- Speaker #0
de chef d'exploitation. L'exploitation, elle était en volaille déjà à l'origine et on a continué à monter des bâtiments, un autre en 2005 et le dernier en 2015 avec un centre de compostage en 2014 pour valoriser les fumiers.
- Speaker #1
D'accord. Comme ça, ça vous permettait d'optimiser la production de fumier qu'il y avait entre le bovin et l'atelier volaille, c'est ça ?
- Speaker #0
On ne passe pas du tout le fumier de bovin en compostage, on ne passe que le fumier de volaille.
- Speaker #1
D'accord. L'idée c'était de pouvoir extraire quelques effluents ?
- Speaker #0
On extrait beaucoup et surtout on en a produit plutôt qu'un déchet.
- Speaker #1
D'accord, ça permettait de rajouter une valeur, ajoutée en tout cas à la production. Pour raconter un petit peu l'histoire de l'exploitation, c'est une exploitation familiale, c'est ça ? Que vous-même vous avez repris ?
- Speaker #0
Voilà, c'était l'exploitation familiale des parents. D'accord. Donc quand mon père a pris la retraite, c'est là que je me suis installé avec ma mère. Et on a été ensemble pendant 10 ans. Et Nathalie est arrivée en 2005. 2004, pardon.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Qui a remplacé ma mère.
- Speaker #1
Ok. Donc on voit bien que c'est une exploitation familiale. C'est la commune génération de ce fait que ça se transmet ?
- Speaker #0
Une, deux, trois. C'est la quatrième pour Guenel.
- Speaker #1
D'accord. Donc c'est déjà une belle aventure et une belle suite. Donc l'idée, c'est quand même de faire perdurer l'exploitation.
- Speaker #0
Oui, mais après, l'histoire de famille, ça se trouve comme ça chez nous. Mais pour moi, ce n'est pas un critère. Le critère, c'est d'avoir des associés avec qui on s'entend. C'est ça, la base. Parce qu'après, familial ou pas, peu importe. Je pense qu'on est content, mais ce n'est pas une influence à prendre trop importante. Je pense qu'il ne faut plus se voir dans l'ensemble de l'entreprise.
- Speaker #1
Je vous parle de ça parce que j'ai déjà eu, dans le cadre des émissions, différents agriculteurs qui se sont installés. Il y en a qui étaient dans le cadre familial. Aujourd'hui, le record que j'ai en tête, je crois que c'était la septième génération, ce qui n'est pas rien non plus. Mais à côté de ça, il y a aussi des jeunes qui se sont installés hors cadre. Et effectivement, ça s'est très, très bien passé. Il n'y a eu aucun souci là-dessus. Les choses se sont faites un peu plus rapidement parce que c'était un atelier pour une seule personne. Donc, c'était un peu plus rapide. Mais c'est vrai que parfois, en fonction de la taille des exploitations et des productions. Il y a besoin d'anticiper un petit peu l'installation d'un jeune. D'ailleurs, à ce titre, vous, aujourd'hui, comment vous avez préparé l'installation, en l'occurrence de votre fils, sur l'exploitation ?
- Speaker #0
On avait appris un petit peu qu'il y avait un cousin qui allait prendre sa retraite, il y a déjà au moins trois ans auparavant. Et moi, j'avais posé, je dis à Nathalie, il faut qu'on pose la question à Guénel, qu'est-ce qu'il veut faire plus tard ? Parce qu'aujourd'hui, avec la structure qu'on a, on ne peut pas vivre à trois. Est-ce qu'il voudrait ou pas rester avec nous ? Ou s'il voudrait, on pourrait demander si on pourrait récupérer ces terrains-là. Et c'est comme ça que ça s'est fait dans le temps. Et puis, aujourd'hui, on a les terrains et Guenel est avec nous.
- Speaker #1
Bon. Je vais poser la question à Madame. Avant de vous installer, vous faisiez quoi dans votre vie ?
- Speaker #2
Moi, j'étais en confection à la boissière de Montaigu. J'ai travaillé pendant six ans.
- Speaker #1
OK. Et qu'est-ce qui vous a motivé à vous installer aux côtés de votre mari ?
- Speaker #2
Après, c'était de pouvoir travailler ensemble et puis de ne pas être à la chaîne tout le temps.
- Speaker #1
D'avoir des horaires flexibles, de travailler aussi à la maison. Oui,
- Speaker #2
tout à fait.
- Speaker #1
De bien connaître le patron aussi.
