- Speaker #0
Salut à tous, moi c'est Lucie, je vis à Montréal depuis deux ans, au 31 mai ça fera deux ans qu'on est ici. Alors moi je viens initialement de Normandie, j'ai grandi en Normandie, j'ai fait des études dans le marketing digital et après mes études je voulais peindre. Je voulais pas faire de master, je voulais pas faire de longues études. Par contre, je voulais apprendre l'anglais et donc je suis partie à Dublin pendant un an. Mais c'était pas assez dépaysant pour moi, donc on est partie en Nouvelle-Zélande. On a fait un road trip de trois mois en Nouvelle-Zélande et on s'est dit c'est dommage de pas passer par l'Australie avant de rentrer. Donc on a été en Australie et je suis restée deux ans en Australie. où j'ai fait pas mal de petits boulots. C'est vraiment la vie d'expat, voyage, travail un peu léger dans l'alimentaire, dans le service, etc. Et à la fin de notre visa, on voulait partir au Canada déjà, mais on s'est dit qu'on voulait quand même acheter un appartement en France. Donc on est rentrés en France juste avant le confinement. Donc on s'est installés deux semaines avant le premier confinement. en région parisienne. Donc, on est resté trois ans sur Paris. Mais le projet à trois ans était de partir au Canada. Et moi, je me suis formée à la naturopathie pendant que j'étais à Paris parce que le voyage en Australie, le voyage en Nouvelle-Zélande, ça m'a fait goûter à la liberté. Et je n'étais plus du tout en accord avec le travail que je faisais. J'avais vraiment besoin d'avoir une mission. J'étais utile. aux autres et j'ai toujours été passionnée de santé naturelle, du corps, etc. Et donc, du coup, c'est pour ça que je me suis formée à la naturopathie et j'ai été diplômée un mois après avoir été, avoir emménagé à Montréal.
- Speaker #1
Ah oui ?
- Speaker #0
Donc...
- Speaker #1
C'était en ligne, du coup, là ?
- Speaker #0
C'est ça, c'est ça. Je le faisais en même temps que mon travail à Paris, quoi. Ok. C'était à distanciel.
- Speaker #1
Tu as vraiment... beaucoup voyager avant d'arriver.
- Speaker #0
C'était une partie du globe que j'avais encore jamais faite et je m'étais dit le Canada c'est super grand il y a les Etats-Unis à côté, je ne peux pas y aller que pour trois semaines. Et vu que c'est facile, c'est plus ou moins facile d'y accéder pour s'expatrier, s'installer je me suis dit bon bah autant on y vit quelques années pour pouvoir le faire correctement faire l'Amérique du Nord correctement. Et au final, comme tout le monde, on a envie de rester plus longtemps que ça. On a envie de vivre ici.
- Speaker #1
C'est sûr. Déjà, là, ça fait félicitations, ça fait bientôt un an, deux ans.
- Speaker #0
Deux ans, oui.
- Speaker #1
Le 1er juin, c'est ça ?
- Speaker #0
C'est ça, oui.
- Speaker #1
Parce qu'aussi, c'est très... En vrai, même en deux ans, tu n'as pas le temps de voir grand-chose. Parce que ça passe... En vrai, ça passe vite, déjà, deux ans. Et comme tu disais, c'est tellement grand, le Canada. Tu ne peux pas tout faire et tout voir. Et surtout que les villes, tu peux y rester. plus longtemps tu vois partir par exemple à Toronto une semaine je pense enfin pour moi c'est pas faisable ouais c'est clair du coup pour l'Australie en Nouvelle-Zélande vous êtes parti en PVTA je pense et l'Australie aussi du coup et ici aussi non alors ici vu que c'était le projet en retour de
- Speaker #0
l'Australie c'est vraiment le projet de partir à Montréal mon conjoint en fait a trouvé un travail qui avait un pôle à Montréal pour pouvoir petit à petit demander une mutation à Montréal. Et donc, du coup, grâce à ça, on a pu avoir un visa de travail fermé.
- Speaker #1
Donc,
- Speaker #0
on est venu en visa de travail directement, en fait.
- Speaker #1
C'est bien, c'est pratique. Ça évite de faire tous les états. C'est ça. Et pour être sûre aussi de rester et d'avoir un emploi surtout.
