- Speaker #0
Bonjour et bienvenue sur le podcast en collaboration avec la Maison des Femmes, parmi les cultures avec Jacques Brel et la radio SVLB. Bonjour mesdames.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Est-ce que vous pouvez vous présenter ?
- Speaker #1
Alors moi je m'appelle Manel et j'ai 34 ans. Moi je m'appelle Camélia, j'ai 17 ans. Je m'appelle Clélie, j'ai 48 ans.
- Speaker #0
Ok. On est d'accord que vous habitez toutes à Villers-le-Bel ?
- Speaker #2
Oui, depuis longtemps.
- Speaker #0
La première question, c'est qu'est-ce qui vous a attiré sur ce projet ?
- Speaker #1
Alors moi, pour ma part, c'est l'originalité du projet, parce que moi, je ne connaissais pas la Maison des Femmes. Depuis qu'il y a la Maison des Femmes, il y a ce projet-là, Villers-le-Bel, je vois qu'il y en a dans d'autres villes, mais de base, c'est un projet que je ne connaissais pas. et surtout parce que pour moi, c'est la concrétisation de... d'une politique en fait, on parle beaucoup d'égalité femmes-hommes, on organise pas mal d'actions ponctuelles, notamment sur la semaine du mois de mars, mais pour moi l'ouverture de la Maison des Femmes c'est la concrétisation vraiment d'une vraie réflexion, d'un vrai process de conscientisation sur la question du féminisme et sur la condition des femmes.
- Speaker #0
D'accord, juste je rebondis sur un truc parce que tu as dit qu'il y en a plusieurs sur plusieurs villes, donc en fin de compte la Maison des Femmes c'est pas un projet propre à Villiers-Lebel, c'est ça ?
- Speaker #1
J'ai vu qu'il y avait dans d'autres villes, dans les villes aux alentours, il y a eu aussi récemment l'ouverture de la Maison des Femmes.
- Speaker #3
Moi, ce qui m'a attirée, c'est comment ils allaient répondre à plein de problématiques autour de ce qui se passait par rapport à la femme. Comment ils allaient mettre en sécurité une femme qui n'est pas aujourd'hui. Comment ça allait se passer et comment le projet allait être concrétisé.
- Speaker #0
C'est important ce que tu dis, parce que là, tu viens de me dire sécurité. Donc, en gros, vous n'êtes pas en sécurité dans la ville ?
- Speaker #3
On ne va pas mettre tout le monde dans le même sac, mais oui, il y a une bonne partie des femmes aujourd'hui qui ne sont pas en sécurité aujourd'hui.
- Speaker #0
D'accord. À Villers-le-Bel ou ?
- Speaker #3
À Villers-le-Bel et partout dans le monde.
- Speaker #2
Alors, moi, c'est la création d'un lieu centralisé. Par mon parcours professionnel, quand je travaillais au cabinet... Les femmes vulnérables, il fallait toujours les orienter dans la commune voisine, Sarcelles. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, il y a de plus en plus de femmes qui subissent des violences. Il faut multiplier les démarches dans plein de services. Et là, le fait de créer une maison des femmes où tout est centralisé, c'est très bien.
- Speaker #0
Comment vous avez entendu parler de ce projet ?
- Speaker #1
Pour ma part, c'était Madame la maire qui était venue assister à un de nos événements qu'on avait organisé dans le cadre de l'association. et qui nous avait parlé de l'ouverture d'une maison des femmes et donc des ateliers de concertation, etc. Et par la suite, on a été contactés par les services de la ville et on est venus au Réunion.
- Speaker #0
D'accord. Et toi ?
- Speaker #3
Moi, du coup, c'est mes animateurs qui m'en ont parlé et qui m'ont parlé avec les filles avec qui je suis, qui nous ont dit que ce ne serait pas qu'on s'engage dans ce projet-là parce que ça nous concerne.
- Speaker #2
Moi aussi, c'est Madame la maire, depuis 2020 et encore. Je crois que c'est un projet qui lui tenait à cœur depuis très longtemps.
