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- Speaker #0
Hello, hello ! Bonjour et bienvenue sur mon podcast, dans le rétro de ma PMA solo. Alors aujourd'hui, je vais aborder un thème qui vous tient à cœur, je le sais, car quand j'ai demandé sur Instagram si vous vouliez que j'en parle, vous avez été nombreuses à me répondre oui. Alors c'est un thème que j'ai mis longtemps à préparer parce qu'il est assez particulier et il demandait beaucoup de réflexion. Et c'est donc aujourd'hui, vendredi 12 juin, journée de sensibilisation au TDAH. que j'ai décidé de publier cet épisode, puisqu'il va traiter de mon quotidien de maman solo par choix, avec ma petite fille, révélée TDAH il y a trois ans maintenant. Je vais donc vous dire comment je l'ai découvert et ce que ça engendre dans notre quotidien. Tu es une maman solo qui a choisi de l'être ? Tu fais partie de ces femmes qui ont fait une PMA solo pour accéder à leurs rêves ? Tu es encore en parcours ou en pleine réflexion sur l'après-bébé avant de l'entamer ? Alors tu es au bon endroit. Moi, c'est Nadege. Jeune quincaille dynamique et maman comblée d'une chouquette de 8 ans née d'une IAD à Barcelone. Je vis à Bordeaux et je n'ai aucun... aucune famille ici, alors crois-moi tes difficultés, je les connais. Et j'ai à cœur de te partager mon expérience, mon vécu et mon quotidien de maman solo par choix. Alors si je t'ai donné envie d'en savoir plus, calme-moi bien dans tes oreilles, ce moment est le tien. Profites-en et inspire-toi. Alors comment je l'ai découvert ? Avant d'arriver à ce point, un petit comeback s'impose. Nous sommes début 2021, en pleine crise. Covid. Nous avons réussi tant bien que mal à emménager dans notre petite maison avec Jardin. Je vous renvoie à mes épisodes sur le burn-out parental, la trilogie que j'ai faite, si vous ne les avez pas encore écoutées, pour avoir les détails de notre vie alors, pendant le Covid. Donc début 2021, nous venons de subir une perte importante pour nous deux, la perte de notre chat, qui est décédé d'un AVC pendant que nous étions en vacances. dans notre famille à Noël. Cette perte-là, elle est immense parce que notre chat n'était pas notre animal de compagnie. C'était le troisième membre de la famille. Un vrai pilier dont le départ brusque et soudain a fait vaciller nos fondations. Ma fille a alors trois ans et demi et son chat, c'était un peu comme un doudou. Elle le caressait énormément, il venait beaucoup se blottir contre elle. Il y avait vraiment une relation très forte entre eux. Et puis souvent, il venait apaiser un petit peu les tensions qu'il montrait entre elle et moi. Et comme nous n'avons pas pu lui dire au revoir, puisque j'ai dû prendre la décision de le faire piquer à distance, ça a vraiment été une très, très grosse perte. À partir de là, les semaines qui ont suivi, ma fille a commencé à me révéler une hypersensibilité qui était sous-jacente. et essentiellement sensorielle. C'est-à-dire que du jour au lendemain, tout vêtement que je pouvais lui mettre la gênait, la grattait, la serrait. Bref, ça ne lui allait pas. Mais quand je dis tous les vêtements, c'est vraiment tous les vêtements. Il y avait toujours quelque chose qui n'allait pas. Une couture, une étiquette. Alors ça, on le sait, les enfants sont très sensibles à tout ça. Mais là, on aurait dit, en fait, que ça venait carrément la blesser. Il y avait un effet... papier de verre sur la peau. Alors ça, c'est une analyse que j'ai eue beaucoup plus tard. Au départ, évidemment, je n'ai pas du tout compris ce qui se passait. Parce que moi, je n'avais pas du tout changé ma manière de l'habiller. C'est-à-dire que je l'habillais simple et confortable, un legging, une repule ou un sweat, pas de laine, tout en synthétique ou en acrylique parce que moi-même, je suis très sensible aux matières et notamment à la laine et le lin, qui sont deux matières que je ne supporte pas sur la peau. Et donc, du jour au lendemain, je la vois se bagarrer avec ses vêtements, presque à se les arracher. Je ne comprends pas. Qu'est-ce qui peut se passer pour que d'un coup, elle ne supporte plus la manière dont je l'habille et qui, encore une fois, reste très simple et confortable. Donc, tous les matins, c'est une bagarre sans nom, sans fin aussi. Et je vois bien, moi, qu'elle souffre. Je vois bien que ce n'est pas du cinéma. Comme on dit, malheureusement, c'est encore des termes qu'on emploie. Mais je vois bien que ce n'est pas du cinéma, pas de la comédie. Je vois bien qu'il y a un vrai inconfort. Je ne réalise pas jusqu'à quel point ça peut être une blessure, mais en tout cas, il y a un vrai inconfort qu'elle n'arrive plus à supporter. C'est quelque chose qu'elle pouvait encore supporter avant. Mais maintenant qu'elle n'a plus, on va dire, d'échappatoire, d'exutoire, ces poils soyeux à caresser, qui peut-être lui apportaient un réconfort qui lui permettait alors d'accepter les matières que je lui mettais, là, ce n'était plus possible. Pour autant, je ne voyais pas comment je pouvais l'habiller mieux et plus confortable. Puis surtout, cette réflexion, je ne l'avais pas. Alors, je n'avais pas du tout fait le lien. entre la disparition de notre chat et cet inconfort qu'elle manifestait d'un coup de cette manière aussi violente. Bon, puis finalement, elle finissait par accepter ses vêtements et à s'habiller avec. Et finalement, la journée se passait sans problème. Donc, bien sûr, ça me menait à la piste de la comédie, du foutage de gueule, du cinéma, tous les clichés qu'on peut attribuer aux enfants. Mais pour autant, je ne voyais pas. Qu'est-ce que ça pouvait être de différent ? Puisque finalement, elle l'acceptait et elle passait la journée dans ses vêtements. Donc pourquoi ce refus systématique tous les matins de s'habiller ? Vraiment, je ne comprenais pas. Et comme c'est une situation qui s'étale dans le temps et qui nous épuise toutes les deux, et moi la première, je commence quand même à creuser un peu la piste de l'hypersensibilité. Notamment parce que ce que vit ma fille me renvoie beaucoup. à ce que moi je vivais quand j'étais petite et qu'on me forçait à mettre des matières qui pour le coup n'étaient pas du tout agréables et qui m'irritaient la peau, vraiment. Donc je creuse cette piste et je m'inscris à un sommet sur l'hypersensibilité avec une série de conférences quotidiennes pendant une semaine. Et là, en écoutant ces conférences, tout en travaillant, parce que je sais très bien faire les deux en même temps, je me rends compte qu'on est bien dans l'hypersensibilité, que c'est vraiment ça. Donc je continue à suivre cette piste et lors d'une de ces conférences, il y est abordé le thème du TDAH et le lien qui est fait avec l'hypersensibilité. Car bien sûr, le TDAH, généralement, n'arrive pas tout seul. Quand il est présent, il est souvent associé à des troubles dys et à une hypersensibilité. Donc j'écoute, mais je ne me sens pas concernée. J'écoute ça d'une oreille assez distraite. Parce que pour moi, TDAH, il n'y a pas ça. Je veux dire, il n'y a pas ça dans la famille. On dit que c'est génétique. Généralement, ça se transmet. Clairement, non, on n'est pas concerné. Mais j'écoute quand même. Et puis, j'entends parler de cette proposition constante, de crises qui sont en fait des tempêtes émotionnelles. Et là, je dresse une oreille quand même, parce que je me dis, tiens, ça ressemble quand même à ce que je vis. Donc j'écoute un peu plus attentivement et puis les descriptions qui suivent commencent à réellement m'interpeller, notamment sur l'opposition constante. Et là, j'écoute des professionnels parler et expliquer que c'est quand même très difficile de détecter un TDAH avant l'âge de 6 ans, parce que les premiers signes sont assez semblables à l'évolution classique de l'enfant, en fait, et que c'est vraiment quand il perdure, souvent après l'âge de 6 ans. qu'on peut commencer à se poser la question d'une possible neuroatypie. Donc là, moi, ma fille a 4 ans et demi, et je me dis, de toute façon, c'est pas possible de savoir maintenant, donc continuons juste de nous renseigner, on va dire. Et puis un jour, quelques mois plus tard, on passe l'après-midi avec une de mes amies et sa fille, qui avait donc une vingtaine d'années à l'époque, et qui est elle-même neuroatypique. Elle est TSA et TDAH. Et je vois que ces deux-là s'entendent vraiment très bien. C'est assez marrant pour une jeune fille de 20 ans de l'avoir s'amuser avec une petite fille qui avait un peu plus de 5 ans. Mais ce n'était pas seulement s'amuser, on sentait bien qu'elle n'était pas juste là pour l'occuper. On voyait qu'il y avait une connexion entre les deux. Bon, puis c'est tout, on passe une très bonne après-midi et tout se passe bien. Puis mon amie me rappelle quelques jours plus tard, on reparle de cet après-midi, et là elle me dit « Écoute, je vais te dire quelque chose, je ne suis pas sûre que tu sois prête à l'entendre. » Mais je vais te le dire quand même, avec la franchise qui la caractérise, et c'est pour ça aussi qu'on est amis depuis plus de 20 ans maintenant. Elle m'a dit, ma fille m'a dit, Nadège ne le sait peut-être pas encore, mais sa chouquette, elle était des H. Et là, je reste un peu couette en me disant, quoi ? Qu'est-ce que tu dis ? Et elle me dit, mais oui, tu sais, généralement, les enfants neuroatypiques se reconnaissent entre eux. Et même avec la différence d'âge, en fait, il y a une vraie connexion, parce qu'ils fonctionnent de la même manière. Et donc là, on parle un peu toutes les deux de tout ça. Et je lui dis, écoute, c'est marrant parce que je me suis renseignée il y a quelques mois sur le TDAH parce que la piste de l'hypersensibilité m'a menée sur cette neuroatypie. Mais je suis un peu prise au dépourvu parce que moi, je ne sais pas, je ne suis même pas sûre qu'il y en ait dans la famille. Et puis, entre-temps, j'avais quand même pas mal réfléchi. Et en me renseignant, quand même, je m'étais dit, il y a des choses qui ressemblent bien à certains membres de ma famille. Et puis, je me suis souvenu aussi qu'un de mes neveux avait été détecté hyperactif quand il était tout petit. Là, on parle dans les années 90, où le terme de TDAH n'était pas du tout connu encore. On parlait juste d'hyperactivité. Mais on avait dit aussi à ma sœur et son mari. que c'était quand même bizarre cette hyperactivité parce que c'était un enfant qui était quand même capable de se concentrer longtemps sur certaines choses. Donc pour eux, ce n'était pas de la vraie hyperactivité. Et pour autant, c'est toute l'ambivalence du TDAH. On parle de troubles de l'attention, mais un enfant qui est passionné par un sujet peut rester concentré des heures dessus. Là où un enfant neurotypique va changer très vite de sujet au bout d'un quart d'heure. Quand je vous dis des heures, c'est vraiment des heures. Ma fille joue avec ses plaies mobiles. ou avec ses animaux, ses dinosaures, deux, trois heures durant. Elle est dans sa bulle, elle se fait ses histoires, son imagination est très très fertile et elle ne voit pas du tout passer le temps. Elle peut même en oublier de prendre son goûter. Elle oublie même complètement ma présence. Donc bref, moi j'avais fait un petit comeback familial et je m'étais dit que il y avait quand même des comportements qui ressemblaient à ça, sans qu'ils aient été réellement nommés. Et puis, il faut aussi réfléchir à une chose, c'est le patrimoine génétique du géniteur. Eh bien oui, parce qu'il pouvait y avoir peut-être un cas dans ma famille, voire deux, voire plus, mais bon, ça je le saurai qu'après. Mais il ne faut pas oublier qu'elle est aussi issue de son géniteur. Et de son géniteur, je ne sais strictement rien, ce n'est son groupe sanguin. Donc il est tout à fait possible qu'il y ait aussi de la neuroatype. dans sa famille qu'il soit lui-même neuroatypique donc en fait beaucoup d'interrogations mais pas de réponse pas encore de réponse et le temps passe et puis un jour ma fille était en grande section et sa maîtresse demande à me voir alors il faut savoir que sa maîtresse en fait elle l'avait déjà eu en moyenne section donc c'était la deuxième année qu'elle qu'elle suivait ma fille donc je vais à ce rendez vous et là en fait elle a des mots assez puissant puisqu'elle me dit J'ai un problème en fait, votre fille, je suis en train de la perdre. Et là, waouh, le choc quoi, le poids des mots, je suis en train de la perdre. Et comme c'est une maîtresse en qui j'avais toute confiance, je lui demande un peu plus d'explications, et là elle me dit qu'il s'est passé quelque chose en classe, qu'il l'a vraiment interpellée, et elle me dit mais elle n'est plus là quoi, elle n'est plus avec moi, elle ne m'écoute plus, elle se lève quand je parle, elle ne fait pas attention aux consignes, elle n'est plus là quoi. Elle n'est plus avec moi. Et comme elle savait que ce n'était pas du tout dans les habitudes de ma fille, elle se posait vraiment de vraies questions. Elle avait bien compris que ce n'était pas contre elle, que ce n'était pas de l'insolence. C'était vraiment comme si, tout simplement, elle occultait l'extérieur et suivait ce qui se passait dans sa tête. Donc, elle n'arrivait plus à capter son attention. Alors moi, j'avais un début d'explication. En tout cas, je pensais que c'était une explication puisque, bah, elle est... On était en dernière année de maternelle, on était en février, elle allait avoir 6 ans en avril. Et je sais qu'elle en avait marre d'être en maternelle. Elle en avait marre, elle, elle parlait que de la primaire, du CP, d'apprendre à lire. Alors, sachant qu'en plus, moi, j'avais mis en marche une méthode pour apprendre à lire parce que je sentais qu'elle avait un besoin grandissant de passer à autre chose. Donc, elle savait déjà lire en majuscule. Grâce au son des lettres, je fais référence à la méthode de Céline Alvarez, pour celles qui rechercheraient l'info. Méthode que je conseille fortement pour les enfants qui ont besoin, envie de lire avant d'apprendre à lire classiquement. Alors, ce n'était pas forcément pourtant du goût de la maîtresse qui, elle, me disait que oui, mais elle apprenait à lire en majuscule et que du coup, elle n'arriverait pas à lire en attaché. Alors qu'en fait, le switch se fait totalement spontanément. Donc pour moi, c'était ça l'explication et je ne me suis pas trop inquiétée. Mais en même temps, ça m'a quand même bien interpellée. Surtout, je suis en train de la perdre. Ça, ce sont des mots forts qui m'ont bien ébranlée. Et puis, elle ajoute quelque chose de très puissant. Elle me dit, maintenant je comprends quand vous me dites, elle ne m'écoute pas. Et pour une maîtresse qui déjà est maman de deux enfants, mais