Speaker #0Aujourd'hui, je vous retrouve dans un épisode en solo pour vous parler de Trauma In Form Care. Je vous retrouve juste après le générique du podcast. A tout de suite ! Sur les traces de l'hypogriffe, un podcast où le cheval devient un guide, un compagnon de transformation. Je suis Clotilde, photographe et facilitatrice d'expression entre humain et cheval. À travers mon travail, je crée des espaces où vous et les chevaux pouvez vous rencontrer autrement, là où parfois les mots ne suffisent plus. Mon rôle est de vous tenir l'espace avec douceur et présence, pour que vous puissiez partager un fragment de votre histoire, marquer un passage important, ou simplement vous souvenir d'où vous venez. J'accompagne aussi les indépendants du milieu équestre qui portent des valeurs de cœur, de respect et de sens, à raconter leur histoire à travers l'image et la parole, pour que leur vision prenne forme. et trouve sa voie. Dans ce podcast, on explore la relation entre l'humain et le cheval sous un nouvel angle. Au-delà des techniques, au-delà des traditions, pour retrouver une connexion plus authentique et intuitive. Seul ou accompagné d'invités inspirants, je vous invite à déconstruire nos conditionnements équestres, à questionner nos certitudes et à explorer un horsemanship qui vous ressemble. Un chemin d'introspection, de liberté et de magie. Alors ? Prêt à partir sur les traces de l'hypogriffe ? Bienvenue dans ce nouvel épisode en solo. Je vous retrouve aujourd'hui pour vous parler de trauma informed or straining. Je ne sais pas vraiment comment le traduire en français. On pourrait dire trauma informé, soit en tenant compte des traumas. ou entraînement en tenant compte des traumas, mais ça sonne quand même bien. En tout cas, avant de plonger vraiment dans le vif du sujet, j'avais envie de juste prendre le temps de savoir comment vous alliez. J'espère que cette fin d'année n'est pas trop intense, parce que j'ai vraiment l'impression que, collectivement, on est un petit peu tous plongés dans une espèce d'énergie de fourmilière à la fin de l'année. Comme s'il y avait tout qui s'accélérait, comme si on n'avait pas le temps de respirer, qu'il y avait toujours plein plein plein de choses à faire. Donc j'espère quand même que vous arrivez à trouver du temps pour vous, pour vous faire du bien, pour pouvoir vous déposer. Et puis, comme vous le savez, on arrive à la fin de l'année. Et moi, j'adore, en fin d'année, prendre le temps de faire un petit récap de mon année, tout ce que j'ai vécu, et de préparer l'année qui arrive. que ce soit dans ma vie personnelle ou alors dans ma vie professionnelle. Et j'aime faire un vision board pour chaque nouvelle année, pour chaque nouveau projet aussi. Par exemple, quand je lance une nouvelle offre, j'aime bien vraiment me déposer, puis prendre le temps de regarder l'énergie que j'ai envie d'amener dans cette nouvelle offre. Et puis pour ça, ça m'aide vraiment d'aller chercher des images, d'aller chercher aussi des musiques. pour vraiment me mettre dans l'ambiance de ce que j'ai envie de créer. Donc je vous invite à aller voir sur mon site internet, il y a l'atelier Vision qui est disponible et qui est complètement gratuit. C'est un atelier que je n'ai jamais eu l'occasion de donner en présentiel parce qu'en fait au moment où je devais le donner, où j'ai commencé à le sortir, c'est là où j'ai eu l'accident et donc après j'ai été hospitalisée et je n'ai pas pu le donner en personne. Néanmoins, quand je suis sortie de rééducation l'année dernière, j'ai filmé l'atelier parce que c'était vraiment important pour moi de pouvoir rendre cet atelier disponible à tout le monde. Parce que je me suis rendu compte en fait que parfois les personnes venaient travailler avec moi et avec leurs chevaux, mais elles n'avaient pas forcément pris le temps de se déposer pour savoir où elles voulaient aller, qu'est-ce qu'elles recherchaient. C'est quoi qu'elles avaient envie de ressentir avec leurs chevaux. Et en fait, c'est comme si implicitement elles me laissaient la responsabilité de décider pour elles ce qu'elles allaient faire, ce qu'elles allaient expérimenter avec leurs chevaux. Donc bien sûr, c'est moi qui encadrais les séances qu'on faisait ensemble. C'est moi qui préparais le protocole, tout ce qu'on allait faire, tout ce qu'on allait vivre ensemble. Néanmoins... C'est important