- Speaker #0
Bienvenue dans le podcast Call Me Badass. Ici, nous mettons en lumière des femmes extraordinaires qui aspirent à une vie meilleure. Elles sont de véritables modèles de réussite grâce à leur parcours de vie. Chaque épisode de Call Me Badass vous plongera dans l'histoire de femmes audacieuses qui ont surmonté des obstacles, transformé leur échec en opportunité et embrassé le processus d'apprentissage pour devenir les meilleures versions d'elles-mêmes, des badass, quoi. À tout de suite ! Bonjour mes chattes !
- Speaker #1
Salut les filles !
- Speaker #2
Salut !
- Speaker #0
Ça va Anaïs ? Bonjour Anaïs ! Bienvenue sur le podcast Comme une badass !
- Speaker #2
Merci beaucoup !
- Speaker #0
On est très très très très contentes que tu sois là avec nous.
- Speaker #1
Avant de commencer l'épisode, je vais faire une brève introduction.
- Speaker #0
On recommande si tu veux ? Non,
- Speaker #2
on recommande si tu veux,
- Speaker #0
regardez tout ça !
- Speaker #1
Allez, quand reprendre les rênes de sa carrière est un véritable game changer. Aujourd'hui, nous avons l'honneur de recevoir une femme qui incarne parfaitement l'audace et la résilience. Anaïs a choisi de redéfinir sa carrière en reprenant ses études pour se spécialiser dans un domaine souvent négligé, mais essentiel, la sexologie. Face aux défis rencontrés par de nombreuses jeunes femmes dans leur sexualité, Anaïs a décidé de ne pas rester spectatrice. Et merci pour ça Anaïs, grâce à l'épisode.
- Speaker #0
Anaïs, avant qu'on te demande de te présenter. Comme tu le sais, le podcast Call Me Badass est un podcast qu'on a créé parce qu'on avait l'idée, si tu veux, de l'ambition de créer un monde de rôle modèle féminin pour montrer que le chemin était beaucoup plus important que l'atteinte des objectifs. Et du coup, j'aimerais commencer par te questionner sur qui sont tes rôles modèles féminins aujourd'hui, Anaïs ?
- Speaker #2
Alors ça, ce n'est pas une question évidente pour moi. Parce que je m'inspire plus par des femmes que je vais rencontrer à un moment, une émission télévisée, une séquence que j'aurais vue à la télé, sur les réseaux sociaux, ou même quelqu'un de mon entourage. Donc ça peut être, par exemple, un moment où, chez Mavic Bright, qui a un compte Instagram, j'aime son éloquence, j'aime la manière dont elle parle. ses idées. Donc, ça peut être aussi une de mes personnes inspirantes. Je suis fan aussi de Viola Davis. J'aime beaucoup aussi son discours, ce qu'elle dégage. Mais ça peut être aussi des amis, en fait. Je pense que toutes mes amies m'inspirent. Une partie de leur courage, de leur vie, de leur personnalité me touche énormément. Donc, je n'ai pas trop de rôle modèle de star dont je prends toute l'entièreté. Je dis voilà, je suis fan. Ce n'est pas trop une... Je ne suis pas fan forcément à fond de quelqu'un, mais plein de femmes que j'ai pu rencontrer parce qu'elles ont accompli dans leur vie, ça me touche beaucoup. Des choses qui peuvent sembler très simples comme des réalisations importantes.
- Speaker #0
Tout à fait, tout à fait. Je suis... Je partage... Viola Davis, j'adore. Mavic Bright aussi, très inspirante. Comment tu définirais le mot, qu'est-ce que tu évoques le mot badass quand tu l'entends ? Quand on dit de quelqu'un qu'elle est badass, quand on dit d'une femme qu'elle est badass, qu'est-ce que ça t'évoque ?
- Speaker #2
Pour moi, c'est une femme puissante. Je ressens dans badass de la... La puissance, le mot de votre podcast de l'audace, c'est quelqu'un qui ose, qui vit et qui accomplit des choses pour son bien-être. Quelqu'un qui se respecte, qui connaît ses limites souvent. Quand j'ai pu entendre en tout cas d'autres... de personne, le mot badass, c'était quand une femme avait eu une action où vraiment on disait, waouh, elle a eu du courage de s'affirmer, d'oser dire ce qu'elle pensait. Donc voilà, pour moi, être badass, c'est vivre la vie comme on l'entend, l'assumer pleinement, je pense.
- Speaker #0
J'adore la définition. On est d'accord, nous aussi, on pense ça. Dans quoi tu te sens engagée ? aujourd'hui. Alors, quand on parle d'engagement, ça peut être une croyance, ça peut être une action que tu mènes au quotidien ou pas. Ça peut être des réflexions.
- Speaker #2
Alors, j'ai des engagements. Du coup, le féminisme, qu'il soit afroféministe, décolonial, le féminisme en général, je me sens engagée dans l'empowerment des femmes, dans la libération des femmes. Ça peut être aussi d'où le fait de répondre à l'appel et d'être là au podcast. C'est-à-dire, voilà, porté par deux femmes badass. On s'est dit, voilà, on les soutient. Bye. donc l'engagement ça et puis l'antiracisme ça fait aussi, les deux vont de pair avec moi, vraiment contre les discriminations et le racisme je pense que principalement, c'est ça et puis j'adore les enfants pour le droit des enfants aussi, ça c'est quelque chose qui me tient bien à coeur qu'ils soient respectés dans leur situation d'enfant c'est pas des mini-êtres qui n'ont pas de Merci. de droits, ça c'est aussi important pour moi.
- Speaker #0
Est-ce que maintenant, Anaïs, tu peux te présenter ?
- Speaker #2
Oui, alors, que dire, donc, très simple, Anaïs, infirmière et sexologue depuis peu, je peux rajouter aussi tout dernièrement depuis deux semaines, autrice, donc auteur, voilà. D'ailleurs,
- Speaker #0
tu préfères auteur ou autrice ?
- Speaker #2
J'aime bien autrice. Mais auteur aussi, je trouve ça joli. Je n'ai pas de préférence.
- Speaker #0
Alors, auteur.
- Speaker #2
Voilà. Que dire de plus ? Voilà, j'habite à Paris. Très bien. Célibataire, sans enfant.
- Speaker #0
Très bien, très bien. Quand nous avons préparé cet épisode, Daniel, tu nous as parlé de ton métier, de tes différentes expériences dans ta carrière professionnelle. Et en fait, on aimerait que tu nous parles des raisons Merci. pour commencer, des raisons qui t'ont poussé à t'orienter dans le soin.
- Speaker #1
Mais plutôt dans la petite Anaïs. Est-ce que la petite Anaïs, qu'est-ce que la... Pardon, je recommence. Les raisons qui ont fait qu'aujourd'hui, tu te sois orientée vers le care, peut-être dans la spécialisation de la sexualité, mais au niveau de la petite Anaïs. Est-ce qu'il y a des choses qui ont fait que tu fais ce métier ?
- Speaker #2
Oui, alors étant enfant, c'était mon mode de fonctionnement d'aider les autres. Je voyais que ça apportait de la joie chez les autres, du bonheur. Et c'était aussi l'éducation qu'on m'a inculquée. Et j'ai plaisir aussi à voir que j'ai réussi à aider quelqu'un et on apporte un sourire. On voit la reconnaissance, c'est très gratifiant. donc c'est un peu comme ça que Je m'étais dit, voilà, je vais forcément travailler dans le care, dans le soin. Après, dans le soin, c'est plus personnel. C'est d'avoir des parents qui étaient tous les deux malades. Je passais mon temps, on allait souvent à l'hôpital pour leur rendre visite. Ils étaient hospitalisés parfois l'un après l'autre. Donc, ça demandait, j'ai appris tôt à prendre l'attention, savoir écouter le cœur, savoir... Faire un pansement, aider par exemple, mon père était en fauteuil au lance à la fin de sa vie, donc à s'habiller, mettre ses chaussures, à aider. Et c'est quelque chose que je trouvais satisfaisant. Et donc, c'est comme ça que je me suis dit, j'ai envie de travailler dans le soin. Et puis, il y a aussi cette chose de voir que d'une situation, par exemple, à l'hôpital, ça me plaisait beaucoup, la personne arrive, peut-être elle avait mal partout ou elle est brûlée. toi, tu vois le résultat. En quelques temps d'hospitalisation, peut-être la plaie est cicatrisée, le mal est parti, et voilà. Tu te dis, j'ai vraiment accompli quelque chose d'utile pour la personne, pour la société. Elle est contente, je suis contente.
