- Speaker #0
Bienvenue sur le fil d'Arkane, une série du Salon des Arcanes podcast. Je suis Nicolas et dans cet épisode complémentaire, nous plongeons dans l'univers créatif et la vision artistique de mon invité. Parce que le tarot n'est pas un objet figé, il continue d'évoluer et de se réinventer. Alors prépare-toi une bonne tasse de thé et embarquons ensemble pour ce voyage sur le fil d'Arkane. Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans cet épisode complémentaire du Fil d'Arcane. On était sur le 3 de coupe et on retrouve Lise Abadie, créatrice du tarot de la Grande d'ours. Apparaître, c'est ma première question. à quand ?
- Speaker #1
malheureusement je ne m'aventurerai pas à donner une date parce que toutes les fois où j'essayais de le faire plein d'inconvenus sont venus décaler les choses en tout cas le plus vite possible là vraiment je suis dessus à fond mais c'est vrai que j'ai beaucoup de mal à estimer comme c'est quelque chose que je n'ai jamais fait et qu'il y a toujours quelque chose qui vient s'immiscer et que je n'avais pas prévu Merci. je me garde de donner une date mais ça sera le plus vite possible aussi parce que j'ai très envie j'en peux plus j'ai envie qu'il sorte on va en parler justement de
- Speaker #0
ces surprises puisqu'on avait déjà enregistré un épisode de podcast version longue c'était diffusé en janvier 2025 donc ça va faire quasiment un an et demi au moment où On enregistre ce nouvel épisode, format court, donc on va synthétiser un peu. Si tu peux, juste pour les personnes qui ne te connaîtraient pas du tout encore, peut-être, et qui ne connaîtraient pas ton travail, nous expliquer l'origine et la création du tarot de la Grande Ourse.
- Speaker #1
Ok, écoute, l'origine, je me suis lancée là-dedans un peu, sans trop savoir où je mettais les pieds. en tout cas l'idée à A l'origine, c'était de me fabriquer un jeu pour moi et pour moi seule, donc absolument pas de l'éditer. Donc je n'avais pas pour but de quoi que ce soit, si ce n'est de moi dessiner mon propre outil pour tirer des cartes, pour me mettre au dessin aussi. C'était un moment où j'avais très envie de me remettre au dessin. Et pour ça, le tarot est bien, parce que comme chaque carte correspond à des significations, c'est un peu une feuille de route. pour dessiner. Et puis comme c'était un moment où j'apprenais le tarot, je m'apercevais de l'importance de la projection dans la carte et dans l'image au moment de faire des tirages. Du coup, j'avais vraiment envie d'être comme des petits souliers au moment où je tirais mes cartes. Donc c'est là que je me suis dit que je ferais bien un tarot pour moi. Et j'ai commencé, mais du coup j'ai commencé par le fou, puis par... vraiment de façon très, très dernière. Je n'avais pas de feuilles de rouge. Je n'avais pas juste dessiné une carte après l'autre. Et déjà, ça, ça a été un travail qui a commencé à me prendre beaucoup de temps. Et ça, je l'ai vu. Et puis, petit à petit, mon travail a suscité un peu d'intérêt auprès... Des gens qui m'ont demandé, mais quand est-ce que tu le sors ? Est-ce que tu vas le sortir ? Tout ça. Donc au début, il n'en était pas question. Et puis après, je me suis dit, qui t'a passé autant de temps ? Parce que peut-être c'est bien de le préciser, mais c'est un travail que j'ai commencé il y a huit ans. Et voilà, qui t'a passé autant de temps sur la confection d'un outil, autant que cet outil puisse servir à d'autres. Après tout, c'est le principe des outils, de pouvoir se partager. Et donc là, c'est rentré dans une autre catégorie qui était d'envisager ce jeu pour de l'édition et plus tard pour de l'auto-édition. Alors que ce n'est pas ce qui était prévu à la base, ce qui fait que ça a enchaîné plein de questions et de soucis qui n'étaient pas là à l'époque où j'envisageais juste un jeu que j'aurais imprimé moi-même. couper et colorier les tranches, mettre un peu de doré sur chaque carte, parce que c'est aussi... Là qu'arrive la difficulté, c'est que je n'avais pas de ligne conductrice, mais la seule chose qui est le seul fil conducteur, c'est qu'il y a du doré dans chacun des éléments des cartes. Donc voilà. Et aujourd'hui, j'ai fini de dessiner toutes les cartes, déjà depuis un petit moment. Donc quelque part, l'objectif numéro un est accompli. J'ai été mon imprimeur du coin, imprimer mon jeu, découper mes cartes. que l'on y mettra, où j'ai mis des petits dorés. Mais l'histoire ne s'arrête pas là, puisque j'ai décidé de l'éditer. Et que là, je me confronte à d'autres questions qui sont de faire un jeu éditable et imprimable. Là, c'est une autre paire de manches, mais j'apprends plein, plein de choses.
