- Speaker #0
Sinus et Mion, Jules-Guerre Martineau.
- Speaker #1
Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans la deuxième saison de Sinus et Mion. Aujourd'hui, on a mis l'accent sur le renouvellement des générations dans le monde agricole. J'ai l'honneur et le plaisir d'accueillir Clément. Bonjour. Bonjour Clément. Je vais te demander de te présenter pour que les auditeurs puissent te découvrir et savoir qui tu es.
- Speaker #0
Alors, je suis Clément Blanchard, j'ai 30 ans, je suis agriculteur à Saint-André-Gouledouin et je fais de la volaille, la belle.
- Speaker #1
Ok. Tu as été impliqué au niveau départemental ?
- Speaker #0
Exactement. Au niveau de la fête, c'est de l'agriculture.
- Speaker #1
Dis-moi tout, parce que c'est vrai que le monde agricole a besoin de visibilité, a besoin de reconnaissance et puis d'être connu aussi par les jeunes générations. Pourquoi c'était important pour toi ou comment tu t'es retrouvé en fait dans ce projet-là ?
- Speaker #0
Alors pour moi c'était important parce que déjà j'aime communiquer sur mon métier. Moi sur la FED j'étais responsable de la communication. J'aime ça au quotidien, expliquer mon métier, expliquer ce que je fais au grand public. Et pour moi la FED d'agriculture c'était... Le Graal, parce que c'est quand même pour cette année plus de 70 000 personnes. Donc c'était le moyen de toucher énormément de gens en très peu de temps et d'expliquer notre métier, d'expliquer ce qu'on fait et de rappeler aux gens qu'on est là pour les nourrir.
- Speaker #1
Ton parcours, tu es issu de famille d'agriculteurs. Comment as-tu arrivé à faire ce métier-là ?
- Speaker #0
Alors pas du tout. Mes parents n'étaient pas agriculteurs, mes grands-parents l'étaient comme beaucoup. Mon père est technicien agricole, mais c'est la seule patte que j'ai dans l'agriculture. J'ai toujours été passionné par ça, j'ai toujours voulu faire ce métier, comme beaucoup. Je suis parti en études agricoles dès la fin du collège. J'ai eu un parcours un peu atypique parce que n'étant pas issu du milieu agricole, je voulais avoir le maximum d'expérience. Après mon BTS en apprentissage, j'ai été commercial. pendant un an et puis j'ai eu une opportunité de m'installer qui ne s'est pas faite et je suis parti à l'étranger pendant un an aussi en Nouvelle-Zélande pour apprendre l'agriculture en Nouvelle-Zélande et à la suite de ça j'ai été ouvrier j'ai fait un petit peu de tout ouvrier agricole, ouvrier dans la métallurgie parce que je ne savais pas souder donc j'ai voulu apprendre à souder et j'ai fait du service de remplacement aussi, la meilleure école
- Speaker #1
Et qu'est-ce qui t'a plu à travers ça ? C'était quoi la diversité, l'autonomie ? Qu'est-ce qui t'a vraiment attiré sur ce métier-là ?
- Speaker #0
Alors moi c'est avant tout le contact avec les animaux. Je fais que de la volaille et je n'ai pas de culture à côté. C'est vraiment la chose qui m'intéresse le plus. Et après l'autonomie c'était vraiment un truc important. Je voulais absolument être agriculteur, je le sais depuis toujours. Je veux être agriculteur donc j'ai tout fait pour. Le fait de pouvoir, comme on dit souvent, c'est gérer ses horaires, être son propre patron, c'est quand même incroyable.
- Speaker #1
Ça a été quoi les défis que tu as dû surmonter ou relever pour arriver à t'installer ? Ça a été le fait de budgétiser un projet parce que tu as repris une exploitation, tu as monté un site. Comment tu as fait ton parcours d'installation ?