qui en plus est maîtresse, donc gère des enfants depuis plusieurs années. Donc à la base, qui est quand même assez rodée aux enfants qui n'écoutent pas, puisque on le sait, c'est comme ça que les enfants n'écoutent pas. C'est d'ailleurs pour ça qu'il faut répéter sans cesse les consignes et que ça nous fatigue. Mais bon, c'est comme ça, c'est le fonctionnement de l'enfant. Donc, quelqu'un pour qui ce fonctionnement, c'est quotidien. Dire ça à une maman, dans toute sa bienveillance, parce qu'en plus, encore une fois, j'ai eu beaucoup de chance. Jusqu'ici, ma fille a toujours eu des enseignantes très bienveillantes et je croise les doigts pour que ça continue. Donc, avec toute la bienveillance qui la caractérise, elle est venue juste m'alerter sur le fait que ma fille n'était plus du tout avec elle pendant la journée. Elle faisait sa petite vie, son petit monde et était même complètement surprise quand on lui disait « t'as pas fait ce qu'on t'a demandé, quoi » . Et encore une fois, sans critique, vraiment juste, c'est une constatation. « Pourquoi t'as pas fait ce que je t'ai demandé ? Pourquoi t'as pas suivi la consigne ? » Donc à partir de ce moment-là, il y a un déclic dans ma tête et je me dis « ça y est, quoi » . Il n'y a pas que moi qui me rends compte qu'il se passe un truc, quoi. Il se passe un truc avec ma fille. Mais quoi ? Qu'est-ce qui peut se passer ? parce que... Là, on ne pouvait pas lier son comportement à l'hypersensibilité. Donc forcément, je savais qu'il y avait autre chose, mais je ne comprenais pas. Et puis évidemment, les paroles de mon ami me sont revenues en tête et le TDAH est revenu sur le devant de la scène à ce moment-là. Donc là, je commence à me renseigner sérieusement sur ce trouble, sur cette neuroatypie. Et j'apprends d'ailleurs que l'hypersensibilité cache souvent cette neuroatypie, même si ce n'est pas automatique. Et là, je commence à entendre parler d'inattention, d'impulsivité, de tempête émotionnelle et des explosions de colère des enfants qui sont considérés comme ingérables et qui pour autant ne sont juste pas en capacité de gérer leurs émotions. Certes, ça c'est tous les enfants, mais là c'est des émotions qui sont exacerbées. Là, chaque émotion est vécue dans l'extrême. Et quand je dis chaque émotion, on parle bien de la colère, de la tristesse. mais aussi de la gaieté. Et là, ça tilte parce que c'est vrai que moi, ma chouquette, dès que je lui offre quelque chose ou dès que je lui annonce quelque chose qui va lui plaire, mais elle est dans les sauts de joie, elle s'accroche à mon cou, elle m'embrasse, elle me dit merci mille fois, elle va me dire dix fois de suite, t'es la meilleure des mamans, elle va me dire c'est la meilleure soirée que je vis. Et c'est vrai que... Même si c'est chouette à vivre de voir en effet cette joie intense de son enfant quand on lui annonce quelque chose d'heureux, ça interpelle quand même parce que ça fait beaucoup. Et ça explique aussi du coup l'intensité des colères qui elles sont d'un autre monde, mais réellement d'un autre monde. La tristesse c'est pareil, quand une nouvelle triste nous arrive, mais ma fille elle est inconsolable quoi, mais vraiment. inconsolables. Et je ne parle pas d'une nouvelle triste comme la mort de quelqu'un. Non, je parle juste de quelque chose qui ne va pas se faire, par exemple, alors que c'était prévu. Mais là, c'est des pleurs, mais à n'en plus finir, quoi. Et c'est vrai que c'est déstabilisant, vraiment déstabilisant, de la voir réagir comme ça, à l'extrême, à chaque fois. Et c'est épuisant aussi. Vraiment, c'est épuisant. Et c'est ce qu'on appelle la dysrégulation émotionnelle. Mais ça, je l'apprendrai. plus tard. Donc là, il y a le puzzle qui est en train de se mettre en place dans ma tête, les pièces du puzzle qui s'imbriquent. Et je me dis, bon, clairement, il faut que je sache. Il faut que je sache non pas pour lui mettre une étiquette ou la mettre dans une case, au contraire, loin de moi cette idée. J'ai toujours détesté ça. Mais pour savoir, pour comprendre, pour mieux comprendre ma fille. Et pour l'aider, si je peux le faire, à gérer ses émotions qui sont d'une sensibilité. extrême. Donc là, je me prends les choses en main, je me renseigne et je me heurte très vite à toute une procédure, à tout un parcours et surtout à des listes d'attente extrêmement longues. Alors déjà, il fallait avoir 6 ans parce que aujourd'hui ça a changé, merci, mais à l'époque, si on n'avait pas 6 ans, l'enfant ne pouvait pas passer de test. Et là, on était en février, ma fille allait avoir 6 ans en avril. Donc, en gros, elle n'était déjà pas une bonne candidate. pour la liste d'attente. J'entends bien pour la liste d'attente. Et j'adhère à un groupe Facebook, notamment TDAH Gironde. Et je regarde et là, je suis affolée. Les délais d'attente, les familles qui attendent depuis presque un an que leur enfant puisse passer par le parcours qui est préconisé pour le dépistage de la neuro-ATP. Et là, je me dis, non, ça, ça ne va pas être possible. Donc, on va trouver un autre moyen. Parce que moi, je ne vais pas rester un an à ne pas savoir ce qu'il en est uniquement pour que le parcours soit pris en charge. Ça, ce n'est pas possible pour moi. Donc là, je me tourne vers la sphère privée et sur recommandation de l'ami en question qui est la première à m'a parlé de TDAH, je vais trouver une neuropsychologue spécialisée dans les troubles du neurodéveloppement qui va me donner un rendez-vous sous 15 jours. Oui, oui, 15 jours. Donc là, réellement, bah oui, quoi, je saute dessus et je me dis, on y va. Même si ce n'est pas une neuropsychiatre ou une neuropédiatre. On va passer par la phase psychologue parce que moi, j'ai besoin de savoir. C'était vraiment l'élément qui était le plus important pour moi, c'était de savoir. Et entre-temps, comme je m'étais beaucoup renseignée sur le TDAH et que je savais que la plupart des enfants qui étaient atteints de ce trouble étaient suivis en psychomotricité, j'ai donc l'idée de rappeler la psychomotricienne qui a suivi ma fille pendant un peu moins d'un an, je crois que c'était neuf mois, à l'âge de quatre ans et demi. Alors pourquoi ? elle a été suivie par une psychomotricienne parce que à cette époque elle avait des petits soucis d'équilibre en statique alors pas en mouvement du tout parce que c'est une enfant qui a su faire du vélo à 4 ans et quand je dis du vélo c'est sans les petits trous parce qu'elle ne les a jamais eu de toute façon elle est passée directement de la draisienne au vélo à deux roues donc à 4 ans elle savait faire du vélo deux roues et elle n'avait aucun problème d'équilibré Donc en mouvement, tout allait bien, mais alors en statique, c'était une catastrophe. Elle ne savait pas comment positionner son corps. Elle était tout le temps en train de bouger. S'il fallait qu'elle tienne, par exemple, à côté de moi, elle mettait un pied devant, un pied derrière. Elle se mettait sur le côté, elle était complètement courbée. Elle ne pouvait pas rester en place en statique. Ce n'était pas possible pour elle. On voyait bien que ce n'était pas une question de volonté. C'était son corps. Son corps ne peut pas rester en place en statique. Et puis elle avait beaucoup de mal avec tout ce qui était coordination. Elle ne rattrapait pas les ballons, elle s'emmêlait les pinceaux quand il s'agissait de suivre une petite chorégraphie toute simple. Elle s'emmêlait souvent les pieds, elle tombait souvent. J'avais noté déjà des problèmes de coordination. Quelqu'un de mon entourage m'avait alerté là-dessus et donc j'avais décidé d'aller voir une psychomotricienne. Et on a fait un bilan de psychomotricité qui a révélé en effet une légère dyspraxie. Donc la dyspraxie, c'est la difficulté à coordonner ses mouvements, notamment, et puis des difficultés à se situer dans l'espace également. Donc on a commencé des séances de psychomotricité. Et ça a vite, vite porté ses fruits d'ailleurs, parce qu'à l'époque, la psychomotricienne m'avait dit « C'est très bien que vous veniez à cet âge-là, parce que s'il y a un petit souci, on va vite pouvoir agir dessus et votre fille aura moins de problèmes quand elle va rentrer en primaire, parce que c'est souvent là. » que les problèmes se dévoilent. À partir du moment où on se met à écrire, où il faut être plus attentif en classe, moins bouger, où il n'y a plus de séance de jeu. C'est souvent en primaire que tout ça se révèle. À 4 ans et demi, elle m'a dit que c'était bien d'être venue et qu'on allait travailler ça pour que ce soit plus facile pour elle. En effet, ça a rapidement porté ses fruits et on a arrêté à peu près 6 ou 9 mois après, je ne me souviens plus exactement. Donc là, je me dis, tiens, je vais rappeler la psychomotricienne. Et elle me dit, écoutez, j'ai un créneau qui vient de se libérer le samedi matin. Donc, ce qui était parfait pour moi, parce que c'était compliqué de faire un suivi de psychomotricité, ou tout autre suivi d'ailleurs, en semaine, en travaillant à plein temps. Je ne voyais pas comment faire. Et là, ce sont deux jeunes psychomotriciennes qui ont fait le choix d'ouvrir le samedi. Et croyez-moi, ça arrange beaucoup de parents. Merci à elle pour ça. Et je parle à la psychomotricienne du coup de ma suspicion d'un possible TDAH. Et elle me dit, en effet, ce n'est pas un truc fou de penser aux troubles de l'attention et vous avez raison de la faire tester. Donc, le rendez-vous chez la neuropsychologue arrive et là, je déballe tout. Donc, j'explique les problèmes que m'a rapporté la maîtresse, l'inattention, le fait qu'elle soit dans sa bulle, qu'elle n'écoute pas les consignes. Et puis, je lui explique aussi qu'on a déjà fait un bilan de psychomotricité. Je lui donne le bilan. Et pendant que je lui parle, elle observe ma fille qui joue à côté, qui est à côté de nous sur un grand tapis et qui occulte totalement ce qu'on dit parce qu'elle a trouvé des dinosaures parmi les jouets. Et donc, forcément, il n'y a plus personne. Elle n'est plus là. Elle est dans son monde. Et donc, elle l'observe. Et elle me dit, écoutez, c'est vrai que depuis le début de la séance, je la regarde. Et bon, je pense que c'est une bonne idée de passer les tests. D'ailleurs, elle s'est adressée plusieurs fois à elle durant ce moment où je parlais. Et ma fille ne lui répondait même pas. Il a fallu vraiment qu'on interpelle deux, trois fois son prénom pour qu'elle lève la tête. Et oui, qu'est-ce qui se passe ? On m'appelle. Et elle me dit, bon, écoutez, on va poser tout ça et on va prendre rendez-vous pour un bilan. Mais encore une fois, comme il fallait attendre ses six ans, on avait encore un mois d'attente quasiment. Et je crois qu'on a pris rendez-vous pour le bilan deux jours avant ses six ans. Donc vraiment à la limite des six ans. qui était requis à cette époque. Et donc, ma fille passe les tests. Alors déjà, ça ne s'est pas fait hyper facilement. Il a fallu le faire en deux fois, même si c'était le même jour, parce que l'attention n'était pas là. Clairement, ça ne l'intéressait pas de faire ça. Il n'y avait rien d'amusant. Donc, elle a passé une partie des tests. Ensuite, elle a laissé me voir en salle d'attente. On a, voilà, se détend de cinq minutes. Et hop, elle est repartie faire l'autre partie des tests. Et donc, trois semaines plus tard. je reçois le bilan de la neuropsychologue qui révèle en effet un trouble de l'attention avec hyperactivité. Une hyperactivité qui est essentiellement cérébrale, mais qui se traduit quand même physiquement, puisque son corps a besoin de bouger, d'être en mouvement tout le temps. Et à ça s'ajoute un trouble anxieux. Et là, waouh, ça y est, soulagement, on pose des mots. On pose des mots sur ce qui se passe dans la tête de ma fille. Ma fille a vraiment... un trouble. Et là, à la fois ça me soulage parce que je me dis non, je ne suis pas folle, quoi. Elle avait bien quelque chose. Et ce n'est pas le manque d'impair, comme certaines personnes ont pu me le suggérer. Et en même temps, moi, c'est vrai que je n'ai pas de recul. Je n'ai personne pour me dire au quotidien là, il y a quelque chose qui ne va pas. Ce n'est pas bien normal quand même, toutes ces réactions épidermiques, ou en tout cas, ce n'est pas classique. Parce qu'en fait, c'est ça le problème aussi du TDRH. Comme je vous l'ai dit au début de l'épisode, c'est que tout ce qui... peut être signe d'un TDAH, sont aussi associés au développement classique de l'enfant. Donc c'est très compliqué de dissocier les deux. Est-ce qu'on est dans une phase normale de l'évolution de l'enfant ou est-ce qu'il y a quelque chose d'autre derrière ? Mais d'un autre côté, quand les difficultés rencontrées se présentent dans deux domaines différents de la vie, à savoir l'école et la maison, et qu'ils perdurent au-delà de 6 ans, là on peut commencer à se poser des questions. Donc j'en reviens au bilan et nous sommes donc en séance où la neuropsychologue me dit « Oui, en effet, il y a ça qui est détecté, mais en même temps, votre fille, elle va bien. Elle est bien dans ses baskets. On sent que c'est une enfant qui est bien épanouie. Donc il n'y a pas de difficultés particulières, en tout cas à ce jour. L'important maintenant, c'est d'apprendre à comment gérer le TDAH. Parce que oui, en fait, c'est un peu le souci aujourd'hui, c'est que... Une fois qu'on a les bilans, qu'on a posé des mots et qu'on a le nom d'un trouble, en fait, on est un peu livré à nous-mêmes. OK, ma fille était DH et je fais quoi maintenant, du coup ? Donc, heureusement, la neuropsychologue, elle est encore une fois bien spécialisée dans ces troubles. Donc, elle, elle va m'orienter. Elle va en tout cas me dire comment ça fonctionne un peu dans le cerveau de ma fille. Et ça allume des lumières un peu partout dans le mien en me disant, oh là là, d'accord, OK. « D'accord, je comprends mieux maintenant certaines réactions et tout ce qu'on vit au quotidien. » Et en même temps, elle va me parler de la méthode Barclay, qui est une méthode qui a fait ses preuves pour améliorer, on va dire, la vie des personnes TDAH et de leur entourage. Mais en même temps, elle me dit « Écoutez, prenez le temps de digérer tout ça. On n'est pas pressé. Il n'y a pas une grosse urgence. Encore une fois, votre fille va bien. »Renseignez-vous un peu, elle me donne des petites références et tout ça. Et donc, c'est ce que je vais faire. Je vais commencer à me renseigner sur le TDAH, donc avec des livres audio, des podcasts, des vidéos YouTube. Et plus j'en apprends, plus je comprends. C'est comme si vraiment, encore une fois, je reprends l'image du puzzle où il y a les pièces qui s'imbriquent. On se dit, ah ben voilà, là, c'est