- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans Tendrez la nuit, un podcast dont le nom est tiré du roman de Francis Scott Fitzgerald. Ce soir, nous sommes trois lectrices et lecteurs passionnés, curieux, toujours à la recherche de livres qui laissent dans nos âmes leurs marques indélébiles. Ici, nous n'aurons pas de posture pédagogique, simplement le désir de partager avec nous notre passion commune. Et tant mieux si nous ne sommes pas d'accord. Alors, n'hésitez pas à nous suivre dans ce podcast. Pour m'accompagner... Aujourd'hui, je suis accompagné de Cyril, qui a le compte Instagram Cyril Malthèse, comme Corto Malthèse. Bonjour Cyril.
- Speaker #1
Salut tout le monde. Je me présente, moi c'est Cyril. J'ai le compte Cyril Malthèse, anciennement la bibliothèque de Cyril. C'est un compte Instagram littéraire que j'avais créé pendant le premier confinement, parce qu'avant ça, j'avais l'habitude de retrouver des copains à Paris, dans des cafés, et de parler littérature. Et tout s'est arrêté subitement, donc j'ai trouvé ce palliatif en réalisant qu'il y avait une communauté sur Insta. Plus tard, j'ai réalisé que cette communauté était vraiment diverse. Moi, à la base, ce qui m'intéressait, c'était la littérature classique. Et ce qui m'intéresse toujours d'ailleurs, même si je me suis un peu ouvert depuis que j'ai le compte Insta, c'est vrai. Mais je reste quand même très axé sur une littérature assez classique, peut-être poussiéreuse pour d'autres. Mais moi, je la trouve exigeante et incarnée, et c'est ce que j'aime. J'aime les textes complexes et les auteurs qui ont du relief. Donc les Russes, les Italiens, les Français. Mais comme je l'ai dit, je ne suis pas du tout fermé. J'adore découvrir de nouvelles littératures.
- Speaker #0
Est-ce que tu as une période préférée de la littérature ?
- Speaker #1
Je n'ai aucune période préférée. Je sais qu'il y a des gens comme toi d'ailleurs qui aiment beaucoup la littérature du 19e. Enfin du 19e.
- Speaker #0
Au 20e.
- Speaker #1
Au 20e, oui. Moi, je n'arrive pas à me positionner. C'est vrai que souvent les auteurs que j'aime sont des auteurs du 20e. Début 20e. Mais je ne peux pas vraiment... poser comme ça une date, une période, j'arrive pas en fait. Non.
- Speaker #0
Ok, très bien. Pour m'accompagner également, Cyril et moi, pour nous accompagner, il y a également Émilie. Son compte Instagram, c'est émiliejune-du-8-books. Bonjour Émilie.
- Speaker #2
Salut à tous. Moi, je me présente. Donc, Émilie, je tiens le compte Émilie June Books. Moi, je suis une lectrice assez éclectique. J'ai créé mon compte Instagram parce que je lisais énormément et... J'avais envie finalement que cette passion ne soit plus quelque chose d'isolé, je voulais être dans le partage, donc c'est ce que j'ai fait, j'ai ouvert ce compte et ça m'a permis de beaucoup échanger, j'aime toujours autant ça d'ailleurs. Et moi je lis plutôt, ce qui m'a vraiment donné le goût de la lecture, c'est la littérature américaine, je dirais début 20e, fin 19e, c'est vraiment ce qui m'a redonné le goût. Alors il y a eu les auteurs un peu de la génération perdue, j'avais découvert Fitzgerald, Gertrude Stein, Hemingway, et puis après la Beat Generation, ça c'est vraiment ce qui m'a totalement happé. J'ai découvert Kerouac, Burroughs, Ginsberg, et là ça a été le coup de foudre. Et ça m'a redonné le goût du classique, même anglo-saxon, on l'a aussi, Lord Byron, Virginia Woolf, Jane Austen... Poe, les Sœurs Brontées, et puis j'ai réussi à me réouvrir aussi à la littérature classique française, ce qui me faisait un peu peur. Et finalement, je m'y retrouve beaucoup parce qu'il y a beaucoup de profondeur. Comme disait Cyril, c'est exigeant, mais c'est toujours des sujets humains, très profonds, puissants, vibrants. Donc ça me... C'est un peu ce que je veux. Totalement.
