- Speaker #0
Bienvenue dans le podcast Call Me Badass. Ici, nous mettons en lumière des femmes extraordinaires qui aspirent à une vie meilleure. Elles sont de véritables modèles de réussite grâce à leur parcours de vie. Chaque épisode de Call Me Badass vous plongera dans l'histoire de femmes audacieuses qui ont surmonté des obstacles, transformé leur échec en opportunité et embrassé le processus d'apprentissage pour devenir les meilleures versions d'elles-mêmes. Des badass, quoi ! A tout de suite ! Bienvenue sur Call me badass, coucou ma chatte, salut, salut,
- Speaker #1
salut,
- Speaker #2
bienvenue,
- Speaker #1
merci beaucoup, très contente d'être là,
- Speaker #0
c'est vrai, bah ouais, écoute, nous aussi, on avait hâte de t'interviewer, ça fait quand même quelques mois qu'on voulait t'avoir sur notre micro, donc merci. Laetitia, on commence toujours nos interviews par demander quels sont les rôles modèles qui inspirent nos invités, donc quels sont tes rôles modèles qui t'inspirent ?
- Speaker #1
Alors moi, dans les personnes qui m'inspirent, il y a clairement numéro un comme ça, Maya Angelou, qui me vient à l'esprit. Alors, ce n'est peut-être pas hyper original, puisque je pense qu'elle inspire et qu'elle a inspiré beaucoup de femmes. C'est la première fois qu'on nous le dit. C'est vrai ?
- Speaker #2
C'est canon, j'adore.
- Speaker #0
Et nous aussi, on l'aime beaucoup.
- Speaker #2
On l'aime beaucoup,
- Speaker #1
oui. Elle est juste incroyable. Même sans avoir lu toutes ses œuvres, il suffit de voir une interview de cette femme, même pas besoin d'entendre la question, juste la réponse. Et en fait, bon... Je ne sais pas, moi, elle me remplit d'énergie.
- Speaker #0
On entend beaucoup parler en ce moment du mot badass sur la toile. On aimerait avoir ton avis. Qu'est-ce que ça t'évoque, toi, sans nous dire la défaillition Google ? Toi, vraiment, Laetitia, ça t'évoque quoi, le mot badass ?
- Speaker #1
Pour moi, quand on me dit badass, j'imagine une nana qui est sur talons hauts, hyper détendue. Ok, ouais, carrément. C'est une nana qui sait ce qu'elle vaut. Je pense aussi qu'il sait ce qu'elle veut. Et sans que ça lui enlève toute sa sensibilité. Parce qu'en fait, je trouve que souvent, quand on est nana forte, c'est mal vu. Alors qu'être forte, ça ne veut pas dire qu'on n'a pas de sentiments.
- Speaker #0
Oui, exactement.
- Speaker #1
Donc pour moi, être badass, c'est vraiment s'assumer dans son entièreté. Pour moi, c'est ça. Plus qu'un physique ou quoi, c'est vraiment être à l'aise avec qui on est.
- Speaker #2
On est totalement d'accord.
- Speaker #0
On va te laisser te présenter maintenant.
- Speaker #1
Ok, alors je suis Laetitia, je suis indépendante, donc je suis dans les ressources humaines depuis, on ne va pas dire le nombre d'années. J'ai créé ma boîte en RH il y a 9 ans maintenant.
- Speaker #0
Ok,
- Speaker #2
super.
- Speaker #0
Non, non, vas-y, vas-y, ma chatte.
- Speaker #2
Laetitia, donc aujourd'hui ta boîte s'appelle Fox Group.
- Speaker #1
Oui, exact.
- Speaker #2
Pourquoi avoir voulu créer ce cabinet de recrutement il y a 9 ans ? Qu'est-ce que tu as voulu ? corrigé ou bousculé dans le monde du recrutement ?
- Speaker #1
Oui, alors on est le premier cabinet indépendant en recrutement RH. Donc déjà, ma particularité, c'est d'avoir été RH en entreprise et de m'être dit « Ah tiens, là j'ai un problème. » Donc mon problème, c'était de recruter pour mon équipe. Donc, j'étais responsable d'une équipe. Donc,
- Speaker #2
de recruter des RH.
- Speaker #1
Oui, voilà, c'est ça. Donc, recruter, externaliser le recrutement sur différents métiers, ça marche. La tech, les commerciaux, etc. Les cabinets travaillent très bien sur ces métiers-là et même en volume. Mais dès qu'il fallait recruter pour les RH, finalement, ils ne savaient même plus lire un CV. Et je me retrouvais à recruter toute seule alors que ce n'était pas l'idée initiale. Sinon, je l'aurais fait. Donc, lorsque le moment est arrivé, parce que pour moi, l'entrepreneuriat, c'est une question de timing. Peut-être qu'on aura l'occasion de l'entraîner. parlé dans le podcast.
- Speaker #2
On a pris une petite question, t'inquiète.
- Speaker #1
Je ne dis rien de plus, mais le moment était venu et pour moi, c'était vraiment vers ça que j'allais. Et la petite histoire, c'est que je n'étais pas une experte en recrutement avant de créer mon cabinet. Parce qu'en RH, il y a beaucoup de métiers et le recrutement, c'est une spécialisation. Je l'avais fait à la marge. Et finalement, j'ai créé mon cabinet dedans. Et je pense que ça a plutôt bien marché grâce à ça.
- Speaker #0
D'accord. Et aujourd'hui, tu disais que vous étiez le premier, vous avez créé le premier cabinet indépendant. Aujourd'hui, vous n'êtes pas le seul sur le marché. Comment vous faites pour vous différencier plutôt de la concurrence ?
- Speaker #1
Alors déjà, ce qui m'a différenciée, c'est vraiment d'être focus RH pendant huit ans. OK. Où vraiment, là, je faisais que les ressources humaines. Mon premier concurrent direct a sorti un cabinet deux ans après moi. Ok. Donc, déjà, lui, il n'a pas du tout un parcours RH. Enfin, on n'est pas du tout sur le même créneau. Moi, je ne suis pas une commerciale, donc je vends vraiment ma compétence. Et je pense que déjà, les entreprises ne viennent pas chercher exactement la même chose selon s'ils appellent ce cabinet-là ou le lien. Donc déjà, c'est une vraie différenciation d'avoir été dans le métier parce que je n'ai pas besoin de prouver ma compétence. ensuite on s'est diversifié donc là l'idée c'est d'être multispécialiste donc c'est pas moi qui vais recruter les ingénieurs Ou les financiers, c'est des recruteuses que j'ai dans mon équipe, que j'ai vraiment la chance de voir. Exact. Et qui ont la compétence, qui sont des recruteuses, mais qui ont une expertise. C'est vraiment mon créneau. Donc, c'est comme ça que je vais me différencier.
- Speaker #0
Ok. Tu disais que tu avais à peu près neuf ans, ça fait neuf ans que tu as créé tes cabinets. Du coup, j'imagine que tu as dû évoluer. Tu as dû certainement briser des plafonds de verre ou des croyances. Est-ce que tu veux nous en parler ?
- Speaker #1
Oui, alors je dirais que la première croyance, c'est que quand on est salarié, on ne peut pas se lancer. Alors, je ne sais pas si vous l'avez vécu vous-même. Mais quand on est salarié, on se dit « Ah non, mais je ne serai jamais indépendant » ou « Ah, ce n'est pas fait pour moi » . Et en plus, quand on est RH, on a un sacré syndrome de l'imposteur. C'est vrai ? Oui, parce que quand tu es RH, tu vas t'aider les autres. Quand tu fais ça en entreprise, tu te dis… ben voilà, je vais aider la direction à accomplir ses objectifs et en même temps, je vais faire en sorte que tous les autres se sentent bien dans la boîte. D'accord. Et finalement, tu ne travailles presque pas pour toi, parce que tu travailles pour les autres. Donc, c'est un métier…
- Speaker #0
Je n'ai jamais vu ça comme ça,
- Speaker #1
oui. C'est vraiment ça. Et il faut être un peu barjot, en fait, pour être RH, parce que… Non, et c'est pareil, je crois que les RH ne se le disent pas assez souvent, mais parce que ce n'était pas… Alors, je pense que ça a été mal vu pendant un moment de le dire. Maintenant, on l'assume un peu plus aussi. C'est de se dire qu'en fait, voilà, moi, je travaille pour la direction. Donc, la direction me paye pour un objectif qui est donc celui de faire tourner sa boîte et que les gens soient toujours motivés pour travailler correctement. Et de l'autre côté, c'est de faire travailler les autres personnes, enfin tous les salariés qui se sentent bien pour justement accomplir l'objectif premier qui est donc de faire tourner l'entreprise. Et sauf que là-dedans, personne ne nous aime. Tu vois ? Les salariés ne nous aiment en général pas parce qu'ils disent « Ah non, mais de toute façon, le RH, il n'est pas là pour m'aider en vrai. Il fait comme s'il était là pour m'aider, mais ce n'est pas vrai. »
- Speaker #0
est-ce que c'est un peu vrai quand même ?