- Speaker #0
C'est clair que travailler dans le soin nous fait forcément, les gens qui travaillent dans le soin ressentent forcément cette utilité, ce sens au travail.
- Speaker #2
Oui, oui. Si, clairement.
- Speaker #0
Du coup tu as décidé de passer le concours de devenir infirmière. Donc tu passes ce concours en quelle année ?
- Speaker #2
Je suis promo 2008-2011. Le concours, je ne sais pas si c'était 2007 ou 2008. Quand on rentre en septembre, je reviens.
- Speaker #0
Et donc, tu deviens infirmière, tu travailles dans un hôpital ?
- Speaker #2
Alors, au niveau du parcours, j'ai fait mes études à l'APHP, à Henri-Mondor. On passe le concours, trois ans et demi d'études. Et après, moi, c'est particulier, j'avais toujours eu cette soif de voyage. Je suis très curieuse de découvert du monde. Et mes parents sont tous les deux africains. Ma mère, centre-africaine, mon père, béninois. On avait juste l'occasion d'aller une fois au Bénin. Et moi, je voulais vraiment aller découvrir le monde. Et j'aime bien les langues. Pour moi, le soin, être soignante, c'était parfait. Parce qu'on peut cumuler toutes ces choses. Donc, dès que j'ai terminé, je suis partie en mission humanitaire deux ans. Je suis partie en Afrique, en Afrique de l'Est et en Afrique centrale. et un peu en Israël pendant... C'est deux années, donc c'est comme ça que ça a commencé. Et c'est par là que je suis rentrée dans le soin, où j'ai pu découvrir les maladies infectieuses, maladies tropicales, paludisme, VIH, IST, et puis maladies classiques aussi. Et à mon retour en France, j'ai souhaité continuer à travailler avec ce type de population et de pathologie. Donc j'ai travaillé deux jours comme deux nuits à l'hôpital. J'adorais l'hôpital. principalement à l'hôpital. Dans des services maladieux ? Non, pas maladies infectieuses. Alors si, SSR maladie infectieuse. Et puis aussi, moi j'étais fixe en médecine interne de nuit. Et donc la médecine interne, c'est maintenant, parce qu'il existe peu, parce que ça coûte cher, les services de maladies tropicales. Parce que le VIH, c'est une pathologie longue dans les médicaments, donc chronique. sont très chers. Ça s'est transformé. Donc, c'est les services de médecine interne qui accueillent ces types de populations. D'accord. Public qui vient de partout dans le monde, une infection un peu comme le Dr House, quoi. J'ai le côté très généraliste. J'ai un peu de mal à choisir. Et voilà. Donc, c'est comme ça que j'ai travaillé. Et après, dans ce service de médecine interne, et puis à un moment, on ne peut pas maîtriser tous les sujets, mais je trouvais ça routinier. de nuit, voilà, vivre la nuit. Et puis, je me suis dit, non, je veux faire plus. J'avais une contribution, mais le rôle social n'était pas assez fort. Et puis, il y avait quand même les contraintes de travail. Donc, j'ai fait une spécialisation, un DU de maladies infectieuses et tropicales, qui m'a passionné. Mais comme je ne pouvais pas repartir tout de suite en mission humanitaire, je n'avais pas trouvé...
- Speaker #0
Le but de faire ce DU, c'est un diplôme universitaire ? Oui,
- Speaker #2
interuniversitaire.
- Speaker #0
Le but de ce diplôme, c'était de repartir en voyage humanitaire ?
- Speaker #2
Mon idée, quand je suis revenue, je ne voulais pas rentrer. C'était la fin du contrat, donc il faut rentrer en France. Je suis rentrée en 2014, mais l'idée, c'était de repartir. Mais j'avais postulé pour le Canada, l'Amérique du Sud, c'était compliqué parce que ma vision d'humanitaire avait changé. Je voulais peut-être là être dans un mode plus d'expatriation. ou trouver peut-être une petite ONG, je ne savais pas. Et je n'ai pas trouvé le projet qui me plaisait. Et une fois arrivé en France, t'es installé, j'avais trouvé mon appart, là, je n'étais plus chez mes parents. Et bon, je me suis dit, autant rester. Et j'ai vu une offre sur le département de la Seine-Saint-Denis de maladies infectieuses, mais en santé publique. Et pour travailler avec un public... en marche, comme on dit, migrants, les personnes du voyage, qui vivent dans des bidonvilles ou autres, ou diversité de genre, et je me suis dit, voilà, je vais aller essayer. Et on verra, parce que c'était temporaire, pour peut-être repartir. et je me suis dit après tout ce sera comme de l'humanitaire en France, on va essayer autre chose puisqu'on m'a dit qu'on va en bidonville, il y a des actions hors les murs et ça me rappelait complètement ce que j'avais fait en Zambie ou en Tanzanie d'aller dans les villages mais sauf que c'est version française c'est plus en ville ça m'a plu et là-bas dans la version française c'est un bien de voyager car vous êtes plus au-delà dans des langues totalement différentes. Il faut parler anglais. On a des traducteurs pour toutes les autres langues. Je ne sais pas si c'est Pashtour ou Doudou. Tous les jours, je découvre les langues. Les professionnels sont des gens avec qui je travaille très ouverts qui, à peu près tous, les médecins, ont eu une expérience d'humanitaire à un moment ou d'interculturalité. Et j'ai remarqué que ça me plaît de travailler en interculturalité puisqu'on est avec des gens très curieux de la vie. qui ont voyagé en général, qui parlent plusieurs langues. Il y avait roumains, anglais, portugais, espagnol, des collègues mexicains, sénégalais, mauritaniens, de tout. Et ça, je trouve ça chouette. Et dans notre service, c'est que comme on travaille sur les IST, il y a la partie de la sexualité que j'ai découvert. En tant qu'infirmière à l'hôpital, on est là, on accomplit les soins, on fait les soins beaucoup sur prescription, même si on a du rôle propre, comme on dit dans notre jargon. Mais le rationnel est limité, contrairement à du travail en santé publique, parce que c'est nous qui devions mener les entretiens. Et je n'imaginais pas. Et là, les gens commençaient à me confier leur vie, à parler de leurs difficultés relationnelles et sexuelles. Et j'ai vu que je n'étais pas armée pour y répondre. Comme j'aime bien faire les choses à fond. Tu as des petites anecdotes,
- Speaker #1
pardon.
- Speaker #2
Ah, de... Oh là là, oui, j'en ai...
- Speaker #0
Tu t'es sentie une anecdote au moins, parce que je pensais que tu as une anecdote qu'on a plein, mais une anecdote où vraiment tu t'es sentie désarmée face à cette situation.
- Speaker #1
Et qui t'a poussée du coup à faire...
- Speaker #2
Oui, donc ça peut être ce... Bon, ça, ça peut être vraiment de l'ignorance, donc ça peut être un peu ça. Donc, une jeune fille qui vient consulter, je ne sais pas si elle avait, on va dire, entre 18 et 21 ans, et qui me dit, des fois, avec des affirmations, voilà, moi, je ne me protège pas. Donc, je demande pourquoi tu ne te protèges pas dans tes rapports sexuels, tu n'utilises pas ni contraception, ni préservatif. Elle dit... Non, non, non, moi, j'ai pas besoin. Je sais que je suis puissante et que... Tu es puissante ? Je tomberai pas enceinte, mais convaincue. Elle était convaincue.
- Speaker #1
C'est la puissance...
