- Speaker #0
Parfois, la boussole se dérègle, le nord se brouille, les repères vacillent. Septentrion est né de ce vertige. Un podcast pour celles et ceux qui explorent le monde, pour celles et ceux qui le racontent dans des livres, des films, mais surtout des engagements. Je m'appelle Stéphane Dugast, je suis auteur, réalisateur et explorateur à ma façon. Bienvenue sur mon podcast septentrion, là où souffle l'aventure. Je suis au 184 boulevard Saint-Germain qui est le siège de la société de géographie qui abrite dans un petit bureau la société des explorateurs français. Et ça tombe bien parce que je suis avec Marine. On connaissait Marine par écran interposé, par réputation interposée. Et là, c'est la première fois que je te rencontre en vrai. C'est quand même mieux. Merci,
- Speaker #1
je suis heureuse de te retrouver aussi et de découvrir ce lieu.
- Speaker #0
Et Marine, la particularité, c'est que ce soir, elle fait une conférence Love Boat. Peut-être que tu peux déjà, d'entrée de jeu, nous en dire un petit peu plus sur cette conférence. Enfin, surtout sur ce projet, parce que la conférence, elle tourne ailleurs en France ou c'est une date unique ?
- Speaker #1
C'est Nathinique, je suis habitante de Nouvelle-Calédonie, donc je suis là pour ces deux-là, comme dernier jour, avant de rentrer. C'est un documentaire qui a été tourné sur la première mission en Papouasie-Nouvelle-Guinée, une mission manitaire pour faire des soins, proposer des soins médicaux dans les îles reculées. Et ensuite, je présenterai l'association, la Fonds de dotation Aide-Océan. qui lui a œuvré dans plusieurs pays, l'Ukraine, la Papouasie et la Nouvelle-Calédonie.
- Speaker #0
On va peut-être parler après de l'association, mais cette mission au Papouasie-Nouvelle-Guinée, quand on dit Papouasie-Nouvelle-Guinée, c'est les images d'océans pacifiques, c'est du bleu, c'est des cocotiers, c'est des gens aux cheveux crépus, c'est très cliché ce que je dis. Cette Papouasie-Nouvelle-Guinée, qui est quand même une terre d'explorateurs, d'exploratrices, peux-tu nous en dire un petit peu plus sur ces missions que tu as menées là-bas dans cette... Parce qu'on pense être un Eldorado qui n'est peut-être pas un Eldorado du tout.
- Speaker #1
Pour moi, les missions sont assez récentes. Elles démarrent en 2022. C'est vrai que c'est un pays peut-être un peu connu, mais le plus grand du Pacifique, le plus peuplé du Pacifique. C'est un cinquième en termes de population de ce qu'on a en France et un pays grand qui est le trois quarts de la France. Donc, dans ce pays... Le soin n'arrive pas partout. Il y a par exemple la capitale qui a à peu près 100 km de réseau routier. Ensuite, rien plus rien. Il y a des reliefs allant à 4500 m. Les gens sont isolés. Un pays qui est dans les plus pauvres du monde, avec un taux de vaccination dans les dix derniers du monde aussi. J'ai pensé à ce pays au départ. On va dire que c'était juste aller travailler dans le Pacifique et allier mes compétences premières qui étaient de piloter et infirmière, puisque j'ai pratiqué ces deux métiers. Donc, en arrivant et vivant en Nouvelle-Calédonie, j'ai regardé un petit peu autour de moi. Je pensais que le Vanuatu pourrait aussi être un pays qui avait des besoins, mais on était pendant la période de Covid et les frontières étaient fermées. Donc, j'ai... postulé au fond du Pacifique et quand j'ai eu une donation, j'avais un an pour l'utiliser. Et les frontières étaient toujours fermées dans les pays les plus proches de la Calédonie. Et on m'a dit, tu verras, la Papouasie-Nouvelle-Guinée va ouvrir ses frontières en premier et les besoins sont énormes. Donc j'ai pris un billet d'avion, puis je suis allée là-bas, toute seule. Je l'ai d'abord été approcher à l'ambassade de France. J'avais vu qu'il y avait une petite ambassade là-bas. la plus petite à l'époque, maintenant c'est les Samois. Et il y avait trois personnes. J'ai rencontré un de Sadeur, je lui ai dit voilà, j'ai un budget pour monter des missions humanitaires, j'aurais aimé louer un avion en hélicoptère, mais le budget ne conviendra pas à ce genre de mission, donc je cherche un bateau et je veux partir faire des sauts dans les îles les plus isolées. Donc il m'a dit, où sont tes cartes du corps ? J'ai dit, j'en ai pas. Et il m'a dit, où le ch'tu ? Je lui ai donné le nom de l'hôtel. Tu es venu comment ? À pied. Il me dit, t'es casse-cou, donc il faut que tu ressortes de là. J'ai pas envie. Tu finis dans une petite boîte en sapin. Donc, idéalement, ça serait mieux que tu rentres en Nouvelle-Calédonie et que tu restes là-bas. C'est connu comme la troisième capitale la plus dangereuse au monde.
- Speaker #0
C'est les Moresby, c'est ça ?
- Speaker #1
Les Moresby,
- Speaker #0
oui.
- Speaker #1
Je l'ai remercié de son accueil et puis je suis partie. J'ai continué mon chemin. Je suis allée d'abord, pas loin, il y avait le Yacht Club. J'ai été voir s'il y avait un bateau à louer.
- Speaker #0
Tu n'as pas eu peur. Il t'a dit, il faut repartir. Il t'a dit, il faut cliquer vos clacs. Tu l'as fait, oui, très bien. Merci beaucoup. Merci, monsieur l'ambassadeur.
- Speaker #1
Je vais y aller. C'est venu mon chemin. Donc le Yacht Club, je n'ai pas trouvé de bateau. Ensuite, je suis allée voir les affaires maritimes, les opérations maritimes. Je leur ai demandé des endroits où il ne fallait pas naviguer, parce qu'on expérience dans la marine, pas en Inde, un otage dans des zones de piraterie. Donc il m'a dit, il faut aller vers le nord. Les îles qui sont près de l'Équateur, la Nouvelle-Irlande, la Nouvelle-Bretagne, sont des zones à peu près sécures. C'est mieux d'envisager votre programme là-bas.
- Speaker #0
J'appelle à ceux qui nous écoutent l'exploration. Nouvelle-Irlande, Nouvelle-Bretagne, c'est des vraies terres d'explorateurs. C'est un bougainville qui est passé, c'est un duperré qui est moins connu qui est passé. Je vous en dirai peut-être un peu plus dans un autre podcast. Et on va en parler d'ailleurs, et c'est des terres...
- Speaker #1
La Marquillerie.
- Speaker #0
La Marquillerie, oui. En Breton. L'escroc, avec une histoire invraisemblable. Je t'ai coupé, donc là tu...
