- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans ce nouvel épisode de Sans Filtre. Chaque jour dans l'industrie, on parle d'économie, de transition énergétique, d'innovation, mais aussi de recrutement. On entend des chiffres, des analyses, des experts, mais de quoi partons-nous concrètement ? Comment ces grandes tendances se vivent-elles dans nos entreprises industrielles ? C'est tout l'enjeu de ce média. Partir des grands sujets pour revenir au terrain, aux décisions, aux femmes et aux hommes qui le vivent au quotidien. A chaque fois, un industriel vient nous partager son expérience, mais également son point de vue, son filtre. Bienvenue dans ce nouvel épisode de Sans Filtre. Aujourd'hui, on s'attaque à une question qui concerne tous les industriels. Faut-il encore recruter ? Ou automatiser ? Pendant des années, la priorité était simple, c'était de trouver des candidats. Mais aujourd'hui, entre pénurie de compétences, difficultés de recrutement et accélération des technologies, de plus en plus d'entreprises investissent dans l'automatisation. Alors, faut-il continuer à chercher des talents ? Ou faut-il repenser complètement notre façon de produire ? Bref, pour rester compétitif, demain, faut-il mieux recruter ou tout automatiser ? Alors, pour débattre de ce sujet, j'ai avec moi Michel Richard. Merci d'être là avec nous.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Vous êtes donc dirigeant de la société financière Concerto Group. Vous avez fondé et développé plusieurs sociétés dans le conseil et le recrutement pour l'industrie. Vous êtes aujourd'hui consultant en organisation, management et ressources humaines. Vos domaines d'expertise sont les enjeux de transformation, de structuration, de management et de recrutement. Vous intervenez régulièrement pour BPI France et divers fonds d'investissement. Si je ne me trompe pas, c'est bien ça. Exactement. Votre approche consiste à partir du travail réel des organisations et des pratiques managériales pour aider les entreprises à gagner en efficacité sans perdre de vue les enjeux humains. Vous intervenez également régulièrement sur des sujets émergents, notamment l'impact de l'intelligence artificielle sur les métiers, les compétences et les organisations. Donc merci d'être… Vaste sujet. Vaste sujet, oui, tout à fait, qui concerne bien notre sujet en plus d'aujourd'hui. Jean-Daniel Garchette. Vous êtes responsable commercial chez ACOBAL, ACOBAL spécialiste de la protection anticorrosion, c'est bien ça ?
- Speaker #2
C'est ça, exactement.
- Speaker #0
Vous avez fait toute votre carrière dans la fonction commerciale dans l'industrie, votre métier c'est d'aller sur le terrain, et ça tombe bien pour notre sujet, pousser la porte des ateliers, échanger avec les équipes, comprendre ce qui se passe vraiment en production. C'est là, selon vous, qu'on trouve les meilleures solutions. De nature curieuse et optimiste, vous êtes passionné par l'innovation et la technologie. Ce qui vous motive, c'est de voir comment une idée peut changer concrètement le quotidien d'un industriel. Et avec nous, voilà, merci.
- Speaker #2
Merci Laetitia, merci, bonjour à tous.
- Speaker #0
Et avec nous, justement, un industriel, Thomas Souriau. Merci de nous rejoindre ici, donc, sur notre plateau. Vous êtes directeur du site de Saint-Chament de l'entreprise Linamar. Alors, Linamar. un équipementier automobile canadien spécialisé dans l'usinage. Et vous allez nous partager votre expérience du terrain sans filtre.
- Speaker #3
Bonjour à tous.
- Speaker #0
Alors, faut-il encore recruter ou automatiser ? C'est notre grande question. Alors, pour démarrer sur notre première partie, qui est surtout sur le problème, n'est-il pas vraiment plutôt le recrutement ? Sur notre première partie, je vais me tourner vers Michel. Alors moi, j'ai quelques chiffres. Parfois, je vais vous donner des éléments que j'ai pu trouver. J'ai quelques chiffres. Donc, ça date de 2025. L'industrie française prévoyait encore 153 000 recrutements malgré le ralentissement économique que l'on connaît. Les métiers les plus recherchés restent les techniciens, spécialistes de maintenance et profils aussi numériques. Il y a également une enquête de France Travail qui indique que 50% des projets de recrutement sont jugés difficiles par les employeurs. Un recrutement sur deux est considéré comme compliqué. Alors, Michel, pour vous ? Est-ce que le problème aujourd'hui est réellement le manque de candidats ou plutôt notre façon de recruter ?
- Speaker #1
Je dirais que la solution est un peu dans la réponse aux deux questions. C'est-à-dire que c'est effectivement une difficulté réelle de recrutement sur certains métiers. Je parlerais presque plus de pénurie de compétences que de pénurie de candidats, puisque avec un taux de chômage autour de 7%, on ne peut pas dire qu'il y a une pénurie de candidats. Est-ce qu'ils sont adaptés par contre aux besoins des entreprises ? C'est une autre question. C'est là où il peut y avoir une pénurie de compétences sur certains métiers. Puisqu'aujourd'hui, on considère que 70% des recrutements de chaudronniers ou de soudeurs sont considérés comme très difficiles. 80% des recrutements d'usineurs sont jugés comme extrêmement difficiles. Ce qui veut dire qu'effectivement, on a sur certains métiers, sur certaines compétences, une vraie pénurie liée au fait que... Alors, ça ne date pas d'aujourd'hui. D'accord, ça ne date pas d'aujourd'hui. Ça ne date pas d'aujourd'hui, malheureusement.
- Speaker #0
Et les conseils, enfin... Pourquoi en fait ? Est-ce que les jeunes ne veulent pas justement, sont plus intéressés par ces métiers-là ? Quelles sont en fait l'origine un peu de ce manque ou de cette diminution de compétences ?
- Speaker #1
Je dirais que là aussi, la réponse se trouve en plusieurs éléments. Alors le vrai sujet, c'est surtout de se dire, est-ce qu'on a certaines entreprises qui ont des difficultés à recruter ? Ça fait huit mois, neuf mois qu'un poste est vacant et que personne n'occupe le poste. L'entreprise, malgré tout, ne s'est pas arrêtée et forcément a dû s'adapter. Et c'est bien là où on trouve une partie de la réponse à la question. C'est comment on a pu s'adapter avec l'absence d'une personne. Alors parfois, on a automatisé un peu plus des tâches. Parfois, on l'a reporté sur plusieurs personnes. Mais en tout cas, on a nécessairement trouvé une solution. Pas la meilleure, souvent. Oui, pas la meilleure, en mode dégradé,
- Speaker #0
dans l'urgence souvent aussi.
- Speaker #1
Ce qu'on constate souvent, c'est qu'on s'habitue malheureusement à cette situation. C'est qu'on finit par entendre en permanence, on ne trouve plus personne.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Le vrai sujet, c'est est-ce qu'on ne trouve plus personne ou est-ce qu'on ne trouve plus de compétences qu'on recherche ? Et le déficit de recrutement ou de compétences disponibles n'exonère pas l'entreprise d'attractivité.
- Speaker #0
Oui, ça c'est sûr.
- Speaker #1
Et donc, il y a un vrai sujet d'attractivité.
- Speaker #0
Est-ce qu'il n'y a pas encore une image dans les entreprises du bon candidat que l'on veut à tout prix, en fait, de ce mouton à cinq pattes, finalement ?
- Speaker #1
Alors oui, je pense que parfois, on arrive à idéaliser ce qu'on aimerait pouvoir trouver. et surtout... de ce qui est présent sur le marché. C'est d'autant plus vrai quand on est dans un contexte de recrutement en remplacement de quelqu'un qui part, à la retraite, très souvent dans l'industrie, puisqu'il y a une périmètre des âges qui s'est un peu inversée, où on aimerait recruter celui qui part et qui a 30 ou 40 ans d'expérience dans son métier, et où on le constate à date, mais on n'a pas vu son évolution sur les 30 dernières années. Donc on aimerait trouver le même, plus jeune, avec le même niveau d'expérience, Et euh... sensiblement un peu moins cher.