- Speaker #0
Vaste challenge, mais qui sera tellement réjouissant, j'en doute pas.
- Speaker #1
Mais heureusement que je ne me suis pas mis ça en tête dès le début, puisque je pense... Et donc, mon jeu n'aurait pas ressemblé à ce qu'il est, parce que je pense que je me serais mis une pression qui n'avait pas lieu d'être. Et aussi parce que je pense que je ne me serais tout simplement pas embarquée dans cette aventure, parce que finalement, tout ce temps long du jeu, c'est aussi un processus où j'ai appris aussi à combattre un peu mes peurs là-dessus. Et les choses viennent comme ça, de façon un peu insidieuse. Finalement, c'est très bien comme ça.
- Speaker #0
J'allais dire que tu allais nous faire un cycle complet de dix ans, peut-être.
- Speaker #1
J'espère pas. J'espère pas.
- Speaker #0
En tout cas, la dernière fois qu'on avait échangé en podcast, tu n'avais pas encore fini toutes les illustrations, il me semble, qui t'ont resté au moins les personnages de cours de la dernière suite des deniers.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Et donc ça, tu as terminé. Et en plus, tu écris tous tes textes.
- Speaker #1
Oui. Alors, je voudrais qu'avec le jeu, il y ait un petit livret. Un petit livret qui soit plus qu'un livret de mots-clés, parce que les livrets de mots-clés, je trouve que ça a quand même très limité. Donc, j'essaye de trouver un compromis entre quelque chose d'un peu plus dense, mais sans en dire trop, parce que j'ai aussi l'idée de sortir aussi un livre à côté, où là, pour le coup, je... prendre le temps de rentrer dans chacune des illustrations, d'en dégager des significations que peut-être des fois je me suis un peu appropriée, ou en tout cas ma vision de la carte. Donc là, pour le coup, c'est vraiment un livre. Et le petit livret, j'aimerais qu'il soit... Enfin, c'est pas que j'aimerais, il sera bilingue. Donc, voilà. Donc le fait qu'on arrive sur un petit livret de 200 pages, déjà pour un petit livret, c'est pas mal.
- Speaker #0
Tu le confirmes. Qu'est-ce qui t'a motivé à faire cette bascule entre non, ça sera mon jeu à moi et finalement, je vais l'offrir au monde ? Tu nous as parlé de l'engouement que tu as reçu sur les réseaux sociaux en partageant tes illustrations que moi j'adore. J'ai déjà deux affiches chez moi, je ne compte pas m'arrêter là. Tu as parlé aussi de tout ce travail, de ce temps long. Est-ce que c'est une forme d'aboutissement nécessaire pour toi ? de le mettre au monde ? Ça, c'est ma première question. Qu'est-ce qui a été le déclencheur ? Et la deuxième, qu'est-ce qui t'a orienté vers une auto-édition plutôt qu'une édition plus classique où peut-être la charge de travail aurait été moindre ?
