Speaker #0bonne écoute ! Vous venez de prendre la parole, dans une discussion ou face à un public. Vous êtes entouré de votre famille, de vos amis ou de vos collègues, ou bien de gens inconnus. Vous avez fait entendre votre voix. Vous vous êtes exprimé sur un sujet banal, sur un sujet important. Quelque chose de futile, quelque chose qui compte à vos yeux. Vous avez donné votre avis, votre pensée. Vous avez exposé vos connaissances, proposé une réalisation. Vous avez montré l'un de vos talents ou une nouvelle compétence. Vous avez énoncé un rêve, un projet. Vous avez dévoilé une partie de vous-même. Et désormais, vous voilà exposé au regard de l'autre. Vous avez pris votre espace, et maintenant, il vous revient de rendre la place à la critique. La critique est là. Vous sentez sa présence. Elle est là. Elle a tout observé. Elle attend juste son moment, son bon moment. Alors qu'à cet instant précis, rien n'est encore dit. Tout n'est qu'espoir et hypothèse, tout n'est que crainte et antithèse. Il reste encore une ultime seconde, avant que votre attention se détache de tout le reste, pour se poser sur elle et rien que sur elle. Car désormais... La parole est à l'autre, que vous l'ayez sollicité ou pas. 3, 2, 1, la critique tombe. Et l'univers tout entier semble s'attendre à ce que vous soyez en capacité de l'accueillir comme il se doit. Seulement, qu'elle soit juste ou arbitraire, agréable ou lapidaire. La critique laisse rarement sans réaction. Elle surprend, elle percute, ou parfois même, elle confirme. En une réplique, un geste, une note, la critique évalue, pour répondre aux besoins d'approbation. Quelle valeur nous donnons aux autres ? Quelle valeur avons-nous ? aux yeux des autres. Quelle valeur donnons-nous à nous-mêmes ? La critique, cette observation plus ou moins objective, plus ou moins approfondie. La critique, celle qui valide, celle qui encourage, celle qui récompense. Car c'est aussi ça la critique. Cette évaluation, qui inclut ou exclut du groupe, cette phrase qui anéantit nos croyances, cette note qui évalue nos aptitudes acquises ou pas à entrer dans les cases, les normes, les attentes. La critique est un monstre. Où serait-elle autre chose ? Un mot par exemple ? Prenez le temps d'épler chacune des lettres de ce mot, et de les observer comme des objets, pour les voir autrement. C, R, I, T, I, Q, U, E. Alors c'est vrai, la critique est un mot qui nous permet de nommer l'appréciation d'une situation selon une grille de lecture établie. Seulement, lorsque notre attention se met en état d'alerte face à la critique. C'est pour observer ce qui se propose, car la critique est factuelle, comme une image. Dans ce cas, si nous pouvions voir en photographier la critique, que pourrions-nous observer dans ces détails ? Et si la critique est par principe une appréciation approximative, une affirmation basée sur une demi-vérité ? La critique ne sait pas tout. La critique est une déduction, le résultat d'un raisonnement basé sur ce qui a été capté, dans l'inconscience de ce qui a été omis. Donc, la critique est une conclusion incomplète, puisqu'elle ignore ce qu'elle ne connaît pas. Dans ce cas, est-il possible pour vous de regarder la critique comme une réflexion incomplète ? En plus, la critique ne voit pas tout. La critique pointe un élément qu'elle extrait de son ensemble, comme si un détail pouvait constituer un tout à lui tout seul. Donc, la critique est un regard avec des œillères, puisqu'elle tient rarement compte du contexte, de ce qui se passe autour, de ce qu'elle regarde. Dans ce cas, est-il possible pour vous d'observer la critique ? comme une réflexion limitée. D'ailleurs, la critique n'explique pas tout. La critique observe le résultat sans tenir compte du raisonnement. Elle n'interroge que très rarement l'intention ou les circonstances qui accompagnent certains choix ou certaines actions. Donc, la critique se fonde sur le résultat pour décider de ce qui est réussi et de ce qui ne l'est pas. Dans ce cas, vous est-il possible de considérer la critique comme une expression d'arrogance ? Et puis, la critique ne fige pas tout. La critique s'inscrit dans un temps précis, en réponse à un élément, une situation. Elle se modifie parfois, avec le temps. Donc, la critique est inconstante, elle n'est pas fiable, ou plutôt, elle est relative. Dans ce cas, est-il possible pour vous d'envisager la critique comme un avis qui peut changer ? Et à la fois, la critique est une voie d'apprentissage. La critique exprime une attente en allant à l'essentiel. Elle ne cherche pas l'approbation. Elle n'attend rien en retour. Donc, la critique est libre. Elle sait prendre sa place sans se soucier de ce qui se passe. Dans ce cas, est-il possible pour vous d'accueillir la critique comme une invitation à se délester des faux-semblants pour rechercher le vrai, pour être, au lieu de paraître ? Et si la critique... Et le moyen de valider par les autres, par soi-même, des choix, des actes, des propositions réalisées dans le but de rester en confiance. Parce que même si elle ne sait pas tout, car elle peut se montrer incomplète, même si elle ne voit pas tout, puisqu'elle peut se montrer limitée, même si elle n'explique pas tout, puisqu'elle peut se montrer arrogante, Même si elle ne fige pas tout, puisqu'il peut lui arriver de changer, la critique est une ressource. Elle nourrit l'image, la vitrine, la carte de visite que chacun vend à l'autre pour pouvoir trouver sa place, pour pouvoir exister dans ses yeux. La critique n'est pas un monstre, d'autant plus que le plus souvent, Si les mots retiennent l'attention, c'est aussi lié à la personne qui les énonce. Et dans ce cas, ce n'est plus le propos dont il est question. Et ça, c'est un autre sujet. La critique, c'est juste un mot aux multiples facettes. Car rien n'est figé. Et voilà, la partie réflexion touche à sa fin. Si le format vous plaît, vous pouvez partager l'épisode, laisser une note sur votre plateforme préférée et surtout, continuer d'explorer d'autres mots. Car n'oubliez pas, un mot, ce n'est qu'un mot. Ce n'est donc pas son orthographe qui en fait sa valeur. C'est le regard que vous portez dessus. Je suis Félicie Nefmorera et j'ai créé, monté et réalisé de toutes pièces cet épisode. Alors, à bientôt ! Sophro'réflexions, le droit au nouveau regard.