- Speaker #0
Bienvenue dans le podcast Call Me Badass. Ici, nous mettons en lumière des femmes extraordinaires qui aspirent à une vie meilleure. Elles sont de véritables modèles de réussite grâce à leur parcours de vie. Chaque épisode de Call Me Badass vous plongera dans l'histoire de femmes audacieuses qui ont surmonté des obstacles, transformé leur échec en opportunité et embrassé le processus d'apprentissage pour devenir les meilleures versions d'elles-mêmes, des badass quoi. A tout de suite. Bienvenue sur le podcast Call Me Badass. Bonjour ma chatte.
- Speaker #1
Salut.
- Speaker #0
T'es toute excitée là aujourd'hui.
- Speaker #1
Je suis trop contente.
- Speaker #0
Bonjour Claudine.
- Speaker #2
Salut Claudine. Bienvenue. Merci.
- Speaker #1
Merci à toi d'être là. Oui, je suis trop contente de ce qu'on va parler aujourd'hui. Je pense que c'est important de mettre les projets comme les tiens en avant. J'en dis pas plus, je vais te présenter toute seule et on rentrera dans les détails. Mais voilà, vas-y Prisca.
- Speaker #0
Mais avant. de te présenter, Claudine. Est-ce que tu peux nous partager quels sont les rôles modèles féminins qui t'inspirent ?
- Speaker #2
Alors, en fait, j'en ai trois. Vas-y. Voilà, j'en ai beaucoup, mais il y en a trois vraiment qui m'ont marquée. Alors, la première, j'ai connu son existence il n'y a pas longtemps. Elle s'appelle Yaa Asantema. C'est une reine de l'Empire Ashanti. D'accord. Voilà, l'ancien Ghana. Et en fait, à un moment donné, l'Empire Ashanti a été attaqué par l'Empire britannique. Et face à l'hésitation des chefs, en fait, elle a appelé les femmes à se soulever. a résisté. Elle a, à un moment donné, donc ils ont encerclé un fort. Donc c'est une figure de résistance contre le colonialisme, contre les agressions en Afrique, en fait. Et elle a fini donc exilée et elle est morte là-bas au Seychelles. Mais c'est une femme qui a marqué son histoire parce qu'elle s'est soulevée, elle a emmené des femmes avec elle. justement pour défendre son pays. Ok. Donc voilà, c'est la première. Ok. La deuxième qui m'a beaucoup marquée, on ne parle pas beaucoup d'elle, mais c'est Paulette Nardal. Ah oui. Voilà, c'est une martiniquaise. On connaît. Voilà, et c'est la première femme noire à avoir étudié à la Sorbonne. Oui. Voilà. Et j'ai découvert son existence il y a quelques années, en fait, parce que j'avais acheté à mes enfants... un bouquin sur les femmes noires et je me suis dit mais mince mais pourquoi on ne parle pas d'elle en fait ?
- Speaker #1
Mais tellement c'est clair !
- Speaker #2
Et tout le monde dit qu'Aimée Césaire c'est le père de la négritude et pour moi... Et ben non ! Pour moi elle c'est la mère de la négritude !
- Speaker #1
C'est Poulette Nardal et ses sœurs !
- Speaker #2
Voilà c'est ça ! Et c'est elles qui ont lancé, et d'ailleurs Aimée Césaire le reconnaît lui-même, elle dit oui qu'effectivement c'est au cours d'une discussion littéraire organisée par les sœurs Nardal. que le concept finalement est né, qu'il a pris cette ampleur qu'on lui connaît. Et c'est une femme en fait très curieuse, une intellectuelle qui s'intéressait à beaucoup de choses. C'était une journaliste, une écrivaine. Et quand elle est rentrée en Martinique, peu après qu'on ait octroyé aux femmes le droit de vote, elle a créé un mouvement pour inciter les femmes à se prendre en main, à voter. Et elle a marqué en quelque sorte l'histoire des femmes. Bien sûr. Donc, c'est un personnage très fort qui a d'ailleurs été mis en valeur lors des Jeux olympiques. Puisque une des statuettes de femmes, c'était, voilà, parmi ces statuettes, il y avait Paulette Nardal. Donc, ça, c'est une femme qui m'a beaucoup marquée.
- Speaker #1
Et d'ailleurs, dans le film, alors désolé pour ceux qui ne l'ont pas encore vu, spoiler, le dernier film qui est sorti, Le Grand Déplacement, En fait, ils vont sur une planète qui s'appelle Nardal. Tu étais le voir,
- Speaker #0
toi ?
- Speaker #1
Oui, j'étais le voir. Mon amoureux m'a emmené. Enfin bref. Et en fait, c'est une équipe de...
- Speaker #2
Comment on appelle ça,
- Speaker #1
pardon ? Les gens qui vont dans l'espace. Une équipe de cosmonautes panafricaines qui va dans l'espace sur une nouvelle planète, Nardale.
- Speaker #0
Ah oui, c'est le film science-fiction afro-descendant. C'est ça,
- Speaker #1
et c'est en référence à Paulette Nardale.
- Speaker #0
Ah, je ne savais pas que tu me l'as donné envie, parce que moi je ne suis pas très branchée science-fiction, mais là tu m'as donné envie d'aller le voir.
- Speaker #1
Ah ben oui, il faut y aller, vraiment. Et la troisième, pardon Claudine.
- Speaker #2
Et la troisième, en fait, c'est Christiane Taubira. Ah, voilà. Moi, je trouve cette femme extraordinaire. Elle a marqué vraiment la société française, puisqu'elle a porté quand même des lois qui ont profondément marqué et modifié la société française. Il y a le mariage pour tous. Elle a élargi en quelque sorte le champ des égalités entre les hommes et les femmes, donné plus de liberté à certaines familles de se constituer, donné une existence socialiste. à certaines familles. Et puis elle a œuvré aussi pour la reconnaissance de l'esclavage, la traite contre l'humanité. Donc ça, c'est super important. Elle a sorti aussi des lois sur tout ce qui est milieu carcéral, des alternatives, notamment à la prison. Et elle s'est beaucoup illustrée, en fait, lors des débats parlementaires, parce qu'elle a cristallisé la haine, parfois, des attaques. que sexiste, raciste. Ça n'a pas été facile pour elle. Et à chaque fois, elle répondait avec des joutes verbales, mais d'anthologie. Elle répondait par sa culture, par sa... poésie et à chaque fois elle me scotia, je me disais mais quelle culture, franchement elle m'a marquée, au-delà du personnage politique mais c'est la femme de l'être et de culture que j'admire en fait, avec une force incroyable je la trouve tellement brillante et puis elle a une vivacité d'esprit, voilà elle a une culture immense et puis à chaque fois, je pense qu'elle faisait sourire ou à chaque fois qu'elle prenait la parole dans l'hémicycle, je pense que tout le monde attendait son intervention Oui. Parce qu'il y avait des points d'humour, il y avait beaucoup d'esprit, beaucoup de grâce et d'élégance dans ses propos.
- Speaker #0
Elle est excellente, il n'y a pas d'autre mot. Pour moi, elle est... C'est dingue, il n'y a rien à dire.
- Speaker #2
Il n'y a pas de post-it. Et c'est vrai que ça a été compliqué pour elle, parce que femme, noire, dans un monde assez masculin.
- Speaker #0
Et je trouve qu'elle a ouvert la voie pour les femmes. Oui, totalement. Au-delà de la politique, je pense qu'elle a envoyé un message très fort.
- Speaker #1
Claudine, que t'évoques le mot badass ? On l'entend beaucoup sur la toile, de plus en plus.
- Speaker #2
Oui, badass. En fait, pour moi, une badass, c'est une femme qui ose. Elle est audacieuse et puis elle sort de sa zone de confort et elle se respecte aussi par ses choix. Elle se met en premier. Ça, c'est important. Elle se choisit. Parce que dans nos sociétés, surtout quand on est mère, on a tendance un peu à se sacrifier. Alors que pour moi, c'est un mauvais signal pour les enfants. Totalement. Il faut mettre les limites et puis s'interroger sur ce qu'on souhaite, ce qu'on veut et aller jusqu'au bout. Pour moi, une badass, c'est ça. C'est une femme qui ose et qui se respecte en prenant des choix aussi pour elle. Pas seulement pour les autres. Oui, donc Claudine Louis-Marie Fagour, je suis présidente d'une association qui accompagne les femmes qui ont un cancer, donc tout type de cancer. D'accord. Et leur entourage, en fait, je suis à ma zone, donc ça veut dire que j'ai eu un cancer. Ok. Deux cancers. Et donc, il y a six ans, avec un groupe d'amis, de femmes, on a décidé de créer cette association à Paris. Donc, à l'époque, il y a déjà deux associations Amazon qui existaient.
