- Speaker #0
Et si vous pouviez écouter les pensées qui permettent aux femmes les plus inspirantes de rester confiantes, résilientes et alignées avec leurs ambitions ? Moi c'est Nejma. Dans ce podcast, j'explore le discours intérieur et les habitudes des femmes puissantes. Charlotte, bienvenue sur Puissante.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Je t'ai préparé une petite intro.
- Speaker #1
Vas-y, j'écoute.
- Speaker #0
Alors Charlotte, ce que je trouve puissant chez toi, c'est cette façon de transformer l'observation du monde en quelque chose de drôle et qui touche. Tu as grandi à Lausanne, tu as commencé très tôt par la danse et le théâtre. Tu as écrit ton premier spectacle à 17 ans et à 19 ans, tu quittes la Suisse pour Paris avec cette audace, aller te frotter à la scène, au regard des autres et au vrai. Ton ascension est très rapide. La radio, la télé, le Jam & Comedy Club, et puis le cinéma populaire où on t'a vu dans des comedies très connues comme Babysitting, Babysitting 2, Épouse-moi mon pote, Taxi 5 ou encore Divorce Club. Mais ce que j'aime, c'est que tu n'es pas resté dans une case. Tu as continué à écrire, à créer, à déplacer ton humour vers d'autres formes. Une pièce, un roman et même la réalisation. Et derrière la comédie, on sent vraiment une sensibilité, un rapport fin à la solitude, aux contradictions et aux relations humaines. Et surtout, surtout, que tu arrives à rendre drôle sans te trahir. Ce que j'ai envie d'explorer avec toi aujourd'hui, Charlotte, c'est ta zone de puissance, comment on construit une liberté artistique, comment on traverse les étiquettes, comment on garde du vrai dans un métier où tout le monde projette. Et comment tu fais, toi, pour rester vivante au milieu de la scène ? Charlotte, bienvenue dans Puissante.
- Speaker #1
On peut pleurer.
- Speaker #0
J'adore. C'est quoi pour toi une femme puissante ? Ah mais tu pleures vraiment ?
- Speaker #1
Ouais !
- Speaker #0
Je me suis dit à toi, elle m'a dit ça pour me faire plaisir. Non, ça m'a émue. Merci beaucoup,
- Speaker #1
c'est très gentil.
- Speaker #0
C'est vrai,
- Speaker #1
ça m'a beaucoup émue. Une femme puissante, c'est une femme qui n'a pas peur des autres femmes, qui... aident les autres à devenir puissantes et puissants et qui n'essayent pas d'être quelqu'un d'autre.
- Speaker #0
Cette définition, elle a toujours été la même pour toi ou est-ce qu'elle a évolué avec le temps ?
- Speaker #1
Elle a évolué parce que je pense que j'ai longtemps essayé d'être quelque chose que je ne suis pas. Et j'ai eu besoin de temps pour faire une force de ce que j'ai et de ce que je suis. Mais j'ai longtemps essayé d'être quelqu'un d'autre, autrement. Et j'ai beaucoup lutté avec moi-même.
- Speaker #0
Ah ouais ? Dans quelle partie de ta vie ? Plutôt quand tu étais plus jeune ou ? Tout le temps. Ah ouais ?
- Speaker #1
Ouais, que déjà quand j'étais petite, je voulais être la cool de la classe, après je voulais être une autre, après je sais pas, il y a toujours un truc où je me disais je suis pas à ma place, je suis pas à ma place. Et à la fois c'était aussi un moteur pour tout le temps arriver à quelque chose d'autre. Mais en tout cas, j'ai mis du temps, ouais.
- Speaker #0
Et quel genre justement d'enfance t'as eu ? Est-ce que t'as grandi seule ? Enfin est-ce que t'es fille unique ?
- Speaker #1
J'ai un grand frère. qui s'appelle Vincent, qui a 3 ans de plus que moi et j'ai eu une enfance où j'ai beaucoup grandi avec mon frère et mon cousin ils me mettaient tout le temps gardien de but j'ai toujours essayé aussi d'être pote avec les garçons mais en fait je me... vraiment pitié quand je repense, j'étais genre avec mes protèges genoux, casque, je me prenais tous les ballons dans la gueule j'étais hyper contente de jouer avec eux vraiment je me faisais massacrer, beaucoup Il n'y a pas de chute. Il n'y a plus rien à dire. C'est super, Charlotte. Merci à tous.
- Speaker #0
Et quel genre d'éducation ?
- Speaker #1
C'est pas le cas du plus court du monde. J'imagine que ça dure trois minutes. C'est fini sur... Merci beaucoup. C'était super.
- Speaker #0
Quel genre d'éducation ?
- Speaker #1
Une éducation assez... Je crois stricte, quand même. Mais calme. On ne criait pas à la maison. C'était très... plutôt calme, mais quand même un peu stricte.
- Speaker #0
Et est-ce que tu avais une idée de ce que tu voulais faire plus tard ?
- Speaker #1
Oui, j'ai toujours su que je voulais être actrice.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Depuis l'âge de 6-7 ans. J'avais des cours de théâtre à l'école et je m'étais dit, justement, c'est génial de pouvoir être une autre personne et que ce soit un métier.
- Speaker #0
Mais pourquoi ? Tu serais folle !
- Speaker #1
Une autre personne !
- Speaker #0
Mais du coup, tu sais pourquoi tu avais envie d'être une autre personne ?
- Speaker #1
Mais je te jure, je faisais des trucs très bizarres. Par exemple, je me couchais comme ça et je pensais qu'en fermant les yeux très fort, je pouvais rentrer dans le corps d'une autre personne. Et après, comme je crois vite à ce que je m'imagine, je me disais, c'est trop chiant si je suis bloquée. Puis je me rends compte que sa vie, c'est de la merde. Tu vois, je me disais, c'est chiant. Mais par exemple, tu vois, à l'école, par exemple, il y avait une fille qui s'appelait Manon. Et puis elle avait toujours les meilleurs déguisements à carnaval. Moi, j'avais des draps de fantôme sur la tête où j'étais déguisée en hot dog. Et donc, je ne gagnais pas les concours. Et je me disais, ça va être génial d'être Manon. Genre où tous les garçons sont amoureux d'elle Et puis je me disais j'aimerais bien être une journée Manon J'essayais, j'étais comme ça, je pensais que j'avais des super pouvoirs
- Speaker #0
T'as quel âge à ce moment là ?
- Speaker #1
34 ans 33 J'ai compris Je sais pas, j'ai 7 ans Ouais d'accord
- Speaker #0
Donc il y avait ce côté un peu j'ai envie d'être une autre C'était lié un peu à la confiance en soi tu penses ?
- Speaker #1
Non je voulais savoir à chaque fois Même aujourd'hui je me dis tiens j'aimerais bien être Beyoncé une journée juste pour voir Ah ouais Bye bye. voir sa journée, son... Juste curiosité.
- Speaker #0
Moi, c'est vrai, quand j'étais petite, j'avais ce truc-là aussi, de savoir ce que c'est d'être quelqu'un d'autre. Mais grand, ça passe, je trouve, non ?
- Speaker #1
Moi, ça m'a pris du temps. L'adolescence, je me disais, j'aimerais être cette meuf. Après, je me disais, cette actrice, elle va être géniale d'être elle. J'idéalise beaucoup la vie des autres, mais par curiosité.
- Speaker #0
Et encore aujourd'hui ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Ou beaucoup moins ? Non, beaucoup moins. Là, ça a pris sa place. Oui,
- Speaker #1
oui. Mais après, j'adore, moi, regarder des gens. chez eux. Non mais, j'ai regardé des gens en terrasse, je les regarde et je m'imagine leur vie. Ah oui, passion. J'adore ça, tu vois, et je me fais tout un truc de « ouais, il fait ci, il fait ça » .
- Speaker #0
Tu imagines leur métier. Bien sûr,
- Speaker #1
j'adore faire ça.
- Speaker #0
Ouais, ouais, non, je comprends, complètement. J'en ai parlé un petit peu dans l'introduction, où tu écris ton premier spectacle très tôt. Ce spectacle, quand tu l'écris, tu le joues ou pas encore ?
- Speaker #1
Oui, je le joue. J'ai loué moi-même une salle de communal, là, où il y a, je ne sais pas, 70 places, un truc comme ça. J'ai appelé pour bloquer mon one man. Comme ça, je me suis dit que je suis obligée de le faire. J'écrivais mes personnages en cours. Ça s'appelait « J'en ai marre » , déjà. C'était que sur des personnages qui n'étaient pas dans la société et qui essayaient de s'intégrer. Il y avait la paumée du lycée, la racaille nulle qui n'arrivait pas à être une racaille parce qu'elle venait de Suisse. Il ne fallait que des personnages. J'ai fait ça deux fois. La salle était pleine, c'était génial.
- Speaker #0
Déjà, comment tu trouvais ton inspiration à 17 ans ?
- Speaker #1
Depuis petite, j'ai toujours écrit des histoires. J'ai toujours eu beaucoup d'imagination. Donc, c'était assez facile.
- Speaker #0
Et comment tu as fait pour remplir cette salle ?