la bonne pièce. Ben oui, je comprends beaucoup mieux. qui se passe dans notre vie. Je comprends les réactions du matin, je commence à mieux comprendre les crises d'un autre monde qu'elle me fait, l'état dans lequel elle se met. Parce que moi, j'en pleurais parfois de l'état dans lequel elle se mettait. Je ne savais plus comment la consoler, comment la prendre dans mes bras, c'était impossible. Et j'en pouvais plus de ce combat, parce que tout était combat. Il y avait limite presque plus d'instants agréables entre nous. Et ça, ce n'était pas possible. Parce qu'à chaque fois que je demandais quelque chose, il y avait opposition. Quelle que soit ma demande. Alors qu'on soit bien d'accord, je n'ai pas fait un enfant pour qu'il m'obéisse au doigt et à l'œil. Pas du tout. Je suis même bien contente qu'elle affirme son caractère. Mais d'un autre côté, je n'ai pas non plus fait un enfant pour me battre avec lui 24 heures sur 24. Et absolument pour tout, Donc là, j'avais enfin une explication. En tout cas, j'étais guidée vers quelque chose. Donc, j'ai commencé à suivre des petits sommets, comme j'avais suivi celui sur l'hypersensibilité. Hop, il y en a un sur le TDAH qui s'est présenté. Voilà, donc ça, c'est bien. Les choses, les portes se sont ouvertes aussi. J'ai eu accès à des conférences gratuites qui, encore une fois, m'ont permis de mieux comprendre ce qui se passait dans le cerveau de ma fille. Et lors d'une de ces conférences, je découvre une personne qui s'appelle Cyrielle Soulbieux. et qui a un compte Insta qui s'appelle Horizon Famille. Et j'apprécie beaucoup la manière dont elle parle. J'aime les mots simples, j'aime ses explications. Et je m'aperçois donc qu'elle a sa propre guidance parentale, inspirée Barclay, donc pas totalement Barclay, parce qu'entre-temps, je m'étais renseignée sur la méthode Barclay. Et il y avait des petites choses quand même qui ne me convenaient pas. Voilà, notamment le tableau des récompenses. Ça, ça... Non, je sentais que ça n'irait pas avec ma fille. Donc, j'ai commencé à suivre cette personne, à suivre son compte. Et puis, j'ai été convaincue de sa méthode et je me suis dit, je vais acheter sa guidance parentale. Et j'ai très bien fait parce que vraiment, c'est une guidance qui m'a beaucoup aidée pour mieux comprendre et surtout pour mieux appréhender les réactions en chaîne de ma fille. Donc, si je les appréhende, je peux aussi les éviter. Ma manière à moi de parler, ma manière à moi de présenter les choses permet d'éviter... des réactions en chaîne qui vont finir en tempête émotionnelle. Donc, j'ai suivi dans l'ordre ces préconisations, j'ai mis plein de choses en place et waouh ! Impressionnant, les résultats sont arrivés très très vite en fait. Et aujourd'hui, on ne s'affronte plus pour tout et n'importe quoi. Les crises se sont espacées, je comprends mieux comment elles fonctionnent. Donc du coup, je vais anticiper certaines choses. Alors évidemment, je n'évite pas tout, de toute façon c'est impossible. Mais voilà, encore une fois... La vie parfaite, elle n'existe pas. Donc, je suis loin d'éviter tout. Mais soyons honnêtes, ça a complètement changé ma vie et celle de ma fille aussi. Parce que pour elle aussi, c'est moins fatigant et plus agréable de ne pas s'affronter maman tout le temps. Et surtout, de ne pas être en mode tempête émotionnelle en permanence. Et puis, je me suis sentie moins seule aussi. Parce que oui, j'étais bien seule avec mon diagnostic et juste les préconisations de ma neuropsychologue. Parce que je ne savais pas. comment l'appliquer à notre quotidien. Je n'avais pas le mode d'emploi pour ça. Et là, en fait, la guidance parentale incluait l'appartenance à un groupe WhatsApp où Cyrielle faisait des audios régulièrement sur des problèmes ou des questions posées et où on peut se parler entre parents avec des enfants TDAH. Donc, c'est vrai que je me suis sentie moins seule et surtout aussi, il y avait un live par mois qui permettait d'envoyer ses questions à l'avance. et donc Cyrielle y répondait durant le live. Évidemment, un live avec un replay. Donc vraiment, ça m'a fait du bien, cette guidance parentale. Et je la conseille fortement. Donc un programme bien complet et qui m'ont permis de mettre en place plein plein de choses et de m'aider dans mon défi de maman à gérer le TDAH de ma fille au quotidien. Donc parmi les choses que j'ai mises en place, la première qui est essentielle, je dirais, mais qui n'est pas du tout facile à mettre en place, c'est de ne jamais m'opter. opposées frontalement à elle. Ou en tout cas d'essayer, parce que comme je vous le dis, ce n'est pas évident du tout, puisque ça veut dire aussi remettre en question toute ma façon de fonctionner et toute la façon de fonctionner dont j'ai hérité. Donc on est loin d'être dans le facile facile. Et c'est aussi pour ça que je parle de défi. Donc, pour parler concrètement. En fait, si ma fille veut quelque chose et que moi, je ne souhaite pas la même chose, je vais éviter de lui dire non. Et attention, ça ne veut pas dire que je vais dire oui. Donc, on ne parle pas de laxisme. On ne parle pas d'accepter tout, qu'on soit bien d'accord. Je vais juste essayer de trouver une autre façon de formuler ce nom. Alors, ça peut être un... Je ne préférerais pas que tu fasses comme ça, moi. Ou je préfère... Pas que ce soit maintenant, avec une petite explication ou pas, ça dépend, derrière. En tout cas, ça doit être très très court. Et tout de suite derrière, de proposer autre chose. Je préférerais plutôt que ce soit à ce moment-là, ou je préférerais plutôt que tu fasses comme ça. Donc il n'y a pas d'opposition frontale, il n'y a pas de vrai non. Et l'idée, c'est de trouver un compromis. Ça, c'est le maître mot. Trouver le bon compromis qui m'arrange moi et qui puisse la satisfaire elle aussi. Alors attention, le compromis n'est pas une baguette magique, ça ne transforme pas non plus tout d'un moment à l'autre. Par contre, ça aide à gérer la relation, parce que ça va définir ce qui va se passer dans les minutes à venir. Donc, soit une tempête émotionnelle, à cause du refus de ma part, soit un partage, un échange, afin de trouver ce qui nous convient à toutes les deux. Donc je ne dis pas, encore une fois, que ça marche à tous les coups, même encore aujourd'hui, mais quand même. Au fur et à mesure de cette mise en place, au fur et à mesure qu'il y a moins d'affrontements entre nous, eh bien en fait, le compromis, il s'installe très rapidement. Et aujourd'hui, on en est à un point où c'est elle qui le propose. Quand je lui dis « Écoute, moi je ne souhaite pas que ça se passe comme ça » , elle me dit « Ah ben attends, je te propose un compromis » . Je n'ai même plus besoin de moi le proposer. Donc c'est super parce que l'avancée, elle est là. Elle sait, elle essaye, elle tente, normal. Elle a bien raison de tenter quelque part. Et elle sent bien qu'il y a un nom derrière, mais je ne le prononce pas. Même si parfois il m'échappe, mais la plupart du temps, je cherche à faire autrement. Et c'est elle qui va aller chercher comment on peut faire pour qu'on soit toutes les deux satisfaites du résultat. Alors attention, c'est une vraie gymnastique d'esprit. C'est une mécanique à mettre en place. C'est vraiment pas facile. C'est pas inné du tout. Il y a même des fois où on se pose vraiment la question de se dire, mais qu'est-ce que je fais là ? C'est moi qui décide, point quoi. Pourquoi je suis toujours dans la demande de trouver le compromis ? Pourquoi je prends autant de gants ? Et puis, finalement, la réponse, elle est là. C'est que les résultats sont tellement au-delà de mes espérances, parce qu'aujourd'hui, comme je vous dis, c'est elle qui propose le compromis. Eh bien, en fait, les tempêtes émotionnelles se sont raréfiées et on n'en est plus à s'opposer en permanence. Donc, on y gagne toutes les deux. Donc, moi, je n'ai rien à gagner à asseoir mon pouvoir et à dire « je suis ta mère, c'est moi qui décide, point » . Non, en fait, je n'ai rien à gagner. J'ai tout à perdre et surtout à vivre des tempêtes émotionnelles qui me fatiguent, qui m'épuisent et qui épuisent ma fille aussi. Donc, on n'a rien à y gagner toutes les deux. Donc, je préfère cette méthode de trouver le bon compromis, la méthode qui a tout changé pour nous. Alors, bien sûr, de l'extérieur, j'ai entendu « Ah bah oui, c'est elle qui a le dernier mot, c'est elle qui a gagné. » J'en ai entendu des choses. « Tu la laisses gagner ? » Ah non, en fait. Vous savez quoi ? C'est moi qui ai gagné. Ce que vous ne comprenez pas, c'est que moi, j'ai gagné une crise en moins. Et pour autant, je n'ai pas cédé à ce qu'elle voulait. On a juste trouvé un juste milieu. Et donc, c'est moi la gagnante. J'ai gagné une tempête émotionnelle en moins. J'ai gagné le fait de ne pas voir ma fille se mettre dans tous ces états. Croyez-moi, c'est moi la gagnante. Car moi, mon but, c'est d'avoir des relations apaisées avec ma fille. Ce n'est pas de me battre avec elle toute la journée. Et le but, c'est que ce soit... plus facile pour moi, pas pour les autres. Donc, je gère comme ça, je gère comme je peux. Je ne vais certainement pas m'attacher à ce qu'on peut dire à l'extérieur sur ma façon de faire. Je laisse dire, c'est moi qui gère ma fille au quotidien 24h sur 24, 365 jours sur 365. Donc, c'est à moi et à elle que tout ça doit profiter. Après, dans ce qui a été mis en place, il y a aussi un truc très essentiel. Et là, pour le coup, ça marche avec tout. les enfants, c'est celle de prévenir. Par exemple, quand on va quelque part et qu'on doit en partir, et je sais que ma fille est en train de passer un très bon moment, qu'elle n'a pas du tout envie de partir, et on connaît tous cette situation, notamment au parc, à l'air de jeu ou quand deux enfants se rencontrent et qu'ils s'amusent ensemble, l'idée c'est de la prévenir en amont, et quand je dis en amont, c'est pas cinq minutes, parce que cinq minutes pour un enfant TDAH, ça ne marche pas. Ça marche pour un enfant neurotypique. mais pas neuroatypique. Donc moi, je préviens environ une vingtaine de minutes avant. Et pourquoi ça ne marche pas, les 5 minutes ? Parce qu'un enfant TDAH n'a absolument pas la notion du temps. Il y a vraiment une distorsion temporelle. L'enfant ne voit pas le temps passer. il va falloir lui laisser beaucoup plus de temps. Donc, par exemple, je suis chez une copine. Elle joue avec son fils, donc qui est un copain à elle. Ils s'amusent bien tous les deux, ils s'éclatent, ça s'amuse. Bon, ben, 20 minutes ou une demi-heure avant, je vais aller la voir et je vais lui dire, tu sais, ça fait déjà un moment qu'on est ici, tu t'en rends pas vraiment compte, mais ça fait déjà longtemps. Et donc, on va partir dans pas si longtemps que ça. Et là, clairement, elle me dit, non, je veux pas. Et moi, je lui dis, c'est pas maintenant. tu as encore le temps de jouer. Donc là, tout de suite, elle s'adoucit. Généralement, on essaye de prendre un point de repère ensemble, à savoir, tu peux encore faire une partie de ce jeu. Et je lui dis, par contre, quand je t'appellerai la prochaine fois, ce sera vraiment le moment d'y aller. Donc, on est vraiment dans la prévention. On prévient en amont, voilà ce qui va se passer. Et même si ce n'est pas magique, déjà, ça apaise. Il n'y a pas la tempête émotionnelle du « non, je ne vais pas y aller » . Il y a encore du temps, même si la notion du temps est très, très aléatoire. Elle sait qu'il y a du temps, donc tout de suite, le cerveau est apaisé. Et surtout, elle sait que la prochaine fois que je vais l'appeler, elle est préparée au fait qu'il va falloir partir. Alors, ça n'a pas fonctionné tout de suite. Soyons très honnêtes, j'ai eu de l'opposition au départ. Et maintenant, ça fonctionne beaucoup mieux. Voilà, donc c'est comme tout. Il faut tester, il faut répéter, répéter, répéter tout le temps. mais au final, ça porte ses fruits. Et donc, on en est là aujourd'hui. Alors, pourquoi ça se passe comme ça ? Parce que je vais pouvoir te dire le TDAH, et puis après, je vais m'arrêter parce que je ne suis pas une experte dedans. Mais comme je me suis beaucoup, beaucoup renseignée, je sais quand même pas mal de choses. Et le TDAH, c'est en fait une fuite de dopamine dans le cerveau en permanence. C'est comme un baignoire troué. Alors ça, c'est une image que je reprends de Cyriel Soulbieux. dont je lui rends sa propriété, c'est comme une baignoire trouée. Ça veut dire que la dopamine, qui est l'hormone de la motivation, l'hormone qui nous motive à commencer une tâche, eh bien, elle fait défaut au cerveau TDAH. Du coup, le cerveau est toujours en quête de dopamine. Ce qui veut dire que le cerveau scanne, lui, en permanence son environnement pour trouver de la dopamine, pour pouvoir avancer et passer à l'étape suivante. Donc, si, par exemple, prenons le cas des écrans. Un enfant qu'on va laisser devant un dessin animé, par exemple, une vingtaine de minutes, même avec un timer qui va sonner la fin du dessin animé, le fait d'arrêter tout de suite ce qui lui procure autant de plaisir, autant de bonheur, en fait, ça va être comme si on lui retirait un verre d'eau des lèvres alors qu'il est assoiffé. C'est le même déclencheur dans le cerveau. Et c'est pour ça que ça crée des tempêtes émotionnelles. Parce que nous, on a tablé sur du temps et non pas sur du contenu. Un épisode de 30 minutes, si on l'arrête à 20 minutes, ça va déclencher une émotion si forte qu'il va y avoir un comportement totalement inadapté à la situation. En même temps, est-ce que toi, quand tu regardes une série, est-ce que tu te dis, ah tiens, il faut que j'aille me coucher absolument à 22 heures et qu'à 22 heures, il reste un quart d'heure ou il reste 10 minutes dans ta série, qu'est-ce que tu vas faire ? Tu vas te dire, ah non, j'avais dit 22 heures, donc j'arrête tout, je regarderai les 10 minutes demain ou tu vas regarder les 10 minutes et... « Ensuite, tu vas aller te coucher. » « Attends la fin, on ne va pas se mentir. » C'est pareil pour ton enfant. C'est exactement pareil. Si tu lui laides 10 minutes de plus parce que son dessin animé n'est pas terminé, ça ne va pas te changer de la vie. Tu n'es pas un parent qui cède, tu es juste un parent qui respecte le fait que ton enfant ait la fin de ce qu'il regarde. Et donc là encore, je vais prévenir ma fille en lui disant « Tu finis ton épisode et après on éteint. » Alors, elle va chercher, évidemment, parce que le cerveau, lui, il ne scanne plus autour, là. Il est concentré sur l'écran. Donc, lui, ce qu'il veut, c'est encore, Je veux ça encore. Donc, elle va chercher à négocier. Elle va me dire, non, encore un autre épisode, encore un