- Speaker #0
Et bonjour tout le monde, bienvenue dans le podcast Système 42. Salut Proto, est-ce que tu peux initier l'épisode s'il te plaît ?
- Speaker #1
Pensatif de connexion, accès au secteur R12 autorisé. Autocall Système 42 activé. Je suis Proto, votre intelligence artificielle. J'initialise une nouvelle session. Bienvenue à vous archivistes.
- Speaker #0
Alors salut, nous sommes en présence de Younoot. Salut Younoot !
- Speaker #2
Hello !
- Speaker #0
Salut Pierre, comment ça va ?
- Speaker #2
Ça va très bien, merci. Et toi ?
- Speaker #0
Et coucou Montaigne, comment tu vas ?
- Speaker #3
Super bien, très contente d'être avec vous.
- Speaker #0
Top ! Eh ben on va pouvoir passer à la suite. Est-ce que Proto tu peux initialiser la partie news ?
- Speaker #1
Phase 1, le bruit des données. C'est l'heure des actualités récentes. Archivistes, soumettez vos signaux.
- Speaker #0
Donc on commence par cette super partie news. Est-ce que Younoud, tu as quelques éléments à nous présenter ce mois-ci ?
- Speaker #4
J'en ai un qui résout un problème bien pratique. On s'est retrouvé plein de fois à récupérer des fichiers sous forme de tableaux d'octets. qui nous arrivent, qu'on reçoit par API, par exemple. Et une des questions qu'on se pose pour continuer le traitement, c'est de savoir quel est le format de la donnée qu'il y a derrière. Jusqu'à présent, on a pu avoir des approches qui étaient basées sur des librairies existantes comme LibMagic ou LibMagic, qui est déjà dans l'écosystème Python et sous Linux, etc. Sauf que cette librairie est un peu vieille et n'a pas de très bons résultats de détection, donc de qualification de quel est le type de contenu, à savoir si c'est du PDF, si c'est un exécutable, si c'est une image, etc. Et là Google, la news de ce mois-ci, c'est que Google a fait une release majeure en 1.0 d'une librairie qu'ils ont open sourcé, qui s'appelle Magica. Original. Original, oui. Et en fait, cette libe, elle a des résultats de très, très bons résultats. Ils ont même écrit un papier de recherche sur la validation qu'ils ont pu faire. Donc ils sont à plus de 90%, presque à 90% de bonnes détections. Et donc c'est comment ils ont résolu le problème ? Ils ont résolu le problème en entraînant un petit modèle de classification. et qui prend en charge, on va dire, plusieurs centaines, je crois, de formats, de fichiers différents. Donc avec des résultats très très très bons. Tout ça en open source, ça s'exécute sur CPU. On n'a pas besoin d'avoir une infra de malade pour faire tourner le système. Et donc ça va être quelque chose qui est une première version de cette librairie. Il faut dire qu'elle existe déjà depuis 2024. Mais là, il y a eu un update majeur ce mois-ci. Et donc ça peut être intégré par exemple dans des logiciels comme des antivirus, ça peut être intégré dans des logiciels métiers, ou dans des logiciels qui font du traitement de données par de l'IA, où justement on a besoin de cette classification de contenu avant, du type de contenu avant. D'accord.
- Speaker #0
Ok, est-ce que tu as d'autres choses à nous présenter ?
- Speaker #4
Non, je vais le garder pour le sujet de plat de résistance. Il y a une news dedans.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #4
Voilà, je fais du teasing.
- Speaker #0
Allez, je vais enchaîner avec Montaigne. Est-ce que je ne vais pas donner la parole en première tout à l'heure ?
- Speaker #3
Si tu veux, ça marche. Alors moi, j'ai sélectionné... Moi, j'ai deux news. Une, c'est juste parce que ça m'a saoulé. Enfin, ça m'a saoulé. Oui, un peu quand même. Je suis potentiellement... Comment dire ? Victime d'un biais dans un algo. Je ne sais pas si vous l'avez vu passer, mais c'est que moi ça n'arrête pas de passer sur mon fil LinkedIn, sur le fait qu'en fait potentiellement les postes de femmes sont moins mis en avant que ceux des hommes. Et donc c'est sorti il y a un mois aux US et avec des nanas en sociologie etc. qui ont monté un petit setup de test en disant si je change mon genre et puis mon nom sur LinkedIn avec le même poste qu'est-ce que ça donne ? Et donc ils font des fois 3, fois 4. Donc, maintenant, je vois les postes de femmes en France qui font la même chose, qui font des tests.
- Speaker #5
D'accord.
- Speaker #3
Et je me suis dit que j'allais peut-être essayer sur mon compte. Bon, je ne me suis pas motivée à ce point-là. Et puis surtout, j'attends de voir s'il y a plutôt une analyse un peu plus scientifique du machin. Ou que LinkedIn dise « Ah tiens, on a fait un nouveau update de l'album » . On ne vous dit pas ce qu'il fait, mais peut-être que…
- Speaker #0
Oui, si les voix montent un peu, je pense qu'ils vont réagir. Mais du coup, tu es obligé de sélectionner un genre, en fait, sur LinkedIn ?
- Speaker #3
Ouais, il y a un genre sur LinkedIn.
- Speaker #0
D'accord, et tu peux pas mettre, ok, nom défini ?
- Speaker #3
En tout cas, ceux qui ont fait les essais, là, ils ont changé et le genre et le prénom. Donc on se retrouve avec, je sais pas, ma titre qui s'appelle Martin, quoi. Je pense que ça se base peut-être aussi sur... Ah,
- Speaker #0
le prénom également. D'accord, il y a carrément une analyse du prénom. Alors du coup, j'imagine que des prénoms un peu mixtes me demandent comment ça doit se passer. Mais du coup, parce que là, tu nous as dit qu'il Ils avaient recréé des comptes en changeant le nom, le prénom et le genre ? Non,
- Speaker #3
sur le même compte, parce que comme ça, ils ont le même nombre d'abonnés. En gros, par exemple, ils repostent le même post qu'ils avaient fait la semaine d'avant, à la même heure, le même jour, parce qu'on sait que c'est un peu la magie de l'algorithme, où tu ne sais pas si quand tu postes le matin ou le soir, ça change quelque chose ou pas. Donc là, ils ont essayé de remettre toutes les autres conditions à l'identique, donc sur le même compte, sur lequel ils ont juste changé le genre et le prénom.
- Speaker #0
Ok, incroyable que ça existe encore.
- Speaker #3
Et donc, il y a plus de... x4 sur le nombre de vues. Après, il y a plus de commentaires. Ça engendre tout et mieux derrière.
- Speaker #0
On est d'accord que ça priorise à cause de l'algodia. Je n'imagine pas que ça a été codé en dur. Tiens, si c'est femme...
- Speaker #3
C'est peut-être juste le setup d'entraînement. Je pense que ça doit être les conditions d'apprentissage de l'algo qui ont dû en générer ce biais. Ça, c'est de la supposition de ma part. Derrière, il faudra aller voir un peu plus ce qu'il ressort. Évidemment, ils ne communiquent pas sur le sujet. parce qu'ils se font taguer sur tous les posts ou des nanas qui essayent.
- Speaker #5
Wow, ça serait très sale. Ah ouais ?
- Speaker #3
Donc ça c'était la petite news réseau sociaux. Et la deuxième, un peu plus dans mon domaine à moi, c'est sur des chercheurs qui cherchent un vaccin. Là c'était le Mpox, ce qu'on appelait avant la variole du singe. On l'appelle la variole du singe parce que le vaccin de la variole fonctionne... plus ou moins, sur cette maladie. Et donc là, en fait, ils ont utilisé une approche en gros de recherche de vaccins, mais qui est inversée par rapport à ce qu'on fait d'habitude grâce à l'IA. Donc je trouvais ça super intéressant parce que ça donne des perspectives scientifiques de recherche qui sont vraiment sympas. Donc en gros, pour vous expliquer le concept, d'habitude, pour créer un vaccin, on part du pathogène, la maladie, le virus, la bactérie. On l'analyse, on regarde... à quoi c'est fait, qu'est-ce qu'il y a à la surface genre quelle protéine etc pour aller repérer ce qui est spécifique à ce virus là et puis pour se dire maintenant si je balance juste cette protéine dans l'organisme l'organisme va apprendre à le reconnaître, à se battre contre et quand il y aura la vraie maladie il sera déjà entraîné pour réussir à se battre contre cette maladie retrouver cette protéine qu'il soit spécifique c'est vraiment pas simple et donc là en fait ils sont partis dans l'autre sens c'est-à-dire maintenant avec les moyens de l'IA et bien ils ont pris des gens qui étaient infectés par cette maladie, le mpox. Ils ont sorti tous les anticorps, donc anticorps, tout ce qui permet de repérer une maladie qui était dans le corps de ces personnes-là. Mais depuis que les anticorps, on en a contre toutes les maladies. Donc si les gens ont 20 ans, ça fait 20 ans de maladie dans le sang. Et à partir de ces milliers d'anticorps, ils ont fait des regroupements. Ils ont demandé à l'IA de rechercher derrière pour remonter à l'envers et à partir de tous ces anticorps-là, identifier quelle est la partie du virus qui a été reconnue et puis permettre de créer directement le vaccin. Donc en gros, avant on cherchait le virus, ça donne l'antigène puis l'anticorps et là maintenant on part de l'anticorps et puis hop, on recherche l'antigène optimal. Et donc ça veut dire que ça a plein de potentiel au niveau de la médecine pour se dire comment trouver un vaccin de façon plus efficace, plus rapide parce qu'en plus, plutôt que de faire de l'essai-erreur avant où on se disait tiens ça doit être cette protéine-là, je teste et je vois ce que ça donne là on part d'un truc qui marche déjà et puis on va le remettre dans un vaccin. Et donc voilà, je trouvais ça super cool de se dire que l'IA, ça nous permet aussi de traiter quand ça a des grosses masses de données pour trouver quelque chose d'interprétant.
- Speaker #2
Concrètement, ça peut faire gagner vachement de temps pour trouver les vaccins à beaucoup de maladies en fait.
- Speaker #3
Oui, c'est ça. Ça fait vraiment gagner du temps potentiellement. En gros, là, je regardais un petit peu, ça peut être quelques mois plutôt que quelques années avec ça. Quand on s'est battu au Covid en disant qui va être le plus rapide.
- Speaker #0
C'est même très ciblé parce que là, en fait, comme il remonte la chaîne, dans l'autre sens, quand on observe, on met une maladie et puis on observe ce qui se passe. Là, en fait, on cible directement quelque chose de très précis pour créer le vaccin qui est adapté juste à cette petite partie-là.
- Speaker #3
Oui, et en plus, même là, par exemple, dans l'exemple du Mpox, ils sont tombés sur une protéine auxquelles ils n'auraient jamais pensé par eux-mêmes. Ils sont tombés sur quelque chose dont eux, ils n'ont pas l'habitude d'aller chercher sur ce type de protéines.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #4
Je voulais juste dire que le prix Nobel de chimie qui a été donné à Zabis, qui est un grand scientifique mais qui est aussi le président de Google DeepMind, c'est pour ses travaux sur AlphaFold, qui est en fait un outil d'IA, c'est une IA qui sert à faire du pliage de protéines, du folding pour trouver justement des protéines. On imaginait que ça allait avoir un impact phénoménal au niveau de la santé, justement pour trouver ces nouvelles protéines. Après, je ne sais pas s'ils ont utilisé AlphaFold dans ce cas-là. Je ne sais pas si tu as pu voir.
- Speaker #3
Non, je n'ai pas vu. Question pour la prochaine fois. Ça marche.
- Speaker #4
Tu es juste...
- Speaker #0
Donc tu seras notre spécialiste santé, c'est ça Montaigne ? Oui, c'est ça. Et Pierre, de quoi es-tu spécialiste ? Quelles news tu veux nous partager ?