- Speaker #1
Donc là, je me dis, il faut aller vers ces îles qui sont potentiellement les moins dangereuses. Donc je prends deux avions, je pars de Port-Moresby, je me pose à Rabol en Nouvelle-Bretagne, puis de Rabol je redécolle pour la Nouvelle-Irlande, avec la ville principale qui s'appelle Kavien. Une île qui représente 250 km de long sur 25 de large, c'est trois quarts de la Nouvelle-Calédonie, et 220 habitants. Je me présente à l'hôpital. et je demande si on venait avec un bateau, avec des soignants, est-ce que ça pouvait les intéresser. Donc ils me disent qu'il y a un des programmes de vaccination qu'ils n'arrivent pas à faire à part à l'hôpital. Ils n'ont pas les moyens d'aller vers Cézid. Donc je leur propose, dans les six mois, de venir avec un bateau, de trouver une équipe et puis d'être accompagnée par eux, si possible qu'on fasse 50-50 en termes d'équipage. 50 soignants locaux et 50 qui viendraient de membres et d'océans. C'est quoi les cours sur oiseaux ? Pour moi, ça paraissait important. C'est une zone où il y a 45 dialectes, 22 langues différentes. L'anglais les rassemble, mais je pense qu'on est tellement différents culturellement, que je préférais être entourée de gens de locaux.
- Speaker #0
on peut dire que c'est C'est la mission repérage ?
- Speaker #1
La première, pour moi, c'est du repérage. C'est voir les autorités de santé, savoir si on doit monter un contrat, est-ce qu'il reste provincial, est-ce que c'est un contrat national et quelles sont les autorisations qui sont nécessaires d'avoir. Je reste trois jours. On m'explique qu'il faut que tous les soignants qui viendront aient une autorisation d'exercer dans le pays. C'est un certificat temporaire. exercée, que je peux me renseigner à Port-Mont-Resby auprès du ministre de la Santé, du ministère de la Santé. Donc je retourne à Port-Mont-Resby, je cherche ce bâtiment, je lui demande comment on monte un dossier, des dossiers, puisque l'idée c'était de venir avec, au départ, médecin-infirmier. Et dans les missions qui ont suivi, puisqu'on en a fait quatre maintenant et on part pour une cinquième au mois d'avril, ils nous ont demandé de rajouter des gynécologues et dentistes. Pour la première mission, ils nous demandent d'avoir un contrat signé avec les autorités nationales et provinciales.
- Speaker #0
C'est un sacré challenge.
- Speaker #1
Le contrat va être signé la veille du départ avec le bateau. Ça va être six mois d'échange. non compliquée, avec des mal à corruption, avec quand même quelque chose qui est un peu un sport national là-bas. Donc c'est très difficile d'obtenir ce contrat. Il me demande de quelle nationalité je suis au jour où on le signe. Je dis française et il me dit que ce sera que le président de la République française qui pourra signer. Donc je lui explique que ça va être très compliqué. Donc on finit par y arriver. et Pour cette première mission, on a la chance d'avoir avec nous un jeune journaliste et un caméraman qui permettra de faire ce documentaire qui s'appelle « Bot Love » , qui est l'histoire d'un mot entre deux personnes. À l'époque, Sébastien Destremot partage ma vie et il se joint à ce projet. Et donc, il vient faire cette première mission avec moi.
- Speaker #0
Alors, tu nous as donné un petit peu des éléments tout à l'heure en nous disant à la fois... On a entendu la Marine nationale, pilote et infirmière, j'aimerais peut-être qu'on revienne quelques années en arrière, parce que quand on connaît l'institution, quand on connaît les métiers, c'est un peu improbable, pilote, infirmière.
- Speaker #1
Pour moi, ça reste un travail pour l'autre, pour la société, pour l'humain. Ça reste un travail qui peut être en équipe. On peut être aussi en infirmière, parce que je suis aujourd'hui idéale, donc plutôt seule, mais en général en équipe. C'est un travail pour moi, pilote ou infirmière, qui reste assez manuel, dans le relationnel aussi. Donc, pourquoi pilote ? Au départ, j'ai pris l'avion pour la première fois à 11 ans. Mon père était... Un passionné d'ornithologie et voulait que tous les Noëls, on passe nos Noëls à l'étranger, découvrir un pays et surtout observer les oiseaux. Donc depuis l'âge de deux ans, il m'emmène compter et nier des oiseaux sur le golfe du Morbihan, puisque je suis née en Bretagne. Il est conservateur des îlots et des réserves, de la protection de la nature en Bretagne. Est-ce que c'est de là que j'ai envie de voler ? Je ne sais pas. de pilote dans ma famille, il n'y a pas de militaire dans ma famille, mais je sais que je réclame à mes parents tous les ans de voler, d'apprendre à piloter. Et à mes 15 ans, pour mon anniversaire, on m'emmène à l'aéroclub le plus proche, donc à Vannes, et je fais mes premières heures de vol et je passe mon bout avec le pilote privé dans les plus jeunes à 17 ans.
- Speaker #0
Ah oui, c'est la... C'est une vocation précoce.
- Speaker #1
C'est précoce, puis après je regarde Top Gun et je me dis je vais être... Pilote de chasse dans la marine. Mais bon, ce n'est pas ouvert aux femmes. Caroline, elle, est la première. Donc, je me dis, elle vient juste d'être macaronnée. Je rentre une année et demie après elle. Je pense que l'année dernière...
- Speaker #0
Explique-nous macaronnée. Macaronnée. Qui ne connaît pas.
- Speaker #1
En fait, quand on a un cursus d'élève pilote, on a d'abord une demi-aile. Et puis après, on a des ailes complètes. C'est-à-dire qu'on est capable de partir seul et de naviguer. dans une fusillade ou une escadrille. Donc, je décide après cette vie en aéroclub jusqu'à mes 17 ans de rentrer dans la marine. Décider d'être pilote de chasse. Je sais que ce n'est pas ouvert, mais je sais que les deux premiers, c'est un tronc commun à l'époque. On vole sur un avion qui s'appelle l'Epsilon. Et les deux premiers, potentiellement, peuvent faire la chasse s'il y a des places. Donc, je finis deuxième. Mais ce n'est pas ouvert aux femmes. Ce n'est toujours pas ouvert aux femmes. Ça ouvrira dix ans plus tard. Moi, je rentre en 1994. La première, ça sera en 2007. Et ça sera très court pour elle. Donc, le troisième et le quatrième partent faire pilote de chasse. Et moi, je me marie au troisième. Et je vis la chasse par procuration, tout son cursus aux États-Unis pour la marine. Et je deviens pilote d'hélico, puisque je voulais embarquer. Et que mes possibilités, c'était soit alliant de surveillance maritime ou... Pilote d'hélicoptère. Donc à 21 ans, je suis brevetée pilote d'hélicoptère dans la marine. Et je vais rester 15 ans. En finissant par une mission dont on a peut-être un peu entendu parler, c'était la libération des otages sur le Ponant. Donc un bateau qui avait été arraisonné en grève d'Aden, près de la Somalie. Et moi, à cette époque-là, j'étais sur la jeune d'Arc, chez le détachement des hélicos. Il y avait quatre hélicos à bord.
- Speaker #0
On me rappelle l'agenda porte-hélicoptère, qui était le navire-école de la marine, navire légendaire, que je connais bien aussi pour avoir fait des livres et des films, mais là, ce n'est pas l'essentiel. Et puis, on est dans une époque où la piraterie au large de la Somalie, au large de Djibouti, au large du Golfe d'Aden, c'est terrible. Et c'est une des missions, d'ailleurs, de la Task Force, la Task Force alliée de surveiller tout ça et de faire en sorte que... Les prises d'otages ne s'effectuent pas. Et ce jour-là, le voilier Ponant, je rappelle, c'était le voilier qui était l'emblème, le bateau luxueux. Il y a des otages à bord. Et là, il y a la Jeanne. Je l'ai raconté d'ailleurs dans le livre sur la Jeanne d'Arc, pour ceux que ça intéresse. Il y a la Jeanne qui est déroutée. Les commandos marines qui vont arriver. L'amiral Marin, un gilet, si ma mémoire est bonne, qui te dira d'ailleurs quelque chose à la fin de cette mission pour t'avoir luche. Mais redis-nous tout, parce que toi, tu y étais. Moi, j'ai vécu tout ça par procuration.
