donc, qu'est-ce que tu as eu comme émotion ou comme sentiment que tu as ressenti après avoir laissé le temps faire par rapport à tes obstacles difficiles ?
c'est difficile c'est ça c'est une question difficile parce que j'ai j'ai encore du mal à ça mais c'est plus j'ai développé peut-être plus de réflexion Dans le domaine de l'analyse, j'analyse mieux les situations.
Tu es plus perspicace sur certaines choses.
C'est ça. J'analyse mieux les endroits où je me sens...
Tu es plus méfiant.
Voilà. Mais dans la positivité.
Ok.
Même au niveau de l'autonomie.
Est-ce que tu as des conseils à donner aux gens qui ont vécu des situations difficiles et qui aimeraient aspirer à quelque chose de plus positif pour trouver le bonheur ?
Trouver le bonheur ? Je donne mon point de vue personnel.
Oui.
C'est de peut-être... d'en parler, d'aller dans des associations, de parler avec des gens qui ont vécu, entre guillemets, les mêmes expériences. Car avec les gens qui ont vécu les mêmes expériences, indirectement, ce n'est pas pareil, mais on s'identifie. Donc on peut développer quelque chose socialement. Et à part ça, moi, d'après ce que j'ai vécu, c'était les associations et de lire des livres pour m'évader et de développer des choses mentalement. Tu vois ce que je veux dire ?
Oui.
Ça, c'est d'après mon expérience.
Ok. Moi, personnellement, je trouve qu'après des expériences très difficiles... pour aspirer à essayer de trouver le bonheur, c'est qu'il faudrait essayer de se trouver soi-même. Ça veut dire que dans les expériences négatives, on essaie de trouver le positif. En fait, ce qui nous a aspirés à quelque chose de meilleur après une expérience aussi difficile. Par exemple, par rapport à ce qu'on a énuméré, j'ai du mal à parler à la fin de ce podcast, c'est que pour moi, il faut pouvoir apprendre de ces choses. qui sont arrivées, ces épreuves difficiles, en termes de qualité, en termes de capacité, en termes d'acceptation, de tolérance, de plein de points de vue. Ça veut dire qu'avec le temps, est-ce que ta tolérance, elle a baissé ? Est-ce qu'elle a augmenté par rapport à certaines situations ? Est-ce que tu te trouvais plus épadoui avec des épreuves similaires ? Est-ce que tu as développé une tolérance ? Est-ce que tu as appris des choses ? Par exemple, je ne sais pas, tu subis quelque chose comme une agression. Est-ce que la prochaine agression, tu as accepté ? T'es à t'ouvrir à des moyens de recours, de défense. Est-ce que tu réfléchis de manière différente ? Et en fait, c'est ça, il faut apprendre. Même si c'est des choses négatives, il faut apprendre. Et pour essayer d'aller mieux, c'est se développer soi-même par rapport à ses capacités d'adaptation. C'est-à-dire, tu vis des choses pas cool, mais la prochaine fois que ça arrivera, est-ce que je la vivrai de manière plus positive ? Prenons l'exemple de la précarité. C'est pas quelque chose de simple. Moi, l'ayant déjà vécu, Je sais que j'aspirais à quelque chose de positif. Et quand cette ère est passée, du coup, j'apprenais, j'ai appris, par exemple, la valeur de l'argent. J'ai appris la valeur des choses. Je savourais des choses très simples. En fait, j'étais très matérialiste avant. Et avec la précarité, j'ai vraiment perdu ce sentiment de matérialiste. J'ai appris beaucoup de choses. Et en fait, le fait de simplifier, de vulgariser un peu ma vie, ma vision des choses, ça m'a permis d'être plus heureuse, d'atteindre plus le bonheur. Donc je dirais vraiment de vulgariser, de simplifier un peu des choses qui sont très façonnées par la société. Par exemple, le fait de, je ne sais pas, aller se balader, aller boire un verre, un truc simple, et de le transformer comme une expérience et un événement extraordinaire. Et tu vois, d'en tenir plus des souvenirs. C'est comme un concert, tu vois. Aujourd'hui, quand tu vas à un concert, la plupart des gens, ils ont leur téléphone en l'air. Moi, je préfère avoir le téléphone dans la poche et vivre l'instant présent. C'est très psychologique. Voilà, de créer des souvenirs. donc voilà il faut voir sa vie et construire sa vie de manière différente pour pouvoir apprendre des leçons créer des souvenirs, des émotions et en apprendre aussi à l'avenir et on construit son bonheur en fonction de notre vision du monde mais aussi la vision qu'on a de nous-mêmes donc plus on va se développer plus on aura une vision différente du départ avec beaucoup de vis qu'on avait si tu vis avec du matérialisme ou un manque de confiance en toi forcément ta vision du bonheur sera complètement biaisée et voilà Donc c'est important de pouvoir s'aimer, de prendre confiance en soi et se développer pour avoir une vision du bonheur qui est deux fois plus positive.
Moi, en globalité, à la fin de mes expériences, j'ai développé de l'empathie. envers les gens. J'ai pu développer. Parce que j'ai vu des gens qui ont vécu la même chose que moi. Une certaine discrimination liée à leur autisme, etc. Donc, j'ai développé une empathie vers les gens qui sont exclus. Tu vois ce que je veux dire ? Ce que je n'avais pas avant. Avant, j'étais très renfermé. J'étais dans mon univers. J'étais avec moi-même. Donc, le fait que je sois au Canada et d'avoir rencontré des gens comme moi, j'ai pu... pu développer une certaine ouverture d'esprit vers les gens. Parce qu'avant, socialement, j'étais vraiment avec moi-même. Je n'avais pas d'amis, je n'avais personne. Donc là, j'ai pu m'ouvrir. Tu vois ce que je veux dire ?
Je vois ce que tu veux dire. Du coup, tu as pu aussi voir que tu étais beaucoup plus polé que la normale. Hein ? Non, je disais que du coup, grâce à tes expériences sociales, t'as pu te rendre compte que t'étais beaucoup plus poilu que la normale.
Ouais, ça je prêtais pas attention, mais grâce à toi, là, je remarque que je suis énormément poilu.
Tu le savais déjà. On dirait que t'as un chat entre les deux chorizos.
Ouais, effectivement. Enfin, juste dans les chorizos...
On a besoin de savoir. En tout cas, je te laisse, tu as peut-être une autre remarque, une dernière remarque ou quelque chose à dire avant qu'on coupe ce podcast ?
J'ai une question.
Pas une ouverture. Si tu veux poser ta question, mais ce n'est pas une grande ouverture.
Non, une petite ouverture. Pour toi, est-ce que c'est le bonheur qu'on vit maintenant ? Est-ce que c'est le même bonheur qu'on vivait, bon, on ne le connaissait pas, qu'il y avait il y a des années ? Ça veut dire, est-ce que le bonheur était plus accessible avant à maintenant ?
Ta question, elle ne veut rien dire.
Comment ça ?
Elle n'est pas développée, là. Oui,
parce que j'ai du mal à parler.
Tu m'as dit une petite ouverture. Là, ça va rentrer dans un autre débat.
Enfin bref.
Oui, voilà. Enfin bref. Je voulais... Le bonheur d'avant, c'était le bonheur de la vision que tu avais avant, avant de vivre des expériences. Donc la vision que tu as du bonheur aujourd'hui, elle est différente.
En termes d'époque.
En termes d'époque ?
Ça veut dire par exemple dans les années 60, 40...
Il y a 60, tu prends pour Edith Piaf ou quoi ? bref, tu leur dis au revoir parce que tu ouvres encore un débat et tu veux le prolonger, on est déjà sur presque une heure de podcast, d'accord, on va pas les embêter,
c'est une passion, désolé donc de m'évader de parler, de débattre donc on va,
vaut mieux s'arrêter oui et qu'on sort du papier toilette quand il rachète tout à l'heure donc ce que je peux dire vers la fin
Merci de nous avoir écoutés. Et bon courage à vous si vous passez des périodes difficiles. Voilà.
D'accord. Merci beaucoup. En tout cas, merci d'avoir écouté ce podcast. N'hésitez pas à laisser un avis, évidemment, et un commentaire sur la chaîne du podcast. N'hésitez pas aussi à me suivre sur Instagram, la.torez. Sur TikTok, la.torezofficiel. Et sur Snapchat, la_torez. Je vous laisse avec la fin, en espérant que vous trouvez la voie du bonheur. Et n'oubliez pas que dans les moments les plus sombres, il y a toujours une lumière à allumer.
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Description
TW: sujets sensibles et témoignages.
Débat sur l’acquisition du bonheur.
Est-il un droit ou un privilège ?
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Bonjour à tous, bienvenue dans le podcast Les Lettres de la Torez aujourd'hui. Nous allons ouvrir le débat sur la question du bonheur avec un invité spécial aujourd'hui qui s'appelle Amine.
Bonjour.
Donc je te laisse te présenter.
Eh bien, je m'appelle Amine, je vis... Entre la Tunisie et le Canada, j'ai 25 ans et je suis un passionné d'histoire et de science et de géographie.
D'accord, donne-moi un fait sur la science.
Sommes-nous des primates ?
Oui, toi tu ressembles à un bonobo, mais ça c'est notre histoire. Tu es très poilu. Il faudrait faire un devis d'une semaine pour pouvoir enlever toute la surface publique. D'accord ? Alors aujourd'hui, la question c'est, est-ce que le bonheur est un droit ou un privilège ? Et faut-il obligatoirement des expériences difficiles pour pas venir à ce bonheur ? Donc pour toi déjà, qu'est-ce que le bonheur ?
Pour moi, le bonheur, c'est d'avoir un certain confort au niveau du mental, d'être libre psychologiquement. Je ne sais pas si tu m'as...
Tu sais, je comprends, ça veut dire que pour toi, c'est une ouverture d'esprit qui débouche sur un développement de sa propre personne, le bonheur.
Exactement, c'est d'être bien psychologiquement.
D'accord, donc pour toi le bonheur c'est psychologique, ça veut dire que t'as pas un confort qui peut être lié aussi au matériel, tu peux pas avoir un confort qui est lié aussi de manière, quand je te dis soit matérielle, soit personnelle, soit de manière sociable ?
Sociale, oui. Donc c'est plus dans la morale, dans l'esprit quoi.
Dans l'esprit ?
D'être ouvert aux autres, d'être à l'aise dans la société.
D'accord, mais dans ta vie quotidienne à toi, c'est quoi le bonheur du coup ? Parce que si c'est d'un point de vue personnel, il faudrait que tu puisses expliquer.
Le bonheur ? Peut-être d'avoir une certaine stabilité, stabilité financière au niveau de la sécurité. Mais moi, c'est surtout d'être ouvert vers les gens. C'est ça, le bonheur pour moi. C'est d'être en communication vers les gens.
D'accord. Ça peut passer aussi par des principes de vie. Pour moi, le bonheur, ça peut être un tout. Ça veut dire, si on va sur une base de matérialisme, ça veut dire qu'on est dans le bonheur parce qu'on a la sécurité de la maison, on a une sécurité financière, on est en... couple, on a des enfants. Là, on va quand même dans un modèle de vie sociale complètement banal, mais le bonheur, ça peut être plein d'aspects. Réussir sa vie, réussir sa carrière professionnelle, c'est plein de points qu'on pourrait exactement détailler. Pour toi, le bonheur, c'est genre un fantasme de société ou c'est un travail à faire sur toute une vie ? Est-ce que c'est quelque chose d'atteignable ou c'est simplement pour pouvoir se stimuler et avoir une vie beaucoup plus réfléchie, plus construite, plus développée ?
Pour moi, c'est les deux. Pour moi, il y a le bonheur de la société, il y a le bonheur personnel. Je ne sais pas si tu as compris. Le bonheur de la société, par exemple, c'est ce qui nous impose, par exemple, d'avoir beaucoup d'argent, d'avoir sa maison, d'avoir des enfants. En fait, c'est cette société qui est en train de formuler notre bonheur. Comme à l'école, ils nous disent qu'il faut travailler dur pour réussir. Même à la maison, avec certains parents, ils nous disent qu'il faut être médecin pour avoir de l'argent. En fait, il y a un bonheur imposant.
Dans l'éducation, tu apprends aux enfants de dire que si tu veux être heureux dans ta vie plus tard et atteindre le bonheur, c'est d'avoir une stabilité financière. La question, c'est est-ce que c'est quelque chose qui est atteignable ou ça reste un prétexte aux gens de cette société pour pouvoir se trouver une vie meilleure et la vivre un peu moins maussade ?
Tout dépend de la personne. Par exemple, moi, si c'est mon bonheur, c'est d'avoir... un chant d'olivier et vivre tout seul dans ma maison, ça c'est mon bonheur à moi. Mais comme j'ai dit tout à l'heure, il y a le bonheur qui est imposé par la société. Tu vois ce que je veux dire ?
Oui. Mais c'est peut-être pas atteignable. Si ta mère te dit qu'il faudrait que tu sois architecte en plein milieu de l'Égypte, des fois, t'as beau essayer d'aller au bout de cet objectif, mais ça ne veut pas dire que c'est la retranscription et la définition personnelle que toi, tu as du bonheur. Son bonheur, pour elle, c'est que ses enfants ont un travail spécial. avec une stabilité financière, mais ça ne veut pas dire que toi, c'est ta définition du bonheur. Parce que comme tu disais tout à l'heure, le bonheur, c'est une définition qui est très personnelle. Toi, tu as tes objectifs comme quelqu'un d'autre a ses objectifs.
C'est ça. Donc, c'est un, entre guillemets, c'est un bonheur imposé.
Mais est-ce que tu penses que du coup, quand tu parles d'éducation, est-ce que c'est réellement le bonheur de dire à ses enfants, voilà, tu vas faire ce métier-là, tu vas avoir cette stabilité-là, mais est-ce que tu ne penses pas que c'est imposé et... justement éviter à des enfants de partager, de créer une vie qui les rendrait vraiment heureux. Par exemple, si tu dis à ton enfant, voilà, tu seras médecin, alors qu'il ne veut pas être médecin, il veut faire, je ne sais pas, il veut faire de la musique, travailler dans un opéra, et c'est ça qui le rendrait heureux. Donc, en fait, c'est bâtir une fausse image du bonheur.
C'est ça, c'est ce que j'ai dit.
Après, il y a peut-être des enfants que ça leur plaît d'être le métier que les parents veulent. Mais on ne crée pas, il faut savoir qu'on ne crée pas des enfants à notre propre image. C'est très narcissique de voir ça.
C'est le bonheur des parents.
Ok, ça veut dire que tu es obligé de t'exécuter. Ça veut dire que si toi, en étant petit, ta mère voulait que tu fasses un métier, tu es obligé de le faire.
Non, je suis mon propre bonheur.
Donc tu construis ta propre définition du bonheur.
C'est ça, mon propre bonheur, pas le bonheur de mes parents.