- Speaker #0
Parce qu'elle fait partie d'une fédération,
- Speaker #2
c'est ça ? Oui, voilà, c'est ça, d'un réseau d'associations. Donc, la toute première association a été créée en 2017 par Alexandra Arnet. D'accord. Voilà, qui a eu un cancer, qui a été soignée à Nantes. Et puis, quand elle est rentrée en Martinique, elle s'est rendue compte quand même qu'il y avait une différence entre... au niveau des soins de support, entre ceux qu'on proposait dans l'Hexagone et puis ceux qui étaient proposés en Martinique. Donc, c'est comme ça que la première asso a été créée. Ensuite, il y a eu la Polynésie française. Après, donc en 2019, il y a eu la Guadeloupe et Paris. D'accord. Ensuite, la Réunion, la Guyane et depuis pas très longtemps, depuis l'année dernière, la Nouvelle-Calédonie. OK. Et on est organisé en fédération d'associations. Donc, on se voit une fois par mois. On échange sur tous les dispositifs qu'on met en place sur nos territoires. Il y a des actions communes, notamment le magazine.
- Speaker #1
Du coup, c'est le magazine pour la fédération d'associations,
- Speaker #2
pour toutes les associations. Oui, voilà, c'est ça. Il est écrit, en fait, par une équipe au niveau de la fédération. D'accord. Voilà, et puis il est distribué sur tous les territoires. Chaque année ? Chaque année. D'accord. Il sort au mois d'octobre. Et puis chaque année, il y a un territoire qui est mis en avant. Donc là, l'année dernière, c'était Paris avec Cynthia K, qui est notre cover girl. D'accord. Et puis bon, cette année, on changera. Donc, je ne dévoile pas tout de suite. Mais ce sera un territoire qui sera la une. et c'est un exemple important de dire qu'on est organisé en réseau avec la volonté de faire des choses ensemble, de grandir ensemble, de se structurer et puis aussi la fédération a un rôle central parce qu'elle a un rôle d'information, bien sûr, de soutien des associations, notamment dans, par exemple, la recherche de financement, mais pas que, dans la structuration aussi des associations et puis un rôle aussi de plaidoyer pour que les voix de toutes les femmes soient entendues. Quand on a connaissance, par exemple, d'une problématique qui... Parfois dépassent la condition des femmes qui ont un cancer, mais on porte ces problématiques-là au plus haut sommet de l'État. Et c'est comme ça qu'en 2023, la Fédération a siégé un comité de pilotage au ministère de la Santé. Ah super, par an ! Voilà, sur la réduction du délai pour accéder au parcours de soins. Parce qu'il faut compter à peu près 4 mois alors qu'ici, vous accédez au... Au protocole de soins en 15 jours, en mois.
- Speaker #1
Il faut compter 4 mois où ça ? Sur notre territoire ultramarin ?
- Speaker #2
En Guadeloupe-Martinique, dans le territoire ultramarin, et parfois dans certaines régions jusqu'à 6 mois. Ça dépend en fait du cancer. Bien sûr, quand il y a une urgence, les services se mobilisent pour que la personne rentre dans le parcours de soins rapidement. Mais les chiffres que je donne sont connus par les institutions, les autorités. Ils savent bien qu'il y a cette problématique-là. et qu'il faut y travailler. D'ailleurs, c'est pour ça qu'il y a eu un comité interministériel outre-mer, et notamment une mesure 25, qui traitait de ces problèmes de délai d'atteinte trop long pour accéder aux parcours de soins. Alors, le problème, c'est qu'il y a eu beaucoup de ministres. Donc, après 2023, c'est un peu tombé à l'eau, mais chaque territoire a développé des solutions locales. Et en Martinique, par exemple, ils ont créé ce qui s'appelle OncoFarm, une unité qui traite du cancer des femmes pour justement réduire ce délai d'attente. Donc avec les ARS, chaque territoire essaie de trouver des solutions pour faire en sorte que les personnes soient traitées dans des délais raisonnables. Puisque quatre mois, c'est clairement une perte de chance quand on est face à un cancer. Surtout quand on est jeune, c'est juste pas possible. Donc ça, c'est une démission de la fédération, vraiment démission de plaidoyer pour porter la parole de ces territoires.
- Speaker #1
Que tu peux nous donner la raison d'être des associations ultramarines avant de nous donner la particularité de Paris ?
- Speaker #2
Oui, alors en fait, ce que l'on voudrait, c'est devenir le premier réseau d'associations de patientes en Outre-mer. Et notre but, il y a des patientes, en fait, il y a des Amazones au sein de ces associations-là. Et le but, c'est d'accompagner les femmes dans leur parcours de soins en leur proposant des soins oncologiques de support, mais pas que chaque association développe des dispositifs qui répondent à des besoins qu'elles ont identifiés sur leur territoire. C'est vraiment l'accompagnement.
- Speaker #1
C'est quoi les soins oncologiques de support ? Tu peux nous donner un peu plus de détails. Oui.
- Speaker #2
En fait, les soins oncologiques de support, c'est des soins qui améliorent la qualité de vie durant le parcours de soins. Je vais vous donner un exemple simple. Par exemple, des soins qui sont procurés par une socio-esthéticienne. Quand on a perdu ses cheveux, comment on prend soin de son crâne ? Parce qu'il y a une façon d'hydrater, il y a des produits spécifiques à utiliser. Parfois, quand on a la chimiothérapie, il y a les ongles qui deviennent noirs. Donc, il est conseillé de mettre parfois un petit vernis, mais il ne faut pas prendre n'importe quel vernis. Donc, il y a des problèmes d'hydratation de la peau. Il y a aussi comment mieux manger avec des conseils en nutrition. Comment, après une chimio, alors qu'on est fatigué, que les globules sont bas, qu'est-ce qu'on peut manger pour aider notre corps à aller mieux ? Donc, c'est tout ça, les soins oncologiques de support. Avoir, par exemple, un entretien avec un oncopsychologue, c'est un psychologue qui a l'habitude, en fait, des problématiques liées au cancer. Je ne savais même pas que ça existait. Ça s'appelle oncopsychologue. Voilà, avoir un entretien avec lui ou participer à un groupe de parole. organisé par un psychologue.
- Speaker #0
Parce que si on revient à votre raison d'être, pourquoi les femmes ? Qu'est-ce que vous avez observé d'alarmant, en fait, au-delà du délai qui était plus long sur les territoires d'outre-mer que sur Paris pour une prise en charge sur les sujets de soins ? Qu'est-ce que vous avez remarqué qui a fait que vous vous êtes dit que vous allez créer des structures pour répondre à ces besoins ?
- Speaker #2
Déjà, on s'est rendu compte que ces femmes étaient un peu invisibilisées dans la société. Parce que même si on voit de plus en plus d'associations, voire le jour, ou même si des associations très anciennes comme la Ligue font déjà un travail, On a remarqué que les femmes... Et d'une façon générale, quand on a un cancer, on n'en parle pas. C'est hyper tabou. dans nos sociétés. Et la première association a été créée sur ce constat-là. D'ailleurs, je pense qu'Alexandra Arnet aura l'occasion de vous en parler un peu plus. Mais c'est ce que nous, on a constaté aussi dans tous les territoires et à Paris, c'est qu'on ne parle pas beaucoup. Quand on a un cancer, on n'en parle pas. Il y a un sentiment de honte, parfois de culpabilité. Qu'est-ce que je n'ai pas fait ? Pourtant, je mangeais bien. On a vu des gens qui avaient une bonne hygiène de vie, sportifs et tout, qui ont un cancer. Donc, les gens ont tendance à ne pas en parler. On s'est dit, quand on va dans un service d'oncologie, on voit quand même pas mal de monde. Où sont ces femmes ? Et la première action, ça a été une exposition. D'accord. Une exposition photo. Montrer ces femmes. et leur donner en fait le courage de parler, donner aussi de la force à ces femmes parfois qui luttent en silence dans le cadre familial, parce que justement elles n'osent pas en parler, elles ont peur d'être jugées. Moi-même à l'époque j'étais jeune quand j'ai eu le premier cancer, j'avais que 36 ans, et quand j'ai commencé à en parler que je voyais le... enfin Je ne sais pas, j'avais l'impression d'être déjà enterrée quand j'en parlais. Pourquoi ?
