- Speaker #0
Sinoussemion,
- Speaker #1
Julien Martineau.
- Speaker #2
Bienvenue dans la troisième partie de l'émission de Sinoussemion. Je reçois aujourd'hui Olivier, qui est directeur de la MFR IREO Les Herbiers. Bonjour Olivier, est-ce que tu peux te présenter ?
- Speaker #3
Oui bien sûr, je suis Olivier Gaborot, je suis le directeur de la maison familiale IREO Les Herbiers. L'établissement est une des 26 maisons familiales du département, spécialisée sur le... sur les filières agricoles et en particulier depuis une trentaine d'années sur les formations supérieures sur tout ce qui est post-bac agri.
- Speaker #2
Aujourd'hui c'est un établissement qui reçoit combien d'étudiants ?
- Speaker #3
Aujourd'hui on a fait nos rentrées, il en reste encore une ou deux à faire mais on va accueillir 230 élèves, une année record comme l'année dernière et comme il y a deux ans. C'est un signe de la progression des effectifs à l'Iréo, mais d'une manière générale, dans toutes les formations supérieures ou agricoles en Vendée, les établissements font le plein. Et ça, c'est une bonne chose et c'est une conséquence aussi de la bonne santé de nos filières et de l'image qu'on peut avoir sur notre département. On parlait de la fête de l'agriculture tout à l'heure, ça en fait partie grandement. Donc aujourd'hui, on est sur des formations... À l'Iréo des Herbiers, qui sont sur du BTS essentiellement, c'est 80% de nos formations, BTS AXE et BTS PA. On a 4 formations CS, certificats de spécialisation, et puis une licence professionnelle qu'on partage avec les établières, et que l'on a avec le CNAM de La Roche.
- Speaker #2
Comment vous êtes arrivé à trouver un partenariat avec les établières ? Parce que c'est quand même deux établissements qui, je suppose, ne devaient pas se faire de cadeaux quand il y avait des... des propositions des élèves qui voulaient s'inscrire dans les programmes de formation. Comment vous en êtes arrivé en fait à en discuter et à mutualiser en fait cette formation ?
- Speaker #3
Alors ça s'est fait naturellement, je ne sais pas, mais en tout cas ça s'est fait par l'obligation de créer avec les deux établissements une formation Bac plus 3 qu'on a commencé ensemble l'année dernière. On a collaboré ensemble, on a travaillé sur le territoire. Il fallait fusionner, mutualiser nos forces, c'est-à-dire pouvoir... partager nos effectifs des uns et des autres pour avoir une promotion capable d'avoir un groupe suffisant. Donc là, on avait cette année 16 jeunes en licence. Donc c'est vraiment une réussite. Donc on espère continuer et travailler ensemble pour pouvoir justement porter de la formation Bac plus 3, parce qu'aujourd'hui, la tendance, c'est la formation post-BTS qui va se développer dans les années qui viennent.
- Speaker #2
Parce que justement, l'idée, c'est d'aller chercher peut-être des gens qui ont fait des BTS ou... hors spécialisation agri et de pouvoir justement leur permettre d'avoir une validation pour pouvoir intégrer effectivement ce secteur d'activité. C'est l'idée de ce dispositif.
- Speaker #3
Alors l'idée c'est ça, c'est de partager les compétences de tous les acteurs des filières agricoles pour produire des élèves ou des futurs éleveurs avec des compétences meilleures, notamment sur la gestion, la stratégie, le fonctionnement de l'entreprise, mais moins sur la technique. pure, on est plus sur le métier de chef d'exploitation, qui aujourd'hui est tellement complexe, c'est tellement diversifié qu'il faut monter en compétence, comme dans toutes les filières. On n'apprend rien.
- Speaker #2
Et puis aujourd'hui, c'est vrai que on le disait tout à l'heure, les tailles d'exploitation grandissent aussi, donc les enjeux ne sont pas tout à fait les mêmes, les montants engagés non plus, donc effectivement il faut...
