- Speaker #0
Bienvenue sur Profondeur, le podcast des hommes et des femmes inspirants. Je suis Marilyn Bourge, avocate dans une métropole. J'ai décidé de me consacrer au coaching et à la médiation pour mettre toute mon énergie au service de l'épanouissement humain. Je vous invite à venir avec moi découvrir des expériences de vie et vous laisser inspirer. Pour cette première interview, j'ai le plaisir de recevoir dans profondeur la fondatrice de Vox Nego, cabinet de conseil et de formation spécialisé en négociation et relations sociales. Elle est aussi responsable du master négociation et relations sociales à l'université de Paris Dauphine, une formation originale réunissant responsables RH. et leader syndicaux. Elle est enfin membre du Haut Conseil du Dialogue Social. J'ai ainsi l'immense joie de recevoir Soazig Sarrazin. Bonjour Soazig.
- Speaker #1
Bonjour Marilyn.
- Speaker #0
Comment vas-tu ?
- Speaker #1
Très bien, merci.
- Speaker #0
Alors Soazig, je suis vraiment ravie de lancer ce podcast avec toi, d'une part parce que l'on se connaît depuis longtemps et d'autre part parce que, comme tu le sais, mon objectif à travers ce programme est de mettre en lumière des chefs d'entreprise au parcours courageux et audacieux et je pense que c'est précisément ton cas. Alors pour commencer, Soazic, j'aimerais que tu nous dises un petit peu d'où tu viens, où tu as grandi et plus globalement que tu nous dises un petit peu quelques mots sur toi.
- Speaker #1
Alors je suis née à Vannes, dans le Morbihan. J'ai grandi dans la région Bretagne, entre terre et mer. Et à vrai dire, je me suis sentie bretonne lorsque j'ai dû quitter la Bretagne pour rejoindre Paris et y travailler. Aujourd'hui, je suis à la tête de Vox Nego, un cabinet qui accompagne les entreprises dans leur transformation sociale depuis 2021. On y parle négociation collective, instances représentatives du personnel et mutations du travail. Et mon métier est à la croisée de l'humain et des organisations.
- Speaker #0
Tu es aujourd'hui à la tête de Vox Nego, comme tu viens de nous l'indiquer. Est-ce que tu peux nous présenter un petit peu les grandes étapes de ton parcours, puisque je sais qu'il est très diversifié ?
- Speaker #1
Oui, j'ai eu beaucoup de vie professionnelle. J'ai d'abord été avocate, mais j'ai vite compris que j'avais besoin de croire en ce que je faisais, ce qui dans ce métier. peut paraître parfois un peu compliqué. J'ai ensuite été juriste en droit de la santé à l'établissement français du sang. Et puis j'ai rejoint Pôle emploi pour une longue aventure passionnante de plus de dix ans. Et c'est au sein de cet établissement que je suis tombée dans le chaudron des relations sociales. J'ai ensuite intégré une organisation patronale qui s'appelle l'Union des transports publics, urbains et ferroviaires pour y exercer une activité de directrice des affaires sociales. grosses activités de négociation de conventions collectives, la convention collective du transport public urbain et la convention collective du ferroviaire encore en cours de construction. Et puis en 2021, après un épisode de Covid que l'on a tous traversé, j'ai décidé de créer ma propre structure, mon propre cabinet de conseil en relations sociales qui s'appelle Vox Nego. À ce moment-là, Gérard Taponna, qui est directeur... du Master Négociation et Relations Sociales à l'Université de Paris-Dauphine, me contacte et me demande de prendre sa suite, puisqu'il doit partir à la retraite. Alors, quelques mots sur ce master que tu as présenté, qui a été créé en 2008, donc par Gérard Tapona, un DRH dans pas mal de grosses structures. Son ambition était assez audacieuse, puisqu'il a voulu réunir, dans une même formation, des responsables syndicaux et des représentants de la direction, pour les former ensemble. au dialogue social. Et ce pari, au début accueilli avec scepticisme, s'est révélé très visionnaire puisqu'il a ainsi démontré que le dialogue social pouvait être un levier stratégique pour les entreprises en favorisant la coopération plutôt que la confrontation. Aujourd'hui, je succède à Gérard Tapona à la direction de ce master et mon objectif est de poursuivre son œuvre en adaptant évidemment la formation à tous les enjeux contemporains. qui viennent percuter le dialogue social, la transition écologique, les transformations numériques, l'évolution du travail et la prise en considération de la dimension européenne et internationale de ces questions. Je souhaite que ce master continue à être un lieu d'apprentissage, de réflexion et de co-construction pour tous les acteurs du dialogue social. En général, on en sort transformé dans sa pratique et j'en sais quelque chose puisque je suis une ancienne étudiante de ce master. Il est adossé à un cercle universitaire qui devient lui aussi un lieu de dialogue, cette fois-ci un lieu de rencontre entre les chercheurs de l'Université de Paris-Dauphine et les acteurs du monde du dialogue social sur toutes ces questions.