- Speaker #1
J'ai donné mes flyers au lycée. Puis en fait, c'est une petite ville, ça va vite.
- Speaker #0
Tu faisais pays ?
- Speaker #1
Oui, je crois.
- Speaker #0
Donc, petit projet. Oui,
- Speaker #1
avec mon cousin à la régie. On a un flyer avec lui, on a tout fait avec mon cousin, c'était super.
- Speaker #0
Tu n'étais pas que gardien de but.
- Speaker #1
Non, c'est vrai. Le cousin, il a aussi travaillé pour toi. Enfin, il a travaillé pour moi.
- Speaker #0
J'étais contente. Tu joues deux fois et là, tu te dis, quand tu montes sur scène, du coup, c'est la première fois que tu montes sur scène ?
- Speaker #1
Oui, j'avais déjà fait. Je faisais beaucoup de théâtre, donc je faisais des comédies musicales, des pièces, mais avec l'école de théâtre. Mais toute seule, c'était la première fois. J'ai adoré, c'était hyper facile. Et après, je me suis dit, il faut absolument que je fasse ça.
- Speaker #0
Et à quel moment tu te dis, ok, je ne peux plus rester à Lausanne et je vais à Paris ?
- Speaker #1
Je me dis ça après le bac, parce que moi, mon rêve, c'est de faire un conservatoire national avec du classique et 3-4 ans d'école et tout. Et pendant un an, je rate tous mes conservatoires. Je fais en Belgique, à Lyon, j'en fais 4-5 à Strasbourg. Et à chaque fois, je passe les premiers tours. Donc, c'est-à-dire que tu es 100, puis après, tu n'es plus que 30. Et en fait, à chaque fois, j'étais dans les 30 derniers, mais je recevais une lettre qui me disait que je n'étais pas prise. Et donc, l'échec, ce n'est pas non plus l'échec du siècle, mais tous les deux mois, on me disait quand même non. Et en fait, à la fin, le dernier conservatoire qui était à Lausanne, je me suis dit, si là, je ne suis pas prise, je vais aller à Paris et puis je vais faire une année, voir ce qui se passe.
- Speaker #0
Et comment tes parents le prennent ? Mal. Dans le soutien ?
- Speaker #1
Mal, non. Mon père, j'ai eu beaucoup de chance parce qu'il m'a soutenue. Et il m'a soutenue financièrement aussi, la première année. Mais il m'a dit, pendant un an, on te soutient. Après, si tu n'arrives pas à vivre de ça, tu te débrouilles. Donc, j'ai eu de la chance parce que je n'ai pas dû faire un métier à côté. parce que j'aurais moins pu m'investir. Donc ça, j'ai eu beaucoup de chance d'avoir des parents qui me soutiennent. Ma mère, elle était plus triste. Elle avait hyper peur. Elle m'a laissé partir, mais je sais que c'est très dur pour elle et qu'elle avait hyper peur pour moi.
- Speaker #0
Du coup, raconte-nous comment ça se passe quand tu arrives à Paris.
- Speaker #1
C'est une grosse désillusion. Déjà, je galérais à trouver un appart. Parce qu'en fait...
- Speaker #0
Tu n'as pas ton appart, tu ne pars pas d'appart.
- Speaker #1
Je n'ai rien, j'ai une copine, enfin une copine de copine. qui a un studio dans le 16e avenue Victor Hugo et qui me dit, je te le souloue pendant un mois. Et moi, je ne connais pas Paris. En plus, je suis venue une fois quand j'avais 15 ans, mais je ne connais pas. Et j'arrive toute seule avec ma valise à roulettes, une espèce de sac à dos sur des roues. Bref, je m'en fiche de ce détail. Je me rappelle arriver à l'avenue Victor Hugo et j'étais là. Et en fait, tu arrives au fond de cours, le truc des poubelles, tu n'ouvres pas la porte parce qu'elle est minuscule. Pas d'ascenseur. Ah ouais, non, mais minuscule. Et à partir de là, moi, il faut que je trouve un appart et j'ai mis presque un an. Parce que pour trouver un appart, on te demande un RIB. Mais pour aller ouvrir un compte, on te demande une adresse. Et donc, j'étais dans un truc où au début, je ne savais pas ce que c'était un RIB. Donc, à chaque fois, je repartais, je ne voulais pas avoir l'air con. Donc, je faisais oui, bien sûr. Je ne savais pas ce que c'était. Donc, j'ai mis du temps et puis j'étais assez seule. C'était un peu dur, franchement.
- Speaker #0
Et qu'est-ce qui a fait que tu as tenu ?
- Speaker #1
Ben, je ne sais pas trop. Mais je serais incapable. enfin incapable, je ne sais pas, mais de refaire ça aujourd'hui. En tout cas, j'ai eu une grande solitude et j'avais un vrai truc où, des fois, je suis allée voir les trains qui partaient parce que je n'étais pas loin de la gare. Et je me disais, mais en fait, je sais très bien que si je monte dans un train, c'est fini, je ne reviendrai plus parce que c'est trop dur.
- Speaker #0
Quand tu disais un train, c'est retourné du coup en Suisse. Oui,
- Speaker #1
je me disais, je ne peux même pas y retourner trois jours parce que je ne pourrais pas revenir, c'est trop dur. Et en plus, je m'étais cassée le... Le pied, donc j'étais genre... Au final, j'avais trouvé un appart à Jaurès, au 6e sans ascenseur, mais je m'étais pété le pied, donc j'étais avec mes béquilles, et je n'avais pas de potes. Et je regardais, j'avais acheté des coffrets DVD de Newport Beach, et je pensais que c'était mes potes. Genre, je rêvais que je faisais des barbecues avec eux, puis je me suis dit, on arrive à une solitude quand même un peu compliquée. Vraiment, j'étais là, ouais, super, set, merci pour le burger, et à demain. J'étais là, ça ne va pas du tout.
- Speaker #0
Et donc, tu ne sais pas ce qui fait que tu tiens, mais tu tiens. Et à quel moment il y a justement... La première opportunité qui fait qu'après, ça s'enchaîne.
- Speaker #1
En fait, assez vite. Parce que moi,
- Speaker #0
quand j'ai fait des recherches pour faire ton intro, j'ai vu quand même que c'était allé assez vite. Évidemment, il n'y a pas marqué « elle a mis un an pour trouver un appart » . Non,
- Speaker #1
ce n'était pas un an. Je n'ai pas mis trois ans. En vrai, vite, parce que j'étais d'abord au cours Florent, deux semaines, ce qui n'est pas très long. Et je me disais « je ne peux pas rester ici parce qu'il faut que je travaille, parce que je n'ai pas envie de faire des cours » . Et j'avais justement mes trucs de one man, et comme il y avait plein de scènes ouvertes. À Paris, en fait, j'allais avec mes béquilles, je faisais deux, trois scènes ouvertes par soir. Je prenais beaucoup de bites, mais bon, on n'avait pas trop conscience. Et j'étais jeune.
- Speaker #0
T'as 18 ans à ce moment-là.
- Speaker #1
Ouais, je viens d'avoir 19. Et en fait, j'ai un producteur qui m'a repéré à une scène ouverte, ce qui m'a permis de faire le Festival de Montreux, en Suisse d'ailleurs. Et grâce au Festival de Montreux, j'ai rencontré Laurent Ruquier, qui m'a invité à venir chez lui à la radio. Donc en fait, à 19 ans, je me suis retrouvée sur Europe 1, le matin.
- Speaker #0
Ce qui est assez fou.
- Speaker #1
Ah c'était fou, mais moi je ne me rendais pas compte. Et après j'ai tout de suite eu un producteur et j'avais mon spectacle et je jouais. Donc en fait j'ai vite vécu de ça, j'ai très vite travaillé.
- Speaker #0
Et tu avais déjà une vision de ce vers quoi tu voulais aller ? Parce qu'après du coup tu as eu des rôles dans des films, c'est quelque chose que tu avais envie de faire ou qui arrivait un peu au gré des opportunités ?
- Speaker #1
J'avais envie mais je pense que je ne m'autorisais pas trop. Au départ j'étais vraiment contente de faire du one man. Je me disais je veux faire ça, je veux remplir mes salles, jouer mon spectacle et j'ai fait ça pendant huit ans. et le cinéma, c'est arrivé au bout de six ans. Donc, ça faisait déjà très longtemps que je faisais de la scène.
- Speaker #0
Oui, mais quand même.
- Speaker #1
Oui, oui. Mais je ne m'autorisais pas trop. Je me disais que ce n'était pas possible. J'avais encore ce truc où on avait des étiquettes. De toute façon, tu as toujours des étiquettes, comme tu en as parlé. Mais j'ai toujours essayé de m'en détacher. Mais c'est un rôle qu'on m'a offert.
- Speaker #0
Et qu'est-ce qui est le plus dur dans ce milieu ?
- Speaker #1
Le plus dur, c'est les périodes où on ne travaille pas. Franchement, c'est hyper dur. Le plus dur, c'est de tenir, d'être patient et de ne pas se comparer.