autre, s'il te plaît, un dernier. Et là, clairement, ça va dépendre de ma forme et de mon état de lassitude. Voilà. Il y a des fois, je vais l'accorder, parce que, clairement, ça ne va pas, encore une fois, changer notre soirée ou ma vie. Et puis, il y a des fois, je vais lui dire, on avait prévu deux épisodes, pas plus. Tu arrives à la fin du deuxième épisode. Donc, on respecte ce qu'on a prévu. Et là encore, je vais le dire genre dix minutes avant la fin de l'épisode. Évidemment, je ne vais pas le dire deux minutes avant pour qu'elle ait encore le temps de prendre plaisir à regarder. Et si au départ, c'était un peu la guerre. Aujourd'hui, je vois ma fille éteindre la télé toute seule après la fin de son épisode de dessin animé. Donc clairement, ça fonctionne. Pourquoi ? Parce qu'elle a été prévenue à l'avance. et qu'elle sait qu'il n'y a pas matière à discussion. Par contre, elle va sortir du canapé et là, le cerveau est en mode recherche de dopamine. Donc, elle va poser son attention sur quelque chose qu'elle a fait, par exemple, une création qu'elle n'a pas finie dans la journée. Elle va s'asseoir sur la chaise, elle va commencer à me parler et je vais lui dire « Mais qu'est-ce que tu fais là ? » « Ah oui, mais c'est parce que je veux finir mon dessin. » Encore une fois, le cerveau cherche la motivation, la dopamine pour avancer et clairement aller se coucher, c'est pas... Pas ce qui amène de la dopamine. Donc elle va vouloir finir son dessin, par exemple, qu'elle a commencé dans l'après-midi. Et là, l'idée, c'est de réorienter le cerveau en lui procurant une nouvelle dopamine. Quelque chose qui va l'inciter à faire ce que moi, je veux qu'elle fasse à ce moment-là. Là, ce serait aller retrouver le livre qu'on est en train de lire en ce moment pour connaître la suite des aventures des personnages. Parce que oui, depuis quelque temps, en fait, au lieu de lire des... petites histoires à ma fille sur ces livres qu'on a lu 50 fois chacun, eh bien j'ai commencé à acheter des livres un peu plus gros et je lis un chapitre par soir. Donc c'est quelque chose qui est en plus motivant parce qu'on a envie de savoir la suite. Il y a une motivation pour connaître la suite. Donc là je vais lui rappeler par exemple qu'on a un nouveau chapitre à découvrir dans le livre. Et là tout de suite, ça change la donne. « Ah oui, oui, oui, t'as raison maman, je veux savoir. Tu te souviens hier quand on s'était arrêté au chapitre, on ne savait pas ce qui allait se passer et tout. Donc j'ai envie de savoir. » Et là, tout de suite, tout de suite, elle va quitter ce qu'elle est en train de faire parce que le cerveau aura retrouvé de la dopamine. Il aura refixé son attention sur ce que je viens de proposer. Et là, tout de suite, elle va monter, elle va se laver les dents, mettre son pyjama et hop, elle va m'attendre dans le lit. Donc, encore une fois, quand on comprend comment fonctionne le cerveau et quand on comprend cette histoire de fuite de dopamine, En fait, on peut prévenir. beaucoup de choses, et notamment les tempêtes émotionnelles qui sont liées à nos réactions naturelles. Non, là, c'est l'heure, on va se coucher. Oui, mais non, on peut le dire autrement. Et surtout, on peut y ajouter une notion agréable qui va donner envie de passer à la prochaine étape. Et là, moi, j'ai tout gagné. J'ai évité une crise parce que j'ai compris comment son cerveau fonctionnait et que j'ai rechargé son cerveau en dopamine. Donc ça, voilà, c'est hyper important dans la gestion. Des enfants TDAH, dans la gestion quotidienne, c'est de comprendre comment fonctionne leur cerveau, de comprendre ce qu'est la fuite de dopamine et de réorienter pour que les cris soient évités. Et encore une fois, que ton enfant soit TDAH ou pas, que tu ne saches pas encore s'il est TDAH, peut-être que tu as des doutes, peut-être que tu te poses des questions, ou peut-être que tu es sûr qu'il ne l'est pas, mais ce que je viens de te dire, en fait, ça marche quand même avec tous les enfants et c'est ça l'avantage. c'est que tu peux quand même prendre ces... tips, c'est d'essayer de les appliquer avec tes enfants parce que même si tu n'as pas des tempêtes émotionnelles débordantes, tu peux quand même éviter la petite crise ou le petit pleur du soir et ça, c'est quand même bien sympa. Enfin, troisième chose que j'ai mise en place, mais là pour le coup, je ne l'ai pas mise en place parce que c'était déjà quelque chose que j'appliquais. Donc, on va dire que c'est quelque chose qui est venu conforter ma vision des choses. Il est important de ne pas punir un enfant qui est TDAH. mais plutôt de lui apprendre à assumer les conséquences de ses actes. Et là encore, je vous dis, moi, aucune découverte pour moi, parce que c'est exactement comme ça déjà que je procédais avec ma fille. Pour moi, j'ai toujours pensé que la punition, c'était totalement inutile. C'était surtout humiliant et dégradant. Et ça n'avait aucune utilité, aucune action sur le fait que l'enfant apprenne de sa bêtise. Donc, ça m'a confortée dans mon choix. J'étais plutôt fière de moi, déjà, d'appliquer ce genre de principe. Et pour ceux qui doutent par rapport à la punition, déjà il faut savoir que les enfants de CDAH ont une très très mauvaise estime de soi. Pourquoi ? Parce que ce sont souvent, encore une fois, des enfants qui sont atteints de troubles dys, dont dyspraxie, dyslexie, dyscalculie, dysorthographie. Donc très souvent, ils sont déjà un peu catalogués. On leur met souvent des étiquettes, on leur dit... « Oh mais qu'est-ce que t'es maladroit ! » ou « Oh là là, tu m'as pas écouté, t'es encore dans la lune ! » Et du coup, ils enregistrent qu'ils ne sont pas capables d'être ce qu'on leur demande. Donc clairement, ça abîme leur estime de soi. Et la punition, ça va encore renforcer cette notion de « je suis nul, je suis pas capable » , cette humiliation. Et donc ça va pas du tout être utile, ça va plutôt dégrader ce que l'enfant pense de lui. Surtout quand elle est... totalement injustifié. Parce que punir, par exemple, parce qu'un enfant n'a pas fait ce qu'on lui demande, alors que simplement, il n'a pas écouté, il n'a pas entendu ce qu'on lui a demandé. Ou punir parce que un verre a été renversé alors qu'on lui avait demandé de faire attention. Mais en fait, il est dyspraxique et même s'il fait attention, oui, il peut renverser des choses. Donc ça n'a aucun intérêt. contre l'idée, c'est de bien marquer la conséquence de l'acte. Ok, tu as renversé un verre, ça arrive à tout le monde, prends l'éponge, essuie l'eau, moi je m'occupe des bouts de verre si jamais le verre est cassé. Donc là, il y a réparation. L'enfant ne se sent pas humilié, ne se sent pas honteux de son geste, et il répare. Il est même fier de réparer, et on peut tous passer à autre chose. Donc on y gagne tous. Bon là, je parle d'un verre cassé, mais on peut... partir sur un autre exemple, par exemple un enfant qui ne veut pas faire ses devoirs. Moi personnellement, ma fille, si elle ne veut pas faire ses devoirs, je ne la force pas. Parce qu'elle a déjà dépensé beaucoup d'énergie pour se concentrer en classe toute la journée, que je sais que c'est difficile pour elle, que la plupart du temps, elle a bien intégré parce que justement, elle s'est bien concentrée sur ce que la maîtresse dit, donc je ne la force pas. Ok, tu ne veux pas faire tes devoirs, il n'y a pas de souci. Par contre, si le lendemain, il y a une dictée, qu'on n'a pas révisé les mots et que la maîtresse met sur le cahier que... Donc apparemment, la leçon n'a pas été revue parce qu'il y a eu trop d'erreurs. Là, je lui explique que c'est la conséquence de son acte. Tu n'as pas voulu faire tes devoirs, tu n'as pas révisé tes mots. Tu pensais bien les connaître, mais tu vois, apparemment, ce n'était pas le cas. Donc du coup, tu as fait des erreurs. Il n'y a rien de grave. C'est juste la conséquence de ne pas avoir revu tes mots hier soir. Donc comment tu comptes faire pour la prochaine fois ? Ah ben la prochaine fois, je vais faire mes devoirs, maman, parce que moi, je n'aime pas avoir des erreurs. Voilà, tout simplement. Il n'y a pas eu de punition, il n'y a pas eu de colère de ma part. Oui, tu ne veux pas faire tes devoirs, regarde comment... Non, non, non, on n'en est pas là. On en est juste à expliquer une situation et une conséquence d'acte. Et pour finir, je vais te dire ce que j'ai mis en place, alors là, pour l'aider physiquement dans son quotidien à l'école. Donc la première chose, c'est l'achat d'un coussin de proprioception. Alors tu vas me dire qu'est-ce que c'est que ce truc ? Alors, ce truc, c'est donc un coussin avec des picots dessus qui permet... à ma fille d'être assise sur sa chaise à l'école, tout à fait normalement, mais du coup de bouger dessus, parce que forcément, elle n'est pas confortablement installée, étant donné qu'il y a des petits picots, sans pour autant que ce soit une grosse gêne. L'hypersensibilité, par exemple, n'intervient pas dessus. J'y ai cru d'ailleurs, je me suis dit, ça va être compliqué avec l'hypersensibilité, mais pas du tout en fait. Par contre, ça lui permet de bouger sur le coussin, donc de pouvoir se concentrer sur ce que dit la maîtresse. Pourquoi ? Parce que napp... pas à se concentrer sur le fait qu'elle ne doit pas bouger son corps. Son corps qui bouge naturellement et donc en mouvement, et c'est très très léger, c'est quasiment imperceptible m'a dit la maîtresse, et elle, elle peut se concentrer sur ce que dit la maîtresse. Et ça l'aide beaucoup. Elle a ça depuis le CP, ça la suit d'année en année et vraiment, c'est quelque chose que je conseille et recommande vivement parce que ça aide beaucoup les enfants qui ont donc Merci. besoin de bouger leur corps. Ce n'est pas une envie, ce n'est pas quelque chose dont ils font exprès. C'est le corps qui a besoin de bouger, d'être en mouvement tout le temps. Donc, le coussin de proprioception, ça s'achète partout, dans les boutiques spécialisées, mais sur Amazon aussi. Donc, vraiment partout. Et enfin, le deuxième élément que j'ai acheté, c'est un casque anti-bruit. Parce que le casque anti-bruit, lui, va permettre à ma fille de gérer son hypersensibilité auditive. Et par exemple, sur des bruits de récréation très très forts, avec beaucoup d'écho, beaucoup de brouhaha, ou à la cantine aussi, où il y a énormément de brouhaha, le fait de mettre le casque anti-bruit, ça va lui permettre d'isoler le bruit qui la dérange le plus, mais d'entendre le reste quand même. Le casque anti-bruit, c'est exactement la même chose que les casques qu'on met pendant les concerts, notamment pour protéger les oreilles des enfants. C'est ça en fait, c'est un casque anti-bruit. Donc, ça n'empêche pas d'entendre. Simplement, ça diminue le volume sonore. Ou alors, en classe, quand il y a un peu de chahut ou quoi que ce soit. Mais clairement, aujourd'hui, ce n'est pas ce qu'elle utilise le plus. Elle l'a. Donc, elle sait qu'elle peut le mettre n'importe quand. C'est vu avec la maîtresse. La maîtresse est totalement d'accord. Il n'y a aucun problème. Elle peut le sortir n'importe quand, sans avoir à se justifier. Mais elle me dit, en fin de compte, qu'elle ne le met pas trop. Ça lui arrive de le mettre plutôt à la cantine, en effet. fois en récréation, mais le problème de la récréation, c'est qu'elle n'y pense pas forcément quand elle va en récréation. Et c'est une fois qu'elle y est que ça devient compliqué et où elle se dit « j'aurais dû prendre mon casque » . Bon, c'est encore un truc à ajuster au niveau de la gestion. Et pour terminer, je voulais simplement préciser que ma fille a un TDAH léger, ce qui veut dire qu'il n'y a pas de dossier MDPH en cours, parce que clairement, il n'y a pas de problème particulier pour l'instant. Et je touche du bois pour que ça continue comme ça. Et que tout ce que j'ai mis en place à l'école, en fait, ne fait pas partie d'un PAP. Il y a simplement eu une réunion de l'équipe éducative et moi qui ai proposé de mettre des choses en place pour que ce soit plus facile. pour ma fille comme pour la maîtresse. Et ça a été accepté. Je suis consciente de ma chance. Je le dis parce que toutes les écoles, ça ne se passe pas pareil. Et souvent, dans les écoles, on exige un PAP. Donc, ça veut dire que derrière, il faut qu'il y ait un diagnostic reconnu. Il faut qu'il y ait des ordonnances de médecin. Enfin, c'est tout un trafic. Et souvent, c'est un dossier MDPH en cours. Donc, je suis consciente de ma chance. et j'espère que ça pourra continuer parce que ma fille, encore une fois, n'a pas besoin d'une AESH, n'a pas besoin d'autres aides particulières. Donc, je n'ai pas envie d'aller encombrer le bureau de la MDPH qui se croule sous les dossiers. Surtout que la plupart du temps, quand on fait un dossier MDPH, c'est pour obtenir une AESH ou des aides financières. Et là, moi, ce n'est pas mon cas. De toute façon, elle me serait refusée. Vu que le TDAH est léger, elle ne serait pas acceptée. Donc, c'est pour ça que je n'ai entamé aucune démarche. auprès de la MDPH, mais je suis consciente que toutes les familles qui ont des enfants TDAH ne sont pas du tout sur un même pied d'égalité et parfois on n'a pas le choix, on est bien obligé de passer par le dossier. Et enfin, une dernière chose que je voulais préciser, ma fille n'est pas médicamentée. Elle ne prend pas de traitement pour gérer son TDAH. C'est un choix de ma part, car pour l'instant, tant que je peux le gérer et tant que tout va bien à l'école, pour moi, il n'y a pas besoin qu'elle soit médicamentée. Voilà, cet épisode est maintenant terminé, mais je me rends compte que je n'ai pas tout dit, que j'ai encore pas mal de choses à dire, et notamment ce que la révélation du TDAH de ma fille a pu avoir comme conséquence sur moi et également sur certains membres de ma famille. Je vais donc travailler sur une deuxième partie, car elle a aussi son importance. J'espère en tout cas que cet épisode-là t'aura plu et qu'il t'aura peut-être donné des pistes pour ton enfant. Si c'est le cas, en tout cas, n'hésite pas à m'envoyer un petit message sur Insta en MP ou dans le rétro de ma PM à solo à gmail.com. N'hésite pas bien sûr à le partager à toutes celles qui ont besoin de l'entendre parce que plus il sera partagé, plus on comprendra comment fonctionnent nos enfants neuroatypiques, plus on fera du bien à nos enfants, plus ils seront compris, plus ils seront respectés dans leur fonctionnement neuroatypique, plus leur vie leur sera agréable. Voilà, je te souhaite une bonne journée, une bonne soirée ou une bonne nuit, en fonction du moment où tu m'auras dans tes oreilles. Merci de m'avoir écoutée jusqu'au bout. À bientôt. Bye bye.