- Speaker #0
Très bien, c'est impressionnant comme parcours. J'entends aussi que dans ce parcours, il y a eu des grandes rencontres, notamment à Pôle emploi et à Paris Dauphine. Comment ces rencontres t'ont influencé dans les choix que tu as pu faire ? Pour aboutir aussi à Vox Nego.
- Speaker #1
J'ai eu la chance de rencontrer ce qu'on pourrait appeler aujourd'hui des mentors, des personnes qui nous aident à nous construire, à interroger notre pratique, à nous poser des bonnes questions. et à nous permettre à un instant T d'être congruents. Et effectivement, Pôle emploi a été une occasion de rencontrer deux de mes grands mentors et l'Université de Paris-Dauphine au travers de Gérard Tapona, un troisième mentor qui m'a permis de réaliser aussi une envie de transmission au travers des cours que je donne au sein de ce master et au sein des certificats qui sont adossés à ce master.
- Speaker #0
Est-ce que tu pourrais dire qu'il y a eu un déclic à un moment donné ? Est-ce que c'est rencontre ou autre chose ? Qu'est-ce qui t'a donné vraiment l'envie de te lancer dans l'entrepreneuriat ?
- Speaker #1
J'en ai parlé, c'est justement ce besoin de congruence, d'aligner ce que je fais avec ce que je crois profondément. J'avais envie d'exercer mon métier autrement, parce que c'est un métier que j'aime. J'aime la négociation, j'aime les relations sociales, le contact avec les différents partenaires dans l'entreprise. pour pouvoir bâtir et construire un cadre qui soit un cadre adapté au terrain social sur lequel on est posé. Mais j'avais envie de le faire d'une autre manière que celle que j'avais toujours pratiquée.
- Speaker #0
Ta manière, d'une certaine façon ?
- Speaker #1
À ma manière, effectivement. Et puis d'une manière plus libre aussi, un peu dégagée des obligations institutionnelles et politiques que l'on peut avoir notamment dans ces secteurs que j'ai connus et dans lesquels j'ai travaillé. où la partie politique pèse un poids extrêmement important. Et puis, j'avais envie aussi de participer, à ma mesure évidemment, à une forme de promotion d'un dialogue social qui fonctionne. Un dialogue social qui s'éloigne des stéréotypes de combat, de dogmatisme ou de posture, et qui va vers... plus de coopération et donc forcément plus de compréhension de l'autre avec un grand A. Transmettre ces valeurs, transmettre l'idée que le dialogue social peut être une forme de conflit institutionnalisé qui permet aux uns et aux autres d'apprendre à se connaître, d'apprendre à dialoguer ensemble. Pour moi, c'est essentiel. Et c'est essentiel aussi de travailler sur ces notions qui sont des notions qui font appel au conflit. Et traditionnellement en France, on sait qu'on n'aime pas le conflit. On nous apprend tout petit à éviter d'être en conflit avec nos camarades, avec nos maîtresses, nos maîtres, etc. Alors qu'en réalité, le conflit est quelque chose de plutôt sain. C'est la présence ou en tout cas la mise en évidence de différences qui nous constituent. Nous sommes différents dans notre histoire, dans nos valeurs, dans nos pratiques. Et le conflit existe à partir du moment où on ne partage pas les mêmes idées. Le conflit devient un danger lorsqu'il n'est pas régulé. Mais tant qu'on est en capacité justement de dialoguer et donc de faire du dialogue social, le conflit est plutôt positif et vecteur de changements sociaux. Et c'est ce qu'on a, nous, connu en France dans notre manière de créer notre cadre social national. C'est un cadre social qui s'est bâti notamment sur un certain nombre de... conflits et un certain nombre de grandes grèves, de grandes manifestations, avant de devenir aujourd'hui des évidences comme la semaine, les semaines de congés payés, etc.
