Speaker #0Septentrion est né de ce vertige, un podcast pour celles et ceux qui explorent le monde, pour celles et ceux qui le racontent dans des livres, des films, mais surtout des engagements. Je m'appelle Stéphane Dugast, je suis auteur, réalisateur et explorateur à ma façon. Bienvenue sur mon podcast Septentrion, là où souffle l'aventure. Je vais commencer ce podcast inhabituellement en vous faisant deux confidences. Première confidence, le sport, la littérature, l'aventure, la culture, l'exploration. C'est des domaines qui m'ont toujours passionné. Je me suis fait, comme on dit, un petit peu tout seul en termes d'écriture. Et pour me faire tout seul en termes d'écriture et pour apprendre, j'ai pas hésité à sortir mes crayons fluo, mes crayons, et à surligner dans les journaux que je lisais des passages qui m'intéressaient, des bouts de phrases des... Des liaisons, des citations, des mots, cet amour des mots que j'ai toujours eu. Et tous les week-ends, c'est une période qui remonte à plus de 20 ans, plus de 30 ans, je n'hésitais pas à acheter l'équipe. le quotidien, mais avec l'équipe, le quotidien, chaque samedi, vous aviez un magazine couleur, l'équipe MAG qui vous proposait les coulisses du sport, un regard décalé sur le sport, aux marges du sport, bref, des histoires humaines, des portraits, des papiers immersifs, tout ce que j'adorais. Et lui, son nom est tout de suite ma... Et lui, sa plume, son écriture, ça m'a tout de suite sauté aux yeux. Lui, c'est Benoît Emmerman. Et pendant des années, j'ai dévoré ses papiers et j'ai même dépiauté, comme on dit, ses papiers. Seconde anecdote, nous sommes en 2007. J'ai 33 ans et j'ai enfin réalisé mon premier documentaire d'envergure et mon premier livre qui est consécutif justement à ce documentaire et à une aventure dans les pas de Paul-Émile Victor au Groenland oriental. Dîner du soir, nous sommes aux écrans de l'aventure à Dijon, dîner des explorateurs, des aventuriers, bref, le gratin. Pour moi à l'époque, le gratin des gens que souvent j'admire, je remarque que Benoît Emmerman est à ma table. Il y a des petites étiquettes. Je vous avouerai quelques vingt ans plus tard que j'ai interverti les étiquettes pour que Benoît Emmerman soit évidemment à côté de moi. Je suis fébrile, je l'attends. Arrive un type, plutôt de taille moyenne, l'œil pétillant, la barbe et la chevelure poivre et sel. Arrive un type, le cheveu poivre et sel, petite lunette métallique, le regard pétillant, la barbe aussi poivre et sel. qui s'approche justement de la chaise de Benoît Emmerman. Et moi, de lui lancer, non mais c'est pas possible, mais là, monsieur, j'attends monsieur Emmerman, asseyez-vous peut-être ailleurs, vous avez vu, il y a des étiquettes, bref. Je commence à partir de grandes explications, ce monsieur me regarde, intrigué, il me dit, ah bon, vous attendez Benoît Emmerman ? Et je dis, ah oui, oui, c'est assez important pour moi, c'est quelqu'un qui a beaucoup compté dans ma vie, et je m'enflamme, pour ceux qui me connaissent, je parle avec passion. Et là, mon interlocuteur de me dire, Et ce Benoît Emmerman, vous l'imaginez comment ? J'aurais dû tourner ma langue cette fois dans ma bouche, réfléchir un petit peu. Je réponds à mon interlocuteur. Alors, Benoît Emmerman, c'est le grand reporter, le type qui a baroudé partout dans le monde. C'est le biographe d'Éric Tabarly. Donc, vous imaginez plutôt un look Yacht Club de France. Alors, il me regarde, amusé, à bon. J'ai dit, ouais, un type plutôt du genre grand, élancé, le teint allé, sûr de lui. Bref. Je fais un portrait de Benoît Emmerman, qui était le fruit de mon imaginaire. Et mon interlocuteur, au bout d'un moment, ne m'interrompt pas et me dit « Enchanté, je m'appelle Benoît Emmerman et on va pouvoir discuter. » Je vous avouerai que c'est un grand blanc. Bon, après, je n'ai pas hésité à lui poser des questions et être chaleureux et naturel. C'est surtout lui qui a été chaleureux et naturel et qui ne s'est pas offusqué de ma présentation. Ça a été l'occasion de lui présenter cette aventure qui me guidait, qui m'a longtemps guidé dans ma vie, dans les traces et dans les pas de polémique victoire, pour savoir ce qu'étaient devenus les Eskimos, qu'on appelle aujourd'hui les Inuits d'Amasalik. Et je lui ai parlé avec passion de mon film, de mes reportages, de mes écritures, de mes sources d'inspiration. et notamment les siennes. et tout le travail que je faisais, je n'attendais rien mais à la fin du repas au café, Benoît, de me lancer, de me dire « Écoutez, faites-moi envoyer votre livre qui est paru aux éditions Michel Laffont. » On n'a pas vraiment l'habitude de chroniquer cet éditeur, mais si le livre vaut la chandelle, vous serez dans la sélection des beaux livres de l'équipe MAG juste pour les fêtes de Noël, pour les fêtes de fin d'année. Inutile de vous dire que pour moi, cette promesse, c'était le Graal. Et les promesses n'engagent que ceux qui les... donnent, qui les disent, mais j'ai néanmoins, consciencieusement, demandé à la tachette presse d'envoyer le livre dans les pas de Paul-Emile Victor, et qu'elle ne fut pas ma surprise, avant les fêtes de Noël, de trouver mon livre, il n'y en avait pas beaucoup, dans la double page des livres pour les cadeaux de Noël, c'était dans l'équipe MAG, c'était une immense fierté pour moi. Je vous avouerai que je lis le quotidien sportif depuis des lustres. Comme Benoît Merman, ce qui m'intéresse, c'est le sport. C'est ses épopées, c'est ses acteurs, c'est ses coulisses, c'est ses hauts, c'est ses bas. Bref, j'étais sur la même longueur d'onde.