- Speaker #0
Toute la journée, vous écoutez Digradio sur digradio.fr La CEVAP,
- Speaker #1
la coopérative des éleveurs de Vendée, en joue poitou, présente votre émission
- Speaker #0
Si nous sommes nous
- Speaker #2
Bonjour à toutes et à tous, on va clôturer cette année par une émission dédiée à la production du veau. Donc j'ai le plaisir aujourd'hui de recevoir Pascal Paquet, éleveur. Est-ce que tu peux présenter ton parcours ?
- Speaker #1
Oui bonjour à tous, donc Pascal Paquet, je suis éleveur à la Tesswell dans le 49, dans le Bocage. Ouais. Et je... suis éleveur depuis les années 2000.
- Speaker #2
D'accord. Tu as repris l'exploitation familiale ?
- Speaker #1
Donc j'ai repris l'exploitation familiale tout à fait après mes parents. D'accord. Et je suis spécialisé en production de veau de boucherie. Donc aujourd'hui j'ai 500 animaux sur mon exploitation.
- Speaker #2
D'accord. C'est un atelier qui existait déjà ou c'est une création lors de ton installation ?
- Speaker #1
Non, c'est une reprise familiale. Donc l'atelier existait. D'accord. Je l'ai amélioré, adapté aux attentes. Ouais. Et j'ai construit un système d'économie circulaire autour de l'atelier.
- Speaker #2
D'accord, ok. Concernant l'arrivée de cette production-là, qu'est-ce qui t'a séduit pour pouvoir la maintenir et conserver cet atelier ?
- Speaker #1
En fait, je suis né dedans, donc je pense que c'est la passion depuis le début. J'ai la chance que mes parents ont fait cette production depuis les années 70. Donc voilà, je suis né dedans, passionné par ça et je ne me suis jamais posé la question de faire autre chose en fait.
- Speaker #2
Oui, après si c'est une évidence, forcément il y a plein de choses qu'on ne met pas en question. L'exploitation aujourd'hui, c'est quoi sa conception ? Il y a un peu de terre, il y a d'autres ateliers également ?
- Speaker #1
Oui tout à fait, j'ai 40 hectares autour de l'exploitation que j'ai transformé sur les années 2010 et 2013. en écosystème agroforestory pour être en autonomie d'énergie sur mon exploitation pour produire l'eau chaude qu'on a besoin pour l'atelier.
- Speaker #2
D'accord, ça a été facile à mettre en place ?
- Speaker #1
Oui, c'est long, mais c'est passionnant parce que c'est un engagement sur les 40 ans à venir, sur la biodiversité, sur les problèmes de carbone qu'on parle aujourd'hui, qui sont au quotidien. Donc c'est de pouvoir, aujourd'hui, je suis en géoproduit, l'énergie. sur mon exploitation pour pouvoir chauffer mon eau chaude que j'ai besoin pour mon élevage.
- Speaker #2
D'accord. Parce qu'en fait avant ça fonctionnait, moi je connais un petit peu la production, mais pour ceux qui nous écoutent et qui découvrent un petit peu ce truc-là, en fait avant l'eau est chauffée à l'électricité.
- Speaker #1
Donc c'était avant avec du gaz.
- Speaker #2
Gaz, oui, ok.
- Speaker #1
Donc j'ai substitué le gaz et je l'ai remplacé par du bois déchiqueté plaquette.
- Speaker #2
D'accord, donc ça nécessite de le stocker, d'avoir un bois de qualité en permanence ?
- Speaker #1
Tout à fait, ça devient une production en fait, je produis du bois une fois par an, je stocke pendant 6 mois pour qu'il sèche naturellement et que j'ai un stock tournant sur une année. Donc ça fait partie de la production, de l'exploitation.
- Speaker #2
L'agroforesterie, ça recouvre les 40 hectares ? Non, pas forcément ?
- Speaker #1
33 hectares, celui des 40.
- Speaker #2
D'accord, donc il en reste plus beaucoup pour ensiler ?
- Speaker #1
Non, en fait, l'agroforesterie, c'est l'association des arbres avec les cultures. On continue de faire les cultures, mais avec les arbres à l'intérieur des parcelles. Ok,
- Speaker #2
c'est pas trop contraignant ça ? Ça doit rallonger un peu les temps passés dans les champs ?
- Speaker #1
Non, parce qu'il y a plusieurs façons de voir les choses. Soit on voit que tout est contraignant, donc en fait on ne fait rien. Ou soit on avance et on se projette sur demain. Donc moi je l'ai fait pour demain, parce que pour plusieurs critères. Le premier critère c'était, j'avais une envie d'être en autonomie d'énergie sur mon exploitation, parce que c'est un poste important sur... en charge, et aussi se projeter pour demain, c'est-à-dire toute la partie captation de carbone par les arbres, structuration des sols, et qualité de l'eau.
- Speaker #2
Effectivement,
- Speaker #1
c'est vertueux. C'est des choses que je me suis projeté il y a, maintenant ça va faire 14 ans. Aujourd'hui, les choses montrent. que je ne me suis pas trompé de chemin.
