- Speaker #0
La CEVAP,
- Speaker #1
la coopérative des éleveurs de Vendée en Jouepoitou présente votre émission Si nous sommes nous
- Speaker #2
On va reprendre sur la troisième partie où je vais recevoir à nouveau Pascal, mais elle a pu au statut d'éleveur, au statut de président. Président de la Cévape, c'est ça ?
- Speaker #1
C'est bien ça, président de la Cévape depuis 2017.
- Speaker #2
Ouais, donc en fait je voulais en profiter de ce statut-là pour que tu puisses présenter un petit peu les valeurs et puis cette production, et puis quels sont... Voilà, aujourd'hui Henri a présenté une vision. Demain, comment elle est partagée ou soutenue en tout cas par les éleveurs ?
- Speaker #1
Donc avant tout, le système de la coopérative, la coopérative appartient aux éleveurs. Donc ça, c'est quand même important de le rappeler. Et elle vit avec une équipe de salariés. Donc aujourd'hui, c'est un partage commun. Je le disais tout à l'heure, l'humain a une importance énorme dans nos systèmes. Aujourd'hui, c'est une équipe de 34 éleveurs avec une équipe de 6 salariés. C'est cette fusion qui fait que ça nous permet de continuer d'avancer et de se projeter demain pour l'avenir. Comment ça fonctionne ? Aujourd'hui, on est un comité de gestion, on est 7 éleveurs. Je suis le président depuis 2017, j'ai pris la suite à mon prédécesseur Jean-Paul. Je suis dans le conseil d'administration de la coopérative depuis 2005. C'est l'investissement total. C'est notre différenciation dans notre production de vaux de boucherie en France. Aujourd'hui, les choses nous appartiennent. C'est nous qui prenons les décisions. C'est partagé en totale transparence avec nos salariés, que ce soit la direction, nos techniciens ou nos commerciaux.
- Speaker #2
Aujourd'hui, ça représente combien de personnes ?
- Speaker #1
Aujourd'hui, c'est 6 salariés, 34 éleveurs. On est une équipe de 40 personnes qui s'activent autour de la production.
- Speaker #2
Et après, il y a le groupe... après Kavak et lui derrière qui vient pour les métiers de support, comme l'expliquait Henri, c'est ça ?
- Speaker #1
Voilà, ça va plus loin que ça, parce que la fusion, après 40 années d'indépendance, la CEVAP a été indépendante, portée par les éleveurs uniquement pendant 40 ans. La fusion, elle a été faite aussi pour se projeter à l'avenir. Donc évidemment, suite à des épisodes, comme Henri disait tout à l'heure, économiques un peu douloureux. Il faut savoir aussi, là aussi, c'est l'humain. On avait à cœur de continuer ce qu'on faisait, on ne voulait pas disparaître, et garder la main de ce qu'on avait construit. Donc, Kavak, on se connaît depuis longtemps, c'est la coopérative de nos locales, où là aussi, c'est une coopérative, au bon sens du terme, où c'est les humains qui sont acteurs. pour le développement de la coopérative. Donc on a pu se rapprocher d'un groupe, profiter des services, des supports, des supports techniques, des supports humains, mais surtout aussi des supports pour se projeter à l'avenir pour le renouvellement des générations. Tout seul, c'est vrai que des fois on va plus vite, mais à plusieurs on va aussi plus loin. Oui, c'est ça. Et aujourd'hui, notre métier, on en discutait tout à l'heure, le renouvellement des générations c'est hyper compliqué. nos métiers sont, on va dire, plus attractifs ou on n'a pas su les rendre attractifs. Je ne sais pas du quel côté il faut se mettre. Donc, on a une part de responsabilité à ça. Et le fait d'être à plusieurs, ça nous donne une visibilité beaucoup plus large et assez objective, en fait. Et je pense qu'en étant plusieurs autour de ce sujet-là, on va donner beaucoup plus d'attractivité, excusez-moi, à nos métiers.
