- Speaker #0
Toute la journée,
- Speaker #1
vous écoutez Digradio sur digradio.fr. Le SICAR, le comité interprofessionnel du canard à routier, présente votre émission Sinus et Lyon. Julien Martineau.
- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans la dernière émission de la saison. On va terminer au sujet, on va parler de la filière canard, en partenariat avec le SICAR. Je remercie Yannick qui... qui est dans les parages. En premier invité, j'ai Mickaël Moinard, éleveur de canard dans le sud Vendée. Bonjour Mickaël.
- Speaker #1
Bonjour Julien.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux te présenter un petit peu, raconter ton parcours ?
- Speaker #1
Mickaël Moinard, je suis de Niol-sur-le-Tiz, dans le sud Vendée, entre Fontenay-le-Comte et New York. J'ai 40 ans, je suis père d'une famille de trois enfants et je m'installe depuis 10 ans en agriculture, où j'ai repris l'exploitation familiale de mes parents et d'un voisin. Et la spécificité de l'exploitation, c'est que j'ai transformé un bâtiment de production de lapins pour faire du canard barbari suite à une expérience professionnelle que j'avais fait avant. Et le reste de mon exploitation est en céréales, en agriculture biologique.
- Speaker #0
D'accord. Et donc ton atelier canard, lui, n'est pas bio, il est en classique ?
- Speaker #1
Mon atelier canard est en conventionnel et on a 17 000 animaux dans 1180 m².
- Speaker #0
Dans deux bâtiments ?
- Speaker #1
C'est deux salles, côte à côte, qui étaient sur un système qu'on appelait tout plein, tout vide en lapin. Et la particularité, c'est qu'on démarre tout dans une salle et on dessert au bout de 18 jours les canards qui sont faits en partenariat avec le groupement Volineo, dont je suis président délégué.
- Speaker #0
C'est déjà une bonne entame sur la matière. Aujourd'hui, dans ton quotidien, comment tu vois l'élevage de canards de demain ? Comment tu prends en compte le fait de produire ce canard ? C'est quoi pour toi l'objectif de cette production-là ?
- Speaker #1
Il y a deux choses. Sur l'exploitation, il y a le fait de produire une viande, un mets, qui est reconnu. qui est tellement reconnu que moi aujourd'hui j'en fais même de la vente directe sur l'exploitation. Et puis il y a un lien fort avec mon sol, avec mes terrains en agriculture biologique où on utilise les déjections en termes de fertilisants, ce qui évite d'acheter des matières organiques ou de l'azote à l'extérieur. Donc on est sur un produit viande et un produit qui sert à valoriser des cultures.
- Speaker #0
Il y a un lien en fait entre le foncier et la production animale qui est assez fort. qui te permet de subvenir à certains besoins au niveau des plantes avec l'atelier de production animale.
- Speaker #1
Voilà, complètement. Je suis un des rares dans le secteur du sud-vendée à jouer de cela. Aujourd'hui, je suis quasiment autonome en production de matières organiques grâce à mon élevage. Et après, ce qui est un point fort, c'est qu'on met de la diversification dans l'exploitation avec un retour économique entre la partie culture qui met du temps et l'élevage des canards, où on fait quasiment 3,5 lots à l'année. Donc on amène vraiment une rentabilité économique sur l'exploitation, et puis on amène d'autres productions et un savoir-faire qui est différent.
- Speaker #0
Quand tu t'es installé, tu aurais pu partir sur du pigeon ou du poulet, ou tu as fait le choix du canard, parce que... Qu'est-ce qui t'a plu dans cette production-là ? C'était le rythme de production qui te convenait ?