- Speaker #2
Ce n'est pas forcément dans mes spécialités, mais ce sont deux petites news que j'ai vues qui ont tenu un peu mon attention. La première, c'est iRobot, la boîte qui faisait les Roombas, les robots aspirateurs, qui a fondu les plombs en fait, simplement.
- Speaker #0
Non, iRobot, c'est un film avec Will Smith.
- Speaker #2
C'est vrai aussi. Pas de rapport direct, je pense.
- Speaker #0
Avec le robot aspirateur ?
- Speaker #2
C'est ça. En fait, c'est une boîte qui a été créée en 90 par des gars du MIT et qui sont quasiment les premiers à avoir créé des petits robots aspirateurs qu'on connaît tous.
- Speaker #0
C'est si vieux que ça ! En 90, il y avait déjà des tentatives de robots aspirateurs. Ça arrivait chez nous quand ? En 2010 ou 2015 ? Non,
- Speaker #2
je pense que ça fait plus que ça.
- Speaker #3
En 2010, j'en avais un déjà.
- Speaker #0
Ah oui ? J'ai l'impression que c'est récent. D'accord.
- Speaker #2
C'est une boîte qui a été valorisée en 2021 à 3,56 milliards de dollars, ce qui n'est pas rien. Les actions étaient à 133 dollars et aujourd'hui elles sont passées à 0,83 dollars.
- Speaker #0
En même temps, si je ne dis pas de bêtises, ces robots-là, ils coûtent une blâme.
- Speaker #2
Oui, c'est ça. C'est les robots de gamme.
- Speaker #0
C'est les robots voiture. Tu achètes une voiture, tu achètes un robot.
- Speaker #3
Il y a tout le teasing, on ne sait pas pourquoi.
- Speaker #2
C'est un peu à cause de ça. Il y a eu beaucoup de concurrence, surtout avec des prix cassés. Évidemment, les gens ne sont pas prêts à mettre 1 000 euros dans un robot quand on peut en avoir à 200 euros. Je m'étonne. Après, ce qui est intéressant, c'est de voir que le rachat a été annulé en 2024 par Amazon, qui voulait récupérer, mais les autorités de régulation n'ont pas accepté, je pense pour les problèmes de concurrence. Pour pas que Amazon et tout, en fait. Et donc le résultat, c'est que les actionnaires, ils ont tout perdu. C'est le premier résultat. Et les supports des anciens robots, pour l'instant, il a été communiqué. Il y a une communication qui explique qu'il est assuré jusqu'à février 2026. Et après, on ne sait pas. Donc ça va dépendre de la boîte qui a racheté, enfin qui a racheté non, qui récupère tous les actifs, qui s'appelle Picard Robotics, en fait, qui avait... qui étaient les fabricants de ces robots. C'est une boîte chinoise, donc pour l'instant c'est un peu en stand-by pour les possesseurs de robots. Donc c'est une news que je trouvais assez intéressante.
- Speaker #0
Cool, merci. Est-ce que tu en as d'autres ?
- Speaker #2
Et ouais, une deuxième news que j'ai vu passer sur Reddit, que je trouvais ça drôle. C'est une boîte allemande qui s'appelle Swarm, qui va faire des cafards cyborgs. Donc l'objectif c'est de créer, de rajouter des petites puces électroniques sur ces cafards qui vont embarquer des caméras, des radars, qui ont des stimulations neuronales pour pouvoir les diriger.
- Speaker #0
J'avais vu quelques vidéos de ça.
- Speaker #2
C'est incroyable. Je trouve que c'est dingue ce qui est faisable. L'objectif c'est militaire, mais pas pour embarquer des armes.
- Speaker #0
Une armée de cafards ?
- Speaker #2
C'est ça, ils peuvent envoyer 10, 120, 1000 cafards pour pouvoir détecter des problèmes de radiation. Parce que les cafards, il faut savoir que c'est très résistant et très résilient à l'environnement. Et donc ça ouvre des perspectives assez dingues. On verra où ça ira.
- Speaker #0
Il faut savoir que Pierre, c'est un passionné de domotique. Il a tout connecté chez lui. Donc je ne sais pas si dans sa tête, il est en train de penser déjà à connecter des cafards chez lui en surveillance.
- Speaker #2
Non mais c'est clairement... Après on n'en est pas là, mais c'est clairement quelque chose qui pourrait... Un cas d'usage qui pourrait être réalisé.
- Speaker #0
Quel est l'intérêt d'un cafard plus qu'un nanorobot ? J'imagine que c'est parce que c'est... Il y a déjà toute la biologie en place, tu n'as pas...
- Speaker #2
ça coûte moins cher parce que les nanorobots il faut qu'ils puissent se mouvoir ils sont vivants ? oui c'est vrai ça coûte beaucoup moins cher faire 100 cafards mettre 100 pus sur des cafards tu les fais se reproduire sans problème c'est ça c'est des cafards espions
- Speaker #0
Et ça, c'est que le départ. Parce que le jour où ils arriveront à connecter une souris, ils vont mettre une souris.
- Speaker #2
C'est un peu ça, ouais.
- Speaker #0
Et je m'arrêterai là. Je ne dirai pas jusqu'où on pourrait aller. Ce n'est pas l'objectif d'Elon Musk. C'est pour le bien-être de l'humanité. Merci Pierre.
- Speaker #3
Attends, moi je rebondis parce que j'avais pas du tout suivi. Donc là ils mettent des puces dans des cafards et après ils les dirigent les cafards ? Ouais, ouais,
- Speaker #2
par des simulations neuronales, ils arrivent à dire à droite, gauche, tout droit.
- Speaker #3
On est vraiment dans nos films de science-fiction là.
- Speaker #0
Un jour au lieu d'acheter des Legos en fait, Montaigne, on achètera directement des petits cafards connectés avec une télécommande.
- Speaker #3
C'est pas éthique non plus. Ok, ok, ok.
- Speaker #0
Après est-ce que les cafards se sont plaints ?
- Speaker #2
A priori, dans l'article que j'ai vu c'est pas des opérations qui sont douloureuses pour les animaux
- Speaker #0
Super ! En fait ils ont mis une décharge devant le cafard ils n'ont pas signé donc c'était bon Merci Pierre Moi j'ai une non-news que vous avez dû repasser il y a Yann Lequin qui a quitté Meta ça a fait... parler beaucoup, en tout cas dans le monde de l'IA, que cette personne-là quitte Meta parce qu'en fait, il faut comprendre pourquoi c'est un événement. Parce qu'en fait, déjà, Yann Lequin, si vous ne le connaissez pas, c'est un peu le pionnier de l'IA moderne. C'est lui qui a été un peu à l'origine d'une transformation. Il n'était pas sur les modèles de langage, sur les modèles visuels, mais il a remis un peu le deep learning au goût du jour. C'est lui qui a inventé les réseaux de neurones convolutionnels. Il a... Il a gagné aussi en compagnie de ses deux confrères le Turing Award, l'équivalent du prix Nobel de l'informatique. Et en fait, il était chez Meta depuis 2013. C'était le patron scientifique de toute la recherche en intelligence artificielle et c'est lui aussi qui a poussé pour faire de la recherche en intelligence artificielle au sujet open source. D'ailleurs, on voit qu'il y a pas mal de choses qui sortaient de Meta qui étaient open source et ça a un peu motivé tous les autres acteurs de l'IA à publier ça en open source pensait que si tout le monde fait avancer comme ça en open source, on avancerait beaucoup plus vite et c'est pas ça qui empêcherait de générer des profits. Malgré tout, Yann Lequin ça reste quand même quelqu'un qui est plus côté recherche que côté commercial d'ailleurs c'est ça qui l'a mis un peu en désaccord avec la vision stratégique de Meta, c'est que lui il est poussé à fond côté recherche fondamentale, sauf que Le marché veut qu'on pousse plutôt côté commercial avec tous les modèles de langage qui existent actuellement. En fait, Meta avait tout intérêt à essayer d'en mettre sur tous ces outils et de vendre ça à ses clients. Ça rapportait plus d'argent que de faire de la recherche sur un truc qu'on ne sait pas encore où ça va aller. Donc en fait, ils ont mis un directeur qui était plus orienté business au-dessus d'Yann Lequin et ça a commencé à être positif. piloté, on va dire, par l'argent plutôt que par la recherche. Et ça, lui s'est dit stop, ça ne correspond pas à mes envies. Donc il a décidé de partir. Alors c'est une super nouvelle pour nous parce qu'en fait, il a décidé de partir pour s'installer où ? A priori, c'est une startup à Paris. Je ne sais pas si ça a été acté, mais en tout cas, il a parlé de créer sa startup à Paris. Donc c'est un Français de base, c'est un Breton, si je ne dis pas de bêtises, hein Pierre ? Et du coup, qu'il revienne s'installer à Paris, c'est une bonne opportunité pour la France de s'en saisir parce que c'est quand même une tronche le mec. Alors lui, pourquoi il n'était pas d'accord avec les LLM actuels ? Parce qu'il a toujours prôné quelque chose qu'il appelle les world models. En fait, pour lui, il appelle les LLM les perroquets savants. Ce n'est pas la seule personne que j'ai entendu dire, mais en fait, pour lui, les LLM sont clairement dans une impasse parce que c'est resté... très sur la génération de textes et en fait les modèles d'intelligence artificielle, si on veut passer à une étape supérieure, pour lui, il faudrait passer à des choses qui interagissent avec l'environnement, avec le monde physique, qui comprennent un peu le monde physique. Donc lui, il avait l'intention de dire, en fait, il ne faut pas s'arrêter au langage, il faut pouvoir rajouter du visuel, de l'information visuelle, de l'information de l'espace 3D, voire plus que ça, de l'audio, des sens, etc., et une intelligence artificielle pour qu'on puisse passer à une échelle d'une intelligence... supérieure. Alors, il ne va pas parler d'AGI. Lui, il préfère parler d'AMI pour Advanced Machine Intelligence. Il a toujours été contre ces termes un peu marketing. Mais en tout cas, voilà pourquoi il a quitté Meta pour créer sa nouvelle startup et bosser là-dessus. D'ailleurs, ce n'est pas le seul. Il y a DeepMind qui bosse aussi sur ce sujet-là. Il y a Fefeili qui est aussi... une des marraines, on va dire, de l'intelligence artificielle moderne. Il y a des grands acteurs qui se placent sur ces modèles de type world model et je pense que ça va faire couler pas mal d'encre et ça va être les prochaines avancées. Je crois qu'il y en a aussi, je ne sais pas si tu te souviens, on avait vu une conférence à Toulouse d'un chercheur qui parlait aussi de ces modèles-là qui interagissaient avec le monde physique et la recherche à Toulouse était portée là-dessus en se disant que la prochaine... L'étape de l'intelligence artificielle, c'est d'avoir la gentilité, donc d'interagir directement avec le monde. Et voilà. Voilà pour la partie news. Est-ce que, Proto, tu peux passer à la suite, s'il te plaît ? Alors, on passe maintenant au sujet. Il va y avoir deux sujets importants. Je te laisse commencer Younouth, parce que je crois que tu as un super sujet sur les puces photoniques, sur les sépules photoniques si je ne dis pas de bêtises.