- Speaker #0
Donc toi, aujourd'hui, ton action au sein des entreprises, c'est pour leur faire accepter que le conflit existe, qu'il faut apprendre à le gérer, et au contraire peut-être en faire un levier ?
- Speaker #1
C'est ça. Finalement, le dialogue social, c'est une forme de conflit institutionnalisé, puisque que... Il s'exerce entre des représentants de l'indirection et des représentants du personnel qui sont par ailleurs élus. Donc on a aussi une forme de démocratie sociale qui se joue dans le monde de l'entreprise. Et l'ensemble de ces acteurs va se réunir autour de la table pour pouvoir négocier, c'est-à-dire se mettre d'accord sur un cadre social qui soit le plus adapté à la réalité de l'entreprise, mais aussi aux besoins des salariés, aux besoins de la direction. ... Donc on est effectivement dans une forme, encore une fois, de conflictualité normalisée par ce jeu du dialogue social et par cette légitimité des acteurs en présence qui est aujourd'hui, en tout cas, et je crois que l'actualité nous le montre, qui est aussi un rempart contre une forme de pouvoir absolu ou une forme de despotisme qui fait que celui qui a le pouvoir décide de tout envers et contre tous.
- Speaker #0
Pour revenir à la création de Vox Nego, qu'as-tu ressenti quand tu as créé Vox Nego en 2021 ?
- Speaker #1
Alors, j'ai ressenti beaucoup d'élan, c'est-à-dire que j'avais, après avoir beaucoup, beaucoup réfléchi, pesé le pour et le contre, eu aussi pas mal d'insomnie. J'avais le sentiment que c'était le bon moment, que j'avais accumulé assez d'expérience pour pouvoir, à mon tour, être une sorte de Jiminy Cricket. pour des DRH ou des directeurs de relations sociales sur ces sujets. J'avais aussi évidemment une certaine peur. On ne sait jamais si ça va marcher, si l'on va trouver sa place dans un contexte qui est assez concurrentiel dans le monde du conseil. Il y a déjà beaucoup de cabinets qui existent et qui font du dialogue social. Donc c'était à la fois une envie profonde, un sentiment de peur. mais une envie de me lancer.
- Speaker #0
D'accord. Et aujourd'hui, donc là, il y avait l'envie, il y avait ce qui t'animait en 2021 lorsque tu as lancé Vox Nego. Et aujourd'hui, tu as des très belles missions auprès de très grosses entreprises. Donc tu agis, tu es au cœur de ces grosses machines. Qu'est-ce que tu ressens quand tu vois que ça avance, quand tu fais évoluer le dialogue social, quand tu crées du bien-être quelque part au sein de ces entreprises ?
- Speaker #1
Je ressens à la fois de la joie parce que les choses fonctionnent, les choses marchent, et en même temps le sentiment d'être à ma place. Et je crois que c'est assez rare dans une vie professionnelle de ressentir cela. Très égoïstement, c'est extrêmement valorisant d'avoir ce sentiment. et puis Ça vient effacer toutes ces peurs et tous ces doutes qui continuent à exister et qui continuent aussi à me réveiller un certain nombre de nuits. Mais effectivement, c'est un sentiment de satisfaction.
