Speaker #0Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de Shift Your Mindset. La dernière fois, on a parlé pression. Pas celle que tu partages avec tes amis le vendredi soir, celle qui te retourne la tête quand tu dois prendre une décision. Aujourd'hui, on va parler d'un sujet que tu penses devoir gérer, contrôler et canaliser. Un peu comme ce coéquipier très motivé qui arrive en compétition avec trois sacs, une routine par mouvement et qui te demande toutes les deux minutes « On commence quand ? » On va... parler du stress. Et si tu m'écoutes jusqu'au bout, il y a de fortes chances que tu arrêtes de le traiter comme un problème à éliminer. Et surtout que tu comprennes pourquoi jusqu'ici, plus tu essayais de le maîtriser, plus il te coûtait cher en énergie, en clarté et parfois même en plaisir. Le vrai shift commence quand tu comprends ce que ton mental te cache. Une de tes phrases toxiques préférées est peut-être Mon problème, c'est que je suis trop stressée. Et tu t'imagines que si tu pouvais être plus calme, plus détendu, plus relâché, alors tu performerais mieux, tu déciderais mieux, tu vivrais mieux ce que tu fais. Et cette idée, elle est tellement ancrée qu'on ne la questionne même plus. Stress égale problème. Calme égale solution. Sauf que, si se calmer suffisait vraiment, il n'y aurait plus de stress, plus de burn-out, Et absolument personne ne sentirait cette petite montée intérieure avant un route qui engage. Dans la vraie vie, plus tu cherches à te calmer, plus ça résiste. Comme ce moment très précis où tu arrives à l'échauffement en te disant « aujourd'hui, séance tranquille » . Et où ton cerveau, sans même te demander, il a déjà commencé à faire des calculs, rien qu'en voyant la prog au tableau, avant même que ton corps ait commencé à bouger. Et tu le remarques vite. Plus tu veux faire baisser ton stress, plus tu l'observes, plus tu l'analyses, plus tu lui donnes de l'importance, plus il s'installe confortablement. Un peu comme ton chien sur le canapé. Au début, il pose juste une patte, tu ne dis rien, puis une deuxième, puis il s'allonge vite fait. Et sans trop comprendre comment, tu te retrouves à lutter pour sauver les 50 cm qui te restent, pendant que lui est parfaitement installé et commence à ronfler. Alors, posons une autre hypothèse. Moins populaire, mais beaucoup plus utile. Et si le problème n'était pas ton stress, mais ce que tu crois que le stress est ? Le stress, ce n'est pas l'adversaire final. C'est juste l'ambiance sonore. Et pour l'instant, tu passes ton temps à vouloir couper le son au lieu de jouer la partie. Tu n'as encore rien fait. Pas touché une barre, pas lancé le chrono et pourtant, ton corps est déjà activé. Le cœur bat un peu plus vite, la respiration devient plus haute, il y a une tension diffuse, pas alarmante mais bien présente. Rien d'anormal, rien de problématique, mais ta tête, elle arrive très vite avec son interprétation. Je suis stressée, ce n'est pas bon signe, je devrais être plus détendue. Et là, quelque chose bascule. Tu ne vis plus la situation, tu t'observes en train de la vivre. Tu analyses ton corps comme si tu étais à la fois. L'athlète, le coach et le juge un peu trop attentifs. Respiration haute, épaules tendues, pas optimale, ça sent la norep. Et sans même t'en rendre compte, tu ajoutes une couche de tension mentale sur une activation physiologique, qui à la base est simplement normale. À ce stade, ton corps n'est pas en panique, il est juste en mode « Ok, ça compte, on se prépare » . Et toi tu lui réponds « Merci, mais j'aurais préféré être parfaitement détendu » . Comme ces personnes qui sourient en faisant des burpee board jump. On va poser ça clairement. Le stress n'est pas une faiblesse, le stress n'est pas un défaut, le stress n'est pas un dysfonctionnement. Le stress est une réponse physiologique normale de ton organisme. Quand quelque chose compte pour toi, ton corps s'active. Pas pour te saboter, pas