- Speaker #0
Oui, c'est surtout ça aussi.
- Speaker #1
C'est une équation impossible à résoudre. C'est une équation très complexe à résoudre. Donc, oui, les causes sont multiples. Il n'y a qu'à regarder les écoles et le nombre de personnes qui vont dans les filières techniques. Il y a des croissances régulières sur certains métiers. Pas sur tous, heureusement, mais sur certains métiers. Donc, il y a aussi un déficit. d'image et d'attractivité de certains métiers.
- Speaker #2
C'est ce sur lequel j'allais rebondir. Effectivement, on se dit qu'il y a peut-être un déficit d'image auprès des jeunes. L'industrie est souvent associée au bruit, aux ateliers plutôt pas très propres, pas forcément une attractivité très importante. Et je pense que les industriels aujourd'hui doivent redorer leur blason par rapport à tout ça et attirer de plus en plus de jeunes.
- Speaker #1
Même s'il y a énormément de travail qui a été fait en la matière.
- Speaker #2
Bien sûr.
- Speaker #0
Il y a des choses qui sont faites, c'est sûr. Alors du coup, vu qu'on a un industriel avec nous, on va lui demander aussi de son côté comment il le vit au quotidien sur le terrain à l'INAMAR. Alors quels sont pour vous aujourd'hui les métiers les plus difficiles justement à recruter ?
- Speaker #3
Du côté de l'INAMAR, les métiers les plus difficiles à recruter aujourd'hui sont ceux sur lesquels on a une pénurie quasiment structurelle sur le marché. Donc en premier lieu, la maintenance. Aujourd'hui, trouver des techniciens de maintenance formés, compétents. prêts à travailler sur des machines outils. Notre particularité, c'est qu'on a énormément de types de machines différentes, donc avoir des profils qui ont l'ensemble des compétences sans spécialiser forcément uniquement sur la mécanique, sur l'électrotechnique ou sur des éléments de ce type-là, c'est un vrai challenge aujourd'hui pour recruter. Après, il y a une vraie réflexion par rapport à tout ce qui est formation sur ce type de métier. Il faut vraiment qu'on arrive à travailler avec les pouvoirs publics pour redévelopper des formations techniques euh... manuel ou en tout cas des vraies formations techniques terrain afin de combler ce manque. Le deuxième métier sur lequel on a énormément de problèmes à recruter aujourd'hui, c'est la métrologie. La métrologie, c'est ? De la mesure et avoir des techniciens de mesure dédiés. Donc nous, on fait des pièces qui sont précises au micron. Donc on a forcément des milliers de moyens de contrôle à l'intérieur de notre entreprise, dont de plus en plus des contrôles embarqués en ligne, intégrés avec de la correction automatique.
- Speaker #0
Donc c'est des métiers finalement à chaque fois, les deux métiers cités, qui sont finalement très techniques.
- Speaker #3
Et qui sont effectivement des métiers techniques et qui évoluent avec l'ensemble, donc ces métiers qui existent depuis des dizaines voire des centaines d'années, mais qui évoluent tout au cours du temps avec les évolutions technologiques qu'on est capable aujourd'hui de mettre dans notre industrie et qui nécessitent du coup aussi une mise à jour de l'ensemble des compétences dont on a besoin dans une entreprise.
- Speaker #0
Alors est-ce que depuis cinq ans, parce que souvent c'est ce qu'on marque un peu comme date par rapport notamment au Covid, Est-ce que depuis 5 ans, pour vous, la situation, est-ce qu'elle s'améliore, elle se dégrade ? Comment vous la voyez, comment vous la vivez sur le terrain ?
- Speaker #3
Alors, nous, on a une situation un petit peu particulière, c'est-à-dire qu'on a doublé notre chiffre d'affaires entre 2022 et 2025 et qu'on a eu besoin d'embaucher 120 personnes sur ce laps de temps-là. Donc, la difficulté de recrutement, elle a été effectivement extrêmement impactante pour Lina Marcin-Chamont. Deux manières de répondre à ça. Oui, il y a une difficulté. Est-ce qu'elle évolue au cours du temps ? Je fais du mal à le juger par rapport à la taille et au nombre de personnes qu'on a eu besoin de recruter sur les dernières années. Ce que je peux dire aussi, c'est qu'aujourd'hui, nous, on a eu la chance de faire partie d'un groupe avec d'autres sites, 80 autres sites autour du monde. Et on a pu faire venir sur l'Inamar Saint-Chamond des personnes qui étaient de sites en sous-activité, donc entre autres des Hongrois, des Allemands et aussi des Philippines, qui nous ont amené les compétences nécessaires dont on avait besoin. au moment où on avait un pic d'activité. Donc,
- Speaker #0
pallier aussi, finalement, le manque de recrutement en allant chercher, finalement, vers d'autres pays.
- Speaker #3
Exactement. Et ensuite, on a aussi une autre action majeure qui a été de développer des programmes de formation spécifiques à nos métiers. Donc, entre autres, sur opérateurs, régleurs et conducteurs de ligne. Donc, ils sont des métiers techniques, on va dire, de premier niveau de conduite des machines sur... sur nos process, sur lequel on a développé des programmes de formation spécifiques, entre autres avec l'AFPI, pour ramener dans le monde du travail et le monde du travail industriel des personnes qui étaient sorties du scope du monde du travail.
- Speaker #0
Oui, donc une personne qui n'a aucune compétence ou qui vient d'un univers totalement différent pour venir.
- Speaker #3
Un univers totalement différent avec des cursus de formation qui sont longs, qui sont coûteux, mais qui permettent aussi de remettre des gens dans le monde du travail et d'acquérir les compétences dont on a besoin aujourd'hui dans le monde industriel. entre autres automobiles.
- Speaker #1
Donc c'est possible puisqu'on parle de métiers très techniques métiers d'usineur c'est-à-dire qu'on est capable d'amener des personnes qui ne viennent pas de ce métier-là.
- Speaker #3
On est capable donc avec un certain nombre d'étapes et forcément par rapport au panel de personnes initialement arriver à des succès à la fin on a un écrémage façon de parler qui est très important à chacune des étapes mais on y arrive et aujourd'hui nous on a des personnes qui ont atteint des postes de conducteur de ligne par ce cursus de formation extrêmement important. Et on est très fiers de l'ensemble des personnes qu'on a réussi à recruter par ce biais-là.
- Speaker #1
J'imagine que ça a dû s'accompagner d'une réflexion sur l'organisation même des lignes, avec des régleurs peut-être encore plus qualifiés.
- Speaker #3
Dans le développement qu'on a connu à Dynamar Saint-Chamond, on fait forcément un mix dans l'ensemble de nos équipes sur des gens type parrain, qui ont une vraie expérience à la fois de nos métiers, mais aussi de nos modes de fonctionnement propres à une entreprise de notre taille. en parrainage de personnes qui sont plus juniors dans l'ensemble des postes afin d'amener tout le monde à un niveau de compétences qui nous permet effectivement de produire en quantité en qualité pour servir nos clients.
- Speaker #0
Oui surtout que vous avez en plus une particularité, vous travaillez si je ne me trompe pas en 3-8 aussi, donc c'est pas forcément une organisation du travail qui est très attractive.
- Speaker #3
On travaille effectivement en 3-8 et aussi avec des équipes week-end donc pour pallier l'ensemble des besoins et arriver à livrer nos clients. Donc, certes, sur le poste dont on décrivait que je parlais tout à l'heure, opérateur, régleur, conducteur, ce sont des postes, effectivement, à rotation horaire qui ont les contraintes inhérentes à cette rotation.
- Speaker #0
Donc, vous y arrivez quand même. Alors, est-ce qu'un candidat chez vous est déjà arrivé à refuser du coup un poste ? Est-ce que vous savez des fois les raisons sur lesquelles, non, je ne viens pas chez l'INAMA ? Vous avez un peu déjà des retours ?
