- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous, bienvenue sur un podcast de Sinus et Mion, je suis en direct du salon de l'agriculture, je suis sur le stand de FabAC. Bonjour Romain, est-ce que tu peux te présenter ?
- Speaker #1
Bonjour, je m'appelle Romain Béaguel, je suis le directeur du programme FabAC, qui est porté par la foncière agricole FEV, et qui accompagne 3 000 agriculteurs sur 3 ans pour qu'ils puissent mettre en place des actions afin qu'ils obtiennent des économies d'énergie sur leurs fermes.
- Speaker #0
D'accord, donc si vous deviez résumer votre métier par une phrase, ce serait quoi ? Ou deux phrases, si une ne se tient pas.
- Speaker #1
C'est réunir les conditions, c'est proposer un cadre et outiller des groupes d'agriculteurs qui puissent évoluer dans leurs pratiques agricoles et avoir des fermes plus sobres.
- Speaker #0
Quel est le moment de votre journée qui vous rend le plus fier ?
- Speaker #1
Je crois que c'est à chaque fois que j'ai un animateur au téléphone. Donc le programme Fabacé se déploie via des animateurs. C'est eux qui sont en prise directe avec les groupes d'agriculteurs. donc c'est eux qui sont la chemise ouvrière du programme qui vont encadrer le groupe les motiver, lui donner une direction et donc à chaque fois que j'ai un animateur au téléphone que ce soit pour un besoin ponctuel, faire remonter une évolution on est vraiment dans le concret on sent que ça avance sur le terrain et ça c'est vraiment notre école de session
- Speaker #0
Qu'est-ce que vous avez envie de faire de ce métier ? Est-ce que la réalité correspondait à vos attentes ?
- Speaker #1
Alors le... L'opportunité de monter un programme C2E autour de la sobriété énergétique dans les fermes, c'est venu parce que nous, chez FEB, notre métier de base, c'est d'installer la prochaine génération de réculteurs. Et avec le recul, on s'est rendu compte qu'un déterminant essentiel pour la viabilité des fermes, c'est de pouvoir travailler sur le poste des charges et les consommations intermédiaires, donc le GNR, le gaz, l'électricité, les intrants que je mets sont la grande part de ces consommations intermédiaires. Et donc, c'était vraiment nécessaire de travailler sur ce levier-là pour arriver à plus d'efficacité. Et voilà, c'est comme ça qu'on a lancé le programme. Et alors, est-ce que moi, au quotidien, oui, c'est un petit peu... Enfin, je n'avais pas vraiment d'idée préconçue. C'est la première fois que je pilote un programme C2E. Donc, je n'avais pas forcément d'imaginaire sur ce que je fais. Donc, c'est au quotidien du nouveau, de l'apprentissage. Donc, il n'y a pas vraiment de surprise par rapport à une idée en tête.
- Speaker #0
Donc, si je comprends bien, dès le départ, vous aviez compris qu'il y avait un lien entre le monde agricole et la partie énergie. sobriété, alors ça peut être à travers les carburants, ça peut être à travers les engrais, ça peut être à travers la consommation énergétique et l'idée c'était d'amener une agriculture plus résiliente sur ces sujets là.
- Speaker #1
Tout à fait, le point d'entrée peut être économique, on se dit aujourd'hui un agriculteur il n'a plus vraiment de levier pour travailler sur son chiffre d'affaires parce que les rendements sont en érosion constante depuis 30ème d'année, le prix de vente, la plupart des agriculteurs sont en circuit d'eau donc ils n'ont pas vraiment la maîtrise sur le prix de vente donc qu'est ce qu'il vous reste ? Il vous reste de travailler sur votre poste de charge. Donc, on échange les consommations indirectes et malheureusement aussi le salaire, donc les prélèvements privés que l'agriculteur peut faire pour lui. Donc, nous, on a tout un intérêt à travailler sur ce poste de charge-là pour avoir un peu plus de respiration sur le salaire de l'agriculteur. Donc voilà, ça, c'est l'entrée économique. Et puis ensuite, il y a l'entrée environnementale, la volonté de tendre vers davantage de pratiques agroécologiques. Et en fait, l'entrée énergie est un super point d'entrée pour se poser ces questions-là structurelles sur la ferme.
- Speaker #0
D'accord. Comment vous gérez la pression économique tout en gardant en fait une qualité de service ? Parce que j'imagine que ce sont des fonds qui sont publics pour une partie ?
- Speaker #1
Alors les fonds du programme Fabacé sont privés, ils sont financés par quatre énergéticiens qui nous donnent les moyens de déployer nos actions aux présécuteurs. On n'a pas une contrainte économique comme une entreprise classique au sens où on ne vend pas un service. En revanche, on est très attentif sur l'efficacité de la dépense du programme. chaque euro que l'on verse auprès des bénéficiaires finaux, quel est l'impact réel en matière d'économie énergique, quel est l'effet de levier aussi sur les euros que nous avons à notre disposition. C'est aussi pour ça que dans les modalités de déploiement du programme, on va se déployer auprès de groupes. Parce que quand on s'adresse à une dizaine, une douzaine d'agriculteurs, on arrive à trouver un dénominateur commun sur ce groupe d'agriculteurs. On a du coup davantage de levier, un animateur, pour avoir un peu plus d'impact. Donc cette efficacité-là, elle a été fondamentale quand on a monté le programme.
