- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous. Je n'avais pas pour but ultime de rester en France. Ce n'était pas un projet coûte que coûte pour moi, car je pouvais toujours retourner à ma profession et à ma famille en Russie. Je n'y voyais pas un risque majeur, c'était plutôt comme un jeu, sans me soucier de la faim. Aujourd'hui, venez écouter mon échange avec Oksana, une amie et ancienne collègue. Elle nous partage un beau témoignage de son amour pour la France, un amour complètement inconditionnel. Et en bonus, nous discuterons de comment paraître autoritaire sans le vouloir. Restez à l'écoute. C'est parti ! Je vous présente Oksana, mon ancienne collègue de mon ancien déprofessionnel. Ça fait très longtemps qu'on se connaît. Ça fait combien de temps ? Quelque chose comme dix ans.
- Speaker #1
Dix ans.
- Speaker #0
Oui, je pense. Quelque chose comme dix ans. Ok. Donc, je t'ai invitée. Merci d'avoir accepté mon invitation. Je t'ai invitée aujourd'hui pour parler un peu de ton parcours. D'accord. Comment t'es arrivée là. Donc, je vais te proposer d'abord de te présenter. Et dire quelques mots sur ton parcours. Sur peut-être un petit peu avant la France. Un petit peu.
- Speaker #1
après on verra comment on avance oui très bien déjà merci beaucoup de cette invitation le titre dit les gens qui réussissent en France c'est ça c'est déjà bien de se rappeler voilà que c'est quand même la réussite rien que de pouvoir travailler en France, d'être intégrée, de parler la langue
- Speaker #0
voilà donc c'est déjà ça c'est important de remarquer en fait notre petite et grande réussite au passage et du coup peut-être oui avant de parler de toi qu'est-ce que ça veut dire pour toi la réussite ?
- Speaker #1
la réussite pour moi c'est je ne sais pas c'est peut-être le pouvoir de de de d'exercer tous les rôles sociaux que j'ai en restant moi-même, en gardant cet intérieur qui m'appartient et de pouvoir jongler entre les zones dans la vie. Pour moi, quelque part, c'est un équilibre.
- Speaker #0
Et là, si on parle plutôt, ça c'est la réussite, on va dire, en général, réussite. de vie, quelque part, tu as parlé des rôles, et la réussite professionnelle, qu'est-ce que ça t'évoque ?
- Speaker #1
Franchement, pour moi, la réussite, pour moi, ça se mesure si je me sens bien. Aujourd'hui, là, ce matin, quand je fais la présentation en anglais, par exemple, aujourd'hui, quand je te parle en français, après, quand je... je fais mon travail les échanges et tout si je suis contente pour moi la journée s'est bien passée pas de mesures concrètes mais plutôt comment
- Speaker #0
je me sens plutôt ton ressenti ton ressenti ton envie de te lever tous les jours avoir un peu hâte de ce que la nouvelle journée t'apporte tout à fait Très bien. Parle-nous un peu de toi et de ton parcours, d'où tu viens.
- Speaker #1
Moi, je viens de la Russie, d'une île qui s'appelle Irkoutsk, c'est à Sibérie. Moi, j'ai fait toutes mes études là-bas et j'ai exercé aussi la profession d'avocate avant de venir en France. et puis voilà j'ai toujours cette passion pour la langue française qui m'a amenée à continuer mes études en France, toujours juridique voilà, j'étais acceptée à l'université Paris-Dauphine et j'ai eu mon diplôme master 2 et puis voilà, j'ai intégré Total pour mon stage un tout petit contrat de CDD et puis j'ai intégré Alstom en 2011 À l'époque, il voulait développer l'activité pour la région CIS, où on dit les pays de l'ancienne Union soviétique. C'est comme ça que ça fait déjà deux ans que je suis chez Alstom. Deux ans, c'est un grand groupe. Je suis très satisfaite.
- Speaker #0
Très bien. Donc, actuellement, quel est ton poste ?
- Speaker #1
Alors, moi, je suis juriste aux achats. C'est-à-dire, je travaille, mon quotidien, c'est de négocier et rédiger les contrats. Voilà.
- Speaker #0
Ok. Et au tout début, tu as évoqué ta passion pour la langue française. Est-ce que tu peux en parler un peu plus ?
- Speaker #1
En vrai, dire, c'est difficile d'expliquer pourquoi. Je pense que c'est, je ne sais pas comment dire, mais c'est peut-être d'un autre ADN ou génétique que les Russes adorent tout ce qui est français. Et pour moi, quand j'ai écouté les premières fois les chansons de Judas, de Sinyon, ça m'a donné une envie fou d'apprendre cette langue. Je la trouve la plus belle du monde et ça m'a aidée justement de l'apprendre. C'est la beauté en fait.
