- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans ce podcast sur la retraite animée par Myriam Nikas en charge de la communication d'inextensos patrimoine et d'inextensos avocats. Les intervenants Edouard Gouin, associé chez Inextenso Patrimoine, et Pierre-Jacques Castanet, avocat associé chez Inextenso Avocat, répondent en direct aux questions posées par les internautes lors de leur inscription à l'émission. Si vous souhaitez davantage d'informations sur la retraite, rendez-vous sur notre site web inextenso-patrimoine.fr. Nous vous souhaitons un bon podcast.
- Speaker #1
Donc on va passer à la première question. Comment calculer le montant de sa retraite ? Sur l'ensemble de la carrière ou sur les dix dernières années, par exemple, et si le salaire baisse les dix années avant ma retraite, quelle incidence cela aura-t-il sur le montant final ? Je pense que c'est pour toi, Edouard.
- Speaker #2
Alors, sur la retraite, le calcul se fait sur les 25 meilleures années. Alors, on va parler de deux catégories quand même professionnelles. Les professions libérales, donc Pierre-Jacques en dira un mot ensuite. Sur les régimes alignés, on va dire les salariés. et les artisans commerçants ainsi que la MSA, on calcule la retraite sur les 25 meilleures années et pas sur les 10. Ça a été 10 puis 15, on est à 25 aujourd'hui. Quand on parle de baisse de salaire sur les 10 dernières années, est-ce que ça va avoir un impact ? Oui, mais finalement assez léger, en tout cas sur la retraite de base, puisque les 25 meilleures années, si elles sont auparavant, elles seront bien retenues, ça aura un léger impact quand même. puisqu'on a une évolution du plafond de la sécu qui fait que le revenu de la retraite de base pourrait être un peu plus faible, puisque avec l'inflation, avec les années, les revenus augmentent. Et puis le deuxième sujet, c'est qu'effectivement, si je baisse significativement les revenus, les régimes complémentaires en fabriquera moins de points. Donc ça peut avoir un impact quand même, mais il ne sera pas forcément colossal.
- Speaker #3
En ce qui concerne les professions libérales et les avocats, mais les professions libérales en général, on est sur une autre logique qui est celle de l'acquisition de points en fonction d'un niveau de revenu que l'on a tout au long de sa carrière. Donc il n'y a pas de notion de meilleure ou de moins bonne année, il y a simplement un niveau de cotisation, un niveau de revenu qui va générer un certain nombre de cotisations. Ce sont ces cotisations qui vont générer des points, que ce soit dans le régime de base ou dans le régime complémentaire. en ce qui concerne Les avocats en particulier, une petite spécificité qui n'est pas inintéressante du tout. On a toujours un régime de base et un régime complémentaire. Sachez qu'en ce qui concerne le régime de base, c'est un montant forfaitaire, quel que soit le niveau de cotisation. C'est intéressant à noter parce que ça évite notamment les petites retraites de gens qui n'ont pas beaucoup cotisé, mais qui ont travaillé pendant longtemps et qui ont donc une retraite de base très très faible. Là, au niveau de la CNBF, il y a au moins un minimum vital pour ceux qui ont une carrière complète. Et cette carrière complète, qui est le régime de base, Elle peut donc être complétée par un régime complémentaire qui lui aussi est un système de points qui permet effectivement d'avoir un niveau de taux de remplacement qui est relativement significatif.
- Speaker #1
Ok, merci Pierre-Jacques. Deuxième question, quel est le pourcentage de la perte de rémunération à la retraite ? Comment la préparer au cours de sa vie professionnelle ? Est-ce nécessaire ? Je pense que ça doit être toi, Edouard.
- Speaker #2
Oui, alors sur la perte globalement, si on regarde les chiffres en 2022, à peu près 57% du revenu d'activité sur les pensions de retraite en France. En gros, retenez que c'est entre 50 et 60% du revenu d'activité. L'impact sera beaucoup plus lourd pour ceux qui ont des revenus élevés, puisqu'effectivement, comme on cotise notamment à la retraite de base jusqu'au plafond sécu, 47 000 cette année, Quand j'ai un revenu de 200 000 euros ou un revenu de 50 000 euros pour le régime de base, de toute façon, j'arrêterai de cotiser à 47 000. Donc l'impact, plus j'ai de revenus, plus l'écart se creuse entre le revenu d'activité et la retraite. Comment préparer sa retraite au cours de sa vie ? Est-ce que c'est nécessaire ? Bien sûr, effectivement, il faut l'anticiper à travers différents outils, notamment tout ce qui est épargne retraite. Vous avez sans doute entendu parler du PER. C'est vrai aussi avec l'assurance vie, avec de l'immobilier, avec tout type de placement. Et puis aussi à travers l'optimisation des régimes obligatoires. Ça, ça peut être comme une stratégie à mener de regarder comment aujourd'hui je prépare ma retraite en utilisant au mieux mes cotisations sociales. Et notamment quand on a des stratégies de rémunération avec du dividend et ou de la rémunération et qu'on s'interroge statut social, SAS, SARL, comment je me rémunère, eh bien ça a un impact sur la retraite et donc c'est important d'en tenir compte dans la stratégie de rémunération sur le long terme que l'on peut avoir.
- Speaker #3
Cette situation qui est ce qu'elle est pour les salariés, la situation est beaucoup plus difficile pour les professions libérales en général, puisque cette fois-ci on a un taux de remplacement qui est aussi entre 20 et 40% en fonction notamment des professions. Ça peut être relativement faible notamment pour tout ce qui est infirmiers, kinésithérapeutes, etc. Ça l'est un peu moins notamment pour les experts comptables ou pour les avocats et les notaires. et donc ça vient confirmer le fait que, certes, Les professions libérales bénéficient effectivement de régimes de retraite et de pensions de retraite, mais qu'il est important, comme le disait Edouard tout à l'heure, de pouvoir fondamentalement les compléter pour avoir au final, quand on a cessé toute activité professionnelle, un taux de remplacement qui soit significatif et qui permette de vivre normalement.
- Speaker #1
Merci à tous les deux. Question 3. Peut-on se fier aux relevés de carrière avant la prise de la retraite donnée par le site Info-Retraite ? Mes années d'apprentissage n'ont pas été prises en compte dans ma date de départ à la retraite. Est-ce normal ?
- Speaker #2
Alors, sur la partie, ceci au relevé de carrière, non. Alors, on va dire que c'est beaucoup mieux depuis 5-6 ans. Les portails inforetraite et autres ont fait que ça s'est quand même très nettement amélioré. Mais globalement, on constate très souvent qu'il manque des choses, notamment sur le service militaire, sur les périodes d'apprentissage qu'on évoque ci-dessous. les cotisations parfois sur le résumé de base et on ne trouve pas de cotisation sur la complémentaire dans le relevé ou l'inverse. Donc il y a quand même des vraies lacunes. Ça a du sens de se faire accompagner là-dessus pour anticiper ces corrections. Sur le volet apprentissage, il y a deux périodes en fait. Il y a la période des années 72 à 2013 où effectivement sur cette période-là, logiquement on doit retrouver les trimestres d'apprentissage mais on n'en aura pas forcément quatre tous les ans. Ça va dépendre du temps de travail. et puis... Et pour le coup, depuis 2014, pour une année complète travaillée, on aura réellement quatre trimestres d'apprentissage de comptabilisé. Donc là, c'est un peu du cas par cas. Mais effectivement, normalement, les années d'apprentissage doivent être comptées dans la retraite.
- Speaker #3
Oui, je confirme ce point-là, bien évidemment. Et ça vient renforcer, c'est cohérent avec la mise en œuvre et la valorisation aujourd'hui de l'apprentissage, qui n'était pas forcément le cas. Il y a un certain nombre de dessins. Donc aujourd'hui, effectivement, l'apprentissage est pris en charge et complètement validé. à raison de quatre trimestres par an, dans la limite de quatre trimestres par an.
- Speaker #1
Merci à tous les deux. Quatrième question, je prendrai ma retraite à partir du 1er janvier 2026 à l'âge de 67 ans, mais je continuerai mon activité en tant qu'entrepreneur individuel. Dois-je faire une demande pour la deuxième retraite dans ce cas de cumul intégral ? Comment est calculée et payée cette deuxième retraite ?