pour moi que les personnes avec lesquelles je travaille, elles aient une vision qui leur soit propre et que moi je sois là juste pour les guider ensuite. Mais de m'assurer qu'en fait, ce n'est pas moi qui décide à leur place de ce qu'elles ont envie de vivre avec leurs chevaux. Ça peut être aussi un super bon moment pour pratiquer ce tableau de visualisation ou vision board, comme vous préférez, quand vous sentez qu'à l'intérieur de vous, il y a des choses qui ont changé. que vous êtes en train de vous renouveler en fait, pour vraiment laisser partir ce qui n'a plus besoin d'exister à l'intérieur de vous et accueillir ce qui est nouveau, la nouvelle personne que vous avez envie d'être. Et de vraiment réfléchir à l'énergie avec laquelle vous avez envie d'arriver quand vous êtes auprès de vos chevaux. Parce que je sais que pour moi ça a énormément changé dans les dernières années, notamment en termes d'attente. Je pense qu'avant j'avais énormément d'attente. sur moi-même, sur mes chevaux et des attentes qui étaient liées à du sport beaucoup, à du faire. Aujourd'hui... C'est beaucoup plus lié à un ressenti qu'à des choses qu'on fait ensemble. On aurait dit qu'avant, pour être un peu plus claire, on aurait dit qu'avant j'avais vraiment l'impression que je devais faire beaucoup de choses, que je devais réaliser beaucoup de choses. Aujourd'hui j'arrive à vraiment être remplie, nourrie, même quand on fait peu de choses. Parce qu'en fait ces choses-là je les ressens d'une manière beaucoup plus puissante je pense et intense qu'avant. Donc ça vous donne en fait l'opportunité, cet atelier, de vraiment plonger à l'intérieur de vous, d'aller aussi interroger vos chevaux sur qu'est-ce que vous avez envie de vivre ensemble pour l'année qui arrive. Ou même des fois vous pouvez le refaire en cours d'année si vous avez réalisé tout ce que vous aviez envie de réaliser. Donc voilà, j'avais vraiment envie de vous mettre ça en début d'épisode pour que vous puissiez aller voir. C'est 100% gratuit, vous pouvez le faire en ligne depuis chez vous. bien cosy dans votre canapé ou sur un petit matelas par terre tranquillement avec une bonne boisson, c'est vous qui allez choisir. Tout ça pour en revenir du coup au sujet de l'épisode, puisque vous avez certainement dû le voir passer sur les réseaux sociaux, j'ai donc été certifiée trauma-informed horse trainer. C'est-à-dire que maintenant, en fait, j'utilisais déjà une approche qui était basée quand même un petit peu sur le trauma, surtout dans la dernière année, parce que je pense que mon corps m'a juste amenée à cet endroit-là. Mais je n'avais pas des connaissances sur, par exemple, qu'est-ce qui se passait au niveau physiologique quand il y avait un traumatisme. et surtout Il y a des choses que j'avais repérées chez certains chevaux et quand j'essayais de l'expliquer à d'autres professionnels, c'était très difficile pour moi de me faire entendre parce que souvent, c'était des personnes qui étaient un petit peu figées dans leurs croyances, qui étaient convaincues que si le cheval, quand on met une pression sur le cheval, il est censé répondre, il est censé céder. Et qu'ils n'arrivaient pas forcément à comprendre que peut-être il y avait un autre fonctionnement qui était possible, et que parfois le cerveau en fait il ne nous permet juste pas d'aller à certains endroits, surtout quand il y a eu des traumatismes. Et en fait, le fait de ne pas avoir les connaissances physiologiques pour pouvoir expliquer, ben voilà, il se passe ça dans le corps, donc en fait c'est pour ça qu'il n'est pas capable de faire ce que tu es en train de lui demander, et ça ne sert à rien de t'énerver, ça ne sert à rien de mettre plus de pression, parce qu'en fait... Son cerveau lui interdit d'aller à cet endroit-là, donc c'est juste pas possible. Il y a tout son corps qui est dans un niveau de stress qui est tel, et parfois en fait ce qui est compliqué c'est que ça se voit pas forcément de l'extérieur. Les chevaux ils sont vraiment très doués pour cacher en fait ce qui est stressant pour eux. On sait que c'est des animaux de proie, donc ils ont pas forcément envie de se montrer vulnérables, ils ont pas forcément envie de montrer qu'ils sont dans un état... de panique intense. Et donc parfois, c'était vraiment des micro-signaux, des choses qui sont difficiles à percevoir, mais qui pour moi étaient