- Speaker #2
Son corps, il peut lutter contre ça. Elle, il lui arrivera rien. Elle est invincible. Je sais pas. Mais elle a tout senti invincible que non. D'accord. Et voilà.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #2
Voilà, ça peut être une autre qui, elle, à l'inverse, pensait que la pilule du lendemain était la contraception normale. Oh là là ! Et de venir me voir, donc, 4, 5, 6 fois. Oui, parce que je lui dis, donc, elle vient faire son dépistage, donc, tu utilises quelle contraception ? Elle me dit, ben, la pilule du lendemain. Je lui dis, oui, mais...
- Speaker #0
C'est pas une contraception.
- Speaker #2
Voilà, ça, c'est une contraception d'urgence. Voilà, qu'est-ce que... Elle me dit, ben non, c'est ça, la pilule. Et je lui dis, ah non, pas du tout. Donc, il faut réexpliquer. Il y a des règles qu'on a utilisées. Oui, ça avait complètement déréglé son cycle avec des douleurs parce que c'est quand même une forte dose puisqu'elle n'est pas dosée pareil qu'une contraception classique pour pouvoir avoir une meilleure action. Donc, ce genre de choses où les garçons aussi qui peuvent être assez grossiers et de dire, voilà...
- Speaker #0
C'est un jeune peut-être de 16, 17 ans. Et dans le fond, il avait été blessé parce que sa copine, il a appris qu'elle avait eu un copain avant lui. Donc, il a eu un rapport sexuel. Et il me dit, je viens parce que j'ai couché avec une pute. Je lui dis, mais tout de suite, c'est violent. Et c'est vraiment le mot qu'il emploie. Je lui dis, comment ça ? Il me dit, oui, elle s'est tapée. Tous mes copains, tous ils y sont passés. Voilà, donc il y avait des choses à remettre. Donc je lui ai dit, moi je pensais, parce que ça peut arriver que des gens viennent faire un dépistage parce qu'ils ont eu des rapports avec une personne qui travaille dans la prostitution, une travailleuse du sexe, voilà. Mais là, lui, non. Finalement, en discutant, il la connaît, c'est sa petite copine, il a discuté, ils sont amoureux, ils sont en couple. Donc je lui ai dit, voilà, c'est pas une pute, c'est pas une salope. comme il disait, il l'appelait pute, salope et donc remettre les choses en perspective et c'est un travail qui peut être assez long de dire il s'est passé quelque chose pourquoi toi t'es blessé,
- Speaker #1
c'était quelque chose elle avait eu des copains avant lui donc ça n'avait rien à voir avec la relation actuelle mais lui il voulait la quitter en fait il était face à une grosse désinformation sur sur la sexualité une absence totale d'éducation sur la sexualité absence d'éducation ...
- Speaker #0
plus mes informations. Mes informations. Parce qu'ils avaient des informations, mais fausses. Comme elle savait que la pilule du lendemain existe pour la jeune fille, mais elle pensait que c'était ça qu'il fallait faire. Quand on ne se protège pas, on a un rapport, et du coup, on prend une pilule du lendemain. Et elle, elle faisait ça 20 fois dans le mois. Je trouve que ça... Ce n'est pas comme ça que ça fonctionne, comme ce garçon qui pense que sa copine est forcément mauvaise et qu'il la présente comme une prostituée, alors qu'en questionnant, elle ne l'était pas.
- Speaker #1
c'est lui qui a été blessé dans son amour et du coup quand tu vis ce genre de situation à ce moment là tu te dis quoi t'es désarmé tu te dis tu en parles à qui comment
- Speaker #0
moi c'est mon travail donc je suis juste triste pour la personne et je commence mon cerveau comme on peut dire se met en branle et à dire ok voilà qu'est-ce qu'il va falloir les stéréotypes qu'il va falloir déconstruire Merci. Comment je vais essayer d'échanger sur ce sujet avec lui, lui apporter les bonnes informations à lui ou à elle, leur apporter les bonnes informations pour comprendre. L'idée, c'est de prendre bien soin de sa santé et d'instiller des bons messages pour que la personne se sente bien et déconstruise toutes ses mauvaises idées.
- Speaker #1
Et qu'est-ce qui t'emmène à te dire que tu vas reprendre des études encore une fois ? Parce que tu avais déjà fait un DU, un terrain université en maladie infectieuse, pour apprendre, découvrir ce qu'est le métier de sexothérapeute. Est-ce que tu peux nous partager le sujet ou la situation, la réflexion que tu as qui te dit « Non mais je vais retourner encore en formation » .
- Speaker #0
Alors moi, je ne suis pas du tout perfectionniste. Ce n'était pas du tout l'idée. Mais j'ai vraiment soif d'apprendre et de faire mon travail correctement. Mais pour pouvoir donner les bonnes informations, il faut être formé. Et la sexualité, même si je travaillais en centre de santé sexuelle, je me retrouve à travailler dans ce lieu. Et j'ai réalisé que dans tout mon parcours d'infirmier, je n'ai eu aucune formation sur la sexualité. On nous a formé sur les maladies, le VIH. survoler les IST parce que je les ai vraiment découvertes en travaillant dans le service. Et je me dis que ce n'est pas possible. Et c'est aussi de voir la détresse des personnes et pour certaines, plutôt, leur parcours résonnait aussi avec le mien. Ce manque d'éducation affective et sexuelle va les conduire à se mettre dans des situations difficiles où, dans leur milieu, la sexualité est taboue. il n'y a personne pour l'évoquer et on réalise que parfois on est la première personne de leur vie avec qui la personne interagit sur ce sujet donc je me dis je ne prends pas comme une grande responsabilité et je me dis c'est le moment où il faut instiller donner des bons messages pour que la personne se sente bien et reprenne son autonomie et dans le public nous qu'on reçoit comme je vous ai dit il est multiculturel et ce qui m'a frappé c'est de voir que c'est des problèmes par exemple pour les jeunes filles qu'elle pouvait avoir des très tôt, 14, 16 ans, être déjà dans des schémas mauvais, d'avoir déjà dans des relations où la fille, par exemple, est battue. À 16 ans ? Oui, à 16 ans. Ou revenir sans cesse avec des IST répétés, alors qu'elle dit qu'elle a toujours le même copain. qu'elle n'a pas de rapport avec d'autres personnes, nous, on traite, mais de dire qu'est-ce que ça t'évoque ? Ça veut dire que l'infection, tu ne l'attrapes pas toute seule. Donc, qu'est-ce qui se passe dans la relation ? Ben oui, mais donc, on découvre des dépendances affectives. Et pour moi, ça m'inquiète, en tant que femme aussi, de me dire, ils ont 16, 18, 20 ans, 21 ans, et ils sont déjà, ou elles sont déjà emprisonnées, aussi jeunes, dans des relations. avec parfois de la violence.
- Speaker #1
Oui, c'est assez choquant. Du coup, là, tu décides de faire ton DU. Tu entames ton DU de sexothérapeute. Et puis, l'année se passe, tu le fais sur un an ?
- Speaker #0
Alors, le DU, ça dure trois ans.
- Speaker #1
D'accord, donc tu le fais sur trois ans.
- Speaker #0
Donc, on travaille, c'est ça les diplômes interuniversitaires, on travaille et je vais à la formation un week-end par mois. À peu près, oui.
- Speaker #1
Donc, tu le fais sur trois ans et à la fin, c'est sanctionné, j'imagine, par un mémoire ?
- Speaker #0
Oui, alors on a un mémoire et des examens écrits. Un mémoire en première année.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Et en dernière année, encore un mémoire à faire. Mais à chaque fin d'année, il y a un oral et un écrit.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #2
Avant qu'on rentre sur ton mémoire, est-ce que d'abord, tu peux nous expliquer en quoi consiste le métier ?
- Speaker #1
De sexothérapeute.
- Speaker #0
qu'est-ce qu'être sexologue ? Alors moi, je dis, c'est accompagner les gens.
- Speaker #2
Sexologue ou sexothérapeute ?
