Speaker #0Est-ce que ça t'arrive de sortir d'une discussion et de ne plus savoir ce que tu penses ? Tu arrives avec un avis, quelqu'un argumente, est convaincant et tu commences à douter. Tu changes d'avis, puis tu rechanges et après tu te demandes. Mais en fait, est-ce que je suis influençable ? Pourquoi je n'arrive pas à rester stable dans mes positions ? Est-ce que je manque de personnalité ? Si tu es hypersensible, c'est une question qui revient souvent. Et non, ce n'est pas un hasard. Dans cet épisode, on va comprendre pourquoi tu as cette impression de tout le temps être influencée. Quel est le lien avec l'hypersensibilité ? Et surtout, comment retrouver ton axe intérieur sans te sentir rigide, fermé ? Le problème, ce n'est pas que tu comprennes les autres, le problème, c'est que tu te perds de toi-même. Bienvenue dans Sensible mais pas fragile, le podcast des hypersensibles qui veulent faire de leur fonctionnement un atout dans leur vie pro et leur vie perso. Moi, c'est Julie Souchard, je suis coach professionnel et je publie chaque semaine un épisode sur ma chaîne YouTube et sur mon podcast « Sensible mais pas fragile » . Je partage aussi d'autres ressources gratuites comme un test pour évaluer ton hypersensibilité et j'anime chaque mois une masterclass gratuite. Tu retrouveras tous les liens en description de cet épisode. Alors non, tu n'es pas faible mais tu intègres beaucoup d'informations. Avant de parler de solutions... concrètes, on va mettre déjà un peu les choses au clair. Si tu as l'impression d'être influençable, ce n'est pas parce que tu n'as pas d'avis. C'est rarement le cas. La plupart des hypersensibles ont des avis construits parce que justement ils pensent, ils analysent, ils pèsent le pour et le contre. Le problème ne vient pas d'un manque de réflexion, mais plutôt d'un excès d'intégration. Alors je vais expliquer un petit peu ce que ça veut dire. En fait, toi, tu ne vas pas capter juste les mots, tu vas capter beaucoup plus de choses. Quand quelqu'un te parle, tu n'écoutes pas seulement les arguments. Tu vas percevoir le ton, l'assurance, l'émotion, la posture. Si la personne est convaincante, très affirmée, très sûre d'elle, tu vas le ressentir physiquement. Et en fait, ton cerveau va enregistrer ça comme une donnée supplémentaire. Quand une personne traite simplement un argument A contre un argument B, toi tu vas traiter les arguments l'intention, la cohérence, l'émotion, le contexte et les conséquences possibles. C'est beaucoup plus dense. Donc ce n'est pas de la faiblesse, c'est vraiment une capacité d'analyse élargie. Mais si tu manques d'ancrage, tu peux donner trop de poids à tous ces signaux. Un autre point qui est important, c'est que tu es capable de comprendre tous les points de vue. Quelqu'un expose une position différente, toi tu vas voir la cohérence. Tu vas identifier les raisons. Et là, ton mental fait un raccourci dangereux. Si je comprends, c'est peut-être que c'est vrai. Si c'est cohérent, c'est peut-être mieux que mon avis. Sauf que comprendre ne veut pas dire adhérer. Mais c'est vrai que chez les profils hypersensibles, la frontière peut être floue. En tant qu'hypersensible, tu vas être ouverte, nuancée et curieux. Et cette ouverture, si elle n'est pas stabilisée par une bonne estime de soi, peut se transformer en doute permanent. Alors ce qu'il faut comprendre, c'est que ton mental, il adore tout remettre en question. Tu n'es pas du genre à penser noir ou blanc. Tu doutes, tu explores, tu cherches la nuance. Et donc quand quelqu'un apporte un nouvel argument, ton cerveau fait immédiatement comparaison, évaluation, projection, scénario. Et parfois ça va très vite. Tu étais convaincu et en 30 secondes tu vois déjà des failles possibles dans ton raisonnement. En fait c'est pas que tu n'as pas d'avis, mais que tu as