- Speaker #0
Et est-ce qu'en littérature classique française, il y a un auteur en particulier qui se dégage, un ou plusieurs ?
- Speaker #2
Je dirais... Alors moi, ce qui m'avait remis sur le pas de la lecture, c'était Maupassant, parce que c'était assez accessible. Après, j'ai lu beaucoup de poésie. Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, Colette, qui m'a vraiment transcendée. Apollinaire, Marguerite Duras.
- Speaker #0
Celui-là aime beaucoup Colette.
- Speaker #1
J'aime beaucoup Maupassant et Colette. Donc là, tu as cité les deux vraiment. Et Duras aussi, d'ailleurs. Bingo !
- Speaker #2
Voilà un petit peu pour le tour au global
- Speaker #0
Moi aussi Vincent qui est le compte Instagram Jardins Oubliés Moi la littérature que j'aime c'est principalement la littérature du XXème siècle française et américaine Mon écrivain français préféré c'est Louis Ferdinand Céline c'est pas très original Mais je trouve que c'est un véritable génie du mal. J'adore explorer le mal en littérature, c'est très intéressant. Et je trouve que la littérature, c'est la forme d'art du politiquement incorrect. Donc on peut plonger dans l'âme. torturer des gens peu fréquentables et c'est très intéressant dans la littérature. C'est vraiment ça que j'aime. La littérature américaine que j'aime, pareil, la big generation, je trouve qu'elle a une énergie, je trouve qu'elle a une puissance, je trouve que c'est rock'n'roll. Et je suis assez déçu qu'elle n'ait pas finalement un impact culturel aussi fort que d'autres mouvements culturels qui ont suivi. Alors que je trouve que... il y a énormément de génie dans cette beat generation et mon écrivain préféré de la beat generation c'est Ginzberg je trouve que c'est le plus grand poète américain je pense et après mon petit coup de coeur personnel américain et mon écrivain préféré c'est Charles Mukowski qui est un espèce de magnifique que j'aime beaucoup vraiment
- Speaker #1
des belles références attends Vincent, pourquoi tu dis que la beat generation n'a pas assez marqué Tu penses qu'elle n'a pas assez perduré ? Parce qu'elle a quand même marqué une époque. Elle a lancé un mouvement, mais c'est vrai qu'elle s'est effondrée, c'est ça ?
- Speaker #0
Je pense qu'il y a des mouvements qui ont suivi, comme le mouvement hippie, par exemple, ou des trucs qui ont un impact culturel plus fort aux États-Unis que la big generation, qui est pour moi un mouvement culturel qui est assez limité à la littérature, je trouve. Je trouve qu'elle a... Je me trompe peut-être, mais je n'ai pas l'impression qu'elle ait énormément inspiré le cinéma, qu'elle est énormément... Cette espèce d'archétype du vagabond, clochard spirituel magnifique, du hobo, du drogué, je ne sais pas si ça a trop influencé, alors que je trouve qu'il y avait une liberté, une énergie, c'est aussi un mouvement culturel qui n'est pas du tout matérialiste. Je trouve qu'elle n'a pas l'héritage qu'elle mériterait d'avoir.
- Speaker #1
Je ne pense pas qu'elle a influencé le cinéma de manière majeure, mais quand même, j'ai vu certains films qui m'y ont fait penser. Par exemple, je ne sais pas si vous avez vu Paris-Texas de
- Speaker #2
Van Der Seyne. Ah oui, il est magnifique ce film.
- Speaker #1
Ça ne te fait pas penser à ça ?
- Speaker #2
Bien sûr, ce road trip comme ça, cette traversée.
- Speaker #1
Oui, ça c'est un voyage initiatique, c'est une expérimentation un peu sensorielle, la drogue et tout. Et pour moi, ça vient de là, ça vient vraiment de la route de Kerouac.
- Speaker #0
C'est vrai que le voyage bi-génération, c'est très voyage initiatique, rituel et tout, contemplatif.
