- Speaker #0
Avec quelques notions de chiffres, on va rentrer un petit peu plus dans le détail. Est-ce que vous pouvez nous représenter ou nous redécrire votre exploitation, notamment par la taille en termes de surface et puis en termes de taille d'atelier aussi de production sur les veaux ?
- Speaker #1
Les veaux, c'est un atelier de très exactement 1025 places de veaux de boufferie. On produit plus de 2000 veaux par an. parce que c'est deux bandes de six mois d'engraissement chacune. Donc l'atelier, on va recevoir des veaux à 15 jours et on va les garder pendant 27 semaines, on appelle ça, jusqu'à 190-195 jours. Donc avant qu'ils passent JB, quoi. Parce qu'au-delà, en fait, on ne peut plus valoriser le veau en tant que veau au niveau d'un abattoir. Le veau de bousillie aussi, il faut prendre en compte que la viande doit être rose et claire. Donc ça demande une maîtrise des apports de fer tout au long d'une bande. Et ça, c'est une volonté des consommateurs qu'en France, la viande de veau soit rose et claire. Donc nous, derrière, ça nous demande un certain nombre de contraintes qu'on applique sur un lot.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a une notion de labellisation de qualité ? Je ne sais pas, est-ce que c'est du bleu-blanc-coeur ou des choses comme ça pour cette production-là ?
- Speaker #1
Alors il y a plusieurs appellations qui peuvent être prises chez notre intégrateur. C'est d'abord les veaux viteliers. Donc ça c'est un cahier des charges avec toutes les normes de bien-être animal et puis aussi une quantité d'aliments à passer lors d'un lot. Donc on a... On atteigne les objectifs du cahier des Sars.
- Speaker #0
Ensuite, vous aviez un atelier de culture avec une surface qui est assez importante. Je suppose que vous n'êtes pas en monoculture. Vous avez plusieurs types de céréales ou de cultures installées sur le parcellaire, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui, on a une rotation culture printemps et culture hiver. L'intérêt de notre rotation, c'est d'éviter le salissement des parcelles. et de respecter le plus possible le sol et de ne pas aller porter des engrais organiques quand il ne faut pas. On utilise beaucoup de couverts végétaux pour éviter les fous d'azote dans les milieux. On a mis en place sur le parcelaire des talus ces deux dernières années pour éviter l'érosion de nos sols. et optimiser les parcelles, que ce soit agronomiquement ou environnementalement, parce que c'est un peu notre mot d'ordre sur l'exploitation que de pratiquer l'agronomie.
- Speaker #0
Donc les céréales qu'on retrouve sur la ferme, ça va être quoi ? Ça va être blé, orge, c'est des choses comme ça ?
- Speaker #1
Alors on aura du blé, on aura de l'orge de printemps, on aura du tritical, on aura du colza et on aura du maïs grain. Donc tous ces céréales-là... sont vendus en coopérative, soit sous forme de contrat de vente à terme, soit sous forme de prix ferme à la récolte. On choisit ça tout au long de l'année, de faire des contrats pour essayer d'optimiser les ventes, pour avoir le meilleur prix possible.
- Speaker #0
Sur le volume horaire ou sur le temps que ça représente sur l'exploitation, la partie culture, c'est quelque chose qui représente la moitié de votre temps, avec des périodes... plus intense lors de semis ou de récoltes je suppose que c'est beaucoup plus enfin l'amplitude de travail est beaucoup plus importante c'est quelque chose qui arrive à s'équilibrer avec l'atelier Vaud ?
- Speaker #1
Oui ça s'équilibre parfaitement bien avec l'atelier Vaud parce qu'on a un salarié polyvalent qui est formidable sur l'exploitation qui est là depuis 27 ans donc voilà c'est toute notre partie culture et donc du coup ça fait que nous tous les travaux des sols c'est lui qui le Donc ça s'équilibre bien avec l'atelier Vaud, grâce à lui notamment. Pour les périodes où il y a des pointes de travail, on est plusieurs à aller au camp en même temps, soit moi, soit mon mari. ça permet de faire face aux points de boulot.