vraiment tangibles. Et aujourd'hui, en fait, avec cette formation, c'est juste que ça est venu appuyer sur des connaissances et un ressenti que j'avais, mais ça m'a juste aidé à y mettre des mots, à y mettre un cadre. et à me donner aussi une légitimité. Donc qu'est-ce que c'est une approche trauma-informe ? C'est en fait une façon d'approcher le cheval qui va tenir compte que si celui-ci a été exposé à des expériences traumatiques dans sa vie, ça va avoir un impact d'un point de vue neurologique, biologique, mais aussi psychologique. Et en fait, tout ça, ça va résulter à des comportements qui vont être changeants, ou qui vont être différents de ce qu'on a l'habitude de voir, ou des comportements qui vont être dangereux, à la fois pour les chevaux, à la fois pour les gens. Mais en tout cas, ça va résulter à des comportements qu'on a de la difficulté à comprendre, et qu'on va qualifier souvent d'indésirables. Mais en fait, dans cette Ausha, le comportement... Il est vraiment une manière que le corps a eu de s'adapter à une expérience traumatique. Donc c'est vraiment comme ça qu'on va regarder. Et on va vraiment essayer de s'adapter à une expérience traumatique. prendre en compte le cheval, l'individu dans son entièreté. C'est une approche qui existe déjà pour les gens, donc pour toutes les personnes qui ont vécu des traumatismes, c'est vraiment un protocole de soins qu'on va utiliser. La personne avec laquelle je me suis formée, qui s'appelle le docteur Emma Ledbridge, elle essaye en ce moment au Royaume-Uni de faire passer cette Ausha. dans leur espèce de FFE anglaise, pour que ça soit reconnu, pour que ça soit limite la norme aujourd'hui de travailler comme ça avec les chevaux. Parce que vous allez voir, quand je vais vous présenter un petit peu l'approche, en fait, c'est juste du bon sens. Pour les personnes qui m'écoutent, à mon avis, ça va juste vous sembler logique. Néanmoins, quand on propose ce genre Ausha, souvent dans un milieu classique, on nous On se fait souvent pointer du toit comme quoi on est trop sensible, comme quoi on est un peu des chochottes, comme quoi on ne va jamais aller bien loin si on avance à ce rythme-là. Aujourd'hui, les connaissances scientifiques nous permettent de comprendre ce qui se passe dans le corps, ce qui se passe dans le cerveau, pour pouvoir expliquer des comportements. Donc en fait, il n'y a plus d'excuses pour faire différemment. Parmi les différents traumas, on va distinguer en gros trois cases principales, si vous voulez, pour ranger les trois types de traumas qu'on va pouvoir rencontrer. Donc il va y avoir des traumas qui vont être plus ponctuels, plus aigus si on veut dire, des traumas qui vont être chroniques, puis des traumas qui vont être complexes. Donc par exemple, un traumatisme qui va être ponctuel, Ça va être un événement qui va avoir lieu une fois, qui va être très intense mais qui va avoir lieu une fois. Par exemple, le cheval se prend les pieds dans un fil quand vous êtes en train de le faire passer une porte. Il a très peur, il jette les pieds. Il y a quelque chose qui se passe à ce moment-là, il y a un stress intense, très très très intense qui monte dans son corps. Dans le vôtre aussi, j'imagine, si vous êtes à côté. Et ensuite, ça va redescendre. Et en fait, le traumatisme, il va être vraiment localisé, donc à ce moment-là, cet endroit-là, avec ces fils-là. Bien sûr, il pourrait être généralisé, on en parlera un petit peu après. Mais en tout cas, ça va être un événement unique, ponctuel, qui va être à un instant T. Alors qu'un traumatisme chronique, ça va paraître... ça va être quelque chose qui va être beaucoup plus à répétition. Donc par exemple, des chevaux qui ont été longés, et quand je dis longés, je veux dire en fait chassés, qui ont été chassés beaucoup, donc on les a chassés avec la chambrière pour qu'ils aillent toujours plus vite. En fait, ça a été tellement répétitif, parce qu'ils ont été longés tellement de fois dans leur vie, qu'il y a comme une espèce de dissociation qui se fait avec le corps. qui fait que ça va laisser une empreinte qui va être beaucoup plus profonde. Ça ne veut pas dire que les réactions seront plus exacerbées, ça n'a rien à voir, mais en tout cas, ça s'est fait dans la durée, ça s'est fait par la répétition. Un traumatisme complexe, lui, ça va être un petit peu l'association des deux. Ça va être