- Speaker #0
Et qu'est-ce qu'on y fait dans cette maison des femmes ? Est-ce qu'il n'y a que des femmes qui sont conviées ou des hommes aussi ? On peut venir dedans ? Parce qu'on parle de parité, donc c'est que pour vous.
- Speaker #1
Non, la maison des femmes, c'est pour les femmes.
- Speaker #0
Pour les femmes, ok, on est d'accord.
- Speaker #2
C'est pas les femmes.
- Speaker #1
Je n'ai pas dit. De travail. Non, non. Voilà. Alors, oui, lors des ateliers, par contre, les hommes étaient présents.
- Speaker #2
Ils étaient présents. D'accord. Même faire des ateliers avec des hommes et des femmes.
- Speaker #0
Donc, du coup, ce n'est pas fermé totalement.
- Speaker #1
Mais je pense que c'est en direction du public féminin. Tout de même, même si... De toute façon,
- Speaker #0
on va y revenir. On va y revenir. On va y revenir. Et c'est quoi vos espoirs en rejoignant ce projet ? Quels sont vos espoirs ?
- Speaker #3
qui répondent aux problématiques de certaines femmes qui ne sont pas en sécurité et qu'à la fin, la maison des femmes n'existe plus. pour qu'à la fin, on ait réglé ce souci d'insécurité et qu'à la fin, elle n'existe plus. Et que si elle devait exister, c'est pour une autre problématique, pas celle de l'insécurité des femmes, pour qu'elle réponde aux problématiques des femmes d'aujourd'hui.
- Speaker #1
Moi, mes espoirs pour ce projet-là, c'est que cette structure réussisse à répondre à toutes les attentes de toutes les femmes. C'est-à-dire qu'il y a la question de la sécurité, je suis totalement d'accord avec Amélia, mais pas que. l'émancipation de la femme, elle est certes... Enfin, il y a la question de la sécurité, mais elle est aussi psychologique, elle est aussi financière, elle est aussi administrative. Elle est à plusieurs niveaux. Et aussi, c'est aussi prendre en compte toutes les femmes, les jeunes femmes et les moins jeunes. Mais vraiment, mes espoirs, ils sont portés sur ça, sur toutes les femmes et essayer de les accompagner sur toutes les problématiques.
- Speaker #2
Moi, je n'ai pas d'espoir particulier. Déjà, apporter un petit caillou à l'édifice, c'est déjà beaucoup. Et de voir qu'elle va être inaugurée le 8 mars, c'est parfait. Après, si on peut répondre, comme disait Manel, enfin, répondre, accompagner toutes ces femmes qui sont en difficulté, c'est très bien. Leur apporter au moins une réponse, c'est bien.
- Speaker #0
C'est par rapport à quoi, quand vous parlez d'insécurité ? Est-ce qu'il y a des petites anecdotes que vous avez ? nous en parler. Je pense qu'on parle d'insécurité... Parce que là, l'idée, c'est vraiment ça.
- Speaker #2
Qu'on parle d'insécurité, c'est dans le cercle peut-être familial, des violences conjugales. Après, il y a les jeunes femmes, ou même les ados, dans le quartier, des intimidations, des... Des regards mal placés. Du coup, on se sent en insécurité et on reste entre nous.
- Speaker #0
D'accord. Et toi, Camilla, c'est ça ? Toi qui es dans le quartier souvent, parce que tu as une association, donc on ne dira pas le nom, mais est-ce que tu ressens cette insécurité dans le quartier ? Ou dans la ville, parce que pas forcément dans le quartier ?
- Speaker #3
Moi,
- Speaker #0
non.
- Speaker #3
Moi, non, mais je sais qu'il y a peut-être des filles de mon âge qui... qui sont dans cette situation-là de elles vont marcher pour aller au supermarché et ça va. Oui, tu peux me donner ton snap, tu peux me donner ton... Elle est forcée, alors qu'elle n'a pas envie quand on dit non.