Ok. Est-ce que tu penses que du coup, la perception de ce bonheur personnel, il se construit ? avec des expériences difficilement surmontables, où c'est une qualité de vie qu'on peut atteindre juste en le voulant. Si c'est un désir, j'ai envie d'être heureux, j'ai envie d'être dans le bonheur, je le suis. Ou au contraire, il faut des objectifs, ou il faut des épreuves ou des choses difficiles pour atteindre cette plénitude et cette qualité de vie.
Moi, je pense qu'il faut passer par des moments plutôt difficiles. Par exemple, dans une situation, dans un pays en guerre, une personne veut quitter ce pays pour trouver... d'aller dans un endroit où il y a une certaine sécurité, pour trouver le bonheur, pour fonder une nouvelle vie. Il passe dans un moment plutôt difficile, qui est la guerre. Et en réussissant à franchir cette expérience, il va trouver un... Il va trouver une certaine sécurité qui va lui donner le bonheur. Tu vois ce que je veux dire ?
Oui, mais là, tu parles d'expérience vraiment très difficile. Tu es dans un contexte qui est très particulier. Mais par exemple, si tu enchaînes des relations qui échouent ou si tu enchaînes des métiers qui ne te rendent pas heureux, mais dans le but d'avoir le bonheur financier, d'avoir une stabilité, un confort financier. en fait ça ne remplit pas tous les coches donc ça veut dire qu'il faut accumuler plein d'échecs pour comprendre ce qui nous rend heureux, au contraire il faut viser dans le mille dès la première fois pour être satisfait et d'avoir c'est à dire il faut cocher tous les objectifs pour atteindre cet objectif de vie oui c'est ça mon réel point de vue c'était ça en
fait il faut commencer par le je sais pas comment t'expliquer, c'est comme un labyrinthe il faut passer par plusieurs chemins qui sont plutôt difficiles pour trouver un certain équilibre du bonheur. Par exemple, si tu as un objectif, il faut passer par des petits boulots pour atteindre ton objectif principal. Ok. Tu vois ce que je veux dire ?
Ah ouais, mais on parlait de stabilité financière. Oui,
ça c'est côté financier. Côté sécurité, c'est comme j'ai dit tout à l'heure par rapport à la guerre. Par rapport à la guerre, une personne essaie de fuir un pays en guerre, d'aller par exemple vers un endroit qui est plutôt sécurisé, sécurisé c'est-à-dire sécurisé, pour trouver un certain confort.
Ok. Mais du coup, dans cette épreuve-là, il y a quand même beaucoup de malheurs. Et toi, pour toi, est-ce que tu penses qu'il y a un lien entre le bonheur et le malheur ?
il ya un lien je trouve qu'il ya un lien je pense si on passe dans des moments plutôt malheureux je pense que le bonheur sera un peu mieux ressenti, un peu plus fort. Par exemple, quand on voit des personnes traverser la Méditerranée et quand ils arrivent dans les côtes européennes, quand tu vois, ils sont joyeux. Comparé à moi, par exemple, que je prends l'avion tout simplement et j'arrive et je suis neutre.
Ok, parce que là, entre le malheur et le bonheur... C'est un peu un lien comme le positif, le négatif, le noir, le blanc. En fait, c'est des opposés contraires. Ça veut dire, moi, personnellement, mon avis là-dessus, c'est que, comme je le dis souvent, c'est que dans le malheur, c'est ce qui fait aussi le bonheur. Ça veut dire que c'est dans les moments négatifs qu'on trouve ce qu'il y a de positif et ce qui reste de positif. Donc, pour moi, il y a un lien, forcément, parce qu'il y en a un qui est le commencement. Et dans le temps, ce qui perdure, c'est la continuité. Par exemple, si on peut dire que c'est dans le malheur qu'on trouve ce qui est bon, c'est dans les moments les plus sombres qu'on trouve de la lumière, par exemple. Donc pour moi, c'est dans le malheur qu'on peut trouver un petit peu de bonheur et qui nous permet aussi de sortir d'une emprise, d'une dépression, de moments difficiles. Donc le bonheur, c'est vraiment en fait un prétexte. Et c'est aussi une opportunité de pouvoir se construire quelque chose de beaucoup plus positif qu'il est de base, qui est très négatif.
D'une question, pour toi, est-ce que le bonheur peut mener à la dépression ?
Ça dépend. Si tu parles de bonheur désillusoire, dans le sens où tu as une illusion, que tu as bâti toute ta vie quelque chose de positif. Par exemple, je te donne un exemple. Tu t'es marié avec quelqu'un pendant 20 ans, puis tu as ta carrière professionnelle qui est au plus haut, tu as des enfants, des animaux, crédit, maison, tout le truc. Et tu te rends compte que finalement, tout le monde s'est foutu de toi ou que tes enfants t'aiment. pas, qui a une double vie, que dans ton boulot, tout le monde se fout de toi, tout le contraire de ce que tu avais imaginé, oui, là, ça peut te créer beaucoup de choses négatives. À partir du moment, je pense que quand l'être humain ne vit pas assez d'épreuves difficiles, il ne peut pas se façonner des capacités et des moyens de défense face à des moments très difficiles.
Donc, entre guillemets, c'est un cercle vicieux, le malheur. t'emmène vers le bonheur, le bonheur t'emmène vers la dépression, ainsi de suite.
Oui, entre autres. C'est pour ça qu'il y a du positif et du négatif, en vrai, dans tout.
D'accord.
Donc après, c'est le point de vue, en tout cas, que j'ai là-dessus.
Il n'y a pas de...
Est-ce que tu penses qu'on peut se considérer dans le bonheur sans avoir eu, du coup, des épreuves très difficiles ?
Oui, je pense.
Il ne faut pas simplement dire oui, il faut détailler.
Par les moments difficiles, c'est comme j'ai dit tout à l'heure. Tu peux mieux me respecter la question.
Tu veux que je te réexplique la question ? Elle est un peu difficile, je te l'avoue. C'est, est-ce que pour toi, par exemple toi, est-ce que tu peux te considérer comme quelqu'un d'heureux et dans le bonheur alors que tu n'as vécu aucune épreuve difficile ?
Ça dépend de la personne.
Mais là, je parle de toi. Oui,
moi, honnêtement... Honnêtement... J'ai vécu des choses difficiles, mais ça ne change pas aux autres. Ça veut dire que je me considère comme les autres. Même une personne qui n'est pas passée dans un moment plutôt, entre guillemets, traumatisant, ça ne me change pas. Ça n'aura pas de différence entre moi et lui.
Ok, mais là, c'est le rapport que toi, en fait. C'est-à-dire que là, on parle de ton point de vue. La question peut varier d'une personne à une autre. Moi, par exemple, je pense, pour moi, que ce n'est pas réellement possible. Dans le sens où on parlait de cercle vicieux, c'est qu'une personne qui n'a pas eu d'épreuve difficile ne peut pas apprendre de cette épreuve difficile, des choses négatives qui lui arrivaient dans la vie et les capacités qu'elle aura pu développer. Par exemple, tu te fais trahir beaucoup de fois. Donc, tu apprends aussi de toi-même des erreurs que tu as faites, mais aussi des erreurs des autres. Et tu ne les recommets pas à l'avenir. ou du moins tu essayes de faire de mieux en mieux. Comme par exemple, quand tes relations sont chaotiques, tu essayes de comprendre les deux points de vue. Donc pour moi, les épreuves difficiles, en fait, ce sont comme dans les Sims, quand tu augmentes tes capacités et tes points de compétence. Et à la fin, tu finis par être expert. Moi, je vois ça de manière comme ça. Ça veut dire que pour moi, je ne peux pas tout réussir. Par exemple, quand tu as l'argent, quand tu es jeune, tu vis dans une famille aisée, tu as beaucoup d'argent. tu as un peu tout, mais ça veut pas dire que tu peux pas être malheureux, mais tu peux pas réellement être dans le bonheur, parce que t'as des gens, par exemple, qui ont beaucoup d'argent, mais qui se retrouvent seuls et qui se sentent seuls. Ils ont les mêmes choses que quelqu'un qui peut être très pauvre, au contraire, qui peut être très heureux.
Je sais pas comment m'expliquer. Ça veut dire qu'il y a plusieurs facettes du bonheur. Il y a plusieurs étages de bonheur. Ça veut dire qu'il y a le bonheur. Par exemple, les personnes qui sont bien financièrement ne peuvent pas connaître, par exemple, le bonheur des gens qui veulent avoir le bonheur financier. Tu vois ce que je veux dire ?
Oui, parce que chacun a sa classe différente, chacun a son mode de vie différent. C'est indéniable, mais ce n'est pas le sujet. du coup pour complémenter un peu tout ça est-ce que tu peux nous raconter une épreuve difficile pour toi que tu as vécu et évidemment trigger warning d'autres personnes qui peuvent être sensibles peu importe à ce que tu vas dire qui pourrait illustrer du coup une phase de malheur ou
quelque chose qui retranscrit vraiment le malheur oui j'ai vécu des en étant jeune j'ai vécu des expériences plutôt violentes à l'école
Est-ce que tu peux nous détailler ? Oui,
je peux détailler, pas de souci. Bon, il y a des choses que je ne vais pas dire.
Oui, avec un peu plus de censure, bien sûr. Les gens sont avertis directement au contenu sensible.
À l'école, par exemple, quand je partais à l'école en Tunisie, vu que j'ai une certaine différence, parce que je ne l'ai pas précisé au début, Ma différence, c'est que je suis autiste. Donc, j'ai eu une certaine différence des autres élèves. J'ai un petit retard scolaire. Et j'étais différent en globalité. Donc, cette différence m'emmenait vers une certaine intimidation vers les élèves et les professeurs. Je me faisais généralement tabasser. pendant 7 ans, attentif. Et voilà, j'ai eu d'autres expériences plutôt... J'ai eu des expériences plutôt violentes physiquement et voilà. Il y a eu des choses qui sont parties un peu plus loin, je ne veux pas dire les termes. Et voilà.
Je trouve que... Qu'est-ce que ça t'a appris dans ces moments-là ? à ce moment précis que tu parles, est-ce que tu as essayé de percevoir le malheur comme quelque chose qui va plus vers le bonheur ? Est-ce que tu as appris des choses ? Et quelles sont les mesures que tu as eues et que tu as eues comme recours pour pouvoir établir une procédure de soignement ?
Ça, en fait, au début, je ne sais pas comment expliquer. Je n'ai pas trouvé la solution tout de suite. C'est quand j'ai quitté la Tunisie en partant à Montréal, c'est là où j'ai trouvé cette sécurité psychologique. C'est le bonheur qui s'est déclenché tout seul. Le bonheur de ne pas me faire tabasser, le bonheur de ne pas me faire insulter. Le bonheur est venu tout seul. Ce n'est pas moi qui a trouvé des solutions.
C'est quoi ? C'est le fait d'être parti ailleurs ?
C'est le fait de partir ailleurs. D'être dans un endroit qui...
Est-ce que tu penses que dans tout ça, la communication a aidé ? Est-ce que le fait de... Je ne sais pas si tu en as parlé à ce moment-là à des gens. Est-ce que la communication a eu un facteur plus propice à avoir ce sentiment de bonheur ?
Sur la communication, quand j'ai en parlé, ça ne m'a pas vraiment aidé. C'est plutôt le temps qui a fait, qui a déclenché ça, qui m'a apporté cette... Je ne sais pas comment l'expliquer.
C'est le fait que tu aies laissé le temps faire les choses ? C'est ça. Après, tu sais, quand il y a des événements traumatiques, il ne faut pas être dans le déni ou enfouir. La communication, elle est très importante. Oui,
j'ai essayé, mais j'ai enfoui mes pensées. Par exemple, j'ai essayé d'en parler à des psychologues, d'en parler aux membres de ma famille. Ça n'a pas trop fonctionné. J'avais tout le temps cette frustration. Donc, je me suis échappé vers des livres, vers des documentaires. C'est ça qui m'a mis... qui m'a mis une certaine sécurité. Je m'inspirais de certains héros, des marins et tout ça.
Donc du coup, ta construction du bonheur à ce moment-là, c'est d'être projeté. dans une vie qui n'est pas la tienne. Voilà,
c'est ça.
Donc, ça veut dire que...
Depuis que je suis jeune, je m'imagine, même maintenant, des fois, je m'imagine une autre vie, je m'imagine dans le cosmos et tout.
Donc, pour toi, ta construction et ta définition du bonheur, c'est ce que tu es en train de me dire.
C'est ça.
Donc, ce que je te disais tout à l'heure, est-ce que ce que tu penses, la question du début, c'est qu'est-ce que tu penses que du coup, le bonheur est un fantasme de société ou c'est quelque chose qui est atteignable ? Parce que là, dans ta définition du bonheur, tu es en train de me dire que je me vois dans le cosmos, je me vois dans une autre vie. Du coup, c'est quelque chose d'assez fictif. Ce n'est pas quelque chose qui est palpable ou de réel.
C'est une certaine sécurité que je me fais. Ce n'est pas une réelle sécurité, mais ça m'apporte du bien mentalement.
Donc, ça veut dire que tu es dans le fantasme. Ce n'est pas quelque chose de réalisable.
Ce n'est pas réalisable.
Mais est-ce que tu as un exemple concret, réalisable, et pas de manière fictive ? pour retranscrire ton bonheur ?
C'est de parler. De parler. Même si ça ne m'apporte pas grand-chose, mais je décharge. Ça fait du bien. Ça veut dire de parler de mes histoires et de mes expériences. Ça décharge et je peux trouver. Ça peut diminuer, par exemple, une forme de dépression qui peut m'emmener plus du côté du bonheur. Je ne sais pas si tu as... Si,
si, si, je vois. Mais du coup, vu que tu as dit que tu viens de la Tunisie, du Canada, quand tu es parti, du coup, après la Tunisie, tu es parti au Canada, est-ce qu'arriver au Canada, ta vision du bonheur, elle a changé ? Et ta vision du malheur ? Parce que du coup, on parlait de le fait d'être dans une autre ville. Et tout à l'heure, tu disais que le temps a fait les choses, le fait d'être... partie déjà ça a aidé beaucoup à cette construction vers le bonheur mais arrivé au canada est ce que ta vision du bonheur elle a changé est ce que tes objectifs ils ont changé puisque du coup tu n'étais pas face aux problèmes qui te mettait dans le malheur quelle était ta vision des choses ma
vision des choses n'a pas changé tout de suite la diane n'a pas changé c'est par exemple dès que je suis arrivé en canada j'étais tout le temps le j'étais toujours trop mal traumatisé quoi
Donc tes traumatismes, ils t'ont suivi dans tes relations ou dans ton rapport avec toi-même ?
Avec tout le monde.
Donc ça veut dire que le comportement que tu as eu, qui t'a traumatisé étant plus jeune, s'est retranscrit dans les relations que tu as eues après ? Exact. Et c'est quoi comme sentiment que tu as eu ?
De la peur. De la peur. De la peur vers les gens, vers les... Par exemple, quand j'allais à l'école, j'avais peur des professeurs, des élèves. Mais maintenant, j'ai des particules de trauma. Par exemple, quand je vais à un rendez-vous, j'ai peur comme frappe. J'ai tout le temps cette sensation. Elle est restée collée en moi.