- Speaker #1
Oui. Pour répondre à ta première question, je pense que ce qui m'a embarquée dans ce projet de l'ouvrir, c'est les rencontres que j'ai faites parce qu'elles ont été nombreuses et qu'elles ont été extrêmement enrichissantes. Et voilà. puisque je me suis retrouvée à discuter avec plein de gens. J'ai rencontré des gens, je fais partie du collectif ADM, donc la collectif qui s'est créée autour des créatoristes de jeux. Et finalement, ce jeu, au fur et à mesure où il se faisait, il embarquait un peu dans son sillage plein de gens et avec plein de discussions, de découvertes. Et voilà. Et que du coup, je me suis aperçue que ce jeu, oui, en fait, je n'avais pas forcément des velléités d'en faire quelque chose de très solitaire et de très renfermé sur soi. Je me suis dit que ce n'était pas parce que je l'ouvrais au monde que j'abandonnais pour autant ma boussole qui était de « je fais ce jeu pour moi, je n'essaie pas forcément de plaire à d'autres, je fais ce qui m'est intimement cher » . voilà. et après, des gens suivent ou ne suivent pas. Mais ça, en fait, je n'avais pas trop de pression là-dessus. Mais vraiment, je pense que ce qui m'a embarquée, c'est vraiment... les gens chouettes que j'ai rencontrés autour de ce jeu-là et qui m'a donné envie de sortir de mon bureau et de partager. Et donc, de moi partager avec eux et de partager mon jeu pour aller jusqu'au bout. Donc, je pense que c'est vraiment principalement ça.
- Speaker #0
Il y a une petite notion de trois de coupe. qu'on vient d'aborder dans ce que tu nous partages. Oui,
- Speaker #1
tout à fait. Oui, on a fait un podcast autour de la question de la carte du Trois-de-Coupe qui est une carte que j'aime beaucoup. Et oui, il y a vraiment cette chose. Moi, je suis quelqu'un qui défend quand même beaucoup le collectif. Je ne suis vraiment pas une loup solitaire. Et voilà, je prends de toute façon une ressource extrêmement précieuse tous ces échanges et ces liens. rencontrer, voilà. Et des liens, vraiment, j'ai rencontré des gens chouettes qui m'ont ouvert sur plein de questions, qui sont bien au-delà du tarot, sur comment on représente des gens sur des cartes, comment on représente, comment... Sur plein, plein, plein d'aspects. J'ai trouvé ça extrêmement enrichissant. Et du coup, j'aime du coup, aujourd'hui, regarder ce jeu en voyant la somme de tous ces gens. Et voilà, à commencer par mes amis aussi, qui eux, alors pour le coup, ont été d'un soutien inconditionnel pour faire le petit pont avec le 3 de coupe. Et je pense que sans eux, sans elles, j'aurais... Pareil, je ne suis pas sûre que je me serais lancée dans l'aventure. C'est mes amis qui m'ont dit « Mais vas-y, tu peux le faire, ça va être chouette. » Je pense que j'ai aussi écouté ces voix-là. Et c'est à eux que je dois ça. Donc les meilleurs moments comme les pires. Mais même dans les pires, ils sont là. Donc je ne peux rien leur reprocher.
- Speaker #0
et la deuxième question je ne me rappelle plus qu'est-ce qui t'a orienté vers l'auto-édition ?
- Speaker #1
ah oui je pense que c'était j'avais pas envie de faire de compromis sur quoi que ce soit donc c'était peut-être une peur je ne sais pas si j'aurais eu beaucoup de compromis à faire mais voilà je voulais que ça soit sur ce que je dirais dans les textes de savoir sur la qualité du papier sur le choix de l'account sur la charte graphique Merci. Et puis, j'avais envie de prendre mon temps. Je n'avais pas envie d'avoir une pression supplémentaire. Je suis consciente que huit ans, c'est long pour un jeu. Mais en même temps, je défends ce processus long. Je ne l'ai pas fait dans l'urgence, ce jeu. J'ai consacré énormément de temps, mais je n'ai pas voulu que les choix que je prenne soient des choix d'urgence ou des contraintes qu'on me mettrait. Donc voilà. Je ne dis pas que peut-être quand je me suis rendue compte jusqu'au bout de la galère que c'est de mener à bout un jeu d'auto-édition, je ne dis pas. Mais là, en tout cas, de sortir ce jeu, et puis il y avait vraiment ce truc où c'est difficile à expliquer, mais j'ai eu l'impression de tisser, de personnaliser, de personnifier cette grande ours et de marcher vraiment côte à côte avec elle. J'avais vraiment ce sentiment qu'il fallait que je l'accompagne jusqu'au bout. main dans la main avec elle jusqu'à sa sortie dans le monde. Que ce soit entre elle et moi. Et c'est ce que j'ai fait.