pour te bloquer, pas pour te mettre en difficulté, mais pour te préparer. pour envoyer de l'énergie dans les muscles, pour que ton corps ait tout ce qu'il faut pour bouger fort. Et tant que tu interprètes cette activation comme un problème à supprimer, tu entres en opposition avec ton propre fonctionnement. C'est un peu comme reprocher à l'éco-bike de climatiser la moitié de la boxe alors que c'est toi qui es en train de pousser les rythmes comme si ta vie en dépendait. On va clarifier une autre chose vraiment importante. Quelque chose qui crée plus de malentendus qu'un coach qui annonce « c'est simple » avant de détailler le warm-up d'un road en 5 blocs. Le stress n'est pas une émotion. Oui, oui, je t'assure, le stress n'est pas une émotion. Le stress est une réaction physiologique, une réponse automatique de ton système nerveux quand il perçoit un enjeu. C'est comme ton chien sur le canapé. Tu ouvres la porte du frigo, la petite lumière à l'intérieur du frigo n'est même pas encore vraiment allumée, qu'il est déjà derrière toi. Et le plus drôle, c'est que même lui ne saurait pas t'expliquer comment il est arrivé aussi vite depuis le canapé. Par contre, une chose est sûre, sa réponse physiologique à l'enjeu, réussir à gratter un morceau de fromage, elle, elle est parfaitement opérationnelle. Ce que tu appelles stress se déclenche dès qu'il y a un enjeu. Et cet enjeu, à son tour, peut activer différentes émotions. Ça peut être de la peur, de l'excitation, de l'envie, le sentiment que ça compte. de l'enthousiasme, et bien souvent ce n'est même pas une seule émotion, c'est un mélange de tout ça en même temps. Ton corps, lui, ne fait pas le tri. Il ne débat pas, il ne nuance pas. Il active, il mobilise, il prépare. Ton système nerveux n'a pas un menu détaillé. Il voit juste. Enjeu, intensité. Ok, on s'organise. Et c'est seulement après, dans ta tête, que tu colles une étiquette. Je suis stressée. Comme si c'était toujours négatif, comme si c'était f... forcément un problème alors qu'en réalité tu es peut-être juste très impliqué, très engagé, très concerné mais comme ça bouge à l'intérieur tu te méfies. Le vrai problème ce n'est pas le stress, ce n'est pas l'activation, ce n'est pas l'intensité. Le vrai problème c'est la lutte permanente contre le stress. Ce moment où tu te dis je ne devrais pas ressentir ça. A partir de là tu dépenses plus d'énergie à résister qu'à agir. Ton stress devient lourd. Non pas parce qu'il est trop fort, mais parce que tu passes ton temps à vouloir l'éteindre. Repense à un moment où tu t'es dit « Finalement, ça s'est mieux passé que prévu. » Très souvent, ce n'est pas parce que tu étais particulièrement calme. C'est parce qu'à un moment donné, tu as arrêté de lutter contre ce que tu ressentais. Le stress était toujours là, mais il n'était plus aux commandes. Alors, la prochaine fois que tu ressens du stress, au lieu de chercher à le faire disparaître, pose-toi simplement cette question. Qu'est-ce que cette activation est en train de préparer ? Pas pour analyser, pas pour contrôler, juste pour reconnaître. Et observe ce qui se passe quand tu arrêtes de juger ce que tu ressens. Souvent, le stress ne monte pas d'un montage, il se stabilise et il devient beaucoup plus utilisable. Le stress n'est pas une émotion, c'est une réaction physiologique qui est déclenchée par une ou plusieurs émotions différentes. Ce qui te fatigue, ce n'est pas l'activation, c'est la lutte. Autrement dit, ce n'est pas l'effort qui coûte cher, c'est de freiner alors qu'en même temps tu es en train d'accélérer. Derrière chaque performance, il y a un mental qui tient, un corps qui parle et un humain qui choisit d'y croire. Et c'est ça l'ultime performance. La semaine prochaine, on va aller voir comment tu peux transformer toute cette énergie de ton stress en énergie pour ta performance. Merci pour ton écoute. Et si ça te parle autant que ça te dérange, abonne-toi pour t'entraîner autrement.