- Speaker #0
Hello, moi c'est Myriam, bienvenue sur le podcast T'inquiète je me débrouille où on explore ce moment où l'on découvre les galères de l'âge adulte et qu'on doit les gérer. Toutes les deux semaines j'échange avec des personnes au parcours réel et aux expertises utiles pour nous donner un autre regard sur cette période de vie floue.
- Speaker #1
Welcome to the real world ! It sucks ! You're gonna love it !
- Speaker #2
Je sais pas quoi faire, j'ai besoin d'un adulte ! Je suis un adulte ! J'ai besoin d'un adulte et plus d'adultes ! Comment on devient adulte ? Je sais pas, j'ai l'impression que quand on était enfant, juste on jouait aux adultes. Et après on s'est pris trop sérieusement au jeu.
- Speaker #3
Faut juste que je trouve un moyen de grandir sans pour autant devenir aussi assommante que les adultes.
- Speaker #4
We're adults, when did that happen and how do we make it stop ?
- Speaker #0
Bonjour et bienvenue sur le podcast 5H je me débrouille. Aujourd'hui je suis avec Adama Bathili qui est acteur et sport du cinéma français et qui est également qui travaille au service jeunesse de Jeanne Villiers où on s'est rencontré. Moi ce qui me plaît en fait c'est pourquoi j'ai voulu t'inviter dans mon podcast parce que je trouve que t'incarnes le côté sympa de l'âge adulte. que vraiment tu as le côté responsabilité et aspiration au rêve. Et c'est vraiment pour ça que j'ai voulu qu'on se rencontre aujourd'hui. Comment ça va Damar ?
- Speaker #5
Ça va et toi ? Merci pour l'invitation. Très content d'être ici. Merci pour tes mots. Ça fait plaisir.
- Speaker #0
Avec plaisir. Quand on parle de toi, on parle d'acting, on parle de cette double vie un peu que tu as, de fonctionnaire, d'une personne pleine d'humilité et résiliente. Mais comment toi tu te définis ?
- Speaker #5
C'est exactement ça en fait. C'est avoir une double vie, un touche à tout. J'ai fait pas mal de choses qui m'ont construit, qui ont fait ce que je suis aujourd'hui. Voilà, papa comblé, qui a essayé de réaliser plein de petits rêves.
- Speaker #0
Et t'en as réalisé plutôt pas mal pour l'instant.
- Speaker #5
T'es fier de toi ? Je suis fier de moi. Je commence à être fier.
- Speaker #0
C'est vrai ?
- Speaker #5
Ouais, ça commence.
- Speaker #0
Pourquoi tu commences tout juste ?
- Speaker #5
Parce que, une paroche, je pense que je me cherchais. J'ai trouvé ma voie. Toujours un petit coup d'inachevé. Mais quand je suis une personnalité où... J'ai une personnalité qui fait que j'ai du mal à regarder le rétro. J'ai beaucoup de mal, en fait.
- Speaker #0
Tant mieux, tu regardes devant. Oui,
- Speaker #5
mais des fois, de temps en temps, on me fait le reproche de me dire « Écoute, Adam, regarde ce que tu as fait déjà, pose-toi et regarde ce que tu as fait et sois fier de ce que tu es aujourd'hui. » C'est dans ce sens-là. Oui,
- Speaker #0
mais c'est une grande question de la fierté, de se dire à quel moment... J'ai mon plein et je suis à 100% et comment j'y arrive aussi.
- Speaker #5
Je crois que je n'y ai pas.
- Speaker #0
Après, je pense qu'on a toujours envie de plus aussi. C'est aussi pour ça qu'il faut faire ça, stay by stay. Comme je l'ai dit en introduction, tu as une double vie dans ton métier. Pourquoi tu as choisi de mener cette double vie ?
- Speaker #5
D'abord, pour commencer, c'est que je voulais une stabilité. Parce que j'ai toujours travaillé. J'ai été entraîneur de rugby, j'ai été animateur à la mairie de Saint-Denis. afficheur pour... pour le service com, le service jeunesse. Moi, il fallait ma stabilité, déjà, pour remplir le frigo de la maison de chez ma mère. Par la suite, j'ai été responsable très tôt, en fait. C'est dû à ma vie, perso, comme tu as pu le voir dans le reportage. La peur de mon papa. Je n'ai pas eu une enfance facile. Du coup, ça m'a permis d'être dans la vie active. Le cinéma, c'est ma passion.
- Speaker #0
Mais tu pourrais dire... Aujourd'hui, tu es apparu dans plein de films incroyables, Triomphe, Pac-Massila, Narvalo, des films de renom. Tu pourrais dire, je me focus là-dessus, et en fait, tu viens à plein poumon, enfin, je n'ai pas l'impression.
- Speaker #5
Oui, à part la passion, mais en fait, moi je suis très lucide, je suis très bien entouré, j'ai préféré avoir la sécurité de l'emploi, la tête sur les épaules et les pieds sur terre, parce que c'est un milieu qui est très aléatoire. Le milieu artistique, et tu travailles pas tout le temps. Ça c'est que dans les réseaux qu'on te fait croire que tu travailles tout le temps. Et tu travailles pas tout le temps en fait. Moi j'accepte pas tout, dû à mon éducation, dû à l'éducation que je donne à mes enfants, parce que j'en ai trois. Je donne l'éducation que j'ai eue avec l'évolution et notre époque aussi. Et je veux pas faire tout le contraire pour de l'argent et pour un moment de gloire. Parce que demain je suis plus là, on m'oublie. Tu vois ce que je veux dire ? Par contre ça, ce que... Ce que je construis et ce que je veux leur transmettre va rester. En tout cas, je l'espère. Je préfère être clair avec moi-même, avec mes convictions, mon éducation et l'éducation que je donne à mes enfants, être droit avec mes droits de basket, que faire des choses qui ne vont pas me plaire et que je vais regretter dans quelques années et peut-être avoir le boomerang qui va revenir en pleine face.
- Speaker #0
On va en parler de la réalité de ce métier-là, parce qu'il n'est pas facile. C'est vraiment un métier de passion et parfois ça fait rêver, mais il y a une réalité. Mais j'aimerais revenir un peu sur ta période de rugby. Est-ce que c'est ça qui t'a préparé à la vie ? Ça fait partie, oui.