- Speaker #2
Et puis dans certains cafés, on n'ose pas rentrer, on est dévisagé.
- Speaker #0
D'accord. Et toi Manel, est-ce que tu as des cas comme ça où on te raconte aussi comme si tu gères aussi une association ? Est-ce que tu as déjà eu des personnes qui sont venues te voir en te disant « j'ai eu » .
- Speaker #1
Je n'ai pas le souvenir. Honnêtement, quand je pense sécurité, je pense, c'est vrai, violence conjugale.
- Speaker #2
Je pense que c'est violence conjugale.
- Speaker #1
Et après, en dehors de ça, honnêtement, moi, à titre personnel, je pense que s'il y a un lieu où je me sens le plus en sécurité, moi, c'est Villiers-le-Bel. Je ne me sens pas concernée quand on parle d'insécurité dans la ville parce que femmes, bien au contraire. Moi, de par mon expérience personnelle, je dirais même que les hommes avec qui j'ai grandi, par exemple les hommes de mon quartier, peuvent même donner des leçons à des soi-disant féministes parce que justement, j'ai jamais eu de problème, manque de respect ou quoi au caisse, moi j'ai jamais connu ça.
- Speaker #2
Et même quand tu vas dans un autre quartier ?
- Speaker #1
Franchement, je n'ai jamais eu de problème à viser le bel.
- Speaker #2
Moi non plus.
- Speaker #0
Mais c'est vrai que là, on parle vraiment d'une insécurité invisible en fait.
- Speaker #2
C'est dans le cercle familial. Ça se dit pas.
- Speaker #0
Ok, donc du coup, dans Villers-le-Bel, est-ce qu'il y a beaucoup de problématiques de ce genre ?
- Speaker #2
Il y a violence conjugale, il y a les jeunes filles aussi, à la maison.
- Speaker #3
D'accord, ok.
- Speaker #2
Ils subissent aussi des violences.
- Speaker #0
Est-ce que dans Villers-le-Bel, enfin, dans la Villers-le-Bel ou dans le monde, ou ce que vous connaissez, est-ce que la parole est libérée ? Est-ce que quand il y a des problématiques dans la maison, d'insécurité comme on parlait, est-ce que les filles ou les femmes, vous pouvez en parler librement ? Ou est-ce que il y a des contraintes ? Est-ce que cette maison des femmes, est-ce que ça va permettre d'après vous cette libération de la parole ?
- Speaker #2
Alors, dans l'immédiat, je pense pas, mais la parole elle est pas forcément libérée parce que culturellement ce qui reste à la maison, ce qui se passe à la maison reste à la maison. Donc c'est compliqué de faire parler. Ce qu'on peut faire, c'est avoir une oreille attentive et... accompagné.
- Speaker #0
Il n'y a pas de prévention à faire à ce niveau-là pour que la parole puisse se libérer. Par parler aux femmes, leur dire que voilà, si... Parce que je pense qu'on a peur du gendarme. Je pense que les femmes ont peur du gendarme. À partir du moment où elles vont parler, forcément, elles pensent qu'il y aura répercussion. Donc, est-ce qu'il n'y a pas des choses à mettre en place pour leur faire comprendre qu'on ne va pas forcément aller à la police pour dénoncer ce qui se passe, en fait ?
- Speaker #1
Oui. Oui, bon, après, il y a la notion de l'emprise. Et je pense que, justement, il ne faut pas les faire... culpabiliser entre guillemets, pas parce que tu n'as pas dit non que c'est de ta faute, mais en tout cas pour avoir cité à tous les... Enfin, pas à tous, non. À quelques ateliers, vraiment, la problématique des violences conjugales, etc. Le fait de mettre en sécurité ces femmes-là, moi, de ce que j'ai compris, c'est vraiment une priorité pour cette maison, pour le projet. Enfin, voilà. Et puis, en plus, ils aspirent à travailler avec eux. avec les services, avec d'autres services, avec la police, etc. pour justement faire en sorte que les démarches, qu'on les accompagne à porter plainte. L'accompagnement, il est censé être vraiment adapté et fait sur mesure pour les femmes. Et après, oui, en effet, il y a aussi tout le travail qui est fait autour de, comme tu disais, la sensibilisation. En matière de prévention,
- Speaker #2
il y a toutes les questions à refaire, à revoir.