- Speaker #2
En fait, pour rejoindre un petit peu cette idée-là, c'est un petit peu pour ça que j'ai... j'ai créé ce podcast-là parce que je reste convaincu que pendant 20 ou 30 ans, depuis la fin des années 80, on a arrêté de parler de notre métier. On a caché beaucoup de choses alors qu'on n'avait rien à cacher. On sait toujours faire les choses correctement, faire des productions de qualité. L'orientation que vous avez prise pour ne faire que du 100% animaux, saucines de la belle, ça montre qu'il y a un vrai savoir-faire à faire. Et aujourd'hui, les gens ne regardent plus forcément la télé, ils ne regardent plus forcément les journaux. Aujourd'hui tout passe par les réseaux. Et c'est là où je me suis dit le podcast en fait ça te permet de s'informer, de découvrir des productions, des choses locales ou des choses qui pourraient être appréciées par le consommateur. On se dit bah tiens effectivement le vent on n'y a pas pensé, c'est des gens du coin, ça se trouve on les connaît ou on ne les connaît pas. Bah tiens dimanche ou pour les fêtes, j'invite les gens à la nuit à se ruer dans les magasins pour ça. de dire tiens on va faire un plat qui sort un petit peu d'ordinaire avec une production locale et qui respecte l'environnement. Donc c'est un petit peu une continuité de cette attente-là et je pense qu'effectivement demain les jeunes agriculteurs ou les jeunes peuvent se dire bah oui tiens l'agriculture j'y avais pas pensé, je suis chef d'entreprise, je peux faire ce que je veux, enfin je peux faire ce que je veux, je peux en tout cas avoir une liberté et de pouvoir faire des choix.
- Speaker #1
Ça c'est ce qu'on a construit depuis toujours au sein de la coopérative. Et on l'a accentué en 2008, en fait, lorsqu'on a repris le dossier Beublancar. C'est un dossier dans la filière qui s'était arrêté, personne n'en voulait. Et nous, on était déjà engagés dans ces démarches-là de proximité et de transparence. Et donc, on a saisi ce dossier-là. Et aujourd'hui, c'est un dossier qui nous porte et qui nous permet d'exister aujourd'hui et qui a vraiment du sens à l'attente sociétale dans tout le sens du terme, aussi bien pour les éleveurs de demain, qui aujourd'hui, demain, ont envie de produire, mais avoir amené du sens à leur production. Savoir où le produit va aller et ça résonne aussi avec tout ce qui évolue par rapport à la biodiversité, par rapport à l'environnement. Et ce label Bleu Blanqueur aujourd'hui nous porte et va continuer de nous porter. on en est convaincu, va nous aider aussi à participer au renouvellement des générations pour aller jusqu'au produit fini en fait.
- Speaker #2
C'est vrai que le label Bleu Blanqueur ça peut parler forcément à beaucoup de gens. En quelques mots ça résume quoi en fait ? C'est quoi ? C'est un cahier des charges en quelque sorte ?
- Speaker #1
Tout à fait. Alors déjà c'est une démarche nutrition santé. D'accord. Donc en lien avec la terre, les animaux et les hommes.
- Speaker #2
Donc si on mange du veau on n'a plus besoin de faire de sport c'est ça ?
- Speaker #1
C'est pas ce que j'ai dit. Mais ça fait partie de l'équilibre en fait. Beu Blanquer, c'est une démarche nutrition santé sur l'équilibre de la planète en fait. Parce que ça commence par les sols. Donc, un sol bien nourri, nos aliments proviennent du sol. Donc, ça nous donne des aliments en bonne santé. Ces aliments-là nous aident à produire nos animaux, donc de la viande. Donc, ça veut dire que la viande va être automatiquement saine. Et ensuite, la viande qu'on consomme, automatiquement, c'est notre corps qui en contribue. Donc, on sera en meilleure santé. Donc, ça, c'est lié à la démarche bleu-blanqueur avec les oméga-3. D'accord.
- Speaker #2
Donc ça c'est le petit plus d'un point de vue organoleptique ?
- Speaker #1
Voilà, c'est le petit plus, mais c'est surtout que c'est une démarche qui a du sens, où tout est complet en fait, parce que tout le monde est concerné. marche qui part de la terre jusqu'au consommateur. C'est à nous les humains.
- Speaker #2
L'aspect bien-être animal, comment il est géré sur cette production-là ? Parce que c'est vrai que c'est un terme qui revient souvent dans le monde agricole. Bon, depuis ce qu'on entend depuis 11 heures, je pense qu'on doit être plutôt très proche de la perfection. C'est quoi aujourd'hui les éléments qui sont ajoutés ou qui sont mis en place en élevage concrètement ?
- Speaker #1
Le bien-être animal, c'est un sujet très grand et on n'en a jamais parlé, c'est vrai, tu as raison. Et c'était le gros défaut du monde agricole. Le bien-être animal, il a tout le temps existé. Les éleveurs ont tout le temps respecté leurs animaux, mais on n'en parlait jamais. Aujourd'hui, on en parle et on a le sentiment qu'en fait, les animaux sont maltraités, mais c'est faux.
- Speaker #2
Ils sont soignés quand ils sont malades.