- Speaker #0
La beauté de la langue et ses perculages.
- Speaker #1
Moi, j'ai commencé assez tard. J'ai commencé à 20 ans.
- Speaker #0
D'accord. À 20 ans, tu t'es dit, tu as senti cette envie d'apprendre le français.
- Speaker #1
Oui, voilà. C'est à 20 ans. C'était en fait… Moi, je pense que dans la vie, je fonctionne par impulsion qui m'amène ensuite… Voilà. Donc, j'ai une impulsion. Après, si ça me plaît, je reste dans cette zone d'intérêt et je développe justement mon… mes compétences en partant de cette impulsion.
- Speaker #0
Ok, très bien. Donc, tu écoutes, tu es très à l'écoute de ton toit intérieur, on peut dire.
- Speaker #1
À vrai dire, je ne sais pas comment faire autrement. Oui, tu fonctionnes. Oui, voilà, c'est toujours, je m'écoute toujours. si ça ne t'interdit pas.
- Speaker #0
Donc, à 20 ans, tu commences à étudier le français. Qu'est-ce qui se passe ensuite ?
- Speaker #1
Alors, moi, j'ai commencé à étudier le français à l'Alliance française. Il faut dire que c'est un centre de la langue et de la culture française qui, je pense, qui est beaucoup plus... Comment dire ? beaucoup plus large sur les cours de français. C'est un univers absolument génial. Il y a des échanges, il y a des conversations. Il y avait des Français, des francophones qui venaient à Erkutsk si loin pour des stages, pour donner des cours de français. Et en fait, je me suis baignée dans cet univers de langue française parce que Et au bout de quatre ans, j'ai trouvé absolument par hasard une brochure qui parlait d'une formation juridique en France. Et c'était marqué, même sur la première page, c'était marqué gratuit Ok.
- Speaker #0
Ça a attiré ton oeil.
- Speaker #1
Je me dis, bon ben, pourquoi pas. Il fallait quand même un niveau soit B2, soit
- Speaker #0
C1. Donc le niveau assez élevé.
- Speaker #1
et je posais tout de suite la question à ma professeure Marina, est-ce que vous pensez que je peux apprendre une langue à un an ? elle me dit toi tu peux oui et en fait c'était tellement important ce qu'elle a dit, toi tu peux et pour moi c'était comme une sorte de bénédiction comme si elle t'a validé c'est ça,
- Speaker #0
elle m'a validé dans ta capacité d'apprendre
- Speaker #1
Et moi, je suis toute partie, j'ai commencé mes démarches. et j'étais prise à l'université et parmi les étrangers dans mon groupe, j'étais toute seule qui a fait les démarches indépendantes, c'est-à-dire que les autres avaient des partenariats avec les universités des pays où ils venaient et moi, je me suis présentée de la manière autonome, si je peux dire ça et voilà, mais c'est vrai que J'étais toute seule de la Russie, surtout de la Sibérie. J'étais une sorte d'oiseau exotique.
- Speaker #0
Et ça, c'était en quelle année, du coup, que tu es arrivée en France ?
- Speaker #1
En 2009.
- Speaker #0
Ok. Et dans ton domaine juridique, est-ce que l'université que tu as choisie, un peu inconsciemment, parce que j'ai compris, tu as trouvé par hasard la brochure, est-ce que l'université est assez cotée dans ta profession ?
- Speaker #1
Oui, oui, oui, oui, Dauphine, c'est plutôt pas mal. C'est vrai que les côtés plus pour les métiers économie, quelque chose dans ce sens, ou RH. Mais juridique aussi, ça fait partie. En fait, j'ai postulé plusieurs universités et en fonction des réponses, j'étais prise par exemple dans les quatre parmi les huit que j'ai postulé et que j'ai choisi.
- Speaker #0
D'accord. Comment est-ce que tu as fait ton choix de l'université ?
- Speaker #1
En fait, j'ai regardé les programmes en détail. J'ai toujours travaillé avec les contrats, avec les droits des obligations. Il me fallait continuer dans cet esprit-là.
