- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans ce nouvel épisode de Soul R'n'B Diaspora. Le rendez-vous est noté dans l'agenda. Tous les jeudis matin, une bonne dose de Soul de R'n'B. Je m'intéresse à cette musique et je vous explique un peu les grands courants, les divers artistes qui ont marqué cette musique, mais aussi les concepts... qui ont émergé et puis comment cette musique a évolué. Alors je suis Doba, votre sélecteur, DJ, collectionneur de disques, et aujourd'hui, le sujet est assez simple, c'est le Quiet Storm. Alors je vais vous expliquer ce que c'est, comment ce concept est né dans les années 70, et vous verrez que vous en avez sans doute déjà entendu et même écouté. Et puis je vous donnerai aussi quelques artistes emblématiques et je vous expliquerai aussi comment cette musique, ce concept de Quiet Storm, a évolué au fur et à mesure des décennies. Mais avant de démarrer, n'oubliez pas, je le répète à chaque fois, Soul R'n'B Diaspora est un podcast indépendant, donc n'oubliez pas de vous abonner à la chaîne, quelle que soit la plateforme sur laquelle vous nous écoutez, et puis de mettre, j'allais dire un pouce, en tout cas de noter le podcast, puisque ça aide énormément au niveau du référencement. Maintenant, place au Quiet Storm. L'origine de cette appellation, que l'on pourrait même qualifier de concept musical, provient du chanteur soul Smokey Robinson. En 1975 paraît son troisième album chez Tamla Motown intitulé A Quiet Storm, avec un titre éponyme, un slow splendide qui respire la sensualité. Il faut rappeler que Smokey avait quitté le groupe The Miracles quelques années plus tôt et qu'il avait sorti deux premiers disques plus tôt au quelconque. Mais ce troisième opus... va lui permettre de s'émanciper et de revitaliser sa carrière solo. Le premier single extrait du disque, « Baby's at Bat-Chata » , est plutôt un hit disco, mais l'intro de l'album, « A Quiet Storm » , que l'on pourrait traduire par « Tempête tranquille » , retient l'attention du public. Smokey Robinson ne le sait pas encore, mais il vient de redéfinir tout un pan de la musique soul.
- Speaker #1
Soft and warm, a quiet storm, quiet as when flowers talk at break of dawn, break of dawn. Through all the seasons, let it pour and never stop Quiet storm flowing Come on now
- Speaker #0
Ce qui accroche tout de suite les masses dans cet opus, c'est son côté cool, cette alchimie entre le côté zen et posé. Le Quiet Storm apporte une forme de sérénité, met l'accent sur les compositions et la voix, et aborde les thématiques adultes. En résumé, le genre d'ambiance qu'on aime écouter en fin de journée pour se relaxer ou pour partager des moments avec sa moitié. Cette balade va donner son nom à une émission de radio, The Quiet Storm, diffusée sur la station WUR-FM à Washington en 1976. Cette émission, soutenue notamment par Cathy Hughes, alors directrice commerciale de la station et présentée par Melvin Lindsay, un étudiant de l'université de Howard va compiler dans son show, beaucoup de titres dans cet esprit. Pour préparer ses playlists, il va puiser dans le répertoire soul et R&B des années 50, 60 et début 70. Et là, le succès est immédiat. L'émission séduit Washington et sa région, notamment la communauté afro-américaine urbaine. Et face au succès de l'émission, le genre va se démocratiser et se diffuser à grande échelle aux Etats-Unis. Par exemple, La radio de San Francisco, KBLXFM, va passer à un format Quiet Storm 24h sur 24 en 1979 ou encore WBLSFM, l'ACA New York ou Qt à Los Angeles, qui au début des années 80 vont adopter le concept en élargissant le répertoire à de la pop, du jazz fusion et de la musique internationale. Voici pourquoi Melvin Lindsay, l'animateur radio de The Quiet Storm, est considéré comme l'influenceur. majeur de ce style, une sorte de précurseur. Mais aussi Cathy Hughes, dont je parlais précédemment, devenue une entrepreneuse et dirigeante d'entreprise, notamment dans les médias. Alors je sais qu'en France, elle n'est pas forcément reconnue, mais on pourrait la comparer à Ofra ou Imfray, par exemple. Et pour vous donner un ordre d'idée, on considère que l'émission créée par Melvin Lindsay a généré près de 500 émissions de radio avec cette thématique Quiet Storm sur tout le territoire américain. C'est la raison pour laquelle ce genre fait partie intégrante de la culture musicale américaine. Avant d'explorer les caractéristiques et les artistes emblématiques, revenons à l'album de Smokey Robinson, A Quiet Storm. Smokey enfonce le clou avec le deuxième titre du projet intitulé Agony and Ecstasy. Mais plutôt que de vous passer Mr Robinson une seconde fois, je vous propose une reprise absolument scintillante de Malik Malo, paru en 2019, Cette dernière est présente sur l'album Chicano Soul Shop, volume 1 de Danny Trejo. Je fais bien entendu référence au Danny Trejo, l'acteur, connu notamment pour ses rôles dans Hit ou encore Machete. Il a produit cette compilation en 2019 donc, composée de nombreuses reprises, excellentes par ailleurs, et celle de Malik Malo ne fait pas exception.