- Speaker #3
Alors, vous dire que c'est jamais arrivé, ça serait vous mentir. Donc, je ne vais pas vous le dire. Oui, on a poussé des recrutements jusqu'à faire des offres à certaines personnes qui, au final, ont pu les refuser. Après, il est toujours difficile de faire la part des choses entre ce que la personne nous dit et la réalité derrière. Ce qu'on peut dire, par contre, c'est qu'il y a... Et sur un temps plus, en ce moment, un rapport à la distance entre la maison et la société, qui est un élément extrêmement important aujourd'hui.
- Speaker #0
Une urinescence, du coup, c'est un des points qui peut être... Exactement,
- Speaker #3
c'est un des points qui peut être majeur. Et aujourd'hui, on est obligé de ratisser plus large que le bassin, proprement stéphanois, pour trouver certaines compétences. Donc aller jusque Lyon d'un côté ou jusque dans la plaine à Montbrison de l'autre. Oui,
- Speaker #0
donc des distances et du coup de la mobilité.
- Speaker #3
De la mobilité qui peut être effectivement limitante aujourd'hui par rapport au recrutement.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Alors aujourd'hui, quand vous publiez une offre, au bout de combien de temps vous arrivez à recruter ? Est-ce que ce délai, vous l'avez un peu mesuré ?
- Speaker #3
On n'exploite pas de statistiques propres par rapport à ça, mais aujourd'hui, on peut dire qu'un recrutement moyen prend minimum trois mois. Et que sur des fonctions pigneriques, il peut, comme le disait Michel tout à l'heure, aller de six à neuf mois par rapport à trouver le profil. Donc, ce n'est jamais un profil idéal, en tout cas, c'est extrêmement rare. Mais aussi, ça impose aussi aux entreprises aujourd'hui de se réinventer, de se réorganiser en permanence pour arriver à pallier ce manque de ressources un petit peu structurel.
- Speaker #0
Alors, Jean-Daniel, du coup, pour continuer. J'ai trouvé de nouveau une étude avec quelques chiffres. Environ 60% des métiers comportent au moins 30% des tâches automatisables avec des technologies actuelles. Donc, on sait déjà que la technologie, finalement... elle est prête. Alors, est-ce qu'on perd du temps à vouloir rendre certains métiers attractifs ou alors est-ce que justement la technologie va totalement les supprimer ? Est-ce qu'elle est prête, pas prête ?
- Speaker #2
Alors, il est clair qu'il y a des métiers avec des tâches très automatisées ou des tâches plutôt pénibles qui vont certainement être remplacées dans les prochaines années par ce qu'on appelle des robots, maintenant des cobots, puisque finalement c'est un nouveau terme qu'on rencontre beaucoup dans l'industrie. Là où avant toute la robotisation était peut-être souvent réservée à des entreprises de grande taille et de grande dimension qui avaient les moyens d'investir dans des robots automatisés, des lignes de fabrication complètes, aujourd'hui on a des assistants en quelque sorte, des bras articulés, on pense aussi aux exosquelettes même si ce n'est pas exactement la même chose, mais qui permettent justement de réduire ces tâches un petit peu plus pénibles et permettre aussi à l'opérateur... pas forcément de le remplacer totalement, mais de lui permettre d'avoir une plus grande ampleur de tâches. Donc effectivement, la technologie va avoir un impact et peut justement soulager ces problèmes de recrutement, notamment sur les tâches peu qualifiées ou jugées comme pénibles.
- Speaker #0
Ou jugées comme pénibles. Là, tout de suite, la technologie est déjà prête, il y a déjà des investissements qui sont faits dans ce sens-là. Est-ce qu'à l'UNAMA, vous pouvez témoigner de ça aussi ? Est-ce qu'il y a des choses qui ont été aménagées ?
- Speaker #3
On peut effectivement témoigner de ça à l'INAMAR, puisque sur les dix dernières années, on a intégré 75 robots de mémoire, donc sur des lignes totalement automatisées, robotisées, et qu'on a notre premier Cobot qui rentre sur l'usine le mois prochain.
- Speaker #0
Ah oui, donc comme quoi, cette émission tombe au bon moment.
- Speaker #3
J'ai l'impression.
- Speaker #1
Et c'est peut-être d'ailleurs là qu'on peut faire le lien avec le candidat idéal, c'est que finalement, le candidat idéal... En 2027, ça sera potentiellement plus le même qu'en 2020, quand on ne parlait pas de robotisation à ce niveau-là dans l'entreprise, ou de cobot aujourd'hui. C'est que les compétences de demain seront nécessairement différentes que celles dont on recherchait un usineur classique sur un centre d'usinage et que son seul centre d'usinage à gérer. Là, on amène des compétences nouvelles, et donc on va chercher des aptitudes différentes. C'est peut-être une des solutions à la pénurie de compétences disponibles. de réfléchir différemment avec le coût d'après à intégrer.
- Speaker #0
Et le co-robot que vous investissez, du coup, c'est sur cette notion de pénibilité ?
- Speaker #3
Dans le monde automobile, l'automatisation est inhérente déjà au volume. Donc, il faut avoir conscience que nous, ce qu'on appelle notre tag time, donc le nombre de pièces, la durée pour fabriquer une pièce, la fréquence de sortie de nos lignes de pièces est de l'ordre de 30 secondes. C'est-à-dire avoir des mouvements opérateurs. répétée toutes les 30 secondes. C'est un élément qui est très impactant pour les opérateurs avec des ports de charge, des développements TMS, donc de troubles musculato-squelettiques potentiels. Donc le premier élément de l'industrie automobile, ça a été développer les robots pour, un, tenir la cadence, puisqu'un robot modulo le temps de panne qui est extrêmement faible sur ces procédés qui sont aujourd'hui très fiables, il tient toujours la cadence, la même, il n'est pas fatigué, il n'est pas malade, etc. Donc l'industrie automobile a été une des premières industries à vraiment automatiser et robotiser l'ensemble de ces lignes de production. Donc nous, on a intégré nos 75 robots dans cette optique-là puisqu'on est passé d'un marché de petite moyenne série à un marché de très grande série. Oui,
- Speaker #0
cette notion de série est importante. C'est ce qui va faire la bascule des investissements aussi.
- Speaker #3
Exactement, tout à fait. Avec du coup un retour sur investissement qui est plus facilement amortissable quand on fait des produits à grand volume. Les axes qu'on a développés dans les dernières années, ça a été effectivement aussi développer ce qu'on appelle les cellules de débraquage. C'est-à-dire que des robots guidés par caméra et pilotés par l'IA. qui permettent d'aller récupérer une pièce dans un vrac de contenant et de prendre la pièce et de la mettre directement sur nos lignes de production. Donc là aussi, pas de port de charge, un flux continu et automatique. Et maintenant, l'intégration des cobots, c'est effectivement pouvoir faire des tâches plus complexes que ce que fait un robot aujourd'hui, et aussi plus faciles à intégrer, puisqu'un cobot n'est pas intégré à l'intérieur d'une cellule robotisée, puisqu'il est dans un environnement libre, comme si c'était une personne. et qu'il a l'ensemble des fonctions, c'est en cas de contact face à un objet, il s'arrête automatiquement pour ne pas avoir de blessure sur le monde autour de lui.
- Speaker #0
Oui, donc diminuer la pénibilité et puis surtout éviter les risques aussi. Tout à fait.
- Speaker #2
Et en termes de coût, c'est intéressant de savoir par rapport à un cobo ou un robot, aujourd'hui c'est plus facile d'investir dans un cobo, j'imagine que c'est quand même beaucoup moins cher, beaucoup plus facile de mettre en place ?
- Speaker #3
Ce n'est pas forcément moins cher en termes d'investissement propre, le Cobot versus un robot. Par contre, l'ensemble de l'environnement nécessaire à intégrer un robot, c'est ce qui coûte au global, quand on parle de s'il est robotisé, le plus cher. Donc effectivement, ce coût-là aujourd'hui est diminué sur des versions Cobot versus un robot.