- Speaker #2
Vaste question, il y en a même plusieurs en une, donc on va essayer de répondre un peu à tout. Première chose, en fait le cumul intégral, c'est l'hypothèse où j'ai tous mes trimestres, soit parce que j'ai atteint 67 ans, soit parce que je les ai cotisés ou validés. Et donc à partir du moment où je suis dans le cadre d'un cumul intégral, je peux effectivement cumuler sans limite de revenus une activité professionnelle et la retraite. Donc l'importance, taux plein. soit à travers le trimestre que j'ai cotisé, soit à travers l'âge de 67 ans, puisque c'est l'âge où tout le monde a le taux plein de façon automatique. Il faudra effectivement faire une deuxième demande pour bénéficier de la pension de retraite globale, sachant que, petite précision, on va fabriquer de nouveaux droits, tant en retraite de base avec ce qu'on appelle la surcote, et également sur les complémentaires puisqu'on va acquérir de nouveaux points. Le plafond de la retraite que l'on pourrait fabriquer en complément par la réforme des retraites Macron, il est à 2355 euros par an, c'est-à-dire en gros, retenez à peu près 200 euros brut maximum de plus de retraite par mois. Donc même si on cotise sur les mêmes bases qu'avant, on ne fabriquera pas plus que 200 euros par mois. Il y a des sujets quand même assez connexes, on va dire, qui tournent autour de cette question, qui sont les problématiques de ce que j'appelle l'amortissement, mais également des problématiques carrière longue. Quand on s'interroge sur le cumul emploi retraite, on peut aussi se poser la question pourquoi attendre 67 et pourquoi pas prendre sa retraite plus tôt ? Et dans ces cas-là, je présenterai sur une question à venir un petit calcul, mais il est parfois plus opportun de liquider sa retraite avant 67 ans, quand bien même on n'a pas le taux plein. Je rappelle que le cumul, c'est vraiment quand je bosse dans la même caisse. Si je travaille en tant que salarié toute ma vie et que je reprends une activité, travailler en non salarié après, je ne suis pas en cumul, je travaille sur une caisse différente. Le cumul s'apprécie réellement sur la même caisse, en tout cas pour vérifier si on est en capacité de percevoir un revenu sans plafonnement, c'est-à-dire dans le cadre du cumul intégral. Et puis sur la carrière longue, juste une petite précision également. La carrière longue, en fait, c'est ce qui permet de partir en anticipé, donc avant 64 ans aujourd'hui, ceux qui choisissent ou qui peuvent rentrer dans ce dispositif. On va retenir tous les trimestres cotisés, et puis certains trimestres pour la maladie, pour le chômage, pour la maternité, pour l'invalidité, notamment le service militaire également. Ceux-là, ils seront considérés dans le calcul. Alors, seulement quatre en maladie et en chômage, et deux en invalidité. Par contre, toute la maternité et puis tout le service militaire. Quand on part en carrière longue, pour le coup, on ne rentre pas dans le cumul intégral. Donc ça, si vous avez des questions spécifiques là-dessus, n'hésitez pas à les poser, on vous répondra par la suite.
- Speaker #3
Et toujours en ce qui concerne ce cumul, en ce qui concerne les professions libérales, on est dans la même logique. C'est-à-dire que le cumul, le retraite activité libérale, va permettre à un professionnel libéral retraité d'exercer ou de continuer à exercer une activité professionnelle libérale tout en percevant... sa pension de retraite. En d'autres termes, on va cumuler deux sources de revenus. Un, sa pension de retraite. Deux, les revenus que l'on a de la continuation de son activité de libéral. Et là, comme le disait Edouard tout à l'heure, on retrouve la même situation pour les professionnels libéraux entre un cumul intégral ou le cumul non intégral. En deux mots, en ce qui concerne le cumul intégral, c'est un cumul qui n'est pas plafonné, c'est-à-dire qu'on peut gagner tout ce que l'on veut en plus au niveau de son activité sans qu'elle s'y soit plafonnée par rapport à ce que l'on touche au niveau de la pension. Mais attention, pour être dans ce cumul intégral, comme on vous l'a dit tout à l'heure, ça n'est possible que quand on peut partir à l'âge de la retraite, certes, mais avec une retraite à taux plein. Ça c'est important. L'autre point également, c'est qu'il est important dans l'ensemble des régimes de retraite de faire liquider la totalité de ces régimes de retraite pour pouvoir être dans cette notion de cumul. Et on a des situations parfois un petit peu compliquées, de gens qui ont été pions dans les années 70-80, et qui ont un petit peu cotisé, et on ne retrouve pas véritablement cette situation. Il faut liquider la totalité de ces pensions de retraite pour pouvoir être en cumul emploi retraite, donc pour pouvoir bénéficier de sa pension de retraite, et de continuer à avoir une activité. Deux points à ce sujet à noter. Le premier, c'est que, continuant une activité professionnelle libérale, vous allez continuer. à cotiser à fond, de façon complète et intégrale. Le deuxième point qui est intervenu avec la loi de 1923 sur la réforme des retraites, c'est qu'avant on ne créait pas de nouveaux droits, désormais on va pouvoir créer malgré tout de nouveaux droits, donc une sorte de seconde pension de retraite. Mais comme le disait Édouard, et pour les professions libérales c'est exactement la même chose, c'est très très très limité ces nouveaux droits que l'on peut constituer. qui sont très limitées à 2 ou 3 000 euros par an. Donc vous voyez, ce n'est pas énorme, mais l'intérêt c'est de pouvoir avoir ces deux sources de revenus. On retrouve la même situation en ce qui concerne les avocats, avec peut-être une petite différence, c'est que la seconde pension de retraite que l'on va acquérir elle ne va porter que sur la retraite de base et pas sur la complémentaire, ce qui vient encore un peu diminuer l'intérêt que l'on peut avoir à cette poursuite d'activité professionnelle. Donc, en d'autres termes, et pour résumer, cumul emploi retraite, oui. On continue à cotiser, il faut certaines conditions, il faut déjà pouvoir partir, avoir l'âge légal et cotiser, comment dirais-je, avoir une pension de retraite à taux plein. On continue à cotiser de façon totale. dans sa nouvelle activité et on génère un peu de droits, principalement au niveau de la retraite de base, dans le cadre de la poursuite de cette activité.
- Speaker #1
Merci à tous les deux, c'était très clair. Question 5, quel est le montant de retraite qui supprime la réversion du conjoint ?
- Speaker #2
Alors, sur la réversion, un premier point d'importance, la réversion aujourd'hui fonctionne pour les couples mariés. Donc ça c'est quand même le premier détail mais qui n'en est pas un, puisqu'effectivement si on vit en concubinage ou paxé, et bien on n'est pas bénéficiaire de la réversion. Il faut avoir été marié deux ans à minima, et il peut y avoir sur un certain nombre de caisses un prorata sur la réversion s'il y a eu plusieurs mariages. Donc ça c'est la première précision. Ensuite sur la notion de plafonnement de ressources, parce que c'est ça en fait dont on parle, c'est quelles ressources je peux avoir, et à partir du moment où j'ai des ressources, est-ce que je... On peut finalement voir ma réversion éteinte parce que j'ai suffisamment de revenus par ailleurs. Ça va être valable pour les régimes de base. Sur les régimes complémentaires, on n'a pas de notion de plafond de ressources. Sur les régimes de base, on les a en effet sur l'immense majorité des caisses des régimes de base en France. Et donc le principe c'est aujourd'hui en gros 25 500 euros, 25 464 pour être précis, de plafond de ressources. Qu'est-ce qu'on intègre là-dedans ? Le salaire, les revenus professionnels, la retraite, le chômage, tout ce qui est revenu de remplacement, indemnité journalière. rendent d'invalidité. Également les revenus fonciers et puis les revenus mobiliers, donc revenus de placement que l'on peut avoir. Et enfin, on va retenir aussi 3% du patrimoine propre. Donc ça veut dire quoi ? Ça veut dire que concrètement, c'est quand même plutôt judicieux d'imaginer qu'on ne touchera pas la réversion des retraites de base parce qu'on peut assez vite assainir ce plafond et d'imaginer effectivement ne tenir compte que de la partie de la réversion des retraites complémentaires. Parce que ce plafond de 25 000 euros, quand on commence à compter en plus un pourcentage du patrimoine détenu, on peut vite l'atteindre.