Chapters
Guillaume
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L'amour
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Soleyne
10min
LOL
18min
Oui
26min
Description
Transcription
- Speaker #0
Hello, hello ! Bonjour et bienvenue sur mon podcast, dans le rétro de ma PMA solo. Alors aujourd'hui, je vais aborder un thème qui vous tient à cœur, je le sais, car quand j'ai demandé sur Instagram si vous vouliez que j'en parle, vous avez été nombreuses à me répondre oui. Alors c'est un thème que j'ai mis longtemps à préparer parce qu'il est assez particulier et il demandait beaucoup de réflexion. Et c'est donc aujourd'hui, vendredi 12 juin, journée de sensibilisation au TDAH. que j'ai décidé de publier cet épisode, puisqu'il va traiter de mon quotidien de maman solo par choix, avec ma petite fille, révélée TDAH il y a trois ans maintenant. Je vais donc vous dire comment je l'ai découvert et ce que ça engendre dans notre quotidien. Tu es une maman solo qui a choisi de l'être ? Tu fais partie de ces femmes qui ont fait une PMA solo pour accéder à leurs rêves ? Tu es encore en parcours ou en pleine réflexion sur l'après-bébé avant de l'entamer ? Alors tu es au bon endroit. Moi, c'est Nadege. Jeune quincaille dynamique et maman comblée d'une chouquette de 8 ans née d'une IAD à Barcelone. Je vis à Bordeaux et je n'ai aucun... aucune famille ici, alors crois-moi tes difficultés, je les connais. Et j'ai à cœur de te partager mon expérience, mon vécu et mon quotidien de maman solo par choix. Alors si je t'ai donné envie d'en savoir plus, calme-moi bien dans tes oreilles, ce moment est le tien. Profites-en et inspire-toi. Alors comment je l'ai découvert ? Avant d'arriver à ce point, un petit comeback s'impose. Nous sommes début 2021, en pleine crise. Covid. Nous avons réussi tant bien que mal à emménager dans notre petite maison avec Jardin. Je vous renvoie à mes épisodes sur le burn-out parental, la trilogie que j'ai faite, si vous ne les avez pas encore écoutées, pour avoir les détails de notre vie alors, pendant le Covid. Donc début 2021, nous venons de subir une perte importante pour nous deux, la perte de notre chat, qui est décédé d'un AVC pendant que nous étions en vacances. dans notre famille à Noël. Cette perte-là, elle est immense parce que notre chat n'était pas notre animal de compagnie. C'était le troisième membre de la famille. Un vrai pilier dont le départ brusque et soudain a fait vaciller nos fondations. Ma fille a alors trois ans et demi et son chat, c'était un peu comme un doudou. Elle le caressait énormément, il venait beaucoup se blottir contre elle. Il y avait vraiment une relation très forte entre eux. Et puis souvent, il venait apaiser un petit peu les tensions qu'il montrait entre elle et moi. Et comme nous n'avons pas pu lui dire au revoir, puisque j'ai dû prendre la décision de le faire piquer à distance, ça a vraiment été une très, très grosse perte. À partir de là, les semaines qui ont suivi, ma fille a commencé à me révéler une hypersensibilité qui était sous-jacente. et essentiellement sensorielle. C'est-à-dire que du jour au lendemain, tout vêtement que je pouvais lui mettre la gênait, la grattait, la serrait. Bref, ça ne lui allait pas. Mais quand je dis tous les vêtements, c'est vraiment tous les vêtements. Il y avait toujours quelque chose qui n'allait pas. Une couture, une étiquette. Alors ça, on le sait, les enfants sont très sensibles à tout ça. Mais là, on aurait dit, en fait, que ça venait carrément la blesser. Il y avait un effet... papier de verre sur la peau. Alors ça, c'est une analyse que j'ai eue beaucoup plus tard. Au départ, évidemment, je n'ai pas du tout compris ce qui se passait. Parce que moi, je n'avais pas du tout changé ma manière de l'habiller. C'est-à-dire que je l'habillais simple et confortable, un legging, une repule ou un sweat, pas de laine, tout en synthétique ou en acrylique parce que moi-même, je suis très sensible aux matières et notamment à la laine et le lin, qui sont deux matières que je ne supporte pas sur la peau. Et donc, du jour au lendemain, je la vois se bagarrer avec ses vêtements, presque à se les arracher. Je ne comprends pas. Qu'est-ce qui peut se passer pour que d'un coup, elle ne supporte plus la manière dont je l'habille et qui, encore une fois, reste très simple et confortable. Donc, tous les matins, c'est une bagarre sans nom, sans fin aussi. Et je vois bien, moi, qu'elle souffre. Je vois bien que ce n'est pas du cinéma. Comme on dit, malheureusement, c'est encore des termes qu'on emploie. Mais je vois bien que ce n'est pas du cinéma, pas de la comédie. Je vois bien qu'il y a un vrai inconfort. Je ne réalise pas jusqu'à quel point ça peut être une blessure, mais en tout cas, il y a un vrai inconfort qu'elle n'arrive plus à supporter. C'est quelque chose qu'elle pouvait encore supporter avant. Mais maintenant qu'elle n'a plus, on va dire, d'échappatoire, d'exutoire, ces poils soyeux à caresser, qui peut-être lui apportaient un réconfort qui lui permettait alors d'accepter les matières que je lui mettais, là, ce n'était plus possible. Pour autant, je ne voyais pas comment je pouvais l'habiller mieux et plus confortable. Puis surtout, cette réflexion, je ne l'avais pas. Alors, je n'avais pas du tout fait le lien. entre la disparition de notre chat et cet inconfort qu'elle manifestait d'un coup de cette manière aussi violente. Bon, puis finalement, elle finissait par accepter ses vêtements et à s'habiller avec. Et finalement, la journée se passait sans problème. Donc, bien sûr, ça me menait à la piste de la comédie, du foutage de gueule, du cinéma, tous les clichés qu'on peut attribuer aux enfants. Mais pour autant, je ne voyais pas. Qu'est-ce que ça pouvait être de différent ? Puisque finalement, elle l'acceptait et elle passait la journée dans ses vêtements. Donc pourquoi ce refus systématique tous les matins de s'habiller ? Vraiment, je ne comprenais pas. Et comme c'est une situation qui s'étale dans le temps et qui nous épuise toutes les deux, et moi la première, je commence quand même à creuser un peu la piste de l'hypersensibilité. Notamment parce que ce que vit ma fille me renvoie beaucoup. à ce que moi je vivais quand j'étais petite et qu'on me forçait à mettre des matières qui pour le coup n'étaient pas du tout agréables et qui m'irritaient la peau, vraiment. Donc je creuse cette piste et je m'inscris à un sommet sur l'hypersensibilité avec une série de conférences quotidiennes pendant une semaine. Et là, en écoutant ces conférences, tout en travaillant, parce que je sais très bien faire les deux en même temps, je me rends compte qu'on est bien dans l'hypersensibilité, que c'est vraiment ça. Donc je continue à suivre cette piste et lors d'une de ces conférences, il y est abordé le thème du TDAH et le lien qui est fait avec l'hypersensibilité. Car bien sûr, le TDAH, généralement, n'arrive pas tout seul. Quand il est présent, il est souvent associé à des troubles dys et à une hypersensibilité. Donc j'écoute, mais je ne me sens pas concernée. J'écoute ça d'une oreille assez distraite. Parce que pour moi, TDAH, il n'y a pas ça. Je veux dire, il n'y a pas ça dans la famille. On dit que c'est génétique. Généralement, ça se transmet. Clairement, non, on n'est pas concerné. Mais j'écoute quand même. Et puis, j'entends parler de cette proposition constante, de crises qui sont en fait des tempêtes émotionnelles. Et là, je dresse une oreille quand même, parce que je me dis, tiens, ça ressemble quand même à ce que je vis. Donc j'écoute un peu plus attentivement et puis les descriptions qui suivent commencent à réellement m'interpeller, notamment sur l'opposition constante. Et là, j'écoute des professionnels parler et expliquer que c'est quand même très difficile de détecter un TDAH avant l'âge de 6 ans, parce que les premiers signes sont assez semblables à l'évolution classique de l'enfant, en fait, et que c'est vraiment quand il perdure, souvent après l'âge de 6 ans. qu'on peut commencer à se poser la question d'une possible neuroatypie. Donc là, moi, ma fille a 4 ans et demi, et je me dis, de toute façon, c'est pas possible de savoir maintenant, donc continuons juste de nous renseigner, on va dire. Et puis un jour, quelques mois plus tard, on passe l'après-midi avec une de mes amies et sa fille, qui avait donc une vingtaine d'années à l'époque, et qui est elle-même neuroatypique. Elle est TSA et TDAH. Et je vois que ces deux-là s'entendent vraiment très bien. C'est assez marrant pour une jeune fille de 20 ans de l'avoir s'amuser avec une petite fille qui avait un peu plus de 5 ans. Mais ce n'était pas seulement s'amuser, on sentait bien qu'elle n'était pas juste là pour l'occuper. On voyait qu'il y avait une connexion entre les deux. Bon, puis c'est tout, on passe une très bonne après-midi et tout se passe bien. Puis mon amie me rappelle quelques jours plus tard, on reparle de cet après-midi, et là elle me dit « Écoute, je vais te dire quelque chose, je ne suis pas sûre que tu sois prête à l'entendre. » Mais je vais te le dire quand même, avec la franchise qui la caractérise, et c'est pour ça aussi qu'on est amis depuis plus de 20 ans maintenant. Elle m'a dit, ma fille m'a dit, Nadège ne le sait peut-être pas encore, mais sa chouquette, elle était des H. Et là, je reste un peu couette en me disant, quoi ? Qu'est-ce que tu dis ? Et elle me dit, mais oui, tu sais, généralement, les enfants neuroatypiques se reconnaissent entre eux. Et même avec la différence d'âge, en fait, il y a une vraie connexion, parce qu'ils fonctionnent de la même manière. Et donc là, on parle un peu toutes les deux de tout ça. Et je lui dis, écoute, c'est marrant parce que je me suis renseignée il y a quelques mois sur le TDAH parce que la piste de l'hypersensibilité m'a menée sur cette neuroatypie. Mais je suis un peu prise au dépourvu parce que moi, je ne sais pas, je ne suis même pas sûre qu'il y en ait dans la famille. Et puis, entre-temps, j'avais quand même pas mal réfléchi. Et en me renseignant, quand même, je m'étais dit, il y a des choses qui ressemblent bien à certains membres de ma famille. Et puis, je me suis souvenu aussi qu'un de mes neveux avait été détecté hyperactif quand il était tout petit. Là, on parle dans les années 90, où le terme de TDAH n'était pas du tout connu encore. On parlait juste d'hyperactivité. Mais on avait dit aussi à ma sœur et son mari. que c'était quand même bizarre cette hyperactivité parce que c'était un enfant qui était quand même capable de se concentrer longtemps sur certaines choses. Donc pour eux, ce n'était pas de la vraie hyperactivité. Et pour autant, c'est toute l'ambivalence du TDAH. On parle de troubles de l'attention, mais un enfant qui est passionné par un sujet peut rester concentré des heures dessus. Là où un enfant neurotypique va changer très vite de sujet au bout d'un quart d'heure. Quand je vous dis des heures, c'est vraiment des heures. Ma fille joue avec ses plaies mobiles. ou avec ses animaux, ses dinosaures, deux, trois heures durant. Elle est dans sa bulle, elle se fait ses histoires, son imagination est très très fertile et elle ne voit pas du tout passer le temps. Elle peut même en oublier de prendre son goûter. Elle oublie même complètement ma présence. Donc bref, moi j'avais fait un petit comeback familial et je m'étais dit que il y avait quand même des comportements qui ressemblaient à ça, sans qu'ils aient été réellement nommés. Et puis, il faut aussi réfléchir à une chose, c'est le patrimoine génétique du géniteur. Eh bien oui, parce qu'il pouvait y avoir peut-être un cas dans ma famille, voire deux, voire plus, mais bon, ça je le saurai qu'après. Mais il ne faut pas oublier qu'elle est aussi issue de son géniteur. Et de son géniteur, je ne sais strictement rien, ce n'est son groupe sanguin. Donc il est tout à fait possible qu'il y ait aussi de la neuroatype. dans sa famille qu'il soit lui-même neuroatypique donc en fait beaucoup d'interrogations mais pas de réponse pas encore de réponse et le temps passe et puis un jour ma fille était en grande section et sa maîtresse demande à me voir alors il faut savoir que sa maîtresse en fait elle l'avait déjà eu en moyenne section donc c'était la deuxième année qu'elle qu'elle suivait ma fille donc je vais à ce rendez vous et là en fait elle a des mots assez puissant puisqu'elle me dit J'ai un problème en fait, votre fille, je suis en train de la perdre. Et là, waouh, le choc quoi, le poids des mots, je suis en train de la perdre. Et comme c'est une maîtresse en qui j'avais toute confiance, je lui demande un peu plus d'explications, et là elle me dit qu'il s'est passé quelque chose en classe, qu'il l'a vraiment interpellée, et elle me dit mais elle n'est plus là quoi, elle n'est plus avec moi, elle ne m'écoute plus, elle se lève quand je parle, elle ne fait pas attention aux consignes, elle n'est plus là quoi. Elle n'est plus avec moi. Et comme elle savait que ce n'était pas du tout dans les habitudes de ma fille, elle se posait vraiment de vraies questions. Elle avait bien compris que ce n'était pas contre elle, que ce n'était pas de l'insolence. C'était vraiment comme si, tout simplement, elle occultait l'extérieur et suivait ce qui se passait dans sa tête. Donc, elle n'arrivait plus à capter son attention. Alors moi, j'avais un début d'explication. En tout cas, je pensais que c'était une explication puisque, bah, elle est... On était en dernière année de maternelle, on était en février, elle allait avoir 6 ans en avril. Et je sais qu'elle en avait marre d'être en maternelle. Elle en avait marre, elle, elle parlait que de la primaire, du CP, d'apprendre à lire. Alors, sachant qu'en plus, moi, j'avais mis en marche une méthode pour apprendre à lire parce que je sentais qu'elle avait un besoin grandissant de passer à autre chose. Donc, elle savait déjà lire en majuscule. Grâce au son des lettres, je fais référence à la méthode de Céline Alvarez, pour celles qui rechercheraient l'info. Méthode que je conseille fortement pour les enfants qui ont besoin, envie de lire avant d'apprendre à lire classiquement. Alors, ce n'était pas forcément pourtant du goût de la maîtresse qui, elle, me disait que oui, mais elle apprenait à lire en majuscule et que du coup, elle n'arriverait pas à lire en attaché. Alors qu'en fait, le switch se fait totalement spontanément. Donc pour moi, c'était ça l'explication et je ne me suis pas trop inquiétée. Mais en même temps, ça m'a quand même bien interpellée. Surtout, je suis en train de la perdre. Ça, ce sont des mots forts qui m'ont bien ébranlée. Et puis, elle ajoute quelque chose de très puissant. Elle me dit, maintenant je comprends quand vous