- Speaker #2
Oui, tout à fait. Et puis oui, de travailler ensemble, c'était important.
- Speaker #0
C'est bien ça. C'est toujours bien.
- Speaker #1
Oui. Oui, parce que c'est vrai que... Tout le monde ne peut pas le faire non plus.
- Speaker #2
Tout à fait.
- Speaker #1
C'est bien, c'est bien. Et du coup, vous avez fait une formation peut-être avant de vous installer ou vous étiez déjà issue du milieu agricole ? Vous connaissiez un petit peu le métier ?
- Speaker #2
Non, non, pas du tout. J'ai fait une formation en comptabilité. D'accord. Et puis voilà. Donc je suis installée depuis 2004.
- Speaker #1
D'accord. Donc, il y a quand même des évolutions ou des entrées d'associés sur l'exploitation depuis quelques années. C'est quand même un sujet que vous arrivez à intégrer assez rapidement dans la vie de l'entreprise ou dans la transmission de l'entreprise d'une génération à une autre. Oui,
- Speaker #2
tout à fait.
- Speaker #1
Vous également, de votre côté, vous aviez été d'accord pour préparer l'installation. Quelle a été votre approche là-dessus ? Est-ce que vous avez été dans le sens de… d'épauler votre fils pour l'aider à s'installer. Vous avez dit, écoute, c'est ton projet, tu t'en débrouilles, si tu as besoin, on est là. Comment vous avez pu partager ce projet-là ensemble ? Comment vous l'avez vécu en famille ?
- Speaker #2
En discutant, puis en l'épaulant au maximum qu'on pouvait faire.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y avait aussi, ce qu'on sait souvent dans les transmissions d'entreprises comme ça, dans le cadre familial, il peut y avoir d'autres enfants ? comment on répartit ou est-ce que c'est des sujets qui ont été abordés ou est-ce qu'il y a eu des cadeaux qui ont été faits ou pas ou comment vous avez vécu un petit peu ou comment vous avez fait cette répartition-là en fait pour...
- Speaker #2
Ben disons qu'on a fait une réunion de famille avec les enfants donc on a deux autres garçons d'accord donc voilà Guenel a partagé le projet et puis de dire comment on a procédé et puis voilà puis ils étaient d'accord et puis ça s'est très bien passé tout le monde a porté le projet pour toute la famille voilà donc...
- Speaker #1
Je suppose que ça a dû demander beaucoup de temps, beaucoup de communication, d'écoute, pour respecter aussi les envies ou les besoins de chacun. Oui. Donc ça, c'est plutôt bien. Est-ce que vous avez eu la même ambition ou la même envie de transmettre l'exploitation ou d'intégrer une autre personne sur l'exploitation, même si ça n'avait pas été votre fils ?
- Speaker #2
Je ne sais pas trop. Après, est-ce que...
- Speaker #1
Ça dépend du candidat aussi, après ?
- Speaker #2
Oui, tout à fait. Et puis de bien s'entendre avec la personne avec qui on va s'associer.
- Speaker #0
Je pense qu'on ne l'aurait pas fait si tôt non plus. Parce que là, c'était le Pornitech, lui, il arrivait, il y avait ses électeurs qui étaient là. Mais sinon, on aurait peut-être continué, nous, dans notre... Comme on travaillait avant. Et on aurait vu peut-être plus tard dans la retransmission, plutôt que... Ça n'aurait pas forcément été un projet d'avoir un associé tout de suite avec nous, je ne pense pas.
- Speaker #1
Aujourd'hui, ça vous donne quel âge ?
- Speaker #0
Moi, j'ai 53 ans. Donc, il y a encore quelques années.
- Speaker #1
Donc, vous êtes encore jeune.
- Speaker #0
C'est pour ça qu'on a encore des bons moments à passer ensemble, pour construire d'autres projets et de... continuer à travailler ensemble, c'est bien. Avoir un jeune dans l'exploitation, ça fait du bien aussi physiquement, parce que ce n'est pas toujours évident.
- Speaker #1
Surtout que dans les ateliers volailles, les tâches pénibles reviennent de façon assez rythmée quand même. Donc, il faut quand même tenir. Là, sur le site, sur l'aspect volaille, vous êtes en tout plein, tout vide.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Donc, en fait, vous avez tous les bâtiments qui remplissent et qui se vident en même temps.
- Speaker #0
À quelques jours près.
- Speaker #1
À quelques jours près, oui, c'est ça. Par contre, la production vache à l'étante, c'est quelque chose qui est allé sur l'année ou il y a une saisonnalité également ?
