Speaker #0Tu ne peux pas apprendre si ton cerveau pense que tu es en danger. Bienvenue dans C'est Atypique, le podcast pour celles et ceux qui ne rentrent pas dans les cases et qui n'en ont jamais eu envie. Ici, on parle de ces enfants et de ces adultes qui pensent, bougent, ressentent différemment. Ce n'est ni normal ni anormal, c'est atypique et c'est notre force. Aujourd'hui, je voudrais qu'on parle d'un besoin fondamental, mais qu'on oublie trop souvent. Avant de parler motricité, concentration, comportement ou même apprentissage, il faut se poser une question. Est-ce que cet enfant se sent en sécurité ? Avant d'apprendre, de bouger, de parler ou même de penser, le cerveau a un réflexe fondamental. Il scanne l'environnement et il pose cette question en boucle. Est-ce que je suis en sécurité ? S'il répond oui, il peut se détendre, se connecter, coopérer et apprendre. S'il répond non, même un petit non, il se referme, il se tend, il lutte ou il fuit. Ce n'est pas une question de volonté, c'est une réaction neurobiologique automatique. Et cette question, vous vous la posez quand vous entrez dans une nouvelle pièce, vous vous la posez quand vous allez dans un nouveau lieu, même dans un endroit que vous connaissez, comme par exemple la salle de classe. Le cerveau, il se nourrit d'informations sensorielles pour savoir s'il peut fonctionner normalement. Il reçoit en permanence ce que voient les yeux, ce que ressent le système vestibulaire, lié à l'équilibre entre autres. ce que perçoit la proprioception, qui est la position du corps dans l'espace, ce que vivent les émotions et ce que ressent le stress. Si ces capteurs sont bons, fiables, bien intégrés, le cerveau peut tourner en mode vert. Mais si un ou plusieurs de ces capteurs sont défaillants, trop sollicités ou prouillés, le cerveau passe en mode orange ou rouge. Et là, l'enfant n'est plus disponible pour apprendre. Tu peux avoir un enfant qui a l'air agité, mal poli, dans la lune ou opposant, mais en fait il n'est pas mal éduqué, il est juste en train de lutter pour rester stable dans son corps. Il voit flou, il ne tient pas bien en équilibre, il est tendu intérieurement. Son cerveau ne reçoit pas des infos fiables. Donc, il compense, il lutte, il évite et il s'agite. Et tant qu'on ne traite pas ça, tous les exercices du monde ne serviront à rien. Mettre en sécurité un enfant, ce n'est pas juste lui parler gentiment. C'est baisser la tension de son système nerveux. C'est réduire le bruit sensoriel. C'est créer des routines stables. C'est lui permettre de bouger, de respirer et s'organiser dans son corps. Alors en pratique, comment je fais ? Je peux effectuer du mouvement. Du mouvement en extérieur. Une respiration qui peut être guidée. Avoir et ressentir ses appuis solides au sol et être présent. Être présent avec lui de manière calme et constante. Finalement, ce sont des gestes simples, mais qui changent tout. Et il existe un lien très fort entre le stress, le système vestibulaire et l'état émotionnel. Il y a même une étude qui montre que le système vestibulaire, qui gère l'équilibre et la stabilité du corps, et étroitement lié aux zones de régulation du stress. En clair, un enfant déséquilibré dans son corps ne peut pas être stable dans sa tête, et un enfant stressé, inversement, n'intègre pas les bonnes infomotrices. Et c'est pourquoi la sécurité corporelle est la condition pour développer la sécurité cognitive et émotionnelle. Ce que je recommande souvent aux parents, avant même de parler d'apprentissage, mettre des routines fixes le matin et le soir. Faites un jeu d'équilibre chaque jour. Baissez la lumière et les bruits parasites. Favorisez les mouvements lents, croisés, au sol, contrôlés. Créez un coin cocon avec des objets familiers. Créez même un coin de sécurité où l'enfant va pouvoir aussi se défouler. Ce n'est pas magique, mais par contre c'est indispensable. Parce qu'un enfant apaisé, c'est un enfant qui redevient disponible. Si tu veux qu'il apprenne, commence déjà par lui montrer qu'il est en sécurité. Merci d'avoir écouté cet épisode. Peut-être qu'il vous a fait réfléchir autrement à ce que vous vivez au quotidien. Si vous êtes parent, rappelez-vous que l'apprentissage vient après la sécurité. Le reste du cerveau ne se met en route que si le corps dit « c'est ok, je suis en OP » . Abonnez-vous à Ciatypique, aimez l'épisode, partagez-le autour de vous. Vous pouvez également retrouver des astuces en lien dans l'épisode sous la rubrique commentaires. Vous allez retrouver des liens avec des guides qui vont vous expliquer comment faire en pratique. N'hésitez pas à nous poser vos questions et peut-être même à nous demander quel prochain sujet vous souhaiteriez aborder. A bientôt !