- Speaker #0
L'automatisation, il y a aussi les cobots. Est-ce que ce sont la seule réponse réaliste à certains problèmes de ces métiers en tension ? Est-ce que pour vous, ça vous semble, je vous la pose à tous les trois, avec trois points de vue différents, pour vous, est-ce que ça vous semble être la seule solution ? Je ne sais pas qui veut réagir en premier.
- Speaker #2
Moi, ça va être très court. Je pense que j'ai l'impression que quand même, c'est l'évolution naturelle de l'industrie. En France, notamment, on a un coût du marché du travail qui est quand même relativement important. Avec Koubine à une difficulté de recrutement, la solution naturelle va justement vers encore plus d'automatisation, encore plus de robots, tout en gardant quand même certaines compétences, notamment des compétences qualifiées pour pouvoir piloter tout ça. Mais j'ai le sentiment que c'est un petit peu le sens de l'histoire. Et on a connu ça, il y a eu des vagues aussi de progrès techniques qui sont arrivées longtemps en arrière et on y est passé. Et malheureusement, enfin malheureusement ou heureusement, je ne sais pas, c'est peut-être ce qu'il y en a qu'on a à notre niveau aujourd'hui. C'est le sens de l'histoire, j'ai envie de dire.
- Speaker #1
Je dirais que ça dépasse même les frontières de la France, puisqu'on rencontre les mêmes difficultés de recrutement aux Etats-Unis, en Allemagne ou dans un bon nombre de pays. C'est 10 millions de travailleurs qui manquent aujourd'hui au niveau mondial.
- Speaker #0
Au niveau mondial.
- Speaker #1
Donc ça veut dire que vu le... Les enjeux démographiques que l'on a, le vieillissement de la population, nécessairement, il y aura moins d'entrants que de sortants. Donc mécaniquement, effectivement, on aura toujours cette difficulté volumique, ne serait-ce que volumique, à recruter. Donc il y a nécessairement d'autres questions à se poser qui touchent à l'automatisation, à la robotisation, qui viendront pallier en partie à ces difficultés de recrutement, encore une fois, que volumique, sans parler après de finesse liée à certains métiers encore plus techniques que d'autres.
- Speaker #3
Mais c'est certainement une des solutions, mais ça ne sera certainement pas la seule, pour pallier à ces difficultés-là.
- Speaker #0
Dans le monde, justement... Alors pardon, excusez-moi, Olivier.
- Speaker #3
Ce qui est sûr, c'est qu'aujourd'hui, l'automatisation et l'automatisation, ça ne remplacera jamais l'homme. C'est-à-dire que l'homme reste le cœur de l'entreprise. Ça, c'est un élément extrêmement important. Aujourd'hui, les usines totalement robotisées, automatisées, avec personne qui est là pour surveiller, ça n'existe pas encore. Donc ça viendra peut-être avec le développement de l'IA. Et toutes les choses qu'on peut voir aujourd'hui. Mais aujourd'hui, le cœur battant de l'entreprise reste l'homme. Et c'est un élément vraiment extrêmement important. Et on n'arrivera pas à s'en passer. Et heureusement, j'ai envie de dire. Parce que c'est aussi ce qui fait la culture et la richesse des entreprises, entre autres en France et dans la région. C'est ce savoir-faire qu'il faut arriver à maintenir. Et ça aussi oblige les entreprises à se réinventer par rapport à son positionnement sur les compétences et l'accompagnement. Et moi, je suis encore convaincu que la formation, et entre autres la formation interne à chacune des entreprises, sur ses propres métiers, c'est un des vrais vecteurs qui permet aussi de recruter et de faire monter en compétence des gens pour les amener au niveau de compétences requises dont on a besoin aujourd'hui dans l'industrie.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Jean-Daniel, quand on parlait justement au niveau international, est-ce que vous, dans vos recherches un peu sur ces sujets-là, est-ce qu'il y a des pays qui sont bien plus avancés sur l'automatisation ?
- Speaker #2
Alors oui, si vous voulez, on va faire un petit jeu. Je vous propose, selon des données de 2023, selon vous, quels sont les pays qui sont les plus robotisés dans leur industrie. Donc, on compte le nombre de robots par 10 000 habitants. Selon vous, quel serait le premier pays qui a le plus de robots dans ses usines ?
- Speaker #1
La Chine ?
- Speaker #2
Non, c'est un pays asiatique. C'est un pays asiatique, mais ce n'est pas la Chine. C'est la Corée du Sud. Non. Je vais vous donner le classement. Corée du Sud. Alors, les données 2023, depuis, ça a peut-être évolué.
- Speaker #3
Ça évolue très vite.
- Speaker #0
Je crois,
- Speaker #2
oui. 1012 robots par 10 000 salariés. en Corée du Sud, suivie par Singapour, la Chine et la première nation européenne est l'Allemagne. La France, elle, est environ à 180-190 robots pour 10 000 salariés. Donc, ça a certainement dû évoluer depuis parce qu'effectivement, comme vous le disiez, ça évolue très vite.
- Speaker #0
Et l'Allemagne, du coup, comment elle se positionne ?
- Speaker #2
L'Allemagne, 400 mètres.
- Speaker #0
Souvent, on a ça comme image. L'Allemagne, en Europe, c'est celle qui est, du moins, le pays le plus orienté vers les machines.
- Speaker #2
Alors, je... Je n'ai pas forcément la vraie explication, mais je dirais quand même que l'Allemagne, comme la France, mais peut-être encore plus encore l'Allemagne, est fortement marquée par l'industrie automobile. Et on sait depuis longtemps que l'industrie automobile, c'est une des premières industries qui a mis en place des lignes de fabrication automatisées. Donc je pense que ça vient aussi de cela. Et puis oui, c'est un pays industriel européen majeur. Donc c'est pour ça qu'ils sont à cette position-là, mais ça peut tout à fait évoluer chez nous aussi dans les prochaines années.
- Speaker #0
Pour faire aussi encore un peu débat, les industriels ne cherchent-ils pas encore les salariés de la même façon qu'il y a 20 ans ? Est-ce que ça s'adapte aussi en termes de recrutement de votre côté, Michel ?
- Speaker #1
Alors, nécessairement, ils ont été contraints, nos industriels, de revoir un peu leur pratique de recrutement. Thomas en faisait une explication en disant qu'on essayait d'attirer des personnes qui ne venaient pas de notre métier et de les former et de les accompagner dans le temps. Je dirais que ce n'est malheureusement pas suffisant parce que toutes n'ont pas la capacité à engager des dispositifs aussi importants que l'INEM a pu le faire. Mais grosso modo, je dirais même au-delà du recrutement, c'est est-ce que la question de fond, est-ce que l'entreprise a revu son management, sa manière de manager ses collaborateurs, d'intégrer des nouvelles générations ? Par expérience, je vous dirais non. Pas suffisamment. L'entreprise et l'industrie investissent beaucoup. Il y a une capacité à analyser un ROI assez rapide sur un investissement matériel. Elle fait très peu d'analyse de ROI sur l'impact d'une formation en management, d'une manière de réviser les codes de management. Et je pense qu'il y a un vrai levier dans beaucoup d'entreprises sur cette nouvelle approche. Il faut juste imaginer qu'il y a encore... Jusqu'à une dizaine d'années, on mettait manager le meilleur de nos techniciens.
- Speaker #0
Eh oui.
- Speaker #1
Parce qu'on pensait qu'il allait transmettre un savoir-faire. Sauf que ce qu'on attend d'un manager, c'est plus seulement de la transmission de savoir-faire. C'est deux métiers différents. Qui sont complètement différents. Et c'est là où le prisme s'est déformé et où aujourd'hui, on a des managers qui n'arrivent plus à embarquer leurs équipes. Face à ces évolutions de métiers, face à cette technologie qui arrive et qui pose des questions chez les collaborateurs. Les managers sont pour moi aujourd'hui la courroie de réussite ou d'échec de ces difficultés qui nous attendent.