- Speaker #0
J'imagine, j'imagine. Tu me tends la perche aussi puisque tu as parlé des doutes. Donc évidemment, il n'y a pas de carrière d'entrepreneur sans être traversé à un moment donné par des doutes, et notamment lorsqu'on lance une entreprise. Est-ce que toi, ça t'a traversé ? beaucoup et comment tu as su surmonter ces moments qui ont pu parfois être difficiles ?
- Speaker #1
Je crois qu'en tant qu'entrepreneur, on a toujours des doutes et c'est quelque part ce qui fait notre force, c'est-à-dire que le doute nous fait avancer, il nous fait nous questionner sur notre pratique, il nous fait changer également un certain nombre de choses, il nous fait innover, je crois, notamment dans des contextes où l'incertitude économique est forte. On a forcément la nécessité de faire bouger un peu les lignes pour pouvoir continuer à faire ce qu'on aime au service de nos clients. Donc il y a plein de moments où je me suis demandé si j'avais fait le bon choix, si le modèle économique allait tenir, notamment lorsque j'ai pris aussi la décision de recruter deux personnes qui m'ont rejoint aujourd'hui depuis le début de l'année 2025, qui sont en salariat. Donc, c'est aussi une certaine responsabilité qui a été endossée à ce moment-là. Mais c'est, je crois, le secret de tout cela. C'est plusieurs choses. D'abord, le fait de ne pas être seule, de pouvoir en parler avec mes pères, avec mes proches, avec mes amis. C'est aussi le fait de se dire que finalement, pour tenir le cap, il faut une grosse trésorerie. Donc, c'est commencer à faire très attention à tous ces aspects purement budgétaires et financiers.
- Speaker #0
Ils ne sont pas anodins.
- Speaker #1
Ils ne sont pas anodins, effectivement, parce que je crois qu'on a passé des moments difficiles, on continue à passer des moments difficiles, et que cette trésorerie nécessaire pour passer ces instants-là, elle est vraiment essentielle. Et puis, c'est aussi des sources de recentrage. comme le sport ou une certaine hygiène de vie, qui permet aussi d'effacer certaines traces d'insomnie qui restent quand même encore parfois d'actualité.
- Speaker #0
Donc ce que tu nous dis quand même, d'une certaine façon, c'est qu'avoir des doutes, avoir des peurs, des craintes, notamment financières, font partie intégrante de la vie de l'entrepreneur. Et finalement, c'est assez salutaire.
- Speaker #1
Oui, je crois que c'est assez salutaire. Je crois que quand on ne doute pas, on commence à être un peu en danger.
- Speaker #0
Et aujourd'hui, Comment tu te sens dans ce costume d'entrepreneuse ?
- Speaker #1
Je me sens bien. Je me sens bien parce que j'ai créé un cadre qui me correspond. J'ai créé une manière d'exercer un métier que j'aime, encore une fois, dans les meilleures conditions parce que je me suis entourée de personnes avec qui j'aime beaucoup travailler, collaborer, échanger et agir en complémentarité. Et ça, c'est important. et puis ce costume il faut l'ajuster en permanence donc il faut aussi se remettre en question, il faut être dans l'action et je crois que j'aime assez l'action même si la réflexion est importante je ne suis pas entrepreneuse par goût du risque peut-être par goût de l'indépendance et puis surtout parce que c'est quelque chose qui me sert encore une fois euh... au mieux à rester en accord avec mes valeurs, avec mes principes et avec ce que j'ai envie d'apporter, à ma mesure évidemment, dans cet écosystème des acteurs du dialogue social.
- Speaker #0
Tout à l'heure, tu as employé le terme « aujourd'hui je me sens à ma place » . Comment tu pourrais le définir ?