- Speaker #1
Mais même Into the Wild, Easy Rider, tous ces films-là.
- Speaker #0
Easy Rider c'est un film Into the Wild ok mais Easy Rider c'est un film qui a plus d'écho aujourd'hui ouais je suis d'accord c'est un super film mais il a plus d'écho aujourd'hui c'est dommage alors donc pour cet épisode on va et ça va être la règle pour ce podcast pour cet épisode on va développer deux sujets un petit sujet un peu fun dans un premier temps Et dans un deuxième temps, on va avoir un sujet un peu plus sérieux. Donc, le petit sujet fun, c'est le suivant. La question est de savoir, quel écrivain choisiriez-vous pour écrire votre discours de mariage ? Donc, de mémoire, c'est Émilie qui commence.
- Speaker #2
Oui, alors, moi, je choisirais Anna de Noailles. C'est une poétesse, parce que, bon... On est censé se marier qu'une fois, donc autant que ce soit poétique et magnifique. Donc moi je choisis Anna de Noailles parce que je trouve qu'il y a beaucoup de lumière dans ses écrits, il y a une ardeur, il y a un lyrisme, une quête de beauté aussi que je trouve absolument magnifique, qui s'y prêterait très bien. Donc oui, pour moi c'est elle que je choisirais, figure majeure de la littérature pour moi.
- Speaker #0
Vous avez montré Anna de Noailles, quelle période ?
- Speaker #2
La Belle Époque et ensuite L'Entre-Deux-Guerres. Son premier recueil, elle l'a sorti en 1901, Le Cœur Innombrable, si je ne dis pas de bêtises. Vraiment, elle est très inspirée, il y a un lyrisme, c'est assez vibrant, c'est très singulier. Moi, je verrais bien Anna de Noailles faire mon discours de mariage.
- Speaker #0
Ok, un mariage poétique, ça change. Du mariage à la campagne quoi. Oui.
- Speaker #2
Autant il va être un petit peu délégant.
- Speaker #0
Ouais, ouais, ouais, je comprends. C'est très classe. Et toi, c'est lui du coup qui a...
- Speaker #1
Qui a du coup...
- Speaker #0
Qui vient pour écrire ton discours de mariage ?
- Speaker #1
Alors moi, j'ai pas envie de te prendre de cours, mais j'avais pensé à Bukowski moi.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Non mais je vais vous expliquer pourquoi, parce que j'aime beaucoup la...
- Speaker #0
je dis tu es là j'ai un plan B pour le contexte c'est le clochard du PMU du coin qui se bat avec les autres poches troncues exactement mais c'est ça que je veux pour mon mariage parce que j'aime beaucoup la vision d'Emilie mais
- Speaker #1
moi je pense pas que Je pense pas qu'il existe d'amour vraiment pur, parfait. Je pense que c'est toujours abîmé, tu vois. Et le mariage, c'est sûr, c'est un sacrement, mais ça arrive au bout d'un certain temps de relation. Et il s'est forcément passé des trucs dans le couple, positifs comme négatifs. Et j'aime pas, tu sais, cette sorte d'hypocrisie du mariage, qui est de montrer le couple sous un jour parfait, merveilleux, alors qu'on sait très bien que c'est faux. Et Bukowski... Non, c'est faux, oui. Et Bukowski, déjà, pour plusieurs raisons aussi, parce que, je sais pas, j'imagine que le mec arrive, Donc j'imagine, on est dehors, dans la campagne. avec des tentes blanches là, et tout le monde est là, tout le monde est content, il y a ta grand-mère, ta tante et tout, et là il y a une espèce de clochard, tu sais, qui arrive avec une 405T, et il arrive, il tamponne une poubelle comme ça, il se sort de la bagnole avec une bouteille de whisky, une chemise ouverte, il est dégueulasse et tout, et là tu te dis, tu regardes la mariée, ses parents, et tu te dis, bah c'est...