- Speaker #0
Alors moi, j'ai repris deux sites à deux éleveurs différents. Donc un qui partait à la retraite et un autre qui divisait sa ferme. Donc je voulais vraiment faire un site où je puisse gagner ma vie tout de suite, entre guillemets. Et pour budgétiser tout ça, j'ai été aidé. Il y a mon centre de gestion, il y a la chambre d'agriculture qui aide beaucoup les jeunes installés. Mais pour trouver les financements, il a fallu prendre son bâton de pèlerin et puis aller chercher l'argent. Parce que quand on n'est pas issu du milieu agricole, on a... C'est une chance pour certains, ce n'est pas une pour d'autres parce que tu es obligé de reprendre la ferme familiale. Pour moi, c'est une chance parce que j'ai fait ce que j'ai voulu et j'ai trouvé la ferme qui me plaisait, j'ai visité beaucoup de fermes. Mais par contre, face aux partenaires bancaires, il ne faut montrer pas de blanche et il faut être sûr de soi.
- Speaker #1
Après, quand les choses sont établies, quand c'est des sites qui tournent déjà, c'est aussi plus facile parce qu'on peut se baser sur ce qui a été déjà... Ce qui s'est passé en fait sur les années précédentes.
- Speaker #0
Exactement. Et puis, alors il y avait de la rénovation parce que certains sites étaient en, on ne va pas dire en fin de vie, mais sur des, voilà, qui étaient un peu vétustes. Mais c'est sûr que c'est beaucoup plus simple. Il y a aussi un truc, c'est que l'occasion, ça coûte beaucoup moins cher que du neuf.
- Speaker #1
Comment tu as fait ton choix en fait d'exploitation ? C'était par rapport à un secteur géographique, par rapport à une production ? Ça a demandé combien de temps entre les premières fermes que tu as visitées et puis celles où tu as eu le coup de cœur et tu t'es dit c'est celle-là que je veux faire et c'est comme ça que je vois mon projet ?
- Speaker #0
Alors moi j'ai vraiment pris mon temps, je ne suis pas forcément un quimpe à part comme je disais tout à l'heure. J'ai pris 4 ans pour vraiment entre les premières visites de fermes et l'installation, sachant qu'il y a un an quasiment de démarche avant l'installation. Ma priorité, c'était la production. Je voulais vraiment de la volaille la belle. Et après, j'avais un secteur géographique qui allait de Beaupréau dans le 49, à Moléon dans le 79, Laroche en Vendée, et puis jusqu'à Clisson. Donc c'était quand même un secteur géographique très dense au niveau agricole.
- Speaker #1
Ciblé plutôt bocage ?
- Speaker #0
Oui, plutôt bocage parce que ma famille est des mauges et le reste de ma famille est dans le bocage vendéen. Donc je voulais vraiment rester auprès de ma famille. J'ai su ce que c'était en partant à l'étranger, en allant bosser dans le sud Vendée aussi pour un emploi. J'ai su ce que c'était d'être loin de la famille. Et aujourd'hui, ce n'est plus ce que je veux.
- Speaker #1
Sur votre exploitation, est-ce que vous avez mis en place ou est-ce que tu t'es équipé de nouvelles technologies ou de choses innovantes pour t'aider au quotidien à gérer l'exploitation ? Sous la forme d'un logiciel pour gérer le quotidien d'exploitation, ça peut être sur des outils qui permettent d'alléger des tâches au quotidien. Est-ce que c'est des choses auxquelles tu as déjà réfléchi ou tu as des projets sur cet axe-là ?