- Speaker #1
Est-ce que c'est la même chose ? Oui,
- Speaker #0
on peut dire. Alors, en France, normalement, on peut prendre... Le titre de sexologue n'est pas protégé. Donc, n'importe qui, qui n'a même pas fait d'études... Moi, je peux dire que je suis sexologue. Voilà. On peut dire, je suis sexologue. D'accord. Mais ce qu'on dit souvent, c'est que par contre, le DU, le Diplomataire Universitaire de Sexualité Humaine, je crois que c'est ça le... Le nom ne peut être suivi que par des personnes appartenant au corps médical ou paramédical. Voilà. Psychologue en plus aussi, conseillère conjugale familiale, médecin, toute spécialité, psychiatre, gynéco, généraliste, peu importe. Sage-femme, infirmière, infirmière. J'espère que je n'oublie personne. Donc nous, on a une profession, comme on dit, de base. et en plus... On va rajouter ce diplôme, mais malheureusement, ce n'est pas vu encore comme une spécialisation puisque ce diplôme n'est pas encore très bien reconnu. Mais voilà, on va faire cette formation pour pouvoir apprendre davantage, mais par rapport à nos métiers de base. C'est un plus parce que le médecin va rester médecin, admettons, généraliste, mais comme il connaît bien la sexologie, la sexualité, va pouvoir faire des accompagnements et prescrire. Mais les personnes qui ont fait d'autres types de formations, du coup, pas universitaires, donc des écoles privées ou autres, doivent plus porter le titre de sexothérapeute. Voilà. Mais dans tous les jours, il y a une confusion. On dit les deux, sexologue, sexothérapeute, mais voilà, il y a deux façons de pouvoir arriver quand même.
- Speaker #1
Et donc, ça consiste en quoi, ce métier de sexologue,
- Speaker #0
sexothérapeute ? Comme ce que je disais tout à l'heure, pour moi, c'est intervenir pour parler d'intimité. C'est vraiment ça. Je préfère dire intimité parce qu'on ne va pas voir un sexologue forcément ... Quand on a déjà démarré une activité sexuelle, on peut venir.
- Speaker #1
Avant ?
- Speaker #0
Oui, avant, parce qu'on se questionne. Des fois, ça peut être le motif, parce qu'on a peur, parce qu'on n'y arrive pas.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Ça peut déjà être là. Par exemple, quelqu'un qui a du vaginisme, elle a peut-être un copain ou une copine, une relation, mais l'intimité ne peut pas se faire comme elle voudrait. parce que la pénétration n'est pas du tout obligatoire. Mais voilà, ça peut être... Il ne faut pas confondre, parce qu'il y a aussi les thérapeutes de couple. Ça, c'est autre chose. Mais nous, on va parler de sexualité, mais intimité. Par exemple, j'ai une consultation avec les adolescents. Un peu plus même. C'est 13-25 ans. Donc, eux, ils vont me parler plus de ce qu'ils ont vu. Les interactions entre copains et copines. Est-ce que c'est normal de faire ci, de faire ça ? Comment draguer ? ça revient souvent comment est-ce que c'est respectueux de faire ça c'est quoi le consentement donc vous voyez ça tourne toujours autour de la thématique de la sexualité mais c'est pas forcément du sexe ou des fois c'est mes parents j'ai vu qu'eux font ça ou mes parents ont dit ça est-ce que c'est normal qu'ils se comportent comme ça ou mais du coup tu c'est c'est quoi c'est Ce public-là,
- Speaker #2
il peut te voir où ?
- Speaker #0
Alors là, c'est à l'espace tête-à-tête à Rony. C'est les mercredis après-midi uniquement. Pas du tout. L'idée de ce projet qui a été monté, c'est un espace pour les jeunes, l'espace tête-à-tête, où ils viennent faire leur... C'est un espace pour parler du bien-être. Il y a des intervenants, l'équipe est composée d'intervenants avec qui ils vont parler. Mais c'est le bien-être du jeune global. Donc, c'est physique, mental. Tous les ans, il y a une exposition dans le lieu et ça change. Le lieu est présenté comme une boutique. C'est pour ça qu'il est dans un centre commercial. parce que les jeunes ont du mal à venir parfois dans une PMI qui est trop étiquetée féminin femme, santé et puis avec des bébés peut-être le projet c'est d'avorter, c'est compliqué d'aller là-bas pour en discuter alors que c'est le lieu et nous c'est Gide ou centre de santé sexuelle où là c'est pour faire des dépistages et la personne peut-être elle a peur ou elle a peur j'ai pas envie de me faire piquer, je veux pas voir des gens en blouse donc c'est un lieu neutre comme ça où Il y a des bureaux où on peut recevoir un individuel. Et là, on peut en profiter pour échanger avec les 13-25 ans. Et voilà, c'est gratuit. Et on parle aussi de drogue. Pas moi, c'est les collègues, parce que c'est le lieu. Moi, j'interviens un petit temps. Sur la partie... Comme dire, on squatte les lieux pour avoir une présence, pour échanger. S'il y a besoin de faire des dépistages ou d'aller plus loin, large-oriente.
- Speaker #1
D'accord, très bien. Du coup, parle-nous maintenant de ton mémoire. Quoi de ton mémoire ? Oui,
- Speaker #0
alors oui, en effet, pour mon mémoire, j'ai choisi de parler de la sexualité des femmes noires, voilà, de l'intimité des femmes noires afrodescendantes, donc oui, je remontre le livre, donc c'est le titre un peu long, mais c'est l'impact des cultures des femmes afrodescendantes sur leur vie affective et sexuelle.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui t'a emmené à t'orienter ? Parce que ton mémoire, tu aurais pu le faire sur plein de sujets différents. Qu'est-ce qui t'a amené à prendre cette décision de faire un focus sur ce sujet-là ? Est-ce qu'il y a quelque chose dans ton éducation, dans ton vécu, dans ce que tu as pu observer, même dans ta vie d'adulte ? Qu'est-ce qui t'a poussé à aller vers là ?
- Speaker #0
J'avais beaucoup hésité à choisir ce sujet parce qu'il était assez impliquant pour moi. aussi, même s'il ne s'agit pas de moi dans le livre, pas du tout, mais quand même, ça... Avant de faire un mémoire, moi je ne suis pas forcément très littéraire, je n'en avais jamais fait de cette manière-là. C'est un travail qui demande beaucoup de temps et de recherche, de lecture. Et les professeurs nous avaient vraiment dit il faut que ce soit, pour que vous y arriviez, pour réussir à écrire, que ce soit un sujet qui vous passionne, qui vous intéresse. Et Et... mais qui est en lien avec la sexualité. Et je me suis dit, voilà, c'est dans cette société, et je le voyais dans mon travail, comme je vous ai dit, c'est un public international, et beaucoup de personnes, on peut dire, migrantes, ou exilées, ou polytraumatisées. Et moi, je suis enfant d'immigrés. Et certes, je ne suis pas... c'est pas moi qui ai fait la migration. Je suis née en France, j'ai grandi ici. Donc, je me disais, on ne s'intéresse pas à ces personnes. C'est souvent, pour m'inspirer, j'ai regardé des sujets de mémoire d'avant, des années précédentes, et c'est toujours femmes noires et VIH, femmes, je ne sais pas moi, telle communauté maghrébine, telle tradition. Mais on ne s'intéresse pas.
- Speaker #1
Tu es tombée dessus ?
- Speaker #0
Tu tapais quoi ? J'ai juste lu, j'avais accès aux annales de tous les anciens mémoires de sexologie. Voilà, pour m'inspirer, quels sont les thèmes qui ont déjà été traités. Pour ne pas prendre un sujet déjà traité dix mille fois. Il y avait ça aussi, puisque dans les critères, il y avait l'originalité. Et je me suis dit, c'était sûrement le bon moment pour moi. J'avais bien travaillé sur moi-même. C'est un sujet que j'avais quand même bien réfléchi, la sexualité, par rapport à mon expérience relationnelle. Et par rapport à mon éducation, et c'est vrai, ce qui revient, vous parliez au début, vous me questionnez sur les rôles modèles, les femmes qui nous inspirent. Eh bien, voilà, j'avais été confrontée, j'ai vu la souffrance de femmes dans mon enfance, que ce soit de tante, de ma mère ou d'autres femmes que j'ai pu fréquenter. Et la sexualité dans ma communauté, la communauté afro-descendante, c'est hyper tabou.