- Speaker #1
ben alors non parce que non mais sur non parce que tu vois lorsque parce que enfin toi dans t'as différents métiers comme je disais tout à l'heure quand tu fais de l'administratif et que tu t'embêtes à faire des contrats qui soient légalement corrects à faire des avenants à gérer les arrêts maladie à gérer les congés est-ce que tout le monde en gros te raconte des histoires sur sa propre vie et ben finalement toi t'en racontes pas sur la tienne donc c'est pas tu vois dans un dans un truc c'est pas Enfin, comment dire ? Ce n'est pas équitable comme relation. Donc, finalement, nous, on va œuvrer au quotidien à faire en sorte que la personne, la salariée, le salarié en face de moi soit toujours content, qu'il se sente écouté, tu vois ? Voilà, moi, ce travail-là, je le fais. Et je pense que c'est le travail de tous les RH, c'est le B.A.B.A. de toute façon, c'est de répondre à des questions. Donc, lorsque la personne, après, te dit « Ah oui, mais là, Laetitia, tu m'as dit non à telle formation. » Oui, mais en fait, ce n'est pas pour toi.
- Speaker #0
Oui, ce n'est pas personnellement.
- Speaker #1
Ce n'est pas personnel. c'est que là... Dans l'organisation, tu n'es pas prioritaire ou qu'il n'y a pas d'argent, etc. Et donc, on se doit toujours d'expliquer. Tu vois, t'imagines, au quotidien, faire ça pour 300, 500, 1000 et plus salariés, c'est du boulot. Donc finalement, lorsque à un moment tu dois dire non, parce que dans la vie, tout n'est pas toujours oui, et bien qu'on te dise, ah oui, mais c'est de ta faute, à toi personnellement. Non, ça, c'est faux.
- Speaker #2
Mais finalement, là, ce que tu es en train de nous dire, c'est que, moi, je l'entends en tout cas, c'est que c'est une raison pour avoir quitté le salariat.
- Speaker #1
Alors non, parce que c'est l'essence de mon métier et honnêtement, je le fais aujourd'hui, j'ai des salariés. Tu peux en avoir aujourd'hui.
- Speaker #2
Non, mais en fait, d'avoir un peu ce cul entre deux chaises là, tu ne l'as plus en tant que chef d'entreprise aujourd'hui.
- Speaker #1
Eh bien, ça aussi, c'est un sujet, je pense que c'est un très bon sujet parce que ça va nécessiter une introspection pour ma part. C'est qu'en fait, oui, aujourd'hui, je dirige une entreprise, donc j'ai un associé, nous sommes deux à diriger la boîte. mais finalement moi je pense être fondamentalement RH et que à plus forte raison, comme ils travaillent pour moi et avec moi, j'essaie de faire en sorte que les salariés soient toujours bien. Donc ça, pour moi, c'est un... Enfin, je pense que je vis un peu dans le monde des bisounours, tu vois, même si...
- Speaker #2
C'est important en tant que chef d'entreprise, c'est sûr que tu as besoin que tes salariés se sentent bien pour rester dans ta boîte et pas avoir aussi un turnover.
- Speaker #1
Et même, j'ai envie de dire, de façon peut-être un peu plus égoïste, travailler dans un bon climat de travail, en fait, ça importe pour moi. C'est pas que du chiqué. Tu vois, moi, j'ai pas mille avantages, j'ai pas une grosse boîte. Donc, Il faut que les gens se sentent vraiment dans la boîte, dans la culture. Ils peuvent partir du jour au lendemain pour quelques cas de plus ou pour plus d'avantages, ça c'est une évidence. Mais si je veux garder mes gens, il faut qu'ils soient embarqués, déjà un par ma perso, parce qu'honnêtement, l'avantage d'avoir sa boîte, c'est qu'on donne le climat qu'on veut.
- Speaker #2
Totalement.
- Speaker #1
Et moi, j'ai envie que les gens se tapent des barres toute la journée en travaillant. Donc, ce n'est pas tous les jours le cas parce que notre métier est stressant. Mais en tout cas, je me dois de leur faciliter le job. Donc finalement, j'ai le cul entre deux chaises parce que Je me rends compte que les salariés en face, et ça, c'est... J'ai mis du temps à le comprendre. Mais autant quand j'étais RH, ils se disaient, bon, c'est la RH, c'est son rôle, c'est relou, mais c'est comme moi.
- Speaker #0
Là, la RH de sa boîte,
- Speaker #1
c'est bon. Et là, la RH de la boîte, il y a un petit conflit d'intérêt quand même où les gens se disent, OK, quand tout va bien, eh bien, Laetitia, elle est super sympa, c'est cool. Et de l'autre côté, lorsque ça ne va pas et que Laetitia nous met un taquet, tout de suite, elle est méchante.
- Speaker #0
Elle nous donne quoi quand Laetitia met un taquet ?
- Speaker #1
Franchement, je ne suis pas très méchante. Il va très bien chanter. J'en garde les résultats. Ah là, t'es pas arrivé, pourquoi ? Et puis bon, une fois ça passe, deux fois. Et puis après, tu te dis, bon, peut-être qu'il y a un souci. Et puis c'est là que je sens que les gens, finalement, se décomposent. Parce qu'ils se disent, ah ouais, en fait, justement, la vie n'est pas...
- Speaker #0
Il y a d'autres croyances que tu as dû dépasser pendant ces quelques années d'entrepreneuriat ? Que tu es en train aujourd'hui, sur lesquelles tu es en train de travailler ?
- Speaker #1
Écoute... Je dirais, alors par rapport à l'entrepreneuriat, non, je ne pense pas. Je pense que déjà, se lancer, c'est un gros, gros sujet. Je n'ai pas eu de questions sur le fait que je sois une nana qui se lance. Ça n'a pas été mon sujet. Mon sujet, c'était plus de, je suis maman, j'ai eu mon premier achat IMO. Moi, mon mari est intermittent du spectacle, il est chanteur professionnel. Donc, tout de suite, tu te dis, allez là, si on a eu le prêt IMO, c'est parce que j'avais un CDI et pas parce que lui touchait plus d'argent que moi. C'est ça, la particularité de la société. Et donc, me lancer, moi, ça nous mettait dans une instabilité, déjà parce que c'est le lancement. Et en plus, bon ben voilà, là, on est deux dossiers pourris, quoi. C'est bon, la boîte, oui. Tu vois ? Donc, ça, en plus, c'était mon sujet. Et puis, après, bon, voilà, c'était, je venais d'être maman, mon fils avait six mois quand j'ai lancé la boîte ou peut-être un peu plus, mais huit mois. Et puis, bon, c'était pas le bon moment, a priori. Donc, quand mon associé est venu me chercher, je lui ai dit non. Je ne veux pas créer. Et puis, deux, trois mois après, je le rappelle et je lui dis, en fait, c'est le moment, go.
- Speaker #2
Mais du coup, comment tu prends la décision ? Parce qu'en off, tu nous disais que tu avais quand même un besoin de sécurité assez élevé. Et en plus, avec la situation que tu nous décris, un bébé en bazar, un nouveau crédit IMO. Comment tu arrives à prendre la décision de te dire, je me lance, ça y est, j'y vais ?
- Speaker #1
Écoute, moi, je suis une personne très intuitive. Alors, ça fait toujours un peu chiqué quand on dit ça, mais pour le coup... j'ai vraiment appris, mais je pense que c'est inné à m'écouter. Donc, quand je dis appris, c'est parce que, tu vois, quand j'étais plus jeune, je n'avais pas beaucoup d'amis. Mes amis se comptaient sur, même pas les doigts de ma main. Je ne sortais pas. Je ne suis pas la nana qui aimait aller au cinéma ou qui aimait aller en boîte. C'est une bourre, en fait. Ouais. Eh bien, écoute, moi, je suis une grande fan de Disney. Je regarde... Tu vois, je regardais mes dessins animés à la maison, je connais toutes les chansons par cœur, enfin voilà. Non, mais blague à part, blague à part, ouais, je n'ai pas eu ce truc-là, tu vois. J'ai oublié ta question.
- Speaker #2
Moi, j'ai oublié ma question. C'est quoi ma question ?
- Speaker #1
Non, mais voilà, ma décision, c'est parce que, tu vois, je suis une personne assez intuitive et j'ai vraiment appris à m'écouter. Et les rares fois où je me suis dit, ah là, t'exagères, tu vois, la personne te montre de l'intérêt, vas-y, ouvre-toi un petit peu, en fait, arrête d'être dans ton monde à toi. et souvent la personne m'a fait du mal après. Et une fois que j'ai constaté ça, je te dis ça, je devais avoir 16 ans, j'ai commencé à m'ouvrir entre mes 16 et 18 ans, et à chaque fois que je ne sentais pas un truc, mais que j'y suis allée quand même, et bien toi j'en ai payé un peu les frais, donc on a l'impression que c'est un truc important, alors non pas du tout.
