- Speaker #0
Le CIPC et le CIDEF présentent votre émission « Si nous sauvions… » « Si nous sauvions… » Julien Martineau
- Speaker #1
Bonjour à toutes et à tous. On est sur un site en Vendée au Poiré-sur-Veluyre où est organisée une journée spéciale pour la place de la femme dans l'agriculture. Bonjour Jennifer. Bonjour. C'est la deuxième fois que j'ai le plaisir de te recevoir pour ce podcast. Est-ce que tu peux te présenter rapidement à nouveau pour les gens qui te découvrent ? Oui.
- Speaker #2
Alors, Jennifer Rouault, je suis installée sur la commune du Poiré-sur-Veluire. J'ai un bâtiment de volaille de 1200 mètres carrés. Je fais de la production de poulet et de caille.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui t'a amenée à travailler avec Bélavol ? Est-ce qu'il y avait déjà une volonté liée au féminin qui t'a séduite ou pas du tout ? C'est quelque chose qui s'est inscrit après ?
- Speaker #2
C'est plutôt quelque chose qui s'est inscrit après. Après le groupement en soi, quand j'ai fait mes premières démarches, je n'étais pas fermée. Je cherchais un groupement, mais je n'étais pas centrée sur Belleavole au tout début.
- Speaker #1
Ce n'était pas en tout cas un argument qui a été mis en avant pour ça. Ensuite, aujourd'hui, le fait d'être présente aujourd'hui et de donner la parole sur ton expérience et la place de la femme dans l'on agricole, qu'est-ce que ça évoque comme toi, comme valeur ? Quelles sont les valeurs qui te plaisent en tout cas dans ce milieu agricole ?
- Speaker #2
Je trouve ça important aujourd'hui qu'on en parle parce que c'est vrai que notre place est encore assez difficile à faire. Il y a encore un peu de boulot. C'est un métier qui est relativement masculin et c'est difficile nous en tant que femmes de faire notre place. Et je trouve ça intéressant de faire des journées comme celle d'aujourd'hui pour justement montrer de quoi on est capable et que ça fonctionne.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui fait que toi tu as réussi justement à trouver ta place ?
- Speaker #2
La persévérance.
- Speaker #1
Donc il ne faut pas lâcher quoi.
- Speaker #2
Ah oui, j'ai pris beaucoup de claques depuis le début de mon projet et je n'ai jamais lâché et c'est ce qui fait qu'aujourd'hui j'en suis là.
- Speaker #1
Au quotidien, parce qu'on sait que le métier comme tu l'as dit tout à l'heure, c'est un métier qui est très masculin parce qu'il y a aussi un côté physique. Aujourd'hui ce côté-là, comment toi tu as pu l'aborder ? Est-ce que tu as fait des aménagements en particulier par rapport à ça ? Euh,
- Speaker #2
j'ai... pas fait d'aménagement particulier justement comme ça ça prouve que c'est aussi bien adapté à l'homme qu'à la femme. C'est plus du confort de travail mais ça pourrait être aussi bien pour un homme que pour une femme. J'ai pas spécialement adapté tout pour que ce soit plus facile pour une femme.
- Speaker #1
Et conjugué après la vie perso et la vie pro, c'est un équipe que tu as réussi à trouver ?
- Speaker #2
Oui, beaucoup mieux du coup depuis que... Je suis devenue agricultrice. C'est vrai que jongler avec la partie familiale, c'est beaucoup plus pratique parce que c'est moi la patronne. Donc, je m'organise comme je veux. Je vais au bâtiment, j'emmène mon fils à l'école. Après, je vais travailler au bâtiment. J'ai un équilibre.
- Speaker #1
Quand les enfants sont en vacances, qu'est-ce que tu fais des enfants ? Est-ce que tu les mets chez la nounou ou est-ce que tu les emmènes avec toi dans le bâtiment ? Ça dépend peut-être aussi des tâches ou des travaux qu'il y a à faire ?
- Speaker #2
Oui, ça dépend des périodes. Alors il n'y a plus de nounou parce que justement c'était ça, en m'installant j'avais dit stop aux frais de garde qui étaient du coup trop importants Et c'est une des raisons pour lesquelles aussi j'ai décidé de partir sur ce projet là Donc plus de nounou, alors les enfants soit ils viennent avec moi au bâtiment ou sinon ils commencent à être grands Donc ils m'attendent à la maison le temps que je fasse le boulot au bâtiment Et si je suis en période de vide sanitaire, là, on fait des journées bâtiment avec pique-nique. Et là, c'est plus ludique pour eux.
- Speaker #1
C'est ça. Donc, tu arrives à amener la convivialité et effectivement, comme tu le dis à l'instant, des moments ludiques pour aussi impliquer les enfants. Alors, ils ne seront pas là pour répondre, mais tu vas peut-être pouvoir avoir un élément de réponse. Est-ce qu'ils sont fiers du métier que tu fais aujourd'hui ?
- Speaker #2
Je ne sais pas, je l'espère.
- Speaker #1
Ils sont heureux de passer la journée avec toi. Ils vont au parculon.
- Speaker #2
Ça râle forcément de temps en temps. On n'y va encore. Mais au final, quand ils y sont, ils sont bien. Ils ont tout ce qu'il faut là-bas. J'ai aménagé vraiment tout pour eux.
- Speaker #1
Parce que c'est vrai que c'est un métier où on travaille avec du vivant. Donc il y a des contraintes. On peut être appelé la nuit. On peut être obligé d'y aller la journée pour surveiller. Parce qu'il y a des moments parfois qui peuvent être compliqués en élevage. Ça, tu arrives à le comprendre ? Ton conjoint arrive à l'entendre également ? Oui.