- Speaker #1
C'est un peu comme une évidence. Ça m'est venu à plusieurs reprises. Ça m'est venu une fois en cours à l'occasion d'une journée que je passais avec des étudiants au sein de l'Université de Paris-Dauphine. Ça m'est venu à un autre moment quand on venait d'achever une négociation avec des clients, une négociation pas forcément évidente, et qu'on a obtenu la signature de toutes les organisations syndicales. voilà c'est des Des fulgurances, en quelque sorte, qui viennent à des moments où il y a une très grande satisfaction du travail qui a été accompli et de la manière dont ce travail a été accompli.
- Speaker #0
Est-ce que tu pourrais nous décrire un petit peu ton quotidien ? A quoi ça ressemble d'être CEO de Vox Nego ?
- Speaker #1
Alors, c'est un équilibre entre plusieurs casquettes, vous l'avez compris, entre la casquette de consultante au sein de Vox Nego, où je suis quand même très régulièrement aux côtés de mes clients dans leur propre service, puisque c'est important de sentir la température du terrain social sur lequel on travaille. Donc forcément, ça nécessite de la présence, ça nécessite de la proximité, ça nécessite... de l'adaptation, puisqu'il faut sans cesse s'adapter à de nouveaux environnements, à des défis qui sont différents d'une entreprise à une autre. C'est aussi un équilibre avec la deuxième casquette, donc la casquette plutôt universitaire, puisque je dirige un master, des certificats, j'y donne des cours. Je participe également à la promotion d'un cercle de réflexion universitaire qui s'appelle Travail en transition et qui me demande de faire du commercial, du marketing, de la communication, de l'événementiel et de la réflexion, évidemment. Et puis, ça ressemble aussi à des réunions du Haut Conseil du dialogue social où... Pendant quelques heures, les organisations patronales et les organisations syndicales représentatives au niveau national interprofessionnel échangent justement sur ces sujets de représentativité. Cette année, c'est une année tout à fait particulière puisque l'on vient de prononcer la représentativité de ces différentes organisations. Donc forcément, c'est un moment tout à fait particulier. Et puis enfin, ma quatrième casquette, c'est ma casquette de femme, de mère. Et je dirais que c'est un équilibre subtil qui est à trouver tous les jours.
- Speaker #0
J'imagine, équilibre subtil au milieu de toutes ces casquettes. Est-ce que tu peux nous dire quelques mots aussi ? Parce que c'est une grosse question que se posent beaucoup de personnes pour se lancer. Comment tu fais pour attirer des nouveaux clients ? Comment tu l'intègres justement dans ce planning déjà ? hyper chargé, parce qu'être entrepreneur, c'est aussi avoir un coup d'avance. Donc même quand on a beaucoup de contrats, il faut continuer à les chercher. Comment tu procèdes ?
- Speaker #1
Alors, l'approche du cabinet, c'est plutôt une approche par recommandation. C'est une approche... qui nécessitent de faire beaucoup de réseaux. Donc, de fidéliser évidemment les clients de la première heure. Et effectivement, on continue beaucoup à travailler avec des clients qui sont arrivés dès 2021. Et puis, ces clients nous recommandent auprès d'autres organisations. Ces clients nous mettent en contact avec d'autres collègues à eux. et donc ça nécessite je dirais de faire très régulièrement des déjeuners, de se rendre à certaines conférences, d'en organiser nous aussi, puisque c'est une activité qu'on aime faire et ça permet en plus de prendre du recul sur des sujets qui ne sont pas forcément évidents pour les DRH. Donc, c'est une activité de réseau. On se tient au courant, on prend des nouvelles des clients et des personnes potentiellement qui peuvent travailler avec nous.
- Speaker #0
Et c'est quelque chose qui, toi, te semble naturel ? Ou est-ce que tu t'es fait violence pour aller dans ces réseaux et développer toute cette proximité avec les libérants acteurs ?
- Speaker #1
Non, pas du tout. Alors moi, c'est vraiment très naturel. J'aime les relations humaines. C'est vraiment quelque chose qui est assez ancré en moi. Donc, ça ne me demande aucun effort de déjeuner avec quelqu'un, y compris avec quelqu'un que je ne connais pas forcément. J'aime que les gens me parlent d'eux, de leurs sujets, de leurs questionnements, de leurs éventuelles problématiques. Donc, c'est quelque chose de très naturel.