- Speaker #0
C'est ça. Et puis, en plus, on est arrivé ici, j'étais à six mois de grossesse. Donc il nous fallait la rame cuite, il nous fallait tout parce qu'en PVT, il aurait fallu que je paye les soins, ça aurait été un peu onéreux.
- Speaker #1
En parlant de grossesse, est-ce que tu peux nous parler un peu de ton parcours en matière de santé ici, tout ce qui a été par rapport à la grossesse ?
- Speaker #0
Alors le visa a mis du temps à arriver. En fait, on a fait notre demande de visa, je pense en novembre 2022 et au final, on a eu le visa en avril. et j'étais à 6 mois de grossesse moi j'étais dans ma tête, bon bah c'est mort on reste en France c'est pas possible, je peux pas il me reste quelques mois avant d'accoucher c'est un peu risqué de partir et en fait on a reçu le visa et puis on s'est dit, on a toujours dit que nos enfants ne font jamais un frein dans notre vie c'est toujours un plus et donc du coup ce voyage là on le prépare depuis 3 ans et on peut pas s'arrêter maintenant Et au pire, si vraiment c'est trop galère, on revient. Mais du coup, je suis arrivée. Donc là, c'était direct la rame-cul. Tous les papiers à faire, on les a faits en deux jours. Sachant qu'il y a une période de trois mois entre le moment où tu as ta rame-cul. Il y a un temps de latence entre deux, mais pas pour les femmes enceintes. Donc moi, j'ai eu le droit directement aux soins. J'ai fait plusieurs... plusieurs cabinets de gynéco etc qui me disaient en fait madame on ne peut pas vous prendre parce que généralement on prend les patientes à trois semaines de grossesse là vous êtes trop avancé on peut pas vous prendre donc du coup j'ai réussi à trouver un gynécologue à la salle donc à l'autre bout de montréal qui avait accepté donc de nous prendre et donc j'ai accouché à l'hôpital de la salle parce que tous les autres en fait hôpitaux me disait qu'il fallait que j'ai un gynéco et que C'était... difficile de trouver en privé aussi. Ouais, c'était compliqué avec une grossesse autant avancée. C'était un peu...
- Speaker #1
Surtout, c'est sûr, déjà, t'avais le stress du... d'attendre le visa, du déménagement et de l'accouchement. Enfin, de tout ça, j'avoue. Mélanger, ça fait...
- Speaker #0
C'est ça. Et puis, heureusement qu'on avait trouvé un appartement de France. On avait réussi à trouver un condo qui acceptait qu'on lui fasse un dépôt avant d'arriver. Donc, on a un ami qui nous a logé pendant un mois et demi. Mais heureusement qu'on avait tout ça parce que sinon, ça aurait été encore du stress rajouté, du stress, du stress.
- Speaker #1
Mais vous n'avez pas eu peur pour le condo, le dépôt avant d'arriver ? Parce que moi, on m'a toujours dit, il ne faut pas faire les dépôts avant.
- Speaker #0
Oui, je sais. Mais vu que c'était une entreprise, en fait, c'était un condo qui était en train de se construire. Et donc du coup, on a fait une réservation comme ça parce que l'appartement n'était pas prêt. Donc on a fait comme une réservation. Puis on avait vraiment appelé un gars, plusieurs personnes. Il y avait le site. Enfin, ça avait l'air d'être propre quand même. Et au final, on n'a pas eu de problème. On est arrivé et puis on a fait tout ce qu'il fallait faire et un mois après le condo était prêt. Mais c'était parfait parce que tout était compris dedans, les électroménagers, tout ça. Donc on n'avait vraiment plus qu'à acheter les affaires pour ma fille, un canapé et un lit. C'était bon quoi.
- Speaker #1
Tu penses quoi du prix des logements justement entre 2023 et maintenant ? Là je ne sais pas si tu es propriétaire ou...
- Speaker #0
Non, pas encore. Parce que, oui, du coup, là, on est arrivé avec le condo. C'était déjà cher.