me dites, elle ne m'écoute pas. Et pour une maîtresse qui déjà est maman de deux enfants, mais qui en plus est maîtresse, donc gère des enfants depuis plusieurs années. Donc à la base, qui est quand même assez rodée aux enfants qui n'écoutent pas, puisque on le sait, c'est comme ça que les enfants n'écoutent pas. C'est d'ailleurs pour ça qu'il faut répéter sans cesse les consignes et que ça nous fatigue. Mais bon, c'est comme ça, c'est le fonctionnement de l'enfant. Donc, quelqu'un pour qui ce fonctionnement, c'est quotidien. Dire ça à une maman, dans toute sa bienveillance, parce qu'en plus, encore une fois, j'ai eu beaucoup de chance. Jusqu'ici, ma fille a toujours eu des enseignantes très bienveillantes et je croise les doigts pour que ça continue. Donc, avec toute la bienveillance qui la caractérise, elle est venue juste m'alerter sur le fait que ma fille n'était plus du tout avec elle pendant la journée. Elle faisait sa petite vie, son petit monde et était même complètement surprise quand on lui disait « t'as pas fait ce qu'on t'a demandé, quoi » . Et encore une fois, sans critique, vraiment juste, c'est une constatation. « Pourquoi t'as pas fait ce que je t'ai demandé ? Pourquoi t'as pas suivi la consigne ? » Donc à partir de ce moment-là, il y a un déclic dans ma tête et je me dis « ça y est, quoi » . Il n'y a pas que moi qui me rends compte qu'il se passe un truc, quoi. Il se passe un truc avec ma fille. Mais quoi ? Qu'est-ce qui peut se passer ? parce que... Là, on ne pouvait pas lier son comportement à l'hypersensibilité. Donc forcément, je savais qu'il y avait autre chose, mais je ne comprenais pas. Et puis évidemment, les paroles de mon ami me sont revenues en tête et le TDAH est revenu sur le devant de la scène à ce moment-là. Donc là, je commence à me renseigner sérieusement sur ce trouble, sur cette neuroatypie. Et j'apprends d'ailleurs que l'hypersensibilité cache souvent cette neuroatypie, même si ce n'est pas automatique. Et là, je commence à entendre parler d'inattention, d'impulsivité, de tempête émotionnelle et des explosions de colère des enfants qui sont considérés comme ingérables et qui pour autant ne sont juste pas en capacité de gérer leurs émotions. Certes, ça c'est tous les enfants, mais là c'est des émotions qui sont exacerbées. Là, chaque émotion est vécue dans l'extrême. Et quand je dis chaque émotion, on parle bien de la colère, de la tristesse. mais aussi de la gaieté. Et là, ça tilte parce que c'est vrai que moi, ma chouquette, dès que je lui offre quelque chose ou dès que je lui annonce quelque chose qui va lui plaire, mais elle est dans les sauts de joie, elle s'accroche à mon cou, elle m'embrasse, elle me dit merci mille fois, elle va me dire dix fois de suite, t'es la meilleure des mamans, elle va me dire c'est la meilleure soirée que je vis. Et c'est vrai que... Même si c'est chouette à vivre de voir en effet cette joie intense de son enfant quand on lui annonce quelque chose d'heureux, ça interpelle quand même parce que ça fait beaucoup. Et ça explique aussi du coup l'intensité des colères qui elles sont d'un autre monde, mais réellement d'un autre monde. La tristesse c'est pareil, quand une nouvelle triste nous arrive, mais ma fille elle est inconsolable quoi, mais vraiment. inconsolables. Et je ne parle pas d'une nouvelle triste comme la mort de quelqu'un. Non, je parle juste de quelque chose qui ne va pas se faire, par exemple, alors que c'était prévu. Mais là, c'est des pleurs, mais à n'en plus finir, quoi. Et c'est vrai que c'est déstabilisant, vraiment déstabilisant, de la voir réagir comme ça, à l'extrême, à chaque fois. Et c'est épuisant aussi. Vraiment, c'est épuisant. Et c'est ce qu'on appelle la dysrégulation émotionnelle. Mais ça, je l'apprendrai. plus tard. Donc là, il y a le puzzle qui est en train de se mettre en place dans ma tête, les pièces du puzzle qui s'imbriquent. Et je me dis, bon, clairement, il faut que je sache. Il faut que je sache non pas pour lui mettre une étiquette ou la mettre dans une case, au contraire, loin de moi cette idée. J'ai toujours détesté ça. Mais pour savoir, pour comprendre, pour mieux comprendre ma fille. Et pour l'aider, si je peux le faire, à gérer ses émotions qui sont d'une sensibilité. extrême. Donc là, je me prends les choses en main, je me renseigne et je me heurte très vite à toute une procédure, à tout un parcours et surtout à des listes d'attente extrêmement longues. Alors déjà, il fallait avoir 6 ans parce que aujourd'hui ça a changé, merci, mais à l'époque, si on n'avait pas 6 ans, l'enfant ne pouvait pas passer de test. Et là, on était en février, ma fille allait avoir 6 ans en avril. Donc, en gros, elle n'était déjà pas une bonne candidate. pour la liste d'attente. J'entends bien pour la liste d'attente. Et j'adhère à un groupe Facebook, notamment TDAH Gironde. Et je regarde et là, je suis affolée. Les délais d'attente, les familles qui attendent depuis presque un an que leur enfant puisse passer par le parcours qui est préconisé pour le dépistage de la neuro-ATP. Et là, je me dis, non, ça, ça ne va pas être possible. Donc, on va trouver un autre moyen. Parce que moi, je ne vais pas rester un an à ne pas savoir ce qu'il en est uniquement pour que le parcours soit pris en charge. Ça, ce n'est pas possible pour moi. Donc là, je me tourne vers la sphère privée et sur recommandation de l'ami en question qui est la première à m'a parlé de TDAH, je vais trouver une neuropsychologue spécialisée dans les troubles du neurodéveloppement qui va me donner un rendez-vous sous 15 jours. Oui, oui, 15 jours. Donc là, réellement, bah oui, quoi, je saute dessus et je me dis, on y va. Même si ce n'est pas une neuropsychiatre ou une neuropédiatre. On va passer par la phase psychologue parce que moi, j'ai besoin de savoir. C'était vraiment l'élément qui était le plus important pour moi, c'était de savoir. Et entre-temps, comme je m'étais beaucoup renseignée sur le TDAH et que je savais que la plupart des enfants qui étaient atteints de ce trouble étaient suivis en psychomotricité, j'ai donc l'idée de rappeler la psychomotricienne qui a suivi ma fille pendant un peu moins d'un an, je crois que c'était neuf mois, à l'âge de quatre ans et demi. Alors pourquoi ? elle a été suivie par une psychomotricienne parce que à cette époque elle avait des petits soucis d'équilibre en statique alors pas en mouvement du tout parce que c'est une enfant qui a su faire du vélo à 4 ans et quand je dis du vélo c'est sans les petits trous parce qu'elle ne les a jamais eu de toute façon elle est passée directement de la draisienne au vélo à deux roues donc à 4 ans elle savait faire du vélo deux roues et elle n'avait aucun problème d'équilibré Donc en mouvement, tout allait bien, mais alors en statique, c'était une catastrophe. Elle ne savait pas comment positionner son corps. Elle était tout le temps en train de bouger. S'il fallait qu'elle tienne, par exemple, à côté de moi, elle mettait un pied devant, un pied derrière. Elle se mettait sur le côté, elle était complètement courbée. Elle ne pouvait pas rester en place en statique. Ce n'était pas possible pour elle. On voyait bien que ce n'était pas une question de volonté. C'était son corps. Son corps ne peut pas rester en place en statique. Et puis elle avait beaucoup de mal avec tout ce qui était coordination. Elle ne rattrapait pas les ballons, elle s'emmêlait les pinceaux quand il s'agissait de suivre une petite chorégraphie toute simple. Elle s'emmêlait souvent les pieds, elle tombait souvent. J'avais noté déjà des problèmes de coordination. Quelqu'un de mon entourage m'avait alerté là-dessus et donc j'avais décidé d'aller voir une psychomotricienne. Et on a fait un bilan de psychomotricité qui a révélé en effet une légère dyspraxie. Donc la dyspraxie, c'est la difficulté à coordonner ses mouvements, notamment, et puis des difficultés à se situer dans l'espace également. Donc on a commencé des séances de psychomotricité. Et ça a vite, vite porté ses fruits d'ailleurs, parce qu'à l'époque, la psychomotricienne m'avait dit « C'est très bien que vous veniez à cet âge-là, parce que s'il y a un petit souci, on va vite pouvoir agir dessus et votre fille aura moins de problèmes quand elle va rentrer en primaire, parce que c'est souvent là. » que les problèmes se dévoilent. À partir du moment où on se met à écrire, où il faut être plus attentif en classe, moins bouger, où il n'y a plus de séance de jeu. C'est souvent en primaire que tout ça se révèle. À 4 ans et demi, elle m'a dit que c'était bien d'être venue et qu'on allait travailler ça pour que ce soit plus facile pour elle. En effet, ça a rapidement porté ses fruits et on a arrêté à peu près 6 ou 9 mois après, je ne me souviens plus exactement. Donc là, je me dis, tiens, je vais rappeler la psychomotricienne. Et elle me dit, écoutez, j'ai un créneau qui vient de se libérer le samedi matin. Donc, ce qui était parfait pour moi, parce que c'était compliqué de faire un suivi de psychomotricité, ou tout autre suivi d'ailleurs, en semaine, en travaillant à plein temps. Je ne voyais pas comment faire. Et là, ce sont deux jeunes psychomotriciennes qui ont fait le choix d'ouvrir le samedi. Et croyez-moi, ça arrange beaucoup de parents. Merci à elle pour ça. Et je parle à la psychomotricienne du coup de ma suspicion d'un possible TDAH. Et elle me dit, en effet, ce n'est pas un truc fou de penser aux troubles de l'attention et vous avez raison de la faire tester. Donc, le rendez-vous chez la neuropsychologue arrive et là, je déballe tout. Donc, j'explique les problèmes que m'a rapporté la maîtresse, l'inattention, le fait qu'elle soit dans sa bulle, qu'elle n'écoute pas les consignes. Et puis, je lui explique aussi qu'on a déjà fait un bilan de psychomotricité. Je lui donne le bilan. Et pendant que je lui parle, elle observe ma fille qui joue à côté, qui est à côté de nous sur un grand tapis et qui occulte totalement ce qu'on dit parce qu'elle a trouvé des dinosaures parmi les jouets. Et donc, forcément, il n'y a plus personne. Elle n'est plus là. Elle est dans son monde. Et donc, elle l'observe. Et elle me dit, écoutez, c'est vrai que depuis le début de la séance, je la regarde. Et bon, je pense que c'est une bonne idée de passer les tests. D'ailleurs, elle s'est adressée plusieurs fois à elle durant ce moment où je parlais. Et ma fille ne lui répondait même pas. Il a fallu vraiment qu'on interpelle deux, trois fois son prénom pour qu'elle lève la tête. Et oui, qu'est-ce qui se passe ? On m'appelle. Et elle me dit, bon, écoutez, on va poser tout ça et on va prendre rendez-vous pour un bilan. Mais encore une fois, comme il fallait attendre ses six ans, on avait encore un mois d'attente quasiment. Et je crois qu'on a pris rendez-vous pour le bilan deux jours avant ses six ans. Donc vraiment à la limite des six ans. qui était requis à cette époque. Et donc, ma fille passe les tests. Alors déjà, ça ne s'est pas fait hyper facilement. Il a fallu le faire en deux fois, même si c'était le même jour, parce que l'attention n'était pas là. Clairement, ça ne l'intéressait pas de faire ça. Il n'y avait rien d'amusant. Donc, elle a passé une partie des tests. Ensuite, elle a laissé me voir en salle d'attente. On a, voilà, se détend de cinq minutes. Et hop, elle est repartie faire l'autre partie des tests. Et donc, trois semaines plus tard. je reçois le bilan de la neuropsychologue qui révèle en effet un trouble de l'attention avec hyperactivité. Une hyperactivité qui est essentiellement cérébrale, mais qui se traduit quand même physiquement, puisque son corps a besoin de bouger, d'être en mouvement tout le temps. Et à ça s'ajoute un trouble anxieux. Et là, waouh, ça y est, soulagement, on pose des mots. On pose des mots sur ce qui se passe dans la tête de ma fille. Ma fille a vraiment... un trouble. Et là, à la fois ça me soulage parce que je me dis non, je ne suis pas folle, quoi. Elle avait bien quelque chose. Et ce n'est pas le manque d'impair, comme certaines personnes ont pu me le suggérer. Et en même temps, moi, c'est vrai que je n'ai pas de recul. Je n'ai personne pour me dire au quotidien là, il y a quelque chose qui ne va pas. Ce n'est pas bien normal quand même, toutes ces réactions épidermiques, ou en tout cas, ce n'est pas classique. Parce qu'en fait, c'est ça le problème aussi du TDRH. Comme je vous l'ai dit au début de l'épisode, c'est que tout ce qui... peut être signe d'un TDAH, sont aussi associés au développement classique de l'enfant. Donc c'est très compliqué de dissocier les deux. Est-ce qu'on est dans une phase normale de l'évolution de l'enfant ou est-ce qu'il y a quelque chose d'autre derrière ? Mais d'un autre côté, quand les difficultés rencontrées se présentent dans deux domaines différents de la vie, à savoir l'école et la maison, et qu'ils perdurent au-delà de 6 ans, là on peut commencer à se poser des questions. Donc j'en reviens au bilan et nous sommes donc en séance où la neuropsychologue me dit « Oui, en effet, il y a ça qui est détecté, mais en même temps, votre fille, elle va bien. Elle est bien dans ses baskets. On sent que c'est une enfant qui est bien épanouie. Donc il n'y a pas de difficultés particulières, en tout cas à ce jour. L'important maintenant, c'est d'apprendre à comment gérer le TDAH. Parce que oui, en fait, c'est un peu le souci aujourd'hui, c'est que... Une fois qu'on a les bilans, qu'on a posé des mots et qu'on a le nom d'un trouble, en fait, on est un peu livré à nous-mêmes. OK, ma fille était DH et je fais quoi maintenant, du coup ? Donc, heureusement, la neuropsychologue, elle est encore une fois bien spécialisée dans ces troubles. Donc, elle, elle va m'orienter. Elle va en tout cas me dire comment ça fonctionne un peu dans le cerveau de ma fille. Et ça allume des lumières un peu partout dans le mien en me disant, oh là là, d'accord, OK. « D'accord, je comprends mieux maintenant certaines réactions et tout ce qu'on vit au quotidien. » Et en même temps, elle va me parler de la méthode Barclay, qui est une méthode qui a fait ses preuves pour améliorer, on va dire, la vie des personnes TDAH et de leur entourage. Mais en même temps, elle me dit « Écoutez, prenez le temps de digérer tout ça. On n'est pas pressé. Il n'y a pas une grosse urgence. Encore une fois, votre fille va bien. »Renseignez-vous un peu, elle me donne des petites références et tout ça. Et donc, c'est ce que je vais faire. Je vais commencer à me renseigner sur le TDAH, donc avec des livres audio, des podcasts, des vidéos YouTube. Et plus j'en apprends, plus je comprends. C'est comme si vraiment, encore une fois, je reprends l'image du puzzle où il y a les pièces qui