- Speaker #1
C'est incroyable, l'amour. Comment les deux mondes s'équilibrent. Comment je me sens dans votre vie ? How did you get into my life ? I belong to someone else we know Back when first we met Oh, we thought for fun One night together, my
- Speaker #0
For the ecstasy, for the ecstasy Agony and Ecstasy by Malik Malo et pour les plus curieux, vous retrouverez la version originale de Smokey sur l'album de 76. Maintenant si on s'intéresse aux caractéristiques principales du Quiet Storm, le style est fortement imprégné de la soul, du R'n'B de ses débuts jusqu'à la fin des années 70. Par extension, au fil des années, je pense notamment aux années 80, les programmateurs radio ont incorporé les slow jams à ce genre musical. Vous savez, ces balades parfois plus synthétiques qui sont apparues sur les albums funk durant les années 80, puis les albums R&B des années 1990. La thématique, j'allais dire les thématiques abordées dans ces morceaux, eh bien évidemment, il y en a beaucoup pour les relations amoureuses, que ce soit pour les chanteurs ou les chanteuses, mais aussi les événements de la vie et des réflexions plus profondes sur le temps qui passe, le monde qui nous entoure. Je pense aussi à l'écologie, notamment au titre de Marvin Gaye, Mercy, Mercy Me. Eh bien, ces thématiques font qu'elles attirent un public plus mature. Le Quiet Storm va connaître son âge d'or de la fin des années 70 jusqu'au début des années 90, puisque le genre va être détrôné par le hip-hop dans la culture urbaine afro-américaine. Il faut préciser que le Quiet Storm va évoluer lors des 90's en accordant plus de place au smooth jazz, un courant qui reprend quelques codes et ou instruments du jazz, comme le saxophone ou la trompette, en les associant au R&B ou à la pop des 90's. Alors certains fans de la première heure vont parfois se détourner de ces morceaux parce qu'ils vont considérer que c'est un peu trop lisse ou trop pédulcoré. Et vous entendrez parfois le même discours de la part des puristes du jazz Comme si finalement cette fusion n'était pas assez bien ni pour le R'n'B ni pour le jazz. A titre personnel, j'ai été fan de cette évolution, mais en tout cas si vous vous connectez à une station de Quiet Storm, vous aurez sans doute 3 à quelques titres dans cette veine, comme celui de Mike Phillips intitulé If It Takes A Night. Passons maintenant aux artistes emblématiques du Quiet Storm et en premier, je suis obligé de citer Ausha, tant ce groupe synthétise à lui seul le concept même du Quiet Storm. Un son caractéristique, des compositions planantes qui prennent leur temps, sans oublier la voix suave et sensuelle de Ausha Haddou, et bien forme un cocktail imparable. Parler de Quiet Storm, c'est aussi et surtout évoquer des artistes tels que Luther Vandross, à qui j'ai consacré un épisode au mois de février dans Soul RnB Diaspora, mais aussi Anita Baker, Barry White, Lionel Arici, Tony Braxton, Smokey Robinson ou encore Sean Temour. Et j'évoquais tout à l'heure les thématiques abordées dans ces morceaux, qui sortent un peu du cadre, et, à mon sens, Feel No Pain de Ausha résume exactement le Quiet Storm. Dans ce titre, Ausha explique que toute sa famille a été licenciée, son frère, son père et sa mère, et qu'il galère à retrouver du travail depuis deux ans. Conséquence, ils se retrouvent tous les trois à la maison à écouter du blues et accumuler de la rancœur. Face au manque de solutions, Ausha s'adresse à Dieu et lui demande de venir en aide à sa famille. Nous sommes face à des doutes, des questionnements, des réflexions, des croyances et de la profondeur. On est donc loin des thématiques qui sont parfois abordées dans la pop ou le hip-hop. Johnny Gill. Du côté des playlists, j'ai noté dans l'épisode du jour quelques titres représentatifs du Quiet Storm. Je pense notamment à Caught in a Rapture d'Anita Baker, c'est presque un passage obligé, Always and Forever de Luther Van Ross, ou encore Let's Get It On de Marvin Gaye, mais je vous noterai tout ça dans la description de l'épisode du jour. Enfin, pour les néophytes qui souhaiteraient s'initier au genre, The Quiet Storm Radio est une excellente entrée en la matière, puisque cette dernière diffusent en continu des morceaux dans cette atmosphère. Sachez également que Quai de Souhait anime régulièrement une émission intitulée The Souhait Hotel qui diffuse du Quiet Storm. Là aussi, vous retrouverez toutes les infos sur Internet. Et pour ceux qui voudraient encore aller plus loin et lire la Bible de ce genre, je vous recommande The Quiet Storm, The Historical and Cultural Analysis of the Power, etc. écrit par Armani Roberts. Là, c'est paru chez Woodside Media Group. est sorti récemment en février 2025. Alors attention, car c'est une édition uniquement en anglais. Et puis, pour poursuivre l'initiation au Quiet Storm, je vous annonce que les deux prochains épisodes seront des mix, afin de vous donner un aperçu de la richesse de cette thématique. Nous nous quittons donc aujourd'hui avec un titre emblématique, « I lay brothers, don't say goodnight » . D'ici là, portez-vous bien, n'oubliez pas de vous abonner au podcast, de le noter, de le partager, Et on se retrouve jeudi prochain pour un nouvel épisode de Soul R'n'B Diaspora. Bye bye !
- Speaker #2
Hey hey baby, don't say goodnight, when you know, it's time for love. Most of the people say that love is for the giving, so let me love you girl, yeah.