- Speaker #0
Salut tout le monde, très heureux de vous retrouver pour un nouvel épisode de l'émission Au coeur de la Nationale. Un épisode un peu spécial aujourd'hui puisqu'on va revenir sur la 9ème journée de championnat en compagnie d'un manager. Et oui, aujourd'hui on reçoit un coach victorieux la semaine dernière du côté de Tarbes, celui du New York Rugby Club. C'est Damien Neveu, salut Damien ! Comment ça va ?
- Speaker #1
Bonjour à vous. Ça va plutôt bien, comme après une victoire. On a déjà basculé sur la préparation de Chambéry, mais on préfère travailler dans la victoire. Il y a toujours plus de confiance et de sérénité.
- Speaker #0
Tout à fait. Merci, Damien, d'avoir accepté notre invitation. Damien, manager du club des Deux-Sèvres, promu dans la division cette saison. et ancien joueur, notamment passé par La Rochelle, Brive et Colomiers. Et pour lui poser des questions, je suis en compagnie d'Augustin, fidèle au poste. Ça va Augustin, j'imagine que tu es heureux de pouvoir échanger avec Damien, un coach que tu apprécies grandement.
- Speaker #2
Ouais, carrément, salut tout le monde, je suis super content d'être là. Et effectivement, c'est un invité qui me tenait beaucoup à cœur d'avoir cette saison, donc je suis encore plus ravi.
- Speaker #0
Et bien, c'est parfait, donc tout le monde est en canne, les deux invités sont bien là. C'est parfait, on peut lancer le récap de la journée 9 de National. Allez, pour lancer ce récap' Augustin, je vais te laisser prendre la parole et te dire les derniers résultats du championnat.
- Speaker #2
C'est parti, donc avec cette 9ème journée, c'était le début de ce 3ème bloc, avec Chambéry qui recevait Massy, victoire des Chambériens 34 à 16, Bourg-en-Bresse qui s'impose également face à Nice 35 à 24, Rouen qui s'incline à domicile face à Bourg-Ouen 19 à 27, New York qui fait le coup à l'extérieur et qui s'impose 15 à 20, bonus défensif donc pour les Tarbets, l'OMR qui s'impose d'un cheveu. Face à Rennes, 23 à 22, donc bonus def pour les Rennes. Narbonne qui s'impose à domicile, 27 à 23 contre Albi. Et sur Rennes qui s'incline à domicile face au Cap, 9 à 20.
- Speaker #0
Et du coup, au classement, ça donne Narbonne qui a repris le lead, premier devant Chambéry et Nice. Niort, du coup, le club qui nous intéresse aujourd'hui, est au port du top 6, alors que dans le bas de tableau, c'est Bourgoin et Tarbes qui ferment la marche. Damien, pour commencer, on va te permettre d'avoir le rôle de consultant avant de parler de ton club et vraiment d'anglais sur Tarbes. On voulait savoir, selon toi, quelle est, si ce n'est pas vous, avec cette victoire à l'extérieur, quelle est l'autre équipe qui a fait le gros coup de la journée, selon toi ?
- Speaker #1
Le gros coup, je ne sais pas. En tout cas, je dirais que la victoire de Bourgoin à Rouen sonne comme un réveil pour eux dans une période et une série qui étaient difficiles. Je pense que c'est quand même une grosse performance. et peut-être pour eux... que c'est significatif d'un renouveau, en tout cas d'une nouvelle série, une nouvelle dynamique. Je pense que c'est une équipe qui a les moyens, en tout cas en termes de joueurs, de se remettre un peu la tête à l'endroit et de repartir sur des performances qui seraient peut-être plus en adéquation avec leurs objectifs.