- Speaker #0
Justement, comment on tient un tel projet sur autant de temps et de distance ? Est-ce qu'il y a vraiment, tu sens, une force créatrice intérieure qui te donne cette énergie-là ?
- Speaker #1
Comment on tient ? Je ne sais pas. Je pense que j'aime ce que je fais et que quand je m'y plonge, je passe des bons moments. Même si pas plus tard que la semaine dernière, il y a aussi des moments qui sont un peu plus critiques. Mais je pense que de manière générale, je suis quelqu'un qui aime bien prendre mon temps. Et puis, je me découvre aussi cette capacité. À côté de ça, j'ai toujours eu l'impression que j'étais quelqu'un qui n'était pas très endurante. Et là, pour le coup, je me dis que si, quelque part, c'est que je dois l'être. Je pense que si je ne m'en suis pas lassée, c'est qu'il a toujours continué à avoir du sens, ce projet. Peut-être pas au même endroit qu'au début. Enfin, c'est sûr, pas au même endroit. Mais voilà, au début, je l'ai fait par envie créatrice. Après, je l'ai... Je pense que ce jeu, à un moment donné, il m'a aussi sauvée. J'ai des moments où j'ai pu traverser de difficiles ce jeu. Je m'y suis mise et il m'a tenue. Je ne l'ai jamais lâchée. C'est vrai que là, je ne partage pas trop sur les réseaux. Donc peut-être que les gens ont l'impression qu'il ne se passe pas grand-chose. Mais j'y suis de 9h du matin à 9h le soir. Je ne lâche rien. Et voilà, j'aime le voir aboutir. Et puis, je te dis, j'aime les portes qui m'ont ouvertes. J'aime tout ça. Donc, ce n'est pas une contrainte. Et puis, il n'y a pas beaucoup d'espace où on a le droit de prendre le temps qu'on veut pour faire quelque chose. Voilà. Et ça, je sens que c'est un vrai luxe, un vrai privilège que j'ai avec ce projet.
- Speaker #0
Tu as répondu à une question que j'allais te poser, à savoir combien de temps tu passes sur ce projet au quotidien parce que c'est pas... ta seule activité, t'as une activité professionnelle ?
- Speaker #1
Ouais, alors qu'il a du coup, là je suis quasiment à plein temps sur mon tarot. Mon activité professionnelle, je m'occupe de faire des décors de théâtre. L'activité a considérablement chuté pour les politiques culturelles qu'on connaît. Et ceci dit, c'est arrivé à un bon moment où j'avais besoin de me consacrer entièrement à ce temps-là. et j'ai pu prendre ce temps-là pour m'y consacrer entièrement. Et puis j'y passe beaucoup de temps parce que je ne sais pas faire, parce que je ne sais pas faire et que j'apprends tout et que là, ça fait cinq fois que je refais toutes mes cartes pour des raisons différentes. Que ce soit refaire des couleurs, refaire du doré, je ne suis pas graphiste. Pareil, j'ai des gens qui m'ont donné des conseils, qui ont été présentes. J'ai des personnes qui me suivent, je pense à Gladys. Pablo Néric, avec qui j'ai passé des heures au téléphone pour m'expliquer comment ça fonctionnait, le doré. Elle avait des compétences que je n'avais pas. Ou Bérand, dans le collectif, qui a pu me donner des petits tips. Il a fallu que je me mette à des logiciels que je ne connaissais pas. Vraiment, je ne parle de rien. Tout ça prend du temps. Il y a un peu ce biais d'engagement. Tu as passé tellement de temps à faire quelque chose que tu ne vas pas tout saboter à la fin. Là, par exemple. Par exemple, le dernier dossier en cours, c'est que je me suis aperçu que mon ordinateur n'était pas bien calibré et que les couleurs n'étaient pas fidèles à ce que je voulais. J'aurais pu me dire, bon, tant pis, je voulais une boîte rose, elle sera beige, machin. Et après, je me dis, mais quand tu as passé 8 ans sur un jeu et des heures sur des cartes pour choisir exactement les couleurs que tu veux, bah oui, non, tu reprends 15 jours pour refaire toutes tes cartes les unes après les autres. Et voilà, c'est un peu... C'est l'épisode du calibrage de l'écran, mais il y en a eu d'autres. Donc voilà, c'est des choses qui viennent s'empiler et qui prennent du temps. Après, si je n'avais pas fait de doré, je pense que ça aurait pris beaucoup moins de temps.