Ça veut dire que tes traumatismes t'ont construit et tu vis avec. Oui. Ça veut dire que ta vision du bonheur, c'est une retranscription. d'un équilibre qui s'est construit à travers de tes traumatismes.
C'est ça,
oui. Ça veut dire qu'en vrai, quand tu étais petite, quand tu avais une vision du bonheur et un épanouissement que tu voulais, c'est-à-dire que tu visualisais quelque chose qui n'existait pas. C'est ça. Parce que ce qui est dommage, mais ce qui a fait qu'avec tes traumatismes, ta vision du bonheur a changé. Parce que quand on est tous petits, on aspire à une vie plutôt... plutôt, comment dire... Soit fictives, soit comme ceux qui disent Moi, je serais astronaute en étant plus grand Du coup, vu que ça t'est arrivé quand tu étais jeune, ton développement en tant qu'enfant et quand tu es adolescent, il t'a perturbé dans ta vision du bonheur.
C'est ça.
Donc, tu n'as changé tout au long de ta vie ta conception du bonheur. Donc, c'est ce que je disais tout à l'heure. C'est-à-dire, quand je parlais du fait que ce soit un fantasme de la société, est-ce que c'est vraiment quelque chose d'atteignable ? Est-ce que c'est quelque chose qui se construit au long d'une vie ou pas ? Et en fait, mon avis là-dessus, c'est que le bonheur, il se déconstruit, il se reconstruit, il se développe et il se remet en question beaucoup de fois. Donc en fait, on n'a pas réellement la définition du bonheur puisque avec nos expériences, c'est pour ça que je disais tout à l'heure que pour moi, une personne qui n'a pas d'épreuves difficiles ne peut pas construire une vision du bonheur très profonde parce qu'il faut vivre des choses et comprendre aussi ce qu'on vit. et en tenir des leçons et faire des belles conclusions pour pouvoir réadapter la vision du bonheur qu'on a par la suite en étant adulte. Parce que là, du coup, toi, en tant qu'adulte... ta vision du bonheur, elle changera avec le temps et elle deviendra différente.
C'est pour ça qu'au début, j'ai dit qu'il y a plusieurs phases du bonheur.
Là, on parle d'un point de vue développement personnel. Oui, c'est ça. Là, on ne parle pas d'un point de vue financier. Là, on parle vraiment de qualité humaine.
Oui, c'est ça.
Ok. Je me sens d'accord. Est-ce que du coup, quand tu es arrivé au Canada, tu as trouvé plus de solutions que quand tu étais en Tunisie ? vis-à-vis d'aspirer à quelque chose de plus positif.
Oui, j'ai compris. C'est au Canada que j'étais diagnostiqué, que j'étais autiste. Je voulais comprendre pourquoi j'étais aussi différent des autres. J'ai découvert qui j'étais, qui j'étais vraiment.
Est-ce que c'était l'ambiance du Canada ou c'était toi au Canada qui étais plus propice au changement ?
C'était les deux. C'était les deux en même temps.
Donc le pays t'aspirait plus de plus positif que la Tunisie. Bon, rien contre la Tunisie, il y a des très bons territoires, il y a des gens très positifs, on a eu de mauvaises expériences là-bas, mais rien à voir avec le pays.
En termes de scolarité, en termes de sécurité, je me sentais mieux là-bas. J'avais plus d'assurance.
Ok. Mais du coup, c'est dû à ce traumatisme, tu te sens plus à l'aise en étant au Canada. Oui. Mais ça ne veut pas dire que néanmoins, en Tunisie, il peut y avoir des bonnes expériences.
Oui, oui. On peut dire ça. J'essaye d'en trouver, mais... Mais voilà. C'est pas facile.
Ton rapport avec cette expérience-là, forcément, t'as une vision différente en tant que magic, parce que tu t'es construit avec ça. Et quand tu vas là-bas, forcément, ça peut réveiller aussi quelques traumatiques.
Oui. C'est pour ça que c'est pas encore facile pour moi, jusqu'à maintenant.
De toute façon, ok. Je vois. Mais est-ce que, pour toi, il y a des cultures ? Ou des pays qui sont plus susceptibles à être heureux et atteindre le sentiment de bonheur ? Ou c'est juste une question personnelle ?
Pour moi, c'est une question personnelle.
Il n'y a pas de pays, il n'y a pas de culture où ils sont plus heureux et ils cultivent cette notion du bonheur pour toi ?
Personnellement, je n'y connais pas. Mais pour moi, tout dépend des personnes. Pour moi, je vais être honnête, le bonheur, c'est comme un virus. Le bonheur, ça se transmet. Quand tu vois un village qui est heureux, qui transmet du bonheur, ça se contamine. Je ne sais pas si tu m'as compris.
Si, oui. C'est une métaphore qu'on est en train de faire à l'église.
Donc, voilà. Ça dépend des villages. Des îles et tout.
Ok. Parce que des fois, tu vois par exemple la culture française. Beaucoup pourront dire que la culture française, bon, j'aime beaucoup la France, mais pourront dire aussi que la culture française n'est pas positive dans le sens où beaucoup de jalousie, beaucoup de choses négatives. Il y a quand même beaucoup de positifs, mais là, je parle vraiment de préjugés. Et par exemple, tu peux avoir la culture américaine où on peut dire oui, c'est plus ouvert. Les gens sont plus susceptibles à l'ouverture d'esprit, comme le Canada d'ailleurs. On dit qu'au Canada, c'est plus libre, c'est plus susceptible à développer ses qualités, ses passions, son travail et plein de choses. À contraire, tu vas avoir des cultures qui sont hyper restrictives et qui ne sont pas susceptibles au bonheur. Je vais te donner un exemple que je pense que tout le monde connaît. La Corée du Nord, là-bas, c'est très restreint. Ça veut dire que la conception du bonheur, elle est complètement... Après, là, on parle sur un point de vue politique.
Elle est imposée.
Elle est imposée. C'est pour ça que je te dis, est-ce qu'il n'y a pas des cultures ? Est-ce qu'il n'y a pas des pays ? Après, peut-être qu'il y a des gens qui se sentent heureux aussi en Corée du Nord. Mais là, on va dans un contexte politique. Mais vu que ça a été imposé, du coup, tout est biaisé. Mais c'est pour ça que la question est importante en disant, est-ce qu'il n'y a pas une culture ou un pays où on est plus susceptible d'être au bonheur ?
Personnellement, je n'y connais pas. Je ne connais pas. Un pays qui est vraiment heureux, qui est dans le bonheur. C'est des deux côtés. Je ne sais pas comment t'expliquer.
Tu peux parler, par exemple, de ta propre vision des pays que tu as déjà visités, genre la Tunisie, le Canada ou la France. Après, la France, tu n'as pas eu beaucoup d'expérience.
Comparé au Canada et la France et la Tunisie... malgré ça c'est de ce que je vois je sens que les gens ils sont plus heureux en tunisie
Vis-à-vis de quel pays ?
Des deux pays, de la France, du Canada. Peut-être que ce n'est pas la même culture, c'est peut-être une société différente.
Pour toi, les gens sont plus heureux en Tunisie ?
D'après ce que j'ai vu, d'après leur situation. Malgré qu'ils aient une situation difficile, les gens sont plutôt heureux.
C'est la culture qui fait ça ou c'est les gens ?
Peut-être que c'est la culture. Parce que c'est la Méditerranée.
C'est le mode de vie.
Le mode de vie, les gens, ils se saluent. Ils sont heureux. Des gens, ils sont beaucoup plus ouverts. Je sens qu'ils sont beaucoup plus ouverts qu'en France et au Canada, les gens là-bas, en Tunisie. C'est-à-dire, en termes de communication, bon, moi, je ne me classe pas dedans, mais d'après ce que je vois, les gens, ils sont... plus communicatif en Tunisie qu'au Canada et qu'en France.
Mais du coup, vis-à-vis de la Tunisie, par rapport à l'expérience que tu as vécue, parce que du coup, tu l'as vécue en Tunisie, tu dis que les gens ont l'air plus heureux, plus souriants, etc. Est-ce qu'ils sont plus dans l'entraide ? Parce que du coup, si tu as vécu ça, est-ce que tu as eu des gens qui sont intervenus ? Est-ce que des gens étaient indignés ? Ou au contraire, tu t'es retrouvé face ? Parce que moi, je te donne un... contrario, un exemple. Moi, j'ai vécu des choses en France qui sont pas très cool. J'ai eu des agressions en pleine rue. Et les gens, j'ai demandé de l'aide à toute classe, tout type de personnes, étrangers, pas étrangers, français. Et quand j'ai demandé aux Français, la plupart du temps, les gens ont peur ou les gens veulent pas t'aider ou les gens sont trop fermés. Et la seule personne qui m'a aidé, c'est un étranger qui vivait en France et qui était un sans-abri, un arrêt de bus. Donc... Parce que moi, je te donne un exemple, c'est par rapport à la France. Parce que la France, les gens, ils ont peur de réagir. Ils ont peur parce que c'est la culture. Je ne sais pas, en vrai, je ne peux pas réellement expliquer. Les gens sont très fermés, ils ne sont pas souriants. On a déjà eu une expérience à Paris, par exemple, où on voyait les gens dans la rue marcher, regarder vers le bas, ne pas être trop dans la communication, pas trop dans le sourire. Est-ce qu'ils subissent aussi la culture ? Est-ce qu'ils subissent aussi la vie ? Comparé à la Tunisie, est-ce qu'en Tunisie, il y a des gens qui réagissent plus face à ce genre d'épreuves difficiles ?
Je parle de mon expérience ?
Oui, de ce que tu as vécu du contenu.
De ce que j'ai vécu, entre guillemets, personne n'est intervenu. De ce que j'ai vécu à l'école ou autre, personne n'est intervenu. Comparé au Canada, oui, il y a des gens qui ont intervenu. Mais ça, c'est mon expérience à moi. C'est la pièce que j'ai vécue.
Tu penses que c'est une question de circonstances, d'événements, ou c'est genre dans la culture ?
D'événements.
Donc c'est juste qu'à ce moment-là, il y a des gens qui voulaient réagir ?
Dans la culture, j'ai vu des gens se faire agresser ou se faire braquer en Tunisie. Les gens, ils ont automatiquement intervenu. Ils ont aidé la dame, ils leur ont apporté de l'eau, à manger. Mais dans ma situation, à moi, personne n'est intervenu. comparé au Canada. Au Canada, j'ai eu des aides. J'ai eu des psychologues, j'ai eu des soins. Je suis suivi. Comparé à Tunisie, pas du tout. Personne ne m'a aidé.
Mais du coup, par rapport à la Tunisie, est-ce que tu penses que... C'est quoi ton avis du coup ? Parce que du coup, tu as été diagnostiqué en arrivant au Québec. Oui, c'est ça. En Tunisie, tu n'étais pas au courant.
Non, pas du tout.
Mais est-ce qu'en la culture tunisienne, est-ce qu'ils ont une approche de ce que tu as ? Comme quelque chose de... Tu sais, des fois, il y a des familles ou des cultures qui disent, par exemple, je te donne un exemple. Oui, la dépression, c'est un caprice de riche.
C'est ça.
Est-ce que, du coup, le fait d'être autiste, c'est genre, pour eux, tu sais, quelque chose qui n'est pas pris en compte ? où tu vois tu es dans l'excès parce qu'il y a d'autres cultures qui n'ont rien à voir de l'autre côté du continent où il y a des gens qui prennent ça comme une activité nouvelle ou une mode.
Moi, d'après mon expérience, d'après mes souvenirs, soit je faisais du théâtre, soit j'étais un interdémental.
Ok, donc c'est...
En Tunisie, c'était comme ça.
Donc pour eux, tu avais exagéré.
J'ai exagéré.
Je précise que c'est pas, on parle pas de toute la culture, on parle de ton expérience.
De mon expérience. Je précise de mon expérience en Tunisie, à l'école ou autre. J'avais un retard mental où je faisais la comédie. Je faisais ça exprès.
OK. Et comparé au Canada, du coup, quand tu as été diagnostiqué, est-ce qu'il y a eu plus une évolution au niveau de la culture ? Est-ce qu'ils ont plus de visualisation là-dessus ? Parce que peut-être qu'en Tunisie, il y en a très peu. Tu vois ?
C'est encore difficile.
OK. Ce n'est pas encore démocratisé ? Non,
ce n'est pas ça. Là, ça commence un peu. Il y a deux, trois ans, là, ça commence un peu, mais c'est encore difficile.
Après, je ne fais pas de lien entre ce que tu as vécu et le fait d'être autiste. Je dis juste vis-à-vis de ton expérience, du coup, en tant que personne autiste, vis-à-vis du bonheur, du fait d'être épanoui. Parce que si ça peut être un frein dans ta compréhension, la compréhension que les autres avaient de toi vis-à-vis de ces... de ta vision du bonheur, des agressions que tu as eues. C'est plus dans ce point de vue-là que je parlais.
C'est encore... En fait, on est dans 50-50. C'est en même temps un frein, et en même temps, c'est une certaine découverte. Je ne sais pas si tu as saisi ce que je veux dire.
Oui.
C'est les deux en même temps.
Tu penses que si tu avais eu la même expérience aujourd'hui en Tunisie, tu aurais peut-être... Tu as eu plus de considération ?
Je serais sûrement une autre personne. J'aurais peut-être vu qu'en Tunisie, peut-être qu'il faut mieux se débrouiller qu'au Canada. Peut-être que j'aurais plus d'expérience, plus d'outils que j'ai eu au Canada. Parce qu'au Canada, j'ai eu une certaine facilité. J'ai été diagnostiqué autiste, j'ai eu des psys, j'ai eu des aides. J'étais dans des associations, j'étais dans une école adaptée.
Est-ce que du coup, pour finir là-dessus, pour revenir à la thématique, est-ce que le bonheur, c'est un droit ou est-ce que c'est un privilège ? Du coup, le fait d'atteindre le bonheur pour toi, c'est un droit. Et par rapport au privilège, est-ce que toi, tu bénéficies de ce privilège ? Moi, par exemple, je vais t'expliquer pour que tu... puissent mieux se situer. Par exemple, moi je dis que le bonheur c'est un droit, ça veut dire qu'on est tous susceptibles à inspirer une vie positive, d'être dans un bonheur constant, d'être dans un épanouissement, une construction avec des épreuves, des choses. Mais des fois, t'as des personnes, comme tu parlais de guerre tout à l'heure, qui n'ont pas le privilège d'accès à ce bonheur, à cet épanouissement parce que les facteurs obligent on ne peut pas atteindre ce bonheur parce qu'il y a la précarité, il y a la guerre. Donc, des fois, il y a des différences de classe sociale, le fait d'être aisé, le fait de ne pas être racisé, le point de vue discrimination aussi. Il y a plein de facteurs. Est-ce que tu penses que du coup, c'est à droit référence aussi à ce que tu as vécu, est-ce que par rapport au fait que tu sois autiste, vis-à-vis du bonheur, tu as été privilégié ? Ou au contraire, ça a été un droit, mais que tu n'as pas pu exercer ?