- Speaker #1
On était, la Jeanne d'Arc était à ce moment-là en escale à Madagascar. Et ce bateau qui appartient, donc l'opponent, un voilier de trois mâts, à peu près une centaine de mètres, et lui au Seychelles, il vient de déposer des touristes américains et il revient vers le canal de Suez. Et ils sont arraisonnés au large de la Somalie. On est les premiers à se dérouter dans les bateaux de la marine. On arrive sur zone en avril 2008 et on nous demande de faire un vol de reconnaissance pour voir si à bord, on peut compter déjà combien de pirates, quel est l'armement, etc. Donc je fais un vol de reconnaissance. Puis après, d'autres bateaux de la marine vont nous rallier. Et au bout d'une semaine, il va y avoir un accord entre l'armateur du bateau. Donc c'est ma CGM qui... qui avait à cette époque-là toute la compagnie du Ponant de bateaux de grand luxe, de voyage, se met d'accord sur une somme. Donc il faut quand même un petit peu de temps pour que tous les billets de 100 dollars arrivent à bord, puisqu'il fallait que ce soit une petite coupure de 100 dollars. En effet, les commandos marines nous rallient, mais aussi le GIGN. Donc quand tout le monde se met d'accord, ils sont en fait trop nombreux. J'ai gêné les commandos marines, donc il est décidé que si la mission se déclenche un jour pair ou impair, ça sera l'un ou l'autre. Donc nous, en tant que pilote d'hélicoptère, on briefe tous les jours avec l'un et l'autre. Et le jour de la mission, c'est les commandos marines qui partent. Donc les 30 otages sont libérés. La particularité, c'est que le capitaine du bateau, il le garde potentiellement pour faire surenchérir le prix de la rançon. été, je trouve, très mémentant et il a osé, il a gardé une petite VHF marine qu'il a cachée pendant une semaine de sa prise d'otage. Il avait caché les femmes dans les ponts inférieurs. Je ne sais pas si vous avez vu le film Captain's Philips, mais c'est exactement ça.
- Speaker #0
Et il rappelle son nom, c'est le capitaine...
- Speaker #1
Patrick Marcheseau.
- Speaker #0
Marcheseau, qui est une figure sur... de la compagnie Ponant, qui maintenant sont les navires de croisière expédition. Charcot notamment, il naviguait avec lui, c'est un amour en couleurs. Patrick Marchessault, là en 2008, c'est son fait d'arme.
- Speaker #1
Son fait d'arme, il a à plusieurs reprises un pistolet automatique sur la tempe et on manque de le descendre, parce qu'en cachant les femmes dans les ponctions inférieures, au bout de 48 heures, elles se demandent ce qui se passe. Elles ont mangé les boîtes de conserve et les bulles vins qu'il y avait dans cette zone du bateau, mais elles n'ont plus rien, donc elles sortent. Là, les pirates étaient persuadés que tout l'équipage était présent et en fait, il manquait une dizaine de femmes, donc ils sont furieux. Le capitaine est malmené à ce moment-là. Il continue à essayer de brouiller le radar pour pas qu'ils s'aperçoivent que d'autres bateaux militaires arrivent. Il prévient avec sa petite VHF marine. combien il y a de pirates à bord, etc. Il donne des détails, ce qui va aider aussi pour l'assaut final. Et donc, sur le moment où tous les otages sont libérés, où le rançon est donnée, il garde le capitaine à un pont qui est à 20 mètres à peu près de l'eau. Et les commandos lui avaient dit, surtout s'ils te gardent, s'ils ne te mettent pas avec tout le monde, tu sautes peu importe la hauteur du pont. Donc, il saute. de 20 mètres de haut dans l'eau et il y a des plongeurs, nageurs de combat qui le réceptionnent ou qui le récupèrent. Donc il n'y a pas de blessés sur cette mission. Ça a bien sûr coûté quelques dollars à l'armateur. Donc on se repose tous. Nous, pour les hélicos, on était mis en stand-by, en stack d'attente, prêts à tirer sur les pirates si ça se passait mal. Mais cette partie de la mission se déroule très bien. Donc on rentre sur la Jeanne, on se pose et peut-être une petite heure après, on nous demande de redécoller et on nous briefe en l'air et on nous explique qu'en fait, il y a un Atlantique, un avion de la marine, qui observe toute la mission depuis le début.
- Speaker #0
On rappelle que l'Atlantique, il est très très haut, on ne le voit pas, mais il a des antennes et des moyens de détection et c'est lui qui éclaire la zone. si je m'exprime un peu comme un Pékin moyen.
- Speaker #1
Donc il peut voir en effet une aiguille dans une bonne de foin, il est à 10 km de haut et il me dit, là, il y a une partie de la rançon... qui est arrivé par des skiffs, des petits bateaux à terre. Une grosse partie est mise dans deux 4x4 qui perdent dans le désert. Il serait bien d'essayer de les rattraper, de récupérer les dollars qui sont à bord et de récupérer aussi les personnes qui seront dans ces 4x4 pour en faire des prisonniers. À l'époque, Nicolas Sarkozy, notre président, est en ligne avec un gilet et donne son feu vert pour qu'on aille. qu'on décolle et qu'on aille les attaquer.
- Speaker #0
Et toi, tu es à bord ?
- Speaker #1
Moi, je suis à bord, oui.
- Speaker #0
Toi, tu es à bord, c'est un Alouette ?
- Speaker #1
C'est un Alouette, oui, à l'époque, oui.
- Speaker #0
Et Rossi Bellul ?
- Speaker #1
Oui, qui est maintenant dans les musées, d'ailleurs. Il y a, à l'époque, Panthère, Alouette 3 et Puma, et Gazelle Haute qui sont sur la mission, parce qu'il y avait un détachement de l'armée de terre qui était venu s'entraîner, si ça me vient. Donc, on va décoller à six hélicos. être guidés par la J2 pour aller les chasser dans le désert. Et donc, chez Commando Marine, un tireur d'élite va stopper un des 4x4 en tirant dans le moteur. Donc, il y aura un petit éclat de métal qui ira dans le coup pilote. Voilà, donc un des pirates sera légèrement blessé au niveau de la jambe. Et il y aura des... Des tirs de semences et puis des tirs entre les pirates et les commandos. Donc on est tous armés. Pour la marine, on n'a pas de gilet pare-balles. Donc avant de partir, je récupère ça chez les fusillés commandos de marins du bateau. Je leur demande de nous passer leur équipement. Et on refait des entraînements de tir. Et on n'aurait pas eu besoin de tirer puisqu'on avait nos tireurs d'élite avec nous. Mais voilà, il y a des tirs entre nous. On récupère les six pirates qui étaient à bord du 4x4 et puis une partie de la rançon. Ensuite, la gazelle haute va tirer un missile sur le 4x4 qui sera détruit.
- Speaker #0
Donc il y a une partie de la rançon qui est partie en fumée, c'est ça ?