s'imbriquent. On se dit, ah ben voilà, là, c'est la bonne pièce. Ben oui, je comprends beaucoup mieux. qui se passe dans notre vie. Je comprends les réactions du matin, je commence à mieux comprendre les crises d'un autre monde qu'elle me fait, l'état dans lequel elle se met. Parce que moi, j'en pleurais parfois de l'état dans lequel elle se mettait. Je ne savais plus comment la consoler, comment la prendre dans mes bras, c'était impossible. Et j'en pouvais plus de ce combat, parce que tout était combat. Il y avait limite presque plus d'instants agréables entre nous. Et ça, ce n'était pas possible. Parce qu'à chaque fois que je demandais quelque chose, il y avait opposition. Quelle que soit ma demande. Alors qu'on soit bien d'accord, je n'ai pas fait un enfant pour qu'il m'obéisse au doigt et à l'œil. Pas du tout. Je suis même bien contente qu'elle affirme son caractère. Mais d'un autre côté, je n'ai pas non plus fait un enfant pour me battre avec lui 24 heures sur 24. Et absolument pour tout, Donc là, j'avais enfin une explication. En tout cas, j'étais guidée vers quelque chose. Donc, j'ai commencé à suivre des petits sommets, comme j'avais suivi celui sur l'hypersensibilité. Hop, il y en a un sur le TDAH qui s'est présenté. Voilà, donc ça, c'est bien. Les choses, les portes se sont ouvertes aussi. J'ai eu accès à des conférences gratuites qui, encore une fois, m'ont permis de mieux comprendre ce qui se passait dans le cerveau de ma fille. Et lors d'une de ces conférences, je découvre une personne qui s'appelle Cyrielle Soulbieux. et qui a un compte Insta qui s'appelle Horizon Famille. Et j'apprécie beaucoup la manière dont elle parle. J'aime les mots simples, j'aime ses explications. Et je m'aperçois donc qu'elle a sa propre guidance parentale, inspirée Barclay, donc pas totalement Barclay, parce qu'entre-temps, je m'étais renseignée sur la méthode Barclay. Et il y avait des petites choses quand même qui ne me convenaient pas. Voilà, notamment le tableau des récompenses. Ça, ça... Non, je sentais que ça n'irait pas avec ma fille. Donc, j'ai commencé à suivre cette personne, à suivre son compte. Et puis, j'ai été convaincue de sa méthode et je me suis dit, je vais acheter sa guidance parentale. Et j'ai très bien fait parce que vraiment, c'est une guidance qui m'a beaucoup aidée pour mieux comprendre et surtout pour mieux appréhender les réactions en chaîne de ma fille. Donc, si je les appréhende, je peux aussi les éviter. Ma manière à moi de parler, ma manière à moi de présenter les choses permet d'éviter... des réactions en chaîne qui vont finir en tempête émotionnelle. Donc, j'ai suivi dans l'ordre ces préconisations, j'ai mis plein de choses en place et waouh ! Impressionnant, les résultats sont arrivés très très vite en fait. Et aujourd'hui, on ne s'affronte plus pour tout et n'importe quoi. Les crises se sont espacées, je comprends mieux comment elles fonctionnent. Donc du coup, je vais anticiper certaines choses. Alors évidemment, je n'évite pas tout, de toute façon c'est impossible. Mais voilà, encore une fois... La vie parfaite, elle n'existe pas. Donc, je suis loin d'éviter tout. Mais soyons honnêtes, ça a complètement changé ma vie et celle de ma fille aussi. Parce que pour elle aussi, c'est moins fatigant et plus agréable de ne pas s'affronter maman tout le temps. Et surtout, de ne pas être en mode tempête émotionnelle en permanence. Et puis, je me suis sentie moins seule aussi. Parce que oui, j'étais bien seule avec mon diagnostic et juste les préconisations de ma neuropsychologue. Parce que je ne savais pas. comment l'appliquer à notre quotidien. Je n'avais pas le mode d'emploi pour ça. Et là, en fait, la guidance parentale incluait l'appartenance à un groupe WhatsApp où Cyrielle faisait des audios régulièrement sur des problèmes ou des questions posées et où on peut se parler entre parents avec des enfants TDAH. Donc, c'est vrai que je me suis sentie moins seule et surtout aussi, il y avait un live par mois qui permettait d'envoyer ses questions à l'avance. et donc Cyrielle y répondait durant le live. Évidemment, un live avec un replay. Donc vraiment, ça m'a fait du bien, cette guidance parentale. Et je la conseille fortement. Donc un programme bien complet et qui m'ont permis de mettre en place plein plein de choses et de m'aider dans mon défi de maman à gérer le TDAH de ma fille au quotidien. Donc parmi les choses que j'ai mises en place, la première qui est essentielle, je dirais, mais qui n'est pas du tout facile à mettre en place, c'est de ne jamais m'opter. opposées frontalement à elle. Ou en tout cas d'essayer, parce que comme je vous le dis, ce n'est pas évident du tout, puisque ça veut dire aussi remettre en question toute ma façon de fonctionner et toute la façon de fonctionner dont j'ai hérité. Donc on est loin d'être dans le facile facile. Et c'est aussi pour ça que je parle de défi. Donc, pour parler concrètement. En fait, si ma fille veut quelque chose et que moi, je ne souhaite pas la même chose, je vais éviter de lui dire non. Et attention, ça ne veut pas dire que je vais dire oui. Donc, on ne parle pas de laxisme. On ne parle pas d'accepter tout, qu'on soit bien d'accord. Je vais juste essayer de trouver une autre façon de formuler ce nom. Alors, ça peut être un... Je ne préférerais pas que tu fasses comme ça, moi. Ou je préfère... Pas que ce soit maintenant, avec une petite explication ou pas, ça dépend, derrière. En tout cas, ça doit être très très court. Et tout de suite derrière, de proposer autre chose. Je préférerais plutôt que ce soit à ce moment-là, ou je préférerais plutôt que tu fasses comme ça. Donc il n'y a pas d'opposition frontale, il n'y a pas de vrai non. Et l'idée, c'est de trouver un compromis. Ça, c'est le maître mot. Trouver le bon compromis qui m'arrange moi et qui puisse la satisfaire elle aussi. Alors attention, le compromis n'est pas une baguette magique, ça ne transforme pas non plus tout d'un moment à l'autre. Par contre, ça aide à gérer la relation, parce que ça va définir ce qui va se passer dans les minutes à venir. Donc, soit une tempête émotionnelle, à cause du refus de ma part, soit un partage, un échange, afin de trouver ce qui nous convient à toutes les deux. Donc je ne dis pas, encore une fois, que ça marche à tous les coups, même encore aujourd'hui, mais quand même. Au fur et à mesure de cette mise en place, au fur et à mesure qu'il y a moins d'affrontements entre nous, eh bien en fait, le compromis, il s'installe très rapidement. Et aujourd'hui, on en est à un point où c'est elle qui le propose. Quand je lui dis « Écoute, moi je ne souhaite pas que ça se passe comme ça » , elle me dit « Ah ben attends, je te propose un compromis » . Je n'ai même plus besoin de moi le proposer. Donc c'est super parce que l'avancée, elle est là. Elle sait, elle essaye, elle tente, normal. Elle a bien raison de tenter quelque part. Et elle sent bien qu'il y a un nom derrière, mais je ne le prononce pas. Même si parfois il m'échappe, mais la plupart du temps, je cherche à faire autrement. Et c'est elle qui va aller chercher comment on peut faire pour qu'on soit toutes les deux satisfaites du résultat. Alors attention, c'est une vraie gymnastique d'esprit. C'est une mécanique à mettre en place. C'est vraiment pas facile. C'est pas inné du tout. Il y a même des fois où on se pose vraiment la question de se dire, mais qu'est-ce que je fais là ? C'est moi qui décide, point quoi. Pourquoi je suis toujours dans la demande de trouver le compromis ? Pourquoi je prends autant de gants ? Et puis, finalement, la réponse, elle est là. C'est que les résultats sont tellement au-delà de mes espérances, parce qu'aujourd'hui, comme je vous dis, c'est elle qui propose le compromis. Eh bien, en fait, les tempêtes émotionnelles se sont raréfiées et on n'en est plus à s'opposer en permanence. Donc, on y gagne toutes les deux. Donc, moi, je n'ai rien à gagner à asseoir mon pouvoir et à dire « je suis ta mère, c'est moi qui décide, point » . Non, en fait, je n'ai rien à gagner. J'ai tout à perdre et surtout à vivre des tempêtes émotionnelles qui me fatiguent, qui m'épuisent et qui épuisent ma fille aussi. Donc, on n'a rien à y gagner toutes les deux. Donc, je préfère cette méthode de trouver le bon compromis, la méthode qui a tout changé pour nous. Alors, bien sûr, de l'extérieur, j'ai entendu « Ah bah oui, c'est elle qui a le dernier mot, c'est elle qui a gagné. » J'en ai entendu des choses. « Tu la laisses gagner ? » Ah non, en fait. Vous savez quoi ? C'est moi qui ai gagné. Ce que vous ne comprenez pas, c'est que moi, j'ai gagné une crise en moins. Et pour autant, je n'ai pas cédé à ce qu'elle voulait. On a juste trouvé un juste milieu. Et donc, c'est moi la gagnante. J'ai gagné une tempête émotionnelle en moins. J'ai gagné le fait de ne pas voir ma fille se mettre dans tous ces états. Croyez-moi, c'est moi la gagnante. Car moi, mon but, c'est d'avoir des relations apaisées avec ma fille. Ce n'est pas de me battre avec elle toute la journée. Et le but, c'est que ce soit... plus facile pour moi, pas pour les autres. Donc, je gère comme ça, je gère comme je peux. Je ne vais certainement pas m'attacher à ce qu'on peut dire à l'extérieur sur ma façon de faire. Je laisse dire, c'est moi qui gère ma fille au quotidien 24h sur 24, 365 jours sur 365. Donc, c'est à moi et à elle que tout ça doit profiter. Après, dans ce qui a été mis en place, il y a aussi un truc très essentiel. Et là, pour le coup, ça marche avec tout. les enfants, c'est celle de prévenir. Par exemple, quand on va quelque part et qu'on doit en partir, et je sais que ma fille est en train de passer un très bon moment, qu'elle n'a pas du tout envie de partir, et on connaît tous cette situation, notamment au parc, à l'air de jeu ou quand deux enfants se rencontrent et qu'ils s'amusent ensemble, l'idée c'est de la prévenir en amont, et quand je dis en amont, c'est pas cinq minutes, parce que cinq minutes pour un enfant TDAH, ça ne marche pas. Ça marche pour un enfant neurotypique. mais pas neuroatypique. Donc moi, je préviens environ une vingtaine de minutes avant. Et pourquoi ça ne marche pas, les 5 minutes ? Parce qu'un enfant TDAH n'a absolument pas la notion du temps. Il y a vraiment une distorsion temporelle. L'enfant ne voit pas le temps passer. il va falloir lui laisser beaucoup plus de temps. Donc, par exemple, je suis chez une copine. Elle joue avec son fils, donc qui est un copain à elle. Ils s'amusent bien tous les deux, ils s'éclatent, ça s'amuse. Bon, ben, 20 minutes ou une demi-heure avant, je vais aller la voir et je vais lui dire, tu sais, ça fait déjà un moment qu'on est ici, tu t'en rends pas vraiment compte, mais ça fait déjà longtemps. Et donc, on va partir dans pas si longtemps que ça. Et là, clairement, elle me dit, non, je veux pas. Et moi, je lui dis, c'est pas maintenant. tu as encore le temps de jouer. Donc là, tout de suite, elle s'adoucit. Généralement, on essaye de prendre un point de repère ensemble, à savoir, tu peux encore faire une partie de ce jeu. Et je lui dis, par contre, quand je t'appellerai la prochaine fois, ce sera vraiment le moment d'y aller. Donc, on est vraiment dans la prévention. On prévient en amont, voilà ce qui va se passer. Et même si ce n'est pas magique, déjà, ça apaise. Il n'y a pas la tempête émotionnelle du « non, je ne vais pas y aller » . Il y a encore du temps, même si la notion du temps est très, très aléatoire. Elle sait qu'il y a du temps, donc tout de suite, le cerveau est apaisé. Et surtout, elle sait que la prochaine fois que je vais l'appeler, elle est préparée au fait qu'il va falloir partir. Alors, ça n'a pas fonctionné tout de suite. Soyons très honnêtes, j'ai eu de l'opposition au départ. Et maintenant, ça fonctionne beaucoup mieux. Voilà, donc c'est comme tout. Il faut tester, il faut répéter, répéter, répéter tout le temps. mais au final, ça porte ses fruits. Et donc, on en est là aujourd'hui. Alors, pourquoi ça se passe comme ça ? Parce que je vais pouvoir te dire le TDAH, et puis après, je vais m'arrêter parce que je ne suis pas une experte dedans. Mais comme je me suis beaucoup, beaucoup renseignée, je sais quand même pas mal de choses. Et le TDAH, c'est en fait une fuite de dopamine dans le cerveau en permanence. C'est comme un baignoire troué. Alors ça, c'est une image que je reprends de Cyriel Soulbieux. dont je lui rends sa propriété, c'est comme une baignoire trouée. Ça veut dire que la dopamine, qui est l'hormone de la motivation, l'hormone qui nous motive à commencer une tâche, eh bien, elle fait défaut au cerveau TDAH. Du coup, le cerveau est toujours en quête de dopamine. Ce qui veut dire que le cerveau scanne, lui, en permanence son environnement pour trouver de la dopamine, pour pouvoir avancer et passer à l'étape suivante. Donc, si, par exemple, prenons le cas des écrans. Un enfant qu'on va laisser devant un dessin animé, par exemple, une vingtaine de minutes, même avec un timer qui va sonner la fin du dessin animé, le fait d'arrêter tout de suite ce qui lui procure autant de plaisir, autant de bonheur, en fait, ça va être comme si on lui retirait un verre d'eau des lèvres alors qu'il est assoiffé. C'est le même déclencheur dans le cerveau. Et c'est pour ça que ça crée des tempêtes émotionnelles. Parce que nous, on a tablé sur du temps et non pas sur du contenu. Un épisode de 30 minutes, si on l'arrête à 20 minutes, ça va déclencher une émotion si forte qu'il va y avoir un comportement totalement inadapté à la situation. En même temps, est-ce que toi, quand tu regardes une série, est-ce que tu te dis, ah tiens, il faut que j'aille me coucher absolument à 22 heures et qu'à 22 heures, il reste un quart d'heure ou il reste 10 minutes dans ta série, qu'est-ce que tu vas faire ? Tu vas te dire, ah non, j'avais dit 22 heures, donc j'arrête tout, je regarderai les 10 minutes demain ou tu vas regarder les 10 minutes et... « Ensuite, tu vas aller te coucher. » « Attends la fin, on ne va pas se mentir. » C'est pareil pour ton enfant. C'est exactement pareil. Si tu lui laides 10 minutes de plus parce que son dessin animé n'est pas terminé, ça ne va pas te changer de la vie. Tu n'es pas un parent qui cède, tu es juste un parent qui respecte le fait que ton enfant ait la fin de ce qu'il regarde. Et donc là encore, je vais prévenir ma fille en lui disant « Tu finis ton épisode et après on éteint. » Alors, elle va chercher, évidemment, parce que le cerveau, lui, il ne scanne plus autour, là. Il est concentré sur l'écran. Donc, lui, ce qu'il veut, c'est encore, Je veux ça encore. Donc, elle va chercher à négocier. Elle va me dire, non, encore un autre épisode, encore un autre, s'il