- Speaker #0
Oui, en fait, je trouve que d'une manière générale, de ne pas se comparer, c'est difficile.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Mais je trouve encore plus dans l'humour, parce qu'en fait, tu en as tous les jours qui se lancent.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et notamment grâce aux réseaux sociaux. Maintenant, il y en a qui ne se font connaître que par les réseaux sociaux.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
Qui, entre guillemets, ne sont personne, qui émergent en fait pas du jour au lendemain, parce que ce n'est jamais du jour au lendemain. Et quand tu leur poses la question, ils te l'expliquent. Tu vois que c'est du travail. Oui, oui. Et du coup, je trouve que ne pas se comparer, c'est pas évident. Même si, dans l'humour aussi, il y a ce côté un peu personnalité, où tu t'achètes une personnalité. Donc, personne ne peut vraiment se comparer. Mais du coup, toi, comment tu as géré, justement, ce côté comparaison ?
- Speaker #1
Oh ben, grâce à un burn-out. Ah ouais ? Non, mais en vrai, j'ai fait de l'humour. Aujourd'hui, je ne dis même pas que je suis humoriste, parce que je ne le fais plus depuis huit ans. Je ne cache plus sur scène, toute seule. Mais en vrai, tout le monde me parle encore de... Tout le monde, là, me fait exagérer. Dès que je vais quelque part. Non, mais on me dit encore, alors que je n'avais plus ça depuis longtemps. Et je sais que c'est un métier que j'ai trouvé, pour moi en tout cas, très dur. Et je ne sais pas si un jour je le referai, parce que parfois ça me manque. Mais ce milieu-là, pour moi, il était très difficile.
- Speaker #0
Raconte-nous cette période de burn-out, du coup.
- Speaker #1
J'arrivais plus à aller sur scène sans avoir envie de vomir, je supportais plus de parler de moi, je voyais un non-sens à tout ce que je faisais et surtout j'étais prise dans une espèce d'engrenage où comme j'ai commencé jeune, j'ai pas eu le temps de me demander ce que je voulais raconter, qui je voulais être, j'ai pas eu le temps de me poser cette question, puis j'ai vitié aussi au début des gens qui ont écrit pour moi, des gens qui m'ont... mis dans une case et en fait petit à petit je me suis dit mais non mais en fait moi c'est pas ce que j'ai envie de raconter, c'est pas ce que je suis. Tu vois quand j'étais jeune, j'avais 19-20 ans et je disais des horreurs avec une robe rose et en fait je parlais d'euthanasie, j'avais des trucs hyper trash mais en fait c'est pas moi du tout. Donc ça marchait mais en fait ça commençait à marcher sur des choses que j'étais pas et donc ça me faisait mal au cœur moi tu vois. Et après j'étais aussi avec des gens un peu toxiques ou... Je n'ai pas un co-auteur qui passait son temps à me dire que je ne savais pas écrire, que j'étais nulle, que je ne faisais que répéter ce qu'on me disait. Mais j'étais entourée d'adultes qui n'étaient pas forcément très bienveillants. Honnêtement, j'ai eu une année où j'ai tout arrêté parce que je ne pouvais plus.
- Speaker #0
Et ça arrivait au bout de combien de temps ? Ça arrivait à la fin des huit ans ou vraiment au milieu et après tu as repris ?
- Speaker #1
Ça arrivait quand j'avais 27 ans, au bout de huit ans de scène.
- Speaker #0
Ok, donc là, tu as cet épisode et après tu ne retournes plus ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Ok, tu te dis, ouais, j'ai besoin de faire une tour.
- Speaker #1
J'ai de la chance de faire du cinéma. À ce moment-là, je vais faire Baby-sitting, c'est mon premier film. Et on part deux mois au Brésil, donc il y a un truc assez dingue. Et après, je reviens et j'ai encore quelques dates et je me dis, en fait, j'arrête parce que je ne peux plus ça.
- Speaker #0
Ouais, ouais, ouais.
- Speaker #1
Et j'ai arrêté au moment où, si, j'ai fait autre chose, mais je... J'étais fatiguée et épuisée mentalement.
- Speaker #0
Et tu dis que ça te manque. Du coup, qu'est-ce qui te manque le plus ?
- Speaker #1
C'est la scène. J'adore.
- Speaker #0
Le rapport avec les publics.
- Speaker #1
Mais là, je suis contente parce que je vais retourner au théâtre à partir de décembre.
- Speaker #0
Ah, génial.
- Speaker #1
Dans une pièce qui s'appelle La Lettre. Et je vais être avec Maxime Gasteuil, Camille Comballe et Jean-François Quéré. On va être au Casino de Paris. Dans des rôles,
- Speaker #0
du coup, humoristiques ?
- Speaker #1
C'est une pièce un peu à la petite mouchoir sur l'amitié. C'est très profond, mais c'est hyper drôle. Surtout avec eux, c'est difficile autrement. Mais c'est une pièce sur l'amitié, et en fait, je suis trop contente de nouveau être sur scène. Ça, ça m'a vraiment, vraiment manqué, ouais.
- Speaker #0
Parce que toi aussi, malgré toi, je pense que les gens te le renvoient aussi, parce que malgré toi, tu vois, on voit que t'es drôle. Enfin, tu vois, ta communication, c'est par l'humour.
- Speaker #1
Bah ouais.
- Speaker #0
C'est impossible de faire autrement.
- Speaker #1
Mais oui, mais moi, longtemps, j'ai voulu aussi être belle.
- Speaker #0
Mais t'es belle !
- Speaker #1
Non, mais j'ai eu une phase où j'étais là, mais j'aimerais vraiment aussi, tu vois, qu'on me trouve belle. Et en fait, je faisais des trucs où, par exemple, je me disais, j'aimerais bien aussi être un peu mystérieuse et tout, Mimouac. Je sais pas, quand j'essaye d'être mystérieuse, j'ai l'air constipée. Non, mais ça va pas. Mais c'est pas toi. Ça va pas. Oui, oui. Mais j'ai essayé, j'ai vu même des fois des interviews de moi, de trucs où j'avais un peu une période, je sais maintenant, je veux faire du cinéma un peu d'auteur, plus profond. Donc, tu vois, j'allais dans des promos, j'étais là, ouais. Et en fait, ça va pas. Et c'est là où je dis qu'il y a un moment, il faut arrêter de vouloir...
- Speaker #0
Être quelqu'un d'autre. Ouais. Et du coup, qu'est-ce que t'as trouvé dans le cinéma ? Donc là, à 27 ans, donc t'arrêtes le stand-up. Qu'est-ce que tu trouves dans le cinéma que t'aimes bien ?
- Speaker #1
Bah déjà, d'être avec des gens.
- Speaker #0
Oui, il n'était pas tout seul.
- Speaker #1
C'est génial. C'est une équipe. D'avoir toute l'équipe technique, d'être des jours ensemble, de jouer avec l'autre. Parce que tu passes ton temps, quand tu fais du one-man, à parler à des gens imaginaires. Donc, au bout d'un moment, c'est chiant. Le partage et aussi d'avoir un truc qui a un début et une fin. Ce n'est pas un truc où tu t'étales et que tu racontes la même chose pendant six ans. Mais j'ai adoré ça, les gens en fait, l'équipe jouer avec les gens.
- Speaker #0
Et qu'est-ce que tu as le moins aimé dans le cinéma ?
- Speaker #1
L'attente. Parce qu'entre les prises, tu attends. Et si tu es avec des gens que tu adores, tu peux rigoler avec eux. Mais des fois, tu as vraiment genre, tu vas faire une scène, puis après tu attends pendant deux heures, une heure. Pas deux heures, mais ça me semble. Deux heures où ils déplacent la cam. Et toi, tu attends. Et moi, j'aime bien faire des trucs.
- Speaker #0
Tu as une anecdote en particulier qui t'a marquée pendant cette période où tu as fait du cinéma ?
- Speaker #1
Oui. En fait, le premier film, la « Babysitting 2 » , c'est Philippe Lachaud. En fait, il faisait de la radio avec moi. Il était sur Europe 1. C'est un gentil. Des fois, pendant l'émission, on se regardait et on était là. On n'arrivait pas à parler parce qu'on était trop timide. Pendant l'émission, on se jetait des regards de détresse. On se disait qu'il fallait qu'on dise un truc parce qu'on est nul. C'est lui qui m'a proposé « Babysitting » . Mais quand il me l'a proposé, il m'a dit que c'était un petit film. Il ne savait pas trop où ça allait. Il ne s'attendait pas du tout à ce succès-là. Quand il a fait le 2 et qu'on est partis au Brésil, c'était vraiment mon premier film. Je me rappelle que j'étais tellement contente. qu'il y a des prises où le réel me demandait d'arrêter de sourire parce que ça se voyait que j'étais juste... Enfin, tu vois, que je voyais le truc. Et je ne sais pas, il y avait une scène où j'étais dans un hélico avec devant moi Christian Clavier qui pilotait l'hélico. Puis on devait faire genre, on cherche quelqu'un dans la forêt et on est hyper inquiets.
- Speaker #0
Et toi, tu rigoles.
