- Speaker #0
Radio Coop Alim, émission spéciale en direct du Kinépolis de Nîmes.
- Speaker #1
L'aide alimentaire, d'un point de vue stratégique, se pose des grandes questions aujourd'hui. Comment elle va être financée ? Comment elle peut être vécue aussi en société ? Comment cette aide alimentaire peut être un facteur d'intégration, d'insertion, de mieux vivre ensemble ?
- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous, vous venez d'entendre Jean-Louis Clément, président du GESMIP, qui vient de poser le cadre de la deuxième journée régionale de lutte contre la précarité alimentaire. Je suis Krystel Elisé, journaliste, et nous allons vivre ensemble les meilleurs moments de ce temps fort annuel. C'est parti ! Radio Coop Alim, en direct et en public, émission spéciale. Impeccable. C'est super chouette.
- Speaker #1
Constructif.
- Speaker #0
Enrichissante. Utile, oui. Alors vous venez de l'entendre, ces quelques mots, ce sont les participants eux-mêmes. qui les ont exprimés à mon micro en fin de journée. La journée régionale de lutte contre la précarité alimentaire, c'est LE rendez-vous annuel incontournable en Occitanie. Des associations, des institutions et des acteurs de l'aide alimentaire et de la solidarité de toute la région font le déplacement pour assister aux débats et aux ateliers. Cette année, le thème choisi, c'est...
- Speaker #2
La participation.
- Speaker #0
La participation. La participation. La participation des... publics. Et pour ouvrir le sujet, une invitée exceptionnelle a témoigné de son parcours de vie, Carole Leflocq. Carole est conseillère technique à l'Institut Régional du Travail Social de Paris Parmentier. Victime de violences conjugales pendant longtemps, Carole a vécu dans la rue et c'est la participation qui l'en en a sorti. On l'écoute. Aujourd'hui nous sommes en 2024 et je ne comprends toujours pas comment ça se fait qu'il y a autant de gens qui ont faim.
- Speaker #1
Comment c'est possible que,
- Speaker #0
même avec un minima, on se trouve à devoir aller avec toute l'humiliation qui va avec aux restaurants du cœur, et qu'on doit dépendre encore de cette... Alors, ce n'est pas de la charité, c'est vraiment de l'humanité, de l'aide humanitaire, vraiment, sur des besoins fondamentaux. Mais comment c'est possible que ça existe encore autant aujourd'hui ? Tout a commencé au sein de la structure, par un.e professionnelle qui était très impliquée sur ce sujet, et qui croyait fondamentalement que c'était un devoir pour elle de nous faire participer aux décisions qui nous concernent au quotidien. Céline Libine, membre du Centre Régional des Personnes Accueillies d'Occitanie, nous a aussi confié ce que la participation lui a apporté. Ce que moi m'a apporté la participation active dans mon parcours, moi, j'ai tendance à dire que ça m'a sauvé la vie. Carole et Céline ont toutes les deux été des personnes accueillies. On dit aussi personnes concernées, c'est-à-dire des personnes précaires qui ont été accueillies par une association ou une structure. La plupart du temps, ces personnes reçoivent d'abord une aide alimentaire et puis elles entrent dans un parcours, un parcours de vie pour rebondir et reprendre leur place dans notre société, notamment en participant à des projets. C'est ça, la participation. C'est plus riche et plus complexe qu'il n'y paraît. Écoutons Céline Libine, Carole Leflocq et Éric Pélisson, commissaire à la prévention et la lutte contre la pauvreté en Occitanie, nous en parler.