- Speaker #1
Oui, un condo,
- Speaker #0
c'est sûr. Là, c'était quand même pas donné. Et en plus, un an après, ils augmentaient. Sachant que moi, je suis arrivée, j'avais pas de travail. Je me suis occupée de ma fille la première année, parce que ça, c'était quelque chose que je voulais absolument. C'était être présente pour ma fille. C'était vraiment comme ça qu'on voulait faire. Et puis, je me... créer petit à petit aussi ma place en tant que naturopathe. Donc avec un seul salaire, un condo, ça a commencé à faire beaucoup. Et après, on a trouvé un appartement sur arrosement, justement, où là, c'était plus raisonnable, mais du coup, tu achètes tous les électroménagers, tu comptes pas les charges. Donc au final, c'est une grosse part dans le budget d'installation. Ouais. Ça c'est quand même quelque chose, sachant que nous en plus on a des amis qui sont là depuis plusieurs années, qui nous ont dit que là avec le Covid ça avait pris une ampleur pas possible au niveau des prix, qu'avant c'était beaucoup plus intéressant et que là aujourd'hui le prix de l'immobilier, autant à l'achat qu'à la location, c'était assez compliqué quoi. C'est clair, j'ai plein d'amis qui doivent être en colocation parce que seul tu peux pas en fait payer un loyer quoi.
- Speaker #1
Après tu payes ton loyer mais c'est tout. c'est tout quoi tu vas ça peut être justement on va enfin est ce que là tu peux plus parler de de ta profession naturopathe de dire ce que c'est ce que tu fais ok alors donc
- Speaker #0
le donc le naturopathe en soi c'est un éducateur de santé c'est comme ça qu'on sait on se nomme un petit peu en fait c'est la personne qui va guider le client à lire les signaux du corps Donc tout ce qui est symptômes, le but c'est de savoir pourquoi le corps s'exprime, qu'est-ce qu'il veut dire à travers les symptômes, et vraiment trouver la cause du déséquilibre. Donc on ne fait pas de curatif, on n'est pas médecin, etc. On ne fait pas de diagnostic, on ne fait pas de prescription. C'est vraiment plus dans l'hygiène de vie. Donc en fait le naturopathe il va se baser sur ton hygiène de vie, ton alimentation, ta gestion du stress, ton activité physique, pour rééquilibrer un petit peu ton corps. qui va aussi utiliser des compléments alimentaires, des plantes, des choses naturelles. Mais le but, c'est de vraiment retrouver les capacités du corps. à retrouver l'équilibre par lui-même, à l'aide de choses que tu peux mettre en place assez naturellement. C'est vraiment de la médecine douce. En fait, c'est un petit peu tiré de la Ayurveda et de la médecine chinoise.
- Speaker #1
C'est où est-ce que j'allais dire ? Voilà, c'est... L'ancienne et tout ça.
- Speaker #0
Exactement. C'est vraiment utiliser tout ce qui est naturel pour retrouver l'équilibre.
- Speaker #1
Mais du coup, en France, tu ne faisais pas trop ça. Donc, j'allais demander si la transition allait être...
- Speaker #0
Bah, ouais. Vu que j'ai été diplômée très rapidement en arrivant, mais dans tous les cas, je pense que la transition aurait été simple parce qu'ici, c'est quand même assez implanté. En fait, c'est qu'ici, j'ai mes déreçus. Donc, les gens peuvent avoir un remboursement sur leur consultation en adjoint. Oui,
- Speaker #1
avec la RAMQ et tout ça.
- Speaker #0
Pas la RAMQ, mais ta complémentaire, ton assurance privée. Et donc, du coup, en France, ça, ça n'existe pas du tout. C'est vraiment, c'est pas du tout, du tout reconnu. Il y a des associations qui font, qui essayent de faire en sorte que ce soit un petit peu plus réglementé pour éviter justement qu'il y ait trop de personnes qui se disent naturopathes et qui soient un petit peu dangereux. Mais ici, c'est vrai que même si c'est pas autant réglementé, par exemple, que dans le reste du Canada, parce que tu peux être diplômé docteur en naturopathie dans le reste du Canada, en fait, où là, c'est vraiment quelque chose de très réglementé. Au Québec, ça l'est moins, ça l'est voire pas du tout. Mais tu peux quand même émettre des reçus, tu peux quand même... Donc du coup, c'est vrai que moi, au niveau de l'expansion de mon entreprise, elle est beaucoup plus simple, je pense, ici qu'en France.
- Speaker #1
Justement, c'était facile du coup de créer ton entreprise ici en tant qu'entrepreneuse ?
- Speaker #0
Alors du coup, ici, au bout d'un certain chiffre d'affaires, tu n'as pas besoin de créer de structure. C'est les impôts personnels. Il faut quand même que tu fasses partie d'une association pour pouvoir émettre des reçus. Et moi, ma formation était l'équivalent au standard de l'association dans laquelle je fais partie. Pour justement dire, ok, on veut bien te prendre dans notre association parce que tu as fait le nombre d'heures qu'il fallait pour la naturopathie. C'est reconnu en tout cas dans notre association.