- Speaker #2
Lui, il est dans le milieu agricole, mais plus dans la partie céréales, maraîchage. C'est vrai qu'il n'a pas cette contrainte des animaux, mais il sait ce que c'est et ça ne lui pose pas de problème.
- Speaker #1
Il l'accepte et tu arrives à trouver l'équilibre pour ça.
- Speaker #2
Après, je m'organise vraiment à ma façon et ça me permet quand même de me dégager du temps pour le passer avec eux.
- Speaker #1
Quels sont, selon toi, les trois points positifs de ce métier ?
- Speaker #2
Alors ? Question piège ! Trois points positifs ? Je dirais l'organisation au quotidien, le fait de travailler avec les animaux, et puis le fait de travailler pour soi.
- Speaker #1
Allez, deux points négatifs ?
- Speaker #2
Deux points négatifs, c'est 7 jours sur 7 H24. Et là, comme faire du karcher en plein hiver, c'est pas facile.
- Speaker #1
Pour bien nettoyer les bâtiments, il faut aussi du bien-être pour toi en termes de conditions de travail, du bien-être aussi pour les animaux, donc il faut nettoyer le bâtiment, que tout soit à jour. Cette notion du bien-être des animaux, est-ce que tu as été amené à expliquer ton métier à des voisins, ou à des gens, ou à de la famille, ou des amis ? Et comment ça se matérialise au quotidien pour toi, l'amélioration du bien-être ou le bien-être des animaux ?
- Speaker #2
C'est vrai que les gens posent beaucoup de questions en fait. Parce qu'ils voient le bâtiment mais ils ne savent pas vraiment comment ça se passe à l'intérieur. Donc oui, j'explique aux voisins, aux amis qui se posent la question.
- Speaker #1
C'est un bâtiment sur lequel tu as fait des aménagements particuliers sur le bien-être animal ?
- Speaker #2
Oui, j'ai installé des grandes fenêtres sur les côtés, la lumière naturelle. Et puis après j'ai des perchoirs aussi. Et puis j'ai des petites chaînettes qui sont faites aussi pour qu'ils jouent avec. D'accord. Et puis après, j'installe aussi des pierres à picorer en période d'élevage.
- Speaker #1
Ok, ce qui permet aussi de compléter un peu l'alimentation, et puis de diversifier l'activité des animaux dans le bâtiment. Et comment les gens se perçoivent ça ? Est-ce qu'ils demandent à venir voir dans le bâtiment ? Ou est-ce qu'ils te croient sur parole ? Ou est-ce que tu leur montres des photos ? Oui,
- Speaker #2
je montre des photos. Il y en a à qui je montre parce qu'ils ont du mal à comprendre, à visualiser, à se rendre compte.
- Speaker #1
Et si demain quelqu'un a un projet de s'installer ou de réfléchir à un projet professionnel lié à l'agriculture ou à la vie culture en tout cas, qu'est-ce que tu serais en mesure de faire ? pour l'aider ou la convaincre, cette personne-là ?
- Speaker #2
Lui faire visiter mon élevage. Je dirais même, moi, ce que j'aurais aimé faire, c'est faire une immersion de quelques jours en élevage pour voir vraiment le quotidien, les tâches à faire, ce qu'il faut faire et vraiment montrer les différentes périodes. La mise en place, l'installation des poussins, le départ des animaux, c'est vraiment les périodes clés et vraiment plus d'immersion, plus de stage, en fait.
- Speaker #1
Est-ce que c'est quelque chose que tu aurais aimé faire toi justement à ton installation ? Oui. Parce qu'en fait dans la formation que tu avais peut-être eu au départ, tu n'avais peut-être pas de spécialité ou des choses spécifiques pour ce truc-là. Oui,
- Speaker #2
du tout. Et c'est vrai que le groupement nous accompagne énormément pour beaucoup de choses. Mais j'aurais aimé plus, avec du recul au jour d'aujourd'hui, j'aurais aimé plus de stages, d'aller visiter des éleveurs, voir un petit peu les façons de travailler différentes. et pouvoir faire la mienne après, m'adapter, vraiment voir plus de choses.
- Speaker #1
Parce que c'est l'aspect technique conduite d'élevage, ou c'est l'aspect conduite des appareils. Je ferai une vidéo tout à l'heure du SAS, mais c'est vrai qu'il y a plein d'éléments. Il y a un tableau d'eau qui fait 2 mètres sur 2 mètres, un arbre électrique qui fait pareil, 2 mètres sur 2 mètres. C'était très complexe. Je dirais qu'il y en a qui sont nés à la ferme, donc ils savent approprier un petit peu tout ça. Toi, ce n'est pas ton cas. Non. Donc tu as tout découvert, tu es partie à l'aventure dans ce projet-là, avec une grande part d'incertitude ou de non-connaissance en tout cas, que tu as découvert sur le tas, comme on pourrait dire. Et donc ça aujourd'hui, tu pourrais être motrice pour aider justement les jeunes, ou les gens, parce qu'il n'y a pas forcément besoin des jeunes pour s'installer, pour justement leur donner des ficelles ou leur donner des petites astuces.
- Speaker #2
Oui, ça oui, ça me plairait.
- Speaker #1
Ça, ça te plairait ? Oui. Bon. Merci d'avoir pris le micro d'avoir répondu à mes questions et puis on se retrouve pour un prochain podcast Le CIPC et le CIDEF présentent votre émission Sinusomio