- Speaker #2
Il y a une différence fondamentale entre écouter les besoins des personnes, c'est-à-dire faire de la consultation, faire de la concertation, et véritablement la participation qui est une marche supplémentaire. dans la démocratie, c'est-à-dire véritablement comment on co-construit ensemble. La participation citoyenne, elle a pu à certains moments, dans certains lieux, être instrumentalisée, avec beaucoup de déceptions. Et donc, je pense effectivement, dans certains quartiers de la politique de la ville, où on choisissait les personnes qui s'exprimaient, j'ai été sous-préfet à la ville il y a 25 ans, et j'ai vu ça dans quelques quartiers, il faut bien positionner la participation. Si on se limite à de la consultation, mais que finalement, une fois qu'on a fait la consultation, on continue comme avant, ça ne change pas grand-chose. Donc ça veut dire qu'à la fois, quand on se lance dans la participation, il faut lui donner toute sa pleine place, de façon à ce que les personnes soient véritablement entendues et pas simplement écoutées. Véritablement entendues. La deuxième chose, c'est lui donner sa place, y compris dans la gouvernance. Il ne suffit pas effectivement de donner une place aux personnes en tant que bénévole, mais remettre en question le fonctionnement même de l'association. Je dis ça pour les administrations aussi, ce n'est pas facile. Et puis troisièmement, on a une belle expérience aussi en Occitanie, toujours conduite avec la FACE il y a quelques années, c'est à propos des open badges. C'est-à-dire qualifier la reconnaissance des compétences acquises. en diversité de compétences et en degré de mise en œuvre des compétences, de façon à pouvoir les reconnaître. Mais en tout état de cause, ça ne doit pas être un faire-valoir, cette participation. Je pense qu'il faut vraiment travailler les méthodes pour que ce soit quelque chose de sincère, d'efficace, pour ne pas décourager les personnes qui s'y lancent, et du coup briser effectivement cette autocensure des personnes pour lesquelles ça peut apparaître au départ comme un défi insurmontable. ou comme une nouvelle forme de souffrance, parce que ça peut être aussi perçu comme stigmatisant.
- Speaker #0
Déjà, il y a quelque chose qui a évolué, ça c'est clair, c'est qu'aujourd'hui, on commence à entendre que la participation, ce n'est pas seulement pour les gens qui sont en situation de pauvreté, et qu'aujourd'hui, on n'est plus des pseudo-citoyens, mais qu'on a le droit de parole, et qu'on amène des droits de vote dans certaines instances interministérielles.
- Speaker #1
Donc ça, c'est vraiment une grande avancée,
- Speaker #0
parce que considérer le pauvre... C'est pas parce qu'on est pauvres, qu'on est complètement cons quand même. On a quand même un avis et on vit quand même dans cette société. Donc, on sait penser aussi. Et ça, c'est important. La participation active, c'est pour tout le monde. Ce n'est pas que pour les personnes concernées. Moi, là-dessus, j'insiste parce que souvent, les professionnels ou les personnes qui animent des temps ont tendance à dire que c'est pour les personnes concernées. Non, c'est pour tout le monde. Presque avant tout, pour les professionnels. Il y a une complémentarité qui doit se faire entre les personnes qui viennent demander de l'aide, alimentaire ou autre, et les bénévoles, les professionnels qui nous accompagnent. Et que cette complémentarité, Carole le disait, elle est basée sur les compétences et les savoirs de chacun. Et que... Il n'y a que comme ça qu'on pourra faire évoluer l'aide alimentaire. Et que souvent, en tant que personne précaire, on ne peut plus faire de choix pour tout un tas de raisons. Et la participation active redonne le pouvoir de faire des choix et d'être responsable de sa vie et de son parcours. Alors effectivement, il y a de plus en plus de personnes. Il y a aussi de plus en plus de publics spécifiques. Et ils n'ont pas tous les mêmes besoins ou les mêmes attentes. vis-à-vis des offres et des dispositifs. Et d'un autre côté, il y a de moins en moins de personnes bénévoles, même salariées, pour manque de financement varié et divers. On ne va pas rentrer dans les détails, on ne va accuser personne. Mais voilà, c'est un peu paradoxal. Et ça provoque, en tout cas chez les personnes concernées, beaucoup d'agressivité en termes d'incompréhension, parce qu'on n'est pas forcément toujours au courant de tout. C'est vrai que de faire partie du CRPA, ça m'a aussi permis de voir entre guillemets l'envers du décor, enfin en tout cas de l'autre côté, parce que je travaille beaucoup avec les professionnels, avec les politiques, avec les personnes concernées, avec les chercheurs, avec les étudiants. Je fais aussi de la formation, donc voilà. Du coup, ça permet de comprendre les choses et une fois qu'on comprend, on peut mieux les expliquer aussi.