- Speaker #1
C'est très,
- Speaker #0
très tabou. Et ça peut nous entraîner à la dérive complètement dans des situations de violence incroyables. Et je me suis dit, puisqu'on me donne une occasion de m'exprimer sur un sujet, c'est le moment. Alors, ça n'a pas été simple, mais du coup, j'ai choisi de parler de l'intimité des... des femmes noires, voilà, afrodescendantes.
- Speaker #1
Et est-ce que ça a été facile ? Parce que j'imagine en termes d'infos, comment tu t'es...
- Speaker #2
Parce qu'il me semble qu'en France, les études raciales ne sont pas autorisées.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. En France, on ne peut pas, on doit faire des études normalement sur l'origine. On peut faire sur des personnes, je ne sais pas, telle tribu originaire de... je ne sais pas, Congo, Mali, Bénin, de tels continents. Mais d'ailleurs, c'est ça qui m'a gênée dans toutes les études que j'avais vues, parce que je me suis dit, est-ce que c'est quelque chose qui existe encore ? On n'est pas, nous, nés en France, nos parents n'ont pas reproduit exactement le même schéma que si on avait été éduqués dans le pays d'origine de nos parents.
- Speaker #1
C'est vrai qu'en fait, la question de l'épanouissement sexuel, La question de l'éducation sexuelle pour aller vers un épanouissement sexuel est quand même une question assez importante parce qu'en fait, ce n'est pas juste un aspect isolé. Le sexe fait partie de la vie à part entière et en fait, je pense qu'être épanoui sexuellement permet d'être plus performant dans les autres sphères de sa vie. Donc, je pense qu'il y a vraiment un enjeu dans l'éducation sexuelle. Du coup, tu nous as expliqué... Le choix de ton mémoire, que tu nous as expliqué aussi un peu de ton vécu. Tu nous avais dit que tu es ici d'une famille d'immigrés, que tu as connu le racisme, que tout ça, tout ce que tu avais vécu, tout ce que tu avais pu voir sur le rôle, la place de la femme noire, t'avait impacté et donné envie d'orienter ton mémoire vers... vers la question de quel est l'impact des cultures des femmes afrodescendantes sur leur vie affective. Et j'aime bien parce qu'en fait tu dis leur vie affective, parce qu'effectivement la vie sexuelle fait partie de la vie affective, mais il n'y a pas que ça, il y a aussi le... Je te laisserai, parce que c'est toi l'experte, je te laisserai nous le dire. Mais je trouve que ce mot, en fait, correspond, est beaucoup plus juste. Anaïs, tu as vu un problème. Avec Nelly, quand on a préparé cet épisode, on a été un peu bluffés parce qu'en étant, ça veut dire que tu es une véritable entrepreneuse, en fait. Tu as décelé un problème et tu t'es dit, tiens, je vais trouver une solution pour y répondre. Et en fait, le problème se trouve au cœur de ton livre. C'est-à-dire que tu t'es rendu compte... Partage-nous la conclusion que tu as faite après ton travail de recherche. Tu t'es rendu compte que finalement... Je te laisse le livre.
- Speaker #0
Je te laisse le livre. Fais-nous juste un teasing. Je ne sais pas si on a la même conclusion parce qu'il y a quand même beaucoup de choses dans la conclusion. qui était que les femmes afrodescendantes ont des besoins spécifiques. Exactement. Voilà, ça, ça reste... Comme ça, j'ai dit sans trop de...
- Speaker #1
Je me suis dit que c'était ça. C'est exactement ça.
- Speaker #0
De rendre compte que de par nos cultures, la diversité de nos origines... Tout à fait. Et il faut prendre en compte le contexte qu'on vit en France. Exactement. Les filles que j'ai interrogées, bravo déjà, merci à toutes ces femmes. viennent aussi de Belgique et d'ailleurs, mais c'est souvent Belgique, France ou Antilles, Guyane, les dom-toms. Donc, on est considéré, entre guillemets, comme minoritaire visuel dans ce pays. Donc, c'est ça, c'était aussi un effet important. Et nos parents ont été éduqués autrement. Leur culture d'origine, leur langue maternelle, ce n'était pas le français. C'était pas... Voilà, donc ils viennent avec tout leur bagage et ils nous éduquent et nous... on apprend aussi, parce qu'on est français, française, les valeurs et normes françaises. Et c'est comment l'enfant fait le mix de toutes ces cultures. Et voilà, ce que je voulais montrer, c'est à quel point le reflet de ces cultures dans notre vie affective après. C'est pour ça que tu l'as bien dit. J'ai voulu mettre, au début, je partais que sur la vie sexuelle, puisque c'était en plus un mémoire de sexologie. Et je me suis dit, non, je vais rajouter affective, parce que Je pense que moi, j'en suis consciente parce que je l'ai vécu et que je fais partie des femmes afro-descendantes, je suis concernée. Mais je pense que certains, certaines personnes ne s'en rendent pas compte, qui ne sont pas dans la communauté, ou même certaines qui sont dans la communauté ne le voient pas. Sur le parti affectif, c'est que, par exemple, nous, on peut se questionner sur des choses que les gens ne se questionneront pas. Peut-être dans nos cultures, si le mariage est arrangé, quelque chose de normal, tu peux te dire pourquoi pas. C'est pas parce qu'on est en France et que ça ne se fait pas dans la culture française d'aujourd'hui. Et il y a aussi le choix du partenaire. Parce que je parle en termes de femmes, c'est des femmes que j'ai interrogées, féminins, et c'était des femmes hétérosexuelles. Le choix du partenaire, est-ce que je choisis un homme noir ou pas ? Le choix, des fois, se pose pour certaines. Tout à fait. Et ça se rajoute en plus de la culture et de la religion.
- Speaker #1
Et en fait, j'ai envie de dire, tu m'arrêtes si je me trompe, et que c'était comme un choix aussi, on peut dire que c'est un choix inconscient. Parce que, tu vois, quand tu dis, est-ce que je choisis un noir ? Je suis en France, est-ce que je choisis d'être avec un noir ou un blanc ? En fait, ça peut être complètement inconscient. On peut avoir... On peut être... Je veux dire, on peut porter son regard uniquement sur des blancs, parce qu'on se dit... Enfin, sur des noirs, excuse-moi, parce que c'est ce qui est attendu par ma famille, et puis c'est normal. Alors que finalement, peut-être qu'on est attiré par des blancs.
- Speaker #0
Oui, c'est ça qui...
- Speaker #2
C'est quand même des atouts.
- Speaker #1
Bon, sujet. Là,
- Speaker #0
on va rentrer dans les mauvais stéréotypes. En fait, oui, c'est vraiment ça. Et ça a été beau lors de ce travail de recherche. C'est de pointer ça. Il y a eu des moments d'illumination avec certaines femmes qui réalisaient, quand on faisait l'interrogatoire, que, ah oui, finalement, tous mes partenaires, c'est le même profil. Par exemple, une dont je me souviens parfaitement, c'était homme blanc. classe moyenne supérieure ou supérieure. Donc, forcément, hors de sa classe, puisqu'elle venait d'un milieu plus modeste, blanc, parce qu'elle se sentait valorisée pour ça. Elle n'avait aucune conscience. Juste au moment où on a discuté, parce que, comme je posais la question, de raconter un peu la biographie affective et sexuelle. De ne pas dire tout raconter, mais de faire un peu un flashback, un recours sur les partenaires qui ont marqué sa vie ou avec qui elle a été. Et je pose aussi cette question très ouverte de est-ce que ta couleur de peau a eu une importance ou pas dans ta vie affective et sexuelle ? Et j'ai laissé très libre aux personnes de pouvoir répondre. Et certains m'ont répondu, alors que je ne m'y attendais pas, oui, parce que moi, j'ai fait le choix de sortir qu'avec des Noirs. D'autres m'ont répété, oui, peut-être parce que j'ai vécu de la fétichisation ou d'autres choses. Ou comme elle, de dire... Oui, parce que je réalise qu'en fait, ils m'ont tout choisi parce qu'ils me trouvaient, par exemple, exotique ou belle pour une antillaise. Mais si on ne prend pas le temps de réfléchir et de se poser, c'est là où il y avait plein d'illuminations lors des entretiens. Et de dire, oh oui, en fait, je choisis le même profil. En fait,
- Speaker #2
tes entretiens,
- Speaker #0
c'était des thérapies, en fait. Oui, comme on peut dire. Moi, je voyais ça. Elle, peut-être, certaines en ont eu conscience ou pas, mais c'était plus pour moi comme... Une introduction. Et là, j'ai pu jouer à double parce que c'est un peu ça, ce travail de recherche. Parce que pour moi, ce que je voulais montrer aussi, c'est qu'on a une communauté souvent qui ne consulte pas. Et en plus, ce sujet est tabou. Donc, consulter sur la sexuée, c'est encore pire. Donc, c'était peut-être leur donner le goût et qu'elles se rendent compte que c'est possible. Il y a des gens qui existent, qui ont fait ce travail sérieux et qu'on n'est pas là pour les juger. Et juste discuter. C'est juste mettre les choses à plat. Et voilà, comme tu parlais, et puis d'aller vers du plaisir. Comme tu l'as dit, l'épanouissement. Et que c'est un lieu d'épanouissement.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Il n'y a pas de raison de souffrir.