- Speaker #0
Il y a des projets sur des logiciels, sur des applications qui aident à la gestion au quotidien de l'élevage. Je suis en train de me renseigner, j'ai déjà eu des... Des contacts là-dessus depuis l'an dernier, grâce à l'IA aujourd'hui, on sait aussi un petit peu, on met des caméras dans les bâtiments qui permettent d'avoir une meilleure gestion de la ventilation dans les bâtiments, des choses comme ça, et donc qui permettent d'améliorer énormément le bien-être des animaux. On est là aussi pour ça, on est là pour faire de la viande pour nous et les gens, mais pour que nos animaux soient en bonne santé avant tout. Et donc, c'est des choses qui coûtent forcément beaucoup d'argent. Il y a eu la grippe aviaire qui est passée par là, donc ça a retardé un petit peu. Mais j'espère bien, dans les années à venir, pouvoir investir là-dessus.
- Speaker #1
Pour toi, c'est quoi ? C'est d'enlever une tâche, une contrainte ? C'est de simplifier les choses ? C'est de t'aider à prendre une décision ?
- Speaker #0
C'est plus de l'aide. C'est vraiment plus de l'aide avant tout. Parce que la décision, c'est toujours moi qui la prendra. Mais c'est d'avoir toutes les cartes en main pour pouvoir la prendre. Et d'avoir des animaux qui s'épanouissent encore plus en fait. Parce que plus ton animal va être épanoui, forcément, alors moi il sort dehors, c'est l'avantage, j'ai des parcours qui sont arborés, il profite du soleil aujourd'hui, tellement pendant qu'on est là. Mais par contre, l'avantage c'est que plus l'animal va être épanoui, mieux il sera en meilleure santé et forcément il va peser de plus en plus lourd. Donc pour moi c'est plus intéressant.
- Speaker #1
Pour l'avenir, ta vision du monde agricole demain, ça devra répondre à quels enjeux, à quelles problématiques ? C'est plutôt une question plutôt générique, mais c'est aussi à mon sens important de voir quelqu'un qui a installé récemment, comment il voit ou comment il perçoit l'avenir.
- Speaker #0
Pour moi, la plus grosse problématique, ça va surtout être nourrir les gens. nourrir la planète. On le sait aujourd'hui quand on voit les importations qu'on a. Alors moi, je parle vraiment pour la volaille parce que c'est la partie que je maîtrise. Quand on voit les importations, aujourd'hui, mon partenaire qui est Maître Coq, il manque 200 000 volailles par semaine, voire un peu plus actuellement parce qu'on n'en produit pas assez. Donc aujourd'hui, c'est surtout ça en fait, c'est produire ce que les gens ont besoin et d'essayer de produire local. C'est pour moi la priorité absolue.
- Speaker #1
Donc toi qui es issu d'un hors cadre familial, comment tu perçois les choses pour aller trouver ou aller chercher des vocations dans la jeune génération qui, je ne veux pas faire un stéréotype, mais qui passe beaucoup de temps sur les réseaux, qui perçoit beaucoup de choses à travers le digital. Est-ce que c'est une piste qui peut à terme attirer des jeunes ?
- Speaker #0
Ah totalement, totalement. On le voit aujourd'hui avec les agri-youtubeurs, comme Étienne Agri-youtubeur qui est... qui est un des plus gros, qui aujourd'hui se développe énormément et attire les jeunes. Et en étant sur les réseaux, on le voit, il y a de plus en plus d'influenceurs agricoles qui arrivent à faire connaître le métier. En fait, c'est aussi ça, c'est expliquer notre métier, parce que les gens le voient surtout à travers les manifestations qu'on peut faire, parce qu'il y a parfois besoin. Mais il faut aussi expliquer qu'il y a du positif dans notre métier et que notre métier est génial. Moi, je m'éclate au quotidien à faire ce métier-là. Et il faut expliquer le positif. Et je pense que quand on aura fait ça... expliquer qu'il y a du positif dans le métier, on arrivera à recruter des jeunes. Et on le voit de plus en plus, il y a des influenceurs agricoles, il y a aussi des influenceurs territoriaux et je dirais culinaires du patrimoine qui nous aident énormément là-dessus.