- Speaker #0
Tout à fait, club historique Bourgoin, qui a récupéré seulement sa deuxième victoire de la saison. Bourgoin qui est toujours englué dans la zone rouge, mais qui va peut-être repartir de bon pied. Maintenant, on va se concentrer sur ton club, Damien, sur ce match à Tarbes gagné 20 à 15. Un match qui s'est gagné notamment devant avec un paquet d'avant qui a fait des misères au paquet d'avant de Tarbes. L'occupation qui a été décisive en fin de rencontre. C'est la première victoire de la saison extérieure pour vous, Damien. C'était un match gagné au courage aussi. Forcément, en tant que manager, il y a la satisfaction. Quels sont les premiers mots qui sont venus dans les vestiaires ou même sur la pelouse, les premiers mots qu'on distille aux joueurs dans ce cas-là ?
- Speaker #1
C'était de la satisfaction, évidemment. C'est vrai que c'était important de gagner ce match pour plusieurs raisons. Parce que, évidemment, c'était, nous, dans notre objectif de maintien, un concurrent direct dans ce championnat-là, qui est aussi dans une série compliquée. donc on savait qu'on allait arriver dans un contexte difficile avec une équipe qui est déjà en mode survie qui avait préparé qui avait eu deux semaines de préparation pour l'événement et la réception d'un promu. Le contexte n'était pas simple. Évidemment, nous, on avait à cœur de pouvoir un peu débloquer le compteur à l'extérieur. On n'était pas passé loin quelques fois, mais on n'avait pas encore validé de manière aussi évidente qu'une victoire ce travail-là. Et là, surtout, ce qui m'a marqué, Le contenu n'est pas très spectaculaire, sincèrement. Par contre, on a fait preuve de beaucoup de courage, comme je disais, dans un contexte pas simple. Et la gestion, le contrôle des émotions, notamment. On ne s'est pas affolé, on a quand même gardé la tête froide dans des moments clés. Tu as très justement parlé du travail des avants, parce qu'ils ont fait un match énorme en termes d'investissement et de rigueur sur des secteurs qu'on avait ciblés. Et puis la gestion aussi de nos leaders de jeu sur l'occupation, qui avait été aussi stratégiquement un point identifié. Et là-dessus, on a répondu présent. Donc voilà, beaucoup de... de fierté, de satisfaction pour l'équipe et le groupe qui a répondu aux attentes aussi bien dans l'investissement que dans la stratégie.
- Speaker #2
Surtout que pour terminer ce deuxième bloc, vous étiez allé jouer à Massy. C'était le seul match où vous n'aviez pas pris le moindre point. Donc, j'imagine que c'était vraiment une volonté de rebondir et d'aller chercher des points le plus rapidement possible. Et en plus de ça, c'est intéressant puisque tu le disais en conférence d'avant-match, il fallait se retrouver surtout défensivement. Et en fait, finalement, ça s'est très vite retrouvé sur le terrain parce qu'il s'est énormément maîtrisé. Les 35 premières minutes, vous n'êtes quasiment jamais dans vos 22. Et finalement, vous ne prenez quasiment aucun point et Tarm n'a pas vraiment d'occasion pour scorer.
- Speaker #1
Oui, c'est tout à fait ça. C'est-à-dire qu'au-delà, évidemment, les performances se traduisent toujours comptablement par des points de bonus, par des victoires. mais je suis très attaché à... aux attitudes, aux comportements, à l'état d'esprit, évidemment au contenu aussi des performances par rapport à ce qu'on souhaite mettre en place. Et souvent, ça se traduit par des points comptables. Mais Massy, on était... Au final, on perd 29-16. Je crois qu'à la 71e, on est à 22-16. Donc on n'est pas si loin au niveau du score. mais c'est plus les attitudes et le comportement qui m'avaient dérangé, où je n'ai pas reconnu mon équipe qui, pour le coup, avant ce match-là, avait montré vraiment du caractère et de la consistance dans le travail, dans l'effort. Et donc, au-delà de la défaite, c'était vraiment ce qui m'avait dérangé. Et c'était important, et les joueurs en étaient très conscients. C'était le bilan et le retour qu'on avait fait après ce match de Massy. L'idée c'était de vite être capable de retrouver notre identité, celle que l'on a et qu'on affiche depuis le début de saison. C'était vraiment l'objectif numéro un sur ce match de Tarbes, de retrouver des vertus qui sont les nôtres depuis ce début de saison. En ça, c'était une satisfaction. Comme tu l'as dit, défensivement, on a retrouvé nos standards. et on n'a finalement pas laissé espérer cette équipe de Tarbes et on a plutôt contrôlé le match grâce notamment à ça.