- Speaker #0
Donc, tu n'as pas forcément pris en compte, tu as vraiment regardé le contenu, mais tu n'as pas forcément pris en compte le prestige,
- Speaker #1
si je peux dire. J'ai un ami d'enfance qui est parti en France aussi faire son programme MBA, qui m'a parlé brièvement que ça existe, les universités plus ou moins prestigieuses, et il m'a dit que Dauphine, c'est pas mal. Mais voilà, c'est tout. Je n'avais pas du tout cette notion de prestige. Quand tu acceptais à l'université, tu ne sais pas comment... tu y vas, voilà, c'est pas la première question que tu te poses, c'est plutôt comment on y va, comment on vit là-bas, voilà, c'est plutôt ça qui...
- Speaker #0
Plutôt les questions du quotidien, plutôt les questions du contenu,
- Speaker #1
voilà, c'est ça.
- Speaker #0
Très bien. Donc 2009, tu intègres cette université, comment c'est passé pour toi ? Du coup, t'as passé un an, c'est ça ? Un an. Un an. Comment ça s'est passé ton année ? Quels souvenirs tu gardes ?
- Speaker #1
J'ai des souvenirs que je garde. C'était absolument... J'ai replongé dans la jeunesse. Parce que c'est à l'époque 26. Et du coup, c'est culturel. À Russie, j'étais déjà une avocate...
- Speaker #0
Réputée ?
- Speaker #1
Je ne dirais pas réputée, mais j'ai travaillé. J'ai présenté les entreprises dans le tribunal. J'ai travaillé dans un cabinet d'avocats.
- Speaker #0
Avec l'expérience.
- Speaker #1
Voilà. Et c'est vrai qu'en Russie, à 26 ans... c'est déjà une profession, tu exerces ta profession déjà. Et quand j'ai intégré, certes, ils étaient plus jeunes que moi, par définition, parce qu'ils étaient master 2, mais pas non plus jeunes-jeunes, c'était 21, 22, mais c'était absolument l'atmosphère de jeunesse. Je me dis, oh là là, c'est... et c'était une immersion totale parce qu'à l'époque j'ai lu une chambre chez une vieille dame et tout le temps on a parlé français tout le temps elle m'a parlé des aspects culturels et c'est comme ça que ça s'est très bien passé je garde mon souvenir de cette époque-là Est-ce que vous étiez plusieurs à être étrangers à cette époque ? Oui, oui, oui. Par exemple, de 20 étudiants, c'était 10 étrangers et 10 Français. Parce que c'est le parcours du droit international des années.
- Speaker #0
Ok. C'est ça, tout à fait. Oui, sûrement. Et du coup, pendant ces études, comment c'était pour toi ? Est-ce que tu t'es éclatée quand même ? Ou tu as passé quand même beaucoup de temps à étudier ?
- Speaker #1
Alors, moi, encore une fois, j'ai voulu... Tout d'abord, c'est peut-être bizarre, mais moi, je suis venue pas forcément pour mes réussites professionnelles, mais je voulais absolument de sentir comment c'est d'être étudiant à Paris. Voilà, et quand j'étais... dans la classe et j'ai regardé par la fenêtre j'ai vu les bâtiments tu sais à Dauphine c'est le 16ème haussmanien tout était là en fait c'est tout ce que tu as entendu je me dis je suis venue ici juste pour me sentir tellement bien que je regarde par la fenêtre je vois ce bâtiment là ce ciel bleu c'est tout ce qu'il me fallait super
- Speaker #0
et après du coup tu m'as parlé t'as fait un stage commencer à travailler directement après ?
- Speaker #1
C'est le programme, c'est le master professionnel qui prévoit le stage de fin d'études. Et voilà, j'étais prise pour le stage de six mois, c'est total. Pareil, service droit international, des affaires. Voilà, j'ai toujours continué cette voie contrat, droit des affaires. Et je n'ai pas trouvé ça difficile. C'est juste que la difficulté était de travailler en anglais et en français en même temps. Et ça, c'était pour moi un défi. À la fin de la journée, je me suis sentie comme, je ne sais pas, comme si je travaillais sur les champs physiques. J'étais épuisée, j'étais absolument épuisée. Je me dis, oh là là. pour le cerveau, ça doit être difficile de travailler en même temps de langue étrangère. Mais après, c'est passé. Au bout d'un mois, c'est passé. J'ai trouvé que c'est toujours les mêmes principes du contrat. Dans ma tête, je les ai juste traduits en anglais par exemple.
- Speaker #0
Et comment tu as trouvé le stage chez Total, du coup ?
- Speaker #1
Pareil, j'ai postulé, j'ai envoyé.
- Speaker #0
Tu as envoyé ta candidature ? Parce qu'à l'époque, tu as envoyé beaucoup de candidatures.