- Speaker #1
Ok. Le fait de faire une fête de l'agriculture avec autant de personnes à participer à cet événement ou à venir à cet événement, Est-ce que tu penses que ça peut aider aussi à susciter des vocations ? Parce que ça fait une mini-ferme ouverte, il y a pas mal de choses qui s'y passent. Alors après, il y a aussi des activités qui sont plutôt ludiques, qui sont là pour vraiment passer du moment. Après, on sait que vous ne passez pas toutes vos journées à faire des courses de moissonneuse-batteuse.
- Speaker #0
Non, évidemment, c'est une fois par an.
- Speaker #1
Donc voilà. Mais comment vous pouvez ou comment vous comptez rebondir pour aller chercher ou capter des jeunes là-dessus ?
- Speaker #0
Cette année, on a mis vraiment l'accent sur le thème Tous unis pour vous nourrir, notre métier, votre richesse C'était vraiment… L'accent était important pour montrer aux jeunes ce qu'on fait au quotidien. C'était vraiment… L'image qu'on voulait donner de l'agriculture cette année, montrer aux gens ce qu'on produisait. Et l'objectif, on l'a fait par un spectacle de drone, c'était de créer des vocations avant tout. Et le spectacle de drone, c'était l'histoire d'une enfant avec son grand-père. Donc on a tous ce truc-là d'avoir des grands-parents qui sont agriculteurs, sauf que la génération après nous ne l'ont pas. En fait, leurs grands-parents ne sont plus agriculteurs, donc c'est à nous d'aller rechercher ce lien-là qu'ils ont avec le monde agricole. Et je suis certain qu'on aura demain des agriculteurs et des agricultrices qui vont avoir envie de venir, envie de produire la nourriture de demain.
- Speaker #1
La fête de l'agriculture, on en a parlé juste avant l'émission, tu me disais que c'était 35 000 personnes par jour.
- Speaker #0
Au moins, oui.
- Speaker #1
Donc ça fait quasiment un stade de la Baudouin par jour.
- Speaker #0
Exactement. Ce week-end,
- Speaker #1
ça fait un peu plus d'un vélodrome.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Comment vous expliquez pourquoi ça a eu un tel succès, pourquoi ça a été au rendez-vous ? Est-ce que les Vendéens sont encore attachés à ce monde agricole ? Comment vous l'analysez ?
- Speaker #0
C'est ça, c'est ce que j'allais dire. Je pense que les Vendéens ont vraiment cet attachement à la fête de l'agriculture et aux agriculteurs. On l'a vu cet hiver pendant les manifestations. On a eu énormément de positifs, beaucoup de messages de personnes qui nous soutenaient, qui nous ont même apporté à manger. Et on le voit sur la fête de l'agriculture, ça leur tient vachement à cœur. Et aujourd'hui, sur une fête départementale, on arrive à faire des scores, parfois peut-être même un peu plus haut que la fête de l'agriculture nationale, qui s'appelle les terres de Jim. Et on a cet attachement qui est local, qui est des Vendéens. Donc on est un département un peu, je dirais, un peu moteur là-dessus en France. Ce qui n'est malheureusement pas le cas partout, mais c'est forcément beaucoup plus facile de faire une fête dans ces cas-là. Et d'avoir des retours. très positif et d'avoir des gens qui aiment l'agriculture.
- Speaker #1
Merci à toi. Merci d'avoir pris du temps pour venir à la radio. On va s'autoriser une pause musicale avec Pogmo On avec un titre intitulé The Living of Liverpool.
- Speaker #2
Pour Californie, un endroit que je connais bien. Donc, très bien, je t'aime. Quand je retourne, nous serons unis. Very well, my old true love. When I return tonight, you will be. It's not the reason, but I'm still a good boy. I have sailed with purchase once before. I think that I know him well. Oh, le bateau est dans la harpe, mon amour, Et je sais que je ne peux pas rester, Mais je sais que ça va être un long, long temps Avant que je te revois.