quelque chose qui va... Prendre en compte beaucoup, beaucoup de paramètres. Donc par exemple, si on prend un cheval qui a été affamé, pour qui on ne lui a pas donné de nourriture pendant des périodes données à répétition pendant des années, ça va créer tout un tas de traumatismes qui vont se greffer à ça. Par exemple, ils vont... Il va peut-être se réfugier sur la nourriture quand elle va être là et du coup se fermer complètement à son environnement. Il va y avoir une espèce d'hypervigilance aussi à l'humain à surveiller ses moindres faits et gestes pour savoir quand c'est qu'il va lui enlever la nourriture. Il va y avoir un stress chronique qui va s'installer et ce sera impossible pour ce cheval-là d'arriver à retrouver un niveau de stress normal. Dans son estomac, il va y avoir aussi peut-être... beaucoup plus d'acide qui va être sécrété, ça va créer des ulcères, ça va engendrer peut-être des comportements comme le fait que le cheval morde, que le cheval agresse les humains. En fait, tout ça, ça va être beaucoup plus complexe que si on se disait juste « Ah ben voilà, le cheval mord, il faut traiter ce comportement-là » . En fait, c'est beaucoup plus profond que ça. Un autre trauma complexe, ça peut être... un cheval qui est arraché à son troupeau de chevaux sauvages ensuite qui va être mis dans un endroit avec plein d'autres chevaux il va être très stressé, il y aura des hélicoptères qui vont passer au-dessus, il y en a qui vont être capturés il y en a qui vont être comment on appelle ça, sédatés par pistolets toutes ces choses là, ça représente des traumas beaucoup plus complexes et donc qui vont prendre beaucoup plus de temps aussi à être réhabilité, à ce qu'on retrouve un niveau de stress et une relation au stress qui redevienne saine. Donc en fait, dans une approche comme celle-ci, on va vraiment s'intéresser au corps, au système nerveux. et à ce qu'ils nous disent de l'individu, dans l'instant T. Donc ce n'est pas parce que la veille il se sera passé ça, qu'on va partir du principe que c'est acquis. On va vraiment toujours interroger le corps. Comme le ferait, je ne sais pas, un thérapeute manuel, un masseur par exemple. À chaque fois qu'il vient, il interroge le corps, il ne se dit pas « Ah ben la dernière fois c'était comme ça » . Non, il va regarder, il va aller mettre ses mains, il va vraiment demander au corps comment il se sent aujourd'hui. Là, c'est exactement pareil avec ce type d'approche. On va aussi venir travailler d'une manière holistique, c'est-à-dire qu'on va vraiment prendre en compte, comme je le disais au début, l'individu dans son entièreté, dans sa globalité, dans son milieu. On ne va pas juste s'intéresser à un seul comportement, une seule chose. On va vraiment essayer de regarder très large pour essayer de comprendre au mieux le fonctionnement de l'individu. Pour les humains, le trauma informed care est basé sur six principes qu'on peut totalement appliquer aux chevaux. Quand j'ai rédigé mes écrits pour cette certification, c'était un des exercices qu'on devait faire, d'essayer vraiment de rédiger un écrit où on applique ces six principes-là dans le milieu du cheval et donc aux chevaux avec lesquels on travaille. Donc je vais vous nommer ici ces six principes, puis je vais vous expliquer un petit peu comment moi je le vois, comment je pense qu'on peut essayer de se questionner autour de ça, et comment est-ce qu'on peut les appliquer avec nos chevaux. Donc le premier principe, ça va être le principe de sécurité. Donc avec une personne, quand il y a un trauma, bien évidemment qu'on a besoin de se sentir en sécurité, avec la personne qui nous accompagne, avec les gens qui vont nous aider. Ça me paraît tellement logique quand on le dit comme ça. Je tiens à préciser qu'en fait, même pour les gens, aujourd'hui, ce n'est pas forcément le cas. Quand on subit un traumatisme et qu'on est pris en soin, ce n'est pas forcément le cas qu'on se sente en sécurité, ni écouté par les personnes qui sont autour de nous. Donc c'est vraiment important, pour moi en tout cas, d'aller me questionner quand... Quand j'interagis avec un cheval, un nouveau cheval ou avec une nouvelle personne, d'observer c'est quoi qui lui permet à lui de se sentir en sécurité. Parce que très souvent dans le horsemanship, dans toutes les techniques d'équitation, on va nous parler de la sécurité des humains et