- Speaker #0
C'est assez finalement logique avec l'activité de Vox Nego, qui est le dialogue social. Pour t'aider dans ton quotidien, Très chargée. Est-ce que tu as mis en place des rituels ou des rendez-vous avec toi-même qui t'aident à avoir de l'élan au quotidien ?
- Speaker #1
Oui. Alors, je lis beaucoup. Et donc, j'ai très régulièrement des temps où je m'inspire de lectures sur les transformations du travail, sur l'intelligence artificielle, la transition écologique, qui sont les sujets aujourd'hui du dialogue social. Et puis, pour des temps de déconnexion plus personnel, comme j'adore lire, je lis aussi beaucoup de romans, quel que soit d'ailleurs le style, et je nage. J'ai repris la natation et le contact avec l'eau, en tout cas sous l'eau, est un vrai moment de détente et de déconnexion.
- Speaker #0
Est-ce que tu as mis du temps pour prendre le temps de les organiser ces rituels ? Parce que souvent on entend des chefs d'entreprise dire Je n'ai plus le temps de faire de sport, je n'ai plus beaucoup de temps pour passer du temps avec ma famille. Est-ce que toi, tu as décidé ça dès le début ou est-ce que tu t'es rendu compte au fil du temps que c'était nécessaire pour souffler ?
- Speaker #1
C'est venu assez vite. C'est venu aussi avec cette liberté d'organisation qui reste quand même beaucoup plus facile à mettre en place quand on est... chef d'entreprise que quand on est salarié. Et donc très rapidement, ces temps de pause, y compris en pleine journée, quand entre deux rendez-vous, je peux aller nager une demi-heure, je le fais, ou aller marcher près d'une rivière, puisqu'en l'occurrence j'habite près d'une rivière en ce moment. Donc oui, c'est venu très vite.
- Speaker #0
Donc pour résumer un petit peu ta boîte magique, toi, au Goutour de Vox Nego, ça serait d'organiser des rituels qui te permettent de prendre soin de toi, de prendre soin de ta famille, des rendez-vous réguliers avec tes équipes, quelque part pour prendre soin aussi de tes équipes et de ton entreprise, de participer à des réseaux et d'avoir plusieurs activités. est-ce que pour toi c'est essentiel aussi de ne pas te consacrer uniquement à Vox Nego mais aujourd'hui d'avoir ces activités Paris Dauphine, au Conseil et au Dialogue social ?
- Speaker #1
En fait, toutes ces activités se nourrissent, les unes et les autres. Alors effectivement, c'est important parce que je crois que je peux m'ennuyer vite. Donc le fait d'avoir plusieurs activités nourrit cet appétit et ce besoin de découvrir ou de faire plein de choses en même temps. Mais surtout, l'activité de conseil est nourrie par l'activité. universitaire et à l'inverse, l'activité universitaire nourrit aussi mon activité de conseil. Donc, je dirais que l'un ne va pas sans l'autre finalement.
- Speaker #0
Alors, pour qu'on arrive à la fin de cette interview, Swazig, j'ai cinq petites questions pour terminer. Si tu devais choisir ton plus beau souvenir professionnel, quel serait-il ?
- Speaker #1
Alors, c'est un souvenir assez fort, qui est assez récent, puisque... L'accompagnement s'est terminé en décembre 2024 et j'ai pu accompagner une négociation collective sensible aux côtés de la direction d'une entreprise dans un moment charnière pour elle. Et pendant 18 mois, j'ai été aux côtés des équipes, des partenaires sociaux pour négocier un accord conséquent qui a été signé à l'unanimité. donc c'est une belle reconnaissance du travail accompli et qui a pu ainsi mettre en place un cadre adapté et socialement équilibré. Et quand ça se termine comme ça, par un accord solide et partagé, c'est une vraie satisfaction.