- Speaker #0
Tout à l'heure, lors du briefing, on a parlé d'ateliers. Est-ce que vous avez fait des ateliers ? C'est quel genre d'atelier vous avez fait ? Manel, toi, tu m'as dit que tu en avais fait trois, c'est ça ? Et c'était quoi le but ? Ça consistait à quoi ?
- Speaker #1
En fait, c'était vraiment des ateliers de concertation, c'est-à-dire qu'il y avait plusieurs groupes. Et donc, chaque groupe devait dire ce qu'il estimait. qui était nécessaire, qui devait être dans la maison des femmes. Et puis après, on s'est concerté. Après, on a restitué tout ce qui... C'était définir des actes ? Oui, définir des actes, des objectifs, un plan d'action, etc. Et ce qui était intéressant, c'était de voir qu'on avait dit des choses qui étaient communes aussi avec les autres groupes. Et du coup, c'était sur cette base-là qu'ils ont créé les objectifs. Ce qui ressortait, c'était beaucoup protéger les femmes victimes de violences conjugales. Vraiment, ce qui ressortait, c'était beaucoup accompagner les femmes sur l'insertion professionnelle, dans les démarches administratives, que ce soit aussi un lieu de vie. C'est important aussi que ce ne soit pas un lieu stigmatisé. En fait, c'est juste si tu es victime de violences, tu peux accéder à cette maison-là. Non, pas du tout. L'idée, c'était aussi que toutes les femmes s'y retrouvent. Et pour ça, des ateliers sportifs, qu'il y aurait sur l'estime de soi. Exactement.
- Speaker #0
Donc ça veut dire que si jamais moi j'ai ma copine, ma femme qui veut aller, elle n'est pas... C'est ouvert. D'accord, elle va comme ça. La maison des femmes, elle est ouverte aux femmes ? Aux filles ? A tout le monde ? Ou juste aux femmes à partir d'un certain âge ?
- Speaker #1
Oui, à toutes les femmes. Toutes les femmes, toutes les filles.
- Speaker #2
Toutes les femmes,
- Speaker #1
toutes les filles. Moi, j'avais été aux ateliers avec des jeunes filles qui avaient entre 13 et 16 ans. Donc, elles ont eu l'occasion de donner leurs idées, leur avis. Et ça allait aussi en leur direction. Enfin, on leur a bien fait comprendre aussi que cette maison-là, elle était aussi faite pour elles.
- Speaker #0
Donc, elles n'ont pas besoin de venir avec leurs parents quand elles sont mineures ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Ok, parfait. Quel impact aura, d'après toi, le projet dans la ville ?
- Speaker #1
C'est le fait de normaliser. Normaliser pas, c'est ce que je voulais dire. C'est le fait de normaliser le fait que, ben voilà, on travaille en direction des femmes. Parce que pour moi, travailler en direction des femmes, c'est aussi dire, ok, il y a quelque chose qui va pas. On reconnaît concrètement peut-être une inégalité des problématiques liées au genre. Et on y va concrètement et on bosse concrètement. Et c'est pour moi le fait de normaliser, de dire, ouais, c'est ok. On va bosser dans ce sens-là. Et pour moi... Parce que j'ai un engagement particulier auprès de la jeunesse. Pour moi, c'est important aussi que les jeunes filles se rendent compte de leurs conditions de femmes et qu'elles agissent dès le plus jeune âge pour justement lutter contre ces problématiques-là.
- Speaker #0
Il y a une question qui me revient en tête tout à l'heure, parce que quand je regardais Camilla, qui a dit qu'il faut que ce projet disparaisse. Oui,
- Speaker #1
le projet, il doit...