Moi, je pense que c'est un privilège. Le bonheur que j'ai eu, c'est plutôt un privilège.
Ce n'est pas un droit pour toi ? C'est-à-dire que toi, tu n'as pas le droit au bonheur ?
Ça dépend. Ça dépend de quelles circonstances.
Tout court, de manière... Moi,
par exemple, je n'ai pas demandé d'aller au Canada.
Oui, tu n'as pas demandé, mais là, on parle de manière générale. Je situais pour que tu sois... plus pointilleux. Mais là, la question, c'est est-ce que toi, tu as le droit de manière générale d'avoir un accès au bonheur ? Oui. Toi, tu l'exerces, mais pas comme un privilège.
Comme tout être humain, j'ai le droit de goûter au bonheur.
Ok, mais du coup, le bonheur, vu que tu disais que c'était un privilège... Est-ce que du coup, il y a des classes sociales qui différencient cette accessibilité ? Est-ce qu'il y en a qui ont plus droit au bonheur parce qu'ils sont plus privilégiés par la société, d'un point de vue discrimination, d'un point de vue financier, d'un point de vue familial, héritage ? On ne parle pas que financier, tu m'entends ?
Oui, en globalité. En fait, ça dépend du degré du bonheur. Je vais donner un exemple. on va dans dans un pays où il ya de la famine par exemple tu donnes un bout de pain à un enfant il sera heureux, il sera joyeux. Je ne sais pas ce que je veux dire.
Oui, mais là, on parle de privilèges. Oui,
de privilèges. Donc lui,
il n'est pas privilégié. Puisqu'il a la notion, là, on parle de notion de bien ou notion de l'argent, des qualités de vie, des ressources, de plein de choses, d'avoir la tête sur les épaules. Mais là, on parle du bonheur. Est-ce que c'est un privilège ?
Non, ce n'est pas un privilège.
Est-ce que tu penses que pour toi, ce n'est pas un privilège ?
Ça doit être normalisé. Oui,
dans ta conception des choses. Mais là, dans la vie qu'on mène et dans la société qu'on vit, dans le monde qu'on vit.
Dans le monde qu'on vit, dans la société qu'on vit, c'est ça.
Est-ce que tu penses qu'il y a des gens qui sont plus privilégiés à être stimulés et atteindre cette notion du bonheur ?
Oui, parce qu'il y a des gens qui ont besoin d'aide, qui sont... Je ne sais pas comment expliquer, qui sont bloqués, en fait. Ils ne peuvent pas atteindre le bonheur. Tu vois ce que je veux dire ?
Par rapport à quoi ?
Il y a des gens, par exemple, qui sont en dépression, qui sont collés à la dépression. Pour eux, la dépression, c'est un truc de sécurité. Ils sont, entre guillemets, en otage. Donc, on devrait leur faire goûter. au bonheur. Tu vois ce que je veux dire ? Je ne sais pas comment le développer avec mon vocabulaire, mais c'est ma vision.
Ok. Moi, tu vois, par exemple, je pense que le bonheur, c'est vraiment quelque chose, c'est un droit, mais au point de vue des privilèges, tu as des gens qui sont plus privilégiés par la société d'un point de vue aisé. Tu vois, c'est un enfant qui veut construire une société, une vie, un projet. Il sera plus susceptible d'atteindre ce projet. Mais pour moi, tu vois, les personnes qui sont plus en droit et plus axées au bonheur, c'est les gens qui vont avoir des choses plus difficiles. C'est vrai que tu peux avoir des contextes où des personnes vivent dans des périodes de guerre, de famine, de précarité, et du coup, sont moins susceptibles d'atteindre cette notion de bonheur. Mais comme on disait tout à l'heure, c'est que les épreuves difficiles, des fois, nous amènent à avoir cette plénitude personnelle. Ça veut dire que le fait d'être développé, de se sentir heureux, peu importe avec les facteurs comme je disais tout à l'heure il y a des gens qui ont beaucoup d'argent ils se sentent très seuls et ils sont pas heureux et tu as des gens qui n'ont pas beaucoup les moyens mais qui vivent des moments de vie qu'ils ont des qualités de vie qui leur permet d'être épanouie donc ils peuvent avoir ce sentiment de plénitude et de bonheur donc ça veut dire que il y en a qui sont plus privilégiés par l'argent par aussi le fait de ne pas être racisé parce qu'il y a quand même aussi beaucoup de discrimination tu vois le fait que tu sois minoritaire bon même si on parle de commissaristes Là, ce n'est pas le débat, c'est un autre sujet. Mais voilà, je pense que si tu n'es pas, par exemple, un homme blanc, par exemple, après, c'est simplement que mon avis. Et là, on pourrait développer, mais ce n'est pas du tout le débat. Mais par exemple, si tu es un homme blanc riche, par exemple, pour moi, tu es plus privilégié par la société qu'une femme blanche riche, déjà. Il y a un peu une hiérarchie qui descend comme une pyramide. Et quand tu es en bas, c'est vraiment quand tu es sujet à de la discrimination, à des différences, à plein de choses, à de la précarité, etc. Donc, ça dépend comment tu situes. C'est-à-dire que c'est un droit pour tout le monde, mais des gens sont plus privilégiés que ce soit d'un point de vue personnel. Ça veut dire que si la personne d'un point de vue personnel, elle est plus développée, donc du coup, elle a plus de sentiments de bonheur parce que... D'un point de vue, pas forcément d'argent ou de quoi que ce soit. La personne, elle se sent plus heureuse. Mais par exemple, elle peut être en précarité, plein de choses. Et par rapport à l'accessibilité de ce privilège, je trouve que les gens qui ont beaucoup de moyens, qui sont parasisés, ont plus de facilité. Là, on parle de facilité. Les gens qui sont plus accessibles, c'est plus facile pour eux d'accéder à cette volonté d'atteindre le bonheur.
Donc, c'est plus un problème de la société.
Oui.
C'est un problème de sexisme. Oui et non. Par exemple, c'est un problème de sexisme.
Oui, mais là, ça va dans...
Si on prend ton exemple.
Oui, mais là, c'est un autre débat. Ce n'est pas pareil.
C'est-à-dire que c'est la société qui choisit d'avoir le bonheur ou pas.
Ça dépend. Parce que si tu es né dans une famille qui est riche, tu n'as rien demandé. Oui. T'es venu au monde, t'es arrivé dans des bonnes circonstances. Si tu nais, par exemple, dans une famille en précarité totale... qui essaie de s'en sortir mais qui a beaucoup de difficultés, certes elle pourra prendre beaucoup, mais elle pourra jamais atteindre quelqu'un qui est né confortablement dans des circonstances de facilité.
De facilité, oui.
Donc là on est dans deux contextes complètement différents. Donc t'as des personnes qui peuvent vivre très bien de manière financière, mais d'un point de vue personnel, elles peuvent être moins développées que quelqu'un qui est en précarité. C'est ça, oui. Effectivement. Ça veut dire qu'il y en a, ils ont plus de privilèges. d'atteindre le bonheur de manière non monétaire et humaine. Mais tu as des gens qui ont la facilité et le privilège d'atteindre le bonheur d'un point de vue plus matérialiste ou capitaliste, plein de choses, vis-à-vis de l'argent ou des prédispositions d'une vie modeste. Parce que même en étant modeste, tu n'es pas en précarité, mais tu ne peux pas atteindre, inspirer, être... Dieu. Dans un contexte aisé. Donc, tu as des gens qui sont entre les deux, entre la précarité et la richesse.
Oui, je suis d'accord.
Donc, tu as des gens qui peuvent plus, eux là, par exemple, ceux-là, ceux qui sont au milieu, ils peuvent être plus sujets à développer un sentiment de bonheur.
D'accord.
Mais quand on arrive tout en haut, tu peux tout avoir dans ta vie de manière financière, etc. Sauf que l'argent, on n'achète pas le bonheur, comme on dit, c'est vraiment l'expression la plus bateau. Mais tu peux avoir tout l'argent du monde et en fait, plus tu as une accessibilité et des privilèges d'un point de vue monétaire ou de sociétal, et plus tu es sujet à des trahisons, à des escroqueries, à de la manipulation. Après,
je parle d'un point de vue financier.
Par exemple, tu n'as pas des gens qui peuvent avoir beaucoup d'argent, ils peuvent se faire manipuler pour l'argent, pour un héritage. Tu peux avoir des gens qui peuvent profiter de toi. Alors que quand tu es en précarité et que tu n'as pas les moyens, il y en a qui peuvent profiter de toi, mais de tes ressources humaines, comme un effet vampirisant. Ils te voient heureux et du coup, ils veulent profiter de ça ou de ta gentillesse. Le fait que tu rendes des services, le fait que tu sois à l'écoute, tu vois ? Donc là, on va essayer d'aller dans la manipulation, mais d'un point vu émotionnel et d'un point vu de ressources humaines, pas du financier. Donc les deux ont des problèmes différents.
Peut-être que la personne, elle veut ça pour retrouver une certaine sécurité et cette sécurité-là va l'emmener au bonheur. Tu vois ce que je veux dire ? Ouais.
En fait, chaque classe a son problème. C'est ça,
oui. Dans ce cas, c'est chacun son problème, c'est vrai.
En fait, c'est pas les mêmes problèmes et c'est pas la même bâtisse du bonheur. Ça veut dire qu'ils ont chacun leur définition du bonheur en fonction de leurs moyens. Mais pour toi, est-ce que... Comment dire ? Est-ce qu'il y a un sentiment ou une émotion que tu ressens ? après avoir vécu des choses très difficiles ? Genre, à part le bonheur, est-ce qu'il y a d'autres sentiments ou d'autres émotions, je ne sais pas, comme la satisfaction, comme la réflexion ? Est-ce que tu as acquéri des émotions, des sentiments différents après avoir vécu des choses difficiles ?
C'est encore difficile chez moi, vraiment. De décortiquer mes émotions, c'est plutôt encore difficile. Je ne sais pas ce que c'est lié à mes expériences, ce que c'est lié à mon autisme. J'ai du mal à retrouver dans mes émotions, mais d'après mes souvenirs et mes expériences, c'est plutôt de la colère et de l'injustice.
Donc là, c'est le sentiment qui est très présent.
Oui, jusqu'à maintenant.
Mais là, le fait d'avoir surmonté ce que tu as vécu, parce que du coup, tu as dit que le temps a fait les choses. Là, on parle d'émotion, de ressenti positif.
Positif.
Parce que là, tu peux être toujours en colère et c'est parce que tu n'as pas été dans de la communication. C'est le fait d'avoir laissé le temps, comme tu disais tout à l'heure. Le fait, tu sais, qu'on ne parle pas de choses qui nous traumatisent. Le problème, c'est que le temps le répare, mais ne guérit pas. Je veux dire qu'il va te réparer dans un sens, mais il ne va pas te guérir parce que tu n'es pas dans la communication. Donc là, on va aller sur des points de vue positifs.
Positifs,
oui. Donc, qu'est-ce que tu as eu comme émotion ou comme sentiment que tu as ressenti après avoir laissé le temps faire par rapport à tes obstacles difficiles ?
c'est difficile c'est ça c'est une question difficile parce que j'ai j'ai encore du mal à ça mais c'est plus j'ai développé peut-être plus de réflexion Dans le domaine de l'analyse, j'analyse mieux les situations.
Tu es plus perspicace sur certaines choses.
C'est ça. J'analyse mieux les endroits où je me sens...
Tu es plus méfiant.
Voilà. Mais dans la positivité.
Ok.
Même au niveau de l'autonomie.
Est-ce que tu as des conseils à donner aux gens qui ont vécu des situations difficiles et qui aimeraient aspirer à quelque chose de plus positif pour trouver le bonheur ?
Trouver le bonheur ? Je donne mon point de vue personnel.
Oui.
C'est de peut-être... d'en parler, d'aller dans des associations, de parler avec des gens qui ont vécu, entre guillemets, les mêmes expériences. Car avec les gens qui ont vécu les mêmes expériences, indirectement, ce n'est pas pareil, mais on s'identifie. Donc on peut développer quelque chose socialement. Et à part ça, moi, d'après ce que j'ai vécu, c'était les associations et de lire des livres pour m'évader et de développer des choses mentalement. Tu vois ce que je veux dire ?
Oui.
Ça, c'est d'après mon expérience.
Ok. Moi, personnellement, je trouve qu'après des expériences très difficiles... pour aspirer à essayer de trouver le bonheur, c'est qu'il faudrait essayer de se trouver soi-même. Ça veut dire que dans les expériences négatives, on essaie de trouver le positif. En fait, ce qui nous a aspirés à quelque chose de meilleur après une expérience aussi difficile. Par exemple, par rapport à ce qu'on a énuméré, j'ai du mal à parler à la fin de ce podcast, c'est que pour moi, il faut pouvoir apprendre de ces choses. qui sont arrivées, ces épreuves difficiles, en termes de qualité, en termes de capacité, en termes d'acceptation, de tolérance, de plein de points de vue. Ça veut dire qu'avec le temps, est-ce que ta tolérance, elle a baissé ? Est-ce qu'elle a augmenté par rapport à certaines situations ? Est-ce que tu te trouvais plus épadoui avec des épreuves similaires ? Est-ce que tu as développé une tolérance ? Est-ce que tu as appris des choses ? Par exemple, je ne sais pas, tu subis quelque chose comme une agression. Est-ce que la prochaine agression, tu as accepté ? T'es à t'ouvrir à des moyens de recours, de défense. Est-ce que tu réfléchis de manière différente ? Et en fait, c'est ça, il faut apprendre. Même si c'est des choses négatives, il faut apprendre. Et pour essayer d'aller mieux, c'est se développer soi-même par rapport à ses capacités d'adaptation. C'est-à-dire, tu vis des choses pas cool, mais la prochaine fois que ça arrivera, est-ce que je la vivrai de manière plus positive ? Prenons l'exemple de la précarité. C'est pas quelque chose de simple. Moi, l'ayant déjà vécu, Je sais que j'aspirais à quelque chose de positif. Et quand cette ère est passée, du coup, j'apprenais, j'ai appris, par exemple, la valeur de l'argent. J'ai appris la valeur des choses. Je savourais des choses très simples. En fait, j'étais très matérialiste avant. Et avec la précarité, j'ai vraiment perdu ce sentiment de matérialiste. J'ai appris beaucoup de choses. Et en fait, le fait de simplifier, de vulgariser un peu ma vie, ma vision des choses, ça m'a permis d'être plus heureuse, d'atteindre plus le bonheur. Donc je dirais vraiment de vulgariser, de simplifier un peu des choses qui sont très façonnées par la société. Par exemple, le fait de, je ne sais pas, aller se balader, aller boire un verre, un truc simple, et de le transformer comme une expérience et un événement extraordinaire. Et tu vois, d'en tenir plus des souvenirs. C'est comme un concert, tu vois. Aujourd'hui, quand tu vas à un concert, la plupart des gens, ils ont leur téléphone en l'air. Moi, je préfère avoir le téléphone dans la poche et vivre l'instant présent. C'est très psychologique. Voilà, de créer des souvenirs. donc voilà il faut voir sa vie et construire sa vie de manière différente pour pouvoir apprendre des leçons créer des souvenirs, des émotions et en apprendre aussi à l'avenir et on construit son bonheur en fonction de notre vision du monde mais aussi la vision qu'on a de nous-mêmes donc plus on va se développer plus on aura une vision différente du départ avec beaucoup de vis qu'on avait si tu vis avec du matérialisme ou un manque de confiance en toi forcément ta vision du bonheur sera complètement biaisée et voilà Donc c'est important de pouvoir s'aimer, de prendre confiance en soi et se développer pour avoir une vision du bonheur qui est deux fois plus positive.