- Speaker #1
L'éleveur qui ne prend pas soin de ses animaux, de toute façon, il n'est pas éleveur longtemps. Parce que techniquement et économiquement ça ne fonctionne pas. Donc ça on ne peut pas y échapper. Tous les éleveurs font du bien-être animal. C'est un sujet d'actualité, c'est un sujet sociétal. Et c'est un sujet sociétal parce que voilà, on est de plus en plus de monde sur la planète. Et on est de moins en moins de monde à avoir des relations avec le monde agricole de base. C'est ça. Donc, on perd, au fil du temps, on perd cette confiance et cette connaissance, en fait, de la base. Oui. Donc, le biais de... d'être animal aujourd'hui, on en parle. On le maîtrise dans nos élevages. On a des cahiers des charges, on a des suivis. Tout est noté, tout est archivé. Nous, aujourd'hui, on est hyper à l'aise avec ça.
- Speaker #2
Et puis en France, on aime bien tout ce qui est administratif.
- Speaker #1
Et c'est un travail du quotidien. Donc, c'est vrai que c'est pesant. À un moment donné, ça devient pesant. Donc, c'est pour ça, tout à l'heure, on parlait de support numérique. Donc ça, c'est des choses où les supports numériques vont nous aider au fur et à mesure, justement, à pouvoir plus réactifs. pas plus réactif, mais en fait à continuer de maîtriser le bien-être animal et de le stocker et de le numériser pour pouvoir l'être très vite, beaucoup plus rapide et beaucoup plus simple.
- Speaker #2
Dans certaines productions, ça se concrétise aussi par, admettons, des fenêtres ou à mettre des jeux ou des bâtiments, des aménagements collectifs. C'est des choses qui sont déjà en place peut-être depuis quelques années.
- Speaker #1
De toute façon, le bien-être animal, c'est hyper simple. On a tous le cahier des charges, il est européen. On a tous les mêmes obligations. Donc ça aujourd'hui, le bien-être animal, il est commun, il n'appartient pas à la CEVAP, il appartient à tout le monde, il appartient aux filières. Donc ça aujourd'hui, on n'a pas le choix, on est obligé d'avancer. Donc les choses, on les fait au fur et à mesure. On ne peut pas tout révolutionner non plus, parce que le bien-être animal, on a tout le temps fait les choses bien. Aujourd'hui, on doit s'adapter aux attentes sociétales, on les fait évoluer au fur et à mesure, tout simplement, et voilà, il n'y a pas de tabou.
- Speaker #2
Et ça, ça aide aussi peut-être à renouveler les jeunes, le fait de dire, on a une production, on sait s'occuper de nos animaux, est-ce que c'est aussi un élément qui peut lever des freins aussi pour trouver des jeunes pour s'installer ? Ou des moins jeunes, parce que 33 ans c'est très jeune, mais il y a aussi des gens qui s'installent à une quarantaine d'années, ou un peu plus, et ça va bien.
- Speaker #1
Non, non, c'est pas du tout un frein, parce que de toute façon, aujourd'hui, c'est dans les mœurs, donc tout le monde sait que... Le frein qu'il y a, c'est que, au départ, c'est les investissements qui sont plus lourds, c'est évident. Parce que voilà, aujourd'hui, demain, on a Stain-la-Jeune, les obligations, on les fait tout de suite. On va pas les faire dans le temps, on va les acter tout de suite. Donc c'est des investissements... plus coûteux, voilà. Mais non, après, c'est sociétal, quoi. Donc, le bien-être animal, ça aide aussi au bien-être de l'éleveur. On a tendance à l'oublier.
- Speaker #2
Justement, j'allais rebondir là-dessus, parce que souvent, c'est lié, mais c'est pas facilement nommé ou identifié. Effectivement, le fait d'améliorer le bien-être animal, on améliore aussi le confort de l'éleveur. Et du coup, parfois, c'est quand même plus simple d'exécuter des tâches quand tes aménagements sont faits, quoi.
- Speaker #1
Et puis l'un ne peut pas aller sans l'autre. Donc lorsqu'un éleveur est bien dans son bien-être, automatiquement, le bien-être animal, il coule de source.
- Speaker #2
Écoutez, je te remercie pour cette troisième partie. Je pense qu'on a appris plein de choses. Je pense que ça peut avoir son petit effet. Je vais laisser Voltaire pour la troisième partie, que vous pouvez suivre aussi sur les réseaux. Ils vont nous interpréter à l'ASCA.
- Speaker #0
Insaisissable, je me surprends, je vis ma vie une fichure. Je vois au moins un visage, tourbillonnant et en détente, je les aime pourtant certains. Je veux avoir des listes telles comme Bouddhique, l'Université de Genève, comme ce risque-là, comme