te plaît, un dernier. Et là, clairement, ça va dépendre de ma forme et de mon état de lassitude. Voilà. Il y a des fois, je vais l'accorder, parce que, clairement, ça ne va pas, encore une fois, changer notre soirée ou ma vie. Et puis, il y a des fois, je vais lui dire, on avait prévu deux épisodes, pas plus. Tu arrives à la fin du deuxième épisode. Donc, on respecte ce qu'on a prévu. Et là encore, je vais le dire genre dix minutes avant la fin de l'épisode. Évidemment, je ne vais pas le dire deux minutes avant pour qu'elle ait encore le temps de prendre plaisir à regarder. Et si au départ, c'était un peu la guerre. Aujourd'hui, je vois ma fille éteindre la télé toute seule après la fin de son épisode de dessin animé. Donc clairement, ça fonctionne. Pourquoi ? Parce qu'elle a été prévenue à l'avance. et qu'elle sait qu'il n'y a pas matière à discussion. Par contre, elle va sortir du canapé et là, le cerveau est en mode recherche de dopamine. Donc, elle va poser son attention sur quelque chose qu'elle a fait, par exemple, une création qu'elle n'a pas finie dans la journée. Elle va s'asseoir sur la chaise, elle va commencer à me parler et je vais lui dire « Mais qu'est-ce que tu fais là ? » « Ah oui, mais c'est parce que je veux finir mon dessin. » Encore une fois, le cerveau cherche la motivation, la dopamine pour avancer et clairement aller se coucher, c'est pas... Pas ce qui amène de la dopamine. Donc elle va vouloir finir son dessin, par exemple, qu'elle a commencé dans l'après-midi. Et là, l'idée, c'est de réorienter le cerveau en lui procurant une nouvelle dopamine. Quelque chose qui va l'inciter à faire ce que moi, je veux qu'elle fasse à ce moment-là. Là, ce serait aller retrouver le livre qu'on est en train de lire en ce moment pour connaître la suite des aventures des personnages. Parce que oui, depuis quelque temps, en fait, au lieu de lire des... petites histoires à ma fille sur ces livres qu'on a lu 50 fois chacun, eh bien j'ai commencé à acheter des livres un peu plus gros et je lis un chapitre par soir. Donc c'est quelque chose qui est en plus motivant parce qu'on a envie de savoir la suite. Il y a une motivation pour connaître la suite. Donc là je vais lui rappeler par exemple qu'on a un nouveau chapitre à découvrir dans le livre. Et là tout de suite, ça change la donne. « Ah oui, oui, oui, t'as raison maman, je veux savoir. Tu te souviens hier quand on s'était arrêté au chapitre, on ne savait pas ce qui allait se passer et tout. Donc j'ai envie de savoir. » Et là, tout de suite, tout de suite, elle va quitter ce qu'elle est en train de faire parce que le cerveau aura retrouvé de la dopamine. Il aura refixé son attention sur ce que je viens de proposer. Et là, tout de suite, elle va monter, elle va se laver les dents, mettre son pyjama et hop, elle va m'attendre dans le lit. Donc, encore une fois, quand on comprend comment fonctionne le cerveau et quand on comprend cette histoire de fuite de dopamine, En fait, on peut prévenir. beaucoup de choses, et notamment les tempêtes émotionnelles qui sont liées à nos réactions naturelles. Non, là, c'est l'heure, on va se coucher. Oui, mais non, on peut le dire autrement. Et surtout, on peut y ajouter une notion agréable qui va donner envie de passer à la prochaine étape. Et là, moi, j'ai tout gagné. J'ai évité une crise parce que j'ai compris comment son cerveau fonctionnait et que j'ai rechargé son cerveau en dopamine. Donc ça, voilà, c'est hyper important dans la gestion. Des enfants TDAH, dans la gestion quotidienne, c'est de comprendre comment fonctionne leur cerveau, de comprendre ce qu'est la fuite de dopamine et de réorienter pour que les cris soient évités. Et encore une fois, que ton enfant soit TDAH ou pas, que tu ne saches pas encore s'il est TDAH, peut-être que tu as des doutes, peut-être que tu te poses des questions, ou peut-être que tu es sûr qu'il ne l'est pas, mais ce que je viens de te dire, en fait, ça marche quand même avec tous les enfants et c'est ça l'avantage. c'est que tu peux quand même prendre ces... tips, c'est d'essayer de les appliquer avec tes enfants parce que même si tu n'as pas des tempêtes émotionnelles débordantes, tu peux quand même éviter la petite crise ou le petit pleur du soir et ça, c'est quand même bien sympa. Enfin, troisième chose que j'ai mise en place, mais là pour le coup, je ne l'ai pas mise en place parce que c'était déjà quelque chose que j'appliquais. Donc, on va dire que c'est quelque chose qui est venu conforter ma vision des choses. Il est important de ne pas punir un enfant qui est TDAH. mais plutôt de lui apprendre à assumer les conséquences de ses actes. Et là encore, je vous dis, moi, aucune découverte pour moi, parce que c'est exactement comme ça déjà que je procédais avec ma fille. Pour moi, j'ai toujours pensé que la punition, c'était totalement inutile. C'était surtout humiliant et dégradant. Et ça n'avait aucune utilité, aucune action sur le fait que l'enfant apprenne de sa bêtise. Donc, ça m'a confortée dans mon choix. J'étais plutôt fière de moi, déjà, d'appliquer ce genre de principe. Et pour ceux qui doutent par rapport à la punition, déjà il faut savoir que les enfants de CDAH ont une très très mauvaise estime de soi. Pourquoi ? Parce que ce sont souvent, encore une fois, des enfants qui sont atteints de troubles dys, dont dyspraxie, dyslexie, dyscalculie, dysorthographie. Donc très souvent, ils sont déjà un peu catalogués. On leur met souvent des étiquettes, on leur dit... « Oh mais qu'est-ce que t'es maladroit ! » ou « Oh là là, tu m'as pas écouté, t'es encore dans la lune ! » Et du coup, ils enregistrent qu'ils ne sont pas capables d'être ce qu'on leur demande. Donc clairement, ça abîme leur estime de soi. Et la punition, ça va encore renforcer cette notion de « je suis nul, je suis pas capable » , cette humiliation. Et donc ça va pas du tout être utile, ça va plutôt dégrader ce que l'enfant pense de lui. Surtout quand elle est... totalement injustifié. Parce que punir, par exemple, parce qu'un enfant n'a pas fait ce qu'on lui demande, alors que simplement, il n'a pas écouté, il n'a pas entendu ce qu'on lui a demandé. Ou punir parce que un verre a été renversé alors qu'on lui avait demandé de faire attention. Mais en fait, il est dyspraxique et même s'il fait attention, oui, il peut renverser des choses. Donc ça n'a aucun intérêt. contre l'idée, c'est de bien marquer la conséquence de l'acte. Ok, tu as renversé un verre, ça arrive à tout le monde, prends l'éponge, essuie l'eau, moi je m'occupe des bouts de verre si jamais le verre est cassé. Donc là, il y a réparation. L'enfant ne se sent pas humilié, ne se sent pas honteux de son geste, et il répare. Il est même fier de réparer, et on peut tous passer à autre chose. Donc on y gagne tous. Bon là, je parle d'un verre cassé, mais on peut... partir sur un autre exemple, par exemple un enfant qui ne veut pas faire ses devoirs. Moi personnellement, ma fille, si elle ne veut pas faire ses devoirs, je ne la force pas. Parce qu'elle a déjà dépensé beaucoup d'énergie pour se concentrer en classe toute la journée, que je sais que c'est difficile pour elle, que la plupart du temps, elle a bien intégré parce que justement, elle s'est bien concentrée sur ce que la maîtresse dit, donc je ne la force pas. Ok, tu ne veux pas faire tes devoirs, il n'y a pas de souci. Par contre, si le lendemain, il y a une dictée, qu'on n'a pas révisé les mots et que la maîtresse met sur le cahier que... Donc apparemment, la leçon n'a pas été revue parce qu'il y a eu trop d'erreurs. Là, je lui explique que c'est la conséquence de son acte. Tu n'as pas voulu faire tes devoirs, tu n'as pas révisé tes mots. Tu pensais bien les connaître, mais tu vois, apparemment, ce n'était pas le cas. Donc du coup, tu as fait des erreurs. Il n'y a rien de grave. C'est juste la conséquence de ne pas avoir revu tes mots hier soir. Donc comment tu comptes faire pour la prochaine fois ? Ah ben la prochaine fois, je vais faire mes devoirs, maman, parce que moi, je n'aime pas avoir des erreurs. Voilà, tout simplement. Il n'y a pas eu de punition, il n'y a pas eu de colère de ma part. Oui, tu ne veux pas faire tes devoirs, regarde comment... Non, non, non, on n'en est pas là. On en est juste à expliquer une situation et une conséquence d'acte. Et pour finir, je vais te dire ce que j'ai mis en place, alors là, pour l'aider physiquement dans son quotidien à l'école. Donc la première chose, c'est l'achat d'un coussin de proprioception. Alors tu vas me dire qu'est-ce que c'est que ce truc ? Alors, ce truc, c'est donc un coussin avec des picots dessus qui permet... à ma fille d'être assise sur sa chaise à l'école, tout à fait normalement, mais du coup de bouger dessus, parce que forcément, elle n'est pas confortablement installée, étant donné qu'il y a des petits picots, sans pour autant que ce soit une grosse gêne. L'hypersensibilité, par exemple, n'intervient pas dessus. J'y ai cru d'ailleurs, je me suis dit, ça va être compliqué avec l'hypersensibilité, mais pas du tout en fait. Par contre, ça lui permet de bouger sur le coussin, donc de pouvoir se concentrer sur ce que dit la maîtresse. Pourquoi ? Parce que napp... pas à se concentrer sur le fait qu'elle ne doit pas bouger son corps. Son corps qui bouge naturellement et donc en mouvement, et c'est très très léger, c'est quasiment imperceptible m'a dit la maîtresse, et elle, elle peut se concentrer sur ce que dit la maîtresse. Et ça l'aide beaucoup. Elle a ça depuis le CP, ça la suit d'année en année et vraiment, c'est quelque chose que je conseille et recommande vivement parce que ça aide beaucoup les enfants qui ont donc Merci. besoin de bouger leur corps. Ce n'est pas une envie, ce n'est pas quelque chose dont ils font exprès. C'est le corps qui a besoin de bouger, d'être en mouvement tout le temps. Donc, le coussin de proprioception, ça s'achète partout, dans les boutiques spécialisées, mais sur Amazon aussi. Donc, vraiment partout. Et enfin, le deuxième élément que j'ai acheté, c'est un casque anti-bruit. Parce que le casque anti-bruit, lui, va permettre à ma fille de gérer son hypersensibilité auditive. Et par exemple, sur des bruits de récréation très très forts, avec beaucoup d'écho, beaucoup de brouhaha, ou à la cantine aussi, où il y a énormément de brouhaha, le fait de mettre le casque anti-bruit, ça va lui permettre d'isoler le bruit qui la dérange le plus, mais d'entendre le reste quand même. Le casque anti-bruit, c'est exactement la même chose que les casques qu'on met pendant les concerts, notamment pour protéger les oreilles des enfants. C'est ça en fait, c'est un casque anti-bruit. Donc, ça n'empêche pas d'entendre. Simplement, ça diminue le volume sonore. Ou alors, en classe, quand il y a un peu de chahut ou quoi que ce soit. Mais clairement, aujourd'hui, ce n'est pas ce qu'elle utilise le plus. Elle l'a. Donc, elle sait qu'elle peut le mettre n'importe quand. C'est vu avec la maîtresse. La maîtresse est totalement d'accord. Il n'y a aucun problème. Elle peut le sortir n'importe quand, sans avoir à se justifier. Mais elle me dit, en fin de compte, qu'elle ne le met pas trop. Ça lui arrive de le mettre plutôt à la cantine, en effet. fois en récréation, mais le problème de la récréation, c'est qu'elle n'y pense pas forcément quand elle va en récréation. Et c'est une fois qu'elle y est que ça devient compliqué et où elle se dit « j'aurais dû prendre mon casque » . Bon, c'est encore un truc à ajuster au niveau de la gestion. Et pour terminer, je voulais simplement préciser que ma fille a un TDAH léger, ce qui veut dire qu'il n'y a pas de dossier MDPH en cours, parce que clairement, il n'y a pas de problème particulier pour l'instant. Et je touche du bois pour que ça continue comme ça. Et que tout ce que j'ai mis en place à l'école, en fait, ne fait pas partie d'un PAP. Il y a simplement eu une réunion de l'équipe éducative et moi qui ai proposé de mettre des choses en place pour que ce soit plus facile. pour ma fille comme pour la maîtresse. Et ça a été accepté. Je suis consciente de ma chance. Je le dis parce que toutes les écoles, ça ne se passe pas pareil. Et souvent, dans les écoles, on exige un PAP. Donc, ça veut dire que derrière, il faut qu'il y ait un diagnostic reconnu. Il faut qu'il y ait des ordonnances de médecin. Enfin, c'est tout un trafic. Et souvent, c'est un dossier MDPH en cours. Donc, je suis consciente de ma chance. et j'espère que ça pourra continuer parce que ma fille, encore une fois, n'a pas besoin d'une AESH, n'a pas besoin d'autres aides particulières. Donc, je n'ai pas envie d'aller encombrer le bureau de la MDPH qui se croule sous les dossiers. Surtout que la plupart du temps, quand on fait un dossier MDPH, c'est pour obtenir une AESH ou des aides financières. Et là, moi, ce n'est pas mon cas. De toute façon, elle me serait refusée. Vu que le TDAH est léger, elle ne serait pas acceptée. Donc, c'est pour ça que je n'ai entamé aucune démarche. auprès de la MDPH, mais je suis consciente que toutes les familles qui ont des enfants TDAH ne sont pas du tout sur un même pied d'égalité et parfois on n'a pas le choix, on est bien obligé de passer par le dossier. Et enfin, une dernière chose que je voulais préciser, ma fille n'est pas médicamentée. Elle ne prend pas de traitement pour gérer son TDAH. C'est un choix de ma part, car pour l'instant, tant que je peux le gérer et tant que tout va bien à l'école, pour moi, il n'y a pas besoin qu'elle soit médicamentée. Voilà, cet épisode est maintenant terminé, mais je me rends compte que je n'ai pas tout dit, que j'ai encore pas mal de choses à dire, et notamment ce que la révélation du TDAH de ma fille a pu avoir comme conséquence sur moi et également sur certains membres de ma famille. Je vais donc travailler sur une deuxième partie, car elle a aussi son importance. J'espère en tout cas que cet épisode-là t'aura plu et qu'il t'aura peut-être donné des pistes pour ton enfant. Si c'est le cas, en tout cas, n'hésite pas à m'envoyer un petit message sur Insta en MP ou dans le rétro de ma PM à solo à gmail.com. N'hésite pas bien sûr à le partager à toutes celles qui ont besoin de l'entendre parce que plus il sera partagé, plus on comprendra comment fonctionnent nos enfants neuroatypiques, plus on fera du bien à nos enfants, plus ils seront compris, plus ils seront respectés dans leur fonctionnement neuroatypique, plus leur vie leur sera agréable. Voilà, je te souhaite une bonne journée, une bonne soirée ou une bonne nuit, en fonction du moment où tu m'auras dans tes oreilles. Merci de m'avoir écoutée jusqu'au bout. À bientôt. Bye bye.
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