- Speaker #1
Puis moi, je ne pensais pas être dans le champ. Donc, je pensais que c'était que sur Christian. Donc, il fait ces trucs et moi, j'étais derrière et j'étais là. Comme ça. Et je regardais. Puis après, je voyais Christian Clavier. J'étais là, putain, je suis au Brésil avec Christian Clavier. Et je l'aime tellement. Et tout est tellement génial. Et en fait, lui, il nous dirigeait en Tokyo Wokil, Réal. Et Philippe, au moment où il dit, Charlotte, déjà, tu es dans le champ et tu n'as pas l'air inquiète. Tu fais que de sourire et de regarder par la fenêtre. C'est chiant, en fait. Puis je dis, ah oui, pardon, pardon. Et donc, j'ai rejoué. Mais j'avais oublié de jouer parce que j'étais trop contente.
- Speaker #0
Ouais, donc ça a été des années vraiment où tu as vécu pleinement tes expériences. Ouais, c'était génial. Il y a eu d'autres moments aussi où tu t'es éclatée comme ça dans les films que tu as faits ?
- Speaker #1
À tous. tous différemment. Mais oui, oui, complètement.
- Speaker #0
Et qu'est-ce qui était le plus difficile sur la partie cinéma ?
- Speaker #1
Je ne sais pas, ça peut être parfois des moments frustrants où tu aurais envie de jouer plus ou d'avoir plus de choses à défendre. Mais en vrai, moi, je ne vois pas le difficile. Je suis hyper contente quand on me propose un rôle et je me dis que c'est un cadeau à chaque fois, que ce soit deux jours ou deux mois. Je ne vois pas... En fait, j'ai l'impression que c'est tellement plus difficile ce que j'ai fait avant que là, pour moi,
- Speaker #0
c'est la récréation. Enfin,
- Speaker #1
pas récréation, mais je suis hyper heureuse.
- Speaker #0
Et sur la partie, j'aimerais qu'on revienne sur la partie un peu authenticité, où tu disais que des fois, même pendant des interviews, tu joues un rôle en gros. Est-ce que sur cette partie-là, comment tu t'en es sortie ? Est-ce que tu t'es fait aider, coacher ? Ou est-ce que c'est de toi-même, en te regardant, qu'as-tu été autocritique ?
- Speaker #1
C'est aussi de voir que ça ne marche pas. tu vois il y a un truc où j'ai essayé de me déplacer j'avais cette espèce de truc qu'ont beaucoup d'acteurs et d'actrices et je comprends et je respecte de... Malheureusement, je trouve en tout cas, en France, la comédie, elle est sous-cotée. Et il y a un truc pas chic. Ce qui est chic, c'est d'aller faire un film d'auteur et puis de dire, voilà, c'est hyper... On n'a vraiment pas eu beaucoup de moyens. Tu vois, nous, on est là pour dénoncer... Je trouve ça incroyable et génial. Mais c'est un des seuls pays qui snob autant la comédie.
- Speaker #0
Enfin,
- Speaker #1
aux États-Unis ou dans d'autres pays, la comédie, c'est un art. Et moi, je trouve que c'est tout aussi noble de divertir. Et j'ai envie de voir la noblesse là-dedans.
- Speaker #0
Oui, d'accord.
- Speaker #1
Et de voir moins cette séparation. Et pardon, j'ai perdu le fil, parce que ce n'est pas ce que tu me demandais.
- Speaker #0
Non, mais c'est intéressant. Tu me disais quoi ? Ma question, c'était comment tu es... Parce que je t'ai posé la question et tu m'as dit que ça ne marchait pas. Je t'ai dit comment tu as réussi à sortir de là et tout. Tu as dit que ça ne marchait pas. Mais pour te rapprocher un peu plus justement de qui tu es. C'est en testant ou est-ce que tu t'es fait aider par ailleurs ?
- Speaker #1
Ben c'est en essayant et justement ça marchait pas parce qu'en parallèle je suis aussi scénariste donc je voulais réaliser mon premier film et donc j'allais aussi vers des castings différents parce que je voulais aussi grâce à mon film sortir d'une certaine étiquette que j'avais et en fait au bout d'un an où ça marchait pas et à chaque fois il y avait un truc qui allait pas, je me suis remise en question et d'un coup en fait c'était un peu une révélation, j'ai dit à ma productrice parce qu'elle m'a dit non mais si on fait ça là tu peux vraiment te déplacer comme tu veux. Et en fait, je lui ai dit, mais en fait, je ne peux pas me déplacer parce que je ne suis pas placée.
- Speaker #0
Donc,
- Speaker #1
ça ne marche pas. Et donc, j'ai dit, non, en fait, je vais me placer. Et c'était il y a, ce n'est pas longtemps, mais en deux ans, je pense. Il y a deux ans.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Oui, donc c'est plutôt récent.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et maintenant, tu te définirais comment ?
- Speaker #1
Je me trouve incroyable. Non.
- Speaker #0
Non, mais qu'est-ce que... Peut-être même dans... Alors, tu te définirais comment toi et après dans les projets que tu veux mener, quoi. Mais toi. Je dirais que tu t'es un peu plus trouvée ou pas tant que ça ? Ah ouais, ouais. Ouais. Ouais,
- Speaker #1
ouais. Mais je me définirais, je sais pas. En vrai, je sais pas.
- Speaker #0
Pourtant, t'as vécu des moments, tu vois, difficiles. Attends, peut-être que je peux te poser la question autrement. J'aime bien parler, justement, de moments un peu de bascule.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Tu vois, des moments qui ont marqué un avant, un après. Tu nous as parlé de ton burnout tout à l'heure, mais peut-être qu'il y en a eu d'autres, des moments un peu plus difficiles qu'en temps normal, soit dans ta vie pro, soit dans ta vie perso. Est-ce que quand je te pose la question, il y a quelque chose qui te vient ?
- Speaker #1
Non, je pense que c'est plus une accumulation de plein de petits moments où je me dis « j'en ai marre en fait » . C'est un truc où ça va, même entouré peut-être de mauvaises personnes, un truc où je... Mais je ne sais pas, c'est peut-être aussi un truc d'âge, je n'en sais rien. Mais il y a eu un vrai truc où je me suis dit « bon, maintenant, ça suffit d'essayer d'être, de faire semblant, même de rigoler à des trucs que tu ne trouves pas drôles, de vouloir être tout le temps sympa » . Il y a un truc où j'ai un peu lâché, quoi. Aussi ce truc de vouloir plaire, je pense.
- Speaker #0
Et tu dirais, après, c'est dans les métiers artistiques, les métiers d'image, c'est pas évident, je trouve, de vouloir arrêter de plaire, tu vois.
- Speaker #1
Oui, mais en fait, c'est pas toi qui décides. Enfin, il y a un truc où tu te rends compte que t'as beau essayer de faire tel film, tel truc, d'expliquer que tu fais aussi ça, que tu peux aussi être ci, c'est pas entre tes mains.
- Speaker #0
Et aujourd'hui, du coup, je peux poser ma question à Tromont maintenant, t'as envie de quoi ?
- Speaker #1
J'ai envie de réussir ce que j'entreprends, déjà. J'ai envie d'être réalisatrice, d'être à l'initiative de films aussi pour écrire pour d'autres femmes. J'ai envie de m'épanouir en tant qu'actrice et réalisatrice. Et plus tard, j'aimerais être Reese Witherspoon. Non mais c'est mon rêve. J'ai un truc, j'ai envie de... Je n'ai pas envie d'avoir peur de vieillir. Je n'ai pas envie d'être accrochée à une image. J'ai envie de raconter des choses. J'ai envie de faire rire. Mais pour des choses profondes. Pas juste... Voilà, pour aussi faire passer certaines choses. Et puis si ça peut aider des femmes à être plus tranquilles ou à passer un bon moment, ou des hommes d'ailleurs, de divertir et de... Ouais, de divertir, je crois.
- Speaker #0
Et je rebondis sur cette peur de vieillir. Tu l'as eu pendant un moment, cette peur de vieillir ?
- Speaker #1
Non, je ne l'ai pas. Mais je sais que je l'aurai peut-être un jour. Et je vois beaucoup de femmes qui l'ont. surtout dans des métiers, enfin pas surtout, je pense que tout le monde a cette peur-là, mais dans des métiers artistiques où tu dépends que du désir des autres, je pense que c'est dur. Et moi, je n'ai pas envie de dépendre du désir des autres. Si on me désire, tant mieux, mais sinon, moi, je fais ma route et voilà.
- Speaker #0
Oui, oui, oui. Parce que c'est vraiment le discours inter que tu as réussi à dire de je trace ma route.
- Speaker #1
J'ai toujours fait ça.
- Speaker #0
Ok, ben oui, ça se sent dans tes... Aujourd'hui, plus de comparaison ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Même à travers les réseaux ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Parce que les réseaux, du coup, t'es un peu présente sur les réseaux.
- Speaker #1
Ouais, mais c'est nouveau. Enfin, c'est nouveau. Je le fais, mais je le fais avec beaucoup de recul, ça m'amuse.
- Speaker #0
Ça fait combien de temps à peu près que tu postes de manière régulière comme ça ?
- Speaker #1
Ça fait six mois.
- Speaker #0
Ah ouais ?
- Speaker #1
Oui, depuis décembre.
