Speaker #0Un cadre, ce n'est pas une prison, c'est une boussole. Bienvenue dans Si atypique, le podcast pour celles et ceux qui ne rentrent pas dans les cases et qui n'en ont jamais eu envie. Ici, on parle de ces enfants et de ces adultes qui pensent, bougent, ressentent différemment. Ce n'est ni normal ni anormal, c'est atypique et c'est notre force. Aujourd'hui, on va parler de cadre. Et je sais que pour beaucoup de parents, ce mot-là est chargé. Il évoque la rigidité, l'autorité, voire même un conflit permanent. Mais si je vous disais qu'un cadre bien posé, bien construit, pouvait devenir un outil de sécurité affective et même une source de soulagement pour votre enfant. Je vais vous raconter l'histoire de Léo, 6 ans. Un enfant hyper attachant, très intelligent, vif, curieux, mais à la maison, c'est un combat permanent. Il dit non à tout, il se frustre très vite, il déborde sans arrêt, dans ses gestes, dans ses émotions, dans son comportement. Sa mère, elle est complètement à bout. Il sait ce qu'il ne faut pas faire, mais il le fait quand même. Et c'est là qu'on touche au point fondamental. Il n'avait pas de cadre clair, stable et structurant. Ni dans sa tête, ni dans son environnement, ni dans sa relation aux adultes. Le cadre, ce n'est pas une prison. Ce n'est pas une prison ni un dressage. Le cadre, en fin de compte, c'est une boussole. C'est ce qui aide l'enfant à comprendre ce qui est ok, ce qui est attendu, ce qui est interdit. Et surtout, on le construit avec lui. Pas au-dessus de lui, pas contre lui. Alors avec Léo, on a créé un cadre visuel, ludique et affectif. On a pris une grande feuille, on a mis un petit dessin, un petit bonhomme au milieu. Ça pourrait être sa photo. Et autour, on a mis tout ce qu'il aime. Les Legos, les dinosaures, le trampoline, les câlins, les dessins, les pâtes au fromage. Puis après, on a mis les règles de la maison. Mettre la table, ranger, se laver, faire les devoirs. Et à l'extérieur du cadre... On a mis les interdits. Taper, mordre, casser, insulter. Ce cadre, il est affiché, il est visible et il est évolutif. Il est surtout vivant. Parce qu'un enfant, il ne peut pas retenir ce qu'il ne voit pas. Et maintenant que le cadre est posé, il faut qu'il tienne. Et pour ça, on utilise des renforcateurs. Il y a les renforcateurs qui sont positifs, donc on va ajouter quelque chose de plaisant après un bon comportement. Par exemple, tu as bien rangé tes jouets, tu choisis ton histoire du soir. Et il y a aussi les renforcateurs négatifs. Cette fois-ci, on retire plutôt quelque chose de désagréable pour renforcer un comportement. Tant que tu cries, je m'éloigne. Quand tu reparles calmement, je reviens. Alors on n'est pas dans la punition, on est dans l'éducation cohérente. C'est ce qu'on retrouve dans les grands programmes d'habilité parentale comme Barclay, PHP ou le Triple P. Donc on valorise ce qui va bien et on ne renforce pas ce qui déborde. Le cerveau de l'enfant, il apprend du coup par conséquence et pas par moralisation. L'objectif va être quand même de répéter régulièrement ce cadre aux enfants, pour qu'ils le comprennent bien, pour qu'ils s'en rappellent, et surtout l'appliquer strictement. Ça veut dire qu'on peut reprendre l'enfant une fois, mais la deuxième fois, il faut qu'on applique les renforcateurs. J'ai eu des enfants qui disaient à leurs parents, « Ah, c'est trop strict le cadre. Allez, viens, on n'applique pas pour de vrai. » Ou « Viens, on le modifie un petit peu. » Non, les enfants, ils sont malins, ils sont intelligents. Et ils savent déjà comment manipuler leurs parents. Il y en a même d'autres qui m'ont dit, pendant les stages que j'organise avec les enfants sur une semaine, j'aimerais que mon père soit plus ferme avec moi, qu'il dise stop et qu'il soit avec moi, plus présent. Et là, moi, ce que je comprends, c'est une chose essentielle. Les enfants, ils testent les limites pour s'assurer qu'elles existent. Et ce qu'ils veulent, eux, c'est être contenus et pas abandonnés. Ce que je recommande souvent, c'est d'afficher le cadre dans la chambre ou dans un endroit clé. De le créer avec l'enfant, même tout petit. Utilisez des images, des photos, des pictos. Écrivez si l'enfant sait déjà lire. Soyez constant mais souple. Et rappelez-le tous les jours sans agressivité. Et surtout, et le principal, ça va être de célébrer les victoires. Quand votre enfant respecte le cadre, dites-le et montrez que ça compte. Finalement un cadre, il faut retenir que ce n'est pas un piège, ce n'est pas fait pour enfermer. C'est ce qui donne une forme à l'énergie, une direction à l'intelligence et un apaisement au chaos. Les enfants ne cherchent pas à tester votre autorité, ils cherchent à vérifier votre stabilité. Si cet épisode vous a parlé, vous pouvez mettre un pouce, vous pouvez vous abonner et vous pouvez tester dès à présent ce cadre visuel chez vous. Affichez-le, construisez-le ensemble, amusez-vous à l'enrichir. Et surtout, tenez-le ! Je vous invite même à me partager les cadres que vous allez mettre en place à la maison et qu'on pourra partager à toute la communauté. On se retrouve la semaine prochaine et je vous remercie pour votre écoute.