- Speaker #2
Ici en Occitanie, on a aussi une autre particularité qui, à mon avis, n'existe nulle part ailleurs en France. C'est effectivement l'animation par la Fédération des acteurs de la solidarité, Nicolas Coste ici présent, d'un groupe de travail sur la participation. Et ce groupe de travail porté par la FACE a mis en place de la sensibilisation à la participation, a mis en place effectivement un accompagnement de structures qui se lancent. dans la participation des personnes concernées. On a également un sondage qu'on a administré il y a un mois ou deux, toujours avec ce groupe de travail, pour savoir quel était le retour d'expérience des structures engagées. Et donc, on a aussi cette particularité, effectivement, de tenir beaucoup à la participation.
- Speaker #0
Radio Coop Alim.
- Speaker #1
Radio Coop Alim. Donc, si je résume, la participation concerne tout le monde. C'est le ressort du rebond des personnes concernées et un formidable outil de la solidarité. D'ailleurs, pour Jean-Louis Clément, président du GESMIP, la solidarité c'est du partage. Et est-ce qu'on ne devrait pas revenir aussi à des fondements sur cette aide alimentaire qui sont basés sur des valeurs de partage ? Et le partage, c'est qu'il n'y a pas que quelqu'un qui donne d'un côté et quelqu'un qui reçoit de l'autre.
- Speaker #0
Je ne vous le fais pas dire, Jean-Louis, du partage, il y en a. Après la table ronde et la pause déjeuner, les participants à la journée sont partis en atelier pour trouver des solutions concrètes pour faire évoluer la participation des publics. Vous l'entendez, je suis en ce moment même dans les salles obscures du Kinépolis. Je vois plusieurs tables et chaises qui ont été apportées. Il y a aussi des post-it de couleur et des stylos qui sont posés sur les tables. pour permettre à chacun et à chacune de s'exprimer. Ça y est, je vois les responsables noircir les grandes feuilles de leur... paperboard pour choisir les 3-4 idées phares de leurs ateliers. Le moment est venu pour tout le monde de retourner en salle principale pour débriefer. Radio Coop Alim, Radio Coop Alim. Atelier numéro 1, on vous écoute. On imagine cette fondation, on imagine aussi un horizon désiré pour le public des personnes concernées, accueillies. Et dans l'adaptation, on... On souhaite prendre en compte le contexte des personnes avec des moyens de communication aussi, quelque chose de créatif dans la communication parce que donner la parole ou partager la parole ne se fait pas seulement par le langage mais aussi par d'autres formes d'expression. Et c'est ainsi que les personnes se sentiront non seulement accueillies mais écoutées aussi et acceptées. Pendant notre atelier, on a eu des témoignages très inspirants. qui nous ont permis de comprendre comment une personne peut être impliquée, comment elle peut être acceptée. Et vraiment, c'est ça les mots d'ordre, les mots-clés, les fondations, autour aussi de tout ce qu'on appelle partage alimentaire, parce que les repas, c'est ce qui nous rassemble, c'est ce qui peut être partagé facilement, peu importe les cultures.