- Speaker #1
Oui, à chaque fois, j'ai envoyé plusieurs. Et ils m'ont répondu. Pas tout de suite, mais voilà.
- Speaker #0
C'était assez rapide, finalement. Oui,
- Speaker #1
oui, oui, c'était assez rapide. Parce qu'il fallait valider, en fait, les études. Donc, je n'ai pas le choix. Quand tu dis, je n'ai pas le choix. Oui, j'imagine.
- Speaker #0
Mais tu sais, aujourd'hui, les étudiants, quand ils recherchent même un stage, parfois, ça peut paraître... vraiment quelque chose d'assez compliqué, tu vois. Comment t'as fonctionné ? Est-ce que t'as regardé plutôt les offres ou t'as peut-être regardé les entreprises qui t'intéressaient ? Quelle était ta démarche ?
- Speaker #1
Euh... Bah, j'ai quand même... Je voulais toujours utiliser mes compétences qui sont propres à moi, y compris les compétences linguistiques. Et je me dis que ça doit être les entreprises internationales, surtout, qui travaillent pour la Russie. Parce qu'en fait, comment est-ce que je peux être distante des autres ? Et je cherchais chez Renault, chez Total, chez les entreprises qui sont censées travailler pour la Russie.
- Speaker #0
Ok, d'accord. Vous voulez quand même, afin de te distinguer parmi d'autres juristes, même de ta promotion, par exemple.
- Speaker #1
C'est le but.
- Speaker #0
Vous choisissez les entreprises plutôt internationales et plutôt... potentiellement implantés ou en tout cas intéressés pour le développement en Russie.
- Speaker #1
C'est ça, c'est ça. En tout cas, je pense que c'est les démarches les plus logiques puisque, voilà, quand même, il y a concurrence, mais on est tous différents dans le sens de compétences et de la culture, etc., donc je pense qu'il faut utiliser.
- Speaker #0
à son bon échéant. Et du coup, donc, total, six mois, qu'est-ce qui se passe ensuite ?
- Speaker #1
Ils m'ont pris ensuite pour un contrat de CDD d'un an et puis, ils ne pouvaient plus me garder. Au total, il est très, très difficile. de les rejoindre de la manière, voilà, pour CDI. Et à cette époque-là, Alstom avait pas mal développé aussi pour le marché russophone. C'était à l'époque Kazakhstan, Russie, l'Ukraine à l'époque. Donc, ils étaient très intéressés pour... par un même profil.
- Speaker #0
D'accord. Et comment du coup ce passage, comment, pareil, je vais reposer la question, comment est-ce que tu as cherché, tu as compris à un moment donné que voilà, total, finalement, ça va être assez compliqué de rester, non ? Je te dis, ok, je dois chercher ailleurs, comment est-ce que tu as procédé ?
- Speaker #1
C'est vrai que quand tu, dans cette mode recherche, tu es comme dans un tourbillon de de démarche et J'étais vraiment prise par toutes ces émotions. Tout le temps contactée, tout le temps allée voir les gens, tout le temps les entretiens. Et du coup...
- Speaker #0
Tu ne te souviens pas ? Parce que si mes souvenirs sont bons, est-ce que c'est à ce moment-là que justement tu as contacté ton ancien compatriote ? Il venait de la même ville que toi et il t'a peut-être mis en contact avec certaines personnes d'ici ?
- Speaker #1
Ah oui, oui, oui, oui, c'est vrai que tu as raison, tu as raison, ça me revient maintenant. Allez, déjà ! Je me rappelle, on se promenait sous la pluie. Je disais non, je ne peux plus, je suis fatiguée. Et il m'a dit non, il faut aller jusqu'au bout. Je me rappelle justement cette conversation. Non, il faut aller jusqu'au bout. Il ne faut pas s'arrêter, il ne faut pas t'arrêter, il faut aller jusqu'au bout. Et en fait, comme elle vient du domaine du marketing, il m'a dit... qu'en France, ce qui marche très bien, c'est le réseau de l'alumni. et justement elle m'a dit bah essaie de voir à ton université parmi des ennemis quelqu'un qui travaille par exemple tu choisis l'entreprise et tu vas aller voir qui de ta promotion travaille pas de la promotion mais qui de ton université travaille par exemple sur Shell Store et justement j'ai trouvé monsieur c'était pour un CHR Christophe Jambron, je me rappelle. J'ai contacté.
- Speaker #0
Comment est-ce que tu l'as contacté ? Comment est-ce qu'il t'a trouvé ?