bien évidemment que c'est très très important. Mais on va mettre tout un tas de techniques en place en fait pour venir. amener de la sécurité à l'humain, donc chasser les anges, vraiment c'est important que le cheval nous regarde, pas passer derrière, pas ci, pas ça. Mais on ne va jamais se demander qu'est-ce que le cheval a besoin pour lui se sentir en sécurité dans son corps. Parce qu'en fait si on y réfléchit, qu'est-ce qui se passe quand un cheval a un comportement d'agression ? Souvent en fait c'est qu'il se sent menacé. S'il ne se sent pas menacé, il n'y a aucune raison pour qu'il agresse. Il n'y a aucune raison pour qu'il ait envie de fuir à des kilomètres de nous. Donc ça va vraiment être d'aller se questionner là-dessus. Tiens, ce cheval, qu'est-ce qu'il a besoin pour se sentir en sécurité ? Et ça va dépendre. Bien entendu, il y a quand même des fondamentaux qui se retrouvent dans l'espèce, mais ensuite, c'est comme nous. Nous, en tant qu'humains, on va trouver chacun notre sécurité à différents endroits. On ne va pas tous être identiques. Ça sera exactement la même chose pour certains chevaux. Il y a des chevaux qui ont besoin de beaucoup d'espace. Il y a des chevaux qui, eux, ils se sentent plus en sécurité quand ils sont un peu plus confinés. Et là encore, je ne parle pas de les enfermer. Je parle que parfois, ça les rassure d'être un peu contenus. Un petit peu comme les enfants autistes, je me rappelle, quand je travaillais dans ce centre dédié aux enfants autistes en tant qu'orthophonistes. Il y avait des enfants qu'on contenait, qu'on mettait dans des draps, et en fait c'était fou comme ça les apaisait. Il y a des chevaux pour qui la pression sur le corps ça va être apaisant, ils vont juste pouvoir sentir leur propre limite corporelle. Donc c'est vraiment intéressant d'aller se demander. Donc moi à chaque fois qu'on va travailler avec vos chevaux, on va aller questionner ça. On va aller observer, vous allez avoir beaucoup de travail d'observation à faire avec vos Ensuite, il y a le principe de fiabilité et de transparence. Donc c'est exactement comme quand on va voir un médecin, on a envie d'avoir cette relation de confiance, que quand on lui dit non, il nous écoute. Quand on lui dit qu'on a des inquiétudes, on se sent entendue. Quand on lui dit que, je ne sais pas, on a besoin d'une pause dans la rééducation, il nous entend. Puis, je pense que vous l'entendez à ma voix, mais ça sent vraiment le vécu. C'est toutes des choses que j'ai trouvées difficiles à avoir, moi, quand j'étais en rééducation. C'est difficile, en fait. parfois de faire entendre qu'on en est à un moment de notre chemin qui peut être parfois compliqué avec certaines choses. Je vais vous donner un exemple concret, ça sera plus simple. Mais à un moment donné, je devais avoir un plâtre en fait quand on m'a remis la main. Après, on m'a plâtré beaucoup pour pouvoir plier les doigts parce qu'en fait j'avais les doigts qui étaient devenus très raides. Et donc on m'a mis des plâtres et pour enlever ces plâtres, il fallait utiliser une scie. Donc bien entendu c'est une scie qui ne coupe pas, ils vous expliquent que c'est une scie qui ne coupe pas, ils vous font toucher sur l'autre main que ça ne coupe pas. Néanmoins le corps lui se rappelle, c'est même pas votre cerveau, c'est vraiment corporel. Mon corps entier il se rappelait très bien que ma main s'était fait arracher dans une machine et donc en fait rien que le bruit de la scie et les vibrations sur mon bras J'arrivais à contrôler un petit peu, mais au bout d'un moment, c'était beaucoup trop. Et en fait, ça a été très difficile de faire comprendre à la médecin, que j'adore en passant, qu'en fait, c'était vraiment à ce moment-là que c'était difficile. Je n'allais pas rester comme ça. Je vais faire un travail, mais là, on était deux mois après l'accident et ça prend du temps de réparer un traumatisme comme ça. Et en fait, c'est la même chose pour vos chevaux. Quand il y a eu un trauma, sans aller dans les détails, mais il y a des choses vraiment qui se modifient au niveau physiologique et neurologique. Et donc, si on dépasse le stress qu'on peut supporter, on n'est plus dans un état où on peut raisonner, on n'est plus dans un état où on peut apprendre de nouvelles choses. Et en fait, on va juste faire plus de dommages au cerveau. Donc, ça va être de vraiment... construire