- Speaker #2
Et l'engagement qu'on pourrait prendre par rapport à cette mosaïque,
- Speaker #1
c'est... En tout cas, au niveau du GESMIP, c'est ce qui a commencé déjà depuis quelques mois. C'est que quand nous commençons à accompagner un nouveau projet d'épicerie, on ne l'accompagne pas tout seul. On va voir, on va contacter les autres structures d'aide alimentaire. On travaille sur le terrain aussi afin de contacter des populations ou des populations qui sont en besoin. Et l'idée, c'est de co-construire au lieu d'implanter. projet descendant, mais de faire en sorte que ce projet soit associé avec d'autres. Sacré objectif.
- Speaker #0
Une belle dynamique collective. Bravo l'atelier numéro 1, merci.
- Speaker #1
L'atelier numéro 2 qui s'attelait à la question de la participation dans le choix des produits. L'idée à fort impact est que cette question de choix est une notion qui dépend beaucoup du fonctionnement de chacune de nos structures. Et on l'a évoqué déjà ce matin, il y a une... grande diversité dans les fonctionnements de nos structures respectives et que pour mieux comprendre les fonctionnements des uns et des autres, il était intéressant de développer des espaces de coopération, de coordination et d'échange un peu à l'image de Copalim au niveau régional, mais plutôt à des échelons plus locaux. L'échelle du département a été évoquée, l'échelle de la ville ou de la commune l'a également été, même s'il peut y avoir parfois des freins. En tout cas, il y a une envie forte de la part des participants et des participants de réitérer des formes de coopération telles que celles que nous expérimentons au niveau régional, au niveau local. Et c'était plutôt un objectif caché de cette journée. En termes d'idées réalistes, il y avait la question de l'utilisation des ateliers qui peuvent être proposés par nos structures, que ce soit des ateliers de cuisine, des ateliers de transformation, des jardins partagés. Utiliser ces ateliers-là pour questionner et amener des questionnements autour du choix des produits, des envies. des personnes accueillies, des besoins, de faire remonter ces besoins-là et ensuite charge à chaque structure, en fonction de ses possibilités, de répondre ou pas à ces besoins-là, mais en tout cas d'apporter une réponse aux bénéficiaires sur ce qui est possible ou ce qui n'est pas possible de faire, de faire un travail en toute transparence. En ce qui concerne l'idée innovante, c'était plutôt une idée autour d'ateliers maraîchage ou d'ateliers d'autoproduction portés par les structures d'aide alimentaire pour venir compléter les approvisionnements. dont elles peuvent bénéficier.
- Speaker #0
Merci beaucoup.
- Speaker #1
On peut applaudir le groupe. Sur notre atelier, nous on a réfléchi à l'implication des personnes concernées dans le fonctionnement de nos organisations. Premièrement, dans les idées à fort impact, on retrouve une idée de renforcer les entretiens individuels à l'entrée dans la structure des personnes accueillies. On s'est dit que l'une des premières choses, c'est qu'on ne connaissait peut-être pas assez les personnes qu'on accueille, à la fois sur leur motivation, on avait un enjeu très fort de connaître les motivations des personnes pour les impliquer dans nos organisations, leurs désirs, leurs objectifs, leurs souhaits. éventuellement leurs compétences. Tout ça, pour le connaître, il faut pouvoir discuter avec elles. Ça prend différentes formes. L'une des formes qu'on a proposées, c'est par exemple l'entretien individuel à l'accueil. Cet entretien individuel doit se faire bien sûr dans la bienveillance et autour de quelque chose de convivial. On avait évoqué par exemple des échanges plus informels autour de l'accueil café, des échanges collectifs. Il y a plein de formes, mais on a retenu l'entretien individuel en idée à fort impact. Deuxième idée à fort impact, la création. On est sur l'échelon plutôt gouvernance, la création de groupes de travail au niveau local, au niveau de l'association, pour justement faire des propositions au conseil d'administration, donc des groupes de travail qui incluraient des personnes accueillies dans nos structures, et des bénévoles et des salariés éventuellement, pour réfléchir et faire des propositions d'évolution au conseil d'administration.
- Speaker #0
Super, top.