- Speaker #1
Et l'association ou l'ordre de...
- Speaker #0
Il n'y a pas d'ordre de naturopathe, c'est que des associations. Il y en a plusieurs. Moi, je suis partie de l'ANPQ, l'Association des naturopathes professionnels du Québec. Et par la même association, je suis aussi yoga thérapeute.
- Speaker #1
Oui, c'est ce que j'allais demander aussi, s'il y avait un lien entre les deux.
- Speaker #0
En fait, la naturopathie, c'est vraiment l'hygiène de vie, les habitudes, les choses que tu peux mettre en place. Et le yoga thérapeutique, c'est vraiment le corps, c'est le moyen de rééquilibrage, c'est par ton corps. C'est des pratiques yogiques en fait, par le mouvement, la respiration, la méditation, la conscience du corps. Et pour moi du coup, c'est ultra complémentaire et c'est vraiment mes deux passions. Et pareil, j'ai toujours voulu utiliser le yoga pour justement équilibrer le corps. Et quand j'ai vu qu'ici il y avait des formations justement pour devenir yoga thérapeute, je me suis dit mais trop bien. Et en plus, tu peux avoir un reçu aussi pour le yoga thérapeutique. Donc c'est vraiment top que... Au Québec, tu puisses vraiment avoir cette complémentarité de médecine, si je peux dire.
- Speaker #1
Après, c'est vrai que le yoga s'est vraiment répandu ici. En France, je ne sais pas trop, parce qu'en vrai, je n'en ai jamais fait en France. Mais ici, j'en ai fait, puisque tu as plein de centres de yoga, où tu peux avoir des essais pour voir si celui-ci t'aime bien, si ça te plaît, et différents types de yoga aussi. Donc ça, c'est vraiment...
- Speaker #0
Ça, c'est vrai que c'est pas mal. Et en France, je pense que c'est surtout dans les grandes villes que c'est présent. Ouais. Tu sais, à Paris ou les choses comme ça, à Lyon peut-être, dans le sud. Mais c'est vrai qu'ici, il y a énormément de studios.
- Speaker #1
Il y en a sur la même rue, t'en vois plusieurs.
- Speaker #0
C'est ça. OK. Puis chacune des profs a un peu leur façon de faire. Et puis il y a les chaînes et puis il y a le yoga. Il y a énormément de choses.
- Speaker #1
Moi, c'est plus le yoga chaud, le hot yoga que j'ai fait, mais pas le... Parce que je trouvais que c'était mieux. Parce qu'en fait, comme ils me l'ont vendu aussi, là, je pense... Vu que c'est du yoga chaud, les toxines s'évacuent plus vite et tu fais plus... À la fin de la séance, tu as l'impression d'avoir fait plus de choses.
- Speaker #0
Avec des amis du yoga, justement, on a créé une association pour pouvoir rendre le yoga un peu plus accessible à tous. Parce que c'est vrai que de plus en plus, le yoga, c'est quelque chose qui est un peu dans la performance, de la position, de... C'est de réussir des positions un peu très avancées. Et donc du coup, souvent on me dit, oui mais le yoga c'est pas pour moi, je suis pas assez souple, je suis pas assez forte, ou des choses comme ça. Et on a vraiment envie de faire comprendre aux gens que le yoga... C'est surtout une façon de vivre, c'est une façon de prendre soin de son corps, c'est une pratique douce de base. C'est vraiment autre chose que juste la position. Et donc du coup, notre but, c'est vraiment de faire ça dans des centres communautaires où on va parler de santé, on va manger un bout, et puis on va faire une pratique de yoga pour voir que, en fait, le yoga, c'est accessible à tout le monde. Et le yoga te rend plus flexible avec le temps, te rend plus fort, te rend plus conscient. Mais ce n'est pas des prérequis pour commencer. Sur les réseaux, c'est ça. C'est que des femmes qui arrivent à faire des choses avec un corps incroyable, alors qu'en fait, c'est vraiment accessible. Et donc du coup, avec l'association, c'est vraiment ça qu'on veut véhiculer. Le yoga, c'est pour tout le monde.