Moi, en globalité, à la fin de mes expériences, j'ai développé de l'empathie. envers les gens. J'ai pu développer. Parce que j'ai vu des gens qui ont vécu la même chose que moi. Une certaine discrimination liée à leur autisme, etc. Donc, j'ai développé une empathie vers les gens qui sont exclus. Tu vois ce que je veux dire ? Ce que je n'avais pas avant. Avant, j'étais très renfermé. J'étais dans mon univers. J'étais avec moi-même. Donc, le fait que je sois au Canada et d'avoir rencontré des gens comme moi, j'ai pu... pu développer une certaine ouverture d'esprit vers les gens. Parce qu'avant, socialement, j'étais vraiment avec moi-même. Je n'avais pas d'amis, je n'avais personne. Donc là, j'ai pu m'ouvrir. Tu vois ce que je veux dire ?
Je vois ce que tu veux dire. Du coup, tu as pu aussi voir que tu étais beaucoup plus polé que la normale. Hein ? Non, je disais que du coup, grâce à tes expériences sociales, t'as pu te rendre compte que t'étais beaucoup plus poilu que la normale.
Ouais, ça je prêtais pas attention, mais grâce à toi, là, je remarque que je suis énormément poilu.
Tu le savais déjà. On dirait que t'as un chat entre les deux chorizos.
Ouais, effectivement. Enfin, juste dans les chorizos...
On a besoin de savoir. En tout cas, je te laisse, tu as peut-être une autre remarque, une dernière remarque ou quelque chose à dire avant qu'on coupe ce podcast ?
J'ai une question.
Pas une ouverture. Si tu veux poser ta question, mais ce n'est pas une grande ouverture.
Non, une petite ouverture. Pour toi, est-ce que c'est le bonheur qu'on vit maintenant ? Est-ce que c'est le même bonheur qu'on vivait, bon, on ne le connaissait pas, qu'il y avait il y a des années ? Ça veut dire, est-ce que le bonheur était plus accessible avant à maintenant ?
Ta question, elle ne veut rien dire.
Comment ça ?
Elle n'est pas développée, là. Oui,
parce que j'ai du mal à parler.
Tu m'as dit une petite ouverture. Là, ça va rentrer dans un autre débat.
Enfin bref.
Oui, voilà. Enfin bref. Je voulais... Le bonheur d'avant, c'était le bonheur de la vision que tu avais avant, avant de vivre des expériences. Donc la vision que tu as du bonheur aujourd'hui, elle est différente.
En termes d'époque.
En termes d'époque ?
Ça veut dire par exemple dans les années 60, 40...
Il y a 60, tu prends pour Edith Piaf ou quoi ? bref, tu leur dis au revoir parce que tu ouvres encore un débat et tu veux le prolonger, on est déjà sur presque une heure de podcast, d'accord, on va pas les embêter,
c'est une passion, désolé donc de m'évader de parler, de débattre donc on va,
vaut mieux s'arrêter oui et qu'on sort du papier toilette quand il rachète tout à l'heure donc ce que je peux dire vers la fin
Merci de nous avoir écoutés. Et bon courage à vous si vous passez des périodes difficiles. Voilà.
D'accord. Merci beaucoup. En tout cas, merci d'avoir écouté ce podcast. N'hésitez pas à laisser un avis, évidemment, et un commentaire sur la chaîne du podcast. N'hésitez pas aussi à me suivre sur Instagram, la.torez. Sur TikTok, la.torezofficiel. Et sur Snapchat, la_torez. Je vous laisse avec la fin, en espérant que vous trouvez la voie du bonheur. Et n'oubliez pas que dans les moments les plus sombres, il y a toujours une lumière à allumer.
Description
TW: sujets sensibles et témoignages.
Débat sur l’acquisition du bonheur.
Est-il un droit ou un privilège ?
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Bonjour à tous, bienvenue dans le podcast Les Lettres de la Torez aujourd'hui. Nous allons ouvrir le débat sur la question du bonheur avec un invité spécial aujourd'hui qui s'appelle Amine.
Bonjour.
Donc je te laisse te présenter.
Eh bien, je m'appelle Amine, je vis... Entre la Tunisie et le Canada, j'ai 25 ans et je suis un passionné d'histoire et de science et de géographie.
D'accord, donne-moi un fait sur la science.
Sommes-nous des primates ?
Oui, toi tu ressembles à un bonobo, mais ça c'est notre histoire. Tu es très poilu. Il faudrait faire un devis d'une semaine pour pouvoir enlever toute la surface publique. D'accord ? Alors aujourd'hui, la question c'est, est-ce que le bonheur est un droit ou un privilège ? Et faut-il obligatoirement des expériences difficiles pour pas venir à ce bonheur ? Donc pour toi déjà, qu'est-ce que le bonheur ?
Pour moi, le bonheur, c'est d'avoir un certain confort au niveau du mental, d'être libre psychologiquement. Je ne sais pas si tu m'as...
Tu sais, je comprends, ça veut dire que pour toi, c'est une ouverture d'esprit qui débouche sur un développement de sa propre personne, le bonheur.
Exactement, c'est d'être bien psychologiquement.
D'accord, donc pour toi le bonheur c'est psychologique, ça veut dire que t'as pas un confort qui peut être lié aussi au matériel, tu peux pas avoir un confort qui est lié aussi de manière, quand je te dis soit matérielle, soit personnelle, soit de manière sociable ?
Sociale, oui. Donc c'est plus dans la morale, dans l'esprit quoi.
Dans l'esprit ?
D'être ouvert aux autres, d'être à l'aise dans la société.
D'accord, mais dans ta vie quotidienne à toi, c'est quoi le bonheur du coup ? Parce que si c'est d'un point de vue personnel, il faudrait que tu puisses expliquer.
Le bonheur ? Peut-être d'avoir une certaine stabilité, stabilité financière au niveau de la sécurité. Mais moi, c'est surtout d'être ouvert vers les gens. C'est ça, le bonheur pour moi. C'est d'être en communication vers les gens.
D'accord. Ça peut passer aussi par des principes de vie. Pour moi, le bonheur, ça peut être un tout. Ça veut dire, si on va sur une base de matérialisme, ça veut dire qu'on est dans le bonheur parce qu'on a la sécurité de la maison, on a une sécurité financière, on est en... couple, on a des enfants. Là, on va quand même dans un modèle de vie sociale complètement banal, mais le bonheur, ça peut être plein d'aspects. Réussir sa vie, réussir sa carrière professionnelle, c'est plein de points qu'on pourrait exactement détailler. Pour toi, le bonheur, c'est genre un fantasme de société ou c'est un travail à faire sur toute une vie ? Est-ce que c'est quelque chose d'atteignable ou c'est simplement pour pouvoir se stimuler et avoir une vie beaucoup plus réfléchie, plus construite, plus développée ?
Pour moi, c'est les deux. Pour moi, il y a le bonheur de la société, il y a le bonheur personnel. Je ne sais pas si tu as compris. Le bonheur de la société, par exemple, c'est ce qui nous impose, par exemple, d'avoir beaucoup d'argent, d'avoir sa maison, d'avoir des enfants. En fait, c'est cette société qui est en train de formuler notre bonheur. Comme à l'école, ils nous disent qu'il faut travailler dur pour réussir. Même à la maison, avec certains parents, ils nous disent qu'il faut être médecin pour avoir de l'argent. En fait, il y a un bonheur imposant.
Dans l'éducation, tu apprends aux enfants de dire que si tu veux être heureux dans ta vie plus tard et atteindre le bonheur, c'est d'avoir une stabilité financière. La question, c'est est-ce que c'est quelque chose qui est atteignable ou ça reste un prétexte aux gens de cette société pour pouvoir se trouver une vie meilleure et la vivre un peu moins maussade ?
Tout dépend de la personne. Par exemple, moi, si c'est mon bonheur, c'est d'avoir... un chant d'olivier et vivre tout seul dans ma maison, ça c'est mon bonheur à moi. Mais comme j'ai dit tout à l'heure, il y a le bonheur qui est imposé par la société. Tu vois ce que je veux dire ?
Oui. Mais c'est peut-être pas atteignable. Si ta mère te dit qu'il faudrait que tu sois architecte en plein milieu de l'Égypte, des fois, t'as beau essayer d'aller au bout de cet objectif, mais ça ne veut pas dire que c'est la retranscription et la définition personnelle que toi, tu as du bonheur. Son bonheur, pour elle, c'est que ses enfants ont un travail spécial. avec une stabilité financière, mais ça ne veut pas dire que toi, c'est ta définition du bonheur. Parce que comme tu disais tout à l'heure, le bonheur, c'est une définition qui est très personnelle. Toi, tu as tes objectifs comme quelqu'un d'autre a ses objectifs.
C'est ça. Donc, c'est un, entre guillemets, c'est un bonheur imposé.
Mais est-ce que tu penses que du coup, quand tu parles d'éducation, est-ce que c'est réellement le bonheur de dire à ses enfants, voilà, tu vas faire ce métier-là, tu vas avoir cette stabilité-là, mais est-ce que tu ne penses pas que c'est imposé et... justement éviter à des enfants de partager, de créer une vie qui les rendrait vraiment heureux. Par exemple, si tu dis à ton enfant, voilà, tu seras médecin, alors qu'il ne veut pas être médecin, il veut faire, je ne sais pas, il veut faire de la musique, travailler dans un opéra, et c'est ça qui le rendrait heureux. Donc, en fait, c'est bâtir une fausse image du bonheur.
C'est ça, c'est ce que j'ai dit.
Après, il y a peut-être des enfants que ça leur plaît d'être le métier que les parents veulent. Mais on ne crée pas, il faut savoir qu'on ne crée pas des enfants à notre propre image. C'est très narcissique de voir ça.
C'est le bonheur des parents.
Ok, ça veut dire que tu es obligé de t'exécuter. Ça veut dire que si toi, en étant petit, ta mère voulait que tu fasses un métier, tu es obligé de le faire.
Non, je suis mon propre bonheur.
Donc tu construis ta propre définition du bonheur.
C'est ça, mon propre bonheur, pas le bonheur de mes parents.
Ok. Est-ce que tu penses que du coup, la perception de ce bonheur personnel, il se construit ? avec des expériences difficilement surmontables, où c'est une qualité de vie qu'on peut atteindre juste en le voulant. Si c'est un désir, j'ai envie d'être heureux, j'ai envie d'être dans le bonheur, je le suis. Ou au contraire, il faut des objectifs, ou il faut des épreuves ou des choses difficiles pour atteindre cette plénitude et cette qualité de vie.
Moi, je pense qu'il faut passer par des moments plutôt difficiles. Par exemple, dans une situation, dans un pays en guerre, une personne veut quitter ce pays pour trouver... d'aller dans un endroit où il y a une certaine sécurité, pour trouver le bonheur, pour fonder une nouvelle vie. Il passe dans un moment plutôt difficile, qui est la guerre. Et en réussissant à franchir cette expérience, il va trouver un... Il va trouver une certaine sécurité qui va lui donner le bonheur. Tu vois ce que je veux dire ?
Oui, mais là, tu parles d'expérience vraiment très difficile. Tu es dans un contexte qui est très particulier. Mais par exemple, si tu enchaînes des relations qui échouent ou si tu enchaînes des métiers qui ne te rendent pas heureux, mais dans le but d'avoir le bonheur financier, d'avoir une stabilité, un confort financier. en fait ça ne remplit pas tous les coches donc ça veut dire qu'il faut accumuler plein d'échecs pour comprendre ce qui nous rend heureux, au contraire il faut viser dans le mille dès la première fois pour être satisfait et d'avoir c'est à dire il faut cocher tous les objectifs pour atteindre cet objectif de vie oui c'est ça mon réel point de vue c'était ça en
fait il faut commencer par le je sais pas comment t'expliquer, c'est comme un labyrinthe il faut passer par plusieurs chemins qui sont plutôt difficiles pour trouver un certain équilibre du bonheur. Par exemple, si tu as un objectif, il faut passer par des petits boulots pour atteindre ton objectif principal. Ok. Tu vois ce que je veux dire ?
Ah ouais, mais on parlait de stabilité financière. Oui,
ça c'est côté financier. Côté sécurité, c'est comme j'ai dit tout à l'heure par rapport à la guerre. Par rapport à la guerre, une personne essaie de fuir un pays en guerre, d'aller par exemple vers un endroit qui est plutôt sécurisé, sécurisé c'est-à-dire sécurisé, pour trouver un certain confort.
Ok. Mais du coup, dans cette épreuve-là, il y a quand même beaucoup de malheurs. Et toi, pour toi, est-ce que tu penses qu'il y a un lien entre le bonheur et le malheur ?
il ya un lien je trouve qu'il ya un lien je pense si on passe dans des moments plutôt malheureux je pense que le bonheur sera un peu mieux ressenti, un peu plus fort. Par exemple, quand on voit des personnes traverser la Méditerranée et quand ils arrivent dans les côtes européennes, quand tu vois, ils sont joyeux. Comparé à moi, par exemple, que je prends l'avion tout simplement et j'arrive et je suis neutre.
Ok, parce que là, entre le malheur et le bonheur... C'est un peu un lien comme le positif, le négatif, le noir, le blanc. En fait, c'est des opposés contraires. Ça veut dire, moi, personnellement, mon avis là-dessus, c'est que, comme je le dis souvent, c'est que dans le malheur, c'est ce qui fait aussi le bonheur. Ça veut dire que c'est dans les moments négatifs qu'on trouve ce qu'il y a de positif et ce qui reste de positif. Donc, pour moi, il y a un lien, forcément, parce qu'il y en a un qui est le commencement. Et dans le temps, ce qui perdure, c'est la continuité. Par exemple, si on peut dire que c'est dans le malheur qu'on trouve ce qui est bon, c'est dans les moments les plus sombres qu'on trouve de la lumière, par exemple. Donc pour moi, c'est dans le malheur qu'on peut trouver un petit peu de bonheur et qui nous permet aussi de sortir d'une emprise, d'une dépression, de moments difficiles. Donc le bonheur, c'est vraiment en fait un prétexte. Et c'est aussi une opportunité de pouvoir se construire quelque chose de beaucoup plus positif qu'il est de base, qui est très négatif.
D'une question, pour toi, est-ce que le bonheur peut mener à la dépression ?