- Speaker #0
Alors tu nous as partagé ton parcours, long et beau. Mais malgré tout, si c'était à refaire, est-ce que tu changerais quelque chose ?
- Speaker #1
Non, rien du tout.
- Speaker #0
Rien ? C'est un chemin ?
- Speaker #1
Oui, c'est un chemin, exactement. C'est un chemin qui m'a permis de découvrir, je pense, qui j'étais, ce que je ne voulais pas et finalement ce que je voulais.
- Speaker #0
Ce qui te permet aujourd'hui de te sentir à ta place.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Est-ce que tu as un livre que tu aimerais partager ? A priori, il y en a beaucoup puisque tu lis beaucoup.
- Speaker #1
Voilà, donc il a fallu que je fasse un choix. Je dirais que le livre que j'avais envie de partager avec toi et avec tes auditeurs, c'est La rencontre de Charles Pépin, qui est un philosophe et qui a écrit des ouvrages de philosophie extrêmement intéressants. C'est un livre qui m'a justement accompagnée en 2021, quand j'ai créé Vox Nego. Et ce livre m'a aidée à comprendre que lorsqu'on est aligné, avec soi-même et qu'on fait la rencontre avec soi, les choses, les processus, les décisions s'alignent elles aussi un peu par magie, un peu naturellement.
- Speaker #0
J'ai également lu ce livre que j'ai également beaucoup apprécié et qui moi aussi m'a beaucoup aidée depuis 2022. De même d'ailleurs que son premier ouvrage, celui qui lui avait fait connaître les vertus de l'échec, que je conseille à tout le monde pour en tirer chaque fois un apprentissage. Aurais-tu une petite citation, une citation qui t'inspire et que tu souhaiterais partager ?
- Speaker #1
Alors, je voudrais citer Gandhi qui dit « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde » .
- Speaker #0
Tu nous parlerais d'un petit changement dans le monde ?
- Speaker #1
Un changement dans le monde, en tout cas, une acceptation dans le monde de ces fameuses différences des uns et des autres, et cette acceptation du dialogue, parce que je trouve qu'on vit dans un monde où il est de plus en plus difficile de pouvoir échanger des opinions et des points de vue différents. C'est un monde dans lequel, justement, les bulles de confirmation sont nombreuses, donc on peut avoir tendance, notamment au travers des réseaux sociaux, à percevoir le fait que tout le monde pense un peu comme nous. Finalement, non, dans la vraie vie, ça n'est pas le cas. Et donc, ce changement que j'imagine, en tout cas que j'aimerais, c'est un changement de... D'acceptation de la différence.
- Speaker #0
De la tolérance.
- Speaker #1
De la tolérance.
- Speaker #0
Enfin, dernière question. Qu'aurais-tu envie de dire aux personnes qui hésitent pour se lancer ?
- Speaker #1
Alors, même si je suis quelqu'un qui aime tout contrôler, mon conseil serait justement qu'il ne faut pas attendre d'avoir tout sécurisé. Parce qu'il y a toujours une part d'inconnu dans l'entreprenariat. et que c'est justement ce qui permet d'apprendre et de s'ajuster en permanence.
- Speaker #0
Et puis le dernier, c'est d'oser être aligné avec ses convictions. Je crois que c'est le meilleur moteur d'un entrepreneur aujourd'hui.
- Speaker #1
Je crois que ce mot de la fin est parfait. Oser, chers auditeurs, oser tous à vous lancer dans l'entrepreneuriat. Un très grand merci, Soazig, pour ta présence aujourd'hui à mes côtés et pour ce beau partage d'expérience.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #2
À bientôt.
- Speaker #0
À bientôt.
- Speaker #2
Je suis certaine que le parcours de mon invité vous aura inspiré. Et vous, où en êtes-vous de votre chemin entrepreneurial ? Si cette question résonne en vous, que vous ressentez l'envie de faire évoluer votre carrière ou votre entreprise, c'est le moment pour vous de découvrir l'univers de profondeur via son site internet. Vous trouverez toutes les infos dans les notes de cet épisode. A bientôt !