- Speaker #0
C'est cette partie-là qui va être finalement un peu charnière entre la partie technologique d'un côté et l'approche finalement plus humaine des équipes et du management. Si je ne comprends rien, c'est bien ça.
- Speaker #1
On répète régulièrement que les salariés, quels qu'ils soient, quels que soient leurs postes, ont nécessité d'un équilibre vie pro-vie perso. On l'entend de plus en plus. On a une volonté de comprendre à quoi ils servent. On parle de sens. Et ça, ce n'est pas réservé qu'aux cols blancs, c'est tous les collaborateurs aujourd'hui qui peuvent se poser des questions. Vous parliez tout à l'heure du Covid, on s'est posé tous individuellement des questions sur notre place, sur ce qu'on vivait, ce qu'on avait envie de vivre. Et ça n'a pas échappé à l'industrie et aux métiers qui composent l'industrie.
- Speaker #2
Et je pense que c'est encore plus vrai chez les jeunes, où nous on est d'une génération où on a été éduqués, j'imagine, en disant il faut un travail, il faut... Le but c'est de trouver un travail, c'est d'être stable dans son entreprise. Le CDI. Le CDI, exactement, et du coup aujourd'hui, moi je pense que je suis à la limite de cette génération, mais j'ai encore ces valeurs-là, mais maintenant les jeunes, aujourd'hui, je ne sais pas ce que vous pouvez en dire, mais ils restent un an, deux ans dans une entreprise, ça ne leur pose aucun problème, et d'après ils vont aller dans une autre, faire autre chose, même de changer de métier, ce qui avant n'était pas forcément très bien vu. On ne le faisait pas en fait.
- Speaker #3
Effectivement, le rapport au travail a changé dans la société aujourd'hui. Et qu'effectivement, on a une nouvelle génération. Moi, ça fait quand même quelques années que je fais des entretiens de recrutement et on a des questions qui ont évolué au cours du temps sur des aspects sur lesquels les sociétés doivent aussi se réinventer pour rester attractives auprès de personnes avec l'évolution de la société. Et aujourd'hui, est-ce que l'industrie est aussi attractive que ce qu'elle pourrait être avec... tout un tas de nouveaux métiers dont on a entre autres parlé tout à l'heure, versus des sociétés type Google, Amazon ou des sociétés de ce type-là. Aujourd'hui, les jeunes ont plutôt tendance à aller vers la tech, telle qu'on peut la voir liée à Internet, l'IA et l'ensemble de ces éléments-là. Et on se doit en tant qu'industriel de rester attractif et de s'adapter aussi à cette nouvelle population qui est le cœur futur du marché du travail.
- Speaker #2
Après ce tournant, je pense que ça peut être... parce que... Le déficit d'images dont on parlait tout à l'heure, il est vrai, mais il n'est pas que vrai. Parce que quand on va vraiment derrière, quand on pousse vraiment les portes des ateliers, aujourd'hui, on se rend compte qu'on n'est pas dans les images qu'on peut voir sur les photos des vieilles industries des années 1900. Quand on a dans le club,
- Speaker #1
où on a des vieilles photos.
- Speaker #2
Voilà, où ça fourmille de personnes, où c'est très manuel. Non, là, on a vraiment...
- Speaker #0
Où c'est gris, c'est sombre. Voilà, là,
- Speaker #2
on a des robots, ça peut attirer quand même. Moi, j'ai un fils de 10 ans qui est fasciné par les robots. donc je me dis peut-être On a une génération qui arrive, qui va vouloir retrouver l'industrie via ces nouvelles technologies que sont les robots et l'IA.
- Speaker #0
Justement, ça va me permettre de faire la transition pour la deuxième partie. Sur cette transition, c'est surtout l'idée aux personnes qui nous écoutent et qui nous regardent de nous suivre sur toutes les plateformes, les plateformes de podcast, mais aussi de nous suivre sur la chaîne YouTube où vous pourrez retrouver toutes les vidéos. du Club G, puisque cette émission est créée par le Club G. Et surtout, de suivre ce média, c'est important. Donc voilà, on va pouvoir passer à la deuxième partie. Donc, robots, IA, automatisation, où faut-il investir demain ? Si le constat est partagé, justement, on l'a vu sur cette première partie, sur les tensions de recrutement, une autre question se pose désormais aux dirigeants. Quand il devient difficile de trouver les compétences dont on a besoin, faut-il continuer à investir dans l'humain ou accélérer dans l'automatisation ? Donc cette notion d'accélération. Autrement dit, quel est le meilleur investissement pour préparer son usine de demain ? L'automatisation est-elle prête technologiquement ? Donc je me tourne vers Jean-Daniel. Alors j'ai de nouveau des chiffres aussi. J'aime bien m'amuser avec les chiffres. La Fédération Internationale de la Robotique. IFR indique que l'Europe occidentale atteint désormais, comme vous l'avez un peu indiqué, 267 robots pour 10 000 salariés industriels, c'est ce qu'on a vu, et donc du coup la Corée qui est en tête de tout ça. Alors l'automatisation est-elle encore un choix stratégique ou déjà une obligation ?
- Speaker #2
Je pense que oui, on en force des portes ouvertes, mais c'est devenu quasiment une obligation dans nos besoins d'industrie. Les technologies sont là, on le voit bien quand on va régulièrement dans des salons industriels et on se rend compte que la part des exposants qui présentent des robots, des cobots, des technologies IA sont de plus en plus importantes et je pense parce que le marché est là, le marché est prêt. Et là, comme je disais tout à l'heure, là où c'était réservé à des grands industriels, aujourd'hui c'est réservé à des plus petites structures, on a un coût qui baisse. Il est facile de calculer aussi le retour sur investissement d'un robot. Un robot, c'est un prix fixe. Un salarié, on sait en combien de temps on va pouvoir le rentabiliser en quelque sorte, à l'inverse d'un salarié. C'est un petit peu différent. Et notamment dans les métiers, là peut-être je déborde un petit peu, mais il y a des métiers qui sont parfaits, qui étaient notamment en pénurie, dont vous disiez tout à l'heure, qui sont parfaits pour ce type de technologie.
- Speaker #0
donc oui oui l'automatisation est prête Est-ce que du coup on va pouvoir gagner en compétitivité grâce à cette automatisation, grâce à ces co-robots, grâce à l'intégration peut-être prochainement de l'IA ? Est-ce que c'est vraiment l'enjeu au-delà de la pénurie ?
- Speaker #2
Oui, c'est le but aussi. Je veux dire, c'est de faire une pierre deux coups en se disant, aujourd'hui on a cette problématique de recrutement, comment on peut y pallier ? Et en plus, on est mondialisé, on a des pays dans le monde entier qui ont des usines d'autonomatiser. qui sont hyper compétitives. On pense à la voiture électrique. Je ne regardais pas plus tard qu'hier, en préparant l'émission, une usine en Chine complètement automatisée. Elle est dans le noir parce que finalement, ils se disent les robots n'ont pas besoin d'être à la lumière et d'être chauffés. C'est quand même piloté par encore quelques humains. C'est indispensable. Mais oui, aujourd'hui, pour faire face à la mondialisation et à l'émergence des pays... qui ne sont plus maintenant émergents, qui sont là industriellement et qui sont prêts, je pense que c'est important.
- Speaker #0
On peut dire que l'IA va transformer aussi l'usine, l'usine de demain ? Est-ce que l'IA va faire sa part dans tout ça ?
- Speaker #2
Oui, parce que finalement, ça va avec. Au final, au début, on était sur des robots qui étaient plus pour faire des tâches répétitives ou de la cadence ou de la tâche pénible. Aujourd'hui, l'IA va... Ça va être un plus par rapport à tout ça. On pense notamment à la maintenance prédictive. On va pouvoir penser également au contrôle visuel, puisque finalement, aujourd'hui, un humain, il contrôle très bien. Mais peut-être qu'une machine, on va pouvoir l'entraîner à vérifier des pièces sur un contrôle visuel.
- Speaker #0
Est-ce que justement, sur le terrain, Thomas, de votre côté ?