- Speaker #1
On a récupéré tous les sacs de dollars dans le 4x4 avant de tirer sur le 4x4. Et j'en ai mis un peu dans ma poche. Non, c'est pas vrai. Ouais. Je rappelle d'ailleurs que quand on est rentrés, ils nous ont fouillé la tête aux pieds, voir ce qu'on avait gardé, pas gardé, ce qu'on avait filmé, toutes ces images, parce qu'on était tous avec nos téléphones et on avait filmé ce qu'on faisait.
- Speaker #0
Et là, c'est mieux qu'un film. Comment tu vis cette mission opérationnelle à haute intensité, comme on dit dans le jarabant ?
- Speaker #1
Alors, sur le moment, ça n'a rien à quoi. qui se mentent de toutes ces années d'entraînement, donc je suis ravie de participer à ça. En plus, j'ai à cœur de livrer les otages français, et sur les 30 otages, il y en a 22 qui sont français. Donc j'ai une inquiétude, c'est à cette époque-là, je suis maman de trois enfants, ils sont pas... Oh, ils ont un an, deux ans et quatre ans. Dans les briefings qu'on a avec le GIGN, on les commande aux marines avant de faire cette mission, dans les cinq, six jours qui précèdent. Ils nous expliquent que vu l'armement des pirates, un hélicoptère est une jolie cible et qu'on est une belle boule de feu puisqu'en gros on est assis sur un réservoir. Donc ils sont inquiets, ils sont inquiets de cette mission, ils sont inquiets que ça se passe mal. Donc j'écris une lettre à mes enfants que je remets au commandant du bateau avant de décoller, en lui disant que si je ne dois pas rentrer, je veux que cette lettre leur soit envoyée. Après la mission...
- Speaker #0
Je te fais juste la parenthèse, j'avais voulu écrire un papier, un article, sur justement les femmes et l'engagement, et avec cette limite, tu vas me trouver ou très fleurbeux ou très basique, en disant comment une femme, dans un engagement et quand elle est mère, peut à la fois donner la main et donner la vie. J'ai jamais été caviardée dans l'armée, j'ai fait 16 ans. Et là, on m'a dit, non, non, non, là, tu t'arrêtes.
- Speaker #1
Pour moi, je me suis dit, que ce soit père ou que ce soit maman, qu'on décède, nos enfants ont besoin des deux. Et leur papa était pilote de chasse dans la marine, donc les deux avaient des métiers à risque, on va dire. Aujourd'hui, je dirais que quand je vois leur réaction à ces trois enfants, est-ce qu'il y en a un qui a envie d'être pilote ? Est-ce qu'il y en a un qui a envie de faire ce qu'on a fait ? un sur trois. Les deux autres, ils me disent « Non, jamais. Déjà, t'embarques, on ne voit pas, c'est bon. » Et il y en a un qui est passionné aussi. Après, ce qui s'est pour moi passé, c'est que ce retour m'a quand même fait réaliser que je m'étais absentée cinq mois et demi. Bien sûr, j'ai risqué ma vie, mais j'étais engagée pour ça. J'arrivais à une période où j'étais contractuelle, j'étais à la fin de mon contrat. Et on m'a proposé une affectation qui n'avait rien à voir avec ce que je faisais, puisque j'étais instructeur et que je n'avais plus que quelques mois de contrat. Et on m'a proposé d'aller faire la sélection des pilotes sur Cap 10 et sur Rallye. Ça faisait 13 ans que j'étais sur hélicoptère, donc je n'ai pas été en accord avec. avec cette décision où j'ai quitté l'armée. Et j'avais déjà dans l'idée de... Quand je suis rentrée à 18 ans et que je me suis engagée, je m'étais toujours dit, si mon cursus, si mes sélections, si mes concours ne fonctionnent pas, je ferais médecin ou médecine. Donc j'avais déjà envie d'aller vers le soin. Donc voilà, je me suis dit, il était temps de partir vers le soin. Et avec ces enfants qui étaient, comme je le disais tout à l'heure, 4 ans. deux ans et un an. J'étais sur point de divorcer. Je ne me voyais pas faire huit ans ou plus de médecine. Je suis partie faire un cursus d'infirmière.
- Speaker #0
Je l'ai lu. Ça va être dans le récit qui est paru avec la Société des Explorateurs qui était piloté, je crois, qui était piloté par Jean-Christian Kipp. Olivier Leberge, j'ai lu ton récit et dans le récit est écrit que quand tu as dit à l'amiral marin que tu étais pilote mais que tu allais devenir infirmière, c'était comme s'il avait eu un blanc. La réaction avait été bizarre, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui, il m'a dit, c'est pas possible, je vais te proposer autre chose. Donc, je te propose de devenir pilote au GAM, c'était à l'époque le transport ministériel. Ou alors, il nous manque des femmes espions et tu aurais un bon profil. Donc, ça serait bien aussi que tu te rapproches de cette formation. Donc, on en a discuté. J'ai regardé les tons et les ennuis du contrat. Et pour moi, je n'avais pas toute la sécurité que je souhaitais avoir. Et je pense que sa deuxième proposition m'aurait bien intéressée. Mais voilà, je suis partie faire la curseuse d'Infernia.
- Speaker #0
Et entre-temps, ça y est, je me souviens, la première fois que je t'ai vue, c'était évidemment dans le journal de la marine Colbleu, qui avait fait un papier qui t'était consacré. Et c'est quand tu as fait aussi un livre, je crois. Une audition du Rocher, mais bien des années après.
- Speaker #1
Oui, on est là. Le livre qui raconte ces années de Marine, je ne l'ai pas écrit, c'est Jean-Marie Lemenet. Parce que quelques temps après, en école d'infirmière, j'apprends que je suis sur la liste des personnes qui peuvent avoir la Légion d'honneur et devenir chevalier. Donc je suis conviée à Paris pour recevoir cette médaille et dans les gens qui sont invités. M. Ménet se rapproche de moi et me dit « Je ne sais pas si vous vous souvenez, moi, on s'est croisés sur la jeune barque, vous aviez 22 ans, vous veniez d'avoir vos ailes. J'écris des livres. Je trouve que votre carrière est impressionnante. Ça serait peut-être bien de faire un témoignage de ce qu'une femme dans la marine, pilote, vit. Donc, si vous voulez, on peut écrire un livre. » Et donc, l'histoire est partie de là. Il l'a écrit lui-même. questionné sur mes années dans la marine et il a écrit Entre ciel et mer. En 2012, j'étais en école d'infirmière. J'allais finir l'école.
- Speaker #0
D'accord. Justement, on va rester en 2012. Tu fais l'école d'infirmière après une carrière de 15 ans dans la marine. Et là, c'est toutes les... D'ailleurs, tu l'as fait où l'école d'infirmière ?
- Speaker #1
Je suis retournée à la Sons-aux-Chunées. Je suis retournée à Havannes, en Bretagne. 2009-2012, 3 ans d'école.
- Speaker #0
D'accord. Ce qui était pour les enfants aussi pratique, j'imagine. Et donc, sortie de l'école d'infirmière, là, il y a tout à écrire. Et d'ailleurs, les collègues, les camarades en école d'infirmière, savaient ton parcours ou au contraire, tu étais un petit peu plutôt discrète ?