- Speaker #1
Non, c'est... Justement, il y avait des contacts sur ce système de l'OMNI. En fait, j'ai payé pour accéder au système de l'OMNI de Dauphine. J'ai trouvé ses coordonnées là-bas. J'ai contacté en disant que moi, je me présente, j'ai fait mes études chez Dauphine, comme vous. Est-ce que vous pouvez, s'il vous plaît, peut-être transmettre mon CV aux RH, s'ils sont intéressés ? Justement ? Il a transmis mon CV, ah oui voilà, ça me revient,
- Speaker #0
oh là là,
- Speaker #1
j'ai fait ça, j'ai fait ça. Et ça a tellement bien marché, les RH m'ont contactée,
- Speaker #0
justement, dans un entrepôt,
- Speaker #1
j'ai passé des entretiens.
- Speaker #0
Et justement, aussi, c'était à vrai dire aussi la même époque où je suis rentrée également, en 2011. Ah oui ! Et justement, oui, c'était un petit peu se retrouver au bon endroit, au bon moment, un peu, parce que c'est vrai que l'entreprise, elle était beaucoup axée sur ce marché russophone, selon l'époque, et ils venaient de signer, justement, j'ai regardé d'ailleurs il n'y a pas longtemps. un très très grand contrat avec Kazakhstan oui c'est ça pour je ne sais plus 3 millions quelque chose c'est pour plusieurs années c'est vrai que toutes les deux on a atterri c'est vrai c'est assez beau très bien donc tu rentres chez Alstom en 2011 comment ça se passe pour la suite qu'est-ce que tu retrouves comment ton expérience ça Je déroule.
- Speaker #1
Moi, si... C'est vrai que j'étais toujours contente de travailler chez Alstom, puisqu'il y avait toujours des défis intellectuels, mais aussi une très bonne ambiance. À l'époque, j'ai également voyagé au Kazakhstan, notamment. Franchement, je trouve ce qu'il me faut ici.
- Speaker #0
je suis plutôt contente c'est pour ça je ne change pas de poste ça marche là on va parler à quelque chose d'un peu plus général quel facteur ou compétence selon toi ont joué un rôle crucial dans ta réussite en France à ton avis facteur tu peux parler oui facteur ou compétence je pense que c'est c'est
- Speaker #1
C'est mon intérêt que je vais toujours démontrer aux gens. C'est peut-être le centre de communication.
- Speaker #0
Quand tu dis intérêt aux gens, qu'est-ce que tu entends derrière ?
- Speaker #1
En fait, c'est comme si ta passion, ton rêve se réalise et tu es très motivée. Tu es motivée d'apprendre, d'aller plus loin. Je pense que c'est ça qui... qui est important aussi.
- Speaker #0
Par rapport à, par exemple, peut-être je repose la question différemment, par exemple, si tu regardes la promotion en 2009-2010 avec tous les autres étrangers, qu'est-ce que tu penses a fait que quelqu'un, toi, tu réussis, par exemple, mieux que d'autres ? Qu'est-ce qui a fait, à ton avis ?
- Speaker #1
C'est difficile à dire. Chacun a une combinaison unique des compétences. Professionnelle, mais aussi humaine, je peux dire ça. Je ne sais pas. C'est vrai que je n'ai jamais pensé à ça, quel est le facteur le plus important.
- Speaker #0
Mais, ouais,
- Speaker #1
je ne sais pas.
- Speaker #0
bon je me permets d'ajouter parce que je connais Oksana un peu mieux bien sûr je la connais assez bien même je trouve que tu as cette confiance en toi qui est assez importante. Et peut-être toi-même, tu ne te rends pas forcément compte, mais en tout cas, moi qui accompagne énormément de clients étrangers, je sais qu'il y en a beaucoup qui ont des croyances, tu vois, limitantes. Par exemple, une croyance sur laquelle je suis tombée par hasard, une fille qui disait, en tant qu'étrangère, je dois faire plus d'efforts et je l'assume. Qu'est-ce que ça t'évoque ? Ah oui,
- Speaker #1
oui, oui, bien sûr. C'est vrai que je ne sais pas si confiance en soi, quelque part oui, mais surtout envie d'avancer, il est plus important que la peur. Parce qu'en fait, si finalement on écoute, on a tous des peurs, c'est normal, on est tous humains, mais après... Si on... on est envahi par nos peurs, on ne va pas y avancer. En fait, ce qui se passe, c'est que il faut aller d'abord et après avoir peur. C'est ça l'idéal. Parce que si tu commences à y réfléchir, si je vais là-bas, si ça ne va pas, qu'est-ce que je vais avoir ? En fait, tu es tout de suite conditionné. Si ça ne marche pas, qu'est-ce que je fais ? Mais il faut aller d'abord et après, dès que tu y vas, ça se clarifie. Ça ne se clarifie jamais avant d'agir. Et pour moi, c'était toujours comme ça. Même pour venir en France, je partais, mais vraiment, ma famille m'a regardée un peu bizarrement, en me disant que ce n'est pas vrai, mais tu vas où ? Comment est-ce que tu vas trouver un logement ? Même chose la plus simple. c'est peut-être l'âge aussi qui joue le rôle, mais il faut y aller après, si ça ne présente pas le danger, le vrai danger pour toi, bien sûr, il faut aller après les choses se clarifier. Et je pense que d'abord c'est une impulsion, puis le fait d'avoir à agir juste après avoir des peurs.