Ça dépend. Si tu parles de bonheur désillusoire, dans le sens où tu as une illusion, que tu as bâti toute ta vie quelque chose de positif. Par exemple, je te donne un exemple. Tu t'es marié avec quelqu'un pendant 20 ans, puis tu as ta carrière professionnelle qui est au plus haut, tu as des enfants, des animaux, crédit, maison, tout le truc. Et tu te rends compte que finalement, tout le monde s'est foutu de toi ou que tes enfants t'aiment. pas, qui a une double vie, que dans ton boulot, tout le monde se fout de toi, tout le contraire de ce que tu avais imaginé, oui, là, ça peut te créer beaucoup de choses négatives. À partir du moment, je pense que quand l'être humain ne vit pas assez d'épreuves difficiles, il ne peut pas se façonner des capacités et des moyens de défense face à des moments très difficiles.
Donc, entre guillemets, c'est un cercle vicieux, le malheur. t'emmène vers le bonheur, le bonheur t'emmène vers la dépression, ainsi de suite.
Oui, entre autres. C'est pour ça qu'il y a du positif et du négatif, en vrai, dans tout.
D'accord.
Donc après, c'est le point de vue, en tout cas, que j'ai là-dessus.
Il n'y a pas de...
Est-ce que tu penses qu'on peut se considérer dans le bonheur sans avoir eu, du coup, des épreuves très difficiles ?
Oui, je pense.
Il ne faut pas simplement dire oui, il faut détailler.
Par les moments difficiles, c'est comme j'ai dit tout à l'heure. Tu peux mieux me respecter la question.
Tu veux que je te réexplique la question ? Elle est un peu difficile, je te l'avoue. C'est, est-ce que pour toi, par exemple toi, est-ce que tu peux te considérer comme quelqu'un d'heureux et dans le bonheur alors que tu n'as vécu aucune épreuve difficile ?
Ça dépend de la personne.
Mais là, je parle de toi. Oui,
moi, honnêtement... Honnêtement... J'ai vécu des choses difficiles, mais ça ne change pas aux autres. Ça veut dire que je me considère comme les autres. Même une personne qui n'est pas passée dans un moment plutôt, entre guillemets, traumatisant, ça ne me change pas. Ça n'aura pas de différence entre moi et lui.
Ok, mais là, c'est le rapport que toi, en fait. C'est-à-dire que là, on parle de ton point de vue. La question peut varier d'une personne à une autre. Moi, par exemple, je pense, pour moi, que ce n'est pas réellement possible. Dans le sens où on parlait de cercle vicieux, c'est qu'une personne qui n'a pas eu d'épreuve difficile ne peut pas apprendre de cette épreuve difficile, des choses négatives qui lui arrivaient dans la vie et les capacités qu'elle aura pu développer. Par exemple, tu te fais trahir beaucoup de fois. Donc, tu apprends aussi de toi-même des erreurs que tu as faites, mais aussi des erreurs des autres. Et tu ne les recommets pas à l'avenir. ou du moins tu essayes de faire de mieux en mieux. Comme par exemple, quand tes relations sont chaotiques, tu essayes de comprendre les deux points de vue. Donc pour moi, les épreuves difficiles, en fait, ce sont comme dans les Sims, quand tu augmentes tes capacités et tes points de compétence. Et à la fin, tu finis par être expert. Moi, je vois ça de manière comme ça. Ça veut dire que pour moi, je ne peux pas tout réussir. Par exemple, quand tu as l'argent, quand tu es jeune, tu vis dans une famille aisée, tu as beaucoup d'argent. tu as un peu tout, mais ça veut pas dire que tu peux pas être malheureux, mais tu peux pas réellement être dans le bonheur, parce que t'as des gens, par exemple, qui ont beaucoup d'argent, mais qui se retrouvent seuls et qui se sentent seuls. Ils ont les mêmes choses que quelqu'un qui peut être très pauvre, au contraire, qui peut être très heureux.
Je sais pas comment m'expliquer. Ça veut dire qu'il y a plusieurs facettes du bonheur. Il y a plusieurs étages de bonheur. Ça veut dire qu'il y a le bonheur. Par exemple, les personnes qui sont bien financièrement ne peuvent pas connaître, par exemple, le bonheur des gens qui veulent avoir le bonheur financier. Tu vois ce que je veux dire ?
Oui, parce que chacun a sa classe différente, chacun a son mode de vie différent. C'est indéniable, mais ce n'est pas le sujet. du coup pour complémenter un peu tout ça est-ce que tu peux nous raconter une épreuve difficile pour toi que tu as vécu et évidemment trigger warning d'autres personnes qui peuvent être sensibles peu importe à ce que tu vas dire qui pourrait illustrer du coup une phase de malheur ou
quelque chose qui retranscrit vraiment le malheur oui j'ai vécu des en étant jeune j'ai vécu des expériences plutôt violentes à l'école
Est-ce que tu peux nous détailler ? Oui,
je peux détailler, pas de souci. Bon, il y a des choses que je ne vais pas dire.
Oui, avec un peu plus de censure, bien sûr. Les gens sont avertis directement au contenu sensible.
À l'école, par exemple, quand je partais à l'école en Tunisie, vu que j'ai une certaine différence, parce que je ne l'ai pas précisé au début, Ma différence, c'est que je suis autiste. Donc, j'ai eu une certaine différence des autres élèves. J'ai un petit retard scolaire. Et j'étais différent en globalité. Donc, cette différence m'emmenait vers une certaine intimidation vers les élèves et les professeurs. Je me faisais généralement tabasser. pendant 7 ans, attentif. Et voilà, j'ai eu d'autres expériences plutôt... J'ai eu des expériences plutôt violentes physiquement et voilà. Il y a eu des choses qui sont parties un peu plus loin, je ne veux pas dire les termes. Et voilà.
Je trouve que... Qu'est-ce que ça t'a appris dans ces moments-là ? à ce moment précis que tu parles, est-ce que tu as essayé de percevoir le malheur comme quelque chose qui va plus vers le bonheur ? Est-ce que tu as appris des choses ? Et quelles sont les mesures que tu as eues et que tu as eues comme recours pour pouvoir établir une procédure de soignement ?
Ça, en fait, au début, je ne sais pas comment expliquer. Je n'ai pas trouvé la solution tout de suite. C'est quand j'ai quitté la Tunisie en partant à Montréal, c'est là où j'ai trouvé cette sécurité psychologique. C'est le bonheur qui s'est déclenché tout seul. Le bonheur de ne pas me faire tabasser, le bonheur de ne pas me faire insulter. Le bonheur est venu tout seul. Ce n'est pas moi qui a trouvé des solutions.
C'est quoi ? C'est le fait d'être parti ailleurs ?
C'est le fait de partir ailleurs. D'être dans un endroit qui...
Est-ce que tu penses que dans tout ça, la communication a aidé ? Est-ce que le fait de... Je ne sais pas si tu en as parlé à ce moment-là à des gens. Est-ce que la communication a eu un facteur plus propice à avoir ce sentiment de bonheur ?
Sur la communication, quand j'ai en parlé, ça ne m'a pas vraiment aidé. C'est plutôt le temps qui a fait, qui a déclenché ça, qui m'a apporté cette... Je ne sais pas comment l'expliquer.
C'est le fait que tu aies laissé le temps faire les choses ? C'est ça. Après, tu sais, quand il y a des événements traumatiques, il ne faut pas être dans le déni ou enfouir. La communication, elle est très importante. Oui,
j'ai essayé, mais j'ai enfoui mes pensées. Par exemple, j'ai essayé d'en parler à des psychologues, d'en parler aux membres de ma famille. Ça n'a pas trop fonctionné. J'avais tout le temps cette frustration. Donc, je me suis échappé vers des livres, vers des documentaires. C'est ça qui m'a mis... qui m'a mis une certaine sécurité. Je m'inspirais de certains héros, des marins et tout ça.
Donc du coup, ta construction du bonheur à ce moment-là, c'est d'être projeté. dans une vie qui n'est pas la tienne. Voilà,
c'est ça.
Donc, ça veut dire que...
Depuis que je suis jeune, je m'imagine, même maintenant, des fois, je m'imagine une autre vie, je m'imagine dans le cosmos et tout.
Donc, pour toi, ta construction et ta définition du bonheur, c'est ce que tu es en train de me dire.
C'est ça.
Donc, ce que je te disais tout à l'heure, est-ce que ce que tu penses, la question du début, c'est qu'est-ce que tu penses que du coup, le bonheur est un fantasme de société ou c'est quelque chose qui est atteignable ? Parce que là, dans ta définition du bonheur, tu es en train de me dire que je me vois dans le cosmos, je me vois dans une autre vie. Du coup, c'est quelque chose d'assez fictif. Ce n'est pas quelque chose qui est palpable ou de réel.
C'est une certaine sécurité que je me fais. Ce n'est pas une réelle sécurité, mais ça m'apporte du bien mentalement.
Donc, ça veut dire que tu es dans le fantasme. Ce n'est pas quelque chose de réalisable.
Ce n'est pas réalisable.
Mais est-ce que tu as un exemple concret, réalisable, et pas de manière fictive ? pour retranscrire ton bonheur ?
C'est de parler. De parler. Même si ça ne m'apporte pas grand-chose, mais je décharge. Ça fait du bien. Ça veut dire de parler de mes histoires et de mes expériences. Ça décharge et je peux trouver. Ça peut diminuer, par exemple, une forme de dépression qui peut m'emmener plus du côté du bonheur. Je ne sais pas si tu as... Si,
si, si, je vois. Mais du coup, vu que tu as dit que tu viens de la Tunisie, du Canada, quand tu es parti, du coup, après la Tunisie, tu es parti au Canada, est-ce qu'arriver au Canada, ta vision du bonheur, elle a changé ? Et ta vision du malheur ? Parce que du coup, on parlait de le fait d'être dans une autre ville. Et tout à l'heure, tu disais que le temps a fait les choses, le fait d'être... partie déjà ça a aidé beaucoup à cette construction vers le bonheur mais arrivé au canada est ce que ta vision du bonheur elle a changé est ce que tes objectifs ils ont changé puisque du coup tu n'étais pas face aux problèmes qui te mettait dans le malheur quelle était ta vision des choses ma
vision des choses n'a pas changé tout de suite la diane n'a pas changé c'est par exemple dès que je suis arrivé en canada j'étais tout le temps le j'étais toujours trop mal traumatisé quoi
Donc tes traumatismes, ils t'ont suivi dans tes relations ou dans ton rapport avec toi-même ?
Avec tout le monde.
Donc ça veut dire que le comportement que tu as eu, qui t'a traumatisé étant plus jeune, s'est retranscrit dans les relations que tu as eues après ? Exact. Et c'est quoi comme sentiment que tu as eu ?
De la peur. De la peur. De la peur vers les gens, vers les... Par exemple, quand j'allais à l'école, j'avais peur des professeurs, des élèves. Mais maintenant, j'ai des particules de trauma. Par exemple, quand je vais à un rendez-vous, j'ai peur comme frappe. J'ai tout le temps cette sensation. Elle est restée collée en moi.
Ça veut dire que tes traumatismes t'ont construit et tu vis avec. Oui. Ça veut dire que ta vision du bonheur, c'est une retranscription. d'un équilibre qui s'est construit à travers de tes traumatismes.
C'est ça,
oui. Ça veut dire qu'en vrai, quand tu étais petite, quand tu avais une vision du bonheur et un épanouissement que tu voulais, c'est-à-dire que tu visualisais quelque chose qui n'existait pas. C'est ça. Parce que ce qui est dommage, mais ce qui a fait qu'avec tes traumatismes, ta vision du bonheur a changé. Parce que quand on est tous petits, on aspire à une vie plutôt... plutôt, comment dire... Soit fictives, soit comme ceux qui disent Moi, je serais astronaute en étant plus grand Du coup, vu que ça t'est arrivé quand tu étais jeune, ton développement en tant qu'enfant et quand tu es adolescent, il t'a perturbé dans ta vision du bonheur.
C'est ça.
Donc, tu n'as changé tout au long de ta vie ta conception du bonheur. Donc, c'est ce que je disais tout à l'heure. C'est-à-dire, quand je parlais du fait que ce soit un fantasme de la société, est-ce que c'est vraiment quelque chose d'atteignable ? Est-ce que c'est quelque chose qui se construit au long d'une vie ou pas ? Et en fait, mon avis là-dessus, c'est que le bonheur, il se déconstruit, il se reconstruit, il se développe et il se remet en question beaucoup de fois. Donc en fait, on n'a pas réellement la définition du bonheur puisque avec nos expériences, c'est pour ça que je disais tout à l'heure que pour moi, une personne qui n'a pas d'épreuves difficiles ne peut pas construire une vision du bonheur très profonde parce qu'il faut vivre des choses et comprendre aussi ce qu'on vit. et en tenir des leçons et faire des belles conclusions pour pouvoir réadapter la vision du bonheur qu'on a par la suite en étant adulte. Parce que là, du coup, toi, en tant qu'adulte... ta vision du bonheur, elle changera avec le temps et elle deviendra différente.
C'est pour ça qu'au début, j'ai dit qu'il y a plusieurs phases du bonheur.
Là, on parle d'un point de vue développement personnel. Oui, c'est ça. Là, on ne parle pas d'un point de vue financier. Là, on parle vraiment de qualité humaine.
Oui, c'est ça.
Ok. Je me sens d'accord. Est-ce que du coup, quand tu es arrivé au Canada, tu as trouvé plus de solutions que quand tu étais en Tunisie ? vis-à-vis d'aspirer à quelque chose de plus positif.
Oui, j'ai compris. C'est au Canada que j'étais diagnostiqué, que j'étais autiste. Je voulais comprendre pourquoi j'étais aussi différent des autres. J'ai découvert qui j'étais, qui j'étais vraiment.
Est-ce que c'était l'ambiance du Canada ou c'était toi au Canada qui étais plus propice au changement ?
C'était les deux. C'était les deux en même temps.
Donc le pays t'aspirait plus de plus positif que la Tunisie. Bon, rien contre la Tunisie, il y a des très bons territoires, il y a des gens très positifs, on a eu de mauvaises expériences là-bas, mais rien à voir avec le pays.
En termes de scolarité, en termes de sécurité, je me sentais mieux là-bas. J'avais plus d'assurance.
Ok. Mais du coup, c'est dû à ce traumatisme, tu te sens plus à l'aise en étant au Canada. Oui. Mais ça ne veut pas dire que néanmoins, en Tunisie, il peut y avoir des bonnes expériences.
Oui, oui. On peut dire ça. J'essaye d'en trouver, mais... Mais voilà. C'est pas facile.
Ton rapport avec cette expérience-là, forcément, t'as une vision différente en tant que magic, parce que tu t'es construit avec ça. Et quand tu vas là-bas, forcément, ça peut réveiller aussi quelques traumatiques.
Oui. C'est pour ça que c'est pas encore facile pour moi, jusqu'à maintenant.
De toute façon, ok. Je vois. Mais est-ce que, pour toi, il y a des cultures ? Ou des pays qui sont plus susceptibles à être heureux et atteindre le sentiment de bonheur ? Ou c'est juste une question personnelle ?
Pour moi, c'est une question personnelle.