- Speaker #4
Ben oui en fait, c'est une vieille idée, mais je suis tombé sur Younews et une vidéo YouTube assez intéressante sur le sujet. Ça m'a donné envie de recreuser et comme on se voyait aujourd'hui, je me suis dit tiens ça pouvait faire un bon sujet pour le podcast. Alors juste un disclaimer, c'est un travail de vulgarisation qu'on fait là. On va parler beaucoup de phénomènes physiques, donc il faut savoir que moi je suis plutôt ingénieur logiciel, que mon dernier cours de physique a eu lieu quelque part dans les années 2000 au tout début. et que, bon, là on va dire que j'ai creusé le sujet mais je ne suis pas sur mon domaine de spécialité. Néanmoins, je pense que le niveau vulgarisation et compréhension du sujet il va être bon. Voilà, donc en fait l'idée c'est quoi ? C'est de se dire que peut-être on rentre dans une ère du photon où le calcul, ou probablement les prochaines unités de calculs un processeur, fonctionneront à la lumière. Ou peut-être aussi une approche hybride entre électronique et lumière, et donc l'utilisation du photon. Donc on a quelque part un match entre les photons et les électrons pour faire du calcul. Et donc si on regarde un peu quel est le problème auquel on fait face aujourd'hui avec l'électronique... Si vous êtes un peu gamer ou si vous avez lancé une mise à jour importante sur votre ordinateur, quel qu'il soit, à un moment donné, vous avez pu remarquer qu'il peut chauffer plus, que les ventilateurs tournent. Et d'ailleurs, par exemple, nous qui travaillons dans l'IA, moi dans ma pièce, j'ai 1°C, 1,5°C de plus par rapport au reste de la maison. Ah
- Speaker #0
Surtout avec de nouvelles machines.
- Speaker #4
À cause de ma machine, oui. Voilà, donc ce n'est pas un défaut de fabrication, c'est un peu l'effet secondaire de l'électronique. Alors depuis 50 ans, ce qu'on a vu, c'est qu'on avait la loi de Moore, c'est-à-dire on doublait le nombre de transistors qui étaient à l'intérieur d'un CPU et on diminuait sa taille. Et on a fait ça jusqu'à arriver aujourd'hui à des structures, à des gravures. Donc le transistor sur le CPU, il fait 3 nanomètres. Donc 3 nanomètres, c'est autour de 3 atomes. Donc on se dit que diminuer la structure plus que ça, ça commence à devenir vraiment très compliqué. Ça va être super chaud. Et en plus de ça, bon, on l'a miniaturisé, mais ça, ça a un coût. C'est qu'en fait, pour faire passer des électrons dans des tuyaux aussi petits, ça crée une friction énorme. Donc on a le fameux effet de Joule, c'est d'où la chaleur. Et donc aujourd'hui, on considère qu'on est face à un problème qui s'appelle le Powerwall, c'est-à-dire que l'industrie des semi-conducteurs est un peu coincée pour aller plus vite et il faut plus d'énergie. Donc il faut plus d'énergie soit pour les calculs, soit de toute façon après, il va falloir de l'énergie pour refroidir le système. On voit bien que la tendance est plutôt à demander plus. On a des systèmes comme les IA qui demandent plus de calculs. Donc là-dessus, c'est d'où il y a un sentiment de crise majeure sur le sujet. Et donc, la question, c'est une vieille idée qui est de dire « Plutôt que d'utiliser des électrons, Pour faire des calculs, est-ce qu'on ne pourrait pas utiliser quelque chose qu'on utilise déjà pour transporter de la donnée qui est le photon ? Aujourd'hui, on est tous contents d'avoir la fibre optique chez nous. On sait que ça marche vite. On a tous vu la différence de débit. Et donc, on parle de l'informatique photonique. Et alors, pourquoi le photon est intéressant ? En fait, il n'y a pas de friction. Donc c'est zéro friction, zéro chaleur. Donc contrairement aux électrons qui se cognent partout, les photons, ils n'ont ni masse ni charge. Donc ils traversent la matière, comme la fibre optique ou le silicium. Et donc ça ne génère pas de chaleur. Bon, on a l'information qui circule à la vitesse de la lumière. Même si, bon, si on est dans des tuyaux de silicium, donc, bon, c'est un peu plus ralenti. Mais bon, on est bien. On a des vitesses assez importantes, des latences assez importantes. Et puis, on parle aussi d'une autre propriété qui est le super multiplexage. C'est-à-dire qu'en fait, avec des câbles en cuivre, si on veut passer des signaux, en fait, on aura du mal à envoyer plusieurs signaux en même temps parce qu'ils se brouillent entre eux. Avec la lumière, en fait, on peut faire passer, par exemple, sur des longueurs différentes sans signaux différents. Et ils ne se mélangent pas. C'est un gros... C'est comme si tu passes d'une autoroute à une voie... Enfin, d'une route à une voie et une route à 100 voies. Sur le même...
- Speaker #2
On voit des couleurs différentes, quoi.
- Speaker #4
Exactement. C'est sur des couleurs, exactement. On joue sur la longueur d'onde. Donc, c'est les couleurs différentes. Euh... Donc voilà le photon. Et donc on pourrait se dire qu'il met l'électron KO. Mais rassurez-vous, ne jetez pas votre ordinateur tout de suite. Parce que ce rêve d'ordinateur photonique, en fait, il date des années 80. On imaginait dans les années 80, on se disait mais on pourrait virer les processeurs Intel. On pourrait mettre des processeurs photoniques et on pourra faire tourner un système d'exploitation dessus. et donc ça implique quoi ? ça implique de dire en fait je simule le fonctionnement d'un processeur électronique avec un processeur photonique ça implique de pouvoir gérer des opérations des portes logiques, de pouvoir implémenter des portes logiques des E et des O et NOT et le problème donc parce que ça marche c'est un ordinateur numérique c'est un ordinateur qui fait des opérations boolean binaires Et là, quand on a essayé de faire ça, on se heurte à une relativité physique qui est que les photons n'interagissent pas de façon naturelle entre eux. Et donc pour qu'un signal lumineux contrôle un autre, par exemple pour faire pareil que le courant dans un transistor, il faut des matériaux compliqués. Donc réaliser des portes logiques aussi simples et aussi pas cher qu'on peut faire avec des transistors et donc avec de l'électronique, ce n'est pas facile. Et donc l'idée du CPU optique universel, c'est un peu en train de se dire « Ok, on ne sera pas prêt tout de suite » . Ça s'éloigne un peu comme idée. Oui, et il y avait un autre problème aussi, c'est qu'en fait, on ne sait pas trop stocker les données. On ne sait pas comment faire un stockage efficace et réutilisable à base de photons. On est tous assez vieux pour se souvenir des lecteurs de graveurs de CD. On a tous gravé des CD, c'était long. Et puis vous vous souvenez quand on gravait un CD, tu ne pouvais pas réécrire dessus. D'ailleurs on appelait ça la gravure, c'était fini.
- Speaker #2
Il y en avait qu'on pouvait utiliser pour réécrire dessus.
- Speaker #4
Ah oui ? Ah oui, il y avait des RW. Effectivement.
- Speaker #0
Mais pourquoi c'est si compliqué de faire des portes logiques optiques du coup ?
- Speaker #4
C'est parce que je vais revenir un peu sur le transistor. Comment il fonctionne ?
- Speaker #0
Dans un transistor, un signal électrique a peu contrôlé un autre. Typiquement, si tu vois le transistor comme un robinet d'eau, l'eau arrive au robinet, ça c'est le courant électrique, le courant principal, et on a une poignée à côté du robinet qui est la commande, et ça c'est le signal de contrôle. Avec une toute petite force sur la poignée, on peut dire si le courant passe ou ne passe pas. C'est la base de la logique binaire. Donc c'est avec ce courant de commande qu'on dit que le courant principal passe ou ne passe pas. Et donc ça fait des zéros et des 1. Mais ça, on ne peut pas le faire. Et ça, on peut le faire avec l'électron parce que l'électron a une masse et une charge. Par contre, les photons, c'est très compliqué. Si tu te mets dans la nuit et que tu as deux lampes à torche, tu es dans le noir. Si tu croises les faisceaux lumineux, il ne se passe rien. Il n'y a pas de collision. Tu vas avoir du mal à te dire, tiens, avec un rayon, je contrôle. Le fait que j'ai allumé un rayon, j'éteins l'autre. Ce n'est pas pilotable aussi facilement.
- Speaker #1
On n'a pas de paroisse avec les sabres laser.
- Speaker #0
Et non. Le sabre laser, on est loin. Voilà. Et donc, en fait, les... Ça serait possible de le faire, mais en utilisant des matériaux un peu spécifiques, qu'on appelle des matériaux non linéaires. Et donc, en fait, le principe, ça serait de dire, j'ai un rayon A qui tape le matériau. Le matériau change de propriété, par exemple, à ce moment-là, il devient opaque. Et quand le rayon B arrive, il trouve le matériel opaque et il est bloqué. Mais bon, c'est faisable, mais c'est compliqué, c'est encore énergivore, et donc, on va dire que c'est pas au point.
- Speaker #2
Sachant que là, tout à l'heure, tu as parlé du nanomètre pour définir au niveau atome. Donc là, l'électron, si je ne dis pas de bêtises, est encore plus petit.
- Speaker #0
C'est le photon. Ah oui, c'est tout.
- Speaker #2
Ça voudrait dire que les matériaux dont tu parles, il faudrait qu'ils soient adaptés à cette taille.
- Speaker #0
Surtout, il faut qu'ils soient adaptés au fait qu'ils aient des comportements différents en fonction de quel... ondes de lumière les touchent pour qu'ils deviennent, pour qu'ils changent de propriété. Oui. Voilà, donc... Bon, on n'est pas... Disons que c'est faisable, mais bon, c'est... On est loin.
- Speaker #3
Et donc là, en fait, si tu nous en parles aujourd'hui, c'est que ça doit quand même servir à quelque chose, non ? Oui.
- Speaker #0
C'est juste comme ça pour la beauté de la science. Je le vends mal, mais si, ça sert à quelque chose. C'est pour la beauté de la science, mais pas que. Donc ça sert à la sacro-sainte IA générative. Donc certes, on n'est pas capable de faire avec ce processeur photonique quelque chose qui soit universel. Par contre, ce qu'on voit, c'est que par cet effet de super multiplexage qu'on peut faire dessus, ça peut être un outil redoutable pour faire des calculs matriciels. Et donc, comme dans l'IA, on passe de notre temps à faire ça, c'est super utile. Et le choc, ça vient de Chine. C'est ça la news qui date de début décembre. Encore une fois, la Chine, derrière vous. En fait, c'est des chercheurs d'une université, je ne sais pas si je vais le prononcer bien, c'est Tsing Ausha. Bon, voilà. Je ne suis pas sûr de mon chinois. Donc, ils ont dévoilé un processeur pour l'IA alimenté à la lumière qui tourne à une fréquence de 12,5 GHz. Ce processeur pulvérise vraiment tous les records. En termes de vitesse, ils l'ont testé sur des tâches de reconnaissance de motifs. Ça fait le job 3000 fois plus vite qu'un GPU Nvidia A100.
- Speaker #2
3000 fois ? Sur un CPU classique, on a quoi ?
- Speaker #0
3,54 GHz ? Oui, tu peux monter à 5,6 en overclocking.
- Speaker #2
J'ai une question parce que tu as parlé de calcul matriciel, mais comment on calcule avec la lumière ?