- Speaker #0
C'est vraiment du coup l'ajout de ce doré, peut-être dans une encre un petit peu différente, un petit peu spéciale pour qu'elle ressorte sur l'impression. C'est ça qui crée vraiment une complexité.
- Speaker #1
Oui, parce que j'aimerais, comme c'est des tout petits éléments, Je voulais que ce soit un doré qui se voit un peu, de l'encre dorée en plus. Je choisis un fini mat, donc de l'encre dorée sur du fini mat, ça ne fait quasiment pas trop de différence. Je n'ai pas des gros aplats, s'il y avait des gros aplats, peut-être, mais moi, ce n'est pas le cas de mon jeu. Donc, c'est vraiment des petites touches, des petits points, des petits éléments, des petits objets, tout ça. Donc, j'ai fait le choix de partir sur de la dorure à chaud. et là techniquement on n'est plus sur les mêmes contraintes parce que ce n'est pas de l'encre, c'est une couche supérieure qu'on vient imposer donc bon là je ne veux pas rentrer dans des trucs trop techniques parce qu'on va perdre des auditoristes mais voilà ça a sous-entendu que je repense tout mon jeu pour ce doré qui devait être vectorisé donc voilà il a un terme un peu technique puis mon imprimaire avec lequel j'échange beaucoup Du coup, elle est venue m'alerter sur des choses en me disant « Ah, attention, là, ça n'a pas passé. » Donc, j'ai de refaire. Je pense que la prochaine fois, si je dois faire du doré, il y a plein d'erreurs que je ne referai pas et ça ira beaucoup plus vite. C'est le principe de l'apprentissage.
- Speaker #0
Tu as la chance d'être tombée sur un imprimeur qui t'accompagne dans le projet ?
- Speaker #1
Je suis là la personne avec qui j'échange depuis presque un an. Là, je mets tous mes échanges sur un fichier Word pour revoir tout. Et je suis presque sans pas. Je me dis, c'est un petit livre. Nos échanges sont un petit livre à lui tout seul. Au point où dans les remerciements, je cite cette personne parce qu'elle m'a vraiment accompagnée. encouragé, soutenu en disant oui, mais ton projet, il est exigeant. Il n'est pas impossible, il est juste exigeant. Il faut juste prendre le temps de bien faire les choses. Et voilà, il y a toujours trouvé des solutions. Et ça, c'est cool aussi de se sentir accompagnée là-dedans. Vraiment, j'ai eu de la chance.
- Speaker #0
Et il me semble me souvenir que tu cherchais une solution d'impression locale, française ou européenne.