- Speaker #3
doit être là pour accompagner ces femmes-là. Mais...
- Speaker #2
Il faut que ce soit provisoire. Il faut que ce soit un lieu de passage. On accompagne, on est remis sur pied et on...
- Speaker #3
Mais quand je disais disparaissent, c'est parce que c'est pas normal que on soit obligé de créer des endroits, mettre en place des structures pour que la femme soit en sécurité. Normalement, la femme est censée être... autant en sécurité qu'un homme. Après, je ne dis pas que les hommes ne sont pas en sécurité. Il y a certains hommes qui ne sont pas en sécurité. Mais ce n'est pas normal qu'une femme, aujourd'hui, ne soit pas en sécurité. Pour moi, la maison des femmes, j'espère que ça va régler toutes les problématiques et qu'un jour, on pourra se dire qu'on n'a plus besoin de la maison des femmes parce que, à Villers-le-Bel, on a réussi à régler toutes les problématiques sur les femmes.
- Speaker #0
Vous, en tant que femme. Quel genre d'activité vous aimeriez voir à l'intérieur de cette maison des femmes, concrètement ?
- Speaker #3
Peut-être des ateliers avec des professionnels qui savent ce qu'ils disent. Comme ça, les femmes qui viennent à la maison des femmes, elles savent qu'elles sont encadrées par un expert et qu'elles peuvent... parler sans se soucier de ce qui va se passer après. Et comme ça, elles n'ont pas de tabou à parler de leur violence ou d'autres. Parce que comme elle a dit tout à l'heure, vu que ça fait partie de la famille, si je prends le contexte des violences conjugales, c'est en famille, du coup, ça reste en famille. Je n'ai pas envie d'en parler à quelqu'un d'autre de l'extérieur. Là, il faut qu'elle sache que la maison des femmes, il n'y a pas de tabou, elle parle. Elle parle de ça comme si elle parlait d'un autre sujet. Il n'y a pas de tabou.
- Speaker #0
D'accord. Toi, tu penses qu'une femme peut parler à un professionnel plus qu'à une personne qu'elle connaît de ses problèmes ?
- Speaker #3
Je pense, oui.
- Speaker #1
Il n'y a pas de jugement.
- Speaker #0
Donc, c'est le jugement qui fait que les personnes se ferment ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Pour rejoindre mesdames. Moi aussi, je suis du même avis. Je pense que des ateliers, peut-être sur la confiance en soi, mais encadrés par des thérapeutes, des psychologues. En plus, il y a plein de choses maintenant qui sont hyper accessibles. Des ateliers avec ce type de professionnels, mais aussi avec... Je voulais dire deux choses en même temps. Je voulais dire, oui, avec le sport, etc. Et je voulais aussi dire que ce qui peut être aussi intéressant, en tout cas, moi, à titre personnel, quand je rejoins un groupe ou que je vais dans un endroit, ce que j'aime aussi, c'est la rencontre avec les autres personnes. Je pense qu'on peut apprendre des unes et des autres. On peut s'accompagner entre nous, même présence de professionnels, tant mieux. Mais même entre nous, je pense qu'il y a une richesse, une magie qui peut... qui peut se partir de ça. Et le fait que les femmes aussi se rendent compte, ça peut être un très grand plus.
- Speaker #2
Moi, j'attends des ateliers qui aient une meilleure prise en charge des femmes victimes de violences, que l'on puisse accompagner globalement les femmes vulnérables en centralisant au maximum les missions qui incombent à la maison des femmes, c'est-à-dire l'accueil, l'écoute, la prise en charge médicale adaptée, les orientations vers les dispositifs spécialisés. de l'État ou associatif. Et que l'on puisse surtout réussir à se coordonner entre les différents intervenants et les services.
- Speaker #0
Et voilà. Après, je vais peut-être rentrer dans le type. Est-ce que vous pensez que l'État fait le nécessaire par rapport à tout ça ?