- Speaker #2
Qu'est-ce qui vous a poussé à avoir cette réflexion-là ? Vous êtes un peu visionnaire déjà par nature, ou vous aviez envie effectivement de reconfigurer la production ou un mode agricole sur un 2.0 avec une approche différente ?
- Speaker #1
Visionnaire, non, je n'aurais pas la prétention de dire ça. Au bout de 10 ans d'installation, j'ai fait un bilan. la situation de mon exploitation au bout de dix ans et je me suis rendu compte que ben il y a des choses en fait qui étaient plus en adéquation économiquement à mon système donc j'ai eu la chance de rencontrer des gens qui sont certainement plus visionnaires que moi Et j'avais toujours eu cette approche d'économie circulaire au sein de mon entreprise où lorsqu'on a la capacité de pouvoir produire soit son produit, soit son énergie, c'est une garantie sur nos coûts de production et nos charges pour demain. Et voilà, j'ai découvert l'agroforestory par le biais d'échanges et je me suis rendu compte qu'en fait, l'agroforestory en produisant du bois, c'était l'économie la plus sûre sur le long terme. par rapport à du panneau solaire ou parce que je suis en autonomie à 100% et j'avais à coeur à ça en fait d'être en autonomie à 100%
- Speaker #2
Vous parlez de photovoltaïque, c'est des choses que vous avez mis en place sur l'exploitation après ou pas du tout ?
- Speaker #1
Non aujourd'hui c'est des choses que j'ai pas en place sur mon exploitation j'ai des projets mais on peut pas tout faire en même temps donc j'ai fait le choix de l'énergie avec le bois en priorité avec le solaire Parce que j'ai, voilà, pour diverses raisons que je viens d'expliquer, donc voilà, c'est propre à moi, mais on ne peut pas mener tous les dossiers en même temps en termes d'investissement.
- Speaker #2
Quel est le regard du voisinage ou des gens qui vivent autour de votre exploitation ?
- Speaker #1
Comme on a l'habitude de dire chez nous... C'est plus facile de regarder au-dessus de la haie et puis l'herbe est plus verte chez le voisin. Donc là, c'est vraiment ce qui se passe. Donc voilà, ma plus grosse déception, c'est qu'en fait, tout le monde a regardé. Personne ne dit rien, directement. Et personne n'a dit plus ce que j'ai fait moi. Par contre, ma satisfaction, c'est qu'aujourd'hui, mes terres, c'est mes voisins qui les font, qui s'en occupent. Donc en fait, aujourd'hui, ils travaillent à travers les arbres et ça se passe très bien. Donc on va dire que c'est une... Le verre moitié vide ou le verre moitié plein.
- Speaker #2
D'accord. Donc aujourd'hui, vous avez réussi à mettre tous ces éléments-là pour retrouver une agriculture plus vertueuse. Vous êtes fiers, effectivement, peut-être pas de les travailler, mais de pouvoir transmettre ces terres-là ou de permettre à vos voisins d'y aller. Est-ce que, c'est pareil, dans les gens qu'il y a autour, est-ce qu'ils sont curieux de votre production ? Est-ce qu'ils aimeraient... découvrir cette production, comment ça se passe à travers le Vaud, parce qu'on sait qu'il peut y avoir des médias qui viennent dévaloriser un petit peu cette production-là. Comment est-ce que vous vous sentez déjà à l'aise pour discuter, ou est-ce que vous seriez OK pour ouvrir vos portes ?
- Speaker #1
J'ai aucun souci avec ça, parce que c'est des choses qu'on fait déjà, que j'ai toujours fait. Donc comme j'ai l'habitude de dire, la porte est toujours ouverte. Parce que c'est un moyen d'échange. Ma plus grosse fierté aujourd'hui, c'est que la production que je fais, je la consomme. Et ça, ça a toujours été mon leitmotiv en tant que réculteur, c'est d'être en capacité de consommer ce que je produis. Parce que ces attachements, on produit pour nourrir la France. Et si on n'est pas capable de consommer ce qu'on produit, moi je ne suis pas à l'aise du tout avec ça.
- Speaker #2
Alors ça c'est une première chose, il y en a aussi une deuxième qui est est-ce qu'on peut en vivre aussi ? Après c'est aussi des éléments qui sont aussi importants, je pense qu'il ne faut pas non plus le cacher. Si demain il y a des gens qui ont des projets professionnels sur lesquels ils se posent des questions, je pense qu'il faut aussi dire clairement, aujourd'hui c'est possible d'en vivre. Après il y a des choses qui fonctionnent plus facilement que d'autres, je suppose que c'est le cas, parce que sinon vous ne seriez pas là.