- Speaker #1
On a les idées faisables ensuite, en deuxième point. Dans les idées faisables, on s'est dit que l'une des premières choses à faire, c'est des temps conviviaux. Les temps conviviaux, ça permet de recueillir la parole des personnes accueillies. C'est des temps de libre-échange, sans jeu de mots, où on peut échanger de façon libre et proposer des idées d'évolution des structures. Ensuite, dans les autres idées faisables, il y avait quelque chose qu'on ne fait pas, ou trop peu malheureusement, mais qui nous semble facile à faire, c'est présenter l'ensemble de nos activités. Les structures, souvent, les organisations proposent différentes activités. Je prends notre exemple, je suis Resto du Coeur, on est connu pour l'aide alimentaire. On fait plein d'autres choses qu'au-delà de l'aide alimentaire, et même les personnes que nous accueillons ne le savent pas. Donc une première chose, c'est de faire un tour large de l'ensemble des activités qui sont proposées, qui permettront aux personnes de potentiellement se projeter sur des actions qu'on peut mener, et peut-être se projeter en tant que bénéficiaire, ou même en tant que participant, en tant qu'organisateur de ces actions-là. Donc on s'est dit, ça c'est quelque chose qu'on peut faire assez facilement, les structures, on est tous polyactivité, et on peut proposer déjà une présentation large des activités que l'on mène au sein de nos structures. Dans les autres idées également qu'on a pu proposer, c'est les idées nouvelles, le troisième type d'idées. Donc là, dans les idées nouvelles, au-delà de la présentation large des activités, on s'est dit qu'il y a aussi la présentation des activités de l'année. Donc là, plus spécifiquement, chaque association a des projets associatifs. Le projet associatif va permettre d'avoir une feuille de route sur l'année, d'avoir des grandes lignes d'action qu'on a posées. telle année on va créer telle structure, on va déménager tel lieu d'activité, on va ouvrir à tel public. On se dit que dans ces travaux-là, on peut inclure aussi des personnes accueillies. On peut inclure des personnes qui seront concernées directement par l'activité, des personnes qui sont déjà accueillies. En tout cas, on peut les faire monter à bord sur ce projet-là en leur présentant la feuille de route de l'année et leur dire, regardez, voilà les sujets sur lesquels on compte travailler, venez nous aider, on a besoin aussi de vos idées. Et enfin, on proposait également dans les autres idées qu'on a pu prioriser, La formation aussi à la gouvernance, une formation double pour les bénévoles et pour les personnes accueillies, personnes concernées. Donc l'idée, c'est de pouvoir se former à la gouvernance et aux manières de faire pour proposer des idées au CA. Ça rejoint la première idée qu'on mettait sur les idées à for-and-have-pact. Et là-dessus, on a eu des débats à la fin de notre atelier sur la notion de co-construction. Donc c'est comment rendre dans une dynamique de co-construction vraiment horizontale. avec, je dirais, des propositions qui se valent, des propositions qui sont mises sur un pied d'égalité entre les propositions que peuvent faire des personnes accueillies, que peuvent faire des bénévoles et que peuvent faire des salariés. On avait une idée de pacte à un moment qui a émergé. Tout le monde n'était pas d'accord sur la notion de pacte, de ce que ça engageait derrière. Je ne vais pas me positionner, ce n'est pas mon rôle. Mais en tout cas, vraiment rentrer dans une dynamique de co-construction avec les personnes accueillies. Félicitations, bravo. Je pense qu'on peut applaudir le groupe numéro 3. Pour son dynamisme,
- Speaker #0
merci beaucoup. Alors nous, notre atelier parlait de la participation des personnes pour aller vers une implication citoyenne. Donc la première table, je vais vous donner le travail qui a été fait et Ourya vous dira du coup quelle idée a impact fort en est ressortie. Donc la première table, c'était comment créer les conditions pour que les personnes prennent leur place et s'investissent dans nos structures et qu'elles soient associatives ou institutionnelles. Ça a été très difficile de retenir une idée, mais il fallait le faire. Il y a eu énormément d'échanges, beaucoup d'idées. Ce qu'on a retenu, celle qui était pour nous l'idée avec un impact fort, c'est garantir l'égal