- Speaker #0
Le calcul numérique, l'ordinateur numérique, celui qu'on connaît, il fait du calcul pas à pas. On est déjà dans un univers discret, on travaille avec des zéros et des 1. Les nombres, on les représente en binaire. Et on a une horloge. les fameux gigahertz que vous voyez écrits sur vos processeurs c'est la cadence à laquelle on est capable de faire des opérations et en fait pour faire une addition une multiplication etc on balance des milliards d'opérations sur ces transistors qui bougent des 0 et des 1 Donc c'est ça où ça a un coût énergétique et c'est là où ça vient le coût énergétique parce que vous imaginez le nombre de milliards d'activations qu'on doit faire sur des milliards de transistors pour multiplier deux grosses matrices dans le cas d'une lien. Et donc par contre le processeur photonique lui il fait du calcul au vol. Donc déjà là on n'est plus dans un univers discret dans 0 et 1, on est dans ce qu'on appelle un ordinateur analogique. Donc on est dans un univers continu. avec des valeurs qui varient entre 0 et 1. Un peu comme si, je ne sais pas si... Moi, j'avais ça à la maison, un variateur pour la lumière. Tu sais, où tu mettais une intensité. Donc, ce n'est pas l'interrupteur qui fait on-off. Donc là, l'interrupteur on-off, ça serait plutôt le CPU actuel. Là, on aurait le variateur pour faire varier l'intensité. Et donc, l'idée avec la... Pour comprendre un peu comment la magie opère, si on a une photo et qu'on veut lui appliquer un filtre pour dire qu'elle prenne une teinte verte, avec un CPU, on prendrait chaque pixel, on fait une opération au niveau de chaque pixel, on augmente le niveau de vert. Et voilà. Et donc ça, c'est le calcul. Donc en fait, on voit bien que c'est inefficace. Imaginez maintenant que je suis dans le monde optique, j'ai un verre qui a la bonne teinte de verre, je le mets devant ma photo et il suffit juste que la lumière passe de l'autre côté. Donc c'est un peu le truc et en fait pour arriver à ça, on utilise un truc qui s'appelle un inféromètre de Mach et Zender dont j'ignorais l'existence. Je pensais que c'était quelque chose de ultra nouveau, ultra hype, etc. Non, en fait, il s'agit d'un inféromètre optique créé pour la première fois en 1891. Et donc, on applique les principes de ce truc au calcul photonique. Donc, on peut le voir comme un multiplicateur analogique. Donc, t'imagines, t'as l'entrée, t'as l'intensité de la lumière qui arrive. T'as un paramètre qui est ton... poids, ça c'est le facteur multiplicateur. Donc là, ce qui se passe, c'est que l'inféromètre va appliquer un défaçage, je vous expliquerai comment, et la sortie, en fait, en sortie, tu as le résultat de la multiplication. Et donc, en fait, pour comprendre comment ça se passe, cet inféromètre, dedans, il y a un séparateur de faisceaux, c'est-à-dire que tu as la lumière qui arrive, et elle est divisée en deux chemins. Donc on peut dire qu'on... On balance à moitié-moitié sur deux canaux différents. Ensuite, tu as un déphaseur. Donc là-dessus, qu'est-ce qu'on fait ? Soit on chauffe légèrement, soit on balance un circuit en champ électrique qui est l'équivalent de notre paramètre, qui déforme un peu, qui déphase l'onde. Et quand les deux vont sortir de l'autre côté, il y a une recombinaison. Et en fait, c'est l'intensité de sortie qui est le calcul de la multiplication.
- Speaker #2
D'accord.
- Speaker #0
Tu vois, et donc en fait, tu peux le voir un peu comme si c'était si tu avais deux tuyaux d'eau qui se rejoignent, si les jets arrivent ensemble, tu as un débit fort. Si tu retardes un des jets, tu as moins de pression.
- Speaker #2
Moi, j'ai plein de questions. Mais déjà, j'imagine les mecs qui vont devoir refaire tous les ordinateurs qui sont à base de binaires. pour refaire ensuite derrière l'assembleur, pour refaire tous les langages qu'il y a derrière. Déjà, t'imagines la réécriture de cette partie-là ?
- Speaker #0
Justement, je pense que ça, ça ne va pas se produire. Parce qu'en fait, pour les raisons que je disais avant, en fait, l'électronique va continuer à vivre. C'est juste qu'en fait, on trouve des use cases vraiment très intéressants pour le calcul matriciel, le calcul parallèle.
- Speaker #2
C'est spécifique à des parties notamment liées.
- Speaker #0
Ça va être l'IA. et d'autres trucs.
- Speaker #2
Mais du coup, est-ce qu'il... Après, ça va être très spécifique, tu vas me dire, parce que du coup, j'allais dire, il va y avoir d'autres goulots d'étranglement. Si je veux dire, le processeur est ultra rapide.
- Speaker #0
Mais justement, on va arriver aux goulots d'étranglement aussi. Mais en fait, si vous voulez, c'est pas que la Chine qui s'intéresse au sujet, juste pour reprendre un peu mon fil. Parce qu'elle est donc... L'idée, c'est... Bon, vous avez compris comment on fait les calculs. L'idée, c'est aussi de dire que ce processeur photonique, il est intéressant aussi parce que c'est un véritable champ de bataille géopolitique et stratégique, en fait. Dans le sens où beaucoup de grandes puissances, en fait, voient une... On voit une opportunité pour passer devant et prendre le lead sur l'IA, notamment la Chine en fait, qui est aujourd'hui... Parce qu'en fait, ça leur permet... Qu'est-ce que ça leur permet de faire ? Et nous, Européens aussi, on est un lambuscade, on veut passer devant les Américains. Même s'il continue comme ça, si ça se trouve, il aura aussi un prix Turing en plus de son Nobel. Parce qu'en fait, ce qui se passe, c'est que... Comme les Chinois, ils ont des sanctions et ils ne peuvent pas bénéficier des technologies américaines, en fait, électroniques. Donc, ils cherchent d'autres façons de faire. Et donc, ils s'intéressent beaucoup au sujet. Mais la France aussi, c'est un pôle d'excellence. À Grenoble, il y a Photonics Valley avec le CEA Letty, qui est un laboratoire de recherche super fort, qui ont fait un spin-off avec un écosystème de start-up qui... qui ont résolu des problèmes vraiment super importants pour arriver à faire de la fonderie de ces processeurs photoniques. Il y a une boîte qui est dans le cours, initialement, son cœur de métier, c'est le calcul quantique, mais ils s'appuient aussi sur le photonique pour arriver à délivrer leur premier super ordinateur. Et bien évidemment aussi, tu as les Américains qui sont dans le... dans le game, avec des startups et bien évidemment Nvidia qui est à l'embuscade et qui investit massivement.
- Speaker #3
Voilà. Mais ça va rester un usage super spécifique ou tu crois qu'à un moment ça va devenir n'importe quel ordinateur tout venant parce que ça va la remplacer ? Enfin non, on t'a dit que ça ne remplacerait pas.
- Speaker #0
En fait, ce n'est pas vraiment que pour l'IA, c'est aussi pour les data centers. Je pense que les premiers trucs, on va les voir dans les data centers. Il y a des grosses classes de calcul. Oui, parce qu'en fait, ce qui se passe, c'est qu'on a aussi, c'est toujours pareil, ces systèmes photoniques, c'est la partie calcul qui attire et qui fait couler de l'encre. Mais en fait, il y a un autre usage qui est, on peut le voir aussi comme un système nerveux optique pour les interconnexions. parce qu'en fait aujourd'hui Dans les data centers, on a des milliers de serveurs qui sont reliés entre eux. Et par exemple, pour les GPU, d'après ce que j'ai compris, ça m'a surpris un peu quand même, c'est que les GPU sont connectés aujourd'hui par du cuivre. Et donc, on pourrait voir aussi qu'on pourrait avoir des connexions par fibre optique déjà entre GPU, ce qui permettrait de consommer moins d'énergie et de dégager moins de chaleur. Et en fait, on pourrait voir aussi arriver des trucs dans les ordinateurs, parce qu'en fait, tu pourrais aussi te dire que ta carte graphique, ton processeur et ta mémoire ne vont plus être reliés par du cuivre, mais par de la lumière. Voilà, donc en gros, dans les conclusions, sans faire de la futurologie, en fait, ce qu'on voit, c'est que ce qui se dit, c'est que 2025-2027, ce serait ces fameuses interconnexions. où l'optique remplace le cuivre dans les racks. 2027-2030, ça serait des coprocesseurs optiques dédiés à l'IA et que ça, ça devienne vraiment courant dans le cloud et que du coup, la facture énergétique, elle soit réduite, ce qui est une bonne nouvelle pour la planète. Et l'écologie.
- Speaker #2
Oui, voilà. Voilà.
- Speaker #0
Même en termes de châteur,
- Speaker #2
même en termes de... Je ne sais pas, le composant entre le cuivre et le câble optique en plus.
- Speaker #0
Je ne sais pas. Je ne suis pas assez calé pour répondre. En fait, ce qu'on voit, c'est que depuis 2030, on va dire 2030-2035, ça serait dire qu'il y a des technologies qui rentrent dans un usage plus visuel et plus mainstream. Ce n'est pas demain que vous aurez une puce comme ça dans votre smartphone.
- Speaker #2
On a plus de chances de voir ça que de voir la quantique chez nous, vu les conditions d'avoir un processeur quantique.
- Speaker #0
Oui, a priori, oui.
- Speaker #1
En termes de place, il y a déjà des prototypes qui existent ou pas ?
- Speaker #0
Oui, il y a des prototypes. J'ai vu une startup allemande qui voulait monter un truc. En fait, ils montraient le rack dans lequel ils faisaient la taille de la bibliothèque de chez toi. Oui, mais c'est des petites questions,
- Speaker #1
est-ce que j'imagine ?
- Speaker #0
Non, non, aujourd'hui, c'est plus grand. Mais il faut se dire aussi que c'est notamment une startup française qui a mis en place un procédé qui permet de faire de la... comment ça s'appelle ? de la gravure en utilisant les chaînes de fabrication actuelles de processeurs. C'est-à-dire que sur une même chaîne, parce que ça aussi, c'était un casse-tête, c'était de dire, en fait, comment on fait s'il faut revoir toute la chaîne de production industrielle, ça ne va pas le faire. Et donc là, c'est une start-up française qui a trouvé comment faire ça. Je pense que la miniaturisation, elle viendra plus tard, mais là, aujourd'hui, c'est beaucoup plus gros.
- Speaker #1
Mais vu qu'on est en optique, c'est moins gênant d'être plus gros.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Eh oui.
- Speaker #2
Super. En tout cas, méga intéressant. Merci, Younouth.
- Speaker #1
Merci. Eh bien,
- Speaker #2
avec plaisir. Si vous n'avez pas d'autres questions, je pense qu'on peut passer au sujet suivant, qui est nôtre que le mien. On va parler d'intelligence artificielle. Quelle surprise venant de moi. En fait, moi, je voudrais... vous parlez d'un sujet qui me frustre vraiment profondément. On entend partout parler de l'AGI, Intelligence Artificielle Générale. On fait de la futurologie dedans, ça arrive dans cinq ans, ça va dépasser l'humain, ça va révolutionner l'humanité. Super. Mais en fait, avant de partir dans ces grandes déclarations, j'aimerais juste qu'on reconnaisse un truc simple. C'est qu'on ne sait pas déjà ce que c'est l'intelligence. On ne sait vraiment pas ce que c'est ni l'intelligence et encore moins la conscience. qu'on parle d'AGI, on parle de conscience, on ne sait pas ce que c'est. Et ça, c'est un vrai problème. Parce qu'en fait, comment on peut prédire quelque chose qu'on va créer, donc l'intelligence artificielle générale, si on ne sait même pas définir ces termes-là ? Et comment on peut savoir si une intelligence artificielle est consciente si on ne comprend pas ce que c'est la conscience ? Ce qui me frustre, en fait, c'est que ces sujets qui sont étudiés vraiment très sérieusement depuis des décennies par des scientifiques, par des philosophes, En fait, bizarrement, tout le monde se sent autorisé à avoir un avis péremptoire sur ces sujets-là. Alors que quand on parle de physique quantique, personne ne se permet de dire, moi, je pense que les électrons fonctionnent comme ça. Mais par contre, dès qu'on parle d'intelligence et de conscience, tout le monde devient un expert. Comme si, en fait, avoir un cerveau...
- Speaker #1
C'est un travail quantique.