- Speaker #0
Depuis tout à l'heure, tu as beaucoup parlé de caractère, de défense, de combat. On sait que les déplacements à Trelu, à Tarbes, c'est toujours des déplacements hostiles chez un club historique. Comment ça se passe la semaine qui précède quand on sait qu'on va s'attendre à un match avec autant de rudesse ?
- Speaker #1
En plus, il y avait eu le week-end sans match, donc ça faisait vraiment deux semaines potentiellement de préparation, avec aussi une coupure pour régénérer un peu le corps et l'esprit. Mais du coup, ça crée toujours une période de préparation un peu plus longue, même au niveau mental et projection. L'idée, c'était à la fois de se nourrir de ce... de ce match moins bon et moins abouti à Amassi. Et donc déjà, se concentrer, nous, sur notre performance et notre visage, où on avait vraiment envie d'afficher autre chose. Parce que, comme je dis, quand on a fait le retour du match avec les joueurs, ils avaient bien conscience que ce n'était pas eux, qu'ils n'avaient pas été à leur niveau en termes d'attitude. Donc c'était important déjà de vite retrouver ce visage qui nous est cher. et puis après Moi, j'avais vraiment insisté sur se concentrer sur notre performance, essayer de vraiment contrôler notre performance, aussi bien par rapport au point stratégique qu'on avait identifié et aussi en termes d'attitude, au-delà de prendre en compte cette équipe de Tarbes, le contexte, etc. On l'a abordé un peu plus tardivement pour le contrôle de la gestion des émotions, et être capable de de prendre tout ça en compte parce que ce n'est pas anodin, mais vraiment être focus sur nous et vraiment mettre ce qu'il fallait dans l'ordre pour pouvoir avoir le contrôle et si possible aller chercher la victoire.
- Speaker #2
Et justement, je reviens sur la gestion d'émotion et sur le fait de mettre les choses dans l'ordre. Il y a juste un petit passage à vie pendant le match, dans la fin de première mi-temps et ensuite début de deuxième, où vous prenez 10 mètres pour contestation, il y a une petite accumulation de fautes. Et à part ce passage-là, où finalement vous laissez Tarbes revenir et Tarbes repasse devant, tu ne t'es pas dit à ce moment-là, le match est peut-être en train de nous échapper, on ne va peut-être pas prendre de points aujourd'hui.
- Speaker #1
C'est sûr que pendant le match, on se pose toujours beaucoup de questions et on essaie de sentir un peu aussi et de prendre un peu la température de son groupe en live et en temps réel avec différents indicateurs. Pour le coup, on encaisse un essai avant la mi-temps. C'est vrai que ce n'est pas le scénario idéal, mais c'est vraiment sur une erreur presque individuelle de défense. Mais je sentais qu'on était plutôt dans le coup, qu'on avait nos avants qui répondaient présents sur des secteurs importants. Et je savais aussi qu'on avait un banc expérimenté qui pouvait, c'était aussi la stratégie, nous permettre de faire basculer un peu la rencontre et nous permettre de tenir cette équipe chez elle. et que ça serait peut-être plus compliqué pour elle de repartir de loin au niveau du jeu et d'autant plus mener au score. Donc voilà, j'avais quand même encore de la confiance sur le scénario et l'issue possible du match. Donc l'idée, c'était justement de ne pas créer d'affolement et d'essayer de faire preuve, je disais à mes joueurs, d'avoir la tête froide et de pouvoir repartir sur le plan qu'on s'était fixé. Essayer de recadrer un peu les choses. Mais voilà, c'est aussi ça qui a été positif. C'est que malgré quelques écarts de comportement, collectivement, on a su redresser la barre, pas s'affoler et contrôler ce match. Comme je disais, qui n'a pas été très spectaculaire, mais qui est important en termes de caractère et de contrôle des émotions.