- Speaker #0
C'est qui, est-ce que c'est ton oncle ? Ouais, tu te dis,
- Speaker #1
bah c'est Charles, il arrive là, tu sais, bah tu leur dis, je veux inviter Charles, ils sont contents, et là c'est lui c'est Charles et là J.Bukowski est arrivé comme ça avec deux filles il les tient par les épaules Il les pousse un peu, tu sais, et il prend le micro, et évidemment il est complètement bourré, et par contre, ce qui le caractérise, c'est que le gars, ouais, il est comme ça, oui, il inspire un peu le dégoût, mais je trouve, et je pense que t'es d'accord Vincent, et Emilie peut-être aussi, je pense que c'est un des gars qui a écrit les plus belles phrases sur l'amour, justement, l'amour abîmé, quoi. Ouais, complètement. Je pense qu'il n'y a que lui, il n'y a que lui qui est capable de dire... Ce jour-là, vraiment le jour du mariage, il n'y a que lui qui est capable de dire devant tout le monde que l'amour, c'est beau, mais que c'est aussi de la bière, des chutes, une rédemption parfois. Et je l'imagine bien regarder tout le monde comme ça et leur dire, et regarder les mariés et leur dire, je ne sais pas, soyez heureux, mais juste ne vous mentez pas. Et voilà, moi, je trouve ça magnifique.
- Speaker #0
En fait, Kosti, il te fait un effet écœurant, repoussant, jusqu'à ce qu'il sorte une phrase qui te traverse l'âme. Il a ce pouvoir, c'est le chien de la casque. connaît le monde et qui connaît la vie et qui a une spiritualité et tout et il a la capacité de vraiment de mettre ton cœur à nu et de... Ouais, il est vraiment incroyable. Je crois que tu l'adores aussi
- Speaker #2
Émilie. Oui, oui, moi j'aime beaucoup parce que vraiment il décrit la vie telle qu'elle est, sans phare et en même temps, parfois, t'as des fulgurances comme ça qui arrivent et qui te transcendent et qui te traversent. C'est tellement vrai, mais c'est d'autant plus beau parce que c'est imparfait, mais c'est l'essence de la vie et ça en fait partie. Ouais, j'adore Bukowski, c'est un beau clochard céleste quand même. Ouais,
- Speaker #0
c'est un beau clochard céleste,
- Speaker #1
un beau désenchanté. Et puis tu sais, ça me fait marrer d'imaginer ce mec arriver et tout le monde le regarder un peu en étant blasé, en disant « putain, il va gâcher la fête ce gars » . Et tu sais, il y a ce moment où tu vois ta grand-mère qui est fermée, ton grand-père aussi, tout le monde est blasé, et là le gars prend la parole. Et comme vous avez dit, il balance une fulgurance comme ça. Et tout le monde se dit, putain, mais en fait... Et tu sais, sans t'en rendre compte, tu vois, tu verras tout le monde l'écouter et se dire que c'est beau. Et à la fin, je pense que tout le monde viendra le voir et lui dirait bravo. Et lui, il s'en foutrait, il voudrait juste aller au buffet, quoi. Moi, ça me fait marrer. Lui,
- Speaker #0
il s'en foutrait, il s'en bat les couilles.
- Speaker #1
Il partirait avec ta tante et ta cousine.
- Speaker #0
C'est possible.
- Speaker #1
Avec la mariée, peut-être.
- Speaker #2
Ouais. C'est un risque, c'est un risque.
- Speaker #1
C'est un risque à prendre, ouais.
- Speaker #0
Non, et en plus, ce qu'il faut savoir sur Charles Bukowski, c'est qu'il a une très, très belle voix grave. C'est vrai ? Oui. il lisait ses propres poèmes, et que sur YouTube, on peut trouver les poèmes de Charles Bukowski, enfin on les trouve un peu partout, et si je devais vous en conseiller un seul, je dirais Bluebird.
- Speaker #1
Bluebird, je suis d'accord, mais pareil.
- Speaker #2
Moi aussi.
- Speaker #0
Bluebird, il se trouve très facilement en audio, lu par Charles Bukowski, et c'est vraiment ça qui vous traverse le cœur. C'est bizarre de voir ce poème.
