- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous, bienvenue à Sinou Sémyon qui s'est déplacé à Rennes sur le plateau TV du TV Space. Aujourd'hui on reçoit un jeune agriculteur qui a un peu d'expérience. Bonjour Jérôme, est-ce que tu peux te présenter ?
- Speaker #1
Je m'appelle Jérôme Rengard, je suis éleveur de volailles bio à Saint-Lémin-de-Coutet, c'est dans le sud de la Loire-Atlantique, au sud de Nantes, à côté du lac de Grandlieu. Et du coup j'élève principalement des volailles bio, donc c'est poulet, dinde, pintade et canard, en fonction de la demande du marché. Et à côté de ça, j'ai un petit peu de serral bio sur une dizaine d'hectares où je fais des essais d'agriculture, de conservation des sols en bio.
- Speaker #2
D'accord. Du coup, qu'est-ce qui vous a motivé à choisir cette carrière justement dans l'agriculture ?
- Speaker #1
En fait, j'ai été baigné dedans. Mes parents font de la volaille bio depuis 1998. J'ai toujours voulu faire ça. Je ne savais pas comment j'allais m'installer. À la suite de mon BTS, je pensais continuer sur une licence. sur une école supérieure agricole. Et j'ai eu l'opportunité de pouvoir m'installer à 2 km de chez mes parents pour pouvoir s'entraider avec eux.
- Speaker #0
Tu parles justement de la formation. Tu t'es initié dans la formation agricole dès le départ ou tu as fait un BP coiffure et tu es parti ?
- Speaker #1
De base, je faisais un bac S de l'époque. Ça m'énervait un petit peu, je n'étais pas forcément dans mon milieu. Je suis parti sur un bac STAV, donc sciences et techniques de l'agronomie et du vivant, qui est basé principalement sur l'agronomie, parce que j'ai toujours été passionné par ça. Et par la suite, je suis parti sur un BTSAX, donc tout ce qui est la comptabilité et la gestion d'entreprises agricoles, parce que je pensais que c'était un point essentiel pour une installation derrière.
- Speaker #2
D'accord. On va commencer dans le dur. Quels étaient les plus grands défis, justement ?
- Speaker #1
De l'installation. Oula ! Alors il y en a tellement eu. Déjà le fait de reprendre une exploitation seule, je ne suis pas installé avec mes parents, je n'ai aucun salarié, aucun associé. Même si on s'entraide aujourd'hui, c'était une exploitation qui était à l'abandon depuis trois ans. Donc il y avait tout à remettre en ordre, tout à remettre en état, reconstruire des bâtiments. Donc ça c'était un véritable challenge pour commencer. Et puis tout le parcours à l'installation quand même, qui est relativement long et complexe. Moi, je voulais m'installer assez rapidement vu que le projet était prévu pour moi. Et en fait, le temps de passer avec la Chambre d'agriculture, ça demande quand même plusieurs mois, le temps d'y arriver.
- Speaker #0
Aujourd'hui, si tu avais un conseil à donner à des étudiants ou à des jeunes qui souhaitent s'installer, ce serait lequel ? Est-ce que ce serait d'avoir un BTS ? Est-ce que ce serait d'aller faire des voyages à l'étranger ? Est-ce que ce serait des deux ? Est-ce que ce serait d'être salarié ?
- Speaker #1
Le principal conseil, après moi, c'est à titre. personnel et c'est parce que c'est mon expérience c'est vraiment d'avoir une véritable connaissance en compta et en gestion d'entreprises agricoles pour moi c'est un point essentiel vers la réussite de demain aujourd'hui il faut savoir calculer et gérer son entreprise on est on est des chefs d'exploitation on est des chefs d'entreprise avant tout comment
- Speaker #2
voyez vous l'avenir de l'agriculture pour les jeunes générations quels changements évolution peut-être ou bien des erreurs à éviter je vois beaucoup
- Speaker #1
de perspective, il y a forcément de l'avenir l'agriculture est indispensable je pense qu'elle se tournera surtout vers l'agriculture durable comme celle qu'on peut mener surtout pour la partie bio j'aimerais que tout le monde passe en bio mais ça va être compliqué vers une préservation de l'environnement la replantation de haies, ça pour moi c'est vraiment l'avenir de l'agriculture
- Speaker #0
Qu'est-ce que vous avez transformé au quotidien sur l'exploitation ? Parce que Avoir une exploitation agricole et avoir une vision d'agriculture, ce n'est pas toujours facile parce qu'il y a la conjoncture, parce qu'il y a des aspects du quotidien qui font qu'on ne peut pas toujours faire ce qu'on veut. Est-ce qu'il y a des choses que tu as réussi à mettre en place sur ton exploitation ?
- Speaker #1
En fait, j'ai réussi à mettre en place tout ce que je voulais depuis le début, c'est-à-dire avoir une exploitation qui soit facile à gérer, que je puisse avoir du temps pour moi, pouvoir partir en vacances, pouvoir profiter avec mes amis. C'est sûr, il y a des moments durs, compliqués, qui demandent pas mal de temps. Mais avoir du temps pour moi, c'était primordial sur une installation.
- Speaker #2
Est-ce que vous pensez qu'il y a un rôle des politiques publiques qui devraient jouer justement pour soutenir les jeunes agriculteurs comme vous aujourd'hui ?