- Speaker #3
Et il y a un enjeu aujourd'hui qui est partagé par tous, et qui est enfin arrivé dans les référentiels des établissements et des formations, c'est toute la partie RH. C'est toute l'organisation humaine, c'est toute la partie contractualisation d'un apprenti, d'un salarié. Les structures, je ne sais pas quelle est la taille moyenne en tout cas des structures vendéennes, mais il faut savoir gérer du personnel, il faut savoir l'attirer, il faut savoir le garder. Et tout ça, ça s'apprend en fait. C'est maintenant les capacités, les compétences qu'il faut développer si on veut devenir un chef d'exploitation avec une équipe de talent. Il faut aller les chercher.
- Speaker #2
Comment la formation s'adapte ? à l'évolution du monde agricole ? Parce que les besoins d'agents installés il y a 10 ans et aujourd'hui ont évolué. Il y a aujourd'hui peut-être de plus en plus d'innovations ou de technologies qui sont mises en place. Comment vous arrivez à coller à ce besoin-là, voire même prévoir ce qui peut arriver ou engager les tendances ?
- Speaker #3
Il n'y a qu'une seule solution, c'est de rester les pieds dans les bottes si je puis dire, c'est-à-dire d'être toujours en contact avec nos maîtres de stage, nos maîtres d'apprentissage, avec le terrain, avec les partenaires, les organismes paragricoles. C'est d'être toujours en lien avec eux lorsqu'on met en place des comités de pilotage, c'est le cas à l'Iréo des Herbiers, régulièrement, tous les ans, en fonction des filières ou des... diplôme, on n'a pas la capacité à tout savoir tout le temps, surtout, donc il faut aller chercher les expertises et pouvoir les intégrer en fait dans nos contenus. Je pense que c'est la solution pour adapter nos formations aux besoins qui évoluent à une vitesse grand V.
- Speaker #2
C'est vrai que je n'ai pas posé la question, mais elle me vient à l'esprit. Toi, tu viens aussi du milieu agricole, c'est quelque chose que tu as appris en cours de route et du coup, tu te sens en fait... je dirais, de faire partie de cette grande famille et de contribuer effectivement à ce développement-là ou à former les jeunes pour qu'ils puissent devenir des chefs d'exploitation aguerris en tout cas ?
- Speaker #3
Alors personnellement, non, je n'ai pas de formation agricole en tant que telle. Je suis quelqu'un du territoire parce que je suis né à Chambre-Auto, j'habite à la Gaubretière et je suis directeur aux Herbiers. Là, j'ai fait un triangle autour du monde des Alouettes. Donc du coup, je suis un bouquin, comme on peut dire. Je connais très très bien le territoire et j'ai forcément, comme tous ceux du bocage, beaucoup d'amis, beaucoup de connaissances en fait dans cette filière.
- Speaker #2
Sur les années à venir, ça va être quoi les nouveautés en fait que vous allez mettre en place au cœur des formations ou les choses qui peuvent arriver en cours d'année ?
- Speaker #3
Alors les années à venir, il y a un énorme dossier qui arrive en ce qui nous concerne, c'est la rénovation des diplômes de BTS agricole. Donc à partir de septembre 2025, tout... Tous les établissements scolaires de France vont devoir rénover et intégrer cette rénovation dans leur contenu. Il y a beaucoup de choses qui arrivent, notamment cette nouveauté qui s'appelle la semestrialisation. Je ne sais pas si on peut rentrer dans les détails, mais on est en train de prendre l'organisation et l'évaluation de nos diplômes, un peu comme ce qui existe aujourd'hui dans les universités. C'est plutôt une bonne chose, c'est une vraie tendance. Et on repart sur une autre idée, celle de... C'est de la dynamique de projet, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, on n'aura plus de cours, ou en tout cas, pas appelés comme tels, de français, de maths ou je ne sais quoi. On va travailler à partir de projets et on fera du français et des maths sur ces projets-là. Donc il y a vraiment une bonne idée, une bonne mutation des diplômes. Je l'espère qu'il va arriver à partir de l'année prochaine.
- Speaker #2
Du coup, ça va demander à avoir des partenariats avec des chambres, avec des instituts de recherche. Est-ce que c'est des choses qui sont déjà actées ou il y a déjà des discussions qui vont permettre de développer ces accents-là ?