- Speaker #0
Quel était le regard ou quelles étaient les paroles que tu avais en retour de cette annonce ?
- Speaker #2
Un peu la pitié et puis du style « waouh, mais la pauvre, elle ne va pas s'en sortir » . La pitié, parfois la peur même. Les gens avaient peur, ils avaient peur pour moi ou ils ont peur eux-mêmes en se disant mais si elle a un cancer, peut-être que ça peut m'arriver parce que j'ai une hygiène de vie correcte. Et je me suis dit non, je ne vais plus en parler parce que je dois concentrer mes forces pour guérir et je n'ai pas envie. de rassurer un tel, un tel. Bon, ça ne s'est pas produit dans mon cercle familial, mais un cercle plus élargi. Voilà, ça s'est produit. Et je n'ai pas eu envie d'en parler parce que j'avais le sentiment que j'étais déjà presque morte. Alors que bon, des années après, je suis encore là.
- Speaker #1
Tu es super belle et super souriante.
- Speaker #0
Alors, du coup, ça m'interpelle ce que tu dis. quelle est la bonne attitude à avoir quand on a un proche qui nous annonce qu'il est atteint d'un cancer ?
- Speaker #2
En fait, déjà, l'écouter. Des fois, parfois, il n'y a rien à faire. C'est-à-dire, on rend visite à une amie, on s'assoit devant la télé et puis on regarde un film. Voilà, si on a envie de pleurer, on regarde un film triste ou bien un film qui fait rigoler. Voilà, ça, ça peut être super sympa. Je me rappelle que quand j'étais dans le parcours de soins, je regardais Desperate Hearts, Swipe, I'm a Fim. C'était notre petit film. petit moment girl. Rien que ça, ça me faisait du bien. J'avais une amie qui venait, elle s'est d'ailleurs rapprochée de moi. Elle venait, des fois, on faisait des balades en forêt. Parfois, on ne parlait pas. Juste, on profitait du moment présent. Et puis, on peut aussi demander à la personne de quoi elle a besoin. Il y a des personnes qui ne veulent surtout pas en parler. Il faut respecter. C'est dur pour la personne qui est en face de faire comme si de rien n'était. Et quand on est dans l'acceptation du choix de la personne, c'est important. On est à la juste place, on a la juste attitude et on peut rester le plus naturel possible.
- Speaker #1
Du coup, tu ne nous as pas donné la spécificité de l'association parisienne par rapport aux autres associations ultramarines.
- Speaker #2
Oui, tout à fait. Alors, en fait, à Paris, on accompagne les femmes qui ont un cancer et particulièrement celles qui viennent des Outre-mer, mais pas que. alors On a décrit ce phénomène. Au départ, le corps médical appelait ça évacuation sanitaire ou évacuation sanitaire sauvage. C'est quand la personne décide de partir. Elle n'attend pas l'avis du service médical, du médecin conseil. Elle décide de partir parce qu'elle a appelé tel ou tel établissement et qu'on lui donne rendez-vous dans 15 jours. Alors que sur place, elle doit attendre deux mois, trois mois.
- Speaker #1
Quand tu dis décide de partir, c'est décide de quitter la Guadeloupe ou la Martinique ou la Polynésie pour pouvoir se faire suivre en France, c'est ça ?
- Speaker #2
Oui, voilà, c'est ça. Et donc, elle décide de partir parce qu'elle a obtenu un rendez-vous, elle arrive ici. Et c'est vrai que pour ces personnes-là, il n'y a pas nécessairement de parcours de soins dédiés. Donc, elles font face à plein de problématiques, notamment des problématiques de logement. Au début, quand on a été créé en 2019, on avait beaucoup d'appels de femmes qui nous demandaient est-ce qu'on avait des solutions de logement, est-ce qu'on savait où elles pouvaient être accueillies, parce que certaines avaient de la famille, mais d'autres non. Et donc, on s'est dit que c'était quand même... important. Et puis il y a une histoire aussi qui a particulièrement touché les associations amazones de l'époque. C'est une jeune femme, on a décidé de la plister là, elle est venue ici pour se faire soigner et son cancer était très agressif et elle n'avait pas particulièrement d'accompagnement et en fait elle est morte toute seule dans un hôpital. Sans que quiconque ne puisse...
- Speaker #0
Parce que sa famille n'a pas...
- Speaker #2
Non, ne pouvait pas venir. Elle n'avait pas beaucoup de famille ici. Et ça a été vraiment très... Enfin, ça nous a secoués, bien sûr. Et on s'est dit qu'il ne fallait plus jamais qu'il y ait de personnes dans cette situation-là.
- Speaker #1
Donc, ça veut dire que vous, l'association de Paris, vous accueillez... Alors, pas que, on l'a bien compris, mais vous accueillez les femmes qui viennent se faire suivre ici.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
en France. Vous les accompagnez sur la recherche de logement.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
Sur la recherche également de soins.
- Speaker #2
Oui, on propose en fait... Alors, on travaille beaucoup de la complémentarité parce qu'en Ile-de-France, il y a beaucoup d'associations dans ce secteur-là. Donc, on... On travaille en complémentarité avec d'autres associations. Il y en a une qui s'appelle Belle et Bien, qui propose tout ce qui est soins socio-esthétiques, donc on ne va pas faire, ça ne sert à rien. Donc, on dirige les Amazones vers elles. Il y a Rosop aussi, qui propose pas mal d'ateliers, donc on les dirige. Par contre, on fait des ateliers qui ne se font pas ailleurs. Comme par exemple Coachinika, d'ailleurs je salue ça, Charlène, qui a créé un concept qui s'appelle Maïchaï. C'est quoi ? C'est à travers le son du tambour. Ok. Voilà, progressivement, elle amène les Amazones, les participants à lâcher prise. Il n'y a pas besoin de savoir danser. D'accord. Juste en fait, écouter son corps. Et elle a commencé d'ailleurs avec nous. Et puis progressivement, elle a développé son concept. Et justement, il y a deux semaines, on était encore avec elle et ça fait un bien fou. Donc, on est les seuls à proposer ça.
- Speaker #1
Ah super !
- Speaker #2
Et on propose des ateliers, par exemple, d'écriture pour extérioriser, des ateliers mandala aussi. Et on propose des visites, parce qu'on se dit que c'est dommage de faire tout ça. Des visites de famille ? Des visites en fait. Ah oui, des visites de Paris. Oui, des moments de... Voilà, des moments.
- Speaker #0
Des visites, de toute façon. Oui, d'accord. Comme celle que tu en as fait. Tu as organisé des visites,
- Speaker #2
une visite, là, récemment. Sur le parcours de Paulette Tardal. Voilà, c'est ça. Voilà. C'est ce que j'avais obtenu. On a commencé avec deux personnes formidables, Isabelle et Vanessa, Cathy. Elles ont construit un parcours de visite dans Paris autour... de Paulette Nardal.
- Speaker #1
C'est canon, c'est génial. Vraiment, l'idée est géniale.
- Speaker #2
Sur les traces de Paulette Nardal, la première étape s'était autour de la Sorbonne et du Panthéon. Est-ce qu'on espère qu'elle rentrera un jour au Panthéon ? C'est vrai.
- Speaker #0
C'est quoi les critères pour rentrer au Panthéon ?
- Speaker #2
On se penche dessus, c'est pourquoi on n'est pas porté justement ce projet-là auprès de nos députés. Je pense qu'on doit passer certainement par des parlementaires ou un mouvement associatif, mais il faudrait qu'on se renseigne. Et demain, la seconde étape, c'est autour de l'opéra, parce que Paulette Nardal, c'était une femme aussi qui met beaucoup la musique. Et d'ailleurs, sa nièce, c'est Christiane Hédapierre. Et ça a été la première cantatrice noire à avoir une carrière française, à avoir une carrière internationale. Ah bon ? Ok. Et on s'est dit que ce serait bien aussi d'organiser une visite de l'Opéra de Paris. Elle s'organise demain avec une guide qui est colibri, qui est exceptionnelle, qui s'appelle Isabelle Orphée. Dis-nous. Voilà,
- Speaker #1
justement, dis-nous. C'est quoi les colibris ?