à égal, c'est-à-dire mettre sur le même niveau le bénévole et la personne aidée. Et qu'il fallait déconstruire la posture du bénévole, le regard qu'il peut avoir envers la personne accueillie, la personne aidée, par le biais de formations, de lieux en tout cas, qui va permettre d'échanger sur les différentes idées qu'ils peuvent avoir de la personne qui se retrouve en difficulté. Et qu'il fallait aussi changer la posture. du bénéficiaire, on l'a mis entre guillemets parce qu'on s'est dit qu'il fallait ne plus employer ce mot bénéficiaire. Et faire se rassembler ces deux publics, les bénévoles et les personnes aidées, à des moments, des espaces, des lieux d'échange pour apprendre à se connaître. La table numéro 2 a posé la question de comment rendre possible une dynamique collective. Et donc, eux, ils ont produit cette table-là. Toutes les idées ont produit une idée réaliste faisable rapidement, qui est du coup... De fédérer autour d'un intérêt, d'un objectif ou de valeur commune. Voilà. La table 3, c'était comment construire une parole et des propositions collectives en faveur d'un accès à une alimentation choisie et durable avec les premiers concernés et à partir de leur expérience. Je pense que ça va intéresser M. Pélisson. Donc, c'est soutenir le dialogue avec les pouvoirs... publics locaux dans le cadre des municipales 2026 pour viser des politiques publiques qui répondent réellement aux besoins de terrain. Et enfin, la table 4 qui nous a permis d'avoir un engagement d'une structure, c'était sur comment nous levons ensemble les freins de cette participation. Donc on a commencé à lister les freins de la participation et on a essayé de trouver des leviers pour lever ces freins-là. Il y a une structure qui s'est engagée et du coup... C'est toutes les structures qui devraient s'engager. Donc, c'est travailler au changement du vocabulaire, notamment ne plus utiliser le mot bénéficiaire. Mais là, ils ont donné des idées. C'est consomme acteur ou autre terme. Enfin, voilà, on peut trouver d'autres termes, je pense, en lien avec chaque structure. Mais en tout cas, abolir le mot bénéficiaire. Merci.
- Speaker #2
Merci.
- Speaker #0
Super,
- Speaker #1
vous en avez terminé ?
- Speaker #0
Oui. Tout à fait. Génial. Merci beaucoup. Radio Coop Alim, Radio Coop Alim'. Et d'après vous, M. Pélisson, commissaire à la lutte et à la prévention contre la pauvreté en Occitanie, qu'est-ce qu'il faudrait faire pour faire évoluer la participation ?
- Speaker #2
Il faut que collectivement, avec des choses aussi simples que le repas partagé, on réinvente la démocratie par le bas, c'est-à-dire le lien qu'on a chacun avec chacune. Et je voudrais conclure, si vous me permettez, en citant Cynthia Fleury, qui est une philosophe qui a... qui a une chaire à Paris de la philosophie à l'hôpital, et qui dit qu'on se trompe quand on pense que l'être humain est un être autonome. L'autonomie, c'est une construction sociale. Nous nous caractérisons d'abord par la fragilité. Nous naissons fragiles, nous mourons fragiles. Si on est en situation de handicap ou malade, on est fragile. Si on se retrouve au chômage, en situation de pauvreté, on est fragile. Et nous n'aurions pas besoin des autres si on était autonome. Nous avons besoin des autres précisément. parce que nous sommes fragiles. Et donc je crois qu'il faut affirmer ici haut et fort que contrairement à une idée reçue, notre société, elle tourne le dos aux réalités qui sont la fragilité de la condition humaine, le fait qu'on a terriblement les besoins des uns des autres et que l'alimentation, c'est au cœur du vivre ensemble, du plaisir d'être ensemble, de rencontrer des gens. Tout à l'heure, vous n'avez pas retenu cette image-là, mais il y avait une très belle mosaïque et vous connaissez l'image... Des objets cassés, nous sommes tous des objets cassés, alors certains peu, moi ça va encore, d'autres beaucoup, j'ai une fille qui a beaucoup souffert dans sa vie, et en fait en Chine, la porcelaine on va la reconstituer avec de l'or fondu, et donc on va faire un objet d'art d'un objet qui est cassé. Nous sommes tous peu ou prou des objets d'art, par nos fêlures, par nos brisures, et c'est ça qui fait toute notre valeur, et donc... Moi je vous encourage effectivement à découvrir la richesse des autres en organisant tout simplement ces repas partagés.