- Speaker #3
Ce n'est pas encore acté, mais tous les établissements planchent dessus sur la façon dont ils vont aborder ce qu'on appelle les plans de formation, c'est-à-dire l'architecture de la formation pour l'année prochaine. Aucun établissement en France, et l'Iréo des Herbiers en fait partie, n'est capable de mener une formation de ce niveau-là seul. Donc du coup, il faut aller chercher les bonnes collaborations. Sur le territoire, on a des agriculteurs dynamiques, formés. Vous en avez eu deux exemples juste avant moi, avec un bon niveau. Et donc, il faut évidemment travailler en collaboration. Donc les chambres d'agriculture, les maisons familiales rurales que je représente sont évidemment censées, et le fond déjà, travaille ensemble sur l'organisation des formations.
- Speaker #2
Dans ce qui a été dit dans les deux premières parties, c'est des jeunes qui sont partis à l'étranger voir autre chose pendant un certain temps. Est-ce que c'est des choses que vous poussez ou vous incitez auprès des jeunes pour qu'ils puissent avoir une vision autre que celle qu'on peut avoir et éviter de tourner autour des monts des Alouettes et voir un petit peu ce qui se passe ailleurs ?
- Speaker #3
C'est ça. Alors ce que disaient les gars tout à l'heure, ça m'a vraiment fait écho. Pourquoi ? A l'Iréo, ça fait 25 ans, alors que ce n'était vraiment pas dans la coutume des établissements, qu'on oblige dans nos formations à pousser les jeunes à aller faire des stages ou des périodes en immersion à l'étranger, seuls, et pendant des grandes périodes, parce qu'en général, c'est entre 4 et 8 à 12 semaines de stages internationaux. Donc là, ça se fait soit l'été, soit en octobre-novembre. On organise notre fond de formation autour de cet axe-là. Et tous les jeunes sont partis seuls sur des exploitations aux quatre coins du monde. Pendant l'été, une cinquantaine de jeunes sont partis en Australie, en Nouvelle-Zélande. J'entends ces pays-là parce que du coup, j'ai vu des photos incroyables. J'irais bien faire des visites de stage. Je ne peux pas tout faire.
- Speaker #2
Si il y a besoin, on va se libérer du temps.
- Speaker #3
Je comprends. Donc là, c'est quelque chose d'indispensable. Et je peux vous assurer, pour le vivre tous les ans, on retrouve des élèves différents. On trouve des élèves qui ont... en termes de maturité, d'ouverture d'esprit, Guillaume le disait tout à l'heure, ce n'est plus les mêmes. Et lorsqu'il y a eu ce Covid qui nous a vraiment stoppés dans cet élan-là, on a vu le fait que ne plus les envoyer obligatoirement en mission, en stage à l'étranger, ça portait progédie. Donc partez, et même après leur formation, partez encore. Parce que ça, c'est vraiment une solution.
- Speaker #2
Dans les jeunes que vous recevez en formation, je suppose qu'il y en a qui arrivent déjà avec des projets déjà définis, ou en tout cas bouclés à 80%. Est-ce qu'il y a aussi des jeunes qui viennent dans les formations avec l'envie d'intégrer ce métier-là, mais avec un projet qui n'est pas forcément défini ? Est-ce que c'est des choses qui arrivent et comment vous accompagnez, comment vous pouvez faire le relais entre quelqu'un qui aurait envie de s'installer ? et avec le terrain, comment vous créez ces liens-là ?
- Speaker #3
Alors nous, on est à l'INREO de Zervier, on est évidemment dans l'accompagnement, ça fait partie de l'ADN des maisons familiales. Tous les projets évoluent, quoi qu'il arrive. On a beaucoup de jeunes qui souhaitent s'installer en début de formation, peut-être un peu moins à la fin, mais accessoirement, ce n'est pas très grave. L'installation dès la sortie d'un BTS, moi je ne la recommande pas tout de suite parce qu'il faut un peu de bouteille, il faut aller chercher de l'expérience. et préparer son installation, ça prend du temps. Mais effectivement, on a en forme deux profils. Celui qui va devenir chef d'exploitation et celui qui veut être technicien, travailler dans un organisme à part agricole et être aussi acteur des filières agricoles par cette occasion-là. On est beaucoup aidé. Il y a la Chambre qui fait un très bon boulot là-dessus. Il y a plein de choses. Les GIA sont là. Aujourd'hui, il y a plein d'acteurs qui interviennent dans l'aide et... et le soutien des jeunes à l'installation.