- Speaker #1
Non, ils ne le savaient pas. La directrice le savait. Elle m'avait demandé si je pouvais intervenir. Il y avait une école d'aide-soignante pour dire qu'il ne fallait pas avoir. peur de se reconvertir, de changer. Donc, on m'avait demandé d'écrire un petit article pour le journal de l'hôpital où s'achetait de Vannes. Après, j'étais dans les plus vieilles et donc on nous questionnait. On était 3-4 à avoir entre 35 et 40 ans. Donc, on nous demandait ce qu'on faisait là, mais on était chouchoutés.
- Speaker #0
Et donc là, après 2012, un nouveau chapitre dans ta vie. Et là, qu'est-ce qui se passe ?
- Speaker #1
En 2012, je suis donc juste diplômée. Je me questionne sur quel service choisir, parce qu'il y a vraiment plein de choses à faire. Et je décide d'aller vers le sud de la France. Parce que...
- Speaker #0
Mon idée était de partir dès mon diplôme en Australie et de rallier les Royal Flying Doctors. Les Royal Flying Doctors en Australie sont les premières ambulances aériennes. Une spécificité, c'est qu'elles vont dans les réservats brugènes faire de la prévention, de la vaccination, du soin. C'est à peu près une cinquantaine d'avions qui sont basés tout autour en Australie et qui interviennent. soit sur l'équivalent du salut, soit, comme je l'ai dit, la vaccination, la prévention sanitaire. Et j'avais envie de rallier un petit peu les aires et le soin. Pendant l'école d'infirmière, je suis partie pendant les vacances étudiantes en Australie, les rencontrer, et il était question que je rallie cet endroit-là. Mais pour des raisons personnelles, il fallait que j'attende 5 ans. Donc je me suis dit, je vais quand même descendre dans le sud, j'aurai un peu plus chaud qu'en Bretagne. Et je suis arrivée dans la région d'Aix-en-Provence. Et à Aix-en-Provence, il y a une association qui s'appelle La Maison. Et dans cette maison, c'est une maison de soins palliatifs. Donc je passe deux ans à accompagner les gens vers la mort. D'accord. Après, je vais apprendre plein de choses en étant remplaçante à la clinique d'Aix-en-Provence. Et tous ces services vont me permettre de me sentir un moment un peu à l'aise pour aller vers le libéral, en ayant touché un petit peu à tout. Et au bout de cinq ans, je me dis maintenant que je suis prête pour aller railler les flying dosters. Et ce n'est pas ce qui va se passer. Je vais partir en Nouvelle-Calédonie, toujours pour des raisons personnelles. Et de là, je me dis, je ne vais pas aller les Flags of Thors, mais je vais essayer de faire quelque chose avec des avions, des hélicoptères et faire du soin dans les zones les plus difficiles, les plus inaccessibles.
- Speaker #1
Au-delà de raisons qui ne me regardent sûrement probablement pas, cet attrait pour l'Australie, la Calédonie, les îles du Pacifique, fixé. Ça rentre à loin, c'est les escales de la Jeanne, c'est les escales de la Marine. Cet attrait du Pacifique, il vient d'où et il date de quand ?
- Speaker #0
Il date de 2001. Je suis affectée sur la frégate pré-réal à Tahiti pour une année. À l'époque, c'est sur Panthère.
- Speaker #1
Hélicoptère Panthère.
- Speaker #0
Ouais, hélicoptère Panthère. Et c'est une année où on passe huit mois en mer, en escale de Tahiti, en passant par... les îles Marshall qui y battent jusqu'à Vladivostok comme Corée du Sud Guam, Samoa et là je me dis j'ai envie de finir ma vie en Pacifique, j'y reviendrai je sais pas quand mais il commence moi j'y suis revenue, je suis arrivée en 2019 exactement en Nouvelle-Calédonie à faire 5 ans,
- Speaker #1
6 ans t'es arrivée sur le caillou et là sur le caillou qu'est-ce que tu deviens ?
- Speaker #0
Sur le caillou, on est en période de Covid. Il y a 15 jours où je suis confinée dans un hôtel, dans une chambre, toute seule. Je me force à ne pas allumer la télé en disant qu'il va falloir que je m'occupe autrement. On a le droit de sortir une heure par jour de notre chambre pour aller marcher tous en oignon. Mais je craque la dernière heure, j'allume la télé et je tombe sur un reportage à l'aviation au bout du monde. Et je vois un médecin qui s'appelle Dr. Tumble, qui est dans les banks au nord du Vanuatu, dans les îles qui sont à peu près à 3000 km, là ça s'étend d'une heure vers le sud, et il part avec un petit avion, et tous les jours, il va sur un atoll différent faire des soins. Il explique qu'au bout de 19 ans, il est vraiment fatigué, que son binôme, c'était sa fille qui était infirmière, mais que maintenant, elle est partie faire des études de médecin, qu'il se retrouve seul. Et je me dis, absolument, j'en compte ce monsieur, c'est exactement ce que je veux faire.
- Speaker #1
Tu veux dire que là, l'annonce d'emploi, c'est en allumant la télé, en te disant, je ne regarde pas la télé, je marche, je vis. Et là, tu es dans ta chambre d'hôtel à Nouméa ou que sais-je, et là, tu vois ça et tu te dis, mais c'est ça.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Et là, tu prends ton courage à deux mains. Du culot et de l'audace.
- Speaker #0
Et voilà, donc je note bien le nom, je cherche sur les réseaux sociaux comment joindre, j'arrive à lui parler une fois, deux fois, trois fois, il me dit que ça l'intéresserait en effet. de retrouver quelqu'un qui puisse être binôme, qu'on serait complémentaires, que si l'un et l'autre sont fatigués, l'un prend des commandes. Et les frontières, comme je le disais, sont toujours fermées avec le Vanuatu. Donc, j'ai eu l'idée que ça va ouvrir. Je viens de le rencontrer. Mais au bout du troisième échange, je lui demande comment il finance ses vols. Et il me dit, nous, c'est intégralement financé par l'Église évangéliste et vous devez être croyant, pratiquant pour travailler avec nous. Et là, ça s'écroule. Je me dis non, ce n'est pas possible. Je ne vais pas ni changer de religion, ni devenir croyante pour juste accéder au vol dans cette région. Donc, c'est de là que je me dis, il va falloir que tu t'ébrouilles autrement. Potentiellement, tu montes une association, tu cherches des fonds. Et puis, c'est de là que je cherche des fonds et qu'on arrive à l'histoire de la Papouasie-Nouvelle-Guinée.
- Speaker #1
et qu'on raccorde. Je pose toujours la même question à mes invités, c'est la petite... Marine, entre 8 et 10 ans, à t'écouter, on comprend que tu as grandi dans le Morbihan, quel beau département dans cette Bretagne. T'es comment ? T'es rêveuse, t'es pionnière, t'es aventurière, t'es exploratrice. C'est quoi cette enfance ?
- Speaker #0
C'est une enfance dans la nature avec un papa qui nous amène tous les week-ends l'accompagner dans les réserves. Je pense que j'aime déjà l'aventure. J'entends des histoires, parce que je n'en ai pas le souvenir, que j'attrape les poussins dans les nids quand c'est la période de nidification et qu'on va compter toutes les espèces. Donc je les attrape par les pattes, je ne sais pas différencier le poussin, le gouélan, du courmant. J'appelle ça des coqs-poules. Je me balade avec des coqs-poules que j'ai attrapés et j'essaye de faire voler, je lance en l'air, donc ça ne marche pas toujours. Et je pense que toute cette jeunesse dans la nature, près de la mer, Donc, c'est une destination qui me convient de partir vers la marine. Un prénom peut-être un peu prédestiné, diront certains. Un papa qui est dans le soin, parce qu'il est dentiste, quelque part. Peut-être que médecine ou d'aller vers le métier d'infirmière. Ma grand-mère était infirmière, me dit-on, parce que j'ai décédé, j'avais 8 ans. Donc, voilà, ce parcours est peut-être un petit peu de mes ancestres.