- Speaker #2
Tu as vraiment ressenti que c'était le bon moment, quand ton associé est venu te chercher ?
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #2
Et c'était un ami, vous vous connaissez ? Oui,
- Speaker #1
on était en formation RH ensemble. parce que lui il est recruteur donc c'était bien aussi recrutement,
- Speaker #0
RH d'accord, vous êtes complémentaire voilà, exact ok, j'avais une autre question qu'est-ce que tu penses des femmes qui se brident, alors surtout, on te pose la question en ta qualité de RH et de recruteuse, est-ce que t'as pu remarquer déjà ça, qu'il y a beaucoup de femmes qui se brident, même si elles ont les diplômes, les compétences, l'expérience qui va avec Merci. Qu'est-ce que tu en penses, Norme ?
- Speaker #1
Alors, dans mon métier, je fais du recrutement. Donc, j'accompagne des gens à trouver un job et j'accompagne les entreprises à trouver la compétence. Mais en fait, au-delà de ça, qui est donc le cœur de mon activité, je fais beaucoup de conseils. Donc, je conseille beaucoup les chefs d'entreprise dans leur stratégie à mener, que ce soit évidemment en recrutement, mais aussi en RH. Donc, tu vois, je ne sais pas, ils doivent faire un truc et ils me disent, ah bon, là, je sais que j'ai besoin d'un RH, mais je ne sais pas... qui, je ne sais pas comment. Et bien là, on réfléchit à ce qu'il y a à mettre en place. On réfléchit aux compétences internes pour voir qui va prendre le job. Et finalement, déjà, j'accompagne beaucoup d'hommes dirigeants.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
assez peu de femmes dirigeantes. Donc, tu vois, je pense que là, déjà, on est une bonne brochette de femmes dirigeantes et ce n'est pas le cas partout. Deux, j'accompagne aussi les candidats qui vont en entretien.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et très souvent, il m'arrive de dire alors attention, ton CV, il faut que tu le refasses. Pourquoi ? Parce que tu vois, là, je te parle, je t'ai tiré les verres du nez. Oui. Mais ça, ce n'était pas écrit. ça c'était pas écrit, ça c'était pas écrit ah oui mais c'est vrai mais je vois pas comment et tu l'observes particulièrement chez les femmes ? ah oui oui oui, ça c'est certain les hommes, alors je fais pas de je catégorise pas mais en général un homme qui va en entretien il sait pourquoi il y va il y va avec plus de confiance là où t'as pas tout le monde non plus mais t'as quand même je dirais en proportion beaucoup plus de femmes qui y vont en se posant des questions Merci. Et donc des fois pendant les process, et j'ai une petite anecdote, j'ai eu une cliente aujourd'hui qui en fait a été, c'était aussi ma cliente avant, mais elle a été en recherche d'emploi pendant ces deux postes-là. Et quand elle a été en recherche, donc on s'est parlé évidemment, elle arrive en fin de processus de recrutement, donc c'est une directrice RH, je parle pas de... C'est une directrice RH, elle m'appelle, elle me dit Laetitia j'ai besoin de... j'aimerais avoir un conseil, ok pas de problème. Elle me dit je suis en fin de processus avec un autre cabinet. Ok. mais c'est à vous que j'ai envie de parler. D'accord, ok, pas de problème. Je lui ai dit, alors vous savez que je ne vais pas facturer ça. Est-ce que tu sais qu'en fait, je ne vais pas te faire d'argent sur le temps que je t'accorde ?
- Speaker #2
Pourquoi tu ne le factures pas, justement ?
- Speaker #1
Écoute, je ne l'ai pas facturé parce que j'ai rendu service. Et que tu vois, dans...
- Speaker #2
Est-ce qu'un homme aurait rendu service ?
- Speaker #1
Ça, je ne sais pas. Mais après, il faut faire les choses dans son âme et conscience. Elle m'a appelée. Oui, mais tu vois... Elle m'a appelée, c'est une DRH qui avait besoin d'un coup de main pour son entretien. J'ai pris une demi-heure de mon temps. Je lui ai dit ce que je pensais. Elle m'a expliqué le contexte, elle m'a expliqué le poste. Je lui ai dit, alors voilà, tu pourrais te présenter comme ça, comme ça, mettre ça en avant, etc. Oui, mais du coup, je lui ai dit, voilà, je pense qu'en te présentant comme ça, l'entretien, normalement, tu devrais le cartonner. Elle a eu le poste. Et tu vois, aujourd'hui, elle me rend la monnaie de ma pièce parce qu'elle me fait travailler pour tous ses recrutements et elle me fait travailler en exclusivité avec un compte. donc elle me le met bien tu vois Et c'est une dirigeante qui, demain, je sais que si j'ai besoin d'elle, elle va répondre au téléphone. Et donc, je crée en fait une relation de confiance. Et c'est ce que j'aime sans doute le plus dans mon métier. Que ce soit des candidats ou des dirigeants, c'est vraiment avoir ce truc-là et voir des gens qui me suivent depuis neuf ans. Et bien, si tu veux, pour moi, c'est le...
- Speaker #0
Non, mais c'est top.
- Speaker #1
C'est génial.
- Speaker #0
En fait, pendant que tu parlais, j'étais en train de me dire que... En fait, avec cette anecdote, ce que tu voulais nous dire, c'est que cette directrice RH... Elle aurait pu ne pas passer par toi, en fait. Exactement. Surtout quand on était en fin de process. Mais il lui manquait encore une petite dose de confiance, selon toi. Oui,
- Speaker #1
je pense. C'est ça. Je pense qu'elle est bien placée. Elle a un très beau CV. Donc, elle n'avait vraiment pas besoin de ça.
- Speaker #0
Mais du coup, qu'est-ce que tu aurais à dire à ces femmes ? Toi qui es de l'autre côté, tu vois, et qui vois ça. Pour qu'elles puissent avoir plus de confiance. Je ne sais pas si le sujet, c'est uniquement de la conscience. mais en tout cas qu'est-ce que tu pourrais leur dire ?
- Speaker #1
Eh bien, hormis le fait d'avoir confiance en elles, je ne vois pas trop parce que la confiance en soi, c'est beaucoup de choses, tu vois, qu'on met dans ces trois mots-là. Et quand on dit avoir confiance, c'est OK, c'est vrai, mais comment on fait pour avoir confiance ?
- Speaker #0
Justement, c'est ça.
- Speaker #1
Mais je n'ai pas de solution miracle, en fait. Pour moi, c'est vraiment déjà être alignée avec soi. Je pense que... Il faut se dire, voilà, je suis confortable avec ce que j'ai fait. Je suis à l'aise pour délivrer l'information aussi, sans pour autant que ça fasse prétentieux. Parce que les femmes, elles ont tendance aussi à penser que se vendre, c'est être prétentieux.
- Speaker #0
Ou arrogant, justement.
- Speaker #1
On n'est pas formé à ça. On est formé à être discrète, à n'en faire pas trop de bruit. Même je vois ma nounou. Alors après, on est fille, on est garçon. Il peut y avoir des différences, il n'y a pas de souci. Mais la nounou de ma fille, par exemple, elle adore les fleurs. Et du coup, ma fille, maintenant, elle dit, Orgue. Regarde la belle fleur. Et je lui dis, mes garçons m'ont jamais dit, mais maman, regarde la belle fleur. Tu vois ? Et c'est un peu pareil, je trouve, dans le rôle qu'on a à jouer, tu vois ? On doit aimer les enfants, on doit avoir des poupées, on doit... Non, en fait, tu vois, moi, j'ai toujours été anti-barbie, j'ai jamais aimé ça. Petite, je leur coupais les cheveux, je les jetais à la poubelle.
- Speaker #0
Même si elles regardaient des Disney.
- Speaker #1
Oui, c'est ça, tu vois. Tu vois, par exemple, la belle au bois dormant, je la hais. Je l'ai toujours détestée, cette nana. Parce qu'elle dort, on l'embrasse, elle se réveille, elle est à brosse. Non, mais... Non, en fait. Et tu vois, ça, je pense qu'il faut vraiment arrêter. Et ça nous conditionne, d'une certaine façon, à ne pas se vendre correctement.
- Speaker #0
Totalement.
- Speaker #2
D'ailleurs, tu vois, on avait une question sur ce sujet-là. On apprend encore aux femmes, et même les Disney commencent à évoluer. Oui, on est d'accord. Les dessins animés commencent à évoluer, où on a des héroïnes, des princesses un peu plus badass,
- Speaker #0
un peu plus dur à cuire.
- Speaker #2
Mais la société continue d'apprendre à nos enfants, à nos filles, pardon, à être désirables. mais professionnellement pas désirante. Professionnellement, il y a toujours ce truc entre deux où, comme tu disais, les femmes doivent rester discrètes, ne doivent pas trop faire de bruit. Toi, qu'est-ce que tu en penses ?