- Speaker #3
Donc, pareil, je dirais, situation un peu identique, mais toujours un peu différente malgré tout pour les professions libérales. On est toujours cette pension de reversion uniquement pour le conjoint survivant ou le conjoint marié. Là-dessus, il y a une constante. Pour les professions libérales, on a toujours aussi, comme pour les salariés, une condition de ressources. Et on a un âge également qui est de 55 ans. Et une fois qu'on remplit, quand on est en profession libérale, la condition de ressources, et qu'on a cet âge de 55 ans, la pension de reversion est égale à 54% de la pension dont bénéficiait le professionnel libéral qui est décédé. Un point peut-être en ce qui concerne les avocats, à savoir que là il n'y a aucune condition de ressources qui est mentionnée. C'est un avantage qu'il y a dans ce régime de retraite. Il faut simplement que le mariage ait quand même duré un certain temps. c'est 5 ans, sauf s'il y a eu un enfant. Et en ce qui concerne l'âge, c'est à partir de 50 ans, et non pas 55. Et en ce qui concerne le montant, le montant est 50% des droits au niveau de la retraite de base, mais il est de 60% pour la retraite complémentaire. Donc on voit effectivement un parallélisme. Il faut avoir été marié, et pas uniquement au concubin. Dans certains cas, il y a une condition de ressources, dans d'autres, il n'y en a pas. et il faut que... le conjoint survivant et un certain âge, on va dire à partir de 50 ans pour les avocats et 55 pour les autres professions libérales.
- Speaker #1
Merci. Question 6. Quelles sont les démarches à faire auprès de la MSA Carsat ?
- Speaker #2
Pour les démarches, globalement aujourd'hui, ça se passe via le portail Info-Retraite. Le portail Info-Retraite sur lequel on va pouvoir liquider toutes les retraites. Dans l'esprit, ça se passe dans les cinq mois qui précèdent. On ne peut pas ouvrir avant cinq mois, préalablement la date de la retraite. En revanche, ce qu'il faut faire, c'est anticiper par contre toutes les corrections. Donc moi, je préconise effectivement de se rapprocher des équipes d'Innex Finso patrimoine pour faire éventuellement un bilan retraite, venir voir toutes les périodes lacunaires, observer les erreurs qu'il pourrait y avoir pour avoir préparé, récupéré les documents, anticipé. les correctifs parce que finalement si on a que cinq mois pour lancer les choses, les caisses de retraite peuvent être un peu longues à réagir. Alors ce qui se passe c'est que parfois elles ne vont nous payer que 7, 8, 9 mois après. Donc il y a besoin peut-être de prévoir un petit peu de trésorerie pour les premiers mois de retraite. En revanche, elles payent de façon rétroactive. C'est-à-dire que si je pars en retraite le 1er août l'année prochaine et que cinq mois avant je lance mes opérations de liquidation, Le fait que la Caisse d'entraide me donne finalement ma retraite, que le 1er octobre et pas le 1er août parce que ça a traîné à se mettre en œuvre, eh bien on aura quand même un paiement depuis le 1er août. Mais plus j'ai anticipé finalement les modifications, plus je serai à l'aise pour ne pas perdre trop de temps là-dessus.
- Speaker #1
Ok. Question 7. Qu'en est-il de la retraite des expatriés de nationalité française ? Edouard.
- Speaker #2
Alors sur les expatriés, il y a autant de cas que d'expatriés. Donc difficile de faire une réponse extrêmement précise, ça va dépendre si on cotise sur les caisses françaises, ça va dépendre si on cotise sur la caisse des Français de l'étranger, ça va dépendre si on cotise sur les caisses étrangères. Ensuite il y a encore un autre aspect qui va rentrer dans les calculs, c'est est-ce que le pays où on a travaillé a une convention avec la France ? Alors c'est le cas dans la majeure partie des pays, mais en tout cas il faut vérifier cela. Alors je peux donner un exemple quand même un peu concret, quelqu'un qui aurait bossé tout... Merci. ce que l'on nous demande de faire aujourd'hui, 172. Ça, c'est celui post-réforme Macron. Celui qui a travaillé 172 trimestres aujourd'hui, on va supposer qu'il est en France. Pour calculer sa retraite, comment est-ce qu'on la calcule ? on prend son revenu moyen en Indie sur les 25 meilleures années. Ensuite on va multiplier ça par ce qu'on appelle le taux plein. Le taux plein en France c'est 50%. Alors ne me demandez pas pourquoi le taux plein c'est la moitié mais en tout cas le taux plein c'est 50% dans le calcul. Donc retraite sur les 25 meilleures années, taux plein de 50% si j'ai tous mes trimestres et ensuite on multiplie ça par le nombre de trimestres que l'on a travaillé ou validé sur, divisé pardon, par le nombre de trimestres demandés. Donc si j'ai bossé 170 trimestres j'aurais 170, 172ème. Si j'ai bossé 100 trimestres, j'aurais 172ème par 50% par mon revenu moyen des 25 meilleures années. Dans la carrière à l'étranger, ce qui va se passer, c'est qu'on va comptabiliser les trimestres à l'étranger s'il y a une convention pour l'appréciation du taux plein. Donc le taux de 50%, il tiendra bien compte des trimestres que j'ai bossé à l'étranger. Si je ne l'ai pas tous mes trimestres, j'aurais effectivement possiblement une décote. Et pour le calcul, exemple, mettons que j'ai un revenu moyen de 25 000 euros par 50%, Et après, si j'ai bossé 100 trimestres en France, on ne prendra que les 100-172e et on ne retiendra pas les 70 trimestres à l'étranger. On aura tenu compte dans le top-là, mais pas dans les trimestres sur la partie 100-172e. Les 70 restants, eux, seront comptabilisés pour le coup par la caisse à l'étranger qui versera, elle aussi, une retraite, mais du coup sur le régime étranger.
- Speaker #1
Ok. Question 8. Quels sont les impacts de la suspension de la réforme des retraites sur le régime et sur les prestations ? Edouard peut-être, premier.
- Speaker #2
Alors vaste question aussi. D'abord, ce n'est pas encore complètement estimé parce qu'évidemment, la loi n'est pas actée. Ce qui semble se dessiner, c'est principalement la date de départ. Je fais un petit retour sur les réversions dont on parlait avant. Il y a peut-être un point d'amélioration dans les sujets de révision de la réforme qui était effectivement d'ouvrir la réversion aux couples en concubinage ou paxés. C'est un sujet d'ouverture, ça me surprend un peu politiquement puisque les caisses ne sont pas très pleines. En tout cas, les caisses artisans-commerçants sont à l'équilibre, les caisses salariales et fonctions publiques sont déficitaires. Les caisses libérales, pour le coup, sont excédentaires. Ce qui explique un peu pourquoi à l'époque, on avait essayé de mettre tout le monde dans le même seau pour... taper les réserves des uns pour compenser les dettes des autres. Concrètement, ouvrir la réversion à tout le monde, ce serait accepter une brèche supplémentaire dans les réserves de ces caisses. Et donc, ça me paraît étonnant de l'ouvrir, sachant qu'on essaie de trouver des moyens d'économie. Mais en tout cas, c'est une piste sur laquelle ils travaillent. Dans la réforme, principalement, ce qui bouge, c'est la date de départ. Vous l'avez compris, avant c'était 62, on est passé à 64. si on revient en arrière, ça permettra de partir sur le montant de la pension ou sur les prestations, oui, on perdra peut-être un peu aussi. Alors, pas tant sur le fait qu'on puisse partir plus vite, mais juste sur le fait qu'effectivement, si je cotise deux années de moins sur les complémentaires, mécaniquement, j'ai moins de points, donc je perds un petit peu de retraite. Voilà ce que l'on peut dire. Je pense qu'il faudra actualiser les données réellement quand on aura les textes, et pour autant qu'ils soient votés et actés, pas certain réellement qu'on aille au bout de cette modification, on verra.
