Speaker #1Bonjour, c'est Laurent de Chambly Histoire et Patrimoine. Comme promis chers auditeurs, nous continuons aujourd'hui le récit de Sidonis Piller. Une histoire de famille, une histoire de guerre, une histoire de Chambly. Nous sommes en 1917. Denis arrive à Chambly avec ses enfants. Henri, né en 1902 et Marie-Eugénie, né en 1908. Dix ans plus tard, en 1927, Marie-Eugénie, la fille, se marie. Son époux, Raymond Andrieux, cheminot à ajusteur aux ateliers de la compagnie du chemin de fer du Nord. Un métier de famille, son père, François-Joseph, avait fait le même chemin, arrivé à Chambly dès l'ouverture des ateliers. Il s'éteindra malheureusement en 1921. Le couple, Raymond et Marie-Eugénie, aura quatre enfants. Puis en 1938, ils achètent l'hôtel de l'Oise. Un café-restaurant juste en face de la mairie. Chaque dimanche, on y danse, des balles sont organisées et si de Donny vient prêter main forte à sa fille. Mais l'histoire, la grande, va bientôt frapper à la porte de ce petit café. 1940. Raymond est arrêté une première fois par les Allemands. Il parvient à s'évader. Deux ans plus tard, en 1942, nouvelle arrestation. Cette fois-ci pour non-respect du qu'on reflète. Une nuit passée en cellule au Château de la Méditerranée. château de Chambly. Et ce n'est pas fini. Il est arrêté une troisième fois parce qu'il a osé s'opposer à l'arrestation d'un de ses locataires. Résultat, trois mois de prison à Saint-Lys. Puis vient le 20 février 1944. Le café est cerné, les Allemands sont là. Raymond, Marie-Eugénie, leur fille Raymond, née en 1927, et la grand-mère Sidonie sont arrêtés. La raison, leurs activités au sein de la résistance FTP. Le 6 avril, Raymond est déporté de Picon-Piègne vers Mauthausen en Autriche. 12 jours plus tard, le 18 avril, sa femme, sa fille et sa belle-mère prennent, elles, la direction du camp de Ravensbrück en Allemagne. Raymond reviendra à Chambly en mai 45, mais son corps, marqué par la déportation, ne tiendra pas. Il meurt le 6 novembre 1945. Sa femme et sa fille rentrent, elles aussi, cette année-là. Sidonie, en revanche, n'aura pas cette chance. Elle meurt en mars 1945, quelques semaines à peine avant la libération du camp. Aujourd'hui, Raymond et Marie-Eugénie... reposent à Chambly, tout comme Henri, le fils de Sidonie. Leurs noms, on les retrouve gravés à plusieurs endroits de la ville. Sur le monument aux morts près de la mairie, à quelques pas seulement du lieu de leur arrestation. Sur une plaque dans l'église et sur le monument dédié aux résistants ou au cimetière. Une coïncidence peut-être, mais troublante. La tombe de Raymond et de Marie-Eugénie se trouve presque en face du monument aux morts dédié aux résistants de Chambly.