- Speaker #0
Depuis décembre. Tu mets des petites vidéos, des petites photos, des vidéos un peu... Même les vidéos humoristiques, c'est plutôt récent aussi, non ? Oui,
- Speaker #1
ça fait six mois pile. Avant, jamais je n'aurais pu me regarder comme ça. Parce qu'en plus, on t'apprend de ne pas regarder la cam quand tu es acteur. En fait, je l'ai fait pour des raisons, au départ, professionnelles. Ou malheureusement, je me disais que j'étais dans un truc où, parfois, tu hésites entre telle actrice, tel acteur. Tu vas regarder, c'est horrible. Tu vas regarder, il a combien sur Insta pour faire telle promo, telle promo. Et j'ai eu un début, de mini-début d'aigreur, où j'étais là, ah bah voilà, machin truc, il fait ça, mais ça c'est parce qu'il attend. Ouais, mais pas comparaison, parce que t'as pas envie d'être l'autre personne, mais c'est pas juste, parce que c'est pas jugé en fonction du talent, toujours. Et après, je me suis dit, mais enfin, toi, fais-le, en fait, au lieu de critiquer les gens qui ont le courage de le faire, parce qu'il faut aussi avoir un... Pas un courage, c'est un grand mot, mais fais-le. J'aime pas les gens qui critiquent alors qu'ils font pas. Donc je fais.
- Speaker #0
Et t'as explosé, parce que t'as plus de 100 000 en 6 mois. Oui,
- Speaker #1
c'est trop drôle. C'est trop marrant.
- Speaker #0
T'es là où tu devais être. Et qu'est-ce qui t'envoie les gens comme message, principalement ?
- Speaker #1
J'ai beaucoup de femmes qui me disent que ça leur fait du bien, qui me disent merci sur certains sujets. Après, j'ai beaucoup d'insultes de mecs qui sont pas contents sur certains trucs. Comme quoi, par exemple ? Mais c'est assez bienveillant. Tu sais, j'ai fait une vidéo sur les bracelets boules. Et donc je disais que les mecs qui ont des bracelets boules, ça faisait dix ans par bracelet, et puis j'ai eu beaucoup de gens très agacés qui m'ont dit « mais c'est de la thérapie par les pierres, sale pute ! » Et je me suis dit « tiens, ça marche pas de ouf, la détente des pierres ! » Ou alors d'autres vidéos où c'est beaucoup des... Je voyais, c'est soutenant, c'est chouette ! Ouais, ouais, ouais. Ouais, j'étais contente, je suis contente.
- Speaker #0
Oui, c'est ça, je pense que ça attire justement des femmes qui ont envie de passer un bon moment, de déculpabiliser, de sentir qu'elles ne sont pas toutes seules.
- Speaker #1
Oui, qui ne sont pas dans le moule aussi, qui ne font pas les choses comme il faut faire, dans l'ordre qu'il faut.
- Speaker #0
Moi, quand j'ai revu ces vidéos, je me suis dit, elle va peut-être se relancer dans le stand-up. Oui, oui. Parce qu'il y a beaucoup d'humoristes qu'on voit aujourd'hui, hommes ou femmes, qui font des petites vidéos et qui sont adossés à des spectacles. Et ça a un peu une manière de... Tu vois, ils nous font vivre leur vie au quotidien et on se dit, ah, elles sont drôles, on va aller les voir en spectacle. Il n'y a jamais, justement, c'est pour ça que je te demandais les messages des gens qui te disent, alors, quand est-ce que vous montez sur scène ? Tu vois, ça fait un peu vraiment la... La préparation à la suite, alors qu'à priori, non.
- Speaker #1
Oui, il y a plein de gens qui me disent quand est-ce que tu remontes sur scène ? Parce qu'en plus, je sais que j'étais forte. Non, mais je sais que j'étais à l'aise. J'adore ça.
- Speaker #0
Surtout, tu as commencé hyper jeune, donc je pense que tu le ferais maintenant.
- Speaker #1
Oui, je pense que ce serait différent.
- Speaker #0
Tu serais probablement encore meilleure.
- Speaker #1
Oui, puis je pense que je suis entourée différemment. C'est autre chose. Je ne suis pas seule dans la vie non plus. Il y a un truc où quand tu fais ce métier qui est assez solitaire, plus tu ne connais personne, je suis quand même assez isolée. Mais des fois, si. Pourquoi pas ? Pour l'instant, ce n'est pas d'actualité, mais je ne ferme pas la porte.
- Speaker #0
Et quel genre de film tu as envie d'écrire ?
- Speaker #1
J'ai envie d'écrire des comédies à l'anglaise. C'est ce que je fais déjà. Je réalise mon premier film en décembre, en fin d'année.
- Speaker #0
Tout va se passer en décembre.
- Speaker #1
Oui, c'est un truc de fou. Tout arrive en même temps. C'est bien, c'est souvent comme ça dans la vie. C'est une comédie romantique à l'anglaise avec un rôle féminin très fort. Avec une actrice que j'adore, que je ne peux pas encore dire qui c'est, mais je suis trop contente. Et j'ai un casting génial et on part de trois mois de tournage là et c'est mon premier film.
- Speaker #0
Où tu es derrière la caméra. Où je suis derrière la caméra. Complètement derrière la caméra.
- Speaker #1
Que j'ai écrit où je suis derrière.
- Speaker #0
C'est fou, on a trop hâte de faire le casting.
- Speaker #1
Ouais, je te dirais si on peut le dire au moment.
- Speaker #0
C'est fou, trop bien. Est-ce que tu arrives à conserver un équilibre entre ton pro et ton perso ? Oui. Très bien. Ah ouais ? Comment tu fais ?
- Speaker #1
Ah ben, je ne travaille pas. C'est bien ça. Non, mais je trouve que les deux sont tellement importants que j'essaye d'être d'abord bien dans... Pour moi, c'est une balance. Si tu n'es pas bien dans ton perso... Après, quand je ne suis pas bien dans le perso, j'écris assez bien. Après, je me suis dit, bon, c'est quand même dommage. Mais j'essaye de me dire que tout est important et de ne pas négliger quoi que ce soit.
- Speaker #0
Et comment tu nourris justement ? Parce que j'avais déjà reçu... Pareil, une humoriste qui disait que quand elle écrivait le mieux, c'est quand elle était en embrouille avec son mec. Mais elle disait qu'il y avait d'autres façons de nourrir, évidemment, cette âme d'artiste. Est-ce que toi, comment tu te nourris autrement ? Par les émotions que tu vis, quoi. Les autres, j'écoute beaucoup. Les inspis des terrasses de café où tu regardes les gens. Oui, j'adore. Ou entendre les conversations, ou des points de vue. Après, forcément, je regarde plein de trucs, plein de séries, plein de films. Je lis beaucoup, en anglais beaucoup. J'aime bien tous les livres de Lena Dunham qui fait la série Girls, d'Amy Schumer. J'adore les actrices et humoristes, d'ailleurs, stand-up américaines et anglaises, les fleabag. Je me nourris beaucoup du talent de... d'autres personnes. Je les copie. Tu t'inspires beaucoup. Je traduis. Je lis beaucoup et j'observe beaucoup, je pense.
- Speaker #1
Et comment tu travailles ta confiance en toi ?
- Speaker #0
J'y vais avec la peur. Je me dis, en fait, je ne l'aurai jamais vraiment. Et donc, en fait, avant, j'essayais de me dire qu'il faut que ce sentiment disparaisse, qu'il faut que j'attende d'être prête, qu'il faut que je me sente bien. Et en fait, maintenant, je le fais, même si je ne me sens pas bien.
- Speaker #1
même si tu ne te sens pas prête,
- Speaker #0
tu y vas tu arrives à passer à l'action malgré la peur et ça tu l'as appris avec le temps bah ouais parce que je me suis dit ça ne part pas autant faire avec en vrai je sais que ce n'est pas comme dans ma tête par exemple je vais avoir un truc de boulot avec quelqu'un, je vais parler normalement dans ma tête j'ai l'impression de parler comme ça je me trouve ridicule je vous dis c'est pas grave,
- Speaker #1
continue tu en trouves plusieurs dans ta tête ou pas ?
- Speaker #0
bah Non, mais j'ai un peu, oui, un peu. J'ai un truc où je parle et puis à l'intérieur, je suis là, pourquoi t'as mis ça ? Qu'est-ce que tu t'es dit avec ce truc ? Je suis là, c'est pas grave, c'est pas grave. Oui, c'est pas grave. Mais oui, oui, j'ai vraiment, oui. Je me juge beaucoup, je pense.
- Speaker #1
Ah oui ? Encore aujourd'hui ?
- Speaker #0
Ouais, des fois, je vais dire des trucs. Après, dans ma tête, je me refais le truc, je sais pas. Je sais pas, je vais dire un truc, genre un background. Et dans ma tête, j'ai quelqu'un qui fait background. Puis je suis là, ah oui, bon.
- Speaker #1
Tu t'es déjà fait aider psychologiquement ?
- Speaker #0
Oui, beaucoup.
- Speaker #1
Non, mais tu as déjà fait une thérapie, pour de vrai ? Oui. OK. Et ça t'a aidé ?