- Speaker #1
Franchement, pour tout ça, j'ai envie de te féliciter. On a envie de te féliciter avec Nelly, parce que, en fait, comme je te le disais tout à l'heure, tu es vraiment un exemple d'engagement, de détermination et d'audace. Parce qu'en fait, c'est quelque chose d'assez particulier. Tu as détecté un besoin chez tes passions. quand tu étais au Cégide et tu t'es dit tiens comment je peux y répondre et ça franchement je trouve ça vachement audacieux et c'est ce que moi j'encourage moi dans mon travail de coach en audace c'est d'essayer de réinventer son activité professionnelle en se demandant comment on peut résoudre un problème tu vois et donc je trouve ça très intéressant donc tu nous as parlé de ton mémoire si on passe à la section Empowerment quel conseil tu donnerais parce que tu as quand même deux fois à deux reprises Tu as quand même à deux reprises, Anaïs, dans ton parcours, repris tes études. Ce n'est pas anodin. Tu vois, alors, bien que tu n'aies pas d'enfant, bien que tu dises que tu es actuellement célibataire, voilà, je veux dire, ce n'est pas quand même anodin de reprendre ses études deux fois dans sa carrière.
- Speaker #2
Tu peux rappeler quel âge que tu avais ? Parce que tu ne l'as pas fait tout de suite après ton diplôme d'infirmière.
- Speaker #0
Non. Alors, quel âge ? Quel âge ? Le DU de maladie infectieuse, peut-être vers 30 ans. vraiment je vais dire une tranche 30 ans et puis là j'en ai 37 donc 35 vers 30 ans j'ai recommencé 35 mais exclusivité pour vous j'ai pas fini je sais que je vais là j'ai pas encore fait une formation mais je sais que je vais forcément me former encore aujourd'hui la médecine, la santé ça évolue vous voyez là les technologies on est dans un podcast donc il faut se former en fait Moi, j'aime bien le... J'allais dire performant, mais ce n'est pas le mot exact, mais d'être la plus ajustée possible pour aider au mieux les gens. Et je suis très curieuse. Du coup, voilà, l'envie de se former, d'apprendre plus, de découvrir plus pour aller plus loin.
- Speaker #2
Tu te considères comme ambitieuse,
- Speaker #0
Anaïs ? Oui, je pense. D'accord, clairement. Ça me fait plaisir.
- Speaker #1
Et qu'est-ce que tu fais pour soutenir, d'ailleurs, puisque tu parles d'ambition, qu'est-ce que tu fais pour soutenir tes ambitions ?
- Speaker #0
Ah, je vais dire discipline, même si c'est compliqué.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Mais c'est de faire le point avec ma main régulièrement. Alors, ça, c'est vrai que je n'y ai pas pensé tout de suite, mais ça m'est venu en toile de fond de tout ce que je vous dis depuis le début. C'est la thérapie.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
D'avoir suivi une thérapie, même plusieurs thérapies. C'est d'oser demander de l'aide, un suivi. Et aller au bout. Bien sûr, il peut y avoir des pauses, mais voilà, me forcer. Donc, c'est que je vois aussi dans une espèce de discipline. Tant que je n'ai pas résolu ce problème-là, je vais continuer à y aller. Et donc, la thérapie a été vraiment, comme disait le mot, game changer. Même si, moi, je peux avoir mes idées, d'avoir été, ça m'a permis de découvrir qui j'étais. Après, et arriver aussi... Mavic Bright ou plein d'autres personnes, le développement personnel, et de se dire, moi, j'ai toujours été comme ça. Quand je suis face à un problème, à un obstacle, je m'ennuie ou je suis triste ou ça n'avance pas, il faut trouver la solution. Si on me dit qu'il faut faire ça, il faut faire comme ci, comme ça, eh bien, voilà. Je vais chercher la solution et je vais faire ce qu'il faut pour avancer. Un peu comme là. En tant qu'infirmière, je ne suis pas formée à la sexualité. Les patients viennent me confier des choses de leur vie sexuelle. Je ne sais pas y répondre. Au bout d'un moment, je dis, ben non, il faut aller se former pour pouvoir répondre. Et ainsi de suite.
- Speaker #1
Je trouve ça top parce que finalement, tu incarnes ce que tu dis à tes patients, ce que tu recommandes à tes patients. Toi-même, dans ta vie à toi personnelle, quand tu es confronté à une impasse, où tu sens que tu as besoin d'aide, donc tu acceptes. d'avoir l'aide des autres. Et tu voudrais que les personnes qui se posent des questions sur la sexualité, sur leur vie affective, puissent... Parce qu'en fait, dans ton livre, c'est tout ça l'idée, c'est de dire qu'il ne faut pas avoir peur, il ne faut pas se mettre de barrière pour consulter une sexothérapeute.
- Speaker #0
Parce que je pense que vous le savez aussi, parfois les femmes, on peut avoir peur, mais pas que, les hommes... Parce qu'on a l'illusion, moi je appelle ça une illusion dans notre société, que le sexe n'est pas tabou. C'est vrai qu'il est moins tabou qu'ailleurs, mais la manière dont on en parle est parfois grossière, et parfois pas de manière éducative, on n'apprend rien de bon. Et au contraire, on renforce des stéréotypes, on met les gens dans des injonctions encore plus dures. Donc voilà, c'est important d'oser poser des questions et de savoir qu'il y a des personnes qui ont travaillé, qui sont sérieux et sérieuse pour aider à avancer.
- Speaker #1
Du coup, quel conseil donnerais-tu ? On était sur le conseil. Quel conseil tu donnerais à une femme qui s'ennuie dans son boulot ?
- Speaker #0
Alors, moi, je pense qu'il faut être curieux et curieuse. Donc là, c'est pour une femme, être curieuse et ne pas hésiter. Moi, j'adore, ça me vient tout le temps, là, depuis que je vous parle, la nature. Moi, c'est dehors et c'est dans la nature, en voyageant, que je prends mon inspiration principale. Et essayer de nouvelles choses. Parce que pour moi, pour avoir, c'est ma définition vraiment personnelle d'une belle vie, c'est d'expérimenter. J'aime bien vivre des expériences nouvelles. Ça nous permet de rencontrer des gens qu'on n'aurait jamais rencontrés autrement, comme vous aujourd'hui. Et de se retrouver dans un podcast. Donc, attention à ce que vous tentez. Mais voilà. Donc, le conseil, c'est de croire. Surtout, c'est croire en ses rêves. Bien sûr, tout n'est pas réalisable, mais ça donne au moins, je pense, la petite impulsion qui permet d'aller mettre, de faire, comme on dit, le premier pas. mon rêve je sais pas c'est de devenir esthéticienne ok ben peut-être là j'ai pas encore le budget mais je peux me former sur la colorimétrie, je sais pas si ça fait partie du métier, je dis peut-être des bêtises mais voilà, ou d'aller faire telle formation et peut-être que quand on va démarrer la formation on va rencontrer quelqu'un d'extraordinaire qui va nous passionner ou avec qui on va sympathiser, on se dit mais finalement c'est pas esthéticienne que je vais faire c'est autre chose et donc il faut toujours y aller et oser prendre le temps, moi je trouve ça enrichissant aussi pour moi Je trouve ça divertissant. En fait, c'est plaisant. Ce n'est pas comme se former pour se former. Juste pour faire de l'argent, pour faire de l'argent, ou se fatiguer. Tu parlais au tout début, vous disiez, dans Bada, ce qui est important, c'est le chemin. Mais voilà, moi, c'est le chemin. Parce que peut-être que, par exemple, ça me revient, j'avais complètement oublié. Je ne voulais pas exercer comme sexologue, spécialement. D'accord. C'était pour, en tant qu'infirmière, mieux comprendre la sexualité pour mieux répondre aux questions. Mais je ne m'étais pas dit, je vais peut-être un jour ouvrir un cabinet, je vais avoir ma propre consultation, je vais faire de la sexologie. Non ! Et après, tout a changé.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Voilà, c'était en savoir plus.