- Speaker #1
Tu vois, ça me fait penser à... Je crois que c'est Gisèle Alamy que j'ai vu une petite vidéo sur elle, là, très récemment, qui a été une très grande féministe. Et elle disait, il me semble que c'est elle, qui disait que quand on est jeune, il faut être belle, il faut être désirable. Tu vois, il faut se vendre comme ça. Et quand tu es plus vieille, tout de suite, tu es plus désirable, mais du coup, tu te vends avec ton esprit. Et je trouve que c'est... Pas normal. Mais elle a raison. Mais c'est-à-dire qu'elle a raison. Mais c'est encore le cas,
- Speaker #2
en fait. C'est ça.
- Speaker #1
C'est encore le cas. C'est ça. Donc finalement, je pense que, tu vois, ça, ça donne toute la vision de la société. C'est-à-dire que oui, tu dois être désirable, tu vois, tu te tiens d'une certaine façon, tu dois être habillée d'une certaine façon, maquillée, tu vois. Il y a des gens, si tu n'es pas maquillée en entretien, ils considèrent que c'est pas pro. J'ai déjà eu ça. Alors, des candidates qui m'ont dit ça, elles l'ont vécu comme ça. elles sont allées en entretien pas maquillées et on leur a dit qu'elles n'étaient pas en tenue professionnelle Donc, tu vois, il y a tout ça qui existe, c'est sûr. Mais en même temps, il y a quand même plus de femmes aujourd'hui qui sont dirigeantes. Et je pense que tu as surtout plus de femmes qui ne se limitent, en tout cas, qui se limitent moins. Parce que, tu vois, lorsque tu dois prendre un congé parental, c'est la femme qui prend le congé parental. Donc, du coup, tu baisses tes droits à la retraite. Tu vois,
- Speaker #0
il y a tout ça. Tes avantages.
- Speaker #1
C'est ça. Totalement. Et pourquoi ? Parce que l'homme est mieux payé. Donc, c'est logiquement à toi de prendre ce congé parental parce que de toute façon, dans la balance, financièrement, tu perds moins puisque c'est toi qui gagnes moins. Et je pense que tu as plein de... C'est ça, c'est ça, c'est ça. Et je pense que tu as moins de femmes qui se rendent dans ce schéma-là. Déjà, il y a quand même moins d'enfants. Donc, forcément, la femme travaille peut-être plus sur la durée parce qu'il y a moins de congés mataires. Ou bien, juste, elle va se dire, non, moi, j'ai une carrière, en fait. J'ai une carrière et je veux la mener à bien. Et donc, je pense que même si professionnellement, oui, il y a de la discrimination salariale, oui, il y a de la discrimination par rapport au poste, plus tu es directeur, plus tu as d'hommes. C'est quand même assez anormal. C'est comme les cuisiniers, le RH, c'est tu as beaucoup de femmes. Et quand tu vas au haut de la pyramide, tu as beaucoup d'hommes. Et les chefs cuistots, il y a beaucoup d'hommes. Alors que celle qui fait les pâtes à la maison,
- Speaker #0
c'est la non-séquence.
- Speaker #1
Tu vois ?
- Speaker #0
Donc,
- Speaker #1
on est dans une société comme ça. mais je pense que les femmes quand même Elles sont dans une démarche où elles font plus attention à elles. Et j'ai quand même espoir que ça va changer.
- Speaker #0
Oui, tout à fait.
- Speaker #2
Et dans la communauté afro-descendante.
- Speaker #1
Alors, oui, oui, oui. Alors, ça, c'est encore un sujet parce que dans les discriminations, il y a évidemment le genre. Mais il y a aussi cette discrimination-là qui est du coup raciale, même si on n'aime pas ce mot-là. Donc, oui, à l'embauche, est-ce que toi, tu vas en entretien avec tes cheveux comme ça ?
- Speaker #2
Maintenant, oui. Quoi maintenant ? Je ne suis plus salariée, mais en fait, à partir de 30 ans, ouais.
- Speaker #1
Tu vois, mais ça, c'est bien. À 30 ans, non. Voilà. Tu vois, c'est peut-être parce qu'à 30 ans, on s'accomplit, on est plus confort dans qui on est. Enfin, moi, je sais que ma trentaine, donc là, j'arrive en fin de trentaine, il ne faut pas le dire. Ma trentaine, ça a été génial. Enfin, je me dis, j'ai été une femme, en fait. Alors, j'ai eu mon fils à 28 ans, mais je suis qui je suis, tu vois. Et avant, tu me reprends, ne serait-ce qu'il y a 11 ans. Ben non, en fait. J'étais encore dans un questionnement de savoir qui j'étais. Et tu vois, les questions, en plus, c'est de couleurs. C'est-à-dire que là, on est quand même trois couleurs différentes. On a des cheveux très différents aussi. Et bien, tu vois, moi, les questions d'un mec qui drague dans la rue, en bas de chez moi, il me dit, « Ah, mais t'es métisse quoi ? » Je ne suis pas métisse. Non, mais arrête, c'est qui le blanc, en fait ? C'est ta mère ou ton père ?
- Speaker #0
Donc, tu le dis que toi... D'ailleurs, c'est... C'est très bien que tu parles de ça. C'est violent. J'imagine.
- Speaker #1
C'est violent.
- Speaker #0
Et du coup, tu réponds quoi ? Tu dis,
- Speaker #1
je suis noire ? Mais en fait, alors, quand il m'a dit ça, honnêtement, il m'a mis une gifle. Le mec m'a mis une gifle. Parce que je ne m'étais jamais posé la question. C'est ça. Tu vois, jamais. Parce que quand tu as une famille mélangée, Tu vois, j'ai des cousins qui sont blonds aux yeux bleus. Tu les vois, c'est des blancs. J'ai des cousins, t'as l'impression que c'est des Africains. Ils sont foncés, foncés. Et on est tous cousins germains. Et je ne m'étais vraiment jamais posé la question. Donc du coup, tu te renseignes. Tu vois, l'esclavage, ça n'a jamais été un sujet chez moi. Mais quand même, les parents ne nous donnent pas toutes les clés parce que c'est dur, parce qu'ils n'ont pas envie ou parce que ça ne les intéresse pas. Et finalement, tu fais ta recherche. Et moi, du coup, j'ai fait partie de ceux qui sont relativement blancs parce que là, je suis très bronzée, en fait. je reviens d'un week-end à Malte donc je suis très bronzée Mais tu vois, je me suis posé plein de questions autour de mon identité et maintenant, j'espère accompagner mes enfants dans leurs questions identitaires. Mais j'essaie de le faire dès maintenant. Désolée, j'ai peut-être oublié ta question.
- Speaker #0
Non, non, non, c'est pas grave parce qu'en fait, ça fait partie d'une autre question. Donc, on va revenir sur ça tout à l'heure. Si tu veux bien, on aimerait bien connaître le business model de ton cabinet RH. Comment il fonctionne ? Parce que je sais qu'il y a plusieurs façons de fonctionner. Voilà, quel est le business model de ton cabinet ?
- Speaker #1
Alors, écoute, en règle générale, ce sont les entreprises qui m'appellent parce qu'elles me voient sur Google. On est assez bien référencées. Je fais assez peu de démarchage commercial. Et puis, ma foi, donc, une fois qu'on a en gros le job, une fois que le job est signé, on prend le relais sur le recrutement. on va facturer de deux façons. soit on travaille au succès, ce que font la majorité des cabinets de recrutement. Et par contre, j'essaie toujours d'avoir au moins trois semaines d'avance si je suis le premier cabinet à être appelé pour travailler de façon plus qualitative. Parce que tu vois, lorsque les gens sont appelés trois, quatre fois par des gens différents, mais pour le même job, c'est pas pro du tout. Et en fait, je ne prends pas moi le job si on travaille dans ces conditions-là. Parce que quand on est prestataire, on est souvent maltraité.
- Speaker #0
Ah, tu m'es étonnée.
- Speaker #1
Elles n'en aiment pas en parler, mais c'est une réalité. donc j'essaie vraiment de... bien cibler le client pour travailler de façon qualitative, parce que moi, derrière, en fait, c'est mon image qui empathie.
- Speaker #0
Bien sûr, bien sûr. Vous avez des clients annuels ? Vous avez des forfaits annuels avec des clients ?
- Speaker #1
Alors non, je travaille assez peu comme ça. Non pas que ça ne m'intéresse pas, mais parce qu'en fait, les entreprises aujourd'hui sont plutôt frileuses. Il faut dire qu'avant Covid, ça se passait plutôt bien, ça. Après, il y a eu le Covid, et après Covid, c'est beaucoup plus concurrentiel.
- Speaker #0
Tout à fait, tout à fait. Je voulais te poser une question sur, puisqu'en fait tu es RH et recruteuse, donc si tu pouvais hacker le système RH en France, de parce que ton expérience, ça fait neuf ans que tu es dedans, qu'est-ce que tu ferais ? Qu'est-ce que tu prendrais comme grande décision si tu pouvais tout faire ?
- Speaker #1
Il faut que je réponde là, dans un taillou.