- Speaker #5
C'est un des fondamentaux. Ça fait partie des bases. Franchement, j'ai rencontré une famille, je suis très proche d'eux. Tous les dimanches, je vais les voir jouer. quand j'ai vu Le club c'est ma deuxième famille, ça fait partie de mon enfance, de ma construction. Ils ont été très très très présents à la perte de mon papa. Ils m'ont soutenu, je suis encore très proche de mon parrain Marco, que tu as vu dans l'emportage, et qui je suis très très proche. Le rugby, ça m'a permis de construire, d'être aussi dans la vie active, parce que c'est ma première passion, et j'étais entraîneur à 15 ans. J'ai eu des jeunes assez tôt, mineurs en plus, mais j'ai eu des jeunes qui ont aujourd'hui 26, 27 ans, par exemple.
- Speaker #3
Donc tu les as un peu suivis.
- Speaker #5
Je les ai suivis. Il y en a qui ont signé pro, il y en a qui me remercient aujourd'hui. Il y en a d'autres qui me voient en exemple. On t'a vu, t'étais notre entraîneur, on te voit à la télé aujourd'hui. C'est gratifiant, ça fait plaisir. C'est une grande fierté. Le rugby, c'est la base de tout. J'ai trois passions. C'est le rugby, la boxe et le cinéma. La boxe anglaise et le cinéma. Tout est lié.
- Speaker #0
Est-ce que c'est des ressources que tu as trouvées ? Parce qu'à 9 ans, tu perds ton père dans des conditions assez compliquées. Est-ce que c'est à ce moment-là où tu deviens un adulte et que tu te dis, il faut que je trouve des remparts, des piliers, d'autres piliers qui vont me permettre de grandir ?
- Speaker #5
Bizarrement, ça s'est fait naturellement. Ça s'est fait naturellement parce que juste avant moi, j'ai un frère. Il a pas eu la même réaction que moi à ça. C'est que lui, il était hyperactif, speed. Et lui, il a fait les 400 coups. Mais moi, suite à ça, j'ai été nourri de ça, mais de l'autre sens. C'est que j'ai été bien entouré et j'ai vu, à travers ça, j'ai vu ce qu'il fallait faire, ce qu'il ne fallait pas faire.
- Speaker #0
D'accord. Tu as appris à travers les actes de ton frère.
- Speaker #5
Voilà. Côté de ça, je n'incrimine pas, mais ce que je veux dire par là, c'est que moi, ça a été une source pour avoir le bon comportement, une bonne posture, bien s'entourer. être sérieux au travail. J'ai su cibler les bonnes personnes. Ça m'a fait en sorte d'être très mature, très tout et très responsable, en fait.
- Speaker #0
Cette maturité dont tu parles, tu penses que tu l'as eue quand ? À quel moment ?
- Speaker #5
Franchement, je ne sais pas, l'année d'après. 2001, 2002.
- Speaker #0
Juste à 10 ans, quoi.
- Speaker #5
Oui.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #5
Je pense.
- Speaker #0
Parce que tu as eu tes premières responsabilités aussi, à ce moment-là ?
- Speaker #5
Oui, par exemple, je gardais mes deux petits frères quand ma mère faisait des marches administratives parce qu'on est repartis à zéro avec ma sœur. Du coup, le fait que tu gardes tes petits frères, ton petit frère de deux ans et demi, ton autre petit frère, le premier qui est juste après toi et qui a six ans, tu te dis...
- Speaker #0
T'es plus un enfant. T'as pris 10 centimètres en un an. Et tu te dis, je dois vraiment mettre en place des choses pour... pour me gérer et gérer les autres. Et même,
- Speaker #5
tu es un exemple pour ceux qui arrivent. Donc tu te dois d'essayer d'avoir le bon comportement.
- Speaker #0
D'assumer.
- Speaker #5
D'assumer, exactement. On ne me l'a pas imposé, ça s'est fait naturellement.
- Speaker #0
Mais je pense que ça se fait naturellement dans plusieurs familles, de se dire quand tu es l'aîné ou un des aînés, de t'occuper un peu de tes jeunes frères ou sœurs. Ça se fait naturellement parce que tu ne sais pas déjà que tu peux dire oui ou non. Mais qu'après, tu le remarques plus tard dans ta vie. Est-ce que toi, ça a été ton cas de le remarquer plus tard en disant j'ai été adulte tôt, j'ai été responsabilisé tôt ?
- Speaker #5
Là, je le remarque aujourd'hui. Je me dis que j'ai pas eu d'enfance, en fait.
- Speaker #0
Est-ce que tu as...
- Speaker #5
C'est un grand mot, pas eu d'enfance. C'est un mot fort, quand même. J'ai pas eu l'enfance que j'aurais pu avoir par rapport au fait de vie, mais qui a fait ce que je fais aujourd'hui.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #5
Du coup, le regard sur la vie, moi, il n'y a rien qui me... qui me choquent, qui me...
- Speaker #0
T'es beaucoup plus résilient et t'es beaucoup plus humble grâce à ça.
- Speaker #5
Exactement. On a tellement été confrontés à pas mal de choses parce qu'on a été frappés de plein faim, en fait, très tôt. Du coup, on s'est construit à travers ça. C'est devenu une force. Mais, non. J'ai l'impression que je suis là même. Ça m'a servi pour réconforter les personnes qui vivent la même chose que moi. Un outrage.
- Speaker #0
Une expertise entre les méga douleurs.
- Speaker #5
Exactement.
- Speaker #0
Tu as trois personnes qui ont marqué ton parcours. Et tu le dis souvent.
- Speaker #5
Caruana, c'est mon prof de théâtre.
- Speaker #0
Rachid Santaki et Amidialo. Est-ce que tu peux nous dire comment chacun t'ont marqué ?
- Speaker #5
Les trois, c'est mon parcours professionnel. Mais sur la vie, c'est d'autres personnes. Il y a Tonto et Kamel. Marco. Il y a Coco. Il y a d'autres personnes, mais c'est trois personnes et un boxeur qui est à l'étranger. Il y a plein d'autres, mais c'est ceux-là.
- Speaker #0
Et ça, c'est incroyable comment tu as réussi à t'entourer. Parce que dans le reportage, je te l'ai dit par téléphone, je me suis dit, mais toutes ces personnes que tu as mis en fin de reportage, c'est qui ? Et tu m'as dit, c'est toutes les personnes qui m'ont porté un peu.