- Speaker #0
On l'a compris dans tes mots que... Sur le banc, la présence de Tim Hensel, la présence d'Anthony Fuertes, c'était vraiment pour garder cette occupation et garder l'expérience en fin de rencontre. Je suppose qu'il y a d'autant plus de satisfaction quand on sait que le plan stratégique a marché et que le coaching a été gagnant.
- Speaker #1
Oui, après, bien sûr, tu cites ces deux-là parce qu'ils ont des rôles et des postes évidemment influents sur la stratégie de l'équipe. Mais oui, c'est bien sûr important. Mais après, il y a tous les autres entrants aussi qui ont fait le job et qui ont impulsé, amené de l'énergie à l'équipe, qui ont fait les efforts nécessaires pour pouvoir peser et, comme je dis, garder la main un peu sur la rencontre. Donc évidemment, Thiem et Anto ont, par leur qualité, permis à l'équipe et orienté l'équipe par rapport à ce qu'on avait décidé de faire, mais au même titre que leurs prédécesseurs. Benjamin Alsaceb et Loan Sabia. Donc en fait, ils ont été dans la continuité avec la maîtrise qu'on souhaitait et un peu plus de fraîcheur et de lucidité quand on rentre que quand on a déjà 55 ou 60 minutes dans les jambes.
- Speaker #2
Et donc avant ça, vous prenez des bonus à Narbonne, à Rennes, à Périgueux, c'est à chaque fois des matchs accrochés. Qu'est-ce que vous avez mis de plus ? Alors comment tu pourrais expliquer que cette fois-ci la pièce, elle tombe de votre côté ce samedi dernier ? euh
- Speaker #1
Je pense qu'il y a plusieurs paramètres. Sans faire un jeu ratard, parce que je le dis, c'est vraiment une équipe valeureuse et qui ne lâchera rien, j'en suis certain. Je pense que quand on va à Narbonne, quand on va à Périgueux, c'est quand même d'autres oppositions. Mais on a peut-être été un peu plus précis dans les moments clés. En tout cas, ça se traduit comme ça. Même s'il y a eu ce... Cet essai encaissé avant la mi-temps, on a su vite réagir, on a su ne pas s'affoler, remettre la main sur le match, aller marquer dans les peu d'occasions qu'on a eues. On a été très réalistes, très efficaces avec des ballons portés qui ont été très bien réalisés. Je pense que ça nous a vraiment permis de nourrir notre confiance. A contrario, pour eux, je pense que ça les a un peu assommés à des moments. où ils ont eu du mal derrière à réagir. Donc, il y a l'aspect mental, pour le coup, qui a beaucoup joué. Et c'est peut-être ce qui a fait la différence ce vendredi à Atham.
- Speaker #0
Pour finir sur cette rencontre, j'avais un sujet un peu plus léger. On a eu des essais qui viennent de molle notamment. Est-ce que pour remercier le paquet d'avant, pour remercier les gros, est-ce que les arrières, ils leur ont payé des coups après le match ? Parce que là, il y avait quand même de quoi les remercier.
- Speaker #1
Oui, bien sûr. C'est une tradition. C'est à chaque ballon porté, il y a tournée générale des trois quarts. Pour le coup, ce n'est pas le cas, mais c'est une bonne idée. Je pense qu'on va le mettre en place. Ça va peut-être... stimuler nos avants à en mettre au moins un par match.
- Speaker #0
Et ça va aussi stimuler trois quarts à marquer sur combi.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. L'idée, ce serait qu'on puisse faire les deux à chaque match. Donc, si les trois quarts marquent sur du jeu direct, on demandera aux avants de payer leur tournée aussi. Ça pourrait être une bonne source de motivation pour chaque ligne.