cette relation de fiabilité et d'être transparent avec nos chevaux, de ne pas essayer de les manipuler avec des outils, de ne pas essayer de transformer, de juste accepter ce qu'ils nous disent, d'accepter leur feedback et puis d'aller à leur rythme. Donc ça, c'est vraiment un principe qui me semble hyper important. Pour moi... En vrai, c'était déjà quelque chose que j'utilisais avant d'avoir fait cette certification-là. Ça me semblait juste être du bon sens et être un bon ressenti, en fait. D'être en lien avec l'autre et ce qu'il est capable de faire à un moment donné. Ensuite, le troisième principe, ça va être le soutien des pairs. Donc ça aussi, je vais prendre beaucoup mon exemple en... en exemple justement, mais quand j'étais à l'hôpital, une des premières choses que les chirurgiens m'ont dit, c'est il faut être entouré, l'entourage ça fait 50% du travail, parce que ça va vous aider à avoir un mental qui vous permet de guérir aussi, parce qu'il y a les blessures du corps, mais les blessures psychiques, elles sont plus longues à guérir, et en fait le fait d'être entouré, le fait d'être soutenu. C'est très important. Et ça, ils avaient vraiment, vraiment insisté lourdement là-dessus. Et en fait, c'est la même chose pour nos chevaux, qui sont des animaux sociaux, qui ont besoin de leurs troupeaux pour vivre, qui ont besoin d'avoir un lien social très fort avec les autres membres de leur famille, même si ce n'est pas forcément leur famille de sang, de la famille qu'on a créée pour eux, on va se le dire, parce que souvent, c'est quand même comme ça que ça se passe. C'est vraiment important. Donc comment on peut matérialiser ça ? Matérialiser ça, décidément, dans l'entraînement, en fait, tout simplement, on va s'appuyer sur les autres chevaux. Donc ça, ça paraît vraiment tout bête, mais c'est encore pas forcément utilisé souvent. Mais quand on va emmener, par exemple, un jeune cheval dans un endroit un petit peu différent de ce qu'il a l'habitude, pourquoi pas s'aider d'un cheval plus expérimenté, qui lui a l'habitude, qui est confiant, qui sait mieux se réguler. Pareil pour des apprentissages, suite à un traumatisme, on peut très bien s'aider d'un cheval qui lui a l'habitude, pour qu'il s'est facile, qu'il se régule très facilement, parce qu'en fait les deux corps vont se mettre au diapason, ils vont vibrer ensemble, et ça va aider le cheval à venir se réguler et à retrouver un niveau de stress qui est gérable. Ensuite, le quatrième principe, ça va être le principe de collaboration et de mutualité. Donc c'est le fait... vraiment de... Quand on fait un protocole de soins, de demander à l'autre. Déjà, moi j'ai eu la posture des deux côtés, si vous voulez, comme j'ai été aussi thérapeute, j'ai aussi eu cette posture de thérapeute que quand le patient ne souhaite pas être aidé, on ne peut pas lui faire la démarche à sa place. Donc c'est vraiment important d'aller lui demander, et c'est la même chose avec les chevaux. C'est important de poser la question. Et parfois, poser la question, ça veut dire avoir des noms. Mais ça ne veut pas dire qu'on ne reposera plus jamais la question. On peut par exemple poser une question, je sais qu'avec Tic Tac il y a certaines questions où on est encore en train de se poser la question, ça fait des années qu'on se pose les questions et la réponse pour l'instant c'est non, et c'est correct. Ça ne veut pas dire que ça ne sera jamais oui, mais ça veut dire accepter la réponse que l'autre nous donne en face. Le cinquième principe c'est le principe d'autonomisation et d'expression et de choix. Donc l'autonomisation dans le soin ça va être le fait de vraiment pouvoir devenir autonome dans... Sa prise en charge, sa prise en soin. Moi, ça a été pour ma main de vraiment faire mes exercices toute seule parce que j'étais motivée, parce que j'avais envie, parce que je voulais voir jusqu'où le corps pouvait aller. Et c'est la même chose en fait pour les chevaux. C'est de leur laisser le choix, mais aussi l'opportunité d'utiliser leur corps comme ils le souhaitent. Donc de leur poser une question et ensuite d'accepter une réponse avec... La manière qu'ils ont de la formuler. Ça ne veut pas dire qu'on ne pourra jamais leur dire « Ah non, là, écoute, j'aimerais autre chose. » Ça ne veut pas du tout dire ça, ça veut juste dire qu'il faut les laisser être autonomes, être en