- Speaker #0
et c'était quoi qui se avoir la peur en fait en même temps c'est à dire que la peur elle existe mais c'est que tu ne l'écoutes pas et en fait tu te dis tu avances voilà j'avance la peur elle existe je suis consciente qu'elle existe mais je ne la je ne lui permets pas de de m'arrêter en fait oui oui la question je pense que tu as très bien répondu à la question j'ai envie de te poser une autre question par rapport aux différences culturelles parce que c'est vrai que je connais aussi un petit peu l'entreprise comment est-ce que tu gères les différences culturelles dans
- Speaker #1
le cadre professionnel aujourd'hui et même depuis ce travail je pense que comme j'ai dit au début c'est en fait une sorte de tourbillon qui te prend et au fil du temps, tu ne t'en rends pas compte, en fait. Tu t'adaptes, mais c'est un process tellement naturel et lent que tu ne t'en rends pas compte. Et comme, par exemple, au bout de quelques années, je suis, par exemple, rentrée en Russie, et c'est à ce moment-là que j'ai remarqué qu'il y a une différence. Et moi, j'ai bien avancé dans mon adaptation ou l'assimilation dans la culture française et pas tout à fait quitter ma culture russe. Je suis quelque part au milieu, mais tu ne te rends pas compte, en fait. C'est tellement petit à petit. Je pense qu'il faut aussi avoir... Il faut être... Il faut être prêt à accepter, en fait. Il faut être réceptif. Moi, j'étais toujours réceptif, et j'ai... j'ai voulu recevoir plus que... Et peut-être le fait que... Je pense que je n'étais pas pressée, en fait. Tout mon... Déjà, tout mon projet de venir en France, ce n'était pas je reste ou rien. Pour moi, c'était... Ce n'était pas un risque. J'avais toujours ma profession, ma famille, mes parents qui m'attendaient. Au tout moment, je pouvais rentrer.
- Speaker #0
Je n'étais pas stressée. Je ne me suis pas mise justement à ce stress inutile. Il faut que je réussisse, absolument. Je n'ai pas mis trop d'importance sur ce projet. Et c'est plutôt un peu actionné, tu sais, comme un enfant qui veut jouer. qui ne pensent pas comment ça va se terminer. Voilà, c'était plutôt pour moi un jeu. tout de suite, j'ai rencontré mon mari qui est russe. Depuis toujours, j'avais cet oasis de ma culture natale à la maison. Je n'avais aucun risque de... d'aller à l'extérieur parce que j'étais toujours protégée par ma famille je peux dire que c'est ça mais en fait comme j'étais à l'origine, c'était ma passion pour la langue. Du coup, presque tout me plaisait. C'est ça. Je n'avais jamais les soucis avec l'intégration. D'accord.
- Speaker #1
Tu avais cette ouverture d'esprit. Oui. Tu n'avais pas forcément d'attente.
- Speaker #0
Non, je n'avais pas d'attente.
- Speaker #1
Tu es venue, tu as écouté ton impulsion quelque part et tu es allée. En fait, tu avances comme ça, sans forcément…
- Speaker #0
Parce que tu ne sais pas ce que tu vas voir, rencontrer quand tu y vas. et justement il n'a jamais eu garantie dans la vie que voilà ça se passera comme ça même si quelque chose est sûr rien n'est sûr mais bon c'est justement cet esprit d'explorateur d'enfant qui veut plutôt jouer et sentir quelque chose que je veux tel ou tel poste je veux telle ou telle entreprise non j'ai raisonné plutôt autrement mhm
- Speaker #1
J'aime beaucoup cette métaphore de l'enfant. Et pour revenir juste un petit peu à ton parcours, et après on va parler encore de la Russie et de la France, tu disais que quand tu es venue, tu étais déjà avocate en Russie. Et je sais qu'un processus est assez compliqué en France de devenir l'avocate. Est-ce que tu as déjà pensé de le faire ?