- Speaker #2
Et moi, je me demandais, je vois déjà pas mal d'équipes et des adversaires que vous avez déjà... rencontré qui parle de votre pack et on l'a encore vu le week-end passé est-ce que c'est toi qui a vraiment créé l'organisation du jeu là-dessus en étant ancien demi-de-mêlée qui est bien conscient que sans un pack dominateur et performant, derrière on ne peut pas avoir de ballon propre et ne pas jouer au rugby correctement il y a un énorme boulot qui est fait par François Huys,
- Speaker #1
l'entraîneur des avant Moi, je suis là, je lui fais pleinement confiance. Moi, je suis là pour coordonner, pour mettre parfois un peu les niveaux de priorité dans la planification du travail, pour essayer d'identifier parfois aussi avec lui, parce qu'on travaille beaucoup en collaboration d'ailleurs avec tout le staff, mais peut-être des secteurs plus que d'autres, en tout cas, à prioriser dans la préparation du match ou dans la préparation de manière générale. de la performance de notre équipe sur la saison. Et comme tu l'as très bien dit, le rugby, tant que les règles seront celles-ci, ça ne changera pas. Si tu veux avoir de la performance, il te faut une assise devant qui est importante. Et ça, c'est quelque part non négociable. Donc évidemment, et même pour pouvoir bien lancer le jeu derrière, il faut vraiment trouver cet équilibre-là. avec une force collective du jeu d'avant qui est très importante, que ce soit en conquête directe et après sur tout le travail de SAP que peuvent faire les avants. Donc voilà, c'est évidemment un secteur qui est important pour moi, qui est important pour la performance à mes yeux. Et François derrière fait un super taf avec les joueurs sur ça pour qu'on puisse exister. Et c'était aussi peut-être une crainte dans ce changement de niveau où pas mal de joueurs avaient connu à ce jour que la National 2 et découvraient la National. Donc c'était prendre conscience qu'en termes d'exigence sur le jeu d'avant, de puissance, d'intensité, ça allait encore monter d'un cran. Et qu'il fallait être capable de monter le curseur en termes de rigueur et d'exigence pour pouvoir... non seulement rivaliser, mais essayer de dominer quelques équipes. Et ça se traduit par, même quand il y a des matchs où on est un peu moins flamboyant sur notre jeu d'attaque collectif, ça nous permet, comme sur ce match à Tarbes, de pouvoir malgré tout s'appuyer sur ça, sur un secteur fort et pouvoir gagner. Donc à l'approche de l'hiver, il y aura d'autres matchs comme ça. On aimerait pouvoir mettre 5-6 essais par match. et tout type de matchs, d'essais, pardon, mais la réalité, c'est qu'en rentrant dans l'hiver, on sait aussi que le jeu va devoir évoluer ou en tout cas s'adapter et d'avoir un secteur fort devant, c'est inévitable.