- Speaker #0
Pourquoi vous avez choisi de participer au salon cette année ?
- Speaker #1
Nous, le salon d'agriculture à Paris, c'est une vitrine. C'est l'opportunité de rencontrer des journalistes, des partenaires, rencontrer nos animateurs, nos agriculteurs qui peuvent passer par là. Donc, c'est vraiment le réseau. C'est de repasser des temps d'échange constructif. Et c'est assez efficace aussi pour nous parce qu'en l'espace de quelques jours, on va retrouver à peu près toutes les participants.
- Speaker #0
Quel message aimeriez-vous que les visiteurs retiennent après être passés sur votre stand ?
- Speaker #1
Déjà, sur la première victoire du programme Fabacé, aujourd'hui, ça fait 18 mois qu'on existe. On a réussi à recruter 3000 agriculteurs. C'est quand même une part importante. On espère avoir un impact réel. Le deuxième message, c'est qu'on est en ligne d'atteindre notre objectif d'économie d'énergie. On s'est fixé pour le programme de 1,29. et au regard de ce qu'on a commencé à faire avec nos agriculteurs, on est bien parti pour atteindre cet objectif global. Et le troisième message, un message vraiment d'action et de confiance, de leur dire, écoutez, les gens qu'on accompagne, ils ont tous en moyenne réussi à s'écrire un plan de match pour améliorer leur pratique et aller chercher 10 à 15% d'économies, d'énergie sur leur ferme par rapport au point de départ. Que vous soyez un agriculteur en grande culture, maraîchage ou un éleveur, que vous soyez en conventionnel ou en bio, En moyenne, on a tous réussi à s'aligner sur cet objectif global d'améliorer le 15%. Et c'est ça qui est très positif. Et là, on commence à rentrer vraiment dans le concret, dans le déploiement réel des leviers. Et on voit vraiment la dynamique qui est enclenchée.
- Speaker #0
Ça s'adresse en fait à toutes les agricultures, aussi bien la vigne, la grande culture, l'élevage, tout ce qui passe.
- Speaker #1
Tout à fait. Toutes les exploitations agricoles qui sont sur les régions sur lesquelles on se déploie, donc plus de 8 régions en France. et que vous soyez en agriculture conventionnelle ou en bio ou en toute situation intermédiaire entre les deux.
- Speaker #0
Donc en fait pour vous la pression environnementale peut être un levier de performance technique et financière pour les agriculteurs.
- Speaker #1
Tout à fait, comme je l'ai dit vous avez l'entrée économique, ok il faut que je travaille sur mon poste de charge, mais travailler sur son poste de charge ça veut dire repenser ses systèmes quand on est une grande culture, repenser ses itinéraires techniques et on tend vers des principes plus sobres. Les deux combats sont... Tout à fait aligné.
- Speaker #0
Quelle innovation vous aide le plus au quotidien à accompagner vos projets et vos porteurs de projets ? Quand je dis ça, je fais référence à l'IA, à de l'analyse, à des outils. Peut-être qu'il y a autre chose que je n'ignore.
- Speaker #1
Je dirais que là, concrètement, sur le terrain, on a pas mal de groupes qui utilisent les outils d'adaptation pour le pilotage de la fertilisation azotée. Donc, tous les systèmes embarqués avec GPS sur les tracteurs, nous, on voit que c'est... C'est vraiment tout de suite des pourcentages très complets qu'on arrive à optimiser. En matière d'évolution technologique, je dirais que c'est ça. Et après, alors, ce n'est peut-être pas une innovation récente, mais la bonne compréhension du fonctionnement du sol via des analyses de sol, des analyses de sève complètes et qu'on arrive à bien interpréter, ça, c'est des mines d'or pour les agriculteurs.
- Speaker #0
Si vous aviez une baguette magique et un vœu à faire pour le monde agricole, ce serait lequel ? OK.
- Speaker #1
Ils reprennent davantage les rênes de son fonctionnement. Comme tout chef d'entreprise, un agriculteur, il soit à peu près maître de sa production, de ses débouchés et de sa structure de cou.
- Speaker #0
Comment vous voyez l'agriculture dans 5 ou 10 ans ?
- Speaker #1
C'est une bonne question. À ma très humble échelle, je vais parler pour le programme Fabassé. Dans 5 ans, le programme Fabassé... J'espère qu'il sera encore opérationnel, accompagnera plusieurs milliers d'agriculteurs en France et sera vraiment en train de montrer une trajectoire d'amélioration de l'efficacité du fonctionnement d'une ferme et qu'au fur et à mesure, on vienne gratter des points d'autonomie, de sobriété, pour avoir vraiment des fermes plus résilientes. Donc voilà, à l'échelle de Fabacé,
- Speaker #0
c'est mon souhait. Je vous remercie pour cette partie et le temps accordé.
- Speaker #1
Merci.