- Speaker #3
En fait, oui, ce qu'il faut peut-être dire avec cette notion de suspension, c'est que ça ne remet pas en cause la notion de suspension, l'augmentation du départ à la retraite. Ça remet en cause la progression et les différentes étapes pour arriver à être à 64 ans. Et donc, en fait, la suspension, c'est uniquement appliquer le... comment dirais-je... C'est simplement permettre un départ trois mois plus tôt que prévu que par la réforme de 23 aux personnes qui sont nées de 64 à 68. Donc en fait, tous ces gens-là, à partir de 64, vont pouvoir partir trois mois plus tôt que ce qui était prévu dans le cadre de la réforme de 2023. Donc voilà, c'est quand même cette année que ça. Alors c'est déjà pas mal, mais les fondamentaux de la réforme de 23... ne sont pas remis en cause, notamment en ce qui concerne, comme le disait Edouard tout à l'heure, le fait que l'on passe de 62 à 64 ans. Donc en fait, la marche à 64 ans, elle reste toujours intacte, elle n'est pas pour l'instant modifiée. Ce qui est simplement modifié, c'est effectivement le fait qu'on gagne 3 mois, les générations entre 64 et 68 vont gagner 3 mois, mais c'est tout, alors c'est pas mal, mais c'est tout. Et voyez par exemple, s'il y a cette suspension, les personnes qui sont nées en 1967, par exemple, pourront partir à 63 ans et 6 mois, s'il y a donc cette suspension, au lieu de 63 ans et 9 mois. Voilà, ça n'est que ça. C'est déjà pas mal, mais ça n'est que ça.
- Speaker #1
Ok, question 9. À quel âge peut-on partir à la retraite et quelles sont les conditions ? Comment se faire conseiller au mieux quand l'entreprise n'accompagne pas les salariés ?
- Speaker #2
Alors, sur l'âge, Pierre-Jacques l'évoquait à l'instant, en fait, globalement, pour ceux qui sont nés après 1968, après 1968, aujourd'hui, c'est 64 ans, sauf les 4 carrières longues. Donc là, c'est du cas par cas en fonction de l'activité de chacun. Sinon, pour les personnes qui sont nées entre 1962 et 1968, le départ en retraite se fera entre 62 ans et 6 mois et 64 ans. Enfin, le départ en retraite, la possibilité de percevoir la retraite. Après, il y a une deuxième notion à connaître, c'est le fait qu'on ait le taux plein, on l'a par les trimestres qu'on a cotisés, si on a le nombre requis, ou on l'a par l'âge de 67 ans, puisqu'à 67 ans, tout le monde a le taux plein automatique. Donc, quand on parle de taux plein, on parlait tout à l'heure des 50%, c'est ce taux-là, en fait. Merci. Si vous êtes dans mon calcul de tout à l'heure, si je reprends mon exemple, 25 000 euros, taux plein de 50%, donc ça me fait 12 500 euros de retraite. Pour autant, si j'ai bossé que cent trimestres, j'aurais quand même 100 172e, j'aurais pas 172, 172e. Mais c'est sur le coïncide, donc on tiendra le taux plein. Comment se faire conseiller pour les salariés dans l'entreprise ? Chez Nexenso, notamment, on accompagne les salariés comme les indépendants. Donc si vous avez des questions et que vous souhaitez être accompagné sur un bilan retraite, On ne fait pas de distinction entre le fait qu'on soit salarié dans une entreprise ou qu'on soit un salarié. Vous pouvez être accompagné dans tous les cas. Et si vous avez une carrière un peu décousue, avec des périodes un peu différentes, ça a du sens effectivement de faire le point avant d'arriver à la retraite.
- Speaker #3
Et donc en complément, on retrouve exactement la même logique pour les professionnels libéraux en général et toutes les autres personnes. A savoir qu'on a d'un côté un âge légal de départ à la retraite. Quel âge à partir duquel on peut commencer à faire liquider sa pension de retraite ? Et puis il y a une deuxième condition qui est le fameux taux plein. Et donc en ce qui concerne cet âge légal de départ à la retraite, il était de 62 ans et en 2030, conformément à la loi, il va passer à 64 ans, sauf suspension comme on l'a vu. Et en ce qui concerne le taux plein, il se trouve qu'avant le taux plein était à 65 ans, il est devenu maintenant à 67 ans, quelle que soit la durée d'assurance. et Pour avoir la retraite totale à ce niveau-là, ce sera 172 trimestres qu'il faudra acquérir. On est bien loin, je crois, de mémoire, Edouard, c'était les 141, je crois, il y a encore un certain nombre d'années, pour pouvoir avoir sa retraite à taux plein. Donc voilà, toujours avoir deux idées en tête. Un âge légal de départ, c'est une chose. Et puis ensuite, est-ce que j'ai le taux plein ou pas ? Et là, ça va dépendre effectivement de le nombre de trimestres pendant lequel on aura cotisé.
- Speaker #1
Merci à tous les deux, il nous reste une demi-heure. Comment est calculé l'âge de départ pour les personnes handicapées, Edouard ?
- Speaker #2
Alors pour les personnes handicapées, il y a plusieurs critères. Là aussi c'est vraiment du cas par cas. Quelques précisions quand même, il faut avoir un taux d'incapacité supérieur à 50% ou percevoir une pension d'invalidité en catégorie 2 ou catégorie 3. pour être reconnu travailleur handicapé sur le volet retraite. Il faut également avoir cotisé des trimestres avec un minimum de 68, et ça peut aller jusqu'à 112, donc ça, ça dépend des années de naissance et de l'âge auquel on pourra partir à la retraite. C'est-à-dire que si je n'ai pas cotisé tous les trimestres, je partirai un peu plus tard. Et l'âge de départ, c'est possible dans certains cas dès 55, et ça va jusqu'à 62 en gros aujourd'hui, donc 55-62. Donc il y a effectivement des aménagements spécifiques pour les travailleurs handicapés, mais c'est vraiment du cas par cas en fonction du nombre de trimestres cotisés, évidemment du taux d'incapacité et du taux d'invalidité, et puis de l'âge de départ en fonction des trimestres cotisés. Donc là, faire une réponse précise, c'est vraiment du cas par cas.
- Speaker #3
Oui, je confirme, c'est la même chose pour les professionnels libéraux. En fait, il y a plusieurs... Pour les handicaps, il y en a soit le handicap, c'est une retraite anticipée pour handicap, et là effectivement ça peut être à 55 ans sur réserve d'être au moins en incapacité permanente jusqu'à au moins 50%. Ça peut être aussi des retraites pour incapacité permanente d'origine professionnelle, c'est aussi cette possibilité, et là on est plutôt à 60 ans. Et puis ça peut être aussi une retraite pour inaptitude au travail, là aussi quand on est déclaré inopte au travail à partir d'un certain âge par le médecin conseil de la sécurité sociale. Donc vous voyez, quand on parle de... handicapés il ya plusieurs situations et qu'il faut prendre absolument en compte au cas par cas
- Speaker #0
Merci à tous les deux. Question suivante. Dans le cadre de mon futur départ à la retraite, quand mettre en vente mon entreprise ? Et quel sera le coût financier de l'impôt suite à cette vente ? Pourrais-je avoir une activité à temps partiel si je vends avant ma date de départ à la retraite ? C'est plus Edouard.
- Speaker #1
Alors, l'anticipation, en général, on préconise 3 ans, 5 ans, entre 3 et 5, c'est juste plutôt par rapport au fait de... de se préparer à ce qu'un acquéreur arrive et qu'on ait déjà finalement tout chiffré. Par exemple, notamment, ce n'est pas inintéressant de chiffrer la prête en disant « si j'arrête de bosser 3 ans avant, 5 ans avant, quel est l'impact ? » Donc je m'arrête à 57, à 58 ou je m'arrête à 62, qu'est-ce que ça donne sur ma retraite ? Sur le plan fiscal et quel est l'impôt, là c'est impossible de répondre puisque chaque situation va être différente. Est-ce que c'est un fonds de commerce ? Est-ce que ce sont des parts de société ? Depuis quand je les détiens ? Etc. Donc là, impossible de faire une réponse précise comme ça, générale, sur le coût financier de l'impôt. Une précision quand même par rapport à la retraite, puisque c'est le sujet du jour. Il existe une exonération de 500 000 euros de plus-value quand on vend son entreprise dans les deux ans qui précèdent ou qui suivent la date de la liquidation. Donc je dis bien la date de liquidation, c'est-à-dire la date de début de la retraite. Donc ça, c'est un élément à appréhender effectivement dans le cadre d'une session, si on a une plus-value importante, pour effectivement essayer de faire coller la date où on vend. avec la retraite et la date possible à laquelle on peut percevoir les droits à retraite. Sur la deuxième partie de la question, est-ce que je peux avoir une activité à temps partiel si je vends avant ma date de départ en retraite ? Oui, on peut reprendre une activité. D'ailleurs, on peut même reprendre une activité toute autre, ou une activité, quelle qu'elle soit, entre le moment où on vend l'entreprise et la retraite sans problème, comme on le ferait si on change d'emploi.