- Speaker #0
Justement, voilà, ce secteur fort devant, vous en aurez besoin toute la saison, au même titre que votre stade, le stade d'Espinasou. Moi, j'ai envie de parler de cette arène. À quel point elle vous transcende parce que... A domicile, on est à plus de 30 points marqués par match, avec un jeu aéré, je pense à ce match contre Albi, 37-17, ce match contre Bourgouin où vous en passez 40. À quel point il y a une différence entre Aespinasou où il y a 30 points par match, et à l'extérieur où vous êtes capable de gagner des matchs serrés, comme à Tarbes, des matchs plus fermés. Est-ce que c'est quelque chose de voulu, ça, de changer de plan de jeu, s'adapter peut-être plus à l'adversaire extérieur, et imposer peut-être son jeu à domicile ? Comment vous le voyez, vous, le staff ? Alors,
- Speaker #1
je ne dirais pas que c'est... Évidemment, l'équipe évolue aussi chaque match parce que moi, je suis attaché à... faire de la rotation et que tous les joueurs soient quand même embarqués dans l'histoire de la saison. Donc forcément, ça peut un peu affecter ou en tout cas amener un peu moins de fluidité dans le jeu offensif notamment. Mais je pense qu'il y a quand même malgré tout, les équipes de manière générale à domicile sont peut-être un peu plus libérées ou enthousiastes sur leur jeu offensif. C'est vrai que nous, ça se traduit de manière assez significative en chiffres. Mais je crois que ce qui fait aussi la différence, c'est qu'on parlait du jeu d'avant. Et je pense qu'à domicile, l'intensité notamment de nos avants nous permet de jouer un peu plus dans l'avancée et de mettre un peu plus la main sur ce qu'on veut faire offensivement. Donc c'est lié. voilà il y a Il y a l'intensité collective qui nous permet ça. Pas qu'elle ne soit pas présente à l'extérieur, mais on tombe face à des équipes qui, à domicile, peut-être nous prennent un peu plus au sérieux aussi et nous mettent un peu plus d'opposition, notamment en termes d'intensité. Donc, moins facile de pouvoir exprimer pleinement notre... Encore, en tout cas, pour le moment, notre jeu offensif. Mais voilà, l'idée, c'est... Pouvoir s'adapter à chaque contexte, à chaque scénario, sans s'affoler. Et d'avoir des secteurs de jeu forts, notamment comme on en parlait précédemment, comme ça ne se passe pas comme on le souhaiterait. Pouvoir s'adapter et malgré tout rester au contact des équipes.
- Speaker #2
Et à côté des performances offensives, j'avais lu qu'après les sept premières journées, vous étiez à 94. 100% de plaquage réussi, c'est des chiffres qui sont quand même complètement fous, alors que vous aviez joué quasiment tous les cadors de la poule. C'est quelque chose que vous avez vraiment travaillé de manière super intense dès le mois de juillet ? Ou c'est pareil, c'est le supplément d'âme, le fait de jouer en national qui pousse chaque joueur à se booster ?
- Speaker #1
Je pense qu'il y a un peu des deux. C'est vrai que le secteur défensif, c'est vraiment un secteur très fort. et justement à part ce match de Massi qui a été... À ce niveau très décevant parce que comme tu t'as donné les chiffres, en termes d'indicateurs, on était à une moyenne de 8 ou 9 plaquages manqués par match sur les 7 premiers et à la mi-temps de Massy, on était déjà à 16 plaquages manqués. Je crois qu'on est à 25 à la fin du match, donc très loin de nos standards. Donc forcément, face à une équipe qui met beaucoup de volume et de vitesse, tu te retrouves en difficulté. et c'est en ça que... que l'on a bien réagi puisqu'on a retrouvé nos standards contre Tarbes avec 95% de plaquage réussi. Pour répondre à ta question, c'est un secteur sur lequel on s'est appuyé très rapidement. Par rapport au contexte dans lequel je suis arrivé très tardivement au sein du projet, il a fallu très vite se mettre en action. Dans ce cas-là, je crois que le plus simple, c'est de vite travailler la défense. parce qu'on sait que la partie offensive peut prendre un peu plus de temps. Donc, on commençait à l'infuser progressivement en fil rouge sur la période de préparation. Mais la défense, on peut très vite rentrer dans du... La défense, ce n'est pas du talent. La défense, ce n'est que de la rigueur, ce n'est que de la précision, de la compréhension. Il n'y a pas besoin d'être un génie du rugby. Et après, évidemment, c'est les valeurs, les vertus. et ce qu'on y met derrière et le pourquoi. Mais ça, c'était déjà une force de l'équipe de New York la saison dernière. Il y avait eu un super boulot de fait par Johan Autier, François Huys et le staff. Donc, quelque part, c'était plus facile aussi à continuer de capitaliser sur ça, à continuer à entretenir tout ce travail qui avait été très bien fait et pouvoir... le faire évoluer par moment, mais surtout continuer de l'ancrer et de diffuser un message fort autour de ce secteur, qui, au même titre qu'on en parlait du jeu d'avant, est un secteur indispensable pour performer.