- Speaker #1
Il y a forcément un rôle. Après, je pense qu'on a difficilement la main dessus. On peut avoir plein d'idées à leur suggérer. Mais après, de là à ce que ce soit appliqué... qui prennent position sur une agriculture durable, je pense que ce serait vraiment intéressant.
- Speaker #0
Ça va faire maintenant 8 ans que tu es jeune installé ?
- Speaker #1
C'est ma 8e année, je ne suis pas totalement fini encore.
- Speaker #0
Aujourd'hui quels sont les projets qui vont t'aider au quotidien ou qu'est-ce que tu vas mettre en place justement pour aller dans ce que tu recherches en fait, d'avoir un métier qui soit facile à vivre et de pouvoir vivre de son métier facilement ? Ça va être quoi ta vision dans les années à venir ?
- Speaker #1
Dans les années à venir, même à très court terme, de toute façon d'ici l'année prochaine, aujourd'hui mes volailles je les rentre chaque soir donc ça demande aussi un certain temps. Ce que je vais faire, c'est que je vais électrifier tous mes parcours des volailles pour pouvoir laisser le jour et la nuit à l'extérieur. Déjà pour le bien-être animal, ne serait-ce que pendant l'été, ce sera mieux pour mes animaux. Et puis pour moi aussi, de ne pas avoir besoin de les rentrer, par exemple, en plein été à 23 heures le soir. Ça, à court terme, c'est sûr, ça va arriver d'ici avant la fin de l'année. Mon projet par rapport à l'agriculture de conservation et de régénération des sols. J'aimerais développer, en tout cas acquérir un peu plus de terre pour pouvoir faire plus d'essais, parce qu'aujourd'hui, 10 hectares, ce n'est pas assez pour essayer. J'aimerais aussi investir sur certains types de matériel, mais là encore, il faudrait plus de surface pour y arriver.
- Speaker #2
Est-ce que vous pensez que les jeunes agriculteurs, justement, ont plus de chance aujourd'hui, via les technologies, les équipements, etc., que c'était le cas avant ?
- Speaker #1
Oui, il y a forcément plus de possibilités. Après, ça reste aussi un coût et un investissement. Et quand on s'installe et qu'on reprend une exploitation, on ne peut pas tout mettre en place, surtout si on a tout à recréer sur une exploitation. Je pense que ça viendra au fur et à mesure du temps. Il faut se laisser le temps de s'installer et de voir comment évoluent les différentes pratiques. Mais on a tout ce qu'il faut à travers les réseaux, ne serait-ce que sur YouTube, Instagram, pour justement voir comment les pratiques évoluent et faire des essais. sur son exploitation au fur et à mesure du temps.
- Speaker #0
Aujourd'hui sur la partie culture, tu as un engagement avec une OP ou un partenaire qui te fournit soit les semences ou la fourniture, et puis sur la collecte après des céréales où tu consommes tout ce que tu produis.
- Speaker #1
Alors je n'ai pas d'engagement direct, mais forcément je fais des céréales bio bien évidemment. Moi j'ai fait le choix de travailler aussi sur la partie céréales avec la coopérative Terena avec qui je travaille. Le but c'est justement de produire des céréales pour les revendre à la coopérative qui elles les retransforment et les donne que je rachète sous forme d'aliments à mes volailles. Je les donne pas directement à mes animaux parce que sur 10 hectares c'est principalement une culture que je vais faire en fait chaque année et donc les animaux ont besoin d'avoir justement un aliment divers en fonction des âges.
- Speaker #2
Pour moi c'est clair l'engagement, le lien que vous avez avec vos animaux ? Est-ce que vous pouvez nous parler plus sur ce volet-là ? Parce qu'on parle souvent de production. J'aimerais bien avoir quelques retours, justement, que le lien...
- Speaker #1
Le bien-être animal a toujours été présent sur l'exploitation. C'était même l'essence même au niveau de mon exploitation. Pour moi, être en bio, c'était forcément respecter le bien-être animal. Mais on ne se contente pas juste de la réglementation. On essaie d'aller au-delà, de mettre plus que la réglementation. Déjà le fait de voir ces animaux à l'extérieur, pour moi en tant qu'éleveur, c'est un des plus beaux moments. J'ai décidé de faire de l'agroforesterie, de leur mettre des arbres pour pouvoir les protéger des différents rapaces qui peuvent les attaquer. Mais aussi pendant les périodes de sécheresse, d'avoir un petit peu d'ombre et de fraîcheur. Ça leur permet aussi de mieux explorer le parcours. J'ai fait quelques essais aussi de mettre la musique à mes animaux, de la musique classique principalement. Je suis aussi musicien et moi, ça me fait plaisir. En tout cas, je vois vraiment quelque chose de différent sur mes animaux. On a mis en place différentes choses. J'aimerais bien aussi qu'il y ait un apiculteur qui ramène des ruches sur l'exploitation. Aujourd'hui, c'est encore compliqué puisqu'avec la grippe aviaire, on ne fait rentrer vraiment personne sur le site.
- Speaker #0
On va clôturer ce podcast avec cette dernière question. Si tu devais donner trois conseils à quelqu'un qui... aimerait entreprendre dans le monde agricole, ce serait quoi les conseils que tu lui donnerais ?
- Speaker #1
Se former, se former, se former. Pour moi, c'est la priorité avant de se lancer dans le grand bain de l'installation.
- Speaker #0
Merci à toi.
- Speaker #1
Et puis, on se retrouve sur les réseaux.
- Speaker #0
Merci.