cette capacité de remettre en question ton propre avis. Et si tu as en plus un petit fond syndrome de l'imposteur, la petite voix arrive. Et si je me trompais ? Et si l'autre était plus compétent que moi ? Alors, juste pour rappeler, le syndrome de l'imposteur, c'est vraiment ce qui va te faire douter de ta propre légitimité. Ce qui va te faire douter de tes compétences. Et enfin, il y a aussi un autre point qui est important, c'est ton besoin d'harmonie. On ne va pas se mentir, beaucoup d'hypersensibles ont beaucoup de mal avec la tension, avec le conflit. Donc parfois, tu ne changes pas d'avis parce que tu es convaincu, tu changes d'avis. parce que le débat monte, la tension monte, et toi tu veux préserver la relation, tu veux éviter le conflit, tu veux rester apprécié. Et ça c'est subtil. Et tu peux même parfois te persuader que tu es d'accord, alors qu'au fond tu as juste voulu apaiser. Donc si tu te reconnais là-dedans, c'est pas un problème de personnalité, ça va être un mélange de beaucoup d'empathie, d'un mental qui analyse beaucoup, une forte capacité à comprendre les autres. une sensibilité au regard des autres et parfois une estime de soi fragile. Donc le vrai sujet, ce n'est pas l'influence, c'est vraiment l'ancrage intérieur. Et c'est ce qu'on va aborder tout de suite. Le problème, souvent, c'est que tu ne... Ne fais pas confiance à ton propre jugement. Finalement, ce qui fatigue, ce n'est pas de comprendre les autres. Ce qui épuise, c'est de savoir si ton avis a moins de valeur que les autres. Au début, ça peut ressembler à de la flexibilité. Tu ajustes, tu évolues, tu écoutes. Et puis, petit à petit, quelque chose s'installe. Tu remarques, par exemple, que tu demandes beaucoup l'avis des autres avant de décider. Tu hésites longtemps. Tu reviens sur tes choix. Tu vérifies que c'est OK pour les autres. Et surtout, tu ne te crois pas. pas complètement. En fait, ce qui se passe, c'est que tu mets un petit peu l'extérieur au-dessus de toi. Quand quelqu'un expose son avis, ton cerveau fait « il a peut-être plus raison que moi » . Pas parce que son argument est meilleur, mais parce que tu as intégré une croyance. « Mon jugement a moins de valeur » . Et ça, c'est clairement une question d'estime de soi. Si au fond de toi, tu penses que tu peux te tromper, que tu n'es pas légitime, que tu n'as peut-être pas toutes les cartes, l'avis extérieur va devenir une référence. Pas une information, une référence. Et là, en fait, tu perds ton axe. Et c'est là qu'on peut tomber dans un cercle vicieux. Tu vas changer d'avis sous l'influence du moment, puis plus tard, au calme, ton intuition revient. Et là, tu te dis, je le savais. Pourquoi j'ai encore changé d'avis ? Ce dialogue interne, il peut vraiment être violent, parce qu'en fait, il va installer une espèce de double peine. Tu vas douter pendant la discussion, et après, tu vas t'en vouloir. Et donc, à chaque fois que ça arrive, ça vient fragiliser encore plus ton estime de toi. Tu renforces inconsciemment l'idée que ton jugement n'est pas fiable. Le problème, c'est que ça peut devenir un petit peu dangereux. Pourquoi ? Ça peut toucher des décisions importantes. Ça peut toucher tes choix professionnels, tes prises de position, tes projets, même tes relations. Tu peux commencer à te définir à travers le regard des autres. Ça, c'est vraiment la problématique quand on a un manque d'estime de soi. C'est qu'en fait, toutes nos décisions vont être prises au regard du prisme du regard des autres. Alors maintenant, je vais te partager quelques clés. La première clé, c'est déjà d'arrêter d'associer assurance et vérité. Ce n'est pas parce que quelqu'un en parle avec assurance qu'il a raison. Et ce n'est pas parce que toi tu doutes que tu as tort. En fait, l'assurance n'est pas un indicateur de justesse. Il y a certaines personnes