- Speaker #0
Tu as parlé du contexte de ton arrivée, le fait que tu sois arrivé tard en placement de Johan Autier, reparti à Oyonnax. Moi, j'avais cette question par rapport à ce challenge. Quelles sont les raisons qui t'ont poussé à l'accepter aussi tard dans l'intersaison ? Est-ce qu'il y a aussi le fait de se rapprocher de chez toi, de l'André Loire qui a joué ? Et comment ça peut être difficile d'arriver en juillet avec un effectif qui est au final quasiment déjà imposé ?
- Speaker #1
C'est vrai que le contexte de mon arrivée est assez particulier. puisque comme tu l'as très bien dit, ça s'est fait très tardivement. Alors les choix qui m'ont poussé à faire, en tout cas à accepter ce défi, ça faisait trois ans que j'étais la tête de la formation à Mont-de-Marsan. J'ai eu cette opportunité-là qui s'est présentée. J'ai au départ beaucoup réfléchi et plutôt décliné parce que pour raison familiale, c'était compliqué, pour raison personnelle. de changer soudainement de vie et de contexte géographique. Et puis finalement, on a eu de nouveaux échanges avec le président Gilbert Nazar qui a fini de me convaincre sur le challenge sportif, la proximité ou en tout cas le rapprochement avec ma région d'origine. Ça n'a pas été un argument de poids, j'ai toujours eu l'habitude de vivre loin de mes racines, mais évidemment que je suis très content. d'avoir mes parents à 1h30 de chez moi et eux aussi le sont, puisqu'ils viennent assez régulièrement, donc c'est plaisant. Mais voilà, c'était vraiment le défi sportif. Je n'avais pas, mais vraiment, ce n'est pas de la langue de bois, mais je n'ai pas du tout de plan de carrière. Et d'ailleurs, depuis le début, je n'agis pas du tout comme ça. Là, il s'avère que j'ai eu les échanges avec le président de New York. Le challenge m'a stimulé, je trouvais que le défi était chouette à relever pour une première historique du club dans une région que je connais évidemment et avec la proximité de la Rochelle, c'était aussi des symboliques assez fortes pour moi. Je trouvais que le challenge était stimulant, excitant et c'est peut-être ça un peu... fait brûler la flamme du compétiteur que je suis et ça m'a poussé à accepter.
- Speaker #2
Je vais revenir sur votre effectif et plusieurs de tes joueurs, et en particulier le poste de demi de mêlée. Il y a deux joueurs assez expérimentés, je pense à Benjamin Saseb et Tim Menzel. Et à côté de ça, il y a Mathis Brunet. Des profils vraiment différents, déjà par leur âge et leurs expériences respectives. Est-ce que toi, tu vas prêter... Un peu plus d'attention sur ces trois joueurs, sur un poste que tu maîtrises et que tu connais vraiment bien ? Ou alors tu gardes ton poste de manager pour chaque poste avec le même niveau de regard ?