- Speaker #1
Et l'association, elle s'appelle comment ?
- Speaker #0
Alors, ça s'appelle Yoga Conscience Collective. Donc là, on commence, on va faire notre premier événement en juin à Verdun. justement, où on aimerait bien faire ça dans un parc et on va faire un brunch autour du yoga, comment bien commencer sa journée avec le yoga, la naturopathie, la respiration et tout ça.
- Speaker #1
Est-ce que tu arrives à combiner les deux facilement avec ta vie de famille, sachant que tu es auto-entrepreneuse, du coup c'est un peu plus souple ?
- Speaker #0
Alors là en ce moment, je mets beaucoup de choses en place justement pour que ça commence un peu à se débloquer, que je cherche une clinique, je cherche vraiment à... vraiment me professionnaliser là-dedans. Donc là, j'étais beaucoup avec ma fille. Là, je mets beaucoup d'énergie justement dans mon entreprise. Mais moi, j'ai envie d'être une maman entrepreneur. Je veux autant avoir du temps pour ma fille que pour mon entreprise. Et c'est ça que je veux trouver. C'est justement cet équilibre où je ne veux pas être concentrée que sur le travail. Je ne veux pas passer à côté de ma fille qui grandit. Ça, c'est... C'est vraiment le... Un métier mixte que je veux, c'est vraiment maman et entrepreneur. J'ai vraiment ce souhait-là de trouver cet équilibre. Et j'ai l'impression que le Québec me permet de trouver cet équilibre-là. Parce que, tu vois, par exemple, à Paris, mon conjoint, il rentrait à 20h, voire 22h des fois, il partait à 7h le matin. Je sais qu'il n'aurait jamais vu sa fille. À part le week-end, il ne l'aurait jamais vue. Alors qu'ici, tu as ta journée au travail, mais tu as ta journée avec ta famille. Et le fait qu'ils prennent le relais parfois, moi, ça me laisse le temps de bosser sur mes projets. Et quand il n'est pas là, c'est moi qui en profite et on se retrouve quand on peut. Mais je trouve que l'équilibre familial et professionnel ici, il est tellement plus accessible. C'est vraiment quelque chose d'important pour tout le monde. Donc, c'est des valeurs que j'apprécie beaucoup ici.
- Speaker #1
J'avoue qu'en vrai, les entreprises en tant que telles, Il faut vraiment la séparation parce qu'on va dire si tu commences à 8h, 9h ou 10h, qu'importe. En fait, quand c'est l'heure, c'est l'heure. Ce n'est pas le fait qu'en Europe plus qu'en France, où les gens ont tendance dans certains pays à rester plus longtemps ou après le patron juste pour montrer qu'ils sont présents, qu'ils travaillent, qu'ils veulent montrer en fait... Je ne sais pas comment dire, un peu le syndrome de l'imposteur on va dire. Pour dire... En fait, j'ai eu ce poste, je vais montrer que je peux y arriver. Alors que si tu pars à 16h, tu pars à 16h, on va dire tant mieux. Plus tu pars à l'heure, mieux c'est, parce que ça veut dire que tu as fait ton travail en temps et en heure.
- Speaker #0
C'est ça que je ne comprends pas, c'est du présentéisme en France. J'ai l'impression que plus tu restes à l'heure, mieux c'est, mais en fait, ça ne montre pas que tu es du tout productif. Ça veut dire que la tâche qu'on te donne, tu ne peux pas la faire en une journée. Dans ta journée, compte à l'eau, en fait, pour faire ça.
- Speaker #1
Ça aussi.
- Speaker #0
Et moi, c'était totalement ça dans mon job à Paris. J'étais chef de projet en marketing digital. Et c'était vraiment... Moi, je rêvais jusqu'à 20h, alors qu'on finissait à 17h ou 18h. Et je me suis dit, mais c'est pas possible.
- Speaker #1
En fait, tu dis, si t'as pas le temps de finir justement ton projet, le truc où tu travailles, ben... En fait, le lendemain, tu vas avoir une réponse pour dire pourquoi tu ne l'as pas fait hier, pourquoi tu n'es pas resté plus longtemps pour finir. Alors que ici, ils disent, ce n'est pas grave, il y a deux mois. C'est ça. Il n'y a pas la pression de ça.
- Speaker #0
Et je me souviens qu'un manager à moi m'avait dit, quand on parlait de ces choses-là, on débattait beaucoup. Et puis, il nous avait dit, sois contente parce que tu as un CDI.