- Speaker #1
Et sur la sphère un peu artistique, littéraire ? cinématographique, il y a une appétence pour tout ça ou alors peu du tout ?
- Speaker #0
J'aime dessiner, mais après artistique, je ne pense pas. Cinématographique, mes parents nous interdisent la télé. On a le droit d'aller au cinéma une fois de temps en temps. Pour nous, c'est un événement. J'ai une soeur. Aujourd'hui, je suis un peu comme eux. Il n'y a toujours pas de... de télé à la maison, on va au cinéma de temps en temps et j'aime ça. Donc, pour moi, faire découvrir ce qu'on fait en Papouasie-Nouvelle-Guinée par l'image, oui, mais pas que. L'année d'après, c'est un aquarelliste qui est venu. Alors, j'aime passer par tout ce monde-là, même si moi-même, j'en ai pas toujours les compétences.
- Speaker #1
Justement, on raccorde à cette première mission en Papouasie-Nouvelle-Guinée, qui a été racontée justement, je le redis, dans l'ouvrage collectif qui était dédié à des récits d'exploratrices et d'explorateurs. J'ai été saisi en lisant le récit, à la fois tout cet espoir que tu insuffles, mais aussi parfois... de désespoir. Je travaillais un petit peu le récit, mais il y a cette femme enceinte où on a l'impression que ça y est, le bonheur va surgir, c'est un bébé, mais en fait, c'est le bébé d'un viol et tu es complètement attristé puisqu'il y a aussi le regard de la famille. Comment, quand on fait de l'humanitaire, qu'on arrive avec plein de bons sentiments, on gère cette réalité ?
- Speaker #0
Alors oui, on part avec plein de bons sentiments, du côté un peu sauveur. Il faut vraiment que les gens vers lesquels on va soient d'accord. Si on n'a pas 100% d'acceptation, ça ne marche pas. J'ai un autre exemple. On est en train de vacciner dans un village en Papouasie. Il y a une forte odeur qui me dérange. Je cherche de quel endroit ça peut provenir. Et je vois une femme qui est avec un torchon, un chiffon, et qui l'agite pour que les mouches qui sont autour d'elle s'en aillent. Et je lui demande qu'est-ce qu'elle a. Elle a un bandage à la jambe, au pied. Et quand on ouvre le bandage, on voit la moitié d'un pied où il n'y a plus de chair. Il reste des tendons à vif, des os à vif. Et je lui demande si elle a mal. Elle me dit non. C'est pourri, c'est complètement pourri. Ça sent le pio. Elle m'explique qu'elle avait une écharpe entre les deux doigts de pied qui partait pas, qu'elle arrivait pas à enlever. Et son mari a utilisé la flèche avec du poison qu'il utilise pour pêcher le poisson dans la rivière en pensant cautériser la plaie. Et en fait, elle fait peut-être même pas une réaction chirurgique. Je pense que le poison l'a emprisonné tout simplement. Et du coup, son pied a tellement gonflé qu'il a explosé, que la peau a haché. Là, quand je vois ça, je vais vite chercher le médecin, je lui demande de regarder et il me dit, si elle n'a pas une septicémie dans les deux jours à venir, c'est une grande chance. Et là, il n'y a qu'une amputation qui permettra de la sauver. Elle a une quarantaine d'années, elle a trois enfants, donc on lui propose de l'accompagner vers cette possibilité de soins et potentiellement de rester en vie et que les jours et les heures sont comptés. Et donc, on est à... L'hôpital le plus proche est à Rabol, à peu près 5 heures de Bananabots. Bananabots, c'est un peu le taxi local, un petit parc avec 50-70 chevaux qui traverse d'île en île. Et donc on lui dit, voilà, on pourrait payer pour toi, si tu veux, le bateau, que tu puisses rallier l'hôpital le plus proche. On va demander un petit peu combien ça coûte une opération pour essayer de te donner ce qu'il faut. si t'en as le besoin, mais elle en avait bien sûr besoin. Et elle dit non, j'ai pas envie, j'ai pas envie de quitter mon village, j'ai pas envie de quitter mes enfants. Donc on en parle à la sœur, on en parle au père, il la raisonne, il lui dit qu'il faut y aller, donc elle va finir par y aller. Moi je raconte un peu aussi l'histoire qu'il va y avoir dans le documentaire tout à l'heure, mais on la retrouve là-bas parce qu'à un moment ou à un autre, on doit passer par cet hôpital, c'était pas prévu, mais on n'a plus assez de vaccins, donc on va chercher d'autres. On va la voir, on espère qu'elle est bien allée avec l'argent qu'on lui a donné à l'hôpital, qu'elle n'en a pas fait autre chose. On arrive dans l'hôpital, on la découvre, elle est là, elle vient d'avoir une première opération pour nettoyer cette plaie et elle nous explique qu'il va y avoir une deuxième opération. Ils n'ont pas eu la nécessité de couper la jambe, mais ils vont greffer une partie de sa cuisse sur le dessus du pied et que l'opération est prévue dans deux jours ou trois jours. On apprendra après que son mari et des hommes du village sont venus la chercher en lui disant que ça faisait trop longtemps qu'elle avait quitté le village, qu'elle ne pouvait plus rester. Donc l'opération n'aura jamais lieu. Je ne sais pas si elle a envie, je ne sais pas si ça plaît, si c'est guéri, si ça peut se guérir, ou même le fait de ne pas avoir de continuité de soins en rentrant au village, si elle est là ou pas là. Donc voilà, on a mis de l'énergie. On ne sait pas où ça va aboutir. Elle ne voulait pas y aller. Je pense qu'il fallait l'écouter. Et que là, c'est pareil, cette jeune femme dont je racontais l'histoire qui accouche, pour moi c'est une joie, je me dis qu'elle a 22 ans, c'est un âge normal là-bas. Et en fait, elle n'a aucune émotion, aucun cri, rien. Elle accouche sans aide, parce que là-bas, on n'a pas de père littéral, on a quoi que ce soit. Elle ne regarde pas le bébé, elle ne le touche pas. Elle le laisse à l'abandon dès sa naissance. Je demande à la sage-femme qui l'a accouchée de quoi il s'agit. Elle me dit que c'est un enfant issu d'un viol, donc elle veut l'abandonner. Je demande comment ça va se passer. Elle me dit que c'est Marie-Ainé, ici, tu es dans les îles. Peut-être que quelqu'un va s'en occuper dans la famille ou l'adopter, mais ce n'est pas sûr. Je lui dis que tu serais dans les montagnes. Un enfant n'a pas de prénom avant l'âge de 5 ans, parce qu'en sautant, tu survis tellement faible que c'est comme un animal. Donc je reste moi avec l'enfant, je l'ai dans les bras pendant une journée, j'essaie de voir qui l'a accompagné, donc sa maman l'a accompagné, sa soeur l'a accompagné. J'y discute avec elle, je leur dis que cet enfant, il n'y peut rien. Il n'a pas choisi ce qui lui arrive et que ça reste quand même un être vivant. Et donc, en fin de journée, il a beaucoup pleuré. Il n'a pas eu la DT, il n'a rien eu. Donc, potentiellement, dans les premières heures, c'est quand même important. Et la maman va accepter le nouer en fin de journée. Et quand je vais revenir les voir, ils vont me demander quel prénom j'ai envie de donner à cet enfant. Donc on l'a appelé EdOcéan.