- Speaker #0
Merci Edouard. Question 12, quel salaire doit-on se verser au minimum pour valider un trimestre ?
- Speaker #1
Alors je ne l'ai pas précisé sur la question d'avant, mais ça va de pair avec la question d'avant. Si je m'arrête plutôt, il y a souvent une constante, c'est qu'il est important de maintenir un revenu qui va permettre d'aller valider les quatre trimestres, ou plutôt même cotiser, plus que valider d'ailleurs, puisqu'on va verser des cotisations pour aller acquérir ces trimestres. Et cette constante, en fait, elle est, si le vendre d'entreprise, par exemple, et que je suis à 4 ou 5 ans de la date où je peux percevoir ma retraite, c'est d'essayer de trouver une solution pour que je cotise ces trimestres. Aujourd'hui, pour un trimestre, il faut 150 heures au SMIC. Donc ça fait 1782 euros brut. Ce qui veut dire que pour une année, on est globalement à 7200 euros. Précision là-dessus, pour les travailleurs non salariés, on déclare le revenu une seule fois dans l'année, au mois de mai en même temps que les impôts. Donc que le revenu était perçu sur un jour ou sur un an, on s'en fiche. Pour les salariés, c'est un peu différent, puisqu'on a un plafonnement à la tranche A, c'est-à-dire notre fameux plafond sécu, 47 000 divisé par 12 mois, ça fait 3 600, 3 700. Bref, ça veut dire que je ne peux pas prendre 7 200 euros de salaire brut sur un mois. Dans ce cas-là, je ne cotiserai que deux trimestres, puisque j'aurai mon plafonnement plafond sécu sur le mois qui sera considéré. Donc il faut bosser au moins deux mois. Petit aparté là-dessus, quand vous prenez une année sabbatique, si vous en prenez une dans votre vie, il vaut mieux la prendre de juillet. à juin l'année suivante, puisque finalement sur les six premiers mois de l'année, vous allez cotiser vos quatre trimestres et l'année d'après, idem pour les six derniers mois de l'année. Alors que si vous la prenez du 1er janvier au 31 décembre, vous pouvez avoir perdu cette année-là sur vos cotisations de trimestre.
- Speaker #0
C'est bon à savoir.
- Speaker #2
C'est plus simple quand on est professionnel libéral, puisqu'effectivement, pour un professionnel libéral hors avocat, la validation des trimestres de retraite repose sur un montant de revenu professionnel qui est soumis à cotisation et on a ce même montant. qui est de, pour avoir un trimestre validé, il faut avoir au moins 1782 euros bruts de revenus. Ça c'est pour les professionnels libéraux. Un élément intéressant en ce qui concerne les avocats, c'est-à-dire que la validation des trimestres ne repose pas sur un salaire minimum, comme pour les salariés, mais sur le paiement de cotisation au régime de base. Voilà, c'est en fonction des cotisations que l'on va payer au régime de base, de ce montant de cotisation, qu'on va valider un certain nombre de... de trimestre en fonction de son ancienneté au sein de la profession d'avocat. Donc on voit qu'il y a effectivement un certain nombre de différences, comme toujours, entre la partie salarié et la partie professionnels libéraux. Et puis dans les professionnels libéraux, parfois, et là on le voit ici, une spécificité concernant les avocats.
- Speaker #1
Juste une toute petite précision supplémentaire sur le régime des travailleurs non salariés, artisans, commerçants. Aujourd'hui, les cotisations minimum obligatoires permettent de fabriquer trois trimestres, si bien que dans certains cas, Le fait d'avoir zéro revenu côté travail en non salarié, on a quand même une cotisation qui permet d'avoir trois trimestres. Alors je ne sais pas pourquoi ils ont été assez idiots pour nous... On ne peut pas la pousser à 4 en demandant 150 ou 200 euros de plus de cotisation minimum. Mais aujourd'hui, on est sur cette règle-là. Donc en gros, entre 1 500 et 2 000 euros de cotisation minimum obligatoire chez les artisans commerçants, à la sécu des indépendants, et ça permet d'avoir trois trimestres cotisés à minima.
- Speaker #0
Ok. Il nous reste 20 minutes. Comment racheter des trimestres d'études ?
- Speaker #1
Alors, il y a des rachats périssables. On peut se poser la question de le faire pour les années d'études. Ça, c'est la fameuse réforme Hollande. Donc ceux-là parfois ça peut avoir du sens parce qu'ils sont vraiment peu coûteux. Pour le reste moi ma préconisation c'est plutôt de se poser la question du rachat de trimestre au terme, c'est à dire à un an ou deux de la retraite pour deux raisons. La première c'est qu'on est sûr qu'on est encore vivant. Si je rachète mes trimestres à 40 ans et que je disparais entre mes 40 et 60 ans j'ai dépensé ces sous pour rien. La deuxième c'est qu'on sait aussi à quelle sauce on est bouffé. On connaît du coup la façon dont Les régimes de frais vont chiffrer notre retraite et on est certain que ce rachat est un intérêt réel. Ça se fait via la CARSAT, donc on fait ça directement auprès de la CARSAT, pour les années d'études ou d'ailleurs aussi les années incomplètes. Et il y a une déduction fiscale, c'est-à-dire qu'on va déduire du revenu imposable la somme que l'on verse pour le rachat de trimestre.
- Speaker #2
On est dans la même logique, je dirais, de « je suis toujours en vie ou pas » , qu'évoquait Edouard pour les professions libérales. On est dans une limite de 12 trimestres qui sont rachetables pour les professions libérales. Fondamentalement, l'idée c'est que ça coûte quand même très cher et il y a vraiment un équilibre financier à voir si, en termes ensuite d'investissement sur la retraite qu'on va percevoir, et on ne sait pas combien de temps on va la percevoir, ça vaut le coup. Donc là-dessus, le rachat des trimestres d'études nécessite vraiment une étude au cas par cas et après on pèse l'avantage. ou l'inconvénient qu'il y a à se séparer de cash finalement tout de suite dans la perspective de percevoir une pension, mais on ne sait pas pendant combien de temps bien évidemment.
- Speaker #0
Combien de trimestres nous octroie un enfant ?
- Speaker #1
Alors, 8 trimestres par enfant, sauf pour la fonction publique où c'est 4, mais sinon c'est 8 trimestres par enfant, il y en a 4 pour la naissance et 4 pour l'éducation. Si on ne fait rien, les 8 trimestres vont à la maman et on peut demander à partager les trimestres. pour l'éducation. Alors, avant 2023, avant la dernière réforme des retraites, ça pouvait être 2 le papa, 2 la maman, ça pouvait être 4 la maman, 4 le papa. Depuis la réforme, c'est au mieux 2 chacun, au mieux ou au pire, d'ailleurs, on ne va pas dire ça comme ça, mais en tout cas, je dis ça parce que je suis un homme, évidemment. Non, ça va être en gros 4 trimestres d'éducation qui vont être à la maman si on ne fait rien, et qui peuvent être à 2 pour le papa, 2 pour la maman, mais ça ne pourra plus être 4 pour le papa depuis 2023. Ça, c'est une démarche qui est à faire Euh... via un formulaire SERFA à près de la CARSAT et ça se fait entre les 4 ans et les 4 ans et demi de l'enfant parce qu'il faut avoir eu 4 années d'éducation pour en bénéficier. Honnêtement, moi ça fait 17 ans que je bosse sur les sujets de la prête. A date, j'ai dû rencontrer une personne qui avait fait cette demande, donc c'est assez rare parce que c'est peu connu. Mais entre les 4 ans et les 4 ans et demi de l'enfant, on peut se partager les trimestres pour l'éducation.