- Speaker #0
Spontanément, voilà. Si aujourd'hui, on te disait, Laetitia, si le gouvernement t'approchait et te disait, Laetitia, vous avez les cartes blanches pour faire ce que vous voulez, mais faire en sorte que le système RH soit mieux.
- Speaker #1
Alors déjà, je pense que je ferais en sorte que toutes les entreprises aient un RH.
- Speaker #0
C'est fou ce que tu dis, toutes les entreprises ne sont pas dotées de RH.
- Speaker #1
Non, et je pense aussi que j'éclaircirais le métier, parce qu'on ne sait pas ce qu'est un RH en fait. Très souvent on dit mais il fait quoi le RH, il ne sert à rien, il ne fait rien. Donc je pense que ces deux questions-là sont fondamentales, parce que tu as le RH qui va être très spécialisé dans son métier, donc soit le recrutement, l'administration ou même la... paye, il y a tellement de métiers de sous métier, tu as même de la tech dans les RH. Il faudrait éclaircir tout ça pour que les RH aient leur place pleinement dans l'entreprise en fait dans laquelle ils évoluent et surtout surtout mettre les RH dans la direction, dans la stratégie parce que les boîtes en fait qui réussissent c'est parce qu'elles ont un RH qui peut parler business et qui peut parler humain ouais parce que le dirigeant il est là pour faire tourner sa boîte Donc certes, il y a besoin d'hommes pour faire tourner sa boîte, mais lui, il va penser business. Comme on dit, compte de résultats. Lui, c'est ce qui va l'intéresser. Alors que le RH, il est vraiment là pour dire, OK, le bilan est comment ? Mais du coup, voilà ce qu'on peut faire pour faire en sorte d'aider le bilan et d'aider les hommes. Donc ça, je pense que ce sont deux belles actions à mener déjà.
- Speaker #0
Intéressant. C'est vrai. Intéressant.
- Speaker #2
Je vais revenir un peu sur les sujets dont on parlait tout à l'heure.
- Speaker #0
Tu penses quoi des quotas et du recrutement inclusif ?
- Speaker #1
Alors, ouais, super question. Assez tabou en France.
- Speaker #2
Oui, totalement. Oui, complètement. C'est pour ça qu'on était hyper content de te recevoir, pour pouvoir te poser toutes ces questions.
- Speaker #1
OK. Alors, la notion de quota, c'est plutôt une notion américaine, ou en tout cas anglaise, dans le sens large. Pourquoi ? Parce qu'eux, ils ont jugé bon... Désolée, j'ai fait de l'histoire... américaines et anglo-saxonnes. Ça va bien se mélanger là. Donc, ils ont jugé bon, justement, de représenter vraiment tout le monde dans la société, donc la société dans l'entreprise. En France, c'est plutôt tabou parce que de la même façon que politiquement, on a plutôt géré la partie inclusive, donc en essayant de mélanger les gens et ne pas les séparer, alors qu'on sait qu'en Angleterre, il y a des quartiers, il y a des quartiers indiens, les quartiers, etc. En France, on a essayé de ne pas faire ça. et donc on n'arrive pas à parler de ces sujets là parce que c'est mal vu pour nous de dire ah ben il ya tant de noir il ya tant de latino il ya tant d etc ça ne se fait pas en france c'est politiquement incorrect donc ma question sur ça je pense que de toute façon il n'y a pas de réponse oui ou non ça peut être bien dans une société qui l'acceptent parce que ça permet à des gens de s'insérer et et... Justement, après toute la phase de colonisation qui a quand même duré et qui a été difficile pour les populations minoritaires, je pense que c'est bien aussi pour eux d'avoir eu accès à des métiers auxquels ils n'auraient pas eu accès dans d'autres circonstances. Et en même temps, mettre des barèmes ou des indicateurs dessus sur « il y a combien de noirs dans ma ville ? » C'est quand même un peu touchy, je pense. Et donc, dans la société, dire « j'ai un noir par-ci, un noir par-là » , Attention parce qu'en fait, ça peut... peut aussi être limitant. Parce que du coup, tu as un noyau dans un service et pas deux.
- Speaker #0
Tu as quand même un sujet sur la diversité et l'inclusion. Alors, même si dans certaines boîtes, diversité et inclusion, tu vois plutôt sur le genre et non pas sur les origines ethniques, mais c'est un sujet. Aujourd'hui, en France, d'avoir plus de diversité dans les entreprises.
- Speaker #1
C'est un sujet. Et vous, les RH,
- Speaker #0
comment vous le...
- Speaker #1
Alors, en RH, c'est homme-femme. égalité salariale aussi en fonction de hommes et femmes alors maintenant t'as aussi tous les alors moi je suis vraiment pas j'ai rien mais LGBT j'ai pas le reste faut pas m'en vouloir mais voilà là même sur ces questions là dont on parle beaucoup aujourd'hui il y a pas vraiment d'indicateur donc tu vas voir les entreprises qui vont se dire je communique à balle sur la diversité en incluant à fond sur la partie un peu actuelle tu vois LGBT et tout le reste. Donc là, tu as des boîtes, effectivement, qui vont dire, voilà, moi, je suis à fond là-dedans. Et du coup, comme je suis à fond là-dedans, je suis aussi pour l'égalité des sexes, l'égalité de machin, l'égalité... Mais disons que ça, ce sont des entreprises qui vont faire le choix de communiquer à balle dessus. Moi, je pense que les entreprises gagneraient à justement se dire alors oui, OK, enfin en tout cas, à réaliser qu'elles n'ont pas de diversité. Parce que ça, déjà, c'est...
- Speaker #0
C'est ça déjà, de base.
- Speaker #1
Il faut réaliser qu'il n'y a pas de diversité. Et une fois qu'on le réalise, mettre en place des trucs pour pouvoir être dans la diversité. Mais pour info, la diversité, souvent on dit, tu vois les minorités qui pour moi n'en sont plus, mais les minorités que ce soit religieuses, que ce soit minorités visibles ou autres. Souvent, les gens vont se dire dans les boîtes, il faut que j'aille chercher dans des écoles moins bien. Parce que tu as aussi ça le problème, tu vois, c'est qu'on n'est pas tous allés à l'EM Lyon. Tout à fait. Tu vois, on n'a pas tous fait l'ESSEC. Mais nous, on n'a pas fait l'EM Lyon. Mais voilà, on n'a pas tous l'éducation qui va aussi avec. Et je pense que pour une entreprise, c'est important de regarder le résultat. Et le résultat, c'est d'avoir les bonnes personnes au bon endroit. Et je pense vraiment que ça, c'est la base. Maintenant, tu peux trouver la bonne personne qui coche d'autres cases qui peuvent être issues de la diversité et les intégrer.
- Speaker #2
Je suis tout à fait d'accord avec tout ce que tu viens de dire. Et moi, je dirais que je vais appuyer sur l'avant-dernier point qui était de dire qu'il faut qu'effectivement, les entreprises aient des systèmes pour savoir comment ils sont au niveau de diversité. Parce qu'effectivement, on a un peu... On peut parler beaucoup, longtemps, etc. Mais je pense qu'il y a beaucoup d'entreprises qui ne se rendent même pas compte, en fait, qu'ils ne sont pas du tout au rendez-vous.
- Speaker #1
Et pour moi, c'est ça le problème.
- Speaker #2
Exactement, c'est un vrai problème. Mais maintenant, je sais qu'il y a des outils avec de la tech qui sont en train d'être créés au niveau RH, justement pour avoir une visibilité, un espèce de tableau de bord qui permettrait d'avoir des informations. De ce que j'ai pu voir, c'est plus sur des sujets de parité qui n'englobent pas.
- Speaker #1
Je ne suis pas sûre.
- Speaker #2
Tu penses qu'aujourd'hui, il y a des outils qui permettent d'aller plus en profondeur au-delà de la parité ? Parce que la parité, c'est plus facile, c'est plus évident.
- Speaker #1
Parce qu'on en parle aussi plus.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
Là, il y a plein de données qui disent à niveau égal, ça n'a l'air pas égal. Et ça, pour le coup, ça vaut pour toutes les entreprises. Donc, en fait, ça parle à tout le monde et les gens font des efforts. Par contre, effectivement, encore une fois, comme la notion de quota est politiquement incorrecte en France, on n'en parle pas autant.
- Speaker #2
Mais moi, je suis pour. En fait, moi, je suis pour. Et je pense que ça, c'est un outil. En fait, malgré, je pense que ce n'est pas le meilleur outil qui soit. Il aurait fallu qu'on soit plus intelligent. Mais en tout cas, ça pousse les gens vraiment à se rendre compte d'une réalité.
- Speaker #0
Parce que je suis OK quand tu dis qu'il faut la bonne personne pour le bon poste.