- Speaker #0
Oui, beaucoup. Moi, je suis obligée de le faire.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Parce que j'ai une tendance très mélancolique, très dans ma tête. Je t'ai dit, dès que je peux penser à un truc, puis en deux secondes, ça va monter, puis je vais être triste et je me soucie beaucoup des autres. Je suis très, très sensible, hyper sensible. Donc, j'ai besoin d'avoir quelqu'un à qui parler.
- Speaker #1
Et t'as été diagnostiquée un peu hypersensible ? Alors, je n'ai même pas envie de le savoir. Ouais, ouais, tu le sais.
- Speaker #0
Non, je ne sais même pas. Et puis, j'aurais trop peur qu'on me dise qu'il n'y a rien. Qu'on me dise que vous êtes d'une banalité. J'en sais même pas.
- Speaker #1
Tu préfères conserver ce...
- Speaker #0
Ouais, je n'ai pas envie qu'on me dise, genre, tu vois, je vais pour savoir si je ne suis pas HPI. Et puis, on me dit non, c'est même limite pas très intelligente, tu vois. Non, mais je ne préfère pas. Mais je pense, mais je n'ai pas envie de savoir.
- Speaker #1
Ouais, ouais, ouais. Et du coup, qu'est-ce que la thérapie, elle t'a appris sur toi ?
- Speaker #0
À prendre de la distance, à être égoïste de temps en temps, et puis à ne pas avoir peur de partir de situations qui sont toxiques.
- Speaker #1
Pro comme perso.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Tu as déjà été dans des situations toxiques, dans des relations même toxiques ? Oui,
- Speaker #0
jeune.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Oui, et de ne pas avoir peur de soi, mais en tout cas, moi, j'y vais une fois par mois. Et même, j'aime bien y aller, même quand tout va bien. Mais ça me fait du bien de parler à quelqu'un. Et puis, je trouve qu'à Paris, en tout cas dans les grandes villes, c'est normal. C'est plutôt genre quand t'as pas de psy, les gens sont là, t'as pas de psy. Mais alors que, tu vois, en Suisse, par exemple, quand tu dis que tu vas avoir un psy, c'est que t'as un problème ou que t'as un passage. Mais pour moi, c'est la santé mentale. J'ai besoin de mon... comme le sport. Je suis obligée de m'en occuper.
- Speaker #1
T'as déjà pris la parole sur les réseaux sur la santé mentale ou pas trop ?
- Speaker #0
Non, jamais.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
C'est un sujet auquel tu penses ?
- Speaker #0
Non, parce que je pense que d'autres le font mieux que moi. J'ai pas envie d'instruire ou de... Je pourrais prendre la parole si on me pose des questions ou dans un... Tu vois ?
- Speaker #1
Ouais, ou même sur le ton de l'humour, tu vois ?
- Speaker #0
Ouais, mais comme c'est des sujets sérieux, je pense que... Je les laisse peut-être à d'autres qui connaissent mieux.
- Speaker #1
Ah ouais ?
- Speaker #0
Peut-être, je sais pas, peut-être que... Mais là, c'est plus... Moi, ça me... Pour l'instant, je fais plus ce qui m'amuse ou un truc dans quoi je pense et je le fais direct.
- Speaker #1
On passe les boules, quoi. Ouais,
- Speaker #0
tu vois, on n'est pas... On n'est pas dans le truc deep. Mais après, je parle aussi beaucoup des injonctions qu'on fait aux femmes. Je parle beaucoup de la grossesse, de la pression maternelle, de plein... En fait, je parle beaucoup de la pression qu'on nous met pour être dans le moule et par rapport au bonheur aussi. C'est ça, moi, ça m'intéresse plus.
- Speaker #1
Ouais, t'as des enfants ?
- Speaker #0
Non, j'ai pas d'enfants. Oui, il me semblait pas.
- Speaker #1
Et pourtant, tu parles de la grossesse et de la maternité.
- Speaker #0
Oui, parce que passé un certain âge, il y a une vraie pression où les gens nous font comprendre qu'il faut qu'on se dépêche. Mais en fait, on le sait. Et puis, un truc où beaucoup de gens vont te dire le bonheur, c'est ça, c'est comme ça. Et quand tu n'es pas dans ce schéma-là, on va t'expliquer que ce n'est pas bien.
- Speaker #1
On va te faire ressentir que ce n'est pas bien.
- Speaker #0
Et ça, ça me... m'intéresse en tout cas.
- Speaker #1
Et ça, tu l'as déjà ressenti, toi, type perso ? Oui. Oui, oui. Beaucoup ? Oui, oui,
- Speaker #0
oui.
- Speaker #1
Dans ton monde pro ou dans ta vie de famille ?
- Speaker #0
Les deux.
- Speaker #1
Et ta famille, par exemple, te met une sorte de pression ? Non,
- Speaker #0
ma famille, elles sont super cool.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Mais c'est souvent des gens qui n'ont pas donné leur avis, tu vois. Ça peut être Francis, le pote de ton père, qui va dire, bah alors, tic-tac, tic-tac. Puis tu as Francis, vraiment, tu as 72 ans, laisse-moi tranquille. Mais je trouve qu'on nous... c'est pas... tant que la maternité. Je trouve qu'il y a un truc où les gens disent que le bonheur, c'est comme ça.
- Speaker #1
Oui, parce qu'ils projettent un peu ce qu'eux veulent ou pas, d'ailleurs.
- Speaker #0
Oui, et puis, ils projettent leur peur. Tu sais, c'est comme quand tu fais un métier artistique, tout le monde va dire « Ah non, mais attention, il y a beaucoup d'appelés, peu d'élus. » Quelque part, quand on te demande comment ça se passe, t'en as plein. Ils ont trop envie que tu leur dises « Ah, t'as trop bien fait d'être comptable. » Tu vois ?
- Speaker #1
Et de travailler 35 heures par semaine. Oui,
- Speaker #0
mais il y a un truc où ils ont besoin de se conforter qu'ils ont bien fait. Donc, quand tu fais autrement, ça les agresse. ils se demandent comment c'est possible oui et puis ils se demandent comment c'est possible qu'en plus tu culpabilises pas et donc ils vont te mettre un truc de attention attends ouais ok, tu vois moi il y a plein de fois on me dit je pourrais pas faire ce que tu fais je suis là bah ok, le fais pas je sais pas demander de le faire c'est vrai que c'est pas facile je trouve en rentant surtout quand c'est répété je pourrais pas faire ça pas savoir chaque mois ouais mais moi je pourrais pas savoir ce que je fais chaque jour ça me ferait ouf Je suis complètement...
- Speaker #1
Mais en plus, je t'ai même pas demandé, t'as envie d'avoir une fille de famille et des enfants ? Peut-être que c'est un truc où t'as pas envie aussi. Si, j'ai envie. Oui, ok.
- Speaker #0
Mais je suis très d'accord avec moi que ça me va très bien que ce soit dans ma quarantaine. Après, t'as des gens qui vont dire, mais attention, je sais. Et puis, je suis ok avec le fait que je sais pas comment ça va se passer. Mais je sais aussi qu'après, il y a plein de copines, plein de gens, elles veulent pas être maman et je trouve ça super. Moi, j'ai envie. Mais j'ai aussi envie de pas transmettre des névroses à mon enfant. Donc je me nettoie beaucoup avant.
- Speaker #1
Oui, d'où la thérapie.
- Speaker #0
Oui, et puis des fois, je lui parle. Je lui dis, mais ta mère a encore deux, trois trucs à régler. Et puis après, je ne sais pas. Mais en tout cas, j'adore ma vie comme elle est maintenant.
- Speaker #1
Et tu as des rituels un peu quotidiens ? Tu as parlé du sport, j'ai pas rebondi tout à l'heure, mais le sport, tu en fais beaucoup ?
- Speaker #0
Je ne crois pas. Non, mais je fais de la barre au sol, genre deux fois par semaine. Donc je ne suis pas non plus en train de faire le marathon. Parfois, je vais deux fois de suite à la salle de sport. Là, j'ai trouvé mon rythme. Et après, je n'y vais plus pendant trois mois.
- Speaker #1
C'est quelque chose dont tu as besoin ?
- Speaker #0
Je ne crois pas.
- Speaker #1
C'est pour faire bien ?
- Speaker #0
C'est parce que je suis sûre que c'est mieux. Évidemment. Mais je n'ai pas ce qu'on beaucoup... Tu sais, ce truc où ils disent, moi, depuis que je cours, j'ai une adrénaline. Moi, ça me fait toujours autant chier. Pardon, il ne faut pas dire que...
- Speaker #1
Si tu peux. C'est parce que peut-être que tu n'en fais pas assez ?
- Speaker #0
Oui, mais je ne l'ai pas.
- Speaker #1
Il y a des trucs que tu fais un peu dans ton quotidien qui font que tu te sens bien ? Plutôt des habitudes.
- Speaker #0
Je ne fais rien. Non. Ben non.
- Speaker #1
Il n'y a pas de bonne ou mauvaise réponse.
- Speaker #0
Je n'ai pas trop d'habitude.
- Speaker #1
Oui, d'accord. C'est intéressant, par contre, de ne pas avoir d'habitude. Tu n'as pas de quotidien type ?