- Speaker #2
Alors, les colibris, ce sont des bénévoles. D'accord. Chez nous, on ne dit pas bénévole, on dit colibri. En fait, c'est de la légende de Pierre Rabhi. D'accord. Voilà, donc un jour, il y a un feu de forêt en Amazonie, puis il y a tous les animaux qui détalent et tout, qui sauvent leur peau. Puis il y a un tout petit colibri qui vient, il prend des petites gouttes, et puis voilà, il fait des allers-retours, il essaie d'éteindre le feu. Puis il y a un animal qui lui dit, non mais tu es sérieux là, toi ? Tu penses vraiment qu'avec tes petites gouttes, tu vas arriver à éteindre le feu ? Et lui répondit, je ne sais pas, mais en tout cas, je fais ma part. C'est trop. Voilà, c'est la part du colibri.
- Speaker #0
Et ça peut être des hommes comme des femmes.
- Speaker #2
Voilà, c'est ça. Ça peut être des hommes comme des femmes. On nous dit souvent, mais dans votre assaut, il n'y a que des femmes. On dit, non, il n'y a pas que des femmes, en fait.
- Speaker #0
Parce que ce n'est pas qu'une affaire de femmes. Mais non.
- Speaker #2
Et d'ailleurs, il y a des hommes qui ont le cancer du sein. Oui,
- Speaker #1
j'ai entendu ça,
- Speaker #2
oui. Oui, oui, oui. Et pourtant, c'est un cancer dit féminin, mais il y a des hommes qui ont. D'ailleurs, j'en ai rencontré. et je me suis aperçue qu'on avait le même traitement, c'est fou, de l'hormonothérapie. Donc il n'y a pas que des femmes dans notre association, il y a des hommes, et c'est souvent soit des conjoints, soit des pères, des frères, des fils, des amis, des personnes qui se sentent concernées en fait par la cause, par le cancer des femmes.
- Speaker #1
C'est ce que j'allais dire, parce que finalement, le... La cause ne touche pas que la personne qui est malade, en fait. Elle touche tout son entourage, ses enfants, quand la personne a des enfants, son mari, ses frères et soeurs. C'est quelque chose qui est vécu par toute une famille, en fait.
- Speaker #2
Oui, c'est tout le monde qui est impacté et qui se mobilise autour de la personne. Et parfois, ça peut être difficile, justement, pour l'entourage qui ne sait pas nécessairement comment agir, comment intervenir. C'est pour ça qu'on aimerait bien... développer, mais des associations font déjà ça, des associations Amazon. Donc, intervenir sur les aidants. D'accord. Voilà, donc ça, c'est important et on voudrait le développer à Paris. Donc, on propose du soutien psychologique à l'entourage, mais des ateliers spécifiques pour les aidants, on aimerait bien le mettre en place. Ça existe en Martinique, en Guadeloupe.
- Speaker #0
Ça existe déjà, vous aimeriez le mettre en place sur Paris ?
- Speaker #2
Voilà, c'est ça. Des associations un peu plus anciennes, ça existe déjà.
- Speaker #0
Ok. Si tu étais ministre de la Santé demain, quelle serait la première réforme que tu mettrais en place pour cette cause ?
- Speaker #2
Déjà, j'aimerais qu'on ait une meilleure prise en charge. Donc, je sais qu'il y a une loi qui est sortie et qui améliore le remboursement, par exemple, de certaines choses, en fait, notamment. la reconstruction mammaire, quand on a eu une ablation, à un moment donné, en fait, quand on va dans le secteur public, il y a une bonne prise en charge, mais parfois quand on va à la clinique, parce qu'on n'a pas le choix, il y a des dépassements d'honoraires et parfois c'est considéré comme étant de l'esthétique. alors qu'en vrai si la personne n'avait pas eu un cancer peut-être qu'elle n'aurait pas eu besoin de se refaire la poitrine et j'aimerais aussi que ces remboursements là concernent d'autres pathologies que le cancer du sein parce qu'il y a des femmes qui ont d'autres types de cancers et la prise en charge elle est moins complète que pour le cancer du sein Et ça, je trouve que c'est profondément injuste. Oui, totalement. Voilà. Et d'ailleurs, je ne sais même pas sur quoi il se base. C'est vrai que le cancer du sein, c'est le cancer le plus répandu chez la femme. À peu près un tiers des cancers, c'est un cancer du sein.
- Speaker #0
Tu me disais un sur quatre.
- Speaker #2
Une femme sur quatre, le cancer en général, et une sur huit, le cancer du sein. Voilà. Mais il n'empêche qu'il y a les mêmes effets. Donc, pourquoi ? Oui, c'est déjà une avancée, on ne va pas... Certes, c'est une avancée, mais si on veut aller jusqu'au bout du raisonnement et que ce soit équitable, vraiment, il faudrait qu'il y ait une prise en charge pour tous les types de cancers. Voilà, parce qu'on n'a pas demandé à avoir le cancer. Et on crée une espèce d'inégalité. Mais c'est monstrueux, c'est affreux de faire ça. Complètement. Entre ceux qui ont eu un cancer du sein, puis les autres. Non, ce n'est pas juste. Et puis, c'est sur le phénomène aussi d'exil médical, parce qu'on dit évacuation sanitaire sauvage, nous, on préfère l'appeler exil médical. J'aimerais en fait que ces femmes qui partent pour se faire soigner, qu'elles soient prises en charge aussi. À partir du moment où le délai d'attente dépasse, on va dire un mois, un mois et demi, et que la personne prend la décision d'aller se faire soigner, qui est prise en charge ?
- Speaker #0
Parce qu'aujourd'hui, tu veux dire qu'une femme qui habite sur un territoire d'outre-mer, qui ne veut pas attendre 4-6 mois pour être prise en charge, pour se soigner de son cancer, paye. C'est assez frais. En fait, le déplacement, la sécurité sociale ne prend pas en charge.
- Speaker #2
C'est ça. C'est assez frais. Incroyable. C'est-à-dire que quand il n'y a pas d'avis du médecin conseil qui dit, OK,
- Speaker #0
vous avez un rendez-vous à tel hôpital.
- Speaker #2
Voilà, parce que votre pathologie n'est pas soignée sur place. On vous envoie à tel endroit pour vous faire soigner. Quand c'est ce cas-là, OK, c'est pris en charge. Mais quand c'est la personne qui dit « ben non, 4 mois c'est trop long » , j'appelle, je ne sais pas, Curie ou Gustave aussi, elle a un rendez-vous dans 15 jours, elle prend son billet, elle y va et tout, elle n'est pas prise en charge. Parce que sa pathologie est soignée sur place et même s'il faut attendre 4 mois, il parle du principe que c'est soigné sur place donc qu'il n'y a pas de prise en charge. Je trouve ça profondément injuste.
- Speaker #1
C'est totalement injuste, on ne parle pas d'une grippe en plus. C'est une maladie qui tue 4 mois. C'est peut-être la vie de la personne, en fait, attendre quatre mois, c'est...
- Speaker #2
Tout à fait. Et quatre mois, parfois, ce n'est pas du tout le même traitement. Parce que la maladie a évolué, le traitement peut être plus agressif, plus invasif. Tout à fait. Donc, quatre mois, c'est énorme. Donc, c'est surtout les jeunes femmes ou des personnes qui ont de la famille ici, donc qui font ça. Donc déjà, voilà, par rapport à ceux qui sont un peu plus âgés, qui n'ont pas de famille. Ces personnes-là n'ont même pas ce choix-là. Déjà, à la base...
- Speaker #1
Déjà, ça crée des inégalités aussi.
- Speaker #2
Voilà. Donc, on est vraiment sur des problématiques de continuité territoriale, parce qu'on est en France. On est vraiment sur des problématiques de justice sociale entre ceux qui ont la possibilité de partir et ceux qui ne l'ont pas. Et ça crée vraiment des inégalités. Et je me dis, à partir du moment où on reconnaît Merci. qu'on n'ait pas la capacité, pour X raisons, de soigner une personne dans des délais relativement courts, si la personne parle, ce n'est pas pour faire du tourisme, en fait. C'est clair. Il y a une prise en charge à effet rétroactif, au moins que le billet soit pris en charge et le logement.