- Speaker #0
Alors je ne sais pas vous, mais moi je trouve toute cette émulation super simulante, non ? Je suis partie à la rencontre d'Adit, d'Altaïr et de Marjorie qui m'ont donné leurs avis. Moi je suis Adit Ravien, je viens du Secours catholique de Vauvert. Pourquoi je suis là ? C'est pour participer aux COOP alimentaires. C'est très bien. Là, on est sortis dans un atelier et on a donné de nouvelles idées. Au lieu de réfléchir de haut en bas, est-ce qu'on ne peut pas créer une horizontalité ? Et là, ça a donné beaucoup de réflexion et tourné les ménages aux gens. Et moi, je suis super contente. C'est super chouette. Merci. C'est génial. Parce qu'on voit que des personnes ne pensent pas comme nous. Et cheminer ensemble sur des plans différents. C'est génial. Je m'appelle Althaïr Bamy,
- Speaker #1
je suis chargé de développement de l'association La Porte Ouverte sur Montpellier, qui a une épicerie sociale et c'est pour ça que je suis ici. J'ai trouvé que c'était très intéressant de pouvoir voir ce que c'était concrètement Copalim, même si on nous avait parlé, et de surtout rencontrer d'autres acteurs de la région pour pouvoir parler ensemble des fois des mêmes problématiques.
- Speaker #0
Bonjour, Marjorie Tudela, je suis salariée de la mission locale de la ville de Nîmes. Je suis venue parce que je suis en charge des questions de santé sociale et handicap à la mission locale. Et du coup, la précarité alimentaire et le travail sur la participation, c'est vraiment au cœur de mes missions. Et de travailler aussi avec le réseau et voir comment on peut travailler ensemble. J'ai trouvé ça super parce que justement, j'ai rencontré des partenaires que je ne connaissais pas. Et ça va peut-être permettre aussi de travailler différemment ensemble. Ça m'a donné aussi des idées parce que je m'aperçois qu'à travailler chacun dans son coin. Parce que finalement, moi, l'alimentaire au départ, c'est juste une toute petite partie de mes missions. Mais finalement, on a plein de choses en complémentarité par rapport à la participation sur la valorisation du bénévolat, des compétences. Tout ce qu'on a dit ce matin, ça a vraiment pour moi évoqué des pistes de collaboration avec toutes ces associations où on pourrait apporter. nos compétences justement sur les compétences transversales, etc., et les accompagner à mieux intégrer les bénévoles. Radio Copalim, Radio Copalim, émission spéciale en direct du Kinépolis de Nîmes. C'est la fin de la journée régionale de lutte contre la précarité alimentaire. Merci d'avoir écouté cet épisode spécial de Radio Copalim, le podcast de la plus grande coopération associative d'Occitanie. Le live radio de la journée et l'entièreté de la restitution des ateliers sont également disponibles pour celles et ceux qui veulent aller plus loin. Pour ne rien louper de l'actualité de l'aide alimentaire en Occitanie, je vous invite à vous abonner et si vous aimez le podcast, à le noter 5 étoiles. A bientôt !