- Speaker #0
Non. C'est surtout très bizarre. Parce que ce matin, par exemple, il y avait un citron dans mon bol. Tu m'as dit que tu voulais faire un citron. Je me suis dit, eh ouais. Et je l'ai fait. Mais je pense que j'arrête.
- Speaker #1
demain je le referai pas demain si il y a un avocat je pourrais faire un avocat je pourrais dire tiens c'est marrant c'est bien de manger un avocat le matin d'accord d'un matin ok on parle du matin mais le soir ah oui non mais c'est un truc de fou t'as pas d'habitude non en tout cas tous tes jours ne se ressemblent pas dans ta semaine rien
- Speaker #0
ça me stresse les habitudes ah ouais ouais ouais des fois je fais des crises je me dis bah voilà on va manger tout le temps la même chose non mais je sais pas j'aime bien ne pas savoir
- Speaker #1
Il y a quand même des trucs qui se répètent dans ta semaine, non ?
- Speaker #0
Si, justement, mes cours de barre au sol. Tous les mercredis, tous les jeudis. Tu vas à tes cours de barre ? Oui, et puis c'est loin de chez moi. Je fais quand même 40 minutes de métro, aller, 40 minutes de retour. Parce que j'ai une prof géniale, je sais que je ne la trouve pas ailleurs, qui s'appelle Béa et qui est très exigeante. C'est la meilleure, elle est trop forte. Tu n'as plus mal au dos, ton corps est sculpté. J'adore ça, j'en ai besoin. Je ne peux pas m'en passer. contre le reste. Alors oui, je mets des crèmes.
- Speaker #1
Ouais, mais c'est pas la même tous les jours.
- Speaker #0
Non. Si, Marc, j'aime bien, mais j'ai pas encore...
- Speaker #1
Tu te masses le visage ?
- Speaker #0
Des fois, et après j'arrive plus à... J'ai pas le temps.
- Speaker #1
Mais là, tu vas pouvoir voir mes tutos. Dès que tu vas voir mes tutos, tu vas dire, ok, je me masse.
- Speaker #0
Eh oui, mais... C'est 30 secondes et une minute.
- Speaker #1
Quand tu mets tes crèmes, tu peux faire ça.
- Speaker #0
Mais après, j'aime bien prendre soin de moi. J'adore les massages, j'adore... Il y a plein de trucs qui me font du bien et je m'autorise à le faire. C'est une comme phrase. Mais non, je n'ai pas de... Je ne crois pas. Je n'ai pas vraiment d'habitude.
- Speaker #1
En fait, c'est marrant parce que souvent, justement, les habitudes, c'est plutôt des routines qui rassurent.
- Speaker #0
Moi, ça m'angoisse.
- Speaker #1
Tu vois, qui te mettent dans un truc de sécurité.
- Speaker #0
Wow.
- Speaker #1
Toi, en fait, c'est vraiment au contraire que tu cherches, limite.
- Speaker #0
Oui, moi, ça m'angoisse.
- Speaker #1
Et dans tes relations ?
- Speaker #0
Ah non, dans mes relations, je suis très fidèle. Je ne me lasse pas des gens.
- Speaker #1
Oui, c'est plutôt du coup l'inverse.
- Speaker #0
Ah ouais, ouais. J'ai besoin, même limite, c'est l'opposé. Je suis vraiment... Là, c'est permanent. C'est sûr, genre, faut pas que ça change. Faut pas que ça bouge. Ouais. Je suis vraiment... Pour tes amis ? Mes amis, c'est les mêmes depuis que j'ai 10-15 ans. Ok. Je maintiens. Quand j'aime, c'est pour la vie. J'ai pas du tout un truc de... Je me lasse pas des gens.
- Speaker #1
Et t'as déjà été très déçue, du coup, de quelqu'un ? Amoureusement ?
- Speaker #0
Amoureusement, mais plus amicalement.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Je trouve ça encore plus dur qu'amoureusement, mais bon.
- Speaker #1
Et du coup, c'était lié à quoi ? Lié au fait que...
- Speaker #0
Lié... Moi, je suis très loyale. Je n'aime pas dire « moi, je suis » , je déteste, mais je l'ai dit. Tu vois, j'ai quelqu'un qui juge. Donc, quand je n'ai pas la même loyauté en face, je ne reste pas.
- Speaker #1
Oui, d'accord. Donc, ça t'est déjà arrivé d'avoir des ruptures amicales. Oui,
- Speaker #0
mais pour des raisons de loyauté, de choses que je n'aurais jamais faites. Mais ça peut être des petits mensonges, des façons de faire où ça peut être blessé plusieurs fois de suite et la fois de trop, c'est fini.
- Speaker #1
Tu as un exemple en tête ? Sans citer de nom, évidemment, mais un truc...
- Speaker #0
Oui, j'ai un exemple de quelqu'un, tu vois, qui va être ton ami pendant des années et puis t'apprend par quelqu'un d'autre, je ne sais pas, qu'elle a essayé de te dégager d'un projet, par exemple. Et après, tu la confrontes et puis elle va dire oui, mais je n'ai pas eu le choix. Et en fait, tu prends et au bout d'un moment, deux, trois mensonges, tu dis bon, en fait, tu as beau aimer cette personne, tu n'es pas en sécurité. Ce n'est pas quelqu'un... Donc, moi, c'est la loyauté. Je préfère m'engueuler ou dire des choses désagréables. Mais les non-dits et les mensonges, j'ai zéro tolérance.
- Speaker #1
Ouais, d'accord, d'accord. Oui, t'es très...
- Speaker #0
Fais attention. Je fais attention. Je te préviens.
- Speaker #1
Je préfère te le dire.
- Speaker #0
Je préfère te le dire.
- Speaker #1
Du coup, je te pose même pas la question de si t'avais que 5 minutes pour toi par jour, qu'est-ce que tu ferais ? Parce que ça change tous les jours. Un jour, je vais faire un fouti. Le lendemain, je mange un avocat. C'est pas un truc.
- Speaker #0
Que je fais en 5 minutes ?
- Speaker #1
Non, non. Si t'avais que 5 minutes par jour pour toi. Qu'est-ce que tu ferais ? Il n'y a pas de bonne réponse.
- Speaker #0
J'adore faire des lattés.
- Speaker #1
Ah ok, donc ça tous les jours ?
- Speaker #0
Non, depuis une semaine. Parce que j'ai acheté la machine à mousse. Et du coup, je me prends pour une barista. Dès qu'il y a quelqu'un, je fais un petit latté, un cappuccino. Puis ils sont là, non merci. Allez, j'insiste, on l'ouvre un peu. Alors ça, j'aime bien en ce moment.
- Speaker #1
Les glacés. D'accord, bah oui.
- Speaker #0
La thé glacée, avec la mousse. J'ai même une boîte avec le cacao, je fais sous poudre. Et ça, c'est depuis quelques jours, j'aime bien.
- Speaker #1
D'accord. Qu'est-ce que la beauté signifie pour toi ?
- Speaker #0
La beauté, c'est très subjectif. Et c'est pas éphémère, je pense. Parce qu'il y a plein de gens qui disent que c'est éphémère, mais je pense que si t'es beau à l'intérieur, tu seras toujours beau à l'extérieur d'une certaine façon. Un certain charisme, une douceur, une lueur dans les yeux. Il y a un truc où... C'est avant tout intérieur, je pense. Je pense. Après, c'est très bateau de dire ça, parce que, bon, des gens sont Victoria's Secret, d'autres pas. T'as envie de dire, c'est chiant quand quelqu'un dit c'est intérieur et que... Non, mais je crois quand même, mon frère. Parce que je dis pas ce que je suis, mais je suis pas loin.
- Speaker #1
Non, mais tu vois, quand tu penses à quelque chose de beau, là, tout de suite, tu penses à quoi ?
- Speaker #0
À moi ? Non. À quelque chose de beau ? Je pense...
- Speaker #1
Pour la poser autrement, la question.
- Speaker #0
Ouais. Ah ! pour la poser au trompe-l'eau. Tu peux vous redire ?
- Speaker #1
Quand tu penses à quelque chose de beau, tu penses à quoi ?
- Speaker #0
C'est très triste, ma réponse. Aucun rapport. Des pâtes vangolées. Devant la mer.
- Speaker #1
J'adore manger. Devant la mer, avec une émotion. J'adore manger.
- Speaker #0
J'adore ça.
- Speaker #1
Ta passion, c'est manger.
- Speaker #0
J'adore, oui. Même le café, boire un truc. Ça rythme ma journée. J'arrive à 14h, je suis là à 16h. J'adore.
- Speaker #1
Je pense qu'on est plusieurs comme ça. Je comprends ça. Et puis tu te dis, qu'est-ce que je vais manger à midi ? Bien sûr. Et ce soir ? Ouais. Je comprends. 100%. Qu'est-ce qui t'émeut le plus profondément dans la vie ?
- Speaker #0
Des pâtes, Van Gogh, devant la mer.
- Speaker #1
Je n'ai pas compris. Est-ce que... Je ne sais pas si tu me ressens ça profondément.