- Speaker #0
C'est pareil, c'est quelque chose qu'on a mis en place depuis assez longtemps. On fonctionne comme l'élevage de volailles, finalement. Il y a un moment où on fait les inséminations début novembre. On les insémine pendant 3-4 semaines, celles qui ne sont pas pleines, tant pis. Et après, la période de velage, c'est 15 août, 15 septembre. Terminé. C'est comme ça que ça nous permettait de prendre des vacances pendant 15 jours début août.
- Speaker #1
Oui, mais non, mais c'est parce qu'on est agriculteur, qu'on n'a pas le droit aux vacances.
- Speaker #0
Ça, c'était le deal. Les vacances, c'est très important.
- Speaker #1
Oui, mais ça permet de décompresser, de voir autre chose, de lâcher un peu le truc aussi. Puis c'est vrai que les autres ateliers de l'exploitation permettent aussi, sur cette période-là de l'année, d'être un peu plus enroulé d'un point de vue cultural ou même d'un point de vue bâtiment. Si vous savez que vous n'avez pas besoin de remplir les bâtiments, vous savez que vous avez une ouverture de 15 jours pour en profiter. Est-ce que vous avez déjà fait appel à des services de remplacement ou à de la main-d'oeuvre extérieure sur l'exposition avant l'arrivée du fiston sur la ferme ?
- Speaker #0
Oui. Alors, avant que Guenel arrive, on faisait laver les poulaillers par une entreprise extérieure. Et puis, après, c'est Guenel qu'on a repris le manche ensemble parce que finalement, il fallait retrouver du revenu. Donc, c'est comme ça que... Puis, on avait la main-d'oeuvre pour le faire. Donc, c'est ce qu'on continue à faire. On continue à laver les poulaillers. Et on devient tellement pointilleux qu'on fait son travail soi-même. C'est toujours mieux fait. Je ne veux pas dire que l'extérieur travaille mal, mais on est toujours chauvin dans son travail de lavage.
- Speaker #1
L'œil n'est pas le même. Voilà. Les bâtiments, vous les connaissez, vous les avez conçus en termes de projet, vous les avez suivis lors du montage et de l'installation. Au quotidien, vous savez où il y a eu un impact, où il faut faire attention. Si vous deviez donner un conseil à des gens qui souhaitent transmettre leur exploitation, ce serait lequel ? Ou lesquels de conseils ?
- Speaker #0
On peut attendre le dernier moment, parce qu'après les candidats, ce n'est pas évident de choisir le bon qui va forcément venir. Et ce qu'il faut surtout, avant de penser à tout ça, c'est avoir un outil qui donne envie. Parce que si on a un outil qui n'est pas entretenu, le candidat ne viendra jamais. Ou il viendra, mais ça ne se vendra vraiment pas cher. Enfin, c'est gâché pour tout le monde. Il faut vraiment un outil qui donne envie, au futur, de venir pour reprendre les choses.
- Speaker #1
C'est pour ça que dans votre vision, l'idée, c'était de faire des rénovations un peu plus conséquentes dans les bâtiments tous les 7 ans. Ce qu'il disait tout à l'heure, pour justement maintenir un outil de production qui donne envie de se lever le matin, mais aussi, s'il y avait besoin de transmettre l'entreprise à quelqu'un d'autre, d'avoir quelque chose qui donne envie.
- Speaker #0
La première phrase, c'est, comme vous avez dit, être content de se lever le matin, d'aller au travail. Ça, c'est important.
- Speaker #1
Il me semble. Oui, c'est utile. moi j'ai beaucoup de respect pour le métier d'agriculteur parce que je suis moi-même fils d'agriculteur et alors certes c'est une passion, il faut être passionné de ce truc là mais si à un moment donné t'es passionné mais t'as plus envie de te lever le matin ça devient vite compliqué Et vous madame, est-ce que vous avez un conseil à donner en tant que femme dans le monde agricole aux femmes de façon générale ?
- Speaker #2
Rénover les bâtiments pour améliorer les conditions de travail et puis euh...
- Speaker #1
Donc, être femme dans le monde de l'agriculture, ce n'est pas incompatible ?
- Speaker #2
Non, tout à fait. Oui, oui, c'est tout à fait compatible.
- Speaker #1
Bon, c'est parfait. En tout cas, merci à vous. Et puis, je vous souhaite là aussi du courage encore pour les années qui vous restent avant d'arriver à la retraite. Merci à vous, en tout cas, de votre accueil. A bientôt. Au revoir.