charge de la manière dont ils répondent. Sans vouloir à tout prix avoir une attente sur ce que nous, on a en tête. Je pense, par exemple, en dressage, on va avoir souvent des mouvements en tête. très précis, il y a une façon de bouger qui est importante. Mais en fait, il y a certains corps qui ne sont juste pas capables d'avoir une biomécanique, comme on voit dans les livres. Il y a juste certains corps, ils ne peuvent pas faire ça. Moi, mon corps, aujourd'hui, si on lui demande de faire un chien tête en bas... En yoga, il ne ressemblera pas à celui qu'on voit dans les livres, tout simplement parce que ma main ne me permet pas de le faire. C'est exactement la même chose pour les chevaux. Il y a certains corps, ils ne sont juste pas capables. Ça ne veut pas dire qu'ils ne seront jamais capables. Ça veut dire qu'à l'instant T, ils ne sont peut-être pas capables. Mais si nous, on les force à aller dans une posture qui est trop difficile pour eux, c'est là où on commence à faire plus de mal que de bien, finalement. Et donc... Laissez aussi l'opportunité de choix dans les activités qui sont proposées, dans les lieux aussi qu'ils peuvent explorer. Vraiment se questionner sur c'est quoi les choix qu'ils ont au quotidien. Donc tous ces principes-là, c'est des principes qu'on explore quand on travaille ensemble avec vos chevaux. Donc vraiment, on va aller se questionner sur toutes ces choses-là. Le dernier principe qui est un principe qui est... Je trouve très intéressant, parce que, donc pour les humains, je pense qu'il y a, donc je vais vous le nommer, puis après on en discutera, c'est le principe de la dimension culturelle, historique et de genre. Donc c'est quelque chose qui m'a beaucoup, beaucoup, beaucoup questionnée quand j'étais orthophoniste, justement, à Lyon, parce qu'on faisait un certain type de rééducation avec des personnes qui venaient, qui avaient d'autres croyances, qui avaient d'autres religions, et... Pour qui, ce n'était pas forcément juste, mais on leur imposait quand même ça, sans forcément leur demander si c'était ok avec leurs coutumes, leurs croyances, d'où ils venaient, comment est-ce qu'on pouvait. On n'avait pas ces discussions-là. Et en fait, pour les chevaux, c'est un petit peu la même chose. Ils ont aussi un héritage et ça rejoint un petit peu une dimension peut-être un petit peu plus spirituelle, mais qui, je pense, est beaucoup trop négligée dans notre société. mais de leur place aussi aux chevaux avec lesquels on interagit. C'est quoi leur place dans leur vie ? Qu'est-ce qu'ils sont venus faire dans le monde ? Et puis, évidemment qu'un cheval qui est âgé, il n'aura pas les mêmes besoins qu'un jeune cheval. Un étalon n'aura pas les mêmes besoins qu'une jument. Tout ça, c'est vraiment à prendre en compte. Ils peuvent avoir des fonctionnements qui sont différents aussi. liés à tout ça, liés à leurs origines, liés à leur race, liés à leurs ancêtres et liés tout simplement à leur trajectoire de vie. Et donc je pense que ce principe-là, il est super intéressant à aller se questionner. Donc voilà les six principes. Donc si un jour on est amené à travailler ensemble, à faire des séances ensemble, sachez qu'on va aller vraiment aborder tout ça. On va aller regarder toutes ces dimensions-là du cheval, mais aussi de vous-même. Et puis, ce que je me... J'allais dire ce que je me rends compte, mais ce que ça se dit. Je me rends compte, en tout cas, que quand on respecte tout ça, en fait, on arrive dans un timing et dans un temps qui est beaucoup plus respectueux pour nos chevaux. Et du coup, on a énormément moins de défense. Et on a des corps qui sont beaucoup plus détendus, que ce soit les corps des chevaux, mais aussi des humains. Parce que... Les humains, ils ont changé du coup leur perception, ils ont changé leur manière de regarder leurs chevaux, et ça amène beaucoup de détente souvent. En tout cas, c'est ce que moi j'observe. Je voudrais terminer cet épisode pour vous expliquer enfin les 4 R du trauma in form care. Donc les 4 R pour 4 mots qui commencent par R en fait, et c'est en gros 4... piliers aussi, quatre choses qu'on va intégrer dans notre protocole de soins. Donc on va toujours dans un premier temps réaliser l'ampleur un petit peu du traumatisme faire un état des lieux ensuite on va reconnaître que ce traumatisme s'est peut-être généralisé à d'autres sphères de sa vie