- Speaker #2
Oui, mais voilà. Sauf que, enfin, quand tu te penches un peu sur les sujets, enfin, vraiment, c'est balèze, c'est pointu quand tu te penches vraiment en profondeur. Que ça soit... philosophiques ou scientifiques sur les sujets d'intelligence, de conscience, c'est pointu en fait. C'est comme si avoir un cerveau, ça donnait le droit automatiquement à avoir un diplôme sur le sujet. Donc, avant de parler d'AGI, ce que je ferai en fait, ce que je vais faire dans cet épisode et dans un autre parce qu'en fait, j'avais un sujet mais il était beaucoup plus long que prévu, du coup je l'ai découpé en deux et on va en parler un peu là et un peu dans un autre épisode. Donc, je vous propose un peu de... poser les bases de c'est quoi l'intelligence, c'est quoi la conscience et pourquoi en fait c'est si difficile de les définir. Alors d'abord l'intelligence, on utilise le mot intelligence tout le temps, on essaye de les définir précisément, c'est un peu le bordel. Qu'est-ce que c'est l'intelligence ? Est-ce que c'est la capacité à résoudre des problèmes, à s'adapter, à apprendre, à raisonner abstraitement, à manipuler des symboles, à survivre dans un environnement ou c'est tout ça à la fois ? En psychologie, on a le quotient intellectuel qui mesure certaines capacités cognitives. Mais bon, on sait que c'est maintenant que les psychologues eux-mêmes disent que c'est une mesure très partielle. On peut avoir un QI moyen et réussir brillamment dans sa vie, avoir des QI élevés mais en galérer dans sa vie. C'est une mesure, si on le regarde, que par d'imprismes. Il y a Howard Gardner qui est venu un peu enrichir ça en disant qu'il y a des intelligences multiples. On a des intelligences linguistiques, logico-mathématiques, spatiales, musicales, corporelles, interpersonnelles, intrapersonnelles, bref, plein d'intelligences. Et en fait, il dit juste que ce n'est pas une capacité, ce n'est pas une chose unique, c'est un ensemble de capacités qui sont relativement indépendantes. Et puis en plus, on est venu rajouter à ça l'intelligence émotionnelle, l'intelligence sociale, l'intelligence pratique. Bref, en fait, on multiplie les concepts parce qu'en fait, il n'y a aucun terme qui capture vraiment ce que c'est, ce concept d'intelligence. Donc en fait, on rajoute encore des nouveaux concepts. Et ça, c'est super pour tous les livres de développement personnel. Merci Montaigne, parce qu'en fait, on peut écrire énormément de choses. Vous avez une intelligence émotionnelle, il faut la développer comme ça. Comment développer votre intelligence sociale ? Bon, ça n'existe pas vraiment. C'est pas qu'on ait soit ça ou soit ça. D'ailleurs, même, il y a eu plein de sujets. sur le fait que notre cerveau est découpé de telle manière, mais c'est pas vrai en fait. C'est juste une abstraction, mais de très haut niveau, que notre cerveau est d'une couche 1, ou hémisphère gauche, hémisphère droite, ou une couche reptilienne ou pas. Ça n'existe pas. Donc, en plus, en fait, les définitions de l'intelligence, ça change selon le domaine, parce que si on regarde d'un point de vue neuroscientifique, l'intelligence n'est pas définie pareil, ils n'ont pas les mêmes objectifs que pour un psychologue, que pour un philosophe ou pour un éthologue. Chacun a sa vision et en fait, toutes ces définitions, ça ne s'aligne pas forcément. Donc déjà, la première difficulté, c'est l'intelligence, c'est un concept flou, c'est multidimensionnel et en plus, ça peut être contesté selon les domaines. ok en fait Maintenant, on va parler de la conscience et là, on s'attaque un peu au boss final. Si l'intelligence, c'est flou, la conscience, c'est carrément le mystère des mystères. D'abord, en fait, il faut distinguer plusieurs sens du mot conscience. On a un premier sens, en fait, qui est le sens être éveillé. C'est le sens médical du terme. En fait, tu es conscient quand tu n'es pas endormi, pas dans le coma, pas sous anesthésie. En fait, c'est un peu binaire. C'est on off, quoi. Tu es éveillé ou tu n'es pas éveillé. Tu es conscient ou tu n'es pas conscient. Ensuite, il y a un deuxième sens, ce qu'on appelle la conscience d'accès. En fait, c'est le fait qu'une information est disponible pour tout ton système cognitif. Tu vois une pomme, en fait, cette information, elle est accessible. Tu peux en parler, tu peux la mémoriser, tu peux en gérer en fonction. C'est ce que les scientifiques arrivent à étudier assez bien aujourd'hui. Ensuite, on a un troisième sens qu'on appelle la conscience phénoménale. C'est ça le gros morceau, en fait. C'est le fait que... Il y a quelque chose que ça fait d'être nous, d'être soi. Il y a un ressenti intérieur, une expérience subjective. En fait, quand on voit du rouge, quand on a une douleur, quand on a faim, quand on est triste, il n'y a pas juste un traitement d'information. Il y a cette information telle qu'on le vit intérieurement.
- Speaker #0
Tu veux dire, c'est le fait de subir le monde physique ?
- Speaker #2
Non, pas subir le monde physique, mais d'avoir quelque chose de très subjectif à toi. C'est-à-dire qu'une douleur, j'ai beau l'expliquer de plein de manières différentes, ça se trouve, tu ne ressens pas exactement la même chose que ce que je t'ai décrit toi intérieurement, et c'est très subjectif à toi, ce ressenti intérieur en fait. Il y a un quatrième sens, ce qu'on appelle la conscience de soi, c'est se reconnaître dans un miroir en quelque sorte, c'est d'avoir un récit sur soi-même, savoir qu'on existe en tant qu'une entité distincte. D'ailleurs, je ne sais pas si vous avez déjà vu, il y a des expériences. sur les animaux qu'on peut retrouver sur YouTube, où on met un miroir, et en fait, dans la jungle ou dans l'océan, en fait, on regarde un peu les animaux qui réagissent par rapport au miroir, savoir s'ils se reconnaissent en tant qu'individus ou pas. Mais le gros problème, en fait, philosophique, c'est celui qui fait transpirer les chercheurs depuis des décennies, c'est le troisième sens, donc c'est la conscience phénoménale, c'est pourquoi il y a une expérience subjective. Pourquoi est-ce que le traitement de l'information ne se fait pas complètement dans le noir ? En fait, comme si on avait un ordinateur qui... calculé poux, mais complètement dans le noir en fait. C'est des circuits électroniques. Pourquoi nous, en fait, on a cette petite voix intérieure, ce ressenti un peu intérieur qu'on ne sait pas classer. Ça, selon un philosophe australien qui s'appelle David Chalmers, qui est encore en vie, qui a formulé ça en 95, il a fait une distinction déjà sur la conscience. Il a qualifié d'un côté les problèmes faciles de la conscience. Alors facile, c'est relatif. Ça reste de la neurosciences de pointe, mais ce sont des problèmes qu'on sait en principe comment les attaquer scientifiquement. On a les outils pour et on avance un petit peu sur ces sujets. Donc c'est comment le cerveau traite-t-il l'information visuelle, par exemple ? Comment fonctionne l'attention ? Comment la mémoire encode-t-elle des souvenirs ? Comment on contrôle nos actions volontaires ? Tout ça, c'est compliqué, mais c'est du mécanisme. On peut étudier les neurones, les circuits, les corrélations. On arrive à progresser scientifiquement. De l'autre côté, il a appelé ce qu'on appelle le « hard problem » , le problème difficile de la conscience. Pourquoi tous ces processus s'accompagnent-ils d'une expérience subjective ? Si on prend un exemple concret, la couleur rouge, on peut expliquer toute la chaîne physique, la lumière qui arrive à 700 nanomètres de longueur d'onde qui frappe notre rétine, les cônes sensibles au rouge qui s'activent. un signal électrique qui part vers le cortex visuel, via le nerf optique, le cerveau qui traite cette information dans différentes aires, les aires visuelles entre autres. Tu identifies que c'est du rouge, tu peux le nommer, tu peux agir en fonction. Tout ça, ça reste le problème facile. On peut le décrire, le mesurer, le modéliser. Mais pourquoi voir du rouge, ça fait quelque chose ? Pourquoi il y a cette qualité subjective, ce rougeness que tu expérimentes de l'intérieur ? En fait, un robot pourrait faire exactement ce même traitement d'information. Si on avait les mêmes capacités de percevoir du rouge, qu'ils le traitent en fait dans différents puces électroniques, ils pourraient détecter la longueur d'onde, les catégoriser comme rouge. Mais en fait, est-ce que ce robot-là, il y aurait quelque chose de ressentir ce rouge comme nous on le ressent ce rouge ? C'est ça en fait le problème difficile. Vous voyez mes mains.
- Speaker #3
Ça voudrait dire par exemple, c'est quoi ? On voit des rouges. Est-ce que la question c'est de se dire, par exemple, je ne sais pas chez moi, quand je dis vert, le voisin n'est pas d'accord, c'est bleu. Donc ça c'est du subjectif ou c'est plutôt de se dire, tiens, quand je vois du rouge, j'aime ou je n'aime pas ? Parce que ça reste en intérieur, c'est moi. Non,
- Speaker #2
ce n'est pas quelque chose que j'aime ou je n'aime pas, c'est quelque chose que seul toi peux décrire parce que c'est une propriété que toi tu perçois à l'intérieur de toi. La douleur, tu auras beau me la décrire de plein de manières différentes, cette perception que tu as intérieurement, cette conscience que tu as de cette douleur-là, elle sera totalement différente d'une autre personne. Et ça se trouve, moi, je ne la percevrai jamais pareil, même si on appuie exactement au même endroit, avec les mêmes contextes, même si on avait le même corps. Ça se trouve intérieurement, dans notre cerveau, tu ne le perçois absolument pas pareil, parce que c'est une expérience qu'on vit nous-mêmes à travers notre cerveau, de ce qu'on a pu apprendre. C'est cette petite ampoule, en fait, qui est au milieu, qu'on ne sait pas trop. Qu'est-ce qu'elle fait là, en fait, dans notre cerveau, cette place-là, d'arriver à ressentir des choses d'une manière où on ne peut pas le mesurer, en fait. On ne peut pas comprendre ce truc-là. C'est compliqué. En fait, c'est un problème. C'est pour ça qu'il appelle ça le problème difficile. Parce que vous voyez, même moi, en essayant de sortir des définitions, c'est difficile à l'expliquer. Je ne suis pas un expert du sujet. J'ai lu déjà pas mal. Je suis loin d'être un expert du sujet. Il y en a qui passent leur vie à ça. Des scientifiques reconnus qui passent leur vie à ça. On n'a pas la moindre idée de comment résoudre ce problème-là. On ne sait même pas si c'est un problème soluble, en fait, par la science telle qu'on la connaît aujourd'hui. Alors, il y a un mot que vous avez peut-être déjà entendu qui s'appelle les calias. En fait, c'est ça, ce mot technique qui parle de ces expériences subjectives. Calia, au singulier, on dit cal. En fait, c'est le comment ça fait, le rouge du rouge, la douleur de la douleur, le goût du café, l'odeur de la rose. Et c'est ça qui est fascinant avec les calias, c'est que ça résiste totalement à la description objective. Tu peux décrire... parfaitement les propriétés chimiques du café, de molécules volatiles, leur interaction avec des récepteurs olfactifs, gustatifs, les signaux nerveux qui en résultent. Mais en fait, ça ne te transmettra jamais ce goût du café à quelqu'un qui n'a jamais bu de café ou quelqu'un qui n'a jamais fumé de clope. Tu ne pourras jamais lui transmettre ça.