- Speaker #1
Voilà, quel nom de l'association.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Et justement, avec EdOcéan, c'est Papouasie qui est un pays... Tout à l'heure, je disais que c'est l'Eldorado, mais c'est un pays à la fois follement attirant, mais aussi follement désespérant, fondement rude et âpre. Comment tu gardes la foi et qu'est-ce qui te conduit à y retourner ?
- Speaker #0
C'est vrai que c'est un Eldorado. Il y a pas mal d'entreprises et la France est présente. Il y a des mines d'or, il y a du nickel, il y a des bois exotiques comme Teck. Il y a du cuivre, il y a du gaz. Donc, il y a beaucoup de grosses entreprises et de pays qui regardent la Papouasie comme un doigt à doigt à ce niveau-là. Mais il y a une grosse disparité. Je crois que c'est un des pays où il y a le plus grand écart entre les riches et les pauvres. Donc, c'est sûr que cet argent ne va pas tout le monde. Le soin là-bas... Ce qui me paraît difficile, c'est que quand on a un référentiel qui est de jamais avoir eu de soins, on reste dans ce référentiel-là. Ce n'est pas le cas de la Papouasie. Les Australiens ont quitté la Papouasie il y a 50 ans. Ils ont fêté en tout cas en 2025 les 50 ans d'indépendance. Donc, la dernière colonie était australienne. Ils ont eu du soin, les Australiens étaient là, avaient mis des hôpitaux en place, des dispensaires, les enfants étaient vaccinés, et tout d'un coup, plus rien. Et donc, quand il n'y a eu plus rien, et que nous on arrive dans ces îles, où les maires du village, l'espérance de vie est de 66 ans, mais certains ont 80 ans, et ils nous disent, en pleurant, mais ça fait 30 ans qu'on n'a pas vu le médecin, qu'on nous avait abandonnés, qu'est-ce que vous avez fait ? Et presque, ils s'agrippent à moi en me disant, déjà je suis pas australienne, j'ai plus rien, est-ce que vous voulez qu'on vienne ? Mais bien sûr, mais bien sûr. Et là, ils vont nous sortir tous les gens qui sont malades, gravement malades, ils vont nous dire qu'est-ce que vous proposez, donc on va leur dire, nous essentiellement la vaccination, mais on aura aussi un dentiste, une gynéco, on pourra poser des implants, on a des lunettes, on a des livres pour l'école, on a des lampes solaires pour... Si vous avez encore une accoucheuse ou une infirmière, on pourra lui donner une lampe parce qu'il n'y a pas d'électricité, il n'y a pas d'eau courante, etc. Donc, leur référentiel, il est violent et ils attendent. Ils ont l'impression d'être abandonnés. Il faut savoir que quand j'ai monté la mission en 2022, je me suis dit où est-ce que je vais pouvoir me fournir un vaccin parce que pourquoi j'ai choisi ce... Ce soin, notre soin, je me suis dit, je vais être à très peu de temps finalement, mes missions vont durer un mois en fonction des budgets que je vais pouvoir trouver. Il faut que je fasse quelque chose dont je suis sûre que je l'ai fait. Si je laisse un médicament, est-ce qu'il ne va pas être vendu au marché noir après ? Est-ce qu'ils vont l'utiliser à bon escient ? Puisque depuis des années, ils n'ont plus de médicaments, ils se soignent énormément avec les plantes. Donc, je me suis dit, avec la vaccination, une fois que la réjection est faite, je suis sûre de l'avoir faite. Par contre, s'ils n'ont pas le rappel, ça ne sert à rien. Donc, il faut absolument que derrière, il y ait un rappel, au moins pour certains vaccins qui sont en deux ou trois étapes. Et est-ce qu'il y a des vaccins sur place ? Donc, je cherche, je cherche et je vois qu'il y a un programme d'urgence qui s'appelle le programme d'urgence 2020-2030, monté par l'OMS, l'UNICEF, la Croix-Rouge américaine, qui dit qu'en Afrique et en Papouasie-Nouvelle-Guinée, il faut absolument qu'on augmente le taux de vaccination. Et si on vaccine à peu près à telle échelle ? en 2030, on pourrait enrayer du monde la rougeole. On va se rapprocher de 2030, c'est sûr qu'on n'aura pas enrayé du monde la rougeole. Mais on est dans un pays où, donc je fais des recherches, la vaccination de la rougeole, d'après leurs statistiques, c'est 25% de la population. Et il faudra atteindre 90% pour que, globalement, on n'ait plus de risques épidémiques, de pandémie aussi, voilà. Donc on me dit... Si ça a été mis en place, 2020-2030, ça veut dire que les vaccins potentiellement doivent être arrivés en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Il faut que je cherche à quel endroit ils sont. Donc je vois que l'UNICEF les reçoit, les dispatche en quelques hôpitaux. Donc dans l'hôpital de Kavian, je les trouve. Mais ils ne quittent pas Kavian parce qu'il n'y a pas de moyens de commotion. Donc ils périment. Il y a un grand, grand local qui s'appelle le Medical Governor's Store qui est à Port-Mauriceville, qui est un grand gars où tous les hommes donateurs, UNICEF, etc., amènent du matériel. Je me suis amusée. C'est comme dans un grand Ikea. J'ai pris mon caddie. J'ai cherché ce dont j'avais besoin. Les deux tiers étaient ajoutés, les deux tiers étaient périmés. Parce que ça ne va pas plus loin que là. Donc, c'est du gâchis monumental. Et donc, moi... L'équipe, les petits bras, on est un peu dans une botte de foin, on fait ce qu'on peut, mais voilà, en quatre missions, on avait vacciné peut-être 13 000, 14 000 enfants. Rougeole, polio, tuberculose, on a eu une mission qui n'était pas en Nouvelle-Irlande, qui avait été demandée dans la province du Golfe par Total Energy, qui leurne un grand champ de gaz, où ils pensent pouvoir exploiter 75 % des besoins d'Asie en gaz. Donc, ils veulent bien sûr que les tribus aux alentours de cette zone d'exploitation acceptent leur présence. Donc, ils m'ont dit qu'il faudrait venir faire du soin, de la vaccination, etc. Donc, je suis allée dans cette région-là. On est venue de venir trois semaines. En trois semaines, on a détecté 25 lépreux, 75 tuberculeux. Une zone où les enfants meurent de faim. Ce que je ne savais pas, parce qu'en nouvel érement... de terre sont correctes, ça clôtive, on mange du poisson, on a des légumes, des fruits. Dans cette région-là, qui est une espèce d'Amazonie, des fleuves immenses, une hydrométrie hyper importante. Et je voyais des enfants tels qu'on les imagine en Afrique, gros ventre, petites jambes. Et je me dis, ils sont mal nutris, c'est pas normal. Donc je fais des recherches et dans cette région, en effet, un enfant sur treize n'arrive pas à l'âge de dix ans. et meurt de malnutrition. Donc, voilà, c'est un pays où c'est grand, c'est vraiment différent, 820 langues parlées, le soin, il y a énormément à faire. Il faut arrêter de donner inutilement. La gestion de tous ces dons, c'est une catastrophe.