- Speaker #5
Qui m'ont porté un peu, mais à la fin, ceux qui témoignent, il en manque beaucoup. Et ceux qui sont décidés, il y en a qui sont là et qui ne sont plus là. Donc c'est un hommage aussi ? Oui, à la fin, ceux qui disent, pardon, je reprends, ceux que je mets en hommage, qui ne sont plus là, il y a des personnes qui m'ont aidé, qui ne sont plus présentes, et il y en a d'autres que j'ai connues, que j'ai appréciées. J'ai une mémoire visuelle qui me... Comme je vis les choses à 200%, et je ne suis pas un ingrat, donc je retiens tout.
- Speaker #0
Ok, les trois personnes qui t'ont marqué du côté pro, comment elles t'ont marqué ?
- Speaker #5
Moi je t'explique, Ashish Antaki c'est un écrivain qui a écrit un livre, Les anges de Sabine Caïra, qui parle d'un voleur à la ruse, je crois qu'on m'a reconnu, Amine Betache, que je salue, et qui m'a connu très tôt. On avait fait avec Kamel Ambran une réunion à la maison de la jeunesse du centre-ville pour mettre la salle de boxe, d'où vient l'impression pour la boxe, la salle de boxe du quartier d'Ourdun. au nom de Fabrice Tchouzo, qui était champion du monde Milour, qui est en Seine-Saint-Denis. Et son frère, qui tenait cette salle, à refuser, a dit non, parce qu'il ne voulait pas. Du coup, ça ne s'est pas fait. Et c'est là que j'ai rencontré Rachid. Et Rachid, je l'ai revu au lycée Suger. J'ai des ateliers d'écriture. Et il me voyait partout, en fait. Quelqu'un très curieux, présent, à tous les événements, aux événements culturels, aux galas de boxe. Il s'est dit, c'est qui le petit Ranois qui est speed, comme ça, qui connaît tout le monde, des gens de ma génération ? Parce qu'Arachid est moi, elle a 19 ans d'écart. Il s'est dit, c'est qui lui qui connaît tout le monde, qui est speed, qui est curieux ? Il s'est renseigné sur moi, il m'a fait une dédicace dans son livre. Adama, dit le maire, qui ouvre et ferme les portes des cités. Parce qu'on m'appelait le maire avant.
- Speaker #0
Pourquoi on t'appelait le maire ?
- Speaker #5
Parce que je connais tout le monde dans sa nuit. C'est la maison, c'est déjà notre histoire personnelle. J'étais animateur, j'étais entraîneur de rugby, j'ai travaillé dans toute la ville. Et en fait, ce qui s'est passé, c'est que moi, j'ai gardé contact avec mes amis d'enfance. Et voilà, c'est fait naturellement. Notre famille, elle est très connue dans la ville de Sagné. On est très, très connus.
- Speaker #0
Comment tu y arrives à garder ce lien ? Parce qu'on parle à chaque fois des gens qui sont en Sarnie, qui manquent de réseau, etc. Mais toi, tu as réussi à te construire un réseau, même après, quand tu allais expliquer sur ta carrière d'acting.
- Speaker #5
Ma mémoire, je pense.
- Speaker #0
Ta mémoire visuelle ?
- Speaker #5
Ma mémoire visuelle, ma loyauté, ma reconnaissance.
- Speaker #0
C'est des clés importantes parce que chaque fois, chaque jeune vient me dire, oui, mais moi, je n'ai pas de réseau. En fait, c'est des clés de dire, tu te souviens des visages, tu te souviens des prénoms. Quand quelqu'un te rend service, tu es plutôt loyal, tu es reconnaissant, etc. Je pense que c'est ça, moi. C'est des clés un peu de soft skills, mais qui sont importantes. Et que toi, tu les as de façon très innée. C'est un vrai plus pour toi ?
- Speaker #5
Je n'arrive pas à oublier en fait. Tant mieux ! Tant mieux et comment te dire, j'aime garder les liens forts. Même si on ne se voit pas, on voit un petit message, on s'appelle, on essaie de se voir un petit morceau de temps en temps, même si c'est une fois par an. Mais garder ces liens-là, parce que je n'oublie pas ce que tu as fait pour moi il y a 10 ans, 15 ans, où on s'est rencontrés dans une période où la personne n'était pas bien et voilà, on a gardé un lien, un feeling. Ça me permet d'ouvrir des portes ou même de donner des coups de main à des personnes, de mettre un lien à des personnes et on crée une synergie qui fait que voilà. Moi, c'est naturel. C'est en moi et apparemment, j'ai pris ça de mon père.
- Speaker #0
Ok, c'est important ça.
- Speaker #5
Apparemment, chez moi, ma mère me dit que c'est ton père. Elle connaissait toute la terre. Toute la terre, elle le connaissait.
- Speaker #0
Tu arrives à fédérer autour de toi.
- Speaker #5
Voilà, j'essaye en tout cas, j'essaye.
- Speaker #0
C'est ce que tu as réussi à faire. À mon échelle. C'est ce que tu as réussi à faire aussi avec Laurent Caruana. En fait,
- Speaker #5
Laurent Caruana, ce qui s'est passé, c'est que Rachid, il fait le livre. Il sort son ouvrage et juste avant, on fait des vidéos pour qu'on voit le livre. Je m'invite au tournage, à la place du caca à Sany. J'ai une petite figuration, mais j'ai une petite phrase dans la vidéo et j'ai un déclic, je veux devenir comédien. J'appelle Amidialo qui est ma conseillère de rotation parce que je venais d'arrêter l'école. Il fallait travailler pour aider financièrement la maman. J'ai dit à Ami, ça y est je vais devenir comédien, je suis déterminé. J'ai fait un travail sur moi, j'ai pas joué beaucoup de poids, j'ai repris le sport, j'ai pris des cours de théâtre et tout avec mon prof. Et en fait c'est elle qui me présente le rang, qui me dit j'ai quelqu'un, il est pour toi. Parce que j'avais pas les moyens de faire les grands cours à Paris, cours Florent, Simon, enfin voilà. Elle me dit du coup j'ai quelqu'un pour toi, elle me présente le rang, que de foudre. Et c'est quelqu'un qui m'a beaucoup apporté. Il m'a donné des cours pendant trois ans gratuitement parce que j'avais demandé une aide au département avec la ville, qui s'appelle le dossier à tout jeune, qui avait été refusé. Il a vu ma détermination au sérieux. Comme je dis dans la vidéo, dans le documentaire, toutes les saisons, je prenais mes cours. Samedi après-midi, mes potes allaient régler des petites copines et tout. Les meufs, moi, je prenais mes cours et ça a payé deux, trois ans après.