- Speaker #0
Il m'était possible d'avoir un équivalent, mais je n'ai jamais fait, puisque je n'ai pas de projet d'être avocate ici. En fait, c'est un peu différent ici. Les avocats, ce que j'ai compris, c'est un peu une élite de la profession. Tous les aspects qui ont lié à ça, c'est qu'il travaille beaucoup, il travaille dur. Et moi, je n'avais jamais cette ambition d'avoir... que du travail dans ma vie. Et justement, le travail en entreprise me donne cet équilibre-là. Et cet équilibre-là, je n'aurais jamais si je travaillais en tant qu'avocate ici. Je vois les avocats qui travaillent...
- Speaker #1
Oui, il faut passer le barreau aussi.
- Speaker #0
Oui, oui, je ne parle même pas de tout ce qui est administratif, procédure... Pour accéder. Oui, mais c'est vrai que D'un point de vue carrière, je ne suis pas très ambitieuse.
- Speaker #1
Tu me dis ça.
- Speaker #0
Voilà, je voulais juste avoir mon équilibre pour actionner tous mes rôles dans la vie.
- Speaker #1
On revient à ce que tu as donné comme définition de la réussite.
- Speaker #0
C'est ça, exactement.
- Speaker #1
Est-ce que tu as une anecdote ou une son clé que tu aimerais partager avec nos auditeurs, en particulier avec les étrangers espérant réussir en France ?
- Speaker #0
Une anecdote, quand tu m'as demandé la différence culturelle, il y avait quand même des différences. J'ai une anecdote, lors de mon stage, avec une copine, un camarade de stage, on a fait le pique-nique pour tout le monde. On a tous apporté des choses et moi, je me rappelle, j'ai fait quelque chose. moi-même en fait je ne sais pas les cakes ou quelque chose fait maison et lors du pique-nique j'ai mis sur la nappe et j'ai dit allez allez-y mange allez mange mange mange mange et il m'a regardé bizarrement il m'a dit mais mange c'est bon mais mange Et après, la situation s'est reproduite au travail. Après le repas, j'ai insisté. Ma collègue m'a invitée à venir prendre du thé. Et après, cette copine, cette camarade m'a dit Tu sais Oksana, il ne faut pas être très autoritaire avec les gens. Comment ça, autoritaire ? Parce qu'en Russie, entre autres, l'amour s'exprime par la nourriture. Si tu as une affection pour quelqu'un... tu aimes bien inviter, tu es bien donné, en fait. C'est la nourriture qui mesure ton amour.
- Speaker #1
Tu viens de nourrir aussi la café. Voilà,
- Speaker #0
je voulais... Elle m'a dit, il ne faut pas être très autoritaire avec les gens. Et juste après, en écoutant comment ça se passe, j'ai compris qu'il fallait te dire, est-ce que tu veux bien venir m'embrouer avec moi ? Est-ce que tu veux bien goûter ce que j'ai préparé ? C'était, voilà. Pour moi, c'était... c'est la maison oui oui c'est une anecdote qui m'a quand même marquée je me disais oh là là il faut peut-être plus à l'écoute comment ça se passe autour et de ne pas rester trop avec tes coutumes tes habitudes voilà oui c'est l'ouverture c'est quand on est prêt justement à accepter la culture des autres c'est aussi ça et c'est intéressant ce que tu dis parce que
- Speaker #1
tu parlais déjà très très bien français à ce stade parce que ça faisait déjà quelque temps que tu étais en France tu as lu le français avant progressivement il y a des choses qu'on n'apprend pas dans les livres exactement d'ailleurs
- Speaker #0
dans la langue aussi il y a toujours des nuances que je peux toujours apprendre j'ai très à l'écoute ce qui se passe autour mais c'est vrai que Tout ce qui est culturel, ce qu'il ne faut pas, c'est de se mettre la pression. Par exemple, il faut que je sois acceptée par les Français, je me donne six mois. C'est un process, déjà il faut être doux avec soi, c'est la première chose. parce que c'est quand même on ne se rend pas compte mais on change le pays on change l'identité quand même chaque langue, chaque pays c'est l'identité différente donc il faut être patient et il faut être doux avec soi-même super
- Speaker #1
est-ce que tu peux nous parler un peu de tes projets futurs dans le cadre professionnel parler un petit peu de c'est vrai que il
- Speaker #0
y a quelques il y a quelques années déjà j'ai découvert un mois une envie de une envie de de créateur. Et c'est vrai que ce n'est pas évident, même d'en parler, puisque, voilà, actuellement, mon parcours professionnel, je ne veux pas trop avancer là-dessus, mais je veux, comment tu l'appelles, diviation, on ne sait pas la diviation, mais c'est... quand tu changes complètement le métier une reconversion voilà, une reconversion professionnelle mais voilà j'ose pas trop en parler parce que je suis au début de mes démarches et c'est pas facile de changer la vie comme ça mais c'est possible en fait il faut juste accepter que c'est le long chemin. Le chemin, c'est long, c'est le process. Et il faut accepter aussi que si on avance par des petits pas, c'est comme ça qu'on peut y arriver. J'ai un projet créatif pour la peinture et du coup, je suis en train de développer mes capacités créatives.