- Speaker #1
D'accord. Est-ce que Vincent, est-ce que là je t'ai niqué le truc ? Ou est-ce que tu as toi aussi un témoin de rêve comme ça ? Non,
- Speaker #0
parce que des gens de bons conseils ont su me dire ne parle pas de Bukowski dans ce podcast. C'est bon,
- Speaker #1
merci.
- Speaker #0
Pour moi, tout le problème du discours de mariage, c'est le problème de parler d'amour. Je trouve que c'est très difficile de bien parler d'amour à condition qu'on considère que le mariage est... est une institution d'amour, ce qui n'est pas forcément toujours le cas. Parfois, c'est un mariage d'intérêt. Mais bon, si on part sur une idée de mariage d'amour, je trouve que c'est très difficile de parler d'amour. Je trouve que dans bien des cas, c'est trop lourd. C'est trop cucu, c'est écœurant. Et moi, ça me met mal à l'aise, les discours d'amour. Je trouve que la forme d'art adaptée pour parler d'amour, c'est plutôt la musique, je trouve. Et je trouve que les discours, c'est difficile. Et je trouve que du coup, dans ce contexte-là, un écrivain qui pourrait parler d'amour d'une façon qui ne soit pas trop lourde, pour moi, ce serait Guillaume Apollinaire. Ce qui est marrant, c'est qu'on a tous les trois choisi des poètes, donc c'est quand même assez marrant. Et une poétesse, pardon. Et Guillaume Apollinaire, je trouve que sa magie à lui, c'est la capacité d'avoir une grande puissance évocatrice, c'est-à-dire avec très peu de mots et un vocabulaire très simple, il n'emploie quasiment jamais de mots complexes. Il arrive à, par une espèce de forme de pudeur, il arrive à... En fait, il a un paradoxe, c'est qu'il est très pudique et sa pudeur permet de développer une émotion immense, je trouve. Et le fait qu'il soit pudique, justement, ça n'a pas le côté tarte à la crème du discours amoureux, je trouve. Et c'est ça qui me plaît beaucoup. Je ne sais pas si vous avez lu et si vous aimez Guillaume Apollinaire.
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Mais c'est aussi lui qui a écrit des trucs du style « Il est grand temps de rallumer les étoiles » .
- Speaker #0
Que tout le monde reprend aujourd'hui,
- Speaker #1
ouais. Sur des tatouages et sur des t-shirts. Moi, ce genre de phrase me garderait à mon mariage. Si le mec, il dit ça, je pense que j'enlève le micro et je dis « Bon, stop, vas-y » .
- Speaker #0
Merci. C'est une bonne phrase, mais c'est le problème de tout. C'est une bonne phrase, mais les gens qui l'utilisent, ils l'ont gâchée.
- Speaker #1
C'est clair.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #2
c'est ça. Mais c'est vrai qu'il y a Pauliner, en plus, il y a une pudeur et en même temps, il plante rapidement son univers sans que ce soit... C'est pas trop cucul à praline, comme on dit. Il y a une élégance, une beauté, une certaine retenue. Ça s'y prête vachement bien. Oui, oui, oui.