- Speaker #2
Oui. Ça,
- Speaker #0
je suis totalement d'accord avec toi. Sauf que, étant donné qu'à la tête de ces grosses boîtes, c'est des hommes blancs de plus de 60 ans, je vais faire une grave généralité,
- Speaker #2
une grave généralité,
- Speaker #0
ça ne bouge pas. Et finalement, vu qu'ils ne le voient même pas, en fait. problème ou ce besoin de diversité, les choses ne bougent pas. Alors que si on mettait en place des quotas, alors bien sûr, pour avoir la bonne personne au bon poste, mais avec la bonne couleur de peau aussi, la bonne couleur de peau, je me comprends, mais je pense qu'à un moment, il faut passer par du quota pour que les choses bougent pour de vrai, en fait.
- Speaker #1
C'est ça mon propos. Ça peut être une solution. Ça peut être une solution. Maintenant, pour que ce soit mis en place en France, bonjour. Et juste pour repartir sur le mec de 60 ans blanc qui dirige sa boîte, je viendrais quand même,
- Speaker #2
tu vois,
- Speaker #1
nuancer. Parce qu'il y a beaucoup de startups aujourd'hui où, tu vois, il n'y a que des blancs dedans. Et les startups, elles ne sont pas menées par des blancs qui ont 60 ans. Donc, ça peut être des personnes qui vont évidemment être blanches, mais qui peuvent aussi être jeunes.
- Speaker #2
Mais c'est pire. Ça veut dire qu'en fait, non mais...
- Speaker #1
Je suis nabée.
- Speaker #2
Ça veut dire qu'aujourd'hui, en 2025, on peut avoir à la tête d'entreprise des jeunes, donc trentenaires, quarantaines, qui ne sont pas du tout ouverts à ces sujets de diversité.
- Speaker #1
Ce n'est pas qu'ils ne sont pas ouverts, mais c'est qu'ils ne vont pas se poser la question. Ils ne vont pas s'en rendre compte.
- Speaker #2
Mais pour moi, c'est une ouverture d'esprit, ça. Je reprends le mot ouvert, parce que pour moi, c'est une ouverture d'esprit.
- Speaker #0
Quand l'éducation a dit qu'ils ne se rendent pas compte, mais vraiment, ce n'est même pas un sujet qui se pose. Moi, j'ai été dans des boîtes où, quand tu vois, je suis dans le métier de la communication. Et en fait, quand tu poses le sujet sur ta pub, sur une pub pour tout un trimestre, il n'y a que des personnes blanches sur les pubs, mais en fait, ils ne le voient même pas. Ils ne se rendent même pas compte. Ah bon ?
- Speaker #1
Ah oui ?
- Speaker #0
Ah ok.
- Speaker #1
Bah oui.
- Speaker #0
En fait, ça n'a choqué personne en fait. Mais en fait, ils ne se posent même pas la question.
- Speaker #1
Mais dans les voix dans lesquelles tu as été du coup en communication, c'était des voix où tu étais la seule... Oui,
- Speaker #0
j'étais la seule noire.
- Speaker #2
tu vois c'est en ça que je dis que c'est pas forcément tu vois qu'ils sont racistes ou quoi c'est vraiment c'est effectivement c'est le ah oui je suis d'accord avec toi c'est pas je pense pas que ce soit forcément volontaire mais je pense aussi que et après on arrêtera ce sujet là mais je pense aussi que quand tu es à la tête d'une entreprise tu as des devoirs notamment celui de t'intéresser au monde de t'ouvrir sur ton marché de regarder qui sont tes clients parce que bien souvent les clients par contre à... Ils sont diversifiés, notamment par la couleur. Bon, bref. Donc, je pense que... Tu vois, c'est ça, moi, qui me manque. C'est cette recherche d'ouverture.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #2
Tu vois ? Et je trouve ça vraiment trop dommage. Mais bon.
- Speaker #0
Ouais. Quel est ton rapport à l'argent, Laetitia ? Ouais, il n'y a pas d'entre-deux. On n'en voit pas direct.
- Speaker #1
Je suis en transition. C'est ça. Alors, mon rapport à l'argent, c'est une question qui est très large. Qu'est-ce que tu...
- Speaker #0
Ton rapport à l'argent, oui, pardon. Ton rapport à l'argent, depuis que tu as créé ta boîte, comment il a évolué ?
- Speaker #1
Écoute, moi, je suis plutôt une personne assez économe. D'où le truc de la sécurité et tout ça. C'est vraiment dans qui je suis. Pour moi, faire des concessions, ça ne me coûte vraiment pas grand-chose. depuis que j'ai ma boîte, ça a accentué ce truc-là. D'accord. Parce que, alors oui et non, disons que quand tu as ta boîte, tu dois investir dans des outils, ça coûte cher, ça coûte très cher, très vite. Et des fois, pour un niveau de service, pas ouf. Mais bon, du coup, tu dois investir de l'argent. Donc, tu te dis, bon, ok, j'ai besoin de ça pour performer. Du coup, tu étudies, tu fais ton benchmark, et tu dis, ok, est-ce que j'ai vraiment besoin ? Oui, non, ok, oui, j'ai besoin, je vais vers qui ? Donc, évidemment, la solution... La meilleure, la moins chère. Je ne vous aurais pas dit ça,
- Speaker #0
mais vas-y. Oui, oui,
- Speaker #1
tu es obligé de créer les comptes. Tu es obligé. Comme on disait tout à l'heure, la diversité, les gens qui créent leur boîte, c'est aussi souvent des fils d'eux ou des personnes qui ont de l'argent. Ce n'est pas pour rien. Parce que quand tu veux développer une prestation ou une solution, tu dois avoir ton parachute. Et dans les podcasts que je fais, les podcasts audio d'entrepreneurs, Ils le disent tous. Il y en a un, je ne vais pas faire ma propre promo, mais...
- Speaker #0
Il n'y a pas de problème.
- Speaker #1
Écoute, il y a un épisode où on a bien parlé de ça, justement, avec Benjamin, qui est un CEO d'une entreprise qui a vraiment fleuri, qui a été rachetée par Crédit Agricole, en fait. Donc, voilà, c'est quelqu'un qui a un très beau parcours. Et je lui ai posé cette question, je lui ai dit, est-ce que l'entrepreneuriat est ouvert à tous ? Il m'a répondu non.
- Speaker #2
Oui, je l'ai écouté ce matin. C'est vrai ?
- Speaker #1
Alors, qu'est-ce que tu en as pensé ? Parce que moi, il m'a ouvert, en fait.
- Speaker #2
En fait, il y avait déjà ce sujet que j'avais déjà entendu ailleurs. Je crois que sur LinkedIn, j'avais vu un post où quelqu'un s'était exprimé dessus. Et ça m'avait fait réfléchir parce que, moi, spontanément, ma réponse, c'est que oui. Et après, je me dis non, parce que c'est vrai que ce n'est pas une histoire de compétence. Ce n'est pas une histoire de... de talent, ce n'est pas une histoire d'expérience, c'est une histoire avant tout d'état d'esprit. Donc voilà. Donc aujourd'hui, je suis toujours en réflexion. Mais j'ai trouvé ça intéressant qu'il réponde ça, parce que c'est vrai que la plupart du temps, on dit... Oui, c'est accessible par tous. Et puis, on se dit bon,
- Speaker #0
c'est plus politiquement correct. Oui,
- Speaker #2
voilà, exactement.
- Speaker #1
J'ai apprécié son honnêteté.
- Speaker #2
Tout à fait. C'est la manière dont il l'a dit, c'était assez étonnant.
- Speaker #1
Il a juste dit non.
- Speaker #2
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Et après, il a expliqué pourquoi. Et finalement, je suis assez d'accord avec lui. C'est que si tu n'as pas le parachute, lui, on parle d'un mec qui crée des solutions, il crée des applications. Ce n'est pas une prestation de recrutement comme moi où effectivement, il n'y a que ma compétence qui prévaut. Mais là, lui, il te dit pour créer une boîte qui va grandir, qui va grossir avec de la tech, tu es obligé d'avoir des fonds. Donc, tu vois, mon rapport à l'argent, il est celui-là. C'est-à-dire que, un, on fait avec ce qu'on a. Deux, quand on fait avec ce qu'on a, on a peut-être plus la conscience du risque. Et moi, quand je prends un outil, j'essaie vraiment de trouver le meilleur au moindre coût ou en tout cas au coût minimal parce que ça coûte quand même toujours très cher. Et après, dans ma gestion globalement de la boîte, c'est de se dire, voilà, quel risque je suis. en capacité de prendre pour faire en sorte déjà que la boîte ne tombe pas, c'est-à-dire pas investir tout et puis après se dire « ah bon, c'est mort » , ni que ça vienne empiéter sur ma vie privée. Ça, c'est hors de question. Dans ma gestion de mon argent, je me dis toujours « voilà, quel est le risque ? » Je le prends, je ne le prends pas.
- Speaker #0
À partir de combien de temps tu as pu te payer ?