- Speaker #3
Je vous confirme que l'IA intègre les usines d'aujourd'hui et elle va être de plus en plus prépondérante dans l'usine de demain. Aujourd'hui, entre autres dans le monde de l'usinage et de l'usinage automobile, la data est présente de partout. Il y a dix ans, on enregistrait très peu de choses, en tout cas sur du papier. Aujourd'hui, l'ensemble de nos suivis qu'on appelle SPC, donc enregistrement de data qualité, de mesures, l'ensemble de l'état de nos machines, est-ce qu'elles sont effectivement en train de produire, est-ce qu'elles sont affamées, bloquées ? en état d'arrêt, tout ça est enregistré et on a une manne de data à exploiter pour augmenter la productivité de nos sites et augmenter la rentabilité de nos sites. Oui,
- Speaker #0
ça va avec.
- Speaker #3
Productivité et rentabilité sont directement liés. Il n'y a aucun doute. Et comme vous le disiez, aujourd'hui nos concurrents, entre autres dans le monde automobile, ils ne sont pas dans la vallée du Gier, ils ne sont pas en France, ils sont en Inde, ils sont en Chine, où l'ensemble des coûts du travail sont drastiquement différents des nôtres. et où l'automatisation est déjà en place et va très très très très vite. Donc si on veut sauvegarder nos emplois, nos compétences et notre business en Europe, c'est un combat quotidien qui est d'avoir toujours un coup d'avance et d'être plus performant que nos concurrents. L'automatisation sur les dix dernières années et l'IA dans les cinq prochaines années va être un élément majeur pour qu'on garde cette rentabilité et cette productivité.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a du coup des nouveaux métiers qui vont apparaître ou qui ont déjà commencé à apparaître,
- Speaker #3
notamment chez l'univers ? Entre autres, on est en train de réfléchir à intégrer des data analysts dans nos usines aujourd'hui. Comme je vous le disais, on a une manne de data extrêmement importante à analyser. Derrière, il faut qu'on arrive à les traiter parce que trop de data à non exploiter, ça ne sert à rien. Donc, savoir trouver les bons éléments qui permettent d'optimiser et de piloter nos flux de production et aussi effectivement le développement de la maintenance prédictive. Donc arrivé aujourd'hui, on a des capteurs sur l'ensemble de nos machines qui doivent nous alerter en amont d'une défaillance à venir.
- Speaker #0
Alors vos équipes, avec l'arrivée justement de cette automatisation, comment l'ont vécu ? Est-ce que vous avez senti l'idée de la réticence ? Est-ce qu'il peut y avoir aussi ce côté « je ne veux pas être remplacé par un robot » ?
- Speaker #3
Alors aujourd'hui, non. On n'a jamais eu cette, enfin en tout cas moi je l'ai jamais ressenti et c'est jamais transparu dans l'ensemble des éléments d'analyse qu'on a fait avec nos personnels. L'automatisation elle s'est toujours accompagnée avec du développement, donc avec du nouveau business, avec réinventer l'entreprise, aller démarcher des nouveaux clients, rentrer des nouveaux marchés. Donc l'automatisation elle a systématiquement été bien accueillie et elle s'accompagne aussi de tâches qui étaient répétitives et lourdes au niveau du physique qui aujourd'hui n'ont plus lieu d'être dans une usine automobile du XXIe siècle. Donc on va dire que l'automatisation a toujours été prise comme un plus, et cette opposition robot-homme qu'il y aurait pu avoir il y a une vingtaine d'années, aujourd'hui, en tout cas à l'univers Saint-Chamond, elle est inexistante.
- Speaker #0
Elle est inexistante. Est-ce que Michel, vous pouvez témoigner de la même chose pour d'autres entreprises ?
- Speaker #1
Je pondère un tout petit peu ce propos-là, puisque... Plusieurs sujets. Le premier, c'est qu'effectivement, on a plutôt tendance à automatiser ou robotiser des tâches répétitives. Il faut juste percevoir que la tâche répétitive amène un peu de savoir-faire aussi. Quand on la supprime complètement, comment on acquiert ce savoir-faire qui devient important dans la phase critique d'analyse d'après, en se disant maintenant que l'IA nous remonte telle problématique, est-ce qu'elle est vraie ou est-ce qu'elle n'est pas vraie ? Et donc avoir la phase critique qui nous fait permettre de dire j'ai suffisamment d'expertise pour... challenger un peu la réponse que l'IA parce qu'il faut aussi se rappeler que l'IA, on parle de shadow IA, il y a parfois quand même un peu de biais qui se créent avec l'IA. Donc la vraie question de fond aussi derrière c'est comment j'accompagne ce changement là et comment je m'assure qu'un junior qui rentre dans un métier franchisse les étapes nécessaires pour un jour devenir expert et avoir la capacité à analyser ce que mon IA ou mon robot va faire à sa place. Donc ça c'est un vrai sujet.
- Speaker #0
L'apprentissage et les compétences puisque vu qu'on est déjà sur une perte de compétences Est-ce que l'idée derrière d'Aveclia, ça va être encore de continuer cette perte de compétence ? C'est le danger.
- Speaker #1
C'est un peu le danger qui peut s'accélérer et c'est surtout un déplacement de compétence. C'est que là où on apprenait de la tâche répétitive qui devenait un acquis et donc un réflexe, maintenant il va falloir l'amener sur des solutions d'arbitrage, et ce n'est plus tout à fait la même compétence développée, capacité d'analyse de ce que me remontre l'information, quand avant la tâche répétitive devenait un acquis et... Quelque part, je ne me posais plus forcément la question parce que je l'avais intégré dans mon propre comportement et c'était intuitif. Là, on amène à déplacer un peu le curseur et donc ça va un peu d'accompagnement. Donc oui, bien évidemment, ça réinvente l'entreprise, ça lui amène des nouveaux marchés, mais in fine, à moyen long terme, est-ce que ça ne dépasse pas le problème vers comment on va intégrer les compétences nouvelles avec des personnes qui avaient acquis un savoir-faire de par cette répétition, ce temps qui est passé, à leur permettre d'apprendre ces compétences.
- Speaker #0
Alors, peut-être une question du coup, même qui peut être intéressante d'avoir vos réactions à tous les trois. Quelle place va-t-il rester à l'humain dans l'usine de demain ?
- Speaker #1
Je crois que Thomas a donné la réponse tout à l'heure. Elle va rester centrale. C'est qu'une usine qui fonctionne encore à date sans humain, il y en a quelques-unes qui sont en embryon. Mais néanmoins, il y a toujours quelqu'un qui va venir régler un robot, qui va venir paramétrer un système. Jusqu'à présent, on nous prédit une IA qui va fonctionner toute demain sans l'homme. Elle n'est encore pas arrivée. Elle arrivera peut-être un jour, mais à date, on a du mal à se passer de l'homme dans tout ça. Donc elle restera centrale. Elle sera déplacée vers d'autres aspects, mais elle restera centrale.
- Speaker #2
Oui, on va dire à court-moyen terme, c'est sûr que la place de l'humain sera centrale. Après, si on se projette plus loin, vraiment loin, on voit, on a tous vu des... des films de science-fiction où on disait des robots qui ont une main sur deux jambes avec des mains. Il y a encore 3, 4, 5 ans, ça nous faisait penser que c'était vraiment de la science-fiction. Aujourd'hui, on commence à avoir ces robots humanoïdes. Demain ? Peut-être que dans l'usine, complètement, il y aura des robots type Cobot avec des bras articulés, mais peut-être qu'il y aura un robot humanoïde pour piloter tout ça. Donc oui, ça va rester central, ça sera toujours piloté par un humain, mais peut-être qu'opérationnellement dans l'usine, vraiment, on peut peut-être voir ça différemment. Je ne sais pas, l'avenir nous le dira.
- Speaker #0
Est-ce que chez Linama ? Vous avez la même sensation de ce futur lointain, apparemment ?