- Speaker #2
Une fois que tu fais le premier pas, moi, c'est ce que je dis aussi aux personnes que j'accompagne en ambition, c'est qu'en fait, une fois que tu fais le premier pas, il y a d'autres chemins qui s'ouvrent à toi. Et c'est ça qui est génial, mais juste déjà, oser faire le premier pas. Mettez-vous déjà la discipline pour faire le plus 1 et après, vous voyez, on n'a pas besoin de se projeter au pas plus 1000. Juste avançons pas à pas pour se rapprocher de son objectif qui peut totalement changer. Et c'est OK, en fait. C'est ça qui est génial, finalement.
- Speaker #0
Et puis, comme tu disais, surtout par rapport aux objectifs, c'est que même si tu sais le final, c'est de, par exemple, faire telle formation. Par exemple, si on n'a pas obligé, c'était le cas pour moi, c'est de dire OK. Là, mon objectif, c'est de rassembler cet argent ou de trouver l'organisme pour financer. Et bien, rien que ça, j'allais au travail plus gaiement parce que je savais que l'argent, je dois récolter. Ça donnait plus de sens à ton réveil. Et pour les jeunes ou les personnes que j'accompagnais aussi, je note, il m'a posé ça comme question, je ne sais pas y répondre aujourd'hui, je note. Maintenant, je vais aller chercher la réponse. Comment ? Voilà.
- Speaker #1
super, on va passer à l'inspiration est-ce que tu peux nous partager une citation un mantra ou une réflexion qui te guide tous les jours ça j'ai pas grand chose mais par exemple j'ai pas de mantra en tout cas j'ai un mot ou
- Speaker #0
deux déjà tout de suite encore c'est puissant ce qui m'est venu c'est un mot que j'aime beaucoup Et c'est ma vie qu'on apprend à faire la power pose. Je ne fais pas forcément la power pose, mais c'est de se rappeler chacune. Et je pense qu'en chaque femme, il y a une femme puissante. Peu importe où on en est, le fait déjà de se lever chaque jour, de vivre en fait, on est déjà puissant. C'est déjà du pouvoir. Et d'avoir eu des parents, enfin d'avoir un père handicapé, moi j'ai vraiment une... comme on peut dire, compassion, une empathie très forte pour les personnes avec un handicap. Et j'ai conscience que pouvoir marcher, même si c'est emboîtant. Moi, j'ai vu mon père passer de boiter un petit peu à une canne, à une béquille, deux béquilles, fauteuil roulant, puis la mort. Mais du coup, de se dire, c'est quelque chose en fait. J'ai des atouts en moi. parce que je vis, parce que je peux me voir, parce que j'arrive, je peux parler. Donc, c'est me rappeler souvent quand ça ne va pas que je suis puissante et de me dire aussi, me répéter tout le temps. Je peux tout faire. Je ne vais pas dire que je vais tout faire bien et que je vais tout réussir. Mais au moins, je peux essayer.
- Speaker #2
Tu peux essayer.
- Speaker #0
Donc, je peux tout faire. Et comme tu disais, Nelly, tu fais le premier pas. Et peut-être qu'on se dit, je ne peux pas. Ça ne va pas. Mais on peut essayer. On peut essayer. On peut essayer. Finalement, j'ai rêvé aussi un moment de faire de la pâtisserie. Voilà, je n'y arrive pas. Donc, on a laissé la pâtisserie. Mais j'ai réessayé.
- Speaker #1
Je trouve ça beau, ça me touche beaucoup ce que tu dis, parce qu'en fait, ça me fait penser à la gratitude. Je pense qu'on devrait plus être en... Enfin, davantage être en gratitude et se rendre compte que finalement, tout ce qu'on a aujourd'hui n'est pas acquis, parce que tu parlais de l'handicap de ton père. Et je trouve que le fait d'être en gratitude, et c'est pour ça qu'on a créé, avec Nelly, le journal de gratitude. Quand on est en gratitude, on est beaucoup plus, comment dirais-je, on est beaucoup plus conscient de ce qu'on a accompli et de ce qu'on peut accomplir.
- Speaker #2
On voit aussi à l'univers un message positif et pour les personnes qui croient à la spiritualité, plus tu envoies un message positif et plus le positif revient à toi. C'est un peu ce qu'on appelle en science cognitive le fait de créer sa propre réalité finalement.
- Speaker #1
Là, on va passer aux questions sexy tune.
- Speaker #2
Au roulement de tambour, sexy tune.
- Speaker #1
Alors, la première question qu'on a envie de te poser, c'est quel est ton rapport à l'argent, Anaïs ?
- Speaker #0
Où est-ce que je suis tombée ? Tu vois, je m'arrange, je me remets en place. Il a beaucoup changé. Ce n'est pas parfait. J'ai toujours de grandes ambitions. Mais aujourd'hui, je peux dire... J'ai quand même beaucoup évolué. J'arrive à économiser. Et je vois l'argent comme un moyen. Vraiment. Ce n'est pas une fin en soi, comme un outil. Et je vois ce qui permet de faire de beau, en fait. Et tout le stress qu'il enlève quand on a.
- Speaker #1
C'est clair.
- Speaker #0
Et voilà. Et par rapport aussi, on n'est pas égaux, malheureusement, à la santé. Et ça, ça m'a beaucoup... C'est quelque chose qui me touche beaucoup. Quand il y a des traitements qui coûtent... coûte certains prix, tu ne peux pas y accéder parce que tu n'as pas les moyens.
- Speaker #1
C'est clair.
- Speaker #0
Donc, c'est...
- Speaker #2
Avec la sécurité sociale,
- Speaker #0
je ne suis pas un... Ah oui, complètement, complètement. Ah,
- Speaker #2
ok.
- Speaker #0
Parce que, ben oui, déjà, ça se passe déjà la mutuelle. Tu dis avec la sécurité sociale, mais la sécurité sociale, il y a une... C'est tarif de base. Tu vois bien, quand tu vas chez le dentiste, combien il faut compléter.
- Speaker #2
Ah oui.
- Speaker #0
Il y a plein de gens qui ne peuvent pas aller chez le dentiste.
- Speaker #2
Il faut que je me rebranche avec Dalière pour ma fille.
- Speaker #0
Voilà. Donc, Maintenant, l'argent, je ne vois pas plus comme quelque chose de mal ou de difficile à avoir ou de compliqué, mais comme quelque chose de nécessaire qui est un moyen de pouvoir avoir une vie plus sereine et de pouvoir mener des projets, accomplir de belles choses, aider des gens. C'est positif pour moi.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui te rend badass ? Qu'est-ce qui te fait te sentir badass ? C'est quoi ton super pouvoir ?
- Speaker #0
Wow ! Un super pouvoir.
- Speaker #1
Un super pouvoir.
- Speaker #2
Ton truc à toi, ta badasserie.
- Speaker #0
L'écoute. Je ne sais pas, je dirais peut-être l'écoute et l'attention.
- Speaker #1
Qu'est-ce qu'elles ont de particulier, ton écoute et ton attention ? Qu'est-ce qu'elles ont de particulier ?