- Speaker #2
On retrouve la même logique des 8 trimestres et on retrouve la même logique de ce partage dont il faut quand même se féliciter je trouve, Edouard. même si ce n'est pas forcément complètement utilisé, parce qu'effectivement ça suppose des démarches spécifiques qui sont parfois oubliées, mais on retrouve toujours dans les autres régimes d'entraide ces huit trimestres pour chaque enfant.
- Speaker #0
Merci à tous les deux. En tant que parent isolé, des trimestres supplémentaires peuvent-ils être accordés ?
- Speaker #1
Alors non, pas de trimestre supplémentaire pour les parents isolés, sauf les trimestres éducation évoqués avant, avec cette règle de partage que l'on vient d'évoquer.
- Speaker #2
On est dans cette même logique, c'est 8 trimestres par enfant mais il n'y a pas de plus quand on est isolé.
- Speaker #0
Ok, j'ai 3 enfants et je vais toujours travailler, quels avantages cela m'apporte pour ma retraite ?
- Speaker #1
On va avoir les trimestres qu'on vient de dévoquer, 3 x 8, 24, 3 x 8, 24 pour 3 enfants, sauf encore une fois dans la fonction publique où ça pourrait être 12. Et également, sauf si on a utilisé cette clé de répartition entre le père et la mère. L'autre point, donc ça c'est déjà les trimestres, globalement, ça va être pour les mamans dans quasiment tous les cas. Et après, à partir du moment où on a trois enfants ou plus, il y a un deuxième aspect, qui est une majoration des régimes de retraite, une majoration des pensions de retraite de 10% en moyenne. Par simplification, on va dire 10%, c'est pas précisément toujours exactement ça sur toutes les caisses, mais globalement 10% de majoration sur quasiment toutes les caisses de retraite. Quand on a trois enfants ou plus.
- Speaker #2
Je confirme effectivement cette augmentation de 10% quand on a eu au moins trois enfants.
- Speaker #0
Ok, question 17. En quoi consiste la retraite progressive ? Ça y est, on a eu beaucoup de questions sur ce sujet. Quels sont ses avantages et ses inconvénients ? Y a-t-il une perte financière ? Comment en bénéficier ? Et lorsqu'on est associé, qu'on a plusieurs sociétés ou fonctions, quels impacts sur la retraite future ?
- Speaker #1
Alors, il y a autant de questions que de lignes. Bon, là, c'est vraiment du cas par cas. Je vais donner quelques généralités. Ce qu'il faut retenir, c'est que... Sur la retraite progressive, ça se passe sur le statut en cours, donc ça ne peut pas être sur un statut différent. Aujourd'hui, très compliqué, par exemple, quand on a différents statuts. Si je suis et salarié et travailleur non salarié, comment j'appréhende la retraite progressive des deux côtés ? Extrêmement complexe. Ce côté salarié, ça va être par une diminution du temps de travail qu'on va apprécier la retraite progressive. Donc le principe de retraite progressive, c'est je liquide une première fois ma retraite et puis dans un second temps, j'aurai comme une deuxième liquidation finalement. il me permettra de ne pas perdre finalement les cotisations que je vais verser entre ma première liquidation et ma deuxième liquidation. Donc pour les salariés, c'est une diminution du temps de travail qui va faire que je vais percevoir moins de salaire et je vais en proportion percevoir une partie de ma retraite. Pour les travailleurs non salariés, c'est pour le coup une diminution du revenu, avec un minimum de diminution de 40% et un maximum de 60%. Donc en fait, on va percevoir en pourcentage la décorrélation, c'est-à-dire que si je baisse mon revenu de 40%, je percevrai 40%. de ma retraite. Attention, Pierre-Jacques en parlera tout à l'heure sur les caisses libérales, on n'a pas forcément le cas sur toutes les caisses libérales, ça marche avec le régime de base, pas avec les complémentaires, donc c'est pas forcément évident, c'est vraiment du cas par cas. Notez que pour calculer la pension définitive, on prendra bien les cotisations jusqu'à la première liquidation et la deuxième, et si on a plafonné les revenus, là aussi, dans la réforme des retraites, On avait eu seulement 2500 retraites progressives avant la réforme Macron. Sur l'ensemble des années précédentes, il n'y avait eu que 2500 liquidations de retraites progressives. Aujourd'hui, ça se voit beaucoup plus. Il faut vraiment interroger les caisses pour faire les chiffrages, parce que c'est très différent suivant les régimes. Il y a beaucoup de caisses libérales notamment où ça n'est pas possible. Je cite la CARF en premier, les médecins par exemple ne peuvent pas jouir de la retraite progressive sur les caisses libérales complémentaires que sur la retraite de base.
- Speaker #2
Oui, ce qui me paraît important, c'est que parfois on peut confondre un peu deux systèmes qui ont une logique totalement différente, qui sont le cumul emploi-retraite et la retraite progressive. Ce n'est pas la même logique et ce n'est pas la même philosophie. Vous l'avez compris quand on a parlé tout à l'heure du cumul emploi-retraite, l'idée c'est de pouvoir percevoir une pension de retraite qui par principe est liquidée de façon définitive, alors on a vu qu'on pouvait acquérir quelques droits, mais ce n'est pas complètement significatif, et à côté, continuer à travailler. Et continuer à travailler. Autant, peut-être même si ce n'est plus en fonction de sa santé. Bien, ça c'est le cumul en pleine retraite. La retraite progressive, c'est autre chose. C'est se mettre dans une position, je dirais, de départ en sifflet. C'est-à-dire se dire, je commence à percevoir un peu de ma retraite, donc j'ai un complément de revenu, mais par ailleurs, je vais commencer à baisser mon activité professionnelle. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que je baisse mon activité professionnelle, mais je vais continuer avec ce qui me reste comme activité professionnelle, bien évidemment, à générer des droits. Et puis à un moment donné, j'arrêterai tout. Donc c'est ça qui est vraiment important de retenir. C'est la raison pour laquelle, et notamment pour les professionnels libéraux, c'est un système qui est récent, puisque c'est fondamentalement lié à la réforme de 1923. Eh bien, pour les professionnels libéraux, quelques éléments importants qui reviennent à ce que dit Edouard tout à l'heure. Il faut avoir d'abord un certain âge, on ne peut pas partir n'importe quand. Il faut au moins avoir entre 60 et 62 ans. Il faut déjà avoir justifié un certain nombre de trimestres d'assurance. Et il faut réduire son activité professionnelle. Et là, pourquoi c'est compliqué ? C'est que cette réduction, ça suppose qu'il y ait un contrôle. Et donc, tous les ans, la caisse s'assure qu'effectivement, on a bien réduit son activité professionnelle et donc ses revenus. pour qu'il n'y ait pas ce cumul qu'on avait tout à l'heure entre de la retraite et une activité professionnelle. Ce qui fait que si on a dépassé effectivement, si on a trop travaillé finalement, ça va diminuer un tout petit peu la due proportion, ça va diminuer la retraite que l'on perçoit. Donc c'est un système qui est un peu compliqué, qui encore une fois présente un gros avantage, qui est qu'à partir d'un certain âge, on a envie un petit peu... de lâcher le pied, on a envie de travailler un peu moins tout en essayant de maintenir un niveau de rémunération et un niveau de vie sensiblement identique tout en continuant à se constituer de vrais droits. En ce qui concerne les avocats, là aussi c'est une spécificité, c'est-à-dire que ça ne marche cette retraite progressive et donc ce n'est pas forcément très intéressant pour les avocats puisque seule la retraite de base, dont le montant maximum est de 18 000 euros, 18 800 euros par an, ... peut être liquidée provisoirement, ça ne joue pas pour la retraite complémentaire qui fondamentalement, quand on a beaucoup cotisé tout au long de sa vie professionnelle, est la plus importante sur le plan financier. Donc là, voyez, là aussi, en ce qui concerne la retraite progressive, c'est assez récent, c'est quelque chose d'un petit peu compliqué qui suppose des contrôles tout au long de l'année, mais qui a quand même un vrai mérite, qui est d'éviter de passer de tout à rien, c'est-à-dire une activité complète ou une retraite. à temps plein, et donc d'essayer de trouver cette période de transition. Mais comme toute période de transition, elle est relativement complexe à mettre en œuvre.