- Speaker #0
C'est vous qui servez de compensation en fonction de la charge de travail qu'il y a sur l'atelier culture ?
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Est-ce que vous faites appel à l'irrigation ou autre pour les différentes cultures que vous avez en place sur la ferme ?
- Speaker #1
L'irrigation, c'est nous parce que ce n'est pas nécessaire forcément. vu la météo qu'on a, qui est plutôt clémente en eau en Bretagne.
- Speaker #0
Il paraît. Je ne voulais pas rentrer dans les clichés, mais on sait qu'en Bretagne, il pleut. On ne va pas dire tous les combien, mais on sait qu'il pleut en Bretagne.
- Speaker #1
Oui, c'est sûr qu'il y a ce qu'il faut.
- Speaker #0
Est-ce que vous avez recours aujourd'hui à la vente directe, ou à des circuits courts pour revaloriser vos productions ?
- Speaker #1
Non, pas sur la partie culture, ni sur la partie veau. Je le fais sur ma deuxième société en volaille label. Là, je suis amenée à vendre du poulet en direct quand j'ai besoin, quand j'ai de la demande.
- Speaker #0
Volaille label, c'est quoi ? C'est label rouge ou c'est label plein air ?
- Speaker #1
Label rouge, oui. Label plein air rouge, oui.
- Speaker #0
Est-ce que vous utilisez aujourd'hui des technologies un peu innovantes pour vous accompagner dans votre travail aujourd'hui, ou pour soit simplifier ou mieux maîtriser vos outils de production, ou vos productions tout simplement ?
- Speaker #1
Oui, je n'utilise pas en veau, mais en culture, j'utilise beaucoup de cartographie par satellite, justement pour visualiser mes parcelles à distance et voir l'évolution des stades des cultures. Ça me permet de gagner du temps. Et quand je vais faire mon tour de plaine, aller au bon endroit tout de suite, vérifier ce qui s'est passé. Donc la carte me met un peu des alertes là où la culture pousse moins bien.
- Speaker #0
Donc c'est un équipement qui se met en fait sur le tracteur et sur les outils. Et en fait, à chaque fois que vous passez, vous avez effectivement une lecture, une captation d'informations qui vous permet d'analyser soit vos apports ou de savoir comment... la culture réagit en fonction du sol.
- Speaker #1
C'est à peu près ça. Grâce aux satellites, ça fait des cartes. Et puis après, ces cartes, on peut les intégrer dans les ordinateurs des tracteurs et justement aussi faire de l'agriculture de précision quand on apporte de l'engrais et pas en gâchier, que ce soit pour en payer moins ou que ce soit pour la nature. La chose a du sens.
- Speaker #0
On sait que souvent les nouvelles technologies demandent un investissement. Est-ce qu'aujourd'hui, cet investissement-là, vous avez pu maîtriser le retour ? Est-ce que ça a été vraiment quelque chose de bénéfique que vous avez pu mesurer ? Sur les différents points que vous avez cités, c'est le temps de travail, c'est sur les économies réalisées, sur le fait aussi de gagner du temps lors du passage ou du calcul des intrants. C'est sur tous ces points-là que vous avez pu le constater ?
- Speaker #1
Oui, c'est net.
- Speaker #0
Après, je vais peut-être vous poser une question piège, mais est-ce que vous savez à peu près sous combien de temps vous avez pu amortir cet investissement-là ?
- Speaker #1
Je dirais pour l'engrais, c'est amorti en deux ans, l'équipement logiciel. Après, si on investit dans un épandeur d'engrais isobus, il faut beaucoup plus de temps pour l'amortir. que c'est des outils qui veulent se faire. Donc nous, on est équipé, on fait au peson. Donc on s'est équipé en entrée de gamme pour ne pas dépenser trop d'argent. On a maîtrisé nos assas pour amortir quand même les outils.
- Speaker #0
Très bien, merci pour cette deuxième partie. Puis on se retrouve dans quelques secondes pour la dernière. Merci, à tout de suite.
- Speaker #1
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