- Speaker #2
Enfin non, parce qu'il y a des choses qui se font. Parce que je sais que maintenant, dans les commissariats, il y a des policiers maintenant qui ont des formations pour recevoir les femmes victimes de viols. ce qu'ils ne faisaient pas avant. Donc je pense qu'on avance.
- Speaker #1
Doucement mais sûrement. Moi, je ressens beaucoup le sentiment de l'inachevé. C'est-à-dire qu'on en parle, on met des choses en place, on nous parle un langage, des fois on comprend, des fois on ne comprend pas, avec plein de chiffres, plein de subventions. Mais c'est vrai que le temps que ça arrive à nous à l'échelle locale... C'est compliqué, et c'est vrai qu'il y a le côté, pour moi, inachevé. Ok, on en parle, mais bon, c'est pour ça que tout à l'heure, quand je disais la maison des femmes, pour moi, c'est une forme de concrétisation, en fait. Parce que, concrètement, en fait, ok, on en parle des difficultés, des choses. Oui, ok, l'égalité femmes-hommes, oui, ok, on reconnaît les difficultés des femmes, mais qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce qu'on fait de tous ces constats ?
- Speaker #0
Quelle est la place de l'homme dans la maison des femmes ? Donc, je m'explique. Qu'est-ce que l'homme pourrait faire ? qu'est-ce qu'on pourrait faire directement pour atténuer tout ça ?
- Speaker #2
Il faut leur ouvrir la porte de la maison des femmes pour qu'ils puissent participer aux ateliers, faire un maximum, mélanger les hommes, les femmes, faire de l'éducation, de la prévention, les sensibiliser, les associer aussi aux actions. Même si on fait une marche des femmes, il peut y avoir des hommes à côté de nous.
- Speaker #3
Il faut les éduquer sur le sujet.
- Speaker #0
Quel sujet en particulier, Camilla ?
- Speaker #3
Sur toutes les problématiques que les femmes peuvent rencontrer. Déjà, il n'y a pas que la femme qui se fait violer, il y a l'homme aussi. Mais il faut qu'on travaille sur l'empathie. Il faut qu'il se mette à la place de la femme.
- Speaker #0
Se mettre à la place de la femme et faire des ateliers comme ça. Manel ?
- Speaker #1
Un peu dans le même sens que Camilla, c'est-à-dire peut-être qu'ouvrir la porte aux hommes dans la maison des femmes. Ça permettrait à certains hommes aussi de comprendre et pas de se sentir accusés, parce que je pense aussi pour un homme, c'est pas... c'est pas très agréable, mais plutôt dans cette démarche de, ok, provoquer son empathie, mais vraiment, prise de conscience, essayer de comprendre, et même du coup, peut-être que d'être un soutien.
- Speaker #2
C'est ça, il faudrait proposer des immersions, être dans la peau d'une femme, une journée, de temps en temps, ça leur ferait du bien.
- Speaker #0
Moi j'ai 40 ans, est-ce que c'est trop tard pour moi ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Ou est-ce qu'il faut prendre peut-être les... Les plus jeunes, parce que c'est eux qui feront la société de demain ?
- Speaker #3
Il faut dire que les plus jeunes, oui. Pour qu'à la fin, quand ils auront des enfants, ils les éduquent et que leurs enfants éduquent. Ça se fasse petit à petit, mais oui. À ton âge, on peut encore s'éduquer sur le sujet. On peut encore s'éduquer. Même quelqu'un de plus vieux peut encore s'éduquer sur le sujet.
- Speaker #0
Je pose ma question naïvement, comme ça, au moins les personnes qui écoutent se disent « Ah bah ouais,
- Speaker #2
c'est pas trop tard. » « J'ai jamais de poids, j'ai jamais de poids. »
- Speaker #0
Mais jamais trop tard. Donc, on était avec Lydie, Amelia et Manel sur le projet de la maison des femmes. Donc, je vous souhaite une excellente journée ou soirée. Peu importe. Tant que vous voulez écouter le podcast. Bonne journée à vous.