- Speaker #2
J'y suis allé à la fête de l'agriculture, j'ai vu que vous aviez un stand. Si quelqu'un vient vous voir avec une envie de se former ou de s'orienter sur le monde agricole, qu'est-ce que vous allez lui transmettre comme message pour l'inciter à aller plus loin et aller dans cette découverte-là ? Comment vous allez mettre en avant ce métier d'agriculteur ? Alors...
- Speaker #3
Nous, on récupère des jeunes qui ont déjà cette passion. On n'a pas besoin de l'alimenter, elle existe déjà. Donc c'est un peu plus facile pour nous. On a de moins en moins de fils d'agri, et pour cause, il y a de moins en moins d'agri. Donc il y a une population très importante de jeunes non agricoles qui arrivent, et c'est une très bonne chose. Et accessoirement, c'est certainement la meilleure solution, c'est l'alternance, c'est-à-dire le fait d'aller... pendant la formation, aller chercher de l'expérience, valider des acquis, revenir avec ces acquis pour pouvoir les partager. Il y a vraiment quelque chose d'important là-dessus. Et une formation, devenir agriculteur sans avoir été longtemps dans une exploitation, ça paraît quand même compliqué.
- Speaker #2
C'est vrai que c'est peut-être l'avantage de ce format-là, c'est que les jeunes ont un crayon à la main et une paire de bottes aux pieds. Ça permet effectivement de faire du lien, de mieux se rendre compte aussi des vérités, de passer aussi plusieurs saisons parce que les... Les tâches ou les contraintes ne sont pas tout à fait les mêmes entre l'hiver et l'été, peu importe la production, il y a quand même des choses qui évoluent. Après, il y a des productions sur lesquelles les cycles sont aussi différents, donc le fait de pouvoir répéter ces cycles-là permet de mieux prévoir ou anticiper la charge de travail. Vous parliez effectivement de la partie RH, il y a des activités qui font qu'effectivement c'est un pôle qui est assez important, parce que s'il y a des légumes à récolter et qu'il n'y a personne pour les ramasser, ça va être compliqué.
- Speaker #3
Oui, et puis ils ont la chance souvent d'avoir de très bons maîtres de stage, de maîtres d'apprentissage. On a cette Ausha. Aujourd'hui, on a des maîtres d'apprentissage formés, capables de transmettre leur passion, leurs compétences. On s'appuie beaucoup là-dessus et ça, à mon avis, c'est la clé.
- Speaker #2
Qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter ou souhaiter de meilleur aux jeunes que vous formez aujourd'hui ?
- Speaker #3
Écoutez, de continuer à les former et surtout à ce qu'ils restent dans les filières parce qu'aujourd'hui, on est sur un taux de 95%. d'insertion et il reste dans les métiers au bout de cinq ans. Donc c'est vraiment une chose que je continue à travailler, c'est le fait de former des jeunes qui restent dans ces filières-là. Et puis on a de l'avenir, et puis moi on entend souvent des choses négatives sur l'agriculture. On n'a jamais eu autant de jeunes qui veulent rentrer dans les formations. Donc regardons les choses positives.
- Speaker #2
Il faut poursuivre à communiquer sur notre métier. Complètement. Continuez à faire des fêtes de l'agriculture réussies. On attend la 40e édition avec impatience.
- Speaker #3
Nous aussi.
- Speaker #2
Merci à toi Olivier Merci beaucoup Place pour le troisième morceau Pogmotone sur Stream of Whiskey C'est ça ? Parfait
- Speaker #0
L'autre soir, quand je dormais, j'ai rêvé que j'allais rencontrer B.I.N. J'ai le bras au dos de lui, et on est passé le temps de la journée J'ai questionné ses vies On a cru que sur l'art de la philosophie, il y avait des nouvelles et simples choses à dire.... I am going where streams of whiskey are flowing. I am going where streams of whiskey are flowing. Where streams of whiskey are flowing.