que peut-être que maintenant que Je reprends l'exemple des pieds dans le fil, peut-être que ce traumatisme-là s'est répercuté dans plein d'autres sphères, dans des microsphères de la vie de ce cheval. Et peut-être qu'à chaque fois qu'il y a une interaction avec le membre qui s'est pris dans les fils, ça va raviver une certaine mémoire et ça va faire augmenter dans le corps le niveau de stress. Et donc ça sera difficile pour lui de gérer ça. Et de revenir à un niveau de stress qui lui permet d'apprendre et d'expérimenter la vie d'une manière... lucide. Ensuite, on va répondre. Donc, on va vraiment prendre le temps de construire un protocole pour pouvoir répondre à ce qu'on aura observé, ce qu'on aura réalisé, ce qu'on aura reconnu. Et donc, on va construire un protocole avec des techniques très respectueuses qui vont s'appuyer sur Je ne sais pas si en français on appelle ça de la même manière, mais le protocole LIMA, en fait, qui est least intrusive, en gros qui est de partir de ce qui est le moins intrusif pour la personne ou pour les chevaux. Donc le stimulus qui va être le moins intrusif pour l'autre, qui va venir moins déclencher le traumatisme. Je ne sais pas si ça existe en France, en tout cas en anglais c'est le lima. De toute façon j'aurai l'occasion de vous en reparler un petit peu plus parce que j'ai vraiment prévu d'inciter, même sur mes réseaux sociaux et sur ma plateforme Patreon, j'ai vraiment prévu de vous faire des vidéos plus théoriques pour vous apporter un petit peu plus de connaissances à ce niveau-là. Une fois qu'on aura répondu avec un plan d'entraînement, un plan de rééducation, on va aussi s'assurer, le dernier R c'est résister à la retraumatisation. Je ne sais pas du tout si retraumatisation ça existe, mais en tout cas c'est comme ça que je l'ai traduit. On va vraiment essayer de ne pas recréer de traumatisme par-dessus. C'est pour ça que tout ce qui va être souvent le fait d'augmenter la pression quand un cheval... ne nous donne pas ce qu'il veut. Finalement, souvent, on va juste créer de nouveaux dommages dans le cerveau d'un cheval qui a déjà subi des traumatismes. Donc, voilà, je ne voulais pas faire un épisode trop trop long par rapport à ça, mais ça me semblait important de venir vous en parler. C'est quelque chose qui m'anime énormément depuis... depuis quand même... Ça doit faire trois ans que je commence à travailler comme ça, mais ça s'est intensifié depuis janvier 2024, vous pouvez vous en douter. Avec l'accident, j'ai eu accès à une toute nouvelle compréhension du traumatisme parce que je me suis rendu compte que le traumatisme de ma main, oui, c'est un trauma physique, mais le pire, ça a été ce qui a découlé de ça. Et les interactions avec des personnes qui ont été traumatisantes à ce moment-là, liées à ce traumatisme de la main. Donc ça a été plus des choses qui peuvent sembler anodines à d'autres personnes, ça a été plus ça qui est venu, vraiment appuyer sur quelque chose de traumatique que le fait d'avoir la main arrachée en tant que telle. Et donc c'était vraiment important pour moi d'aller chercher l'information pour pouvoir... expliquer aux gens que pour les chevaux, c'est la même chose. Parce que jusqu'à maintenant, j'avais l'impression que les personnes avec lesquelles j'interagissais, tant que le cheval n'avait pas été battu à mort, il n'y avait pas de traumatisme. En fait, ça n'a pas besoin d'être aussi grave. En fait, c'est aussi grave, mais parfois c'est moins visible, c'est moins obvious. Comment dire en français ? C'est moins genre... Ça saute moins aux yeux. Il y a des traumatismes parfois qui sont beaucoup plus sournois, qui sont beaucoup plus insidieux. Voilà, j'espère que cet épisode vous aura plu. Je vous invite à le partager si ça a résonné avec vous, ou à venir me faire un retour en message privé sur Instagram ou à m'écrire un mail. Et puis sachez que je vais rouvrir des créneaux d'accompagnement à partir du mois de janvier. normalement. Donc si ça vous intéresse, n'hésitez pas à m'envoyer un message pour qu'on commence à réserver vos sessions. Voilà, je vous souhaite de très belles fêtes de fin d'année. Je ne pense pas qu'il y aura d'autres épisodes avant l'année prochaine. Donc prenez bien soin de vous et profitez. Prenez du temps pour vous, prenez du temps pour vos chevaux et voilà, c'est tout. Je vous fais des bisous, à très vite.