- Speaker #1
Oui, et ça, je n'ai pas trouvé. Ça, je n'ai pas trouvé. Ça aussi, ça prend du temps. Ça a été les recherches de tout en été. fait des devis partout. J'ai appelé des gens, j'ai rencontré des gens, j'ai échangé aussi avec des catégories. Et voilà, j'aurais vraiment aimé que ça soit en France. Déjà parce que je ne parle pas l'anglais, donc pour moi, c'était beaucoup plus simple que ce soit en France. Et puis bon, pour plein de raisons, que ce soit écologique ou tout le reste, voilà. Et je n'ai pas trouvé parce que je voulais qu'il y ait du doré et que cette dorure n'était pas faite en France ou alors vraiment dans des ateliers d'art. Mais là, je ne voulais pas vendre 300 euros mon jeu. Je voulais des bandes, des tranches de couleurs. Et ça, pareil, c'est quelque chose de très… En France et même en Europe, on ne peut pas. Donc voilà, je me suis renseignée en Chine. Après, je voulais pas non plus que ça soit... J'ai pris le temps de choisir mon entreprise chinoise. C'est une entreprise, ça fait 35 ans qu'ils font des cartes. Il y a aussi ça en France, on n'est pas spécialisé dans les cartes. Après, j'ai pris une usine qui ne faisait pas forcément les prix les plus bas. Mais par contre, ils étaient très accompagnants et ils faisaient un super beau travail. Donc, je suis partie là-dessus.
- Speaker #0
C'est un sujet qui revient très régulièrement, de cette difficulté à trouver une compétence locale.
- Speaker #1
Là, tout. On échange quand même pas mal. C'est Célia aussi qui avait fait une vidéo il y a bien longtemps où elle parle de sa galère à trouver vraiment local. Et pareil, de devoir partir. Peut-être qu'à un moment donné, on finira par faire ça. Mais en attendant, ce n'est pas le cas. Il y avait une entreprise. prise en Italie. Après, une créatrice avec qui j'étais en lien, qui a eu des soucis avec cet imprimeur. J'y suis pas allée. De fil en aiguille, je me suis retrouvée à faire en Chine.
- Speaker #0
Et le livre, du coup, c'est un petit peu la nouveauté. Je crois qu'on n'avait pas du tout parlé.
- Speaker #1
Je pense qu'à l'époque, époque, c'était du livre. Quand tu disais que j'étais en train d'écrire le livret, je pense que c'était déjà le livre, en fait. Pareil, il me prend beaucoup de temps parce qu'il est assez conséquent. Donc là, je suis très méfiante dans ce que j'annonce. Je ne sais pas si je sortirais le livre en même temps que le jeu. Si j'arriverais à finir le livre pendant que le jeu est produit et imprimé, j'aimerais bien. J'aimerais bien. Et puis, si ça sort un peu après, ça sortira un peu. Pour l'instant, je me dis que j'essaie de le faire, mais je ne veux pas non plus retarder encore plus mon tarot avec l'écriture du livre. Après, j'en ai écrit plus des trois quarts. C'est quand même quelque chose sur lequel j'ai pas mal avancé.
- Speaker #0
Donc, tu pars sur un livre physique, auto-édité également ?
- Speaker #1
Oui. Et là, pour le coup, je ne le ferai pas en Chine, parce qu'en France, on fait des livres. Donc, voilà, je me sens plus libre au niveau de la temporalité. Je pense que je peux envoyer un jeu en impression et continuer à écrire et puis à imprimer en France. Mais oui, j'avais envie de prendre le temps d'écrire aussi tout ce que je mettais dans les cartes. Un peu comme ce qu'on a fait dans le podcast autour du 3-2-pou. De prendre le temps de dire ce qu'on met derrière une carte. je trouve ça important, d'autant plus que on s'aperçoit que, là, en l'occurrence, dans le cadre de ce podcast, je me suis aperçue qu'il y avait autant de lectures que de personnes présentes. Donc, alors, je pensais que cette carte était beaucoup plus... Enfin, voilà. Bref. Enfin, bon, bref. J'avais envie d'avoir ce livre pour prendre le temps d'expliciter un peu tout ça.
- Speaker #0
C'est très chouette d'avoir les explications des créateurs et des créatrices sur leur façon de créer et de voir la carte. C'est chouette que tu me rappelles. C'est tout le but et le principe qui m'a motivé à lancer ce podcast Phil d'Arcane pour avoir une vision non exhaustive, une petite porte d'entrée vers la multiplicité et la diversité. de représentation et d'interprétation.