- Speaker #1
Alors, il y a deux choses. J'ai quelqu'un dans ma famille qui fait de la volaille dans le 49 et depuis tout petit, c'était un plaisir d'aller chez eux et de voir un petit peu les petits poussins, les petits canetons qui arrivaient. Et puis, moi, il a fallu surtout réaménager un élevage où on avait une fosse à l'isier et une des rares productions qui permettait de valoriser l'équipement en place était le canard, Barbarie. Et sur une expérience professionnelle que j'avais avant en commercial, je suivais à peu près 200 producteurs de canards en barbarie sur différentes opés. Et donc ça me permettait de voir un petit peu ce qui se passait. Et moi c'était le temps de cycle qui m'intéressait, puisqu'on est sur des productions à 12 semaines d'élevage. Et l'intérêt c'est qu'on n'est pas sans cesse à vider un bâtiment, renettoyer, recommencer. Donc là on a du temps. pour travailler à une moyenne de 1h30 par jour de travail. Il faut le diluer sur le temps de cycle de production, puisque en période de démarrage, c'est plus intense qu'en fin de production.
- Speaker #0
Il y en a qui ont peut-être 35 heures semaine. Si tu entends dire que le canard en 1h30 par jour, c'est plié, c'est un projet de métier.
- Speaker #1
Non, quand on est en phase de démarrage, on y passe 5 fois par jour à raison d'une heure par passage. Là on est sur des fins de cycle où on va passer moins de temps puisque les animaux sont en route et qu'il n'y a pas besoin d'y passer une énergie folle. Ce qui permet de se consacrer sur des périodes où je vois aujourd'hui, je suis dans les périodes de semis et des herbages en agriculture biologique. Il y a un mois et demi, j'avais eu le temps de démarrer des animaux. Là, je redémarre mon prochain lot à la fin du mois. Donc, ce sera beaucoup plus simple puisque les temps de travaux dans les champs seront passés. Et là, on va pouvoir se consacrer vraiment à l'atelier. Donc, pour réussir à arbitrer la culture et l'élevage et la main d'œuvre sur l'exploitation.
- Speaker #0
Aujourd'hui, effectivement, ça te permet de pallier à tes périodes de pointe de travaux entre les champs et l'atelier canard qui te permet cette souplesse-là.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Quand on prend des responsabilités au sein d'une production pour une filière, il y a forcément une vision du métier ou de la profession. Comment toi tu vois les choses dans les années à venir ? Comment tu vois l'évolution de la production canard ?
- Speaker #1
Le plus grand défi qu'on a, c'est le renouvellement des générations. Alors, quel que soit le type de production, en canard, nous, au sein de Voligno, on a commencé il y a quelques années à anticiper ces problèmes-là. On a installé toute une vague de jeunes producteurs. Ça a permis de moderniser un parc de production, ça a permis de l'agrandir, de fermer des structures qui étaient obsolètes. Et aujourd'hui, on est dans une phase où c'est un peu compliqué, mais on croit toujours en notre production, puisqu'on a un mais, j'imagine, qui est de valeur. mais les personnes autour de la table après moi vont en parler, il n'y a pas de souci là dessus, mais c'est quelque chose où on croit en la production du canard qui est une production faite dans le grand ouest avec des acteurs locaux et puis on espère vraiment que c'est une filière qui va tenir dans le temps et qu'on veut mettre en avant sur le territoire national.
- Speaker #0
Pour ceux qui découvrent peut-être la filière canard, on sort d'un épisode sanitaire On va dire assez compliqué. Comment toi tu l'as vécu à titre personnel ? Est-ce que tu as été touché directement ou pas ? Comment tu as été accompagné à travers ça ?
- Speaker #1
Alors moi je suis très mal placé puisque je fais partie des rares producteurs de canards barbari qui n'ont pas eu la grippe aviaire sur leur commune. Donc ça c'est très compliqué à vivre puisqu'on a subi la grippe aviaire de voisins. Mais nous directement on ne l'a pas eu donc il a fallu aller à la rencontre aussi des producteurs. Quand on ne l'a pas eu chez soi, on ne voit pas la violence de l'impact que ça peut avoir d'un point de vue psychologique. Que ce soit un jeune producteur ou un ancien, le retour n'est pas du tout le même. Par contre, ce qui est intéressant, c'est que ma place d'élu m'a permis d'aller voir ce qui se passait dans les exploitations après coup. On n'a pas été sur le moment chez l'éleveur voir ce qui s'y passait. Par contre, on a été les voir 6-7 mois après et comprendre ce qui s'est passé, comment les personnes l'ont vécu et qu'est-ce qu'on peut faire pour les accompagner et les aider. Ça, c'était important. Se rendre compte que l'État a joué son rôle, que les groupements ont aussi eu un accompagnement qui était important d'un point de vue financier par l'État et d'un point de vue moral aussi sur les structures de production.