- Speaker #1
Non, j'essaie d'avoir la même approche quel que soit le poste, de par mon rôle. Après, évidemment, c'est un poste que j'aime, que je maîtrise, de par mon parcours. mais tu l'as très bien dit, il y a deux joueurs expérimentés donc l'idée c'est pas on est plus en co-construction, en collaboration sur la stratégie, j'ai des joueurs qui sont très investis dans tout le travail de fond, dans la préparation des matchs, dans l'analyse des adversaires donc quelque part moi je suis là pour coordonner je leur laisse beaucoup d'autonomie là-dessus et après on On met en commun, on échange et on décide ensemble. Ma vision là-dessus, c'est que les acteurs du jeu, c'est eux. Tu as parlé des demi-de-mêlée, mais je parle des joueurs en général. Si moi, tout seul, dans mon coin, je décide de la stratégie, que les joueurs ne sont pas convaincus, on n'en fera rien. L'idée, c'est que les joueurs soient acteurs de leur projet. Moi je suis là pour amener le cadre et la réflexion et derrière, quand je sens que la direction des joueurs est à droite, mon objectif c'est de les amener là, avec conviction. Donc voilà un peu, et forcément des joueurs expérimentés à ce poste là, pour revenir à ta question, ça m'aide par rapport à ça. C'est au même titre que Mathis Brunet, qui est plus jeune, mais qui a une vraie réflexion sur le jeu aussi. Donc en ça, c'est plutôt agréable et sympa de travailler avec eux. Après, c'est trois joueurs, tu l'as dit, de qualité et d'expérience. Donc dans la gestion et la rotation, ce n'est pas toujours simple, parce qu'on aimerait pouvoir des fois les mettre les trois sur le terrain, mais il y a des choix à faire. et j'ai envie de dire que pour l'instant les rotations se font sans perdre en qualité sur les performances et le terrain donc ça c'est par contre aussi un gros point positif pour nous.
- Speaker #0
Merci pour tes réponses sur l'effectif on va arriver bientôt à la fin de cette interview Augustin je vais te laisser poser la dernière question et puis ensuite ce sera le temps de conclure sur le match qui va arriver et cette réception de Chambéry. Moi, c'est une question, je ne sais pas si tu as assez de recul encore pour répondre, mais c'est après deux blocs déjà de terminé, je me demandais c'est quoi le plus dur entre enchaîner les semaines de boulot et les matchs avec tout le stress et la fatigue que ça peut engendrer, ou alors terminer la Diagonale des Fous en moins de 50 heures ?
- Speaker #1
Je dirais que la préparation des matchs, l'enchaînement des matchs en national, c'est quand même aussi euh éreintant mentalement, peut-être un peu moins physiquement, en tout cas pour moi, parce que je ne suis pas sur le terrain tous les jours. Mais c'est vrai qu'il y a beaucoup, comme tu l'as dit, de charges mentales et d'émotions à gérer. C'est le poste qui veut ça. Je l'assume pleinement. Mais c'est vrai qu'autant la Diagonale des Fous, c'était un défi très individuel. Et en termes de... La discipline d'entraînement, ça a demandé beaucoup de travail. Autant là, c'est plus la partie mentale qui est sollicitée. Et finalement, c'est vrai qu'il y a un remand dont on se défait rarement, puisque j'ai tendance à dire, même sous la douche, on y pense encore. Donc voilà, c'est vrai que c'est important et on y est tout le temps connectés. Même s'il faut savoir couper régulièrement et de temps en temps, c'est un travail qu'il faut savoir faire. Mais quand on vit une passion, c'est tout le temps présent. Donc, je dirais quand même la charge mentale en national.
- Speaker #2
Merci pour ta réponse, Damien. J'espère que tu as passé un bon moment à nos côtés et que les questions t'ont plu, que tu as bien pu parler de ton effectif comme tu le voulais.
- Speaker #1
Merci à tous les deux. C'était un vrai plaisir de partager cet épisode du podcast avec vous. C'était des questions très pertinentes, sincèrement. Je vous souhaite une longue vie pour votre média et j'aurai le plaisir à l'écouter régulièrement.
- Speaker #2
Merci beaucoup. Au plaisir de te recroiser quand tu viendras dans le Nord affronter l'OMR. Augustin, j'espère que ça t'a plu aussi.
- Speaker #0
C'est toujours un plaisir et je te remercie toi ainsi que Damien. C'était un super moment.
- Speaker #2
Merci à vous deux. Bon courage Damien pour le match contre Jean Berry. Il y a un gros morceau qui arrive du côté d'Espinassou. On espère que vous partirez avec la victoire et puis d'ici là, on se retrouvera chez Rugby Cars News. Merci à tous les deux. Et puis à la semaine prochaine pour un nouveau podcast. Salut à tous.
- Speaker #0
Salut tout le monde.