- Speaker #0
C'était pas que tu t'imaginais comment, genre dix ans plus tard ? Parce que là, comment tu t'imaginais ? Quand tu prenais tes cours tous les samedis avec Laurent, comment tu disais que t'allais...
- Speaker #5
Franchement... C'est facile de dire parce que c'est fait. Mais mon plus grand rêve, déjà, c'était d'être papa. Avant toute chose, cinéma, pas cinéma, d'avoir mon petit travail, la sécurité de l'emploi, et d'être papa. Et la passion, ça marche, ça marche pas. En tout cas, j'aurais essayé, je me serais donné le moyen. Il y a un peu de tout.
- Speaker #0
Ça fait un beau cocktail.
- Speaker #5
Un beau cocktail, tu vois. C'est le plus important pour moi.
- Speaker #0
Est-ce que, parce que tu en parles, le fait que tu sois devenu père, ça t'a fait plus mûrir et ça t'a responsabilisé encore plus ? Ou c'est la même chose vu que tu étais déjà responsable, mature, etc. par rapport à tout ce qui s'est passé ?
- Speaker #5
J'ai un autre regard sur la vie, bien sûr que ça m'a plus mûri, c'est ce que je voulais en fait. Je ne sais pas comment t'expliquer, ce n'est pas une découverte et waouh, tu vois ?
- Speaker #0
C'était une destinée que tu voulais accomplir.
- Speaker #5
Exactement. Donc je savoure.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #5
À fond.
- Speaker #0
Parce que tu vois, parfois on se dit, oui, on arrive à 20 ans. Là, on commence à déjà se gérer soi-même. Et après, tu vois, quand on devient parent, on doit apprendre à gérer d'autres personnes.
- Speaker #5
Oui. Mes faits de vie, mon expérience me permettent d'avoir un autre regard. Et comme j'ai toujours rêvé que mon histoire fait que je ne peux pas conduire avec mon père.
- Speaker #0
T'avais tellement envie d'être papa parce que t'avais besoin de combler un manque. Et aujourd'hui, avec ton fils, tes enfants, et notamment avec ton fils, c'est le premier.
- Speaker #5
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Et donc, du coup, t'étais vraiment heureux parce que tu vis ces moments que t'as pas pu vivre avec ton père.
- Speaker #5
C'est exactement ça. Mais c'est exactement ça, en fait.
- Speaker #0
Tu vois, on parle de maturité. Et en fait, t'as trois trucs qui disent que quelqu'un est mature. T'as le développement vraiment de ta pensée un peu complexe. t'as le fait de mettre en place des actions pour toi-même et de te responsabiliser et t'as l'accès à la parentalité comme toi t'as passé le step de vraiment la parentalité toi je me demande s'il y a un avant après ou pas il
- Speaker #5
y a un avant après, oui clairement parce que t'es plus tout seul tout simplement tu réfléchis deux fois avant de faire quelque chose moi je suis tranquille, je suis calme Tu t'embrouilles au volant, tu dis à la personne, c'est bon, t'as gagné, merci.
- Speaker #0
Au revoir.
- Speaker #5
Au revoir. Tu vois ce que je veux dire ? T'es encore plus responsable et tu n'es pas tout seul. Ils ont besoin de toi. Et comme t'as vécu la perte de ton père très tôt et que tu es le plus longtemps possible avec tes enfants, auprès de tes enfants, les faire grandir, les voir évoluer, les accompagner dans leur cheminement, dans leur perspective, tu fais attention, tu fais beaucoup plus attention. quotidien.
- Speaker #0
À l'ambiance ?
- Speaker #5
À l'ambiance, c'est beaucoup dans la prévention. Je regarde beaucoup autour de moi, je suis quelqu'un qui analyse beaucoup. Et voilà, c'est tout. Après, sinon, allons-y.
- Speaker #0
Tu rêves d'incarner ton père, notamment.
- Speaker #5
Ça,
- Speaker #0
c'est un truc que tu as répété souvent. Comment des jeunes qui rêvent, eux, de devenir acteurs, comment tu pourrais leur expliquer un peu le process, ce process de devenir acteur ? Comment toi, tu l'as ?
- Speaker #5
Il y en a plusieurs. Déjà, pour finir avec Rachid, parce que ça va répondre à ta question. Rachid Santaki. Il me fait ça, justement, comme si ça rejoint avec un médialo. Il me présente le prof et je prends des cours de théâtre. Ce qui se passe, c'est que je suis curieux et moi, je suis quelqu'un qui apprend sur le terrain. Tout ce qui est théorie, ça ne marche pas avec moi. Ma personnalité fait que moi, il faut faire pour comprendre. Il faut que je fasse pour comprendre. Il faut que je passe à l'action. Quand c'est trop théorie, je suis une paire. C'est moi. Non mais sérieux !
- Speaker #0
Non mais je pense qu'il y a des profils comme ça et qu'ils ont besoin de théories, et qu'ils ont besoin d'actions. D'actions, tu vois,
- Speaker #5
des pratiques. Moi c'est la pratique, moi qui… la pratique. Je prends des cours, après je vis directement sur le terrain. Comme je l'ai dit dans le reportage, je passe des castings sur la figuration, figuration, figuration, silhouette, silhouette c'est quand tu fais de la figure, tu as une petite phrase à dire, on retient ou pas, mais tu n'es pas dans le casting, tu n'es pas dans le casting role. Et jusqu'au jour où une personne qui voit ma détermination sur un long métrage… et qui me présente un directeur de casting que je salue, que je remercie, Mohamed Belamar, qui me met sur deux, trois petits projets avec Amélie Duval, directrice de casting aussi, jusqu'au jour où je reçois un appel de Christophe de Charlotte, l'assistante de Mohamed. pour le rôle de... dans le film de K. Rone, Ne troue rien. Il y a 11 ans, avec Leila Bekchi, j'ai regardé vraiment un très très beau film. Et c'est là où je suis en panique, parce que c'est le rôle challenge, c'est un nouveau truc, c'est pas de la figuration, c'est pas de la silhouette. Là t'as un rôle, t'as un texte à prendre, casting, callback, et en fait j'étais déjà pris, j'étais déjà validé. C'était mes grands premiers pas en fait, dans le cinéma. Il faut s'acharner, il faut être curieux, il faut poser des questions, il faut fuiner, il faut se documenter. Il ne faut pas hésiter à rencontrer les gens, pas harceler les gens, mais les contacter, leur montrer que vous êtes déterminé. Surtout quand ils ne vous connaissent pas, ils aiment bien voir les nouvelles gueules en fait. J'ai travaillé, ça a payé et aujourd'hui je suis là devant toi. Franchement, chacun a un parcours différent, mais moi celui-là c'est le mien et ça a duré trois ans et demi. trois ans avant d'avoir mon rôle. Entre 2011, où je vais être comédien, et 2014, où je vais avoir mon rôle avec mon évolution et mon travail.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #5
oui.