Il n'y a pas de pays, il n'y a pas de culture où ils sont plus heureux et ils cultivent cette notion du bonheur pour toi ?
Personnellement, je n'y connais pas. Mais pour moi, tout dépend des personnes. Pour moi, je vais être honnête, le bonheur, c'est comme un virus. Le bonheur, ça se transmet. Quand tu vois un village qui est heureux, qui transmet du bonheur, ça se contamine. Je ne sais pas si tu m'as compris.
Si, oui. C'est une métaphore qu'on est en train de faire à l'église.
Donc, voilà. Ça dépend des villages. Des îles et tout.
Ok. Parce que des fois, tu vois par exemple la culture française. Beaucoup pourront dire que la culture française, bon, j'aime beaucoup la France, mais pourront dire aussi que la culture française n'est pas positive dans le sens où beaucoup de jalousie, beaucoup de choses négatives. Il y a quand même beaucoup de positifs, mais là, je parle vraiment de préjugés. Et par exemple, tu peux avoir la culture américaine où on peut dire oui, c'est plus ouvert. Les gens sont plus susceptibles à l'ouverture d'esprit, comme le Canada d'ailleurs. On dit qu'au Canada, c'est plus libre, c'est plus susceptible à développer ses qualités, ses passions, son travail et plein de choses. À contraire, tu vas avoir des cultures qui sont hyper restrictives et qui ne sont pas susceptibles au bonheur. Je vais te donner un exemple que je pense que tout le monde connaît. La Corée du Nord, là-bas, c'est très restreint. Ça veut dire que la conception du bonheur, elle est complètement... Après, là, on parle sur un point de vue politique.
Elle est imposée.
Elle est imposée. C'est pour ça que je te dis, est-ce qu'il n'y a pas des cultures ? Est-ce qu'il n'y a pas des pays ? Après, peut-être qu'il y a des gens qui se sentent heureux aussi en Corée du Nord. Mais là, on va dans un contexte politique. Mais vu que ça a été imposé, du coup, tout est biaisé. Mais c'est pour ça que la question est importante en disant, est-ce qu'il n'y a pas une culture ou un pays où on est plus susceptible d'être au bonheur ?
Personnellement, je n'y connais pas. Je ne connais pas. Un pays qui est vraiment heureux, qui est dans le bonheur. C'est des deux côtés. Je ne sais pas comment t'expliquer.
Tu peux parler, par exemple, de ta propre vision des pays que tu as déjà visités, genre la Tunisie, le Canada ou la France. Après, la France, tu n'as pas eu beaucoup d'expérience.
Comparé au Canada et la France et la Tunisie... malgré ça c'est de ce que je vois je sens que les gens ils sont plus heureux en tunisie
Vis-à-vis de quel pays ?
Des deux pays, de la France, du Canada. Peut-être que ce n'est pas la même culture, c'est peut-être une société différente.
Pour toi, les gens sont plus heureux en Tunisie ?
D'après ce que j'ai vu, d'après leur situation. Malgré qu'ils aient une situation difficile, les gens sont plutôt heureux.
C'est la culture qui fait ça ou c'est les gens ?
Peut-être que c'est la culture. Parce que c'est la Méditerranée.
C'est le mode de vie.
Le mode de vie, les gens, ils se saluent. Ils sont heureux. Des gens, ils sont beaucoup plus ouverts. Je sens qu'ils sont beaucoup plus ouverts qu'en France et au Canada, les gens là-bas, en Tunisie. C'est-à-dire, en termes de communication, bon, moi, je ne me classe pas dedans, mais d'après ce que je vois, les gens, ils sont... plus communicatif en Tunisie qu'au Canada et qu'en France.
Mais du coup, vis-à-vis de la Tunisie, par rapport à l'expérience que tu as vécue, parce que du coup, tu l'as vécue en Tunisie, tu dis que les gens ont l'air plus heureux, plus souriants, etc. Est-ce qu'ils sont plus dans l'entraide ? Parce que du coup, si tu as vécu ça, est-ce que tu as eu des gens qui sont intervenus ? Est-ce que des gens étaient indignés ? Ou au contraire, tu t'es retrouvé face ? Parce que moi, je te donne un... contrario, un exemple. Moi, j'ai vécu des choses en France qui sont pas très cool. J'ai eu des agressions en pleine rue. Et les gens, j'ai demandé de l'aide à toute classe, tout type de personnes, étrangers, pas étrangers, français. Et quand j'ai demandé aux Français, la plupart du temps, les gens ont peur ou les gens veulent pas t'aider ou les gens sont trop fermés. Et la seule personne qui m'a aidé, c'est un étranger qui vivait en France et qui était un sans-abri, un arrêt de bus. Donc... Parce que moi, je te donne un exemple, c'est par rapport à la France. Parce que la France, les gens, ils ont peur de réagir. Ils ont peur parce que c'est la culture. Je ne sais pas, en vrai, je ne peux pas réellement expliquer. Les gens sont très fermés, ils ne sont pas souriants. On a déjà eu une expérience à Paris, par exemple, où on voyait les gens dans la rue marcher, regarder vers le bas, ne pas être trop dans la communication, pas trop dans le sourire. Est-ce qu'ils subissent aussi la culture ? Est-ce qu'ils subissent aussi la vie ? Comparé à la Tunisie, est-ce qu'en Tunisie, il y a des gens qui réagissent plus face à ce genre d'épreuves difficiles ?
Je parle de mon expérience ?
Oui, de ce que tu as vécu du contenu.
De ce que j'ai vécu, entre guillemets, personne n'est intervenu. De ce que j'ai vécu à l'école ou autre, personne n'est intervenu. Comparé au Canada, oui, il y a des gens qui ont intervenu. Mais ça, c'est mon expérience à moi. C'est la pièce que j'ai vécue.
Tu penses que c'est une question de circonstances, d'événements, ou c'est genre dans la culture ?
D'événements.
Donc c'est juste qu'à ce moment-là, il y a des gens qui voulaient réagir ?
Dans la culture, j'ai vu des gens se faire agresser ou se faire braquer en Tunisie. Les gens, ils ont automatiquement intervenu. Ils ont aidé la dame, ils leur ont apporté de l'eau, à manger. Mais dans ma situation, à moi, personne n'est intervenu. comparé au Canada. Au Canada, j'ai eu des aides. J'ai eu des psychologues, j'ai eu des soins. Je suis suivi. Comparé à Tunisie, pas du tout. Personne ne m'a aidé.
Mais du coup, par rapport à la Tunisie, est-ce que tu penses que... C'est quoi ton avis du coup ? Parce que du coup, tu as été diagnostiqué en arrivant au Québec. Oui, c'est ça. En Tunisie, tu n'étais pas au courant.
Non, pas du tout.
Mais est-ce qu'en la culture tunisienne, est-ce qu'ils ont une approche de ce que tu as ? Comme quelque chose de... Tu sais, des fois, il y a des familles ou des cultures qui disent, par exemple, je te donne un exemple. Oui, la dépression, c'est un caprice de riche.
C'est ça.
Est-ce que, du coup, le fait d'être autiste, c'est genre, pour eux, tu sais, quelque chose qui n'est pas pris en compte ? où tu vois tu es dans l'excès parce qu'il y a d'autres cultures qui n'ont rien à voir de l'autre côté du continent où il y a des gens qui prennent ça comme une activité nouvelle ou une mode.
Moi, d'après mon expérience, d'après mes souvenirs, soit je faisais du théâtre, soit j'étais un interdémental.
Ok, donc c'est...
En Tunisie, c'était comme ça.
Donc pour eux, tu avais exagéré.
J'ai exagéré.
Je précise que c'est pas, on parle pas de toute la culture, on parle de ton expérience.
De mon expérience. Je précise de mon expérience en Tunisie, à l'école ou autre. J'avais un retard mental où je faisais la comédie. Je faisais ça exprès.
OK. Et comparé au Canada, du coup, quand tu as été diagnostiqué, est-ce qu'il y a eu plus une évolution au niveau de la culture ? Est-ce qu'ils ont plus de visualisation là-dessus ? Parce que peut-être qu'en Tunisie, il y en a très peu. Tu vois ?
C'est encore difficile.
OK. Ce n'est pas encore démocratisé ? Non,
ce n'est pas ça. Là, ça commence un peu. Il y a deux, trois ans, là, ça commence un peu, mais c'est encore difficile.
Après, je ne fais pas de lien entre ce que tu as vécu et le fait d'être autiste. Je dis juste vis-à-vis de ton expérience, du coup, en tant que personne autiste, vis-à-vis du bonheur, du fait d'être épanoui. Parce que si ça peut être un frein dans ta compréhension, la compréhension que les autres avaient de toi vis-à-vis de ces... de ta vision du bonheur, des agressions que tu as eues. C'est plus dans ce point de vue-là que je parlais.
C'est encore... En fait, on est dans 50-50. C'est en même temps un frein, et en même temps, c'est une certaine découverte. Je ne sais pas si tu as saisi ce que je veux dire.
Oui.
C'est les deux en même temps.
Tu penses que si tu avais eu la même expérience aujourd'hui en Tunisie, tu aurais peut-être... Tu as eu plus de considération ?
Je serais sûrement une autre personne. J'aurais peut-être vu qu'en Tunisie, peut-être qu'il faut mieux se débrouiller qu'au Canada. Peut-être que j'aurais plus d'expérience, plus d'outils que j'ai eu au Canada. Parce qu'au Canada, j'ai eu une certaine facilité. J'ai été diagnostiqué autiste, j'ai eu des psys, j'ai eu des aides. J'étais dans des associations, j'étais dans une école adaptée.
Est-ce que du coup, pour finir là-dessus, pour revenir à la thématique, est-ce que le bonheur, c'est un droit ou est-ce que c'est un privilège ? Du coup, le fait d'atteindre le bonheur pour toi, c'est un droit. Et par rapport au privilège, est-ce que toi, tu bénéficies de ce privilège ? Moi, par exemple, je vais t'expliquer pour que tu... puissent mieux se situer. Par exemple, moi je dis que le bonheur c'est un droit, ça veut dire qu'on est tous susceptibles à inspirer une vie positive, d'être dans un bonheur constant, d'être dans un épanouissement, une construction avec des épreuves, des choses. Mais des fois, t'as des personnes, comme tu parlais de guerre tout à l'heure, qui n'ont pas le privilège d'accès à ce bonheur, à cet épanouissement parce que les facteurs obligent on ne peut pas atteindre ce bonheur parce qu'il y a la précarité, il y a la guerre. Donc, des fois, il y a des différences de classe sociale, le fait d'être aisé, le fait de ne pas être racisé, le point de vue discrimination aussi. Il y a plein de facteurs. Est-ce que tu penses que du coup, c'est à droit référence aussi à ce que tu as vécu, est-ce que par rapport au fait que tu sois autiste, vis-à-vis du bonheur, tu as été privilégié ? Ou au contraire, ça a été un droit, mais que tu n'as pas pu exercer ?
Moi, je pense que c'est un privilège. Le bonheur que j'ai eu, c'est plutôt un privilège.
Ce n'est pas un droit pour toi ? C'est-à-dire que toi, tu n'as pas le droit au bonheur ?
Ça dépend. Ça dépend de quelles circonstances.
Tout court, de manière... Moi,
par exemple, je n'ai pas demandé d'aller au Canada.
Oui, tu n'as pas demandé, mais là, on parle de manière générale. Je situais pour que tu sois... plus pointilleux. Mais là, la question, c'est est-ce que toi, tu as le droit de manière générale d'avoir un accès au bonheur ? Oui. Toi, tu l'exerces, mais pas comme un privilège.
Comme tout être humain, j'ai le droit de goûter au bonheur.
Ok, mais du coup, le bonheur, vu que tu disais que c'était un privilège... Est-ce que du coup, il y a des classes sociales qui différencient cette accessibilité ? Est-ce qu'il y en a qui ont plus droit au bonheur parce qu'ils sont plus privilégiés par la société, d'un point de vue discrimination, d'un point de vue financier, d'un point de vue familial, héritage ? On ne parle pas que financier, tu m'entends ?
Oui, en globalité. En fait, ça dépend du degré du bonheur. Je vais donner un exemple. on va dans dans un pays où il ya de la famine par exemple tu donnes un bout de pain à un enfant il sera heureux, il sera joyeux. Je ne sais pas ce que je veux dire.
Oui, mais là, on parle de privilèges. Oui,
de privilèges. Donc lui,
il n'est pas privilégié. Puisqu'il a la notion, là, on parle de notion de bien ou notion de l'argent, des qualités de vie, des ressources, de plein de choses, d'avoir la tête sur les épaules. Mais là, on parle du bonheur. Est-ce que c'est un privilège ?
Non, ce n'est pas un privilège.
Est-ce que tu penses que pour toi, ce n'est pas un privilège ?
Ça doit être normalisé. Oui,
dans ta conception des choses. Mais là, dans la vie qu'on mène et dans la société qu'on vit, dans le monde qu'on vit.
Dans le monde qu'on vit, dans la société qu'on vit, c'est ça.
Est-ce que tu penses qu'il y a des gens qui sont plus privilégiés à être stimulés et atteindre cette notion du bonheur ?
Oui, parce qu'il y a des gens qui ont besoin d'aide, qui sont... Je ne sais pas comment expliquer, qui sont bloqués, en fait. Ils ne peuvent pas atteindre le bonheur. Tu vois ce que je veux dire ?
Par rapport à quoi ?
Il y a des gens, par exemple, qui sont en dépression, qui sont collés à la dépression. Pour eux, la dépression, c'est un truc de sécurité. Ils sont, entre guillemets, en otage. Donc, on devrait leur faire goûter. au bonheur. Tu vois ce que je veux dire ? Je ne sais pas comment le développer avec mon vocabulaire, mais c'est ma vision.