- Speaker #1
Moi, je suis une grosse fan des livrets en général, qui accompagnent les jeux. Enfin, quand ils sont bien faits, je veux dire, pas quand c'est des listes de mots-clés, mais quand ils sont bien faits, j'aime bien.
- Speaker #0
Et dernière question, parce qu'on arrive déjà à la fin de notre épisode. Est-ce que tu t'orientes toujours, je crois que tu en avais parlé, vers une campagne de financement participatif ?
- Speaker #1
Oui, c'est l'idée. C'est l'idée. En fait, j'attends quoi ? J'attends d'avoir fini toutes les cartes. Et à l'heure où je te parle, tout est fini a priori. Je pense que d'ici le début de semaine prochaine, j'envoie tout à l'imprimeur. L'idée, c'est de faire un prototype parce qu'il y a tellement de choses à vérifier, que le doré soit bien, que les couleurs, machin, que je ne peux pas trop me passer d'un prototype. Et je voudrais attendre le prototype pour envoyer la campagne, pour montrer vraiment aux gens. Parce que là, moi, j'ai un prototype. C'est-à-dire, je dois l'imprimer à côté, mais les couleurs, elles ne sont pas fidèles. J'ai fait le doré à la main, donc certes, c'est très joli. Mais ça ne sera pas tout à fait le même doré que de la dorure à chaud. Donc, je ne veux pas que les gens me disent « Ah bah oui, mais moi, j'aimais bien le doré là. Du coup, ce n'est pas le même doré. » Je voudrais être au plus proche de ce que je propose aux gens. Donc, je voudrais avoir le prototype pour lancer la campagne. Et puis après, encore une autre aventure qui est celle du lancement d'une campagne participative que je ferai sûrement sur Kickstarter. Donc voilà, autre aventure. Ça, je m'y prépare. croise les doigts parce que je sais que c'est encore une étape à passer.
- Speaker #0
Une très très belle aventure et je pense que, en tout cas moi je serai au rendez-vous ça c'est sûr.
- Speaker #1
Merci Nico. Je sais que ça fait longtemps que tu me suis.
- Speaker #0
C'est vraiment un projet incroyable mais je serai là aussi pour soutenir l'auto-édition parce que c'est vraiment un jeu incroyable tant dans son esthétique. que dans sa profondeur et dans ses textes. Donc, encore bravo.
- Speaker #1
Merci. Ça me fait plaisir. Ça me touche.
- Speaker #0
Merci beaucoup, Lise, pour cet aparté, cet épisode complémentaire et ta participation au fil d'Arkane. On te retrouve, je mettrai tous les liens en barre de description. Il y a un site internet dédié au tarot de la Grande Ourse.
- Speaker #1
Avec une newsletter si les gens ne veulent pas passer à côté des infos.
- Speaker #0
Et l'Instagram, bien évidemment, je mettrai tout ça.
- Speaker #1
Super. Merci de m'avoir invitée.
- Speaker #0
Avec grand plaisir. C'était trop chouette d'avoir de tes nouvelles et des nouvelles du Tarot de la Grande Ourse. À très bientôt.
- Speaker #1
À bientôt.
- Speaker #0
Merci d'avoir écouté cet épisode complémentaire du Fil d'Arcane, une série du Salon des Arcanes podcast. Si tu as apprécié ce moment, et peut-être en appris un peu plus sur l'univers de mon invité, n'hésite pas à laisser 5 étoiles et un commentaire sur ta plateforme d'écoute. C'est la meilleure façon d'aider ce podcast et ce voyage à travers les arcanes du tarot à se faire connaître. Et si tu veux participer à un prochain épisode, parce que tu as créé un tarot de type Rider-Waite-Smith, que tu es professionnel ou simplement passionné, Contacte-moi à podcast.salondesarcanes.fr A bientôt sur le fil d'Arcanes !