- Speaker #1
Donc, il faut insister à bien t'écouter. Il faudrait plus de gens. qui est sur le terrain et qui est vaccinée. Et c'est un peu ça la solution.
- Speaker #0
C'est un peu ça la solution. Dans le pays, des soignants, il y en a, mais pas énormément. Par exemple, ils ont une école de dentistes qui font 50 dentistes par an. Là, ils sont en train de refaire les statistiques. Ils pensent qu'ils sont plutôt 12 ou 14 millions d'habitants. Ils ne savent pas trop. Ça fait longtemps qu'ils n'ont pas fait leur taux démographique. Donc, il y a quand même... Peu de soignants. Et puis après, il n'y a pas... Les moyens de locomotion sont ni bateau, les 4 capes, mais sur des très petites distances. Donc après, c'est marche à pied, c'est partir des kilomètres et des kilomètres avec un sac à dos, des glacières. Donc aussi, il faut gérer toute cette partie de la chaîne du froid. Il faut que le réseau, là-bas... Petit à petit, ça se développera, ça mettra du temps. Mais aujourd'hui, je pense qu'il faudrait des unités entières de marcheurs, de bateaux. Là, moi, j'ai proposé un bateau hôpital plutôt que louer ce qu'on trouve pour faire nos missions. Les missions, c'est des bateaux qui sont utilisés d'habitude pour le tourisme. Le tourisme en Papouasie, qu'est-ce qui les attire ? La plongée, le surf. Donc, pas mal de touristes australiens, américains qui viennent pour ça. Donc, c'est des bateaux comme ça qu'on a utilisés. Moi, j'ai demandé au gouverneur de la Nouvelle-Irlande s'il avait un bateau hôpital et qu'il pouvait lui-même faire ça. L'idée, c'est de les rendre autonomes. Donc, il m'a dit oui, ça serait une bonne idée. Donc, j'ai demandé à deux chantiers d'un mal de faire un bateau, de proposer un bateau hôpital en fonction des missions qu'on a faites, l'expérience qu'on avait, comment agencer le bateau. J'ai donné les prix, j'ai donné les plans. Ils m'ont dit, oui, est-ce que vous pourriez aussi demander des petits, le banana boat là, mais transformé en bateau, en ambulance, pour qu'on aille vite avec nos équipes. Donc voilà, là, pour l'instant, je leur ai fourni tout ça et j'espère qu'ils vont aller vers ça pour avoir une autonomie et pour, en tout cas, la Nouvelle-Orlande, puisque ça va être la quatrième mission avec eux, qui est une confiance qui s'est instaurée. Potentiellement qu'ils le fassent eux-mêmes, puisqu'ils ont les noms, ils ont les vaccins. Ils ont même, pour la première fois l'année dernière, le vaccin papillomavirus HPV qui a été donné par les Australiens. Ils ont été formés par les Australiens. Ils ont donné les vaccins, mais ça reste dans le frigo de l'hôpital de Cayenne. Ça va vacciner quelques habitants de la ville, mais pas plus.
- Speaker #1
Je pose la même question à tout le monde. Et la mort dans tout ça ?
- Speaker #0
La mort dans tout ça, c'est marrant parce que quand je suis partie dans ma première affectation, on va dire après mon diplôme d'infirmière et que je choisis d'aller vers les soins palliatifs, On a un cours et une psychologue nous demande pourquoi on choisit les soins palliatifs. Et donc, quelle est notre attirance vers les gens qui vont mourir ? Et donc, je réfléchis un peu. Je me dis, bon, la marine m'a quand même... J'aurais pu approcher la mort par le choix de ce métier, où je peux être dans des missions de sauvetage, mais aussi des missions de combat. Finalement, les hélicos de la marine, je crois que sur les 25 dernières années, il n'y avait pas eu un échange de tir. Je fais la seule mission de ces 25 dernières années. Bon, ça s'est bien passé. J'ai eu un seul blessé. C'était léger. Bon, donc la mort, je ne l'ai pas frôlée là. Quand j'ai donné la naissance de ma première fille, je l'ai frôlée. Quand j'ai été et m'approché des gens qui mouraient, je me suis donc posé la question, pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Et elle nous a dit, si vous ne trouvez pas, la plupart du temps, je pense que vous avez tellement peur de la mort que vous voulez la maîtriser, savoir comment ça se passe. Donc, vous venez voir de plus près comment on meurt. Je lui ai dit que c'est presque mal, mal de sang, je n'en sais rien. Donc, je ne sais pas. En tout cas, la mort, je me dis que j'aimerais ne pas en avoir peur. Je vois bien que pour les gens qui l'approchent, s'ils ne sont pas dans la douleur, ils l'approchent plus facilement. Donc, je ne sais pas, je me souhaite une mort soit très rapide où je n'ai pas le temps d'analyser ce qui se passe, soit une mort où la douleur est bien gérée. Et je pense que ça, c'est quelque chose dont ils sont palliatifs, qui est vraiment la pièce maîtresse. Et il faut vraiment que cette... partie-là soit accompagnée. Voilà.
- Speaker #1
Et pour finir sur une note, sur une autre note, d'ailleurs, justement, d'ici là, il y a quoi à remplir et quel nouveau chapitre à écrire ? Parce que tu sembles maîtriser l'art du rebond.
- Speaker #0
Et d'océan, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, comme je disais, les budgets sont difficiles à récolter, à trouver. Il est possible que je me retire de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, une commorance recentre sur l'endroit où je vis en Calédonie, où avec le départ de 20 000 personnes et de beaucoup de médecins, le soin devient difficile. Donc je cherche comment pouvoir aider ces gens, ces peuplades, ces gens qui habitent vers Belle-Èpe, les îles qui sont en or, les îles loyautées. et je me dis qu'il y a peut-être un copier-coller avec ce que fait en France la box médicale qui sont des containers avec de quoi faire de la télémédecine à l'intérieur c'est peut-être quelque chose qu'il faut développer en Calédonie donc là ça fait 9 mois que je travaille sur ce projet là et probablement essayer de voir avec le ministre de la santé en Calédonie si ça peut être Hum hum. un objet et une médecine qui pourraient être acceptées, convenir et pallier à ces zones qui sont désertées de médecins.
- Speaker #1
Dernière question, on t'aime qu'on dise quoi de toi, que t'es une bâtisseuse, une passeuse, une exploratrice ?
- Speaker #0
Je pense que je fais les liens. Certains disent que je suis passeuse d'âme, je ne sais pas, mais je pense qu'en fait quand j'avais 17 ans que j'ai voulu être pilote, J'apprenais, enfin, je lisais beaucoup de choses sur l'aviation et il y avait une petite phrase que j'aimais bien qui était « il faut viser toujours la Lune pour finir dans les étoiles » . Et donc, je crois que moi, je vise toujours la Lune. Et quand j'entends quelqu'un qui a un projet et que je me dis « je peux peut-être l'aider, je peux peut-être accompagner » , je suis une accompagnatrice, je ne sais pas.
- Speaker #1
La passeuse d'âme. qu'on a plein d'étoiles devant les yeux et même dans les oreilles. Merci à toi, Marine.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Merci à tous d'écouter le podcast Septentrion, là où souffle l'aventure. Rendez-vous bientôt sur les plateformes avec un nouvel invité. Et comme disait mon grand-père, qu'est Navo ?