- Speaker #0
C'est une question que je me pose. Tu rêves d'être tête d'affiche, au-delà de vraiment incarner ton père ? Je pense que tu écris là-dessus, ça tu l'as dit. D'être tête d'affiche dans un rôle où est-ce que t'es bien, et ça c'est OK aussi, t'es bien en traité de vie ?
- Speaker #5
Je vais être très honnête avec toi. Mon but à moi, c'est de vivre de mon métier. Mais il y a tellement de paramètres dans le milieu. Tu vas attendre ton tour, tu as des opportunités, ça passe, ça passe pas. J'ai eu la chance d'incarner un rôle qui s'appelle Adama Dukov et Greg Biman dans le film Random, qui est sorti sur Arte, c'est mon premier rôle, tête d'affiche. Mais moi, j'ai pas de chance à ce niveau-là. C'est tous les sorties, soit il y a un gros événement, soit il y a un attentat, soit il y a... C'est la vérité. Mais je suis là, dans le milieu où c'est qui je suis. ce que j'ai fait, j'ai un nom, et c'est le principal. Mais ce qui est bien aussi, c'est que je suis très lucide, j'ai la tête sur les épaules. Petite parenthèse par rapport à ça, c'est que ma double vie, je la kiffe, parce que j'ai vu des gens bankable pendant le Covid dans leur appartement, et les vues chez leurs parents. Parce que c'était compliqué. Moi, j'étais payé à la maison. La mère de mes enfants était enceinte de mon deuxième. Mais t'es négligé, payé, t'étais chez toi. Tu vois ce que je veux dire ? Donc, il y a la réalité de la vie. Et quand tu montes vite et tu crois que t'es arrivé, t'arrêtes tout ce qu'il y a autour. Et quand tu redescends, tu ne sais plus à quoi t'accrocher parce que tu ne t'es pas protégé. T'as pas un matelas. T'as pas un matelas. Voilà, t'as compris.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous parler de cette réalité ?
- Speaker #5
parce que c'est vrai qu'on fantasme sur la vie les paillettes la réalité c'est simple c'est que tu te bats pour faire tes heures intermittentes pour être payé toute l'année moi comme c'est un rêve comme je t'ai dit de me marier, d'avoir des enfants de m'installer aujourd'hui j'ai que mes enfants mais voilà tout va bien je peux subvenir à leurs besoins t'es serein je dors sur mes deux oreilles j'ai la sécurité de l'emploi Et quand vraiment, je serai dans une série récurrente où il y a une bonne somme qui rentre tous les temps par mois et que je peux me permettre de me retourner, je lâcherai mon boulot. Tant qu'il n'y a pas ça, je reste tranquille.
- Speaker #0
C'est pragmatique et réaliste sur la vie. Moi,
- Speaker #5
je ne me rends pas moi-même, bien sûr, parce que j'ai vu beaucoup de personnes, quand j'étais petit, vraiment au top. Aujourd'hui, ils n'ont plus rien. Ils se battent avec eux-mêmes. des gens, que ce soit des rappeurs, des acteurs. Aujourd'hui, il n'y a plus rien.
- Speaker #0
C'est une réalité. On parle souvent des survivants, un peu le biais du survivant. On ne voit que les gens qui ont percé. Et tu ne vois pas ce qui peut se passer, ou ceux qui sont un peu stables, etc. Et la réussite n'est égale que si tu es comme Léla et Baxi. Ou Marcy,
- Speaker #5
Vincent Cassel. Il y a quand même d'aller de travail. Ça fait 30 ans qu'ils sont là.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #5
On n'a pas tous la même destinée. Exactement. Je vais te donner un exemple.
- Speaker #0
Il y a
- Speaker #5
Sabroudin-Rosani que j'apprécie et j'ai rencontré Ousmane Elkaraz avec qui elle a tourné dans L'Esquive. Le premier film d'Abdelatif Keshouch. Je tournais à Sany en plus. À la maison. Ousmane Elkaraz, il y a une période où il a fini à la rue. Regarde où elle a fini. Sabroudin-Rosani,
- Speaker #0
oui. Ce n'est pas du tout la même destinée. Il y a un truc qui est drôle dans le reportage, c'est qu'à un moment, il y a Olivier Marchal. qui parle de toi et qui dit que t'as un talent de ouf, que t'as beaucoup de potentiel et que t'as un naturel et que t'as un jeu enfantin ouais ça t'a beaucoup marqué un peu pato un peu ouais mais t'as un jeu enfantin est-ce que c'est ta vibe du quotidien c'est pour ça ou c'est vraiment ouais je suis un peu comme ça je suis un peu je
- Speaker #5
peux être très mature, très posé très sérieux comme je peux être très gamin et Et je l'ai fait très bien avec mes enfants d'ailleurs.
- Speaker #0
C'est ce que je disais au départ, c'est que t'arrives à avoir cet équilibre.
- Speaker #5
Exactement.
- Speaker #0
Et qu'en fait, on se dit, tu t'as gardé une part d'enfant, parce que du coup, t'as des enfants et que tu joues avec eux, je pense, etc.
- Speaker #5
Bien sûr, les gamins.
- Speaker #0
Tu vois, t'as une maturité stratégique. Voilà.
- Speaker #5
Je sais quand il faut faire le sérieux, le papa et tout, mais je sais quand il faut faire le... Pas le gamin, mais rigoler, déconner. Moi, non, en fait, je suis comme ça, moi.
- Speaker #0
Ça se transmet dans tout en fait, ça se transmet dans ta carrière, ça se transmet dans ton rôle de père, ça se transmet dans tes relations aussi, parce que t'arrives à faire les deux et à garder des liens profonds mais marrants aussi. Exactement. Et ça c'est une ressource.