- Speaker #0
C'est vrai que depuis quelques jours, on dit dans la presse qu'il y a beaucoup de reproches qui sont faits à l'État. Visiblement, sur cette action-là, ils ont quand même rempli les promesses. qu'ils ont faites, ils les ont tenues, vous avez été accompagnés sur le terrain. Depuis, il y a la mise en place du vaccin qui est apparue. Aujourd'hui, les canards que tu as en production, c'est les canards qui sont vaccinés. Est-ce que ça, ça va permettre effectivement de retrouver un peu les volumes ou de retrouver plus de sérénité dans le métier dans les années à venir ?
- Speaker #1
Alors, sur la partie du vaccin, aujourd'hui, c'est vrai que depuis qu'on a mis en place le vaccin, on a quasiment... pas eu de cas sur du canard barbari. J'y viens quasiment, parce qu'il y a eu trois cas, si je n'ai pas de bêtises. On a su gérer le périmètre. Le vaccin permet de protéger l'ensemble des filières volailles sur une espèce sensible qui est le canard. Canard barbari et canard mular, qui est le canard qu'on gave. Aujourd'hui, grâce au vaccin, c'est vrai qu'en élevage, c'est beaucoup plus simple. Par contre, ça demande de la main-d'oeuvre, ça demande du temps. On a un vaccin qui est réglementé, qui est accompagné financièrement par l'État. Donc aujourd'hui, le vaccin est payé par l'État. Il y a de la main-d'oeuvre qui est payée en partie par l'État, en partie par les filières. Et puis, on a tout un plan de surveillance avec des analyses. par semaine, soit des écouillons, des prises de sang, et on essaye de vraiment maîtriser ce qui se passe en élevage.
- Speaker #0
Est-ce que demain, la technologie ou le fait de mesurer les capteurs ou la consommation des animaux, est-ce que c'est des leviers qui pourront aider à anticiper une dérive ou pas encore ?
- Speaker #1
Généralement, ce qu'on a pu lire sur l'analyse de la grippe aviaire, c'est que dès qu'il y a une apparition... de la grippe aviaire en élevage, il y a une baisse des consommations. Donc le fait d'avoir du matériel avec des équipements qui permettent de relever les consommations d'eau, les consommations d'aliments, c'est hyper important parce qu'on va pouvoir suivre réellement une dégradation ou non du lot et des signes qui sont annonceurs de quelque chose. Normalement, avec toute l'analyse qu'on a sanitaire, c'est des choses qu'on va pouvoir anticiper un peu. Maintenant, on est toujours à travailler avec du vivant, donc la surprise, ou la mauvaise surprise, elle peut être là. Pour l'instant, à chaque fois qu'on a fait des essais, on est couillons, on est en suivi sanitaire, généralement ça s'est plutôt bien passé.
- Speaker #0
Donc les mois à venir sur la production sont moins maîtrisés sur cet aspect-là, et on devrait pouvoir se retrouver avec du canard dans nos assiettes à souhait ?
- Speaker #1
Normalement oui, on doit trouver du canard à souhait dans nos assiettes. et c'est normalement quelque chose qu'on devrait retrouver et qu'on a encore en rayon et dans les restaurations.
- Speaker #0
Est-ce que toi, à ton niveau, tu as expliqué que tu as commencé à faire de la vente directe, c'est quoi ton approche pour communiquer sur ce que tu sais faire et ce que tu sais bien faire ? Comment tu l'expliques aux gens qui viennent te l'acheter ?