- Speaker #0
D'ailleurs, je me posais une question. Est-ce qu'on sait Euh... Par exemple, si on prend tout ce de quoi on est fait, nous, chimiquement, enfin, en organisme vivant, est-ce qu'on sait, par exemple, est-ce qu'il crée de la douleur ? Parce qu'en fait, moi, j'ai l'impression que tu prends les trucs, enfin, on est fait de molécules, tu arrives, tu vas arriver à du carbone et de l'eau, quoi, voilà. Et à la fin, tu dis, mais qu'est-ce que ça fait là-dedans ? Enfin, quelle est la combinaison de ça dans tout ce qu'on est ? qui fait qu'on a de la douleur, en fait. Parce qu'on comprend qu'il y a le système nerveux qui fait des trucs, qui transmet l'information au cerveau, etc. Mais qu'est-ce qui fait qu'on a la...
- Speaker #2
En fait, c'est quand même le cerveau qui interprète cette douleur. Alors, je crois que je ne suis pas expert du sujet. Attention, prenez des pincettes sur ce que je vais vous dire. Mais déjà, je sais qu'il y a une maladie. qui t'enlèvent cette douleur-là. Il y a des personnes, en fait, qui peuvent se couper, brûler, tu peux leur mettre la main sur le feu, ils ne ressentent pas cette douleur-là. Pourtant, ils ont tout le système nerveux qui est actif. Et en quelque part, en fait, c'est leur cerveau qui ne réagirait pas à cette douleur. Sur la douleur, il y a aussi un aspect biochimique des choses. Donc peut-être que si ta biochimie est perturbée, tu peux percevoir la douleur complètement différemment, soit de manière exacerbée, soit non. Et qu'est-ce que je voulais dire ? Enfin oui, sur la douleur, je pense qu'on peut l'étudier physiquement, mais il y a tellement de paramètres qui rentrent en compte que je ne suis même pas sûr. Youdo, tu te retrouves dans le noir, c'est ça ?
- Speaker #0
Oui, je me retrouve à une couleur de lumière. C'est intimiste.
- Speaker #2
C'est intimiste, oui. Je pense que qualifier réellement la douleur, ça doit faire partie des expériences subjectives, les fameux calias, parce que c'est quand même quelque chose qu'on expérimente nous-mêmes. Des personnes n'ont pas le même rapport à la douleur, d'ailleurs, que d'autres. Donc, je pense qu'on ne sait pas, et ça fait partie de ce fameux problème difficile, en fait. Qu'est-ce que ça fait de ressentir réellement une douleur en tant qu'une personne, à titre individuel ?
- Speaker #0
Et donc, vous avez compris que c'est un sacré problème. Il y a une expérience de pensée qui s'appelle l'expérience de pensée de Marie, la scientifique, qui dit, je vous ai parlé de la couleur rouge, ça va revenir ici, imaginez qu'en fait on a une neuroscientifique très brillante qui a vécu toute sa vie dans une pièce en noir et blanc. Elle a étudié absolument tout ce qu'il y a à savoir sur la physique des couleurs, du rouge, du fonctionnement de l'œil, le traitement neuronal des couleurs, elle sait tout ! Puis un jour, en fait, on la laisse sortir et elle voit du rouge pour la première fois. Est-ce qu'elle apprend quelque chose de nouveau ? Si on répond oui, en fait, elle apprend quelque chose de nouveau en voyant du rouge. Ça veut dire qu'on admet que l'expérience subjective, c'est quelque chose de plus qu'une information juste physique. Et en fait, c'est un sacré problème pour ceux qui pensent que tout est réductible d'un point de vue physique. Cette expérience, elle est controversée un peu parce qu'en fait, ils disent oui, mais c'est la première fois que l'œil reçoit cette couleur rouge. Donc en fait, ça fait quelque chose. Mais l'expérience de pensée, en fait, c'est d'essayer d'aller plus loin. C'est de se dire, est-ce qu'on peut capturer cette sensation-là individuelle de ressentir du rouge ? Est-ce qu'on peut la capturer d'un point de vue avec nos outils et notre connaissance ? capturer dans le cerveau ce que c'est, cette sensation d'avoir une nouvelle information qui est le rouge. Au-delà de l'aspect, ça passe par les yeux, etc. Et vous comprenez que c'est compliqué parce qu'en fait, si c'est vraiment une nouvelle sensation, ça veut dire qu'on est loin d'avoir les outils pour arriver à percevoir ça et donc de le mettre dans l'IA, ça va être compliqué. Alors, il y a plusieurs théories sur la conscience, des théories scientifiques. Il y a la théorie de l'espace de travail global, qu'on appelle Global Workspace Theory. C'est Bernard Barthes, en fait, un neuroscientifique cognitif qui l'a proposé dans les années 80. Et en fait, Stanislas Dehaene qui l'a développé en version neurale. Donc Stanislas Dehaene, c'est un pionnier en neurosciences en France. Il est très connu d'ailleurs. Je crois qu'il a participé à l'élaboration des programmes scolaires. Enfin, ce n'est pas arrivé au bout, mais je crois qu'il a tenté quelque chose et... et c'est pas arrivé au bout mais en tout cas il a été consulté pour ça et donc en fait ce mec il a développé une théorie qui est de voir le cerveau un peu comme un théâtre en fait on a plein de processus qui travaillent en coulisses dans l'ombre de manière inconsciente des dizaines de modules spécialisés qui font leur boulot donc la reconnaissance des visages traitement du langage planification motrice mémoire etc et il y a une scène un peu centrale qui est éclairée par un projecteur pour imager et en fait c'est ça l'espace de travail global en fait quand une information monte sur scène elle devient disponible pour tous les autres systèmes. Et c'est à ce moment-là qu'elle peut être mémorisée, verbalisée, utilisée pour la prise de décision. Et c'est ça la conscience, selon cette théorie, l'accès global à l'information, tous les systèmes. C'est intéressant parce qu'en fait, c'est une théorie qui est très fonctionnelle, mais elle ne dit pas vraiment pourquoi il y a une expérience subjective. Et en fait, elle décrit les mécanismes de l'accès conscient, mais pour les critiques, elle résout que le problème facile, mais en fait, elle esquive le problème difficile. Il y a une autre théorie qui s'appelle s'appelle l'IIT, en français la théorie de l'information intégrée. Et là, en fait, on passe à quelque chose de plus radical. C'est Giulio Tononi, qui est un neuroscientifique italien qui l'a développé, qui dit que la conscience, en fait, c'est lié à la quantité d'informations intégrées dans un système. C'est-à-dire qu'il propose même une mesure qu'il appelle phi. Plus un système a un phi élevé, plus il est conscient. Qu'est-ce que ça veut dire ? qu'est-ce qu'une information intégrée ? En fait, ce serait une information qui est générée par un système en tant que tout et qui ne peut pas être réduite à la somme de ses parties. Donc si on peut découper un système en deux morceaux indépendants et qu'on perd rien, ça veut dire que son fi est faible. Si les deux parties sont tellement interconnectées que le tout est irréductible, en fait, son fi est élevé. C'est audacieux cette théorie, c'est que déjà ça propose une mesure quantitative de la conscience. Ça c'est intéressant, ça s'applique en principe à n'importe quel système, que ce soit biologique ou artificiel. Mais par contre, ça fait un peu des prédictions contre-intuitives parce que selon l'IIT, certains circuits électroniques très simples pourraient être plus intégrés pour avoir un phi plus élevé que des systèmes complexes mais modulaires. C'est des théories qui sont controversées, qui sont même dites certaines fois anti-scientifiques. Mais ce que je veux dire à ce sujet, c'est que la conscience... En fait, on est dans une science pré-paradigmatique. Du coup, on n'a même pas les outils, on ne sait même pas comment attaquer le problème. On n'a pas les outils, on ne sait pas comment... Comment attaquer le problème ? Donc en fait, on est obligé de même penser à des choses qui sont un peu exotiques pour se dire « Ah, peut-être qu'on a quelque chose ici. Même si c'est exotique, on va aller tenter quelque chose et qui va nous apporter des outils pour ensuite l'aborder de manière beaucoup plus scientifique. » Mais en fait, dans toutes les théories qui existent, il y a des choses qui sont très étranges. Si on le regarde d'un point de vue vraiment terre-à-terre, il y a des choses qui sont très étranges. Mais les scientifiques... ne veulent pas l'écarter, même s'ils sont pas sur une position dominante là-dessus. Ils veulent pas l'écarter parce qu'on comprend pas en fait ce que c'est la conscience. Donc il y en a d'autres. Il y a le traitement prédictif de Carl Friston, il y a la théorie d'ordre supérieur de David Rosenthal. Et il y a d'autres théories. Je vous ai cité les deux qui sont actuellement le plus cités, on va dire. Ensuite... Là, j'ai parlé d'un point de vue scientifique, les avancées d'un point de vue scientifique et les théories scientifiques. Mais il y a aussi des positions philosophiques qui ne sont pas récentes. Par exemple, on a le dualisme qui a été associé à Descartes. Parce que le dualisme, c'est quoi ? C'est qu'il a considéré que la matière et l'esprit sont deux choses différentes. David Chalmers, le philosophe dont vous avez parlé tout à l'heure, l'Australien, lui dit... complètement d'accord avec le dualisme à la Descartes, mais par contre il dit qu'il y a quand même peut-être une forme de dualisme des propriétés. En fait la conscience pour lui serait une propriété fondamentale qui ne se réduit pas aux propriétés physiques classiques. Ensuite on a la position qui est matérialisme ou physicalisme selon les définitions. C'est un peu la position dominante en science. Tout est physique, y compris la conscience, les états mentaux sont des états cérébraux et le défi c'est d'expliquer comment en fait des processus physiques peuvent donner lieu à de l'expérience subjective et en fait pour un matérialiste c'est on a juste pas suffisamment on est trop loin en fait sur le sujet pour comprendre mais en fait le jour où on aura les outils et la compréhension théorique on pourra tout simplement expliquer tous ces phénomènes là on a le fonctionnalisme qui est une version du du matérialisme qui est assez en vogue. En fait, c'est qu'on se dit que ce n'est pas la... Comment ? Ce qui compte pour un état mental, en fait, ce n'est pas sa matière, c'est sa fonction. Si un système, qu'il soit un neurone, un silicium ou autre chose, réalise les mêmes fonctions qu'un cerveau conscient, alors en fait, il est conscient. Du coup, si on arrive à faire des IA avec les mêmes fonctions, il y aurait une forme de conscience qui va se créer. Il y a un truc qui s'appelle le biologisme. si je ne dis pas de bêtises, de biologisme. Pour eux, en fait, la conscience, ça peut être issu uniquement du cerveau et d'une propriété biologique des choses. S'il y a du silicium, c'est impossible. Ça ne peut venir que du vivant, la conscience. Il y a d'autres choses comme le panpsychisme. Là, on rentre dans l'exotique. Je vous invite à aller voir. Mais en fait, le pampsychisme considère que la conscience pourrait être une propriété fondamentale de la réalité comme une masse ou comme une charge électrique. La conscience serait plus considérée comme la masse. Est-ce qu'il y a des substances illicites ? Mais en fait, tout système aurait une forme de proto-conscience ou pampsychisme. Même le mot est dur. Et il y a l'illusionnisme, c'est un peu provocateur. En fait, c'est qui dit que la... La conscience, c'est un peu phénoménal. Et en fait, c'est une illusion. C'est-à-dire que c'est nous qui la construisons parce qu'on n'a rien compris à ce que j'étais. Et en fait, on s'invente un terme, la conscience, mais ça n'existe pas vraiment.
- Speaker #1
C'est facile, ça n'existe pas. Du coup, il n'y a pas besoin de le modéliser.