- Speaker #1
Je me suis payée. Alors du coup, comme beaucoup qui se sont lancés ont bénéficié du Pôle emploi. voilà donc j'ai profité de cette période là évidemment pour construire et finalement j'ai dû me payer au bout d'un an je dirais sur ma boîte donc ça va je suis pas à plaindre ouais et aujourd'hui tu touches plus que ce que tu touches et on salle au salariat oui ok
- Speaker #2
donc ça c'est positif mais c'est la vente je l'entreprends pas ça comme avant avant c'est très bien dommage voilà on va parler talent ouais on va parler talent tu es censée repérer les talents des autres en tant que recruteuse est-ce que tu connais tes talents ?
- Speaker #1
et bien figure-toi j'attends vraiment à pic que je fasse ce podcast avec vous parce que déjà vos questions sont top je tiens à le dire et en plus c'est pertinent par rapport à mon cheminement actuel puisque c'est une question que je me pose en ce moment je pense que c'est important de se remettre en question surtout quand on est indépendant et de toute façon je me remets en question dans ma vie de tous les jours je pense que ça permet de grandir et d'avancer donc là c'est ma question et je t'avoue que je me la suis posée ça fait une semaine où je me dis il serait bien que tu te poses sur quels sont tes talents je pense après c'est toujours difficile de parler de soi je pense que mon talent déjà ça va être en tout cas je suis bonne dans le relationnel dans la capacité à fédérer les gens Oui. et à les faire évoluer, tu vois, que ce soit autour d'un projet ou autour d'un sujet. Tu vois, dans ma vie RH, j'ai connu des situations qui ne sont pas toujours tip top. Tu vois, dire au revoir à quelqu'un, faire comprendre à la personne que si elle continue, elle va avoir un avertissement. Moi, je déteste ça. Je suis trop positive pour ça. Mais en même temps, il faut faire le job et le job, il faut savoir le faire, même quand ce n'est pas dans ton naturel. Donc, évidemment, ça passe par ne rien montrer. Mais tu as aussi eu un moment où j'ai intégré une boîte qui était en train de couler et on ne me l'avait pas dit. Donc, je prends le job. Ok. Un grand classique. Et je me suis dit, alors c'est sûr que je n'allais pas me projeter durablement dans cette entreprise-là si la situation n'allait pas se rétablisser. Mais mon credo, ça a été de comment je vais faire. pour faire en sorte que ces gens qui sont là, eux, depuis longtemps, retrouvent un peu la banane. Parce que tout le monde faisait la gueule, en fait. Tous les matins, tu arrivais, c'était la nuit. Tu vois, il y avait un nuage courageux.
- Speaker #2
Ça a été super dur à vivre, ça.
- Speaker #1
Moi, j'ai besoin que ça se passe autrement. Comment je fais ? Et donc, finalement, j'ai des contacts avec pas mal de personnes qui ont connu cette entreprise-là. Et en fait, aujourd'hui, ce sont des potes. Et ils me disent, voilà, en fait, quand tu étais là, c'était cool. Et pour moi, ça y est, j'ai gagné. Et je pense que ça, ça fait partie aussi de ce que je peux donner. C'est que je suis authentique et je me donne vraiment. Je ne joue pas de rôle. Je déteste ça. Du coup,
- Speaker #0
de quelle manière tu impactes les autres ?
- Speaker #1
Genre, c'est trop rien.
- Speaker #2
On ne t'a jamais fait de feedback ou tu n'as jamais fait de feedback à 360 ?
- Speaker #1
Alors, si, mais je pense que ça va un peu de pair avec ce que je disais avant. Je pense que quand on est sincère et qu'on se donne vraiment, tu vois dans ouais Dans ce qu'on fait, que ce soit du boulot, une passion, peu importe, les gens te le rendent. Et je me dis que l'impact que je vais avoir, c'est déjà savoir de quoi je parle, sinon tu n'as pas d'impact. Et puis après, c'est de savoir comment tu arrives à embarquer les gens. Je ne sais pas comment faire. Je pense que ça peut ne pas marcher avec plein de gens aussi. Mais en tout cas, moi, c'est en étant naturelle.
- Speaker #2
Ok. Qu'est-ce qu'il y a dans ta personnalité que tu trouves particulièrement différente ? C'est en cours.
- Speaker #1
Je me suis jamais posé la question. Des différents ? Peut-être ce truc d'unique. Ça me met encore plus la presse. Non, je ne sais pas. Je pense justement peut-être avoir un regard peut-être un peu neuf à chaque fois. Toi, je n'ai pas de télé chez moi. J'ai mon vidéoprojecteur, je diffuse ce que je veux, je montre à mes enfants ce que je veux et je pense que je prends que des bonnes vagues tout le temps. Et tu vois, ce truc aussi peut-être d'être aussi dans la musique, ça m'aide beaucoup. Alors on y arrive. Alors oui,
- Speaker #2
on y arrive. Parle-nous de ton...
- Speaker #1
De ma deuxième vie.
- Speaker #2
De ta deuxième vie.
- Speaker #1
Alors en fait, j'ai toujours voulu chanter. Donc moi, je suis chanteuse, plutôt semi-pro aujourd'hui. J'ai fait des choses assez différentes pour le coup. Je pense que ça, c'est peut-être ce qui peut me différencier par rapport à quelqu'un qui focus tout sur son activité qui lui permet de manger. Moi, je suis chanteuse lyrique, en fait, à la base. Et je me suis, je suis de formation lyrique en tout cas, et je me suis un peu perdue dans le gospel pendant 5-6 ans. J'ai fait des tournées dans le gospel partout dans tous les années de France, avec un groupe qui s'appelle Gospel pour son voix et qui tourne encore très bien, je pense. et qui s'est exportée.
- Speaker #2
En plus de ton activité professionnelle ?
- Speaker #1
Oui, j'étais déjà, je bossais déjà en RH. Donc, j'ai toujours eu de la chance d'avoir quand même des personnes qui m'ont accepté des congés. OK. Ou que, tu vois, j'arrangeais mon temps pour pouvoir faire mes tournées puisque c'était souvent...
- Speaker #2
En même temps, vous faisiez des congés à une RH, c'est compliqué. Non !
- Speaker #1
Pas du tout. OK. Et en plus, t'as tout le truc de « Ah, comme je suis RH, il ne faut pas que j'aime plus que congés. » Voilà. au revoir Mais là, le fait que les gens aient respecté cette activité-là, ça m'a permis de m'arranger pour pouvoir m'absenter des vendredis ou des lundis et faire mes concerts le week-end. Donc, oui, j'ai fait une formation gospel et là, j'ai arrêté quand j'ai eu mon fils. OK. Donc, il va avoir 10 ans à Noël. Et j'ai repris il y a très peu de temps dans le classique. Je suis retournée à mes premières amours du classique. Et là, je suis partie d'une formation au sein d'Air France qui a un cœur d'entreprise incroyable. Je suis rentrée comme ça.
- Speaker #0
On m'a pistonné.
- Speaker #1
Comment pistonné ? La question est toujours, mais pourquoi à France ? Je ne travaille pas chez Air France. On m'a pistonné là-bas. Je ne savais pas qu'il y avait des chœurs. Moi non plus, je ne savais pas. C'est un chœur d'entreprise. Il y a beaucoup d'entreprises qui ont ça, des grosses boîtes en général, qui ont l'argent pour payer des chanteurs ou des artistes. Et ils ont ça. Et c'est super parce que c'est une vraie formation professionnelle. Et du coup, on fait pas mal de concerts avec cette formation-là. Et si je dois apprendre à me vendre moi aussi, parce que ce n'est pas facile, là maintenant, je suis la soliste du cœur d'Air France.
- Speaker #2
Si séduire était une compétence stratégique, ça donnerait quoi pour toi, Laetitia ?
- Speaker #1
Alors, séduire, c'est souvent vu négativement, alors que je pense effectivement que ça peut être un point positif. Donc, tout dépend après de ce qu'on met dedans. Mais on va dire professionnellement, une séduction pro, oui, parce que le recrutement, c'est aussi parler de soi, c'est parler de ses compétences. Et même si on n'est pas dans un rapport de séduction purement charnelle, on se doit quand même de se dire, ben voilà, je suis là aussi pour me vendre et pour se vendre. il faut quand même y mettre une petite dose de... séduction qu'on ne met pas forcément au quotidien quand on est dans la rue, en fait, tout simplement.
- Speaker #2
Et pour toi, comment, quelles seraient les étapes en fait pour que les hommes et les femmes se sentent plus à l'aise pour passer un entretien alors que ce soit le RH en face ou le candidat pour se dire, c'est complètement ok, je peux mettre ma petite touche séduction. Quelles seraient les étapes en fait pour...
- Speaker #1
Je ne sais pas s'il y a des étapes. Déjà, je pense que la première étape, c'est d'être confort avec ça. Il y a des personnes qui sont très mal à l'aise à l'idée de faire un entretien et de se vendre. Donc, si c'est pour faire des trucs trop bizarres, non merci. Après, concernant le RH en face ou en tout cas la personne qui va recruter. Elle, elle est moins dans cette notion-là et je pense que c'est un peu dommage parce que souvent, quand c'est toi qui recrutes, tu te dis, c'est la personne qui veut tenir.