- Speaker #0
Peut-être c'est de me dire que, en tout cas, quelque chose que je sens peut-être comme un super pouvoir, c'est la gratification après d'avoir observé quelqu'un ou une situation. Et peut-être d'offrir le cadeau vraiment qui tape dans le mille, qui correspond à la personne, ou avoir l'attention juste au bon moment et tu sens que c'était ce que la personne avait besoin à ce moment-là.
- Speaker #1
Écoute, je trouve ça très intéressant parce que c'est vrai que quand on parle de super pouvoir, de ce qui te rend badass, on pense à plein, plein, plein d'autres choses. Et en fait, quand tu me parles de ça, je pense à la qualité de présence. et je pense, non non c'est pas alors je ne voulais pas mieux dire mais je trouve qu'effectivement pour te connaître un peu je trouve que tu es vraiment tu as cette qualité et c'est vrai que cette qualité ne passe pas inaperçue on a envie finalement d'être à ton contact parce qu'on sait qu'on va gagner, d'ailleurs dans le groupe de pères c'est ce qu'on c'est ce qu'on a avec toi tu ne rates pas une miette c'est vrai que tu as une grande qualité de présence
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Et c'est vrai que c'est très badass parce que c'est... En fait, ce n'est pas donné à tout le monde. Moi, par exemple, je n'ai pas du tout. Donc voilà, comment tu définirais ton propre sex appeal ?
- Speaker #0
Oh là là !
- Speaker #1
Et Nelly a envie de continuer cette question en disant comment il a évolué, parce qu'elle adore dire ça, et comment il a évolué au fil des ans.
- Speaker #0
J'attendais ça ! Oui, je sais pas, j'ai pas de sex appeal, hein.
- Speaker #2
Vraiment, je sais pas.
- Speaker #0
Ça veut dire... Déjà, pour moi, c'est pas le sex appeal.
- Speaker #2
Mais c'est ça,
- Speaker #0
je...
- Speaker #1
Comme ça, avec tes...
- Speaker #0
Quelque chose qu'on dégage, non ? C'est ça.
- Speaker #1
Et pourquoi tu dis que t'as pas de sex appeal ?
- Speaker #0
Non, moi,
- Speaker #1
je... Tu dégages forcément quelque chose, Anaïs. Ah oui ?
- Speaker #0
Je sais pas. En tout cas, c'est quelque chose où c'est... Mais je pense que vous l'avez dit, moi, j'ai quand même... J'ai encore... du mal avec la féminité, à essayer de se mettre en avant. Ce n'est pas facile du tout, ça. Alors, le sex appeal, je ne le ressens pas.
- Speaker #1
Parce que là, tu ne sens pas, assise là, comme ça, avec nous, tu ne sens pas que tu as du sex appeal.
- Speaker #0
Non, non. À part que j'ai fait l'effort de maquiller, mais c'est tout. C'est là, dans le sex appeal. Oui,
- Speaker #1
mais tu parlais d'énergie.
- Speaker #2
Le sex appeal, ce n'est pas seulement ce que tu...
- Speaker #0
Dans le sex appeal, j'entends cette énergie, mais de... de séduction un peu. Et c'est ça, moi, je ne cherche pas à séduire quelqu'un. Quoi ?
- Speaker #2
Tu ne cherches pas à nous séduire ?
- Speaker #1
Mais alors, même si tu n'as pas l'intention de séduire, mais est-ce que tu ne te trouves pas séduisante là ?
- Speaker #0
Si, moi, je m'aime bien.
- Speaker #2
Tu te sens puissante ?
- Speaker #0
Mais tu vois, si, puissante, oui.
- Speaker #1
Ah, ben voilà. C'est du sex-appeal. Oui, c'est du sex-appeal.
- Speaker #2
C'est clairement du sex-appeal, se sentir puissante.
- Speaker #1
Et comment il a évolué au fil des années ?
- Speaker #0
Il s'est bien renforcé. Plus jeune, j'avais trop de complexes. Trop de complexes physiques. Ça reste toujours difficile avec le syndrome de l'imposteur et de me répéter sans cesse que oui, que je ne peux pas, je n'y arriverai pas. Donc, ça a bien changé. Mais c'est grâce à l'expérience. À force d'avoir fait, ça marche. J'y arrive. Et voilà. Maintenant, j'ai vraiment confiance en moi. Je peux vraiment dire ça. Comment se s'exhabit cette puissance, du coup, qui a évolué, d'en être consciente. Et là où je dirais encore la dernière évolution, c'est de se dire, même quand j'ai, entre guillemets, échoué, je ne perds pas ma valeur. Ça, c'est quelque chose que je n'avais pas avant.
- Speaker #1
Tout à fait, décorer ses actions à sa propre valeur.
- Speaker #0
Si j'échouais quelque part, je m'effondrais, tout était perdu, il faut les recommencer. Alors que là, je disais, ça n'efface pas qui je suis. Ça n'effacera pas toutes les autres actions. Ça, c'est nouveau.
- Speaker #2
J'aime beaucoup ce que tu disais aussi en disant que ta confiance en toi, elle a grandi au fil du temps et au fil de ton avancée. Et en fait, il ne faut pas attendre d'avoir confiance en soi pour pouvoir y aller. Allez-y et la confiance, elle viendra en fait. Et je pense que c'est un beau message à passer à nos oscitrices. Lancez-vous et ça va le faire en fait.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
On est arrivé à la fin de l'épisode, Anaïs. Merci. Si on devait résumer cet épisode en trois points. Alors, moi, ce que j'ai retenu, c'est le pouvoir de la gratitude. Parce que finalement, dans ce que tu dis, même si tu ne l'as pas dit au début, mais ce que je ressens, moi, c'est que tu es quand même en gratitude pour ce que tu as vécu.
- Speaker #2
Nous avons le timer qui vibre. Ce n'est pas le sex toys de Prisca.
- Speaker #0
Ne vous inquiétez pas,
- Speaker #1
je ne l'ai pas ramené. C'est bon ? Si tu devais résumer cette interview, qu'est-ce que tu dirais ? Qu'est-ce que tu as envie que les auditrices, les spectatrices retiennent de ton parcours, de tes choix ambitieux ?
- Speaker #0
C'est-à-dire qu'on est toutes badass, qu'on est toutes puissantes. Et je ne sais plus, j'ai l'image qui me vient, moi, un peu de la lumière. Même si, au fond de nous, on pense que tout est noir ou qu'on est dans une situation extrêmement compliquée et douloureuse, il y a toujours un petit point. Il y a de blanc où on peut toujours s'en sortir. Ça ne veut pas dire que ça va être super ou que ça va être parfait, mais on a quand même toute la capacité de faire quelque chose. Et qu'être badass, c'est pas faire des choses forcément extraordinaires ou être connue dans le monde entier. Je pense que tout le monde, que ce soit femme ou pas, déjà en se levant et en accomplissant les tâches qu'on est censé faire en tant qu'adulte, on est déjà badass. Aller payer ses impôts, c'est pas drôle. On le fait. Mais déjà, se responsabiliser, voilà, c'est déjà bien.
- Speaker #1
Se responsabiliser, j'adore.
- Speaker #2
Clairement, avec tout ce qu'on a entendu lors de cet épisode, Anaïs, on peut t'appeler badass.
- Speaker #0
Yes, call me badass.
- Speaker #1
Super,
- Speaker #0
merci.
- Speaker #1
Merci beaucoup.
- Speaker #0
Merci à vous.
- Speaker #2
Eh bien, les filles, un grand merci d'avoir écouté. Colmy Badass, si vous aussi vous avez l'âme d'une badass, laissez-nous 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute afin que notre vision du monde soit largement répandue. Rejoignez-nous chaque semaine pour être inspiré, motivé, encouragé par ces histoires authentiques de courage et de résilience. Que vous cherchiez à atteindre vos propres objectifs, à surmonter des difficultés ou plus largement à vous épanouir dans toutes les sphères de votre vie. Colmy Badass. Et tout simplement là pour vous rappeler que vous aussi, vous êtes badass !