- Speaker #0
Il n'y a pas besoin de le modéliser. Et en fait, c'est un tour de magie du cerveau. Une expérience de pensée qui s'appelle le zombie philosophique, pour comprendre un peu ces enjeux de conscience, imaginez qu'on fasse un Pierre 2 qui est exactement le même physique de l'extérieur en fait, si tu mets Pierre 1 et Pierre 2 à côté, on ne pourrait pas différencier Pierre 1 et Pierre 2, même dans le comportement dans ses émotions et tout. Sauf que Pierre 2 serait entièrement un robot, il serait composé de cartomères de puces, des moteurs avancés en fait, de cerveaux moteurs avancés on ne pourrait pas les différencier les deux. Sauf qu'il y en a un, c'est le Pierre avec le vivant qu'on connaît et qui a priori une conscience, c'est le deuxième, on sait pas. Déjà la première question de ce zombie là c'est est-ce que ce serait possible de construire une machine qui réagirait exactement comme Pierre qui quand on lui dit quand on lui le pince en fait il dit j'ai mal mais sauf que c'est juste une réaction à une fonction j'ai mal, si en fait on lui dit ok t'as fait une bêtise, bah en fait il peut avoir honte, tu vois, enfin je veux dire exactement comme un humain sauf que à l'intérieur, ce ne seraient que des fonctions, des pièces électroniques et juste de l'ingénierie avancée. Déjà, en fait, la question c'est, est-ce que ce zombie est concevable ?
- Speaker #1
Si on répond oui,
- Speaker #0
en fait, ça veut dire qu'on admet que la conscience, c'est quelque chose, en plus du comportement et du fonctionnement physique. Si on répond non, alors on pense que la conscience est nécessaire au fonctionnement. C'est-à-dire qu'un robot ne pourrait pas être aussi avancé qu'un pierre s'il n'a pas de conscience. Et ça, c'est une expérience de pensée. Alors chaque expérience de pensée autour des neurosciences sont très controversées. On trouve toujours un angle d'attaque qui est un peu particulier. Mais en tout cas, je trouve que c'est intéressant de se poser la question.
- Speaker #2
Si tu le formules comme ça, tu peux le voir comme étant de dire est-ce que cette notion de conscience peut être réduite à un calcul ?
- Speaker #0
Voilà, exactement.
- Speaker #2
Par contre on sait que tout n'est pas calculable. Est-ce qu'on rentre dans le fait de dire est-ce que la conscience peut être réduite à un calcul ?
- Speaker #1
La question aussi qui peut se poser c'est tout n'est pas calculable aujourd'hui avec les connaissances actuelles, est-ce que demain ça le sera ?
- Speaker #2
Ah non, mais il y a les travaux de Turing qui ont montré que tout n'est pas calculable.
- Speaker #1
Oui, mais est-ce qu'on peut la simuler autrement ? C'est pas calculable, mais comme un avion vole et qu'un oiseau vole,
- Speaker #0
est-ce qu'on pourrait l'obtenir d'une manière un peu différente ?
- Speaker #2
Bah du coup tu parles pas de la même chose.
- Speaker #0
Oui, mais en fait on arriverait à un même concept.
- Speaker #2
D'accord, ok. C'est comme dire... Je ne sais pas ce que tu veux dire.
- Speaker #0
On n'a pas cerveau et main et neurones artificiels, oui on ne parle pas de la même chose.
- Speaker #2
Mais ok, donc du coup sur cette thèse-là, tu pourrais arriver à dire qu'on peut imiter suffisamment, de façon suffisamment rapprochante toutes ces questions d'intelligence et de conscience avec des machines. Ce qui ferait que ça deviendrait très compliqué, voire impossible, de distinguer vraiment un humain d'un robot.
- Speaker #0
Peut-être.
- Speaker #2
Un humain ou une machine, je mets de côté les complexités de faire l'interface graphique.
- Speaker #0
Si je vais un peu plus loin dans le sujet, parce que j'ai trouvé ces expériences qui étaient intéressantes et qui remettent en cause toutes ces expériences-là, ces préconçus qu'on peut avoir sur la conscience. Il y a une maladie qu'on appelle le blind sight, la vision aveugle. En fait, il y a des patients qui ont des liaisons dans le cortex visuel, c'est-à-dire qu'ils ont l'œil qui fonctionne et toute la connexion entre l'œil et le cerveau qui fonctionne. Mais par contre, ils ont une partie du cerveau qui ne capture pas l'image. on va dire, d'un œil particulier. Sur ces patients-là, en fait, on leur a mis un cache-œil sur l'œil où... Enfin, on a séparé les deux yeux, on va dire. Et donc, ce qu'ils voient d'un œil, ils ne voient pas de l'autre et vice-versa. Et en fait, on leur a fait passer sur la partie qui sont censées rien voir, des objets ou alors des formes... Enfin, des objets qui vont dans des sens, donc en mouvement, vertical ou horizontal, ou des formes d'objets. Et on leur a demandé de deviner ce qu'il y avait, en fait... dans l'œil où ils ne voyaient rien. Et en fait, ils répondent. Et en fait, ils répondent suffisamment correctement pour que ça ne soit plus considéré comme du hasard. C'est-à-dire que la plupart des réponses étaient à 80% de bonnes réponses. Donc en fait, on a considéré que ce n'était pas du hasard et que malgré qu'il n'ait aucun ressenti visuel intérieur, vous voyez ce que je veux dire, c'est difficile à décrire, mais qu'on ne le voit pas, et du coup, ils se disent « ça semble être un rond » , Cette sensation-là, c'est étrange, mais a priori, l'œil a perçu quelque chose que le cerveau a capté, mais complètement dans le noir. Ça, c'est déjà une expérience que je trouve intéressante.
- Speaker #3
Mais c'est parce qu'ils savent déjà ce qu'est un rond avec l'autre œil quand même. C'est parce qu'ils en ont déjà vu. Oui, a priori. Par rapport à quand tu racontais celle qui était dans le noir et blanc et qui découvrait le rouge,
- Speaker #0
ce n'est pas la même chose encore. Mais tout à l'heure, c'était une expérience de pensée. Là, c'est la réalité.
- Speaker #2
Moi, j'avais lu des choses comme quoi il y avait une plasticité du cerveau qui faisait que si tu as des zones du cerveau qui sont atteintes, tu pourrais par exemple développer des capacités ailleurs dans le cerveau. Tout à fait. Et l'inverse est vrai aussi, c'est-à-dire qu'on voit des gens qui sont sourds, en fait, qui sont fonctionnellement sourds, c'est-à-dire que l'oreille ne marche pas, donc... Le cerveau fait autre chose avec ces neurones-là qui étaient dédiés au son.
- Speaker #0
Tout à fait. Et d'ailleurs, il y a même des maladies très étranges. Il y en a qui disent percevoir le son avec les yeux. ça c'est une maladie psychologique que j'ai vu passer, c'est super étrange c'est méta mais en fait ils disent ressentir du son avec le visuel alors là je vous dis ça dépasse tout ce que je peux concevoir vous pouvez taper, c'est une maladie psychologique qui existe de percevoir du son avec les yeux c'est des hallucinations ? non je ne saurais pas décrire parce que ça les perturbe vraiment beaucoup, je ne saurais pas dire c'est quoi la perception ok Mais en fait, c'est surtout cet aspect-là de dire... Parce que oui, en fait, que le cerveau... Vous savez, les aveugles, comme dit Younout, au bout d'un moment, ils arrivent à percevoir la pièce en 3D juste avec certaines sensations qu'ils ont. Le déplacement de l'air, j'en sais rien. Mais en fait, il y a quand même une sorte de carte mentale qui se développe intérieurement de ça. Ils ne voient pas... En fait, il y a quelque chose qui se passe dans leur cerveau. Vous savez, le fameux « moi » qui me parle dans ma tête, là ? En fait, ils perçoivent quelque chose quand même. Alors que là, c'est une expérience nouvelle. C'est comme si... Je ne sais pas, c'est une intuition. Ça se passe dans le noir. C'est ça qui est un peu étrange. Voilà, ça reste du mystère. Mais voilà une expérience. Il y a une autre expérience. Je ne sais pas si vous avez déjà lu des romans autour de la psychiatrie il n'y a pas si longtemps que ça, 100 ans, 150 ans. C'était assez hard. Et pour soigner l'épilepsie, on faisait un truc en fait. En fait, on sectionnait le corps caleux. Donc en fait, le corps caleux, c'est ce qui relie l'hémisphère droite et l'hémisphère gauche de notre cerveau. Pour soigner cette épilepsie, les patients continuent à vivre après ça. Sauf qu'il se passe un truc un peu étrange. C'est comme s'il y avait deux personnalités qui se... En fait, il y a toujours la même personne qui a vécu 30 ans et qui a une expérience sur ces deux hémisphères qui ont été enregistrés. quand on les sépare. Déjà, il faut savoir que même si ce n'est pas général, ça ne s'applique pas à tout le monde. L'air du langage, c'est à peu près toujours dans le même hémisphère. Je crois que c'est l'hémisphère gauche, je ne dis pas de bêtises. Il y a l'air motrice, les choses comme ça qui sont dans un autre hémisphère. Il y a des fonctions, des zones qu'on arrive à peu près à savoir où se trouve dans le cerveau. Et en fait, là, quand on le coupe, c'est-à-dire que la partie langage est décorrélée d'une autre partie. Typiquement, on sait que les yeux, chaque œil en fait, est connecté à un hémisphère différent. Souvent à l'inverse d'ailleurs, l'œil droit est connecté à l'hémisphère gauche, l'œil Ausha l'hémisphère droit, en grande partie. Et bien en fait, il se passe un peu des réactions contradictoires. C'est-à-dire que si on leur dit « dis-moi quel est l'objet carré » , et bien la main qui est connectée à l'hémisphère droit, qui n'est pas l'air du langage, va attraper autre chose par rapport à ce qu'il a perçu de son œil. alors que dans le langage en fait il a perçu lui, on lui a bien dit rond mais en fait sa main droite va percevoir quelque chose d'autre qui voit une balle devant lui qui est ronde en fait il va attraper le truc rond déjà il y a un truc qui se pose quoi, c'est à dire que déjà les mecs continuent à vivre, est-ce qu'on considère qu'il y aurait deux consciences ? Est-ce que la conscience n'existe pas ? Est-ce qu'il y a quand même... C'est très bizarre en fait ce split brain là c'est une expérience qui est complètement hallucinante Il y a une autre Une autre maladie qu'on appelle l'hydrocéphalie, c'est quand... En fait, au scanner, c'est vraiment arrivé. Il y a une personne qui est passée au scanner et en scannant, ils se sont aperçus. Mais attends, il n'y a pas de cerveau. En fait, il y a du cerveau, mais elle était collée à la paroi. Je ne sais plus pour quelle raison. Je crois qu'il a vécu dans une caisse sur pression toute son enfance, un truc comme ça. Et en fait, le cerveau s'est développé sur toute la paroi, mais de manière très fine. Donc tout le reste est vide. Donc 90% de la boîte crânienne était vide. Et pourtant, cet homme-là, c'était un employé de l'administration. Alors je vous vois arriver, vous pouvez faire des blagues. Vous pouvez faire des blagues à ce sujet, j'ai très rigolé aussi. C'est une personne qui travaille à l'administration, qui a une vie normale, a une femme, a des enfants, etc.