- Speaker #5
Trop de sérieux tu es sérieux.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #5
On n'a qu'une vie, il faut kiffer.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #5
On a tellement souffert déjà, là c'est le moment où il faut kiffer, c'est tout. C'est ma hype en fait, c'est comme ça que je vois la chose.
- Speaker #0
Tout à l'heure, tu parlais de l'île d'arrivée et qu'il y a des gens qui ont fait 30 ans, 40 ans de carrière. Toi, par contre, tu as vraiment analysé ce que j'ai beaucoup apprécié, c'est que tu as analysé que c'était un marathon, que ce n'était pas un sprint.
- Speaker #5
Exactement.
- Speaker #0
Et ça, je me le demande, parce que tu l'as compris assez vite, parce que tu ne t'es pas cramé, tu ne t'es pas dit « oui, je laisse tomber mon travail » , etc. Comme on l'a compris. Comment tu as réussi à intégrer cette information et à l'appliquer surtout ? À te dire, je ne foire pas tout, je ne pars pas en volée, un peu comme l'exemple dont tu viens de nous parler.
- Speaker #5
J'ai très honnêteté avec toi, c'est les gens qui sont autour de moi qui ont réussi.
- Speaker #0
Qui t'ont inculqué ça ?
- Speaker #5
Ouais, des boxeurs, j'ai mis 15-20 ans, et champion du monde, champion d'Europe, champion de France, ou des acteurs que j'ai rencontrés, quand je suis arrivé, ça faisait déjà 10 ans qu'ils faisaient ce métier. Et j'ai encore des petits rôles par-ci, par-là.
- Speaker #0
Et qui rapidaient. Et j'ai regardé,
- Speaker #5
j'ai dit ah ouais. Moi, ça ne m'a pas dérangé d'avoir, par exemple, entre 2017 et 2018, fin 2016 et début 2018, on m'a traversé du désert. Ça m'a permis de me marier, de me construire.
- Speaker #0
Tu ne l'as pas ressenti ? Ce n'était pas douloureux ?
- Speaker #5
C'était un peu compliqué ce que tu dis. Mais en vérité, c'était ce moment-là. C'était pour me construire, moi, de l'autre côté. Ma double vie. Tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #0
Oui, mais ça peut être très pejoratif de dire j'ai une double vie en disant j'ai deux mariages. Oui, oui aussi.
- Speaker #5
Mais là,
- Speaker #0
c'est une double carrière. Une double carrière,
- Speaker #5
tu vois.
- Speaker #0
Tu as inventé le slashing, tu vois, avant que ça soit inventé.
- Speaker #5
Exactement. Par exemple, moi, je sais parce que la vie, elle est dure. En fait, c'est dans tout. À la mairie, ta médaille, tu es à bout de 20 ans, 30 ans, tu l'as. Tu ne l'as pas au début.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai.
- Speaker #5
Mais c'est un exemple que je te donne, tu vois. Le travail, c'est... Le sacrifice, c'est beaucoup de travail. Le résultat, c'est... Il n'y a plus de résultat pour énormément de travail. que ce soit au rugby dans le sport, dans le cinéma dans la culture,
- Speaker #0
tout ce qui est artistique un bâtiment tu le couches 32 ans est-ce que tu penses qu'il y a une ligne d'arrivée ?
- Speaker #5
tout dépend de tes objectifs tout dépend de ce que tu veux réellement moi j'ai réalisé une bonne partie de mes rêves tu peux mourir tranquille aujourd'hui
- Speaker #0
T'as pas ressenti, parce que tu vois, la plupart des grandes stars, ou même, parce que là, je reste dans ton domaine, mais en fait, on se rend compte que quand t'arrives à ton objectif, le lendemain...
- Speaker #5
Il y a toujours un truc.
- Speaker #0
Ouais, le lendemain, t'es pas bien. Non, t'as ça, comme Serena Williams, t'as gagné le championnat et tu vas avoir ton coach... Le boxeur,
- Speaker #5
il fait le combat trop, il prend un chaos, voilà. C'est ça.
- Speaker #0
Ou t'as la réaction, ah, je suis pas bien, parce qu'en fait, maintenant, je sais plus quoi faire. Parce que je me suis tellement... Pendant toutes ces années, je voulais absolument ça. et elle contre-court en fait c'est ça est-ce que là toi tu vois tu me dis t'es arrivé tu peux mourir tranquille et c'est génial mais du coup t'as pas eu ce contre-coup ?
- Speaker #5
non franchement non non parce que ou tu dis j'arrive à un fossé tu vois là je vais tomber non pas spécialement non parce que je j'ai encore des objectifs
- Speaker #0
Mais ce que je veux dire par là, c'est que le fait d'avoir laissé ma descendance, d'avoir eu mes enfants, ça me permet d'être...
- Speaker #1
C'est le grand objectif de ta vie, ça.
- Speaker #0
Mais autour de ça, oui, il y a le cinéma, il y a interpréter mon père et tout. Ça, c'est un coup, c'est un truc que je veux absolument faire. Mais si ça ne se fait pas, ce n'est pas la fin du monde. Et je suis très conscient que derrière, le principal, c'est l'éducation de mes enfants. Le principal, c'est les suivre aussi. C'est pas parce que j'ai raté ou je veux pas atteindre un de mes objectifs, qu'après derrière j'ai oublié les fondamentaux. Les fondamentaux c'est les enfants. C'est ce qui me suit derrière. Je suis leur exemple. Donc si moi je m'écroule, ils s'écroulent. Tu vois ce que je veux dire ? Donc je reste très lucide et focus. Après, ça marche, ça marche pas, youpi.
- Speaker #1
Tu parlais de tes choix de rôle. tu refuses des choses est-ce que c'est aussi par rapport à tes enfants que tu choisis ? Bien sûr,
- Speaker #0
l'éducation que mon père et ma mère m'ont donnée la mémoire de mon père le nom de ma mère, c'est très important et mes enfants, je ne sais pas, 15-17 ans ils font ma taille, ils commencent à avoir de la barbe sur le menton et moi qui me lui, ils me disent papa, tu nous as un peu hein ? T'as été un peu dur avec nous sur certaines choses et là, sur ces propres choses-là, tu t'affiches, t'es sérieux là ? Tu vois ? Et je vais lui dire quoi, moi ?
- Speaker #1
Parce que t'as eu des rôles qu'on doit avec des armes, etc.