- Speaker #1
Alors, la mise en place de vente directe, ça a été un peu une révolution. Ça s'est fait il y a trois ans sur une problématique de marché. où nos abatteurs avaient un peu de stock en frigo. Et donc nous, on a mis en place au sein de la coopérative une opération pour les éleveurs. Et je me suis vite retrouvé à vendre 30, 40 colis à de la famille, à droite, à gauche, à des voisins. Et là, je me suis dit, il y a une opportunité, on y va. Donc on est parti au départ des flyers qu'on a mis dans les bottelettes de la commune. Et il y a... 1000 habitants sur ma commune, donc c'est pas un périmètre qui est assez fort, et je me suis dit de retrouver à vendre 800 kilos de viande. J'ai dit, voilà, il y a quelque chose. Donc là, après, on est passé sur les réseaux sociaux, Facebook, sur des bouches-oreilles, sur des groupes WhatsApp, Messenger, et il y a un moment, on est monté jusqu'à 1 tonne 500 de viande, quoi. Donc là, tu te dis 1 tonne 500 par 3 fois l'année, il y a un petit business à faire, et bizarrement, mes voisins qui ... qui voyait mon élevage comme quelque chose de fermé, de néfaste, on voit pas ce qui s'y passe dedans, c'est industriel, c'est des animaux que tu fais, qui vont à l'étranger. C'était vraiment quelque chose de très négatif avec une fausse élisée qui est au bout, ça sent mauvais. Et du moment où les gens se retrouvaient avec leur colis à manger avec des voisins chez eux, de la famille, ça a été... Oui c'est bon le canard à Mikel ! Ah tiens ! Et de fil en aiguille les gens sont venus me voir en me disant dis donc c'est quand que tu refais une vente parce que c'est vachement bon et puis on t'a vendu un colis à un voisin, on t'a vendu un colis à de la famille donc résultat j'ai des colis qui vont de Rennes à Bordeaux même des enfants, des étudiants qui s'en vont avec leurs petits sachets qui montent à Paris avec Et puis, de fil en aiguille, ça marche énormément. Et mon bâtiment n'a plus du tout la même vision. C'est un bâtiment d'élevage où on va manger de la viande de chez Mickaël. Et là, les côtés odeurs ont vraiment disparu. La notion d'industriel a complètement disparu.
- Speaker #0
Ok, merci à toi en tout cas Mickaël d'avoir partagé ton expérience et tes projets. On te souhaite le meilleur pour la suite. Je vais laisser place à un groupe, un duo acoustique, Friendship, qui vont nous interpréter Jolene.
- Speaker #2
Chodi, Chodi, Choli, Choli Please don't take him just because you can His beauty is beyond compare Flaming slugs of a hub and hair Narrow skin and eyes of a moth green Your voice is like a river spring There's nothing I can do to keep Brian calling me To say he should be He talks about you in his sleep There's nothing I can do to keep Brian calling me To say he should be Et je peux facilement comprendre Comment tu pourrais facilement prendre mon mari Tu ne sais pas ce que ça signifie Pour moi,
- Speaker #3
c'est sûr
- Speaker #2
Sûrement, sûrement, sûrement, sûrement Je te demande, s'il te plaît Ne prends pas mon mari Jolie, Jolie, Jolie, Jolie Please don't take him just because you can You could have a choice of a man That I could never love again He's the only one for me, Jolie J'ai besoin de toi, je vais être entouré de toi. Ma joie dépend de toi. Et quoi que tu décides de faire, je t'en prie. Je t'en prie, je t'en prie, je t'en prie. Je t'en prie, ne me prends pas. Jolio, Jolio, Jolio, Jolio, Please don't take him just because you can't. Jolio, Jolio.
- Speaker #1
L'émission Sine Semion vous était présentée par le SICAR, le comité interprofessionnel Canara Retire.