- Speaker #1
Claudine, de quoi vit votre association aujourd'hui ?
- Speaker #0
Non, mais c'était exactement ça.
- Speaker #2
Oui, donc en fait, la première de subvention. D'ailleurs, je salue la ministre des Outre-mer de l'époque, Annick Girardin, qui nous a octroyé la première subvention. Vraiment, c'était en 2019, l'association avait peut-être sept mois et on a organisé une magnifique exposition au ministère des Outre-mer qu'elle a voulu accueillir. Et à un moment donné, elle se tourne vers moi. Ça fait quoi ? Six mois que j'étais présidente. Elle m'a dit, j'attends votre dossier de subvention. Et je me suis dit, ok. On a déposé une demande. Et deux mois après, j'avais une subvention. Et là, ça a été un signal fort de soutien du ministère des Outre-mer. Et après, on a eu le soutien, en fait, de la collectivité territoriale de Martinique, de l'ARS Martinique. Ensuite, de la région Île-de-France, de la ville de Paris, de l'année dernière.
- Speaker #1
En même temps, votre association, elle est vraiment primordiale, en fait, pour nos territoires ultramarins. Et bravo, vraiment bravo, Closine, pour ce que vous faites, parce que... Alors, pardon, ma maman a eu un cancer du sein il y a quelques années. Ma soeur, ma petite soeur, a eu un cancer il y a quelques temps. Et... Et en fait, je me dis, elles avaient dû partir pour se faire soigner. Mais je ne sais même pas comment on aurait fait. Donc, j'ose imaginer en fait ce que peuvent vivre ces femmes et vivre leur famille. Parce que moi, je le vois en tant qu'enfant et en tant que sœur. Et je me dis, mais vraiment, bravo. Bravo pour ce que vous faites. Bravo d'être là. Bravo de soutenir toutes ces personnes-là.
- Speaker #2
mais en fait je suis tellement admirative de ces femmes parce que moi j'ai été soignée ici avec ma famille autour de moi et bon c'est vrai que mes parents, mon frère, ma soeur étaient loin mais ma famille proche était là autour de moi et ça a été dur et je me dis mais comment font ces femmes j'étais admirative de leur force comme on dit chez nous, de leur touper. Elles disaient, non, j'y vais. Mais pour moi, ces femmes, c'est des badass, en fait.
- Speaker #1
Totalement,
- Speaker #2
oui.
- Speaker #1
Ma mère nous a énormément répétées que si elle s'est battue, parce qu'elle avait eu un cancer de stade avancé, mais si elle s'est battue, c'était pour ses enfants. Parce que ses enfants étaient là, auprès d'elle, en fait. Elle s'est battue pour nous. Donc, si tes enfants sont loin... Les enfants sont quand même là, mais vivre ça avec sa famille, c'est...
- Speaker #2
Ça demande beaucoup de courage, vraiment. Et j'ai l'exemple d'une amazone qui était prise en charge, qui est venue se faire soigner ici. Et au bout d'un moment, elle n'en pouvait plus. Donc, du coup, elle est rentrée parce que ses enfants lui manquaient. Et quand elle est rentrée, après, on lui a dit, « Vous êtes rentrée, madame, vous avez mis fin à la prise en charge. » Je t'aime. Donc, elle a dû revenir, mais assez frais. Voilà, si j'étais ministre de la Santé, Voilà, ça, on continue la prise en charge. Et pas que pour les ultramarins. À partir du moment où on fait, je ne sais pas, la France, c'est quand même un territoire qui est très grand. Oui, tout à fait. À partir du moment où on fait plusieurs kilomètres, bon, il faudrait mettre peut-être un critère pour être objectif, peut-être plus de 800 kilomètres. Mais il y a au moins la prise en charge d'un aller-retour pour aller voir sa famille. En fait, tu as vraiment dit ce qu'il faut, c'est que Le soutien des proches, l'amour des proches, c'est essentiel dans le parcours de guérison. Et quand on est loin de sa famille, qu'on affronte quand même une situation hyper dure, une épreuve qui est hyper dure, on lutte contre sa vie. Donc d'avoir ses proches autour de soi, c'est important.
- Speaker #0
C'est un énorme réconfort. De quoi aurait, de combien, de quelle somme aurait besoin... Ton association,
- Speaker #2
aujourd'hui,
- Speaker #0
Amazon Paris, pour être autonome ?
- Speaker #2
Ou quasi-autonome.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #2
quasi-autonome. En fait, justement, on a chiffré nos besoins. Parce qu'on porte deux gros dispositifs. Le NIS, c'est une maison participative. qui va accueillir les femmes. On a trouvé un local dans le 18e, on est en train de l'aménager. Oh,
- Speaker #1
génial !
- Speaker #2
Je salue l'équipe, Émilie, Mike, Loïc. Mike et Loïc, ce sont les entrepreneurs qui travaillent sur l'aménagement du nid. Émilie, c'est elle qui supervise. Il y a Tania aussi, la chargée de projet. Et on est en train de faire un cocon, un cocon dans le 18e arrondissement pour accueillir ces femmes. C'est quoi du fond ?
- Speaker #1
Précisément le cocon.
- Speaker #2
Le cocon, en fait, c'est le nid. Ça s'appelle le nid. Et dans ce nid, on va offrir une parenthèse de douceur, de bien-être à ces femmes. Pendant le laps de temps où elles y seront, elles seront juste elles-mêmes. Elles ne seront plus la mère, la salariée, l'épouse, juste elles-mêmes. Et on va organiser des petits moments papotage, des groupes de parole. Tous les soins oncologiques de support, ils seront au nid. On va les organiser à cet endroit. Et c'est vraiment un lieu pour leur offrir une parenthèse de douceur, pour se rencontrer, pour se soutenir, échanger sur la maladie. Donc ça s'appelle de la paire aidance ou du partage de savoir expérientiel. Et c'est super important en fait les témoignages et les échanges entre paires, on va dire entre personnes qui ont vécu ça. Bien sûr les bénévoles, les colibris sont les bienvenus. Ça peut aussi leur apporter, surtout s'ils sont aidants. Et on porte aussi un autre dispositif, c'est les appartements cocoons. C'est des appartements relais qu'on met à disposition contre un loyer, puisque nous-mêmes, nous payons un loyer pour les femmes qui viennent se faire soigner ici. Et parfois, nous accueillons des hommes. Parce que c'est compliqué. Si un appartement est vide et qu'un homme a besoin... Vous le lui cédez. Bien sûr. Parce que c'est compliqué de dire non. Et donc, on porte ces projets-là. Et on a évalué les besoins à 500 000 euros. D'accord. 524 000 euros pour tout faire fonctionner avec des salariés, avec aussi des stagiaires, des alternants. Parce que c'est super important pour nous. One shot ou annuel ? Annuel. Ok. Annuel.
- Speaker #0
Ok. Quel message tu pourrais profiter de passer pour que des entreprises puissent contribuer à cette cause, pour que des particuliers...
- Speaker #2
Oui, en fait, on porte quand même des projets qui sont structurants et qui impactent complètement la vie de ces femmes. hier j'étais dans un des appartements je regardais, je supervisais pour voir eux Si tout allait bien, lundi, on accueille une personne. Donc actuellement, les six appartements sont occupés par des femmes qui viennent de loin, qui sont contentes, qui sont même soulagées de savoir qu'elles vont pouvoir rester pendant la durée des soins jusqu'à 12 mois, qui n'ont pas à se casser la tête. Donc c'est une belle œuvre. Et de contribuer justement à... À la mise en place de ces deux dispositifs, déjà en termes d'images, c'est important. Voilà, parce que le cancer, ça concerne tout le monde. Le cancer des femmes aussi. Et bon, il y a aussi un avantage fiscal puisqu'on est reconnu d'intérêt général à caractère social. Ça veut dire que tous les dons sont défiscalisables à hauteur de 60% si c'est une entreprise et 66% si c'est un privé, une personne privée. Donc, il y a quand même un avantage fiscal à nous aider. Puis, au-delà de ça, c'est le soutien affiché pour une entreprise à une association qui veut faire sa part, en fait. Exactement. Et qui propose vraiment… On va au-delà des soins oncologiques de support parce qu'avoir un trouvé et avoir… Un local dans le 18e arrondissement de Paris, c'est quand même quelque chose. Je salue notre partenaire Séquence, un bailleur social qui s'appelle Séquence, qui nous a proposé ce local. Et puis, avoir des appartements, les améliorer, c'est beaucoup de gestion administrative. La gestion locative, c'est pour ça qu'au niveau des frais de fonctionnement, donc des frais récurrents, ils sont quand même importants parce qu'on tient à professionnaliser les équipes. Il y aura toujours du bénévolat parce qu'il y a beaucoup de personnes pour qui c'est important. de donner du temps au sein des associations, mais il y a des tâches qui ne peuvent être pour moi complètement.