qui vont parler avec aplomb, même lorsqu'elles sont approximatives. On peut parler des politiques par exemple. D'autres vont être très nuancées alors qu'elles sont très compétentes. Donc ton doute ne prouve pas que tu es incompétente. Il prouve juste que tu es capable de nuance. Et en fait, la nuance est une force. à condition que ça ne se retourne pas contre toi. Tu as une grande capacité à comprendre le jugement, les arguments des autres. Et ça, c'est quelque chose de précieux. Mais il y a une chose essentielle, c'est que comprendre ne veut pas dire adhérer. Comprendre ne veut pas dire abandonner ton point de vue. Ça ne veut pas dire non plus te dévaloriser. Tu peux donc te dire intérieurement, je comprends sa logique, mais ça ne change pas ce que je pense. En fait, les deux peuvent coexister. Il y a un autre point aussi qui est important, c'est que tu n'es pas obligé de décider à chaud. Quand on est hypersensible, comme je l'ai dit tout à l'heure, on capte énormément d'informations, on a besoin d'analyser. Et ça peut être parfois difficile de donner notre avis, de prendre une décision rapidement. Et ça, il faut l'accepter et l'exprimer. Donc n'hésite pas à prendre un délai. Ça peut être même 24 heures par exemple. Dire simplement, j'y vais y réfléchir, je reviens vers toi demain. Ce délai, il est important parce qu'il va permettre déjà à l'émotion de redescendre. Il va permettre à ton avis de réapparaître sans cette pression relationnelle. Et sinon, tu peux te poser cette question. Si personne ne savait ce que je choisis, qu'est-ce que je choisirais ? En gros, on supprime le regard des autres. La peur de déplaire, la peur d'être rejeté, la peur d'avoir tort. Et puis là, l'idée c'est d'observer ce qui reste. Ce qu'il est important aussi de se poser comme question, c'est ce qu'il peut y avoir derrière ton changement d'avis. Quelle est l'intention derrière ? Donc tu peux te poser cette question-là. Je change d'avis parce que j'ai appris quelque chose de pertinent ou parce que j'ai peur d'être en désaccord. Donc le dernier point qui est le plus important pour moi, que j'ai répété à plusieurs reprises pendant cet épisode, c'est vraiment déjà de solidifier un petit peu cette estime de soi. Et ça, ça va passer par plusieurs choses. Ça va passer déjà par apprendre à te connaître. Pourquoi ? Pour pouvoir mieux t'accepter. Ne plus arrêter de te juger. Ça va passer aussi par développer cette relation à toi. Être bienveillant avec toi-même. La façon dont tu te parles. Ça va être prendre du temps pour toi. essayer de te prioriser. En fait plus ton estime de toi même va être solide, moins tu seras déstabilisé par l'extérieur, par le jugement des autres. Alors qu'est ce qu'il faut retenir ? Déjà que tu n'es pas influençable. Tu es empathique, tu es analytique, tu es nuancé et tu es sensible aussi à l'harmonie. Tu es très tourné vers les autres. Mais si ton estime de toi est fragile, tu vas donner trop de poids à l'extérieur. Donc le vrai sujet c'est pas de te fermer mais c'est plutôt de t'ancrer. Alors quand je dis ancrer, c'est développer ton estime de toi, te sentir plus solide. Et c'est exactement en fait ce qu'on va travailler dans mon programme Puissance Douce. On va travailler sur 4 piliers. Le premier pilier, c'est vraiment apprendre à te connaître pour arrêter de te juger. Le deuxième pilier, ça va être vraiment apprivoiser ton mental et tes émotions. Le troisième pilier, on va travailler justement sur l'estime de soi, l'affirmation de soi et dans le quatrième pilier, on va ancrer tout ça dans ton quotidien. Donc si tu te reconnais dans cet épisode, n'hésite pas à aller voir un petit peu ce que je propose. Je vais mettre le lien de mon programme Puissance 12 en description de cet épisode. Je te souhaite une très belle semaine et je te dis à la semaine prochaine.