- Speaker #1
Bon,
- Speaker #0
il n'avait pas, après les tests, il n'avait pas le QI d'Einstein. Mais en tout cas, il a vécu une vie normale alors qu'il a très peu de cerveau. Donc déjà, ça explique une problématique. neuroplasticité qui est impressionnante, parce qu'avec très peu de cerveau, il a réussi à développer quand même énormément de capacités. Mais surtout, on pourrait se poser la question « mais combien de pourcentage de cerveau on a besoin pour la conscience ? » Et puis ensuite, pour terminer, la conscience animale, il y a des neuroscientifiques qui ont signé une déclaration, la déclaration de Cambridge, qui dit qu'il y a de nombreux animaux qui ont une conscience. Donc les mammifères, les oiseaux, les pieuvres... ils possèdent probablement des substrats neurologiques d'une conscience. Donc si la conscience n'est pas réservée aux humains, si elle a émergé plusieurs fois dans l'évolution, qu'est-ce que ça nous dit sur sa nature ? Allez, en conclusion, parce que j'ai parlé pas mal. Qu'est-ce qu'on retient de tout ça ? D'abord l'humilité. C'est un domaine qui est un peu avant-gardiste, si on peut dire ça. Même la recherche n'a pas les bonnes théories, les bonnes définitions, les bons outils pour expliquer la conscience ou l'intelligence biologique. On a des théories scientifiques qui s'affrontent, des positions philosophiques qui sont inconciliables. On a un hard problem. le problème difficile de la conscience, on ne sait même pas comment attaquer. Et c'est pour ça que les débats sur l'AGI me frustrent autant. C'est parce qu'en fait, on parle de créer une intelligence artificielle générale, parfois avec en fait une conscience artificielle, mais on ne comprend même pas nous les concepts de base de ça. Alors, la vraie question, si une EA devient suffisamment puissante, générale et flexible, est-ce qu'elle sera consciente ? Est-ce qu'elle devra l'être pour être vraiment intelligente, considérée comme intelligente ? ou est-ce qu'on peut avoir juste une super intelligence sans aucune expérience intérieure ? Un zombie philosophique en silicium, un Pierre II en silicium. Ces questions ne sont pas de la science-fiction parce qu'en fait elles vont déterminer comment on construit ces systèmes et comment on les traite et quels droits on pourrait accorder si un robot a une conscience et qu'il faudrait lui raccorder des droits. Est-ce qu'on pourrait les faire souffrir ? C'est ce qu'on explorera dans un prochain épisode parce que j'ai encore plein de choses à vous dire sur l'AGI et en fait, il y a beaucoup de chercheurs et énormément de personnes scientifiques qui se posent des questions. Et du coup, ça me fait juste mal quand je vois sur LinkedIn qu'on dit « Non mais la G.I., ça va arriver dans 5 ans. » Et pour OpenAI, c'est comme ça. Parce qu'en fait, vous avez bien compris déjà comment vous positionnez scientifiquement, philosophiquement. Ça veut tout et rien dire. Donc ça peut vouloir dire que c'est juste un zombie philosophique sans conscience ou ça peut être plus où ça a besoin. En fait, c'est pas clair déjà dans les termes. Et ça me tue parce que c'est un sujet qui est super important. Ça va toucher énormément de domaines, ça a touché déjà énormément de domaines, que ce soit économique, militaire, que ce soit géopolitique. Ça va être dans l'éducation, ça va transformer les entreprises. Mais en fait, de parler de ça à tout va, je trouve que ça rajoute énormément de confusion et c'est un peu dommage.
- Speaker #2
Tu sais, ça n'engage que ceux qui y croient. Après, c'est... Je me suis fait une idée par rapport à ça, par rapport à ce que fait le marketing. Le marketing prend un concept mal défini et dit vous aurez de l'AGI dans 5 ans. Et bien dans 5 ans je prends ce que j'ai dans mon logiciel et je vous dis ben voilà c'est ça l'AGI.
- Speaker #0
Et je vous le vends.
- Speaker #2
Voilà et je vous le vends. En fait voilà c'est magique.
- Speaker #0
Super, je ne sais pas si vous avez des questions sinon on va pouvoir passer. passer à la partie recommandations.
- Speaker #2
Elle veut passer en recommandations.
- Speaker #0
Passer en recommandations. Proto, est-ce que tu peux lancer la partie recommandations ? Ok, je vais commencer par Pierre ce coup-ci. Est-ce que tu as des recommandations ?
- Speaker #1
Moi, je vais faire une petite recommandation qui est dans mon domaine, enfin dans... dans mon hobby principal qui est la domotique. Il n'y a pas longtemps, j'ai fait construire une extension dans la maison et je me suis demandé comment faire pour pouvoir domotiser un maximum de trucs à des tarifs d'une manière générale le moins cher possible parce qu'on sait bien que la domotique ça peut aller très vite, faire passer des câbles partout, des baies de brassage...
- Speaker #0
Attends, juste pour situer les auditeurs, Pierre a connecté ses toilettes.
- Speaker #1
Ah... pas vraiment connecté,
- Speaker #0
c'était mon premier truc mettre de la musique quand on allume la lumière c'est pas le truc principal quand tu rentres dans ces toilettes la musique s'allume au cas où il y a des invités c'est assez pratique une petite ambiance ça défend un peu le sphincter bon
- Speaker #1
ok ça marche donc du coup je me suis posé un peu la question j'ai regardé un peu ce qui se faisait j'ai déjà dû au m'assistante à la maison Comme assistante, c'est un serveur domotique qui est assez connu et assez répandu aujourd'hui. Il n'y a pas trop d'alternatives. Il y en a, mais elles sont vieillissantes. Et à côté de ça, j'ai mis du Zigbee. Le Zigbee, c'est un protocole. J'en parlerai peut-être dans un autre épisode. Mais ça permet d'avoir des modules. J'ai mis plein de modules qui vont me permettre de... de connecter mes lumières, d'avoir la température, d'avoir des notifications quand les portes s'ouvrent, de mettre des... des compteurs énergétiques au niveau du tableau électrique. Et en fait, tout ça pour 100 à 150 euros, on peut avoir un système qui est assez complet. Donc vraiment, c'est quelque chose que je recommande. Ça ne demande pas trop de connaissances. Moi,
- Speaker #0
je suis intéressé par le sujet. En tout cas, que tu développes ça parce que j'ai des questions après.
- Speaker #1
Évidemment. Donc du coup, voilà, c'est vraiment le... Petit truc que je vais recommander, sachant qu'il y a d'autres... Ce n'est pas du Zigbee, mais ce sont des ampoules connectées typiquement sur Action qui vont permettre de mettre du rouge, du bleu, de tout piloter. Pour 12,50 euros, il y en a trois. On est passé dans la domotique qui devient vraiment pas cher et facile.
- Speaker #3
Tu peux faire une boule disco dans tes toilettes.
- Speaker #1
Non, là, ce n'est pas pour les toilettes. C'est juste pour des appliques, mais ça coûte vraiment de moins en moins cher. Donc voilà, pour...
- Speaker #0
Attends, Pierre m'a parlé d'un truc quand même. Je crois que... Je pense que Younoud va être d'accord avec lui. Il veut connecter sa machine à café pour que quand il se lève de son ordinateur, son café soit prêt et qu'il n'attende pas le temps de préparation.
- Speaker #1
Oui, oui, moi je veux ça. Ça, ce sera un des futurs projets. J'ai une petite machine à café derrière. Donc du coup, juste manière de cliquer. La machine qui s'allume et qui lance le café derrière. C'est clairement un projet. Je pourrais peut-être en parler plus tard.
- Speaker #0
Peut-être qu'avec Pierre 2, il pourra te le ramener à ton bureau, ça se trouve.
- Speaker #1
Non, mais ça va arriver. Donc voilà, il faut finir. J'en ai eu pour une centaine d'euros pour tout domotiser mon extension. Donc voilà,
- Speaker #0
trop bien. Est-ce que Montaigne, tu as des choses à nous partager ?
- Speaker #3
Elle est complètement différente, mais c'est ça l'intérêt d'être plusieurs. Moi, c'est un bouquin que j'aime bien lire. et de tout type de lecture. Donc là, je vous ai ramené un truc qui s'appelle « Le mensonge suffit » de Christopher Bouix. Alors, je me balaie dans la librairie puis c'est juste la quatrième couverture qui m'a intriguée. Donc je vous la lis, ça tient en quatre lignes. Un homme, Ethan Shensei, un androïde, Milo128, 120 minutes d'interrogatoire, à l'issue le vote du public, sur une simple question, qui dit la vérité ? Donc en gros, c'est un huis clos avec ses lias classiques qui est là en tant que... Enfin, qui interroge pour derrière avoir... Bon, après, c'est le côté un peu... Vous savez, comment on dit en live ? Enfin, la Starac, tous ces trucs-là. La Starac sur un interrogatoire, quoi. Et à la fin, tu votes... Réalité show, quoi. Ouais, réalité show, c'est ça. Et donc, sympa à dire. J'ai rien appris d'un point de vue scientifique ou technique sur les IA, etc. C'est plutôt une expérience de pensée. Donc c'est intéressant. Qu'est-ce que ça pourrait devenir dans notre société ? Et c'est rigolo parce que là, tu entends parler aussi David. Je me suis dit, tiens, est-ce que cette IA qui fait l'interrogatoire, elle a une conscience ? J'ai l'impression que ça me donne moins en ayant lu le bouquin. Pas trop, mais je veux bien, s'il y en a qui s'intéressent, ça m'intéresse d'avoir vos retours. Et après, c'est assez sympa à lire. Et il y a toute une partie avec des pubs. Parce que vous savez, il y a des... Comme dans tout réel éthique show, il y a des pubs à intervalles réguliers au milieu de l'interrogatoire. Parce que bon, les gens, il faut que vous butiez quand même. Ça rapporte de l'argent cette histoire. Et elles sont assez grinçantes, j'ai trouvé. C'est bien fait, c'est rigolo. C'est sympa à lire et rapide.
- Speaker #0
Et du coup, ça t'a fait peur ou pas ?
- Speaker #3
Est-ce que ça m'a fait peur ? Sérieusement, si on en arrive là, c'est que ma société ne va pas bien. Non mais en fait c'est pas trop le côté interrogatoire par une IA, c'est ce côté reality show qui me poserait problème. Interrogatoire par une IA à la rigueur peut-être que l'IA va poser des questions plus objectives, c'est peut-être un peu moins subjectif que ce qu'il pourrait y avoir dans un interrogatoire. Après derrière j'espère bien qu'il y a un juré, c'est pas des enchères avec des pubs au milieu.
- Speaker #0
C'est plutôt ça qui me poserait problème.
- Speaker #3
J'y avais pas pensé, c'est presque plus le côté reality show qui me pose problème que l'IA.
- Speaker #1
Merci beaucoup. Est-ce que tu avais quelque chose d'autre ? Science fiction ou dystopie ?
- Speaker #3
Ouais, la section de dystopie peut-être proche, je ne sais pas.
- Speaker #0
Est-ce que Younout, tu as des choses à nous présenter ?
- Speaker #2
Pas pour cette fois. Je passe mon tour. À la prochaine.
- Speaker #0
Moi j'ai un mec là qui me plaît bien, qui est un neuroscientifique, qui est plutôt côté lui psychologique. écologie, si je ne dis pas de bêtises, qui s'appelle Albert Moukébert. Et vraiment, j'aime beaucoup ce qu'il fait sur YouTube. Il a écrit un livre qui s'appelle Neuromania et en fait, il pose tout avec beaucoup de... Il met beaucoup d'eau dans son vin et il ne prend pas partie comme beaucoup prennent partie sur YouTube en disant l'IA, ça va être bien, ça va être pas bien, etc. Il pose vraiment... Enfin, il pose beaucoup de choses scientifiques, philosophiques, en nous invitant à aller lire les choses qu'il y a derrière ça et en nous questionnant nous-mêmes. Et voilà, je trouve qu'il a un point de vue qui est super intéressant. Et sur YouTube, vous allez le retrouver plein de fois et il est assez accessible comme mec. Voilà, Albert Moukébert. Inut t'as levé la main, ça veut dire que t'as retrouvé un sujet ? Non non C'est lieu de faire marcher la lumière Inut est dans le noir depuis tout à l'heure Là il va sortir de sa cage En tout cas merci beaucoup les amis C'était un vrai plaisir d'échanger avec vous J'espère que ça vous a plu Et que ça a plu à nos auditeurs On se retrouve à bientôt Ciao ciao Salut
- Speaker #1
Ciao !