- Speaker #0
En fait, avant que je te pose la question sur comment tu fais pour mobiliser, parce que je sais que le nerf de la guerre quand on est une association, c'est d'avoir des bénévoles. Avant que je te pose cette question, j'aimerais juste te faire un petit commentaire parce que souvent, les associations mettent en avant la cause. Et je trouve que c'est difficile pour des donateurs de se sentir concernés parce qu'on ne sait pas où va forcément notre argent. et là avec ce que tu viens de dire euh On comprend tout de suite à quoi va servir cet argent. Tu vois, c'est du concret. Donc, merci de l'avoir si bien expliqué. Parce que ce n'est pas toutes les associations qui arrivent à communiquer aussi bien dessus. Et ma question, c'est Claudine, comment tu fais ? Déjà, combien de colibris vous avez ?
- Speaker #2
Alors, on a vivier d'à peu près...
- Speaker #0
Parce que j'imagine qu'il y a des allers-retours.
- Speaker #2
Voilà. Et d'ailleurs, je salue ma cousine Sandrine qui a mobilisé des colibris, donc opération coup de main. Voilà, c'était parce qu'on a récupéré deux appartements d'un propriétaire privé qui voulait faire du social et accompagner l'association sur ce projet-là. Et donc, il a fallu les meubler en... Voilà, un peu de temps. Et elle a créé un groupe, elle les a mobilisés. Et oui, on a eu de l'aide. Voilà, pour monter les meubles, les transporter. Parce qu'on a six appartements. Sur les six, il y en a deux qui étaient déjà meublés. Donc, ça veut dire qu'il y en a eu quatre où il a fallu acheter les meubles, les transporter. Et les monter. En fait, je ne sais pas si tout le monde se rend compte du boulot qu'il y a derrière ça. Je dis ça avec beaucoup de facilité, on assiste à plein de choses. On n'a pas de baguette magique.
- Speaker #1
C'est clair.
- Speaker #2
Par contre, on a quelques bénévoles et beaucoup d'amour, d'huile de coude, comme on dit. Et comment vous faites pour mobiliser ces bénévoles ? C'est notre réseau, un peu. D'accord. Donc, Sandrine a beaucoup mobilisé dans son réseau privé, personnel et tous les gens. Ça fonctionne beaucoup comme ça, en fait. Et puis, parfois, il y a des personnes qui nous contactent via les réseaux et qu'on intègre. Et ce que je voudrais dire aux gens, c'est que, en fait, l'association Amazon Paris, ce n'est pas que pour les ultramarins, que pour les femmes qui sont en exil médical. On a dans nos associations des femmes qui habitent en Ile-de-France. D'accord. Et qui aiment ce qu'on dégage, qui aiment ce qu'on propose et qui viennent grossir nos rangs. Et on a besoin de ces femmes-là parce qu'elles font le sinon de notre association.
- Speaker #1
Oui, parce que d'ailleurs le nid qui va ouvrir dans le 18e, c'est ça, ça va être un endroit de rencontre en fait pour toutes les femmes d'Ile-de-France et pas que, qui vont pouvoir venir sur place. Donc oui, ça ne concerne pas seulement les femmes qui viennent de nos îles ultramarines.
- Speaker #2
Voilà, puisque celles-là en fait, elles viennent pendant une période. Et après, elles repartent. Mais c'est bien aussi de rencontrer des femmes qui vivent sur place. Et d'ailleurs, il y a des liens d'amitié qui se sont créés. Quand elles reviennent pour leur contrôle, donc elles s'organisent pour se voir, pour aller faire un petit karaoké, pour se faire un resto, pour boire un verre le lendemain. Et ça crée des amitiés. Il y a des histoires de vie qui naissent autour de ça. C'est une façon de dire que certes, je viens. pour me faire soigner ou j'ai eu un cancer dans mon parcours de vie, je m'arrête, je fais une parenthèse, je toque à la porte d'Amazon Paris pour prendre soin de moi et puis pour rencontrer aussi des personnes. C'est une façon de reprendre la main sur ce qu'on a vécu et de le transmuter, de faire autre chose.
- Speaker #0
Je t'arrête Claudine, parce que moi il y a une question qui me turlupine depuis tout à l'heure et peut-être que les spectateurs n'ont peut-être pas saisi cette information que tu as donnée au tout début, mais d'où tu prends cette force ? Pour mener à bien développer cette association, lancer tous ces projets, soutenir les autres amazones qui viennent à toi, coordonner parce que je sais ce que ça représente un travail de coordinatrice au sein d'une association. En sachant que tu as dit que tu as eu deux cancers, comment tu fais ?
- Speaker #2
bon après c'est vrai que je ne suis pas seule tu aurais pu rester chez toi te reposer Des fois je me dis ça,
- Speaker #1
des fois je me dis...
- Speaker #2
Oui, des fois je me dis, je serais bien sur mon canapé à regarder Netflix, au lieu de faire ce dossier-là qui a etc. de pages.
- Speaker #0
Ou Call Me Badass.
- Speaker #2
Voilà, des fois je pousse mon petit coup de gueule parce que je trouve que c'est dur, qu'on nous en demande beaucoup, mais en même temps je me dis, mais s'ils font pas ça, voilà, ça prouve notre sérieux. Et je sais pas, c'est que je suis tellement admirative de ces femmes-là. que j'ai eu envie de faire ma part justement. Et puis bon, j'ai eu la chance de rencontrer Alexandra Arnay et puis les autres présidentes, Karina Guillaume, Naïma, qui me donnent aussi de la force, cette force d'avancer. Esther Jean-Baptiste qui est la présidente de l'Amazon Guyane, d'ailleurs avant-hier on a passé une super journée. à se balader dans Paris.
- Speaker #1
C'est vrai qu'elles sont sympas, les Guyanaises. Hein, presque ?
- Speaker #2
Et donc, en fait, quand on se retrouve entre présidentes, on peut tout se dire. J'ai à Paris, en fait, la chance d'avoir une super équipe. Je suis très bien entourée, je pense, à la vice-présidente Alnise. Avant, elle, il y avait Diana, Liliane. En fait, chacune apporte, fait sa part. Voilà, qui a dit euh Sandrine dont je parlais, qui est Colibri, Patricia, en fait elles viennent et elles donnent tout ce qu'elles peuvent donner et quand à un moment donné je suis fatiguée, il y en a une qui prend le relais, je pense à Johanna qui est mon fondatrice et elle n'a pas eu le cancer mais elles se sont concernées mais elle est là depuis 2019 dans l'association. Tania nous a rejoint il n'y a pas longtemps, c'est Johanna qui gère tout ce qui est quittance de loyer, c'est un énorme boulot, un énorme travail. Complètement. Tania, c'est elle qui gère les relations avec les bailleurs, les relations avec les locataires. Hier, j'avais au bout du fil un locataire qui me faisait remonter les petits soucis. Je me suis dit, non, mais ce n'est pas possible. J'ai appelé le propriétaire. Je me suis dit, mais pourvu qu'il intervienne vite, il m'annonce qu'il intervient dès lundi. Mais en fait, c'est aussi les gens qui me donnent de l'énergie. Quand je demande quelque chose, le monsieur m'a fait plaisir. En fait, il m'a dit, oui, mais vous êtes carrée dans l'assaut. Vous êtes carrée. Alors, moi aussi, je suis carrée avec vous.