- Speaker #2
Exactement. Alors,
- Speaker #1
en fait, toi aussi, tu cherches et finalement, tu dois aussi vendre ton entreprise. Et je pense que cette notion-là de se dire qu'il faut aussi que je plaise peut être intéressante pour avoir une relation déjà d'égal à égal. Donc, je me dis, voilà, le manager aussi devrait se mettre en condition pour se dire, la personne en face, son CV me plaît. qu'est-ce que je fais pour faire en sorte que la personne me dise oui en fait à la fin de l'entretien.
- Speaker #2
Complètement.
- Speaker #1
Après, habite-toi bien et puis tout va bien se passer.
- Speaker #2
Super, top.
- Speaker #0
Laetitia, c'est quoi l'ambition avec Fox Group ?
- Speaker #1
Alors l'ambition avec Fox Group, c'est évidemment en tant qu'entrepreneur de faire grandir la boîte. Donc gagner en rentabilité, c'est toujours le sujet. Donc on a été rentable assez vite pour le coup, donc ça c'est cool. Mais on a connu le Covid, on a connu le post-Covid, on est encore dans le post-Covid, donc c'est... pas facile quand on fait du recrutement et même pour les entreprises en fait. Tout le monde est frileux, donc ce n'est pas forcément évident. On s'en sort plutôt bien, je n'ai pas à me plaindre, mais évidemment retourner sur une phase de croissance comme on a pu connaître juste après le Covid, ça aurait été parfait, on était sur le plan d'emploi, c'était génial. Donc faire grandir la boîte, faire en sorte que toutes mes antennes fonctionnent aussi parce que là, il y en a 2-3 qui fonctionnent bien sur les 6, donc vraiment bien et les autres, ça commence tout juste. faire grandir l'activité, faire grandir le dynamisme. Et puis, si je dois parler de moi, parce que vous m'avez challengée au téléphone. Ça m'a permis de réfléchir aussi. Moi, je pense que mon ambition perso, c'est de me dire que dans 20 ans ou même avant, si c'est avant, que je peux être en vacances tous les jours, en fait.
- Speaker #0
C'est-à-dire en vacances tous les jours ?
- Speaker #2
Donc, en entière ?
- Speaker #1
Comment ?
- Speaker #2
Rentière, du coup.
- Speaker #1
Attendez,
- Speaker #0
pardon. Gros cliché, les rentières ne sont pas en vacances tous les jours.
- Speaker #2
Ce n'est pas ce que j'ai vu sur Instagram.
- Speaker #1
Il ment totalement.
- Speaker #0
Vas-y.
- Speaker #1
Écoute, c'est idéalement de me dire qu'avec mon entreprise, je n'ai plus besoin de bosser parce que mes équipes tournent. Tu vois que j'ai mis en place tous les bons talents, beaux endroits, de toutes les couleurs, de toutes les provenances que tu as, n'est-ce pas ? Et que ma boîte tourne si bien que... Moi, je n'ai rien à faire. Et que je peux aller à Malte tous les jours de ma vie ou faire le tour du monde, il n'y a aucun problème.
- Speaker #2
Mais va te gonder à Malte ?
- Speaker #1
Non, j'aimerais trop. C'est le projet. Non, mais tu vois, vraiment, pour moi, l'accomplissement professionnel, c'est celui de se dire que quand tu vas regarder en arrière, que tu es fière de ce que tu as fait, tu vois, et que ça ait échoué ou pas, en fait, d'ailleurs, peu importe, mais que tu sois fière de toi, tu vois, d'avoir fait ça. Moi, aujourd'hui, je suis fière de mes neuf années d'entrepreneuriat. Je ne sais pas combien de temps ça va durer. Je ne fais aucun plan sur la comète, ce n'est pas du tout mon genre. Mais plutôt de se dire, moi, je vis la vibe, je suis mon intuition. Et peu importe où elle va me mener, mais que dans 20 ans, je me dise, je suis fière de ce que j'ai fait et je peux être en vacances tous les jours.
- Speaker #0
Mais du coup, si tu suis la vibe, ça veut dire que tu n'as zéro plan pour dans 20 ans, être en vacances tous les jours.
- Speaker #1
Franchement, avec ma boîte, j'essaie de mettre en place les jalons pour. Mais je n'ai déjà aucune garantie. Donc, tu vois, je ne suis pas...
- Speaker #0
Peu importe, mais toi, tu as quand même le plan pour pouvoir y aller.
- Speaker #1
Oui, en tout cas, j'espère. Mais si ça ne tenait qu'à moi, tu vois, j'y serais déjà. Mais la vie fait que t'as le Covid, t'as le machin et voilà. Je ne vends pas du rêve, moi. Ok. J'essaie de les accomplir.
- Speaker #2
Que penses-tu d'utiliser ton pouvoir de séduction au service de ta carrière ou business ? Tu as déjà un peu répondu, mais je te laisse encore compléter ta réponse.
- Speaker #1
Écoute, si j'ai les compétences et que la séduction me permet d'y arriver, go !
- Speaker #0
Penses-tu être une femme de pouvoir ?
- Speaker #1
Waouh ! Alors ça dépend ce qu'on met dans le pouvoir Je n'ai pas l'influence pour Maintenant je sais ce que je veux Je sais ce que je vaux Et je sais où je vais
- Speaker #2
Donc tu es une femme de pouvoir ou pas ?
- Speaker #1
Si le pouvoir c'est ça oui Ah t'arrives pas
- Speaker #2
J'ai hâte d'en poser la question d'une autre manière Merci. Alors, qu'est-ce que tu assumes aujourd'hui que tu planquais soigneusement il y a cinq ans ?
- Speaker #1
Eh bien, la musique. Ça, je l'ai planqué jusqu'à il y a très peu de temps, en fait. Et je me suis dit que finalement, on n'était que un. Tu vois, on parle souvent de vie pro, vie perso. Et j'ai pris le parti de me dire que je comprends et que c'est normal, mais je le vois plus comme étant une organisation. Tu vois, là, ces heures-là, c'est pour le boulot. Ces heures-là, c'est pour ma famille. Ces heures-là, c'est pour la musique. Mais finalement, je ne suis qu'une personne et m'assumer dans mon intégralité, c'est très, très récent. Donc, voilà.
- Speaker #2
Mais déjà, félicitations pour ça.
- Speaker #0
Laetitia, c'est quoi la chose la plus chère, matérielle ou non, que tu souhaites t'offrir ?
- Speaker #1
Alors, je l'ai déjà, c'est l'amour. Voilà, je pense que c'est ça la réponse.
- Speaker #2
On est en 2030. T'es arrivée là où tu voulais arriver. À quoi ressemble ta vie ? Décris-nous une image que tu pourrais avoir en 2030, avec la teinte de tous tes objectifs.
- Speaker #1
Une grande maison, dans un quartier chic, avec des enfants épanouis. Et avec... avec suffisamment de thunes pour me dire que, peu importe ce qui se passe, je peux gérer.
- Speaker #0
C'est quoi suffisamment de thunes ?
- Speaker #1
Aucune idée.
- Speaker #0
Oh là là ! On va s'appeler après, il faut qu'on règle ça.
- Speaker #1
J'ai besoin d'un coaching, tu vois.
- Speaker #0
Non, je t'embête.
- Speaker #2
Tu n'as aucune idée d'une somme qui te ferait vibrer pour 2030 ?
- Speaker #1
Je suis désolée,
- Speaker #2
j'ai fait d'insister dans cette question. Le million. OK.
- Speaker #1
Pour moi, pas pour ma boîte, le million. OK,
- Speaker #2
pour toi. Par mois ou par an ? Ou par trimestre ?
- Speaker #1
Oh là là, mais les financières !
- Speaker #0
Oh, t'embêtes ! Laetitia, avec tout ce qu'on a entendu, est-ce qu'on peut dire que t'es badass ?
- Speaker #1
Yes, call me badass !
- Speaker #2
Merci beaucoup Laetitia pour cette interview !
- Speaker #1
Merci à vous ! À bientôt !
- Speaker #0
Ouais,
- Speaker #1
vous donne rendez-vous Paris !
- Speaker #2
Merci Laetitia pour cette interview, c'était vraiment génial !
- Speaker #0
Et nous, on vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel épisode de Call Me Badass. En attendant, rendez-vous sur Instagram. Des bisous !
- Speaker #1
Merci !
- Speaker #0
Eh bien les filles, un grand merci d'avoir écouté Call Me Badass. Si vous aussi, vous avez l'âme d'une badass, laissez-nous 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute afin que notre vision du monde soit largement répandue. Rejoignez-nous chaque semaine pour être inspirée, motivée, encouragée par ces histoires. authentique de courage et de résilience. Que vous cherchiez à atteindre vos propres objectifs, à surmonter des difficultés ou plus largement à vous épanouir dans toutes les sphères de votre vie, Connie Badass est tout simplement là pour vous rappeler que vous aussi, vous êtes badass !