- Speaker #0
Merci à tous les deux. Question 18, il nous reste 10 minutes. Je continue à exercer une activité professionnelle libérale. Les cotisations que je verse à ce titre généreront-elles un complément de retraite ?
- Speaker #2
Alors là, on est… Attendez, je reprends la parole, Edouard, puisque c'est des professions libérales. On l'a dit tout à l'heure, effectivement… Ce cumul retraite, activité libérale, on va parler du cumul intégral, c'est-à-dire qu'on répond déjà aux prescriptions d'âge. Ce qui fait qu'on est déjà relativement âgé quand on peut bénéficier d'un cumul retraite, activité professionnelle. On va pouvoir acquérir effectivement dans le cadre de ce cumul de nouveaux droits à la retraite, mais qui sont très limités pour les professions libérales. On l'a vu tout à l'heure, c'est toujours intéressant, mais c'est limité et c'est encore plus limité en ce qui concerne les avocats, puisque les droits qu'on va pouvoir constituer au titre de ce cumul emploi-retraite ne porteront que sur la retraite de base et encore de façon limitée. Donc là aussi, objectivement, les droits que l'on constitue en plus dans le cadre d'un cumul activité et retraite ne sont pas significatifs. Le vrai intérêt du cumul emploi-retraite, c'est effectivement pendant un certain temps d'avoir d'un côté une pension de retraite qui bougera peut-être un petit peu, mais fondamentalement pas beaucoup, et une activité professionnelle qui va donner une rémunération. Mais au final, quand on s'arrêtera, on n'aura pas forcément une retraite beaucoup plus importante. Un peu, mais pas forcément beaucoup plus. Voilà ce que je voulais vous dire en ce qui concerne les professions libérales en particulier.
- Speaker #0
Tu veux compléter, Edouard ?
- Speaker #1
Non, pas plus, parfait.
- Speaker #2
Merci
- Speaker #1
Edouard. Avec plaisir.
- Speaker #0
Est-ce intéressant de mettre en place une épargne complémentaire pour ma retraite et sous quelle forme ?
- Speaker #2
C'est à toi les trois prochaines
- Speaker #1
Edouard. Je pense. Oui, ça a du sens bien sûr, effectivement, de le préparer, notamment par rapport à ce qu'on disait tout à l'heure, le côté 55% de moyenne de vaux de retraite par rapport au niveau d'activité. et qui se creusent encore plus quand les revenus augmentent, et qui, du coup, a fortiori, est vrai pour les professions libérales. Sous quelle forme ? Ça, ça dépend vraiment de la situation de chacun, parce que celui qui ne paye pas d'impôts, on ne va pas lui préconiser de faire du PER avec de l'économie d'impôts. Donc il y a plein de façons de faire. À partir du moment où on met des ronds de côté d'une façon ou d'une autre, ça peut être du PER, ça peut être de l'assurance-vie, ça peut être de l'immobilier, ça peut être des supports type acheter ses murs professionnels, ça peut être... du PEA, de l'action, des livrets, etc. Tout moyen qui permet de mettre des sons de côté et de préparer la capacité à générer des flux au moment de la retraite sera un bon moyen pour préparer la retraite. Donc il n'y a pas de limite. Tout est possible là-dessus. Ce n'est pas limité à ce qu'on appelle outil retraite type plan et parle retraite. Il n'y a pas que ça, loin s'en faut. Donc ça, n'hésitez pas à nous interroger, on peut vous aider, vous accompagner là-dessus. pour nous dire quelles sont les solutions que vous pouvez mettre en oeuvre.
- Speaker #0
Que peut-on mettre en place dès nos 30 ans ? Faut-il souscrire à un PER dès maintenant ? Est-ce qu'il y a des avantages fiscaux qui sont liés à l'épargne-retraite si on commence tôt ?
- Speaker #1
Alors sur les avantages fiscaux, on peut répondre très vite, ils sont les mêmes pour tout le monde, quel que soit l'âge, notamment dans le cas du PER. Est-ce qu'il faut souscrire à un PER dès maintenant ? Pourquoi pas ? Encore une fois, ça va dépendre de la situation, est-ce qu'on a capacité à faire de l'épargne ? Parce que moi, j'ai coutume de dire on ne va pas manger des patates pour préparer la retraite si vraiment on n'a pas de sous dans la société. En revanche, il faut être conscient du fait qu'on va perdre quand on arrivera en retraite, donc il faudra anticiper ce sujet-là, ou le prévoir, ou l'organiser. La première façon de fabriquer sa retraite, c'est déjà peut-être d'être propriétaire de sa résidence principale. C'est quand même le premier levier de ne plus avoir finalement de loyer ou de crédit à rembourser au moment où on arrive en retraite, ou d'avoir à peu près terminé ce remboursement-là. Faut-il mettre en place un PER dès maintenant ? Pour quelqu'un qui a 30 ans, oui, c'est vrai que le fait de faire du long terme, ça permet de cumuler plus de capital au terme. Les petits rissots fabriquent les grandes rivières. Par contre, est-ce qu'il faut faire du PER ? Encore une fois, si j'ai quelqu'un qui ne paye pas d'impôts, pas sûr. Parce que le PER dit blocage, blocage jusqu'à la retraite, sauf des cas pas sympathiques. Et donc, globalement, paiement de l'impôt à l'instant.
- Speaker #2
On n'entend plus Edouard.
- Speaker #1
En plus c'est bloqué, pour celui qui paye zéro impôt ça n'a pas de sens. Donc ce n'est pas forcément cet outil-là qu'il faudra retenir dans ce cadre-là par exemple.
- Speaker #0
Ok. Le PER encore, est-il vraiment un bon levier pour sa retraite puisque finalement on paye des impôts en sortie, c'est ce que tu disais ?
- Speaker #1
Alors oui, ça reste un bon levier parce que souvent on a plus d'impôts en phase d'activité qu'en retraite. Donc l'économie qu'on va réaliser sur les cotisations versées va être plus importante. que celle qu'on va rendre au moment de la retraite. Deuxième chose, c'est plus facile de redonner de l'impôt sur un capital qu'on a de côté et qu'on touche. Donc je reprends 10 000 euros sur mon PER, je rends 1 000 ou 2 000 euros d'impôt dessus. C'est plus facile à faire quand j'ai déjà le capital. C'est un peu le fameux dilemme SCILIS ou SCILIR. C'est clairement plus facile de rendre des sous quand on les touche que finalement de ne pas les économiser aujourd'hui. Donc dans ce cadre-là, je trouve que c'est opportun. par ailleurs quand même On a un certain nombre de bénéfices aussi dans l'épargne retraite qui peuvent faire que ça a du sens. On a une couverture.
- Speaker #0
Une garantie de prévoyance.
- Speaker #1
Je mets en place un versement de cotisation de 200. Vous m'entendez ?
- Speaker #0
Oui, mais ça coupe un peu. Meryem ? Oui, on t'entend, mais ça coupe un peu.
- Speaker #1
Oui, donc on peut notamment mettre des sous de côté de façon régulière et prévoir une prise en charge de ces cotisations en cas d'arrêt de travail ou d'invalidité. Donc on peut avoir de la prévoyance. dans un PER. Par ailleurs, également, on peut choisir d'avoir un bénéficiaire. Il y a un amendement dans l'étuio pas très sympa, parce qu'on pouvait choisir de mettre le conjoint comme bénéficiaire sur le PER. Et comme il n'y a pas de droit entre conjoints, et là, on ne parle pas d'époux, on peut parler de paxé ou de concubin, si on est paxé ou époux, il n'y a pas de droit de succession, concubin, il y en a. Eh bien, dans ces cas-là, on aura le bénéfice de la sortie du PER sans impôt. Donc il y a aussi des possibilités finalement j'allais dire de protection familiale là-dessus. Par ailleurs, ça rentre dans le cadre de l'assurance vie en cas de décès avant 70 ans. Après 70 ans, on revient en succession. Donc sur le PER, notez qu'il n'y a pas que la notion d'économie d'impôt. L'important pour moi, c'est quand même de retenir avant tout que c'est un produit en vue de constitution de la traite. Donc ce n'est pas l'économie d'impôt qui doit être le moteur principal du choix de cet outil. C'est un levier supplémentaire et qui est... notamment pour les professions libérales extrêmement intéressantes quand on a des gros revenus, mais ça ne doit pas être la seule utilité de faire de l'économie d'impôt sur ce véhicule.