- Speaker #1
Tu vois, c'est ce que j'allais te dire, Claudine. C'est que tu dis que les autres te donnent beaucoup d'énergie, mais c'est aussi ce que toi, tu dégages aussi.
- Speaker #2
Je suis assez carrée. C'est peut-être une déformation professionnelle. J'ai occupé des postes assez lourds, où il fallait vraiment être très structurée, poser les bonnes questions pour prendre les bonnes décisions.
- Speaker #1
Ça se ressent dans ton association, et on lui souhaite beaucoup de bonheur et d'ambition. Justement, c'est ma question. Quelle est la vision à moyen et long terme pour ton association ?
- Speaker #2
Alors déjà, c'est à très court terme la cible d'ouverture du nid. Alors nous, on espère qu'on aura un nid pour Noël et on sera accompagné par la Fédération pour ça, mais pas que, il y a aussi la ville de Paris qui nous accompagne, la région de France. Et on les remercie aussi le ministère des Outre-mer. C'est important de citer les partenaires. Bien sûr. Alors, on aimerait, comme tu as dit tout à l'heure, élargir à des partenaires privés. Donc, on attend quelques réponses. On a même le soutien du conseiller Outre-mer du président de la République, Guillaume Vultet. OK. qui m'a reçue à l'Elysée.
- Speaker #0
Oh ! Madame Claudine !
- Speaker #2
Voilà, grâce à un colibri que je cite, donc Frédie Pater. D'accord. C'est un homme, c'est un colibri qui soutient les Amazones. Je leur fais un coucou et je les remercie. Donc, à court terme, c'est ça, c'est l'ouverture du Nil, l'inauguration, c'est super important pour nous. Et puis, proposer d'autres logements. Pour l'instant, on en a six. Notre ambition, c'est d'arriver à dix. pour agrandir l'offre de logements parce qu'il y a beaucoup de demandes.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a une région dans l'Île-de-France que vous aimeriez ou vous avez un vrai besoin d'appartement ?
- Speaker #2
Alors, c'est essentiellement en fait dans le 94 et puis l'Imitrof Paris. D'accord. Voilà, on a eu une demande sur le 93, mais c'est quand même relativement rare. La plupart des personnes sont soignées, soit à Gustave Roussy, à Villejuif. Ou bien dans les hôpitaux parisiens. Donc, nos appartements sont situés plutôt dans le 94. OK. Et puis, on en a deux qui sont situés dans le 92. Et c'est aussi un enjeu pour nous parce qu'ils sont à côté d'un centre à Saint-Cloud. D'accord. Où on fait de la radiothérapie. Donc, ce qu'on voudrait, c'est augmenter l'offre de logement. Mais avant tout, il y a une étape qui est vraiment très importante pour nous, c'est la structuration et la professionnalisation. Donc actuellement, c'est vraiment l'équipe, l'organe de gouvernance, c'est-à-dire le bureau et le CA qui gèrent un peu l'association. On a des prestataires, trois prestataires qui font des tâches qui sont vraiment essentielles. Mais ce que je voudrais, ce que nous voudrions, parce que c'est une volonté aussi du conseil d'administration, c'est de créer une équipe de professionnels, de salariés. D'accord. Voilà, avec une directrice... qui va chapeauter les deux dispositifs avec des chargés de projet et donc des personnes dont ce serait le travail. Et ça,
- Speaker #0
c'est compris dans l'enveloppe des 500 000 ?
- Speaker #2
Voilà, c'est compris dans l'enveloppe des 500 000. Et bien sûr, il y aurait une part pour les bénévoles. Par exemple, actuellement, ce sont des bénévoles qui accueillent, quand c'est possible, les personnes qui viennent se faire soigner et qui occupent nos appartements. Quand le nid va ouvrir, on aura besoin de bénévoles pour être là. Voilà, c'est vrai. Il y aura peut-être deux salariés, mais on aura besoin de bénévoles. Il faudra que ce lieu vive, vraiment. Donc, ça, c'est la vision, en fait, à court terme. C'est l'inauguration, la vision à court terme aussi. C'est la constitution d'une équipe opérationnelle. Et puis, ce que je voudrais aussi, c'est que chaque lieu de soins connaisse l'association Amazon. On n'est pas assez connus. Voilà, donc l'Institut Co. Curie nous connaît, Gustave Roussy aussi. D'ailleurs, on travaille avec Gustave Roussy et Unicancer. Unicancer, en fait, c'est un réseau de centres de lutte contre le cancer. Donc, il y en a plusieurs qui se sont fédérés, associés. Et il y a une unité qui est spécialisée dans les Outre-mer. D'ailleurs, depuis cette année, on intervient auprès d'étudiants de médecine. Je suis super fière de ça. Oui, oui. On leur présente, j'ai eu l'occasion de leur présenter le dispositif Cocoon. Et on leur présente l'action des associations et l'enjeu que ça peut représenter pour eux, pour les professionnels de santé, que de pouvoir s'appuyer sur une association. Parce que nous aussi, on a notre part à apporter à cet accompagnement. Et donc, nous, ce qu'on voudrait, c'est vraiment avoir plus de bénévoles. Parce que je trouve qu'on n'est pas assez nombreux. Et puis, constituer une équipe opérationnelle, être connue dans tous les centres de soins et que les personnes, elles, le réflexent de nous contacter quand il y a une situation un peu compliquée. Et puis, quand on est comme ça, loin de chez soi, ça fait du bien de se retrouver avec des personnes qui nous ressemblent.
- Speaker #0
Complètement,
- Speaker #2
c'est clair. Voilà. Totalement.
- Speaker #0
Est-ce que tu as une ambition personnelle que tu aimerais nous partager ?
- Speaker #2
Oui, alors moi je rêve de voyager. Voilà, j'aimerais bien, alors je ne sais pas si, des fois je me dis j'aimerais bien faire mon métier aussi, parce que là je suis bénévole. D'accord. Et je me dis pourquoi ne pas travailler au niveau de l'association, même au niveau de la fédération à un moment donné, notamment pour porter le dispositif Cocoon, qui peut essaimer dans d'autres territoires, parce qu'il y a des problématiques de ce type. Par exemple en Polynésie, il y a 120 îles. Et l'hôpital à Papeete, c'est un enjeu pour la Polynésie ? Complètement, oui. Des petits appartements très coucounines. Par exemple, la Martinique et la Guadeloupe accueillent des Guyanais. Oui. Et même en Guyane, c'est un enjeu parce qu'il y a des patients qui font des heures, parfois en pirogue, pour venir se faire soigner. Mais prendre un jour, deux jours dans un petit appartement... ça peut faire du bien. En fait, c'est un projet qui peut être essaimé dans plusieurs territoires et d'ailleurs, à La Réunion aussi, ils accueillent beaucoup de Mahorais qui viennent se faire soigner. Donc, ce phénomène d'exil médical existe aussi sur d'autres territoires et je me dis que ça peut être intéressant de porter l'essaimage de ce projet-là. Ça me plairait beaucoup de le faire au niveau de la Fédération. Puis après, je me dis j'ai un travail aussi, je suis... donc au ministère de l'économie et des finances, et je me dis bon, est-ce que voilà, peut-être reprendre le travail mais... Comme ça me fait tellement vibrer Amazon. Oui, ça se voit,
- Speaker #1
ça se sent quand tu parles.
- Speaker #0
Oui, c'est clair.
- Speaker #2
En fait, je fais des rencontres extraordinaires de nanas, de petites nanas, mais qui sont des badass. Je suis admirative. Je me dis, mais comment elles font ? Je pense à Esther, mais pas que. En fait, à Nadia, à toutes celles que j'ai croisées.
- Speaker #1
C'est un projet de cœur et ça s'entend.
- Speaker #2
Oui, oui, oui. Et je me dis, c'est juste... Pour moi, je trouve que je suis chanceuse d'avoir... pu contribuer à apporter ma pierre à l'édifice parce que étant ultramarine martiniquaise et vivant en fait dans l'Hexagone, j'ai toujours voulu faire quelque chose pour ces territoires et j'ai jamais trouvé jusqu'à ce que voilà, j'entends Je parlais de cette association-là, je me suis dit, mais en fait, c'est ça que je veux faire. C'est ça, je me sens à ma place. Moi aussi,
- Speaker #0
je te vois à ta place.