- Speaker #0
Oui, ça c'est pas pareil. Ça c'est le côté du méchant de la vie. Mais sur d'autres critères, je pourrais pas, tu vois. T'as compris ? Je pourrais pas, c'est des choses que je fais pas. D'accord. Respect pour moi-même déjà.
- Speaker #1
Oui, je comprends.
- Speaker #0
Avant tout le monde, respect pour moi-même déjà.
- Speaker #1
Je comprends. Aujourd'hui, un gars avec ton père, c'est un projet, mais t'as l'air très serein. En fait, c'est limite bizarre, tu vois. Je suis en paix avec moi-même. Je suis en paix,
- Speaker #0
moi.
- Speaker #1
Je suis vraiment en paix.
- Speaker #0
C'est pas de...
- Speaker #1
Moi, je trouve ça... C'est super. Mais tu vois, il y a peu de personnes que tu rencontres qui sont en paix avec leur-même et qui te disent oui, j'ai... J'ai construit ma vie. J'ai quand même des traumas parce que t'as eu des choses difficiles dans ta vie. En fait,
- Speaker #0
c'est ça qui fait que je suis en peu aujourd'hui. Tu comprends ?
- Speaker #1
Mais t'as fait comment ? Tes ressources, on a bien analysé, c'était les trois trucs. C'était le rugby, le cinéma et la boxe.
- Speaker #0
Les enfants.
- Speaker #1
OK. Ma mère et mes enfants. C'est vraiment ça, le step d'après ? C'est le step qui t'a débloqué ?
- Speaker #0
Ouais. Là, je me suis retrouvé aussi parce que j'ai perdu...
- Speaker #1
Ça, il faut le noter. t'as perdu 83 kilos 85 kilos en 15 mois c'était une revanche ? c'était quoi ?
- Speaker #0
je m'étais oublié pendant quelques années et il y a une année où j'ai dit non je peux plus rester comme ça, c'est pas possible j'ai commencé à faire la tenue du sommeil tu marches 200 mètres avec tes enfants, t'es soufflé, t'as mal au dos c'est comme si t'avais porté deux personnes sur toi j'étais monté à 180 kilos, c'est pas possible du coup j'ai fait une démarche de voir un chirurgien pour faire une sclive une chirurgie réparatrice, n'importe quoi, une chirurgie bariatrique. Et au même moment, je venais d'être validé dans la série Parx-Massilia. Et j'y ai été, et c'est la plus belle chose que j'ai faite ces dernières années, parce que je me suis retrouvé, j'ai retrouvé mon corps que j'avais il y a quelques années, ma santé, ma vivacité, l'énergie. Pourtant, tu perds de l'énergie en faisant ça, mais moi, j'ai été reclinqué d'énergie, je n'ai pas eu de recourus de cette énergie. Et tout va bien, je suis au top. Il y a un pote à moi d'enfance qui m'a revu il y a pas longtemps, il m'a dit « Adam, t'as ton prime, c'est un truc de fou ! » Je ne le vois pas comme ça, moi je suis là, je kiffe, avec l'expérience de vie, mes enfants, j'ai un autre regard sur la vie, je suis bien, je me connais mieux en tout cas aujourd'hui.
- Speaker #1
T'as ton prime, il a raison. Ouais, peut-être,
- Speaker #0
mais en tout cas aujourd'hui, je me connais mieux, et là je me connais vraiment bien, et encore, une autre partie de la vie, mais là je me connais vraiment bien, je pense. Je suis vraiment bien.
- Speaker #1
C'est pour ça, je pense que c'est aussi un ingrédient que tu as ajouté dans ton cocktail, de bien te connaître. Je pense que ça a un vrai plus. Parce que même si tu es devenu un adulte hyper tôt, tu as reconstruit un peu ton image, ce que tu voulais faire. Exactement. Et tu as vraiment un peu constitué, tu as cuisiné ton petit truc et tu t'es dit... C'est ça en fait.
- Speaker #0
Pour moi, pendant 7-8 ans, j'étais en apnée et là, je ressens la tête de l'eau et je respire.
- Speaker #1
Parce que tu vois, il y a plein de gens, je pense, comme toi. qui veulent vivre du cinéma et qui sont frustrés, qui te font pleurer, tu n'es pas bien en se disant... Mais toi, tu réussis à prendre le positif en te restant toi-même. Et je pense que c'est ça aussi qui peut faire la différence à long terme. En fait,
- Speaker #0
dans la vie, quand tu n'es pas avec toi-même... t'es tranquille. Quand t'es en paix avec toi-même intérieurement, t'es tranquille après l'extérieur. C'est quand t'es pas bien que tu fais des guerres avec tout le monde, au moment de ton regard, tu... Et chez nous, ils vont dire, ah, il est genou-né, elle a un truc, il faut la nettoyer, il faut la... Tu vois ?
- Speaker #1
C'est pas bien. Non mais c'est vrai, c'est complètement ça. Alors qu'en vérité,
- Speaker #0
il est trop mal que la personne n'a pas su surmonter ou guérir de ça, et voilà, tu vois ?
- Speaker #1
Tranquille !
- Speaker #0
Et moi, très tôt, j'ai été confronté à ça. Qu'est-ce que tu veux de plus ? Il n'y a pas pire que ce que j'ai vécu. Peut-être la perte d'un enfant, la perte de ton père dans un incendie, dans tes yeux. Après ça, j'ai été voir un psychologue aussi, qui m'a beaucoup aidé. Avec les gens autour de moi, tranquille, tu vois.
- Speaker #1
Pour toi, qu'est-ce que ça implique d'être adulte ?
- Speaker #0
Beaucoup de responsabilité. Ça va prendre du recul sur beaucoup de choses. On reste quand même des enfants. Des grands enfants. A mes yeux, pas tout prendre au sérieux. Profiter de la vie. Parce que les années passent et le temps sur terre se réduit. Franchement, kiffer quoi. Profiter.
- Speaker #1
Et si tu pouvais me donner une définition d'être adulte ? En un mot ou en une phrase ?
- Speaker #0
Rentrer dans la vie active.
- Speaker #1
Ouais, c'est ça pour toi. L'intégration par le travail.
- Speaker #0
La vie active, c'est un tout. Dans tout. Travail relationnel, passion, la vie active. Tout va de mille à l'heure.
- Speaker #1
Est-ce que tu penses qu'il faut être préparé à ça ?