Ok. Moi, tu vois, par exemple, je pense que le bonheur, c'est vraiment quelque chose, c'est un droit, mais au point de vue des privilèges, tu as des gens qui sont plus privilégiés par la société d'un point de vue aisé. Tu vois, c'est un enfant qui veut construire une société, une vie, un projet. Il sera plus susceptible d'atteindre ce projet. Mais pour moi, tu vois, les personnes qui sont plus en droit et plus axées au bonheur, c'est les gens qui vont avoir des choses plus difficiles. C'est vrai que tu peux avoir des contextes où des personnes vivent dans des périodes de guerre, de famine, de précarité, et du coup, sont moins susceptibles d'atteindre cette notion de bonheur. Mais comme on disait tout à l'heure, c'est que les épreuves difficiles, des fois, nous amènent à avoir cette plénitude personnelle. Ça veut dire que le fait d'être développé, de se sentir heureux, peu importe avec les facteurs comme je disais tout à l'heure il y a des gens qui ont beaucoup d'argent ils se sentent très seuls et ils sont pas heureux et tu as des gens qui n'ont pas beaucoup les moyens mais qui vivent des moments de vie qu'ils ont des qualités de vie qui leur permet d'être épanouie donc ils peuvent avoir ce sentiment de plénitude et de bonheur donc ça veut dire que il y en a qui sont plus privilégiés par l'argent par aussi le fait de ne pas être racisé parce qu'il y a quand même aussi beaucoup de discrimination tu vois le fait que tu sois minoritaire bon même si on parle de commissaristes Là, ce n'est pas le débat, c'est un autre sujet. Mais voilà, je pense que si tu n'es pas, par exemple, un homme blanc, par exemple, après, c'est simplement que mon avis. Et là, on pourrait développer, mais ce n'est pas du tout le débat. Mais par exemple, si tu es un homme blanc riche, par exemple, pour moi, tu es plus privilégié par la société qu'une femme blanche riche, déjà. Il y a un peu une hiérarchie qui descend comme une pyramide. Et quand tu es en bas, c'est vraiment quand tu es sujet à de la discrimination, à des différences, à plein de choses, à de la précarité, etc. Donc, ça dépend comment tu situes. C'est-à-dire que c'est un droit pour tout le monde, mais des gens sont plus privilégiés que ce soit d'un point de vue personnel. Ça veut dire que si la personne d'un point de vue personnel, elle est plus développée, donc du coup, elle a plus de sentiments de bonheur parce que... D'un point de vue, pas forcément d'argent ou de quoi que ce soit. La personne, elle se sent plus heureuse. Mais par exemple, elle peut être en précarité, plein de choses. Et par rapport à l'accessibilité de ce privilège, je trouve que les gens qui ont beaucoup de moyens, qui sont parasisés, ont plus de facilité. Là, on parle de facilité. Les gens qui sont plus accessibles, c'est plus facile pour eux d'accéder à cette volonté d'atteindre le bonheur.
Donc, c'est plus un problème de la société.
Oui.
C'est un problème de sexisme. Oui et non. Par exemple, c'est un problème de sexisme.
Oui, mais là, ça va dans...
Si on prend ton exemple.
Oui, mais là, c'est un autre débat. Ce n'est pas pareil.
C'est-à-dire que c'est la société qui choisit d'avoir le bonheur ou pas.
Ça dépend. Parce que si tu es né dans une famille qui est riche, tu n'as rien demandé. Oui. T'es venu au monde, t'es arrivé dans des bonnes circonstances. Si tu nais, par exemple, dans une famille en précarité totale... qui essaie de s'en sortir mais qui a beaucoup de difficultés, certes elle pourra prendre beaucoup, mais elle pourra jamais atteindre quelqu'un qui est né confortablement dans des circonstances de facilité.
De facilité, oui.
Donc là on est dans deux contextes complètement différents. Donc t'as des personnes qui peuvent vivre très bien de manière financière, mais d'un point de vue personnel, elles peuvent être moins développées que quelqu'un qui est en précarité. C'est ça, oui. Effectivement. Ça veut dire qu'il y en a, ils ont plus de privilèges. d'atteindre le bonheur de manière non monétaire et humaine. Mais tu as des gens qui ont la facilité et le privilège d'atteindre le bonheur d'un point de vue plus matérialiste ou capitaliste, plein de choses, vis-à-vis de l'argent ou des prédispositions d'une vie modeste. Parce que même en étant modeste, tu n'es pas en précarité, mais tu ne peux pas atteindre, inspirer, être... Dieu. Dans un contexte aisé. Donc, tu as des gens qui sont entre les deux, entre la précarité et la richesse.
Oui, je suis d'accord.
Donc, tu as des gens qui peuvent plus, eux là, par exemple, ceux-là, ceux qui sont au milieu, ils peuvent être plus sujets à développer un sentiment de bonheur.
D'accord.
Mais quand on arrive tout en haut, tu peux tout avoir dans ta vie de manière financière, etc. Sauf que l'argent, on n'achète pas le bonheur, comme on dit, c'est vraiment l'expression la plus bateau. Mais tu peux avoir tout l'argent du monde et en fait, plus tu as une accessibilité et des privilèges d'un point de vue monétaire ou de sociétal, et plus tu es sujet à des trahisons, à des escroqueries, à de la manipulation. Après,
je parle d'un point de vue financier.
Par exemple, tu n'as pas des gens qui peuvent avoir beaucoup d'argent, ils peuvent se faire manipuler pour l'argent, pour un héritage. Tu peux avoir des gens qui peuvent profiter de toi. Alors que quand tu es en précarité et que tu n'as pas les moyens, il y en a qui peuvent profiter de toi, mais de tes ressources humaines, comme un effet vampirisant. Ils te voient heureux et du coup, ils veulent profiter de ça ou de ta gentillesse. Le fait que tu rendes des services, le fait que tu sois à l'écoute, tu vois ? Donc là, on va essayer d'aller dans la manipulation, mais d'un point vu émotionnel et d'un point vu de ressources humaines, pas du financier. Donc les deux ont des problèmes différents.
Peut-être que la personne, elle veut ça pour retrouver une certaine sécurité et cette sécurité-là va l'emmener au bonheur. Tu vois ce que je veux dire ? Ouais.
En fait, chaque classe a son problème. C'est ça,
oui. Dans ce cas, c'est chacun son problème, c'est vrai.
En fait, c'est pas les mêmes problèmes et c'est pas la même bâtisse du bonheur. Ça veut dire qu'ils ont chacun leur définition du bonheur en fonction de leurs moyens. Mais pour toi, est-ce que... Comment dire ? Est-ce qu'il y a un sentiment ou une émotion que tu ressens ? après avoir vécu des choses très difficiles ? Genre, à part le bonheur, est-ce qu'il y a d'autres sentiments ou d'autres émotions, je ne sais pas, comme la satisfaction, comme la réflexion ? Est-ce que tu as acquéri des émotions, des sentiments différents après avoir vécu des choses difficiles ?
C'est encore difficile chez moi, vraiment. De décortiquer mes émotions, c'est plutôt encore difficile. Je ne sais pas ce que c'est lié à mes expériences, ce que c'est lié à mon autisme. J'ai du mal à retrouver dans mes émotions, mais d'après mes souvenirs et mes expériences, c'est plutôt de la colère et de l'injustice.
Donc là, c'est le sentiment qui est très présent.
Oui, jusqu'à maintenant.
Mais là, le fait d'avoir surmonté ce que tu as vécu, parce que du coup, tu as dit que le temps a fait les choses. Là, on parle d'émotion, de ressenti positif.
Positif.
Parce que là, tu peux être toujours en colère et c'est parce que tu n'as pas été dans de la communication. C'est le fait d'avoir laissé le temps, comme tu disais tout à l'heure. Le fait, tu sais, qu'on ne parle pas de choses qui nous traumatisent. Le problème, c'est que le temps le répare, mais ne guérit pas. Je veux dire qu'il va te réparer dans un sens, mais il ne va pas te guérir parce que tu n'es pas dans la communication. Donc là, on va aller sur des points de vue positifs.
Positifs,
oui. Donc, qu'est-ce que tu as eu comme émotion ou comme sentiment que tu as ressenti après avoir laissé le temps faire par rapport à tes obstacles difficiles ?
c'est difficile c'est ça c'est une question difficile parce que j'ai j'ai encore du mal à ça mais c'est plus j'ai développé peut-être plus de réflexion Dans le domaine de l'analyse, j'analyse mieux les situations.
Tu es plus perspicace sur certaines choses.
C'est ça. J'analyse mieux les endroits où je me sens...
Tu es plus méfiant.
Voilà. Mais dans la positivité.
Ok.
Même au niveau de l'autonomie.
Est-ce que tu as des conseils à donner aux gens qui ont vécu des situations difficiles et qui aimeraient aspirer à quelque chose de plus positif pour trouver le bonheur ?
Trouver le bonheur ? Je donne mon point de vue personnel.
Oui.
C'est de peut-être... d'en parler, d'aller dans des associations, de parler avec des gens qui ont vécu, entre guillemets, les mêmes expériences. Car avec les gens qui ont vécu les mêmes expériences, indirectement, ce n'est pas pareil, mais on s'identifie. Donc on peut développer quelque chose socialement. Et à part ça, moi, d'après ce que j'ai vécu, c'était les associations et de lire des livres pour m'évader et de développer des choses mentalement. Tu vois ce que je veux dire ?
Oui.
Ça, c'est d'après mon expérience.
Ok. Moi, personnellement, je trouve qu'après des expériences très difficiles... pour aspirer à essayer de trouver le bonheur, c'est qu'il faudrait essayer de se trouver soi-même. Ça veut dire que dans les expériences négatives, on essaie de trouver le positif. En fait, ce qui nous a aspirés à quelque chose de meilleur après une expérience aussi difficile. Par exemple, par rapport à ce qu'on a énuméré, j'ai du mal à parler à la fin de ce podcast, c'est que pour moi, il faut pouvoir apprendre de ces choses. qui sont arrivées, ces épreuves difficiles, en termes de qualité, en termes de capacité, en termes d'acceptation, de tolérance, de plein de points de vue. Ça veut dire qu'avec le temps, est-ce que ta tolérance, elle a baissé ? Est-ce qu'elle a augmenté par rapport à certaines situations ? Est-ce que tu te trouvais plus épadoui avec des épreuves similaires ? Est-ce que tu as développé une tolérance ? Est-ce que tu as appris des choses ? Par exemple, je ne sais pas, tu subis quelque chose comme une agression. Est-ce que la prochaine agression, tu as accepté ? T'es à t'ouvrir à des moyens de recours, de défense. Est-ce que tu réfléchis de manière différente ? Et en fait, c'est ça, il faut apprendre. Même si c'est des choses négatives, il faut apprendre. Et pour essayer d'aller mieux, c'est se développer soi-même par rapport à ses capacités d'adaptation. C'est-à-dire, tu vis des choses pas cool, mais la prochaine fois que ça arrivera, est-ce que je la vivrai de manière plus positive ? Prenons l'exemple de la précarité. C'est pas quelque chose de simple. Moi, l'ayant déjà vécu, Je sais que j'aspirais à quelque chose de positif. Et quand cette ère est passée, du coup, j'apprenais, j'ai appris, par exemple, la valeur de l'argent. J'ai appris la valeur des choses. Je savourais des choses très simples. En fait, j'étais très matérialiste avant. Et avec la précarité, j'ai vraiment perdu ce sentiment de matérialiste. J'ai appris beaucoup de choses. Et en fait, le fait de simplifier, de vulgariser un peu ma vie, ma vision des choses, ça m'a permis d'être plus heureuse, d'atteindre plus le bonheur. Donc je dirais vraiment de vulgariser, de simplifier un peu des choses qui sont très façonnées par la société. Par exemple, le fait de, je ne sais pas, aller se balader, aller boire un verre, un truc simple, et de le transformer comme une expérience et un événement extraordinaire. Et tu vois, d'en tenir plus des souvenirs. C'est comme un concert, tu vois. Aujourd'hui, quand tu vas à un concert, la plupart des gens, ils ont leur téléphone en l'air. Moi, je préfère avoir le téléphone dans la poche et vivre l'instant présent. C'est très psychologique. Voilà, de créer des souvenirs. donc voilà il faut voir sa vie et construire sa vie de manière différente pour pouvoir apprendre des leçons créer des souvenirs, des émotions et en apprendre aussi à l'avenir et on construit son bonheur en fonction de notre vision du monde mais aussi la vision qu'on a de nous-mêmes donc plus on va se développer plus on aura une vision différente du départ avec beaucoup de vis qu'on avait si tu vis avec du matérialisme ou un manque de confiance en toi forcément ta vision du bonheur sera complètement biaisée et voilà Donc c'est important de pouvoir s'aimer, de prendre confiance en soi et se développer pour avoir une vision du bonheur qui est deux fois plus positive.
Moi, en globalité, à la fin de mes expériences, j'ai développé de l'empathie. envers les gens. J'ai pu développer. Parce que j'ai vu des gens qui ont vécu la même chose que moi. Une certaine discrimination liée à leur autisme, etc. Donc, j'ai développé une empathie vers les gens qui sont exclus. Tu vois ce que je veux dire ? Ce que je n'avais pas avant. Avant, j'étais très renfermé. J'étais dans mon univers. J'étais avec moi-même. Donc, le fait que je sois au Canada et d'avoir rencontré des gens comme moi, j'ai pu... pu développer une certaine ouverture d'esprit vers les gens. Parce qu'avant, socialement, j'étais vraiment avec moi-même. Je n'avais pas d'amis, je n'avais personne. Donc là, j'ai pu m'ouvrir. Tu vois ce que je veux dire ?
Je vois ce que tu veux dire. Du coup, tu as pu aussi voir que tu étais beaucoup plus polé que la normale. Hein ? Non, je disais que du coup, grâce à tes expériences sociales, t'as pu te rendre compte que t'étais beaucoup plus poilu que la normale.
Ouais, ça je prêtais pas attention, mais grâce à toi, là, je remarque que je suis énormément poilu.
Tu le savais déjà. On dirait que t'as un chat entre les deux chorizos.
Ouais, effectivement. Enfin, juste dans les chorizos...
On a besoin de savoir. En tout cas, je te laisse, tu as peut-être une autre remarque, une dernière remarque ou quelque chose à dire avant qu'on coupe ce podcast ?
J'ai une question.
Pas une ouverture. Si tu veux poser ta question, mais ce n'est pas une grande ouverture.
Non, une petite ouverture. Pour toi, est-ce que c'est le bonheur qu'on vit maintenant ? Est-ce que c'est le même bonheur qu'on vivait, bon, on ne le connaissait pas, qu'il y avait il y a des années ? Ça veut dire, est-ce que le bonheur était plus accessible avant à maintenant ?
Ta question, elle ne veut rien dire.
Comment ça ?
Elle n'est pas développée, là. Oui,
parce que j'ai du mal à parler.
Tu m'as dit une petite ouverture. Là, ça va rentrer dans un autre débat.
Enfin bref.
Oui, voilà. Enfin bref. Je voulais... Le bonheur d'avant, c'était le bonheur de la vision que tu avais avant, avant de vivre des expériences. Donc la vision que tu as du bonheur aujourd'hui, elle est différente.
En termes d'époque.
En termes d'époque ?
Ça veut dire par exemple dans les années 60, 40...
Il y a 60, tu prends pour Edith Piaf ou quoi ? bref, tu leur dis au revoir parce que tu ouvres encore un débat et tu veux le prolonger, on est déjà sur presque une heure de podcast, d'accord, on va pas les embêter,
c'est une passion, désolé donc de m'évader de parler, de débattre donc on va,
vaut mieux s'arrêter oui et qu'on sort du papier toilette quand il rachète tout à l'heure donc ce que je peux dire vers la fin
Merci de nous avoir écoutés. Et bon courage à vous si vous passez des périodes difficiles. Voilà.
D'accord. Merci beaucoup. En tout cas, merci d'avoir écouté ce podcast. N'hésitez pas à laisser un avis, évidemment, et un commentaire sur la chaîne du podcast. N'hésitez pas aussi à me suivre sur Instagram, la.torez. Sur TikTok, la.torezofficiel. Et sur Snapchat, la_torez. Je vous laisse avec la fin, en espérant que vous trouvez la voie du bonheur. Et n'oubliez pas que dans les moments les plus sombres, il y a toujours une lumière à allumer.
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