- Speaker #1
Ah ouais ? Parce que...
- Speaker #0
C'est comme si on me m'offrait l'opportunité d'avoir un CDI. C'était le Graal, en fait. J'ai un CDI, donc maintenant, il faut que je le garde. Donc, c'est en faisant des heures, en me disant, bon, la paye, ce n'est pas très grave. Si je ne suis pas très bien payée, de toute façon, ma vie, c'est mon travail. Donc, ce n'est pas grave. Mais j'ai la chance d'avoir un CDI. Wow.
- Speaker #1
Après, je pense que c'est aussi le marché du travail. Après, ici, ça a commencé à devenir pareil. Ça a commencé à être un peu saturé. mais je pense que le fait que En fait, en France, justement, quand t'avais un CDI, t'essayais de le garder parce que t'étais pas sûre de trouver quelque chose derrière.
- Speaker #0
C'est ça. Ce qui a été un peu compliqué avec ma famille, c'était que je sortais d'une alternance et on m'a demandé « Mais si t'offres un CDI, tu fais quoi ? Tu vas partir quand même à Dublin ? » Et moi, j'étais là « Oui, je partirai quand même parce que c'est pas ça que je veux faire de ma vie. Ma vie, c'est pas avoir un CDI, c'est faire des choses que j'aime tous les jours. » S'il faut que je me mette un peu dans l'inconfort pendant quelques années, c'est ce que je ferai.
- Speaker #1
Surtout après, tu auras des regrets et tout. Enfin, le but de la vie, ce n'est pas d'avoir des regrets. C'est ça,
- Speaker #0
c'est de vivre maintenant. Et ce n'est pas de vivre toujours dans le futur, dans les projets, vivement la retraite. Que le temps passe en ce moment, moi, ce n'est pas du tout la vision de la vie que j'ai.
- Speaker #1
Est-ce qu'en fait, en arrivant ici, c'est ce à quoi tu t'attendais, tu l'as trouvé, on va dire, sachant que tu as été... tu as déjà été en Nouvelle-Zélande, en Australie, à Dublin. Est-ce que tu as réussi à retrouver cette sensation de liberté, on va dire ?
- Speaker #0
Alors, une sensation de liberté, peut-être pas. Parce que je me dis, la Nouvelle-Zélande, c'est vraiment à part comme... Moi, c'est l'un des plus beaux pays que j'ai vus de toute ma vie. Et je n'ai pas encore fait l'Ouest canadien. Donc, pour l'instant, c'est la Nouvelle-Zélande. Mais du coup, je ne me suis pas sentie forcément libre, mais je me suis sentie chez moi. Et ça, c'est la première fois que je ressens ça depuis toujours. Je me suis toujours sentie chez moi, avec ma famille, etc. Mais à chaque fois que j'allais dans un nouveau pays, j'étais bomba. C'est assez léger. Et en fait, je suis arrivée ici et je me suis sentie à la maison. C'est surtout ce sentiment-là que j'ai ressenti en arrivant à Montréal. Je ne sais pas pourquoi. Ce n'est pas forcément une ville où je me suis dit « waouh » en arrivant. Mais c'est plus ce sentiment de sécurité, ce sentiment de légère. les gens sont dans un bon mood tout le temps, ils sont pas trop stressés, il n'y a pas... je ne ressens pas d'animosité dans les rues, enfin... et du coup je me sens vraiment apaisée ici. C'est bienveillant ici, je trouve. Il y a son lot de personnes quand même compliquées. C'est fort.
- Speaker #1
Partout dans le monde, les gens sont négatifs et tout.
- Speaker #0
Je ne dis pas que ici c'est le monde des bisounours, mais il y a quand même quelque chose qui ressort où les gens sont... Ils sont souriants, ils sont agréables. Ça, c'est... Quand on passe trois ans à Paris,
- Speaker #1
ça change. Le fait que déjà, les gens font la file pour le bus, le métro, les transports en commun, alors qu'à Paris, tout le monde te pousse.
- Speaker #0
Exactement. Moi, quand on m'a dit, les gens montent dans le bus à leur tour d'arriver à l'arrêt de bus, quand je vois que les gens me laissent passer quand c'est moi qui suis arrivée la première, c'est... Ça me choque, c'est fou que ça choque autant qu'il y ait autant de politesse.