- Speaker #3
Lointain, c'est toujours dur de se projeter en 20-30 ans, même si les choses s'accélèrent de plus en plus. Mais je vais redire ce que j'ai dit tout à l'heure. La culture d'une entreprise, elle passe par l'humain. Et ça, c'est primordial. Et il ne peut pas y avoir d'entreprise, d'usine, de société, sans avoir un fond de culture sur lequel repose la structure même de l'entreprise. Et j'ose espérer que cette culture-là, elle passera toujours par les hommes.
- Speaker #0
Oui. Alors, mais du coup, on va dire que les opérateurs vont devoir prendre beaucoup plus, finalement, au niveau technique, être finalement des techniciens de supervision. Est-ce que ça va être plutôt ça, l'avenir de certains métiers ? Qu'est-ce que vous en pensez, vous,
- Speaker #3
du côté de l'IMEA ? En tout cas, sur l'aspect industrie automobile, on va dire des postes de chargement, déchargement, sur lesquels on ne fait qu'un... Un apport physique de déplacement d'une pièce va être amené à disparaître. Ça, c'est clair. Donc, c'est pour ça qu'on travaille, comme je disais tout à l'heure, sur de la formation, sur le développement de compétences pour que l'homme se décharge de l'ensemble de ses tâches répétitives impactant la santé pour se concentrer sur des tâches de diagnostic, d'œil critique par rapport à l'ensemble des datas aussi que l'IA va pouvoir lui amener demain.
- Speaker #0
Oui, donc les compétences et notamment la formation va devoir... s'adapter finalement à tout ça ? Est-ce que c'est prêt par rapport à ça ? Votre avis, Michel ?
- Speaker #1
Je dirais qu'aujourd'hui, c'est un peu pour ça qu'on parle de plus en plus de soft skills que de hard skills. C'est qu'on va plutôt miser sur la capacité d'adaptation d'un individu à faire face à tous ces changements qui s'accélèrent. Et donc, quelle est sa capacité à intégrer une nouveauté plutôt qu'à savoir faire le même geste qu'il a appris et qu'il a répété durant toutes ces années. Donc, ça déplace effectivement les sujets et pour lesquels, il va falloir que l'entreprise investisse sur des choses un peu moins tangibles qu'elle avait l'habitude d'avoir, de gestes, de réglementations qui rassurent, parce que l'industrie se rassure dans la répétition et la répétabilité des choses, puisque c'est ce qu'elle vend à ses clients, une pièce qui est la même depuis du 1er janvier au 31 décembre. Et donc ça amène des standards, ça amène des méthodes. Là, on rentre dans des sujets qui doivent avoir cela, mais qui amènent de nouveautés chez le collaborateur. d'être capable de s'adapter en permanence. Et là, il va falloir investir sur ces compétences-là.
- Speaker #0
Et là, c'est difficile, par contre, de les trouver. On va dire actuellement, si on devait se dire sur le marché.
- Speaker #1
Est-ce que c'est acquis ou est-ce que c'est inné ? C'est tout ça qu'il va falloir mettre en place. Et comment on amène les compétences et le collaboratoire à réfléchir différemment que ce qu'ils ont eu l'habitude de faire dans le passé ?
- Speaker #2
Et je pense que ça peut être aussi, parce que là, depuis tout à l'heure, on parle beaucoup de... de remplacement d'humains dans les ateliers, mais peut-être que justement l'humain qui va avoir un vrai savoir-faire dans l'atelier va devenir indispensable. A l'inverse, dans une entreprise, même industrielle, il y a beaucoup de fonctions, on devrait dire supports, tels que au niveau de la comptabilité, au niveau des bureaux d'études, au niveau du commerce, au niveau de tout ce type de fonctions qui peuvent, elles, peut-être... On imagine la robotisation et l'automatisation dans l'atelier, mais en réalité, peut-être qu'elle est en dehors de l'atelier et elle est peut-être sur tout ce qui tourne autour.
- Speaker #1
La vraie difficulté, elle concerne surtout les individus qui se confortent dans des tâches répétitives, parce que tout le monde n'a pas forcément l'envie d'évoluer. Et donc, c'est aussi réconfortant de faire la même chose, parce que je maîtrise et que je suis en zone de confort. Et donc là, on amène des personnes qui se sentent bien dans ce qu'elles font à repenser différemment. Alors, d'un point de vue Macron, on se dit oui, c'est bénéfique pour l'entreprise. D'un point de vue micro, pour l'individu, c'est une vraie complexité. Et là, ça génère parfois des peurs de se dire, mais mon métier va tellement changer que je n'ai plus de place. Et on amène effectivement à une appréhension. La facturation électronique, on a l'exemple, ça supprime la saisie là où des personnes étaient payées pour faire de la saisie.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Alors sur l'INAMA, vous le vivez ? Pour le moment, vous avez dit qu'il n'y avait aucune crainte, tout avait été amené en termes d'automatisation. Il y a le Corobo qui va arriver. Est-ce que justement, comment vous vous approchez du moins, même en termes de management, par rapport aux équipes, par rapport à ces ambitions justement de faire changer cette usine pour la rendre plus compétitive au niveau international ? Est-ce que ça, c'est vraiment des points ? Parce que pour moi, ça me semble être le point un peu charnière.
- Speaker #3
Aujourd'hui, sur nos développements de plan de formation, on a systématiquement trois axes depuis les dernières années. Un, tout ce qui est réglementaire, sécurité, qualité, parce que c'est extrêmement important dans le monde automobile. Deux, tout ce qui est développement des compétences techniques, y compris nouvelles technologies dont on est en train de parler. Et trois, tout ce qui est développement du management et des soft schemes. Donc aujourd'hui, on a vraiment ces trois axes-là et en ordre de grandeur, on a des investissements de formation qui sont du même ordre de grandeur sur chacune de ces trois branches. Donc oui, on essaye d'accompagner nos salariés, nos collaborateurs dans cette démarche, dans cette évolution du monde du travail qui est vrai pour l'industrie mais aussi vrai, comme c'était souligné, sur tout un tas d'autres métiers qui vont être forcément impactés par le développement de l'IA dans les années qui viennent.
- Speaker #1
Et souvent l'IA nous fait gagner du temps, c'est un peu le premier doigt qu'on met dans l'IA en disant « je vais me faire gagner du temps sur un certain nombre de sujets » . La vraie question qui suit c'est « qu'est-ce qu'on fait de ce temps gagné ? » . Sur quoi on redéploie ce temps-là pour l'individu ? Est-ce que c'est pour faire plus de dossiers ? Quand il a 10, il va pouvoir en traiter 15. Donc ça veut dire qu'on pallie en partie une partie de pénurie de compétences parce que ce surplus, on peut le répartir différemment. Donc on a moins besoin de recruter puisqu'on va pouvoir reporter sur d'autres. Ou c'est amener à faire d'autres choses, d'autres missions. Et là, ça s'accompagne aussi avec de la formation, de l'accompagnement et du management qui va autour. Le vrai sujet, c'est qu'on l'a tous les jours dans nos vies où on utilise l'IA. Est-ce que le temps que je gagne, c'est pour aller sur TikTok ou pour en faire autre chose ? Mais dans l'entreprise, c'est à peu près la même chose.
- Speaker #3
On évite d'aller sur TikTok quand on est dans l'entreprise.
- Speaker #1
On ne va pas sur TikTok, quoique ça reste à prouver pour certains. Mais en tout cas, vous allez faire quoi avec le temps qu'on vous fait gagner grâce à l'IA ? Et quelles valeurs vous allez pouvoir créer dans votre propre développement ? tout ce que vous allez voir.
- Speaker #0
Oui, donc ça va être important de repenser finalement l'usine de demain dans vraiment comment on s'organise dans l'organisation de tout ça et d'essayer de revoir un peu, moi, ce que j'appelle du coup véritablement les usages pour répartir en fait les charges, l'organisation de qui fait quoi, à quel moment et autres en fait. Donc l'enjeu est finalement conséquent sur l'ensemble de l'entreprise, comme sur les professions connexes.