- Speaker #1
et je sais que oui ça a commencé en fait par les cours au sein d'Alstom c'est ça,
- Speaker #0
chez Alstom on est gâté dans ce sens là puisque le comité d'entreprise nous propose les différentes commissions et notamment la commission que je fais partie c'est des cours la professeure qui vient deux fois par semaine une pause déjeuner une heure et demie on descend à l'atelier on a cet espace pour crier génial
- Speaker #1
Très bien, merci d'avoir partagé tes projets qui tu es au début, mais je sais que c'est vrai que ça prend du temps mais encore une fois, je pense que tu écoutes ce qu'il y a à notre côté et j'en suis sûre que tu vas y arriver
- Speaker #0
Merci beaucoup
- Speaker #1
Alors est-ce que, et cette question je pose vraiment à tous mes invités, est-ce que tu peux me suggérer deux personnes et lesquelles je peux interviewer par la suite en liant avec des conditions pour cela donc il faut que ce soit en étranger et quand tu parles de la réussite ça t'évoque tu penses à cette personne là oui
- Speaker #0
c'est vrai que parmi mes copines J'ai des filles qui sont très déterminées, elles savent ce qu'elles veulent. Donc, c'est un peu... Quand on est dans un pays étranger, on est très souvent entouré par des gens comme ça. Sinon, en fait, voilà.
- Speaker #1
Est-ce que tu penses comme ça tout de suite à deux personnes qui... Les premières qui te viennent à l'esprit quand je te parle, étrangers et réussite ?
- Speaker #0
parce que si je te donne les noms moi je peux te donner les noms des filles russes dans mon intérêt mais pour la bonne diversification de ton podcast peut-être il faut que je pense oui
- Speaker #1
peut-être d'autres étrangers pourquoi pas ça peut être par exemple une
- Speaker #0
un étranger russophone et un étranger oui oui je te donnais maintenant là donc si on parle des russes c'est Nadia Saïghina qui est son famille Vidal aussi par son mari pourquoi est-il la choisie ? C'est une fille extrêmement déterminée, qui a bien réussi dans son domaine. Voilà, je pense à elle.
- Speaker #1
Elle travaille dans quel domaine ?
- Speaker #0
Elle est actuellement juridique aussi, numérique. Elle travaille chez Google. Et deuxième, c'est... C'est une fille vénézuélienne, Vanessa Garcia, qui est une fille bien, joyeuse, ouverte. Moi, je l'aime beaucoup, donc je vais la conseiller.
- Speaker #1
Et du coup, quand tu penses à elle, qu'est-ce qui t'évoque ? Pourquoi tu dis qu'elle a réussi pour toi ?
- Speaker #0
elle reste justement joyeuse elle profite elle est ouverte je pense que c'est ça c'est le gage de la réussite un peu oui super merci
- Speaker #2
beaucoup Oksana c'était un plaisir de discuter merci d'avoir écouté cet épisode si vous avez aimé n'hésitez pas à me laisser un 5 étoiles et un commentaire sur Apple Podcast ou Spotify Vous pouvez me suivre sur Instagram, Korea Consulting France, ou sur LinkedIn, je l'ai abonné, où je partage mon quotidien, les coulisses du coaching, ainsi que mes conseils et astuces pour réussir sa carrière en France. N'hésitez pas à me faire part dans les commentaires des pays, des métiers qui vous intéressent le plus pour orienter mes prochains épisodes. Si vous avez des personnes que vous aimeriez voir interviewées, faites-le-moi savoir. A bientôt pour un nouvel épisode.
- Speaker #0
Au revoir. Merci.