- Speaker #0
On n'est pas préparé. Comment on n'est pas préparé à être papa ? Comment on n'est pas préparé à se marier ? Comment on n'est pas préparé à conduire ? Tu apprends en faisant. Par l'action,
- Speaker #1
comme tu disais tout à l'heure.
- Speaker #0
Donc go, fonce. Fais ce que tu as envie de faire. N'écoute personne.
- Speaker #1
Est-ce que tu te sens adulte ?
- Speaker #0
Ouais. Je suis un grand enfant.
- Speaker #1
T'es un grand enfant dans un corps d'adulte ?
- Speaker #0
Un petit peu, ouais.
- Speaker #1
Je pense que c'est la bonne recette, ça. Je pense qu'on a tous envie de ça. Je suis un PD2,
- Speaker #0
moi.
- Speaker #1
On a tous envie d'être immature, mais à temps partiel, tu vois.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Tu vois vraiment ça ? Là,
- Speaker #0
il y a une petite anecdote. J'ai réussi à regarder le film The Mask aux enfants. J'étais comme eux. Il y a 20 ans, il s'est revenu, les sensations,
- Speaker #1
les émotions, etc.
- Speaker #0
T'as fait splendide, j'étais éclaté. Les hommes me regardaient et me disaient, papa, c'est l'enfance de papa. Tu vois, par exemple.
- Speaker #1
Et à ce moment-là,
- Speaker #0
je suis un enfant comme eux. Je suis leur père, je suis comme eux.
- Speaker #1
T'es revenu en enfance.
- Speaker #0
Ah mais grave.
- Speaker #1
T'as oublié.
- Speaker #0
J'ai oublié.
- Speaker #1
T'as oublié qu'il y avait une facture. Ah ouais,
- Speaker #0
il y avait une facture.
- Speaker #1
Est-ce que t'es heureux d'être adulte ?
- Speaker #0
Oui, très heureux
- Speaker #1
Je pense que oui par rapport à tout ce qu'on vient de dire Oui mais par rapport à mon vécu chacun n'a pas le même vécu il y en a qui vont te dire non c'est que j'ai oublié quelque chose je sais pas comment t'expliquer mais J'ai rencontré Yannick Noah tu vois et il me disait Il me disait qu'à 12 ans, il a dû prendre son sac, prendre le bus, etc. pour monter en France pour son centre d'entraînement. Et je lui dis, à ce moment-là, vous êtes senti adulte ? Il me dit oui, parce que je suis partie tout seul de chez moi. Il me dit, mais j'ai dû régler tout ça en thérapie. Et maintenant, ça va. Mais pendant un moment, il me dit, j'étais pas bien. Il y avait un vide et il manquait de choses. Un manque d'enfance, comme tu disais, un manque de coupure. Et tu vois, il y a parfois, je pense que... dans ce moment-là, dans cette timeline, tu peux ne pas être bien. Moi, ça va,
- Speaker #0
j'ai de la chance. Parce qu'il y a eu des périodes où j'ai kiffé quand même. J'ai fait des colos en tant qu'enfant. Des petits séjours par-ci, par-là. Je fais aussi en sorte que je suis avec ceux de mon âge et tout. Mais ce qui est mort aujourd'hui, si tu veux rigoler, c'est que moi, je ne traîne pas avec ceux de mon âge. J'ai 33 ans, je traîne avec des gens qui ont 40, 45, 50 ans.
- Speaker #1
Mais je pense que c'est aussi la particularité quand t'es devenu adulte trop tôt. C'est que t'as des amis et que t'as des connaissances qui sont toujours beaucoup plus âgées que toi. Moi aussi, c'est mon cas. J'ai que des gens...
- Speaker #0
C'est ma génération, c'est des gamins pour moi. Où il y a un problème, on s'entend pas. Où il y a un truc qui...
- Speaker #1
Dans la vision,
- Speaker #0
dans la... Tu vois, je...
- Speaker #1
Il y a un truc qui n'est pas encore... Tu n'es pas accordé !
- Speaker #0
Bien sûr !
- Speaker #1
C'est vrai. Et on arrive un peu à la fin du podcast. En tout cas, c'est super. J'ai une dernière question. Parce que le podcast s'appelle T'inquiète, je me débrouille. C'est un peu la tradition. Ce serait quoi vraiment le conseil de la débrouille ?
- Speaker #0
Donnez-vous les moyens d'y arriver. Faites le taf qu'il faut, comme ça vous n'aurez pas de regrets. Allez jusqu'au bout, entourez-vous de très très bonnes personnes. Des personnes qui vont vous dire ce que vous n'avez pas envie d'entendre. Parce que quand vous allez grandir, même si vous en êtes à du très tôt, enfin moi j'étais à du très tôt, vous allez comprendre quelques années plus tard, ou même bien avant, qu'en fait il avait raison. Ces personnes-là voulaient votre bien, et vous allez avoir un coup d'avance sur beaucoup de personnes. Vous allez accomplir pas mal de choses. Réaliser quelques petits bouts de rêve.
- Speaker #1
T'as raison. Parce que parfois, on nous fait des critiques un peu constructives. On dit mais non, t'inquiète.
- Speaker #0
On le prend mal au cogit, on rentre chez nous. Pourquoi il m'a dit ça ? Il ne veut même pas, il ne veut pas m'en dire lui.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Et tu dis en fait, non, je suis assez mature, je suis assez grande pour savoir ce que je veux, ce qui est bien pour moi, etc. Et après, des années plus tard, tu dis mais en fait, elle avait raison. Et en fait, c'est juste mon égo qui parlait.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
C'est juste ça. C'est exactement ça. Et c'est un vrai conseil que tu viens de donner, parce qu'on ne s'en rend pas compte. parce que tu vois c'est mon vécu non mais c'est vrai parce que tu vois quand tu grandis trop vite tu penses être grande tu penses que tu connais tout la vie alors que il faut prendre de la sagesse de l'expérience parce que l'expérience c'est un truc qu'on peut pas acheter vraiment vraiment c'est le seul truc ça et le temps qu'on peut pas acheter et le temps tu peux pas rien faire c'est incroyable donc voilà ok bah merci en tout cas Adama c'était super de discuter avec toi merci c'était top avec plaisir j'ai beaucoup apprécié notre conversation et je vous dis à très bientôt sur le podcast tant qu'à je me débrouille, à bientôt, au revoir