- Speaker #1
Tu sais que le bonheur a été étudié par des scientifiques et il y a trois aspects principaux pour une vie heureuse, on va dire, épanouie. Un, c'est des moments de plaisir. Deux, c'est de l'engagement. Oui. Trois du sens.
- Speaker #2
Ah, ben voilà. Je comprends. Je comprends. D'accord.
- Speaker #0
D'accord. Bon, maintenant, on peut te poser des questions, on va dire... En rafale,
- Speaker #1
un peu plus légère.
- Speaker #2
Plus légère.
- Speaker #1
Pour faire sortir ton côté un peu plus badass encore plus.
- Speaker #0
Alors, dans quel type de chaussures tu te sens invincible ? Talons ou baskets ?
- Speaker #1
Quel est l'accessoire féminin avec lequel tu ne sortirais jamais de chez toi ?
- Speaker #2
L'accessoire féminin ? Je ne sors pas de chez moi, non rien, pourquoi ? Je porte tout.
- Speaker #1
Un accessoire que tu auras toujours dans ton sac ?
- Speaker #2
Ah, un accessoire, ok. Tu vois mon éventail ? Même en hiver, en fait, je le trouve tellement beau.
- Speaker #1
C'est vrai qu'il est super beau.
- Speaker #2
Le rouge à lèvres aussi. Ah, voilà !
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu regardes en premier chez un homme ?
- Speaker #2
Ses yeux.
- Speaker #1
C'est quoi la chose la plus chère, matérielle ou non, que tu rêves de t'offrir ?
- Speaker #2
La chose la plus chère, matérielle ou non... En fait, j'aurais bien aimé m'offrir un appart à Paris. Oui.
- Speaker #0
c'est vrai que c'est un petit peu cher un petit peu cher en 2025 c'est clair bon moi je vais quand même terminer par une petite question oui je te trouve hyper canon Claudine ah merci et j'ai envie de te demander quand même une fois tu te fais draguer
- Speaker #2
par semaine ?
- Speaker #0
Est-ce qu'avec ce sourire ?
- Speaker #2
Je me fais un peu draguer.
- Speaker #0
C'est pas étonnant. Quand t'as vu, on t'a dit... Tu es une très belle femme.
- Speaker #2
Je me fais un peu draguer. D'ailleurs, hier, je passais avec mon chapeau vert et il y a une dame, elle ne m'a pas draguée, elle m'a dit... « Ah mais madame, vous êtes ravissante avec votre chapeau. » C'est vrai. J'aime mon chapeau, mes lunettes de soleil. Et j'étais en total look vert. Ah ouais ! Et ça passait parce que c'est différentes nuances de vert. Et j'étais surprise. En plus, j'étais dans mes pensées. Je me suis dit « Ah ben ouais, je tiens la route comme on dit. »
- Speaker #0
Mais carrément ! Mais quand on te voit, on ressent de l'amour.
- Speaker #2
Ouais, je... Non, non, c'est très attirant. Merci. En fait, je me sens tellement à ma place.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #2
Maintenant, je fais quelque chose que j'aime. Et ce que tu as dit, pour moi, ça a du sens. Et là, je me dis que j'ai trouvé en fait. Complètement. J'ai trouvé ce qui me rend heureuse. J'ai trouvé ce qui donne du sens à ma vie. Et je coche toutes les cases en fait. Voilà, c'est super important pour moi. Écoute,
- Speaker #0
super.
- Speaker #1
Claudine, on va arriver à la question de la fin.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
Avec tout ce qu'on a entendu. Est-ce qu'on peut dire que tu es badass ?
- Speaker #2
Oui, je pense. Oui, parce qu'en fait, il faut quand même de l'audace pour créer une asso, pour accompagner les femmes alors qu'on a été soi-même touché. Il faut quand même prendre du recul, mais en même temps avoir cette proximité. Donc, j'ai beaucoup appris, j'ai beaucoup mûri au contact de cet assaut. Et puis, c'est une personne que j'aime beaucoup et que j'ai eu la chance d'avoir comme prof, parce que je me suis inscrite à la Sorbonne pour faire un diplôme universitaire l'année dernière. En quoi ? Donc, en démocratie en santé. D'accord. Avoir des outils pour mieux gérer l'association. Ah oui, c'est un geste. Ah oui. J'adore. Et en fait, j'ai présenté un dispositif et j'ai eu la chance. Elle s'appelle Catherine Tourette-Turgis. Elle a créé l'université des patients. Elle est partie du postulat que les patients avaient un savoir. Et que ce savoir-là pouvait être valorisé à travers des diplômes, la délivrance de diplômes. Et j'ai beaucoup appris en fait. Et d'ailleurs, elle m'a dit, mais vous avez déjà créé votre association, pourquoi vous vous inscrivez à ce diplôme ? Je lui ai dit, mais c'est parce que je suis sûre qu'il me manque des savoirs. Et ça n'a pas loupé. Je porte maintenant un regard différent sur l'organisation, la structuration de l'association. Et cette femme m'a beaucoup apporté. Et voilà. Et j'ai perdu le fil. Non,
- Speaker #1
non, non. Et nous, on voit tes paroles, donc nous on a perdu le fil.
- Speaker #2
Voilà, j'ai eu beaucoup de chance de rencontrer cette femme. Et elle disait justement que l'audace, quand on est malade et qu'on fait des choses, parfois l'audace, c'est une espèce de révolte contre ses vulnérabilités. Et de faire cette association, C'est sûr, là, ça me permet de donner du sens à tout ce que j'ai vécu. On me dit deux cancers, waouh, quand même, je ne comprends pas, qu'est-ce que j'ai fait, pas fait. Je me suis dit, à un moment donné, j'étais dans le déni, je faisais comme si ce n'était pas moi, comme si c'était quelqu'un d'autre. Et puis après, je me suis dit, OK, c'est bon, c'est bien toi, accepte. Parce que j'ai supplié quand même quatre opérations, j'en ai une cinquième à programmer. On m'a retiré les seins, on me les a refaits. Du coup, j'ai des nichons canons, quoi. C'est tout ce que je dis à ma mère aussi.
- Speaker #1
Tu as des nichons canons maintenant.
- Speaker #2
Donc, je salue le travail des chirurgiens. Vraiment, ils font du super travail. Il faut juste que pour certaines femmes, ce sera mieux pris en charge financièrement. Et je me dis, en fait, j'ai trouvé du sens à cette maladie. et je me dis... Ce que j'ai vécu, c'est le partage de savoir expérientiel. Ce que j'ai vécu, ça peut en fait servir à quelqu'un d'autre. Et chaque amazone dans l'association se dit la même chose. Que ce soit Anne-Lise, Liliane ou Vigiane ou Elisabeth, en fait, toutes se disent, en fait, ce que j'ai vécu, ça peut servir à quelqu'un. Et dernièrement, j'accueillais en fait Marie-Hélène dans un appartement. Et puis, je lui parle et tout. Et puis, je lui dis, mais tu sais, j'ai eu deux cancers. Elle me dit, quoi, trois ? Je dis, oui. Elle me dit, tu sais, c'est super important, les témoignages. Et moi, je te vois. Je lui dis, oui, c'est derrière moi. Elle me dit, mais ça m'aide. Le fait que tu m'en aies parlé, que tu t'es confiée à moi. Je te vois, mais je vois aussi les autres. complètement génial merci beaucoup merci à vous merci beaucoup pour l'invitation pour avoir accepté notre invitation longue vie à ton association oui à toutes les associations Amazon et puis n'hésitez pas à nous rejoindre j'ai envie de vous dire ça voilà on rigole dans notre association on fait de belles choses et on donne du sens à nos actions voilà
- Speaker #1
génial merci on vous donne rendez-vous la semaine prochaine sur Colmy Badass en attendant rendez-vous sur Instagram des bisous et bien les filles un grand merci d'avoir écouté Colmy Badass Si vous aussi, vous avez l'âme d'une badass, laissez-nous 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute afin que notre vision du monde soit plus largement répandue. Rejoignez-nous chaque semaine pour être inspiré, motivé, encouragé par ces histoires authentiques de courage et de résilience. Que vous cherchiez à atteindre vos propres objectifs, à surmonter des difficultés ou plus largement à vous épanouir dans tous les sphères de votre vie, Conny Badass est tout simplement là pour vous rappeler que vous aussi,