- Speaker #0
Il nous reste 5 minutes. Quelles sont les règles relatives au cumul emploi-retraite pour un avocat ?
- Speaker #2
Décidément, on aura beaucoup parlé de cumul emploi-retraite. Ce qui est quand même important de noter, c'est que notamment pour les avocats, c'est un système qui existe depuis 2009, donc qui est relativement ancien. qui de tout temps ont été soumis à des conditions précises et relativement contraignantes et qui n'ont pas véritablement changé depuis la réforme de 2023. Ce qu'a apporté dans le cumul emploi-retraite la réforme de 2023, c'est la possibilité d'acquérir, mais on l'a vu à des conditions très limitées, de nouveaux droits à la retraite. C'est l'élément nouveau qui a redonné, j'aurais peut-être envie de dire, un certain intérêt ou attrait pour ce cumul emploi-retraite. Pour faire simple et pour résumer un peu ce qui a pu déjà être dit, il y a d'abord des conditions préalables à remplir. La première condition, et elle est fondamentale, c'est qu'il faut justifier d'une durée d'assurance nécessaire pour bénéficier d'une retraite à taux plein. Si je n'ai pas, en tant qu'avocat, le bénéfice d'une retraite à taux plein, je ne peux pas partir en cumul emploi-retraite. Donc ça, c'est vraiment important et la caisse pourra vous dire, si vous êtes effectivement, vous avez suffisamment. cotisé, vous avez le nombre de trimestres suffisant et l'âge suffisant pour avoir ce taux plein. La deuxième condition, et elle est importante, c'est qu'il faut avoir liquidé tous ces régimes de retraite obligatoires, que ce soit en France ou à l'étranger. Et comme je l'indiquais tout à l'heure, on est parfois confronté à des situations où on a été salarié quelques mois dans des petits boulots. Bref, c'est un peu compliqué, ça peut parfois être un peu compliqué de retrouver la totalité des cotisations que l'on a pu apercevoir, quand bien même Edouard nous a indiqué que le document qu'on avait par la CARSAT était désormais un document beaucoup plus fiable qu'il n'avait pu être. Mais ça, c'est un point important. Ce qui veut dire que quand on évoque un cumul emploi-retraite, il est conseillé d'une façon générale et pour les abancants en particulier, d'imaginer ça au moins un an à l'avance pour pouvoir interroger sa caisse de retraite et profiter de ce temps-là, qui ne va pas être un temps qui va être utilisé par la caisse de retraite parce qu'au niveau de la caisse de retraite, c'est assez bien tenu. On a les documents tout de suite. En revanche, Il faudra peut-être ce temps et ce délai pour aller faire liquider vos autres pensions de retraite un peu exotiques que vous avez pu avoir tout au long de votre carrière professionnelle. Donc, je le répète. Deux conditions préalables. Un, être en mesure de bénéficier d'une retraite à taux plein. Deux, avoir liquidé la totalité de ses autres retraites obligatoires. Et c'est là qu'il peut y avoir parfois une difficulté, qu'il peut y avoir un temps perdu. Et c'est là qu'il est important de s'y prendre un peu à l'avance pour pouvoir liquider effectivement ces pensions de retraite que je qualifierais souvent dans une carrière complète, notamment d'avocat d'un peu exotique si on a été salarié ou si on a eu d'autres activités en France ou à l'étranger, ailleurs. Ça, c'est le premier principe. Le deuxième principe, c'est qu'il y a un principe général qui est qu'on n'acquiert pas de nouveaux droits à la retraite. Avec une exception qui a été mise en œuvre par la réforme de 2023, on peut continuer, on peut acquérir de nouveaux droits, mais uniquement au niveau du régime de retraite, parce que le régime complémentaire, qui je le rappelle pour les avocats est la plus intéressante sur le plan financier, n'entre pas dans le champ d'application de la loi d'avril 2023. Ce qui fait que le complément de retraite... que l'on va avoir, ça sera une seconde pension de retraite qui sera liquidée en quelque sorte, eh bien, ne va pas apporter des droits tout à fait significatifs, un peu quand même, mais pas significatifs. Voilà ce qu'il fallait dire au niveau du cumul emploi-retraite pour les avocats. Et on retrouve grosso modo les mêmes principes pour les professionnels libéraux en général ou pour les dirigeants par ailleurs.
- Speaker #0
Ok, merci Pierre-Jacques. Question 23, si je prends ma retraite, pourrais-je encore bénéficier de la complémentaire santé Madeleine ? payé par l'entreprise dans laquelle mon mari est associé à 20% ?
- Speaker #1
Alors oui, on peut garder le bénéfice de la mutuelle travail en non salarié. Pour qu'elle soit TNS, ça veut dire que si le mari est à 20%, il faut qu'il soit quand même gérant majoritaire, donc qu'il y ait d'autres co-gérants. Mais on peut rester accroché à la mutuelle d'un TNS. D'ailleurs, on peut même être en retraite et en cumul emploi retraite et conserver sa mutuelle non salarié si on conserve une activité.
- Speaker #0
Merci Edouard. T'avais pas de commentaire, Fervac.
- Speaker #2
Pas d'autre.
- Speaker #0
Dernière question. Est-il judicieux d'attendre 67 ans et plus pour partir à la retraite au regard du contexte qui se complexifie d'année en année ?
- Speaker #1
Non, très rarement. Je prends un exemple. J'ai une retraite à 64 ans de 2000 euros. Si je poursuis mon travail jusqu'à 67, ça devient 2003. Donc j'ai 300 euros de plus par mois. Sauf que je n'ai pas touché 2000 euros pendant 3 ans. Donc 72 000 euros. Si je divise cette somme de 72 000 par les 300 euros de manque à gagner par mois, il faudra que je vive 20 ans pour récupérer ce capital. Donc le plus souvent, il est plutôt opportun de partir dès qu'on peut, dès qu'on a le droit de prendre sa retraite. Alors après, justement, il faut se faire accompagner là-dessus pour regarder comment est-ce qu'on fait. Est-ce qu'on fait du cumul emploi-retraite ? Est-ce qu'on change de statut ? On bascule sur un autre régime ? Est-ce qu'on bascule des revenus sur un conjoint ? Si on est deux dans la même entreprise, ou si on peut rajouter quelqu'un ? Est-ce qu'on utilise des leviers d'épargne salariale, de PER, etc. pour réduire la charge dans l'entreprise et faire du cumul non intégral, c'est-à-dire avec des revenus plafonnés ? Donc il y a beaucoup de questions à se poser sur la stratégie de fin de carrière. Le plus souvent, il est plus intéressant de prendre sa retraite dès que l'on peut et de ne pas attendre 67 ans.
- Speaker #2
Pour terminer sur ces dossiers, ces sujets un peu complexes, il y a peut-être du bon sens et une maxime qui est un tien vaut mieux que deux, tu l'auras. À partir du moment où on est en mesure, comme l'a indiqué Edouard, de pouvoir bénéficier... et en particulier d'une retraite à taux plein, on a plutôt intérêt d'une façon générale à la faire liquider et en bénéficier tout de suite, plutôt que d'attendre parce qu'effectivement les surcotes ou les avantages, les droits qu'on peut acquérir en travaillant plus longtemps sans la faire liquider, finalement ne sont pas si significatifs que ça. Donc vraiment le conseil, ce serait plutôt effectivement comme le disait Edouard, de pouvoir la prendre dès que l'on peut, en termes de d'au plein bien évidemment plutôt que d'attendre. Voilà, c'est un peu notre position, Edouard et moi, sur ce sujet.
- Speaker #0
Eh bien, merci à tous les deux. Nous vous donnons rendez-vous pour un prochain Question d'argent en janvier qui devrait porter sur la situation de famille et les choix matrimoniaux. Voilà, merci à tous et à très bientôt.