- Speaker #1
Tout à fait, donc oui je vis de mon métier et j'ai surtout pas honte de le dire, c'est plutôt une fierté. Et oui aujourd'hui, quelles que soient les filières, aujourd'hui on a moyen, on gagne sa vie en étant agriculteur. Évidemment il y en a qui gagnent plus que d'autres, il y en a qui sont en difficulté, il y en a qui sont très très à l'aise. Mais ça c'est pas lié à l'agriculture, c'est lié au système et ça existe dans tous les métiers. C'est vrai chez les artisans aussi. Et voilà tout à fait, donc aujourd'hui on est un agriculteur, c'est un chef d'entreprise. On le répète peut-être pas assez. En fait aujourd'hui, un agriculteur, c'est pas le bouseux qui va épandre le fumier dans ses champs et qui va ramasser les oeufs au cul de la poule.
- Speaker #2
On est un peu loin de ça aujourd'hui.
- Speaker #1
Voilà, il y en a encore cette image-là. Non, non, aujourd'hui, un agriculteur, c'est un chef d'entreprise, donc voilà, il y a des moments... positifs, il y a des moments négatifs mais comme dans tout corps de métier et aujourd'hui il y a possibilité de gagner sa vie en étant agriculteur
- Speaker #2
Au quotidien le rythme de travail c'est quoi ? Vous commencez les journées tôt le matin vous les finissez tard le soir ou vous arrivez à faire un 35 heures sur 7 jours et tout va bien ? Vous avez le temps d'aller au golf ou à la chasse ou on sait rien ?
- Speaker #1
Je suis pas un exemple sur ce sujet là mais bon ça m'appartient donc je demande à rien la personne Ouais Je suis un acharné de travail, donc je ne suis pas un exemple.
- Speaker #2
Un perfectionniste.
- Speaker #1
Mes journées commencent à 5h05 le matin, et puis le soir, elles se terminent, commencent à se terminer. J'ai été salarié avant d'être agriculteur. Et je l'ai fait aussi pour avoir ma liberté. Donc voilà, je me mets des contraintes, mais je sais aussi prendre du bon temps. Voilà donc c'est pas les horaires de travail pour moi qui sont importantes c'est le plaisir qu'on met à faire ce qu'on aime quoi donc je suis capable de faire des journées de 5 heures je suis capable de faire des journées de 20 heures je prends des vacances je prends trois semaines de vacances par an je prends un week-end par mois donc non non voilà donc après c'est le c'est l'amalgame de tout ça quoi donc voilà j'ai besoin de prendre de vacances j'ai besoin de prendre des week-ends en compensation je sais que dans nos métiers on peut pas faire ça et puis faire 7 heures par jour. Donc après c'est...
- Speaker #2
On travaille avec du viande quoi qu'il en soit, on peut être soumis effectivement à être réveillé en pleine nuit mais ça fait partie... Aimer les animaux ça fait aussi partie de ça aussi.
- Speaker #1
Oui et puis ça fait partie de tout chef d'entreprise quoi donc moi je connais aucun chef d'entreprise qui ne travaille pas la nuit quoi. Pour d'autres problèmes.
- Speaker #2
Pour d'autres raisons, ouais c'est ça.
- Speaker #1
Et voilà, après on se met agriculteur, on connaît les contraintes. Moi je suis éleveur de veau de boucherie Je sais que j'ai des animaux Qui peuvent arriver la nuit J'ai des animaux qui peuvent partir la nuit Quand j'ai fait le pas je le savais C'est pas tombé comme ça Du chapeau En non conscience
- Speaker #2
Merci à toi, on te retrouve tout à l'heure pour la 3ème partie Parce que t'as une autre casquette Liée à cette production là On te retrouve en 3ème partie On va laisser place à Voltaire Qui va nous interpréter la boîte à musique
- Speaker #0
A tous les voyageurs d'aujourd'hui, au rêve, plein les valises évidemment. Y'en avait un au boulot ce matin, on aurait dit un aventurier dans la jungle, avec son couteau entre les dents. Il ne lui manquait qu'un chapeau et un lasso pour étayer ses broupes. Et franchement, ces réunions de mégalo-invisio, 7ème quotidien. Un voyage raté sorti tout droit d'un vieux catalogue bien déchiré que j'ai longtemps cru comme idéal. Pendant ce temps-là, à travers mon écran, discrètement, je leur cherche une destination. À tous ces gens, j'ai envie de leur offrir un aller simple. Peu importe où, mais loin de toi, loin de moi, d'ailleurs. Est-ce qu'on voyage quand on fait le tour du monde ? Est-ce que c'est un rêve de voyager ? On aura vraiment fait le tour du monde ?
- Speaker #3
Est-ce
- Speaker #0
que ça devient mieux ? Je n'en sais rien. Est-ce que moi aussi j'ai une boîte sur le cœur ? Est-ce qu'on s'arrêterait pour autant de tournée en haut ? Tout nous rattrape. Tout nous échappe. Je veux en avoir le tournis de rêver. Je veux rêver. Et je veux vivre comme ça. Et après ça, on en imaginera d'autres encore plus. Je veux en avoir le tournis de rêver. Je veux rêver. Et je veux vivre comme ça.