- Speaker #1
Oui, et puis si on reprend le manager, il a été habitué à... parfois à arbitrer, à accompagner, et puis à contrôler si c'est juste ou si c'est faux. Là, c'est la machine qui va dire si c'est juste ou si c'est faux. Donc son rôle va lui-même évoluer. Le manager, qu'est-ce qu'on va attendre d'un manager demain ? Quand son collaborateur va se délester d'un certain nombre de sujets, ou c'est la machine qui saura plus que l'individu, quel devient le rôle du manager ? Et donc toutes ces évolutions-là de manager, il faut les prendre en compte.
- Speaker #3
Après, je crois que c'est une vraie réflexion globale de société. C'est qu'on est en train de dire que l'IA va effectivement faire gagner du temps. Est-ce que le temps gagné, on l'utilise à créer plus de valeur ajoutée sur le bien des entreprises ? Ou est-ce qu'on l'utilise sur d'autres éléments qui sont aussi importants dans la vie, comme des loisirs ? Oui, donc l'organisation du travail. Et c'est aussi ce qui va forcément changer dans les années qui viennent, le rapport au travail et l'organisation du travail.
- Speaker #0
On est déjà un peu dans ces questionnements sur la valeur du travail avec la nouvelle génération en plus.
- Speaker #1
Oui, je pense que ça serait trop simpliste de dire que les jeunes attendent plus. Je crois que ça va dépasser les jeunes. On a autour de nous beaucoup d'entreprises, de chefs d'entreprise. Il y a de moins en moins de personnes dans les ateliers un vendredi après-midi ou au-delà de 5 heures un vendredi. Donc, ce n'est pas que les jeunes aujourd'hui. C'est d'une manière générale, on sent que la place du travail a glissé. En tout cas, plus la valeur première, la tente première de chaque individu.
- Speaker #0
Alors, ce que je vous propose, c'est de conclure du coup cet épisode. Allez, avec une question, si on se projette justement en 2035 dans une usine performance, est-ce qu'il sera plus difficile à trouver finalement des salariés, des compétences ou du coup des entreprises capables de justement de se transformer ? 2035, est-ce que ça va être à quel niveau ? Les salariés, les compétences ou justement cette capacité à se transformer ?
- Speaker #1
Je dirais que l'entreprise qui n'a pas réussi à se transformer en 2035, elle n'existera déjà plus. Déjà ?
- Speaker #3
Ça c'est sûr.
- Speaker #1
La transfo, elle se fait aujourd'hui. Dès aujourd'hui, la transfo, tous les jours, Thomas, est confronté à des problématiques qui n'existaient pas dans le passé. Il a fallu s'adapter, moins de personnel, des personnels différents, des clients avec des attentes différentes, des niveaux d'exigence plus importants. Donc l'adaptation, elle est réelle et elle est permanente. L'entreprise qui ne s'est pas adaptée en 2035, elle n'existe plus. Donc celle qui existe encore en 2035, c'est qu'elle a déjà appris à s'adapter. Elle en a fait son ADN, quelque part.
- Speaker #2
Oui, c'est obligatoire. Je pense que c'est obligatoire d'avoir... De s'être adapté, d'avoir investi sur des nouvelles technologies d'IA, sur des robots, sur des cobots. Alors on va me dire, oui mais ce n'est pas forcément évident, on parle de l'INAMAR, mais le tissu industriel n'est pas forcément d'entreprise comme l'INAMAR. Il y a aussi des PME, des petits usineurs, des petits mécanos. Mais bon, même à leur échelle, je pense qu'ils sont capables d'automatiser certaines tâches, même sur des tâches de fonction support, qu'on va dire. je veux dire le chef d'entreprise qui prend l'habitude tous les soirs de traiter ses factures ou quoi que ce soit, peut-être que demain, il aura un outil qui va lui permettre de faire ça automatiquement et de se concentrer, lui, peut-être sur une tâche à haute valeur ajoutée pour lui ou aller chercher de nouveaux clients ou quoi que ce soit. Donc oui, au même titre qu'il y a peut-être 50 ans, l'ordinateur est devenu indispensable. Aujourd'hui, ces outils de robotisation et d'IA, ils sont... Je pense qu'ils le sont encore plus indispensable que ce qu'on a pu vivre comme des changements, comme l'arrivée de l'ordinateur ou d'Internet. C'est encore décuplé.
- Speaker #0
Mais du coup, on va se poser quand même la question de la compétence. Forcément, parce qu'il va falloir s'adapter avec tous ces nouveaux outils aussi. Et l'IA, il va falloir aussi apprendre à s'en servir. Est-ce que vous êtes d'accord également ?
- Speaker #3
Je suis d'accord. On parle effectivement de compétence, mais on parle aussi, je pense, d'œil critique. Et c'est ce qu'on a développé tout à l'heure. C'est qu'une IA, elle n'a de valeur. qu'en fonction des datas qu'on lui met en entrée et de l'œil critique qu'on est capable d'apporter derrière. Donc l'homme, là aussi, aura toujours sa part entière dans tout ça pour éviter toute dérive.
- Speaker #0
Donc un dirigeant industriel aujourd'hui, vous lui direz justement dans les 12 prochains mois quelles décisions il doit prendre. Allez, chacun une décision rapidement. Un dirigeant industriel ?
- Speaker #1
Je dirais qu'avant d'investir dans un robot ou une IA qui a un investissement conséquent, prenez quelques heures à réfléchir à l'organisation qui va autour et l'organisation de demain.
- Speaker #3
Je suis d'accord, c'est prise de recul, prise de hauteur. Où est-ce que je ne crée pas de valeur ajoutée ? C'est ça qui doit arriver la décision effectivement sur mon investissement annuel, dans quoi investir pour renforcer ma valeur ajoutée et mon... coût généré par la valeur ajoutée.
- Speaker #2
Pareil, je dirais qu'il faut surtout être à l'écoute. Surtout être à l'écoute, ne pas se fermer, ne pas être réticent à cette nouvelle technologie en se disant « mais de toute façon, ce sera toujours l'homme » . C'est rester ouvert, rester à l'écoute. On va se le dire, on reste au début, même si ça va très vite. Tout n'est pas encore en place. Peut-être que demain, il y a des solutions qui n'existent même pas encore aujourd'hui, qui vont arriver sur le marché ou qui vont révoluer certaines choses. Je dirais rester à l'écoute, ouvert et optimiste par rapport à tout ça.
- Speaker #1
Oui, et puis l'IA est un vaste sujet. L'IA générative d'aujourd'hui n'est pas l'IA d'il y a deux ans. Donc, il y a des steps qui ont déjà été franchis et qui seront franchis encore.
- Speaker #2
Et puis l'IA, on parle beaucoup d'IA, l'IA générative, mais finalement, ça ne veut pas dire grand-chose. C'est simplement une puissance de calcul qui a été décuplée des outils informatiques ces dernières années.
- Speaker #0
L'automatisation, de toute façon, était déjà bien poussée sur certains sujets. Oui,
- Speaker #2
on est bien d'accord.
- Speaker #0
Finalement, on parle d'humanoïdes aussi. J'aime souvent dire que c'est une forme. La robotique, elle était déjà presque prête sur pas mal de points. On est d'accord avec ça aussi ?
- Speaker #3
Oui, c'est sûr. C'est pour ça que pour moi, l'IA industrielle, demain, soit de l'IA productive. Pas de générative, c'est une IA qui doit être dédiée à optimiser nos flux de production et la valeur ajoutée qu'on est capable de créer à moindre coût.
- Speaker #0
Très bien. Alors, merci à tous de nous avoir suivis. Merci à vous aussi d'avoir été présents avec moi. Rendez-vous pour un prochain débat, un prochain sans filtre, où nous partirons, comme à chaque fois, des grands enjeux économiques et industriels pour revenir au concret, au terrain, à ceux qui les vivent et les construisent chaque jour. Parce que c'est important, du macro au terrain, pour comprendre et décider. parce qu'au fond, on apprend mieux l'avenir quand on écoute ce... qui la fabrique.