- Speaker #0
Les personnes âgées.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Qui ont encore l'air d'être enfants. Ça, ça m'émeut beaucoup. Des personnes seules. Ça, ça peut me bouleverser. Et je crois la solitude. C'est ça qui m'émeut le plus. Parce qu'il y en a plein des différentes.
- Speaker #1
Ouais, ouais. Tu l'as connue aussi d'une certaine façon, plus jeune.
- Speaker #0
Ouais, mais c'est... Je trouve qu'il y a la solitude voulue, la solitude subie. Il y en a différentes, mais elles me rendent triste, me bouleversent.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a une petite phrase que tu te répètes tous les jours, un mantra qui te guide un petit peu ?
- Speaker #0
Tous les jours ?
- Speaker #1
Pas tous les jours, mais... Non, parce que tous les jours, j'ai compris que ça t'angoissait, mais régulièrement.
- Speaker #0
Là, alors, pas du tout tous les jours, mais ma mère, elle m'avait dit, quand j'étais en train de pleurer sur quelque chose ou une relation, elle m'avait dit, il vaut mieux une faim avec amertume qu'une amertume sans faim. Je me le dis pas tous les jours, parce que c'est très triste. Elle m'est bien restée, celle-là.
- Speaker #1
Si elle t'est restée, c'est pas pour rien.
- Speaker #0
Et bon appétit.
- Speaker #1
Si tu pouvais parler à la Charlotte d'il y a dix ans, qu'est-ce que tu lui dirais ?
- Speaker #0
Je lui dirais, t'inquiète, ça va bien se passer. Oui, ça va bien se passer, mais j'aime pas cette phrase, parce que dans un autre contexte, ça va pas bien. Tu sais, t'inquiète, ça va bien se passer,
- Speaker #1
madame.
- Speaker #0
Ça m'a fait penser à ça. Non, mais c'est de dire que tout va aller.
- Speaker #1
Quelle femme tu verrais bien au micro de ce podcast ?
- Speaker #0
Plusieurs. Je verrais bien...
- Speaker #1
Une que tu connais idéalement.
- Speaker #0
La reine d'Angleterre.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Elle serait top. Sia. Rym Kerisi.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Qui est une réalisatrice incroyable et une actrice géniale. Et voilà. Oui, pas mal. Après, j'ai plein de copines géniales, donc ça ne va pas s'arrêter.
- Speaker #1
Je te sens bien par-dessus. Oui,
- Speaker #0
c'est pour ça que tu m'as coupée finement. Non.
- Speaker #1
Ça fait une demi-heure. Je t'ai coupée parce que je veux qu'on ait le temps de faire le rituel de fin d'épisode.
- Speaker #0
Ah oui, tu vas me faire un massage ? Non,
- Speaker #1
je ne vais pas te faire le massage, mais tu vas te regarder dans le miroir. Et tu vas me dire ce que tu vois. Qu'est-ce que tu vois ? Je me trouve bien.
- Speaker #0
Je trouve que je ne change pas trop.
- Speaker #1
Ok, avec les années ?
- Speaker #0
Oui, j'ai toujours un peu la même tête.
- Speaker #1
Mais tu sais, je ne sais pas si on t'a déjà dit, mais je pense que oui, mais tu as un côté un peu femme-enfant. Je pense qu'on se le dit tout le temps.
- Speaker #0
Ah ouais ?
- Speaker #1
De ouf !
- Speaker #0
J'ai l'air d'avoir 7-8 ans.
- Speaker #1
Non mais il y a un côté un peu femme-enfant.
- Speaker #0
C'est pas l'âge que t'as. Mais si, si. 8 ou 82.
- Speaker #1
Non mais on te l'a déjà dit. Non, je suis pas folle.
- Speaker #0
Non, on ne me donne pas vraiment d'âge.
- Speaker #1
C'est vrai qu'on ne te donne pas vraiment d'âge.
- Speaker #0
Je suis sotoflate. Mais je sais que j'ai la même tête qu'il y a 10 ans. Mais il y a 10 ans, j'avais aussi un peu la même tête. Je crois que j'ai toujours un peu la même tête. Mais j'aimerais bien aussi être un peu... Être femme fatale. Ouais, tu vois, dire alors écoute, moi je pense que tu vas être avec une clope. Dire moi en fait, tu vois. Tu fumes ? Mais quand je bois un verre de rosé.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
J'adore.
- Speaker #1
Mais pas tous les jours.
- Speaker #0
Parce qu'il n'y a jamais un truc que tu fais tous les jours. Non, pas tous les jours. Mais tu vois, des fois, je pense que j'aimerais bien être un peu plus vieille.
- Speaker #1
Ça va arriver.
- Speaker #0
Non, mais pas vieille, mais genre, tu vois. Encre. Je peux l'être. Ceci dit, je peux l'être quand je suis dans un projet. Mais oui, je pense que j'ai un côté... Oui, j'aime bien. Oui, on me l'a déjà dit.
- Speaker #1
Oui, mais c'est agréable. Donc, tu te regardes, tu me dis ce que tu vois. Tu n'as pas trop changé.
- Speaker #0
Non, je n'ai pas trop changé. Par contre, je trouve que j'ai une ride ici. Ça, c'est nouveau. Je me dis, ça, c'est dommage.
- Speaker #1
Ça me fait faire un massage. Mais masse-toi tous les jours.
- Speaker #0
Le sillon, là ?
- Speaker #1
Non, pas comme ça. Surtout pas comme ça. Tu vois, tu l'ouvres.
- Speaker #0
J'aimerais bien. Je pense que je ne ferais pas de...
- Speaker #1
D'injection ?
- Speaker #0
Je ne sais pas. Peut-être qu'un jour, tu me réinviteras. J'essaie de me dire que je n'ai rien trouvé. Mais je sens que je suis quand même un peu plus creusée qu'avant.
- Speaker #1
Nous, on ne le voit pas.
- Speaker #0
Non, c'est...
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu as envie de te dire pour les dix prochaines années ?
- Speaker #0
Continue.
- Speaker #1
C'est timide, là.
- Speaker #0
Je n'arrive pas. Continue. Là, je vais rentrer chez moi et dire que c'est ça que tu t'es dit. C'est bon,
- Speaker #1
attends. Du coup, on peut aller plus loin. Pourquoi tu n'arrives pas à te dire une formulation simple ? Non,
- Speaker #0
je peux quand je suis toute seule devant mon miroir. Mais après, j'ai conscience de ce qui se passe. Tu vois ce que je veux dire ? Je ne peux pas prendre ça et au premier degré dire « Je ne peux pas faire ça » . Si, tu vas le faire.
- Speaker #1
Pour les besoins du podcast.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et pour toi ? Pour moi, voilà.
- Speaker #0
Bon appétit.
- Speaker #1
Non mais tellement, t'as dit bon appétit. Bon appétit ?
- Speaker #0
Non, non, non, je veux pas, je veux être triste. Tu sais, d'ailleurs, tu m'as pas demandé de raconter une anecdote, mais en fait, je m'étais fait opérer pour un truc, bref. Et puis, sur la table d'opération, l'anesthésiste m'a dit pensez à un truc agréable parce que vous allez partir. Et j'ai pensé à un cheeseburger énorme, mais genre très grand. Et après, j'ai essayé d'annuler mon endormissement, hyper paniquée. J'ai dit non, attendez, ça ne peut pas être ma dernière image. Et je suis partie. Et je me suis dit, waouh, il y a des gens qui pensent à leur enfant, à leurs parents, à des endroits. Et moi, un cheeseburger géant, mais genre un grand, grand comme ça, qui était un peu humain. Et je me disais, en vrai, ça ne peut pas être ton meilleur moment de la vie. Ça m'a rendu triste.
- Speaker #1
Non mais attends, dis, parce que tu as dit, ça va être triste. Pourquoi ce serait triste que tu as envie de te dire ?
- Speaker #0
Non, non, non, pas triste. C'est que...
- Speaker #1
Mélancolique ?
- Speaker #0
Non. C'est que c'est dur, je trouve. Moi, je suis pudique. Je sais bien que tu vois et que vous voyez.
- Speaker #1
Non, non, mais fais comme si on n'était pas là.
- Speaker #0
Oh merde. Ok.
- Speaker #1
Du coup, tu vas nous dire ton âge après, non ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Vraiment, j'avoue, je sais pas ton âge.
- Speaker #0
J'ai 39 ans.
- Speaker #1
Ah oui, non, tu ne les fais pas.
- Speaker #0
Charlotte, tu as 39 ans et tu ne les fais pas. Sans doute. Grâce à ta routine. Beauté. Bravo pour ces dix dernières années. Et dans dix ans, tu auras réalisé tes films et tu donneras de la force à d'autres femmes qui doutent d'elles en ce moment.
- Speaker #1
Ah, magnifique. Magnifique mot de fin. Ça valait le coup qu'on te le fasse sortir celui-là.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Merci beaucoup.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Pour cette discussion disruptive, mais que j'ai adorée. Merci beaucoup. Vraiment, merci beaucoup du fond du cœur.
- Speaker #0
Merci à toi.
- Speaker #1
Merci pour votre écoute. Si vous souhaitez aller plus loin, je vous invite à rejoindre ma newsletter Le lien est juste dans la description. Et à la semaine prochaine pour un nouvel épisode.