- Speaker #0
Donc voilà. non non j'ai pas mal pas mal bah écoutez si vous voulez si vous préparez votre mariage n'hésitez pas à piocher parmi ces écrivains ils vont peut-être croire que c'est vous qui avez écrit le poème surtout parce que de toute façon personne après
- Speaker #1
si les gens ont d'autres auteurs en tête ils peuvent venir nous les donner sur insta on en parlera n'hésitez pas c'est un sujet infini parce que ouais c'est marrant moi je vous cache pas que j'avais hésité entre Bukowski et Duras j'aime bien les alcooliques j'aime bien les alcooliques et j'aime bien Duras j'aime bien parce qu'elle pose l'ambiance d'une autre façon elle est beaucoup dans les silences et elle elle parle pas c'est pas qu'elle parle d'amour moi j'aime bien sa façon de parler du désir et je trouve que c'est vachement important dans un couple qui se marie je m'invite à ton mariage mais bien sûr Marie pour voir Non mais c'est important parce que ce que tu disais Vincent C'est que les mariages sont pas toujours des mariages d'amour Malheureusement tu vois Et ouais il y a un truc qui caractérise Le mariage d'amour c'est le désir je pense C'est d'être attiré par la personne avec qui tu maries Et Duras elle en parle à la perfection
- Speaker #0
Et pareil Il y a bien quelque chose que m'a appris la littérature du 19ème siècle C'est que le mariage N'est pas le lieu de l'amour
- Speaker #1
Voilà c'est très bien
- Speaker #2
cette période là c'était vraiment c'était terrible mais c'est vrai que par rapport à ce que tu disais Cyril sur Marguerite Duras c'est vrai qu'il y a une pudeur et dans ses silences et le peu qu'elle distille il y a vraiment une intensité vraiment une plume unique et une façon de parler de l'amour et du désir qui est vraiment assez forte ouais moi je trouve qu'elle parle de l'amour un peu comme
- Speaker #1
Tu sais, comme d'un souvenir lointain. Elle n'en parle jamais vraiment. Elle a une façon de faire qui est incroyable. Moi, j'adore. Après, je sais qu'elle est clivante, Duras. Je ne sais pas si vous l'aimez, vous. Alors, Milly, tu l'as lu ?
- Speaker #0
Moi, je ne l'ai jamais lu. Juste pour le contexte, c'est une autrice française. De quelle période ?
- Speaker #2
Duras, pour moi...
- Speaker #0
Milieu XXe,
- Speaker #2
non ? Oui, c'est ça. J'allais dire 50-60.
- Speaker #0
Et ses grands livres, c'est quoi ? Ses romans connus ?
- Speaker #1
Bah écoute, si tu veux commencer là maintenant, peut-être lire l'amant ou le barrage.
- Speaker #0
D'accord. Et donc ça c'est un peu de l'amour un peu désenchanté, c'est ça ?
- Speaker #1
Ouais, c'est beaucoup du désir. C'est souvent des amours pas impossibles mais compliqués. C'est sur son dos. Tu sais, elle est née en Indochine, Duras. D'accord. Je crois qu'elle est née à Saigon. Et elle a été marquée par ça, par le fait d'être à un endroit dans lequel c'était ambivalent. t'avais pas le droit d'être amoureux vraiment de l'étranger t'avais pas le droit d'évoluer librement tu sais et elle elle raconte ses histoires alors tu sais pas si c'est de l'autobiographie ou de la fiction mais c'est un mélange un peu tu sais de souvenirs et de et de récits il n'y a rien de mieux que il n'y a rien de mieux que l'amour interdit mais bien sûr et c'est magnifique et elle bien sûr elle décrit ça mais enfin c'est sublime mais Lila franchement Lila Man moi je le connais à tout le monde et moi je l'avais lu Non, je l'avais lu au lycée. J'avais trouvé ça nul à chier. Et plus tard, je me suis remis, je sais pas, il y a cinq ans peut-être, on m'a saoulé avec Duras, j'ai écouté des interviews d'elle où elle parlait du socialisme, parce qu'elle était obsédée par ça, et elle m'intéressait en tant que femme. Et je me suis mis à la relire, et en fait, incroyable, coup de cœur, mais vraiment, quand j'ai relu l'amant, j'ai un coup de foudre au poil. Donc moi, je vous la conseille.
- Speaker #2
Oui, vraiment, moi aussi. Il est magnifique, et puis en plus, c'est tout en retenue, mais l'émotion passe.
- Speaker #0
De toute façon, la retenue, c'est mieux. Pour moi, si tu veux faire une émotion forte, il faut qu'elle soit intimiste, ou il faut qu'elle soit retenue, je ne sais pas, c'est beaucoup plus puissant, je trouve.
- Speaker #1
Alors moi aussi, je pense ça, mais... Je pense qu'il y a quand même deux écoles. Il y en a qui ne jurent que par la description, qui fait l'écriture très précise. Moi, je pense aussi que c'est mieux quand c'est effleuré parce que ça te laisse la place d'investir un peu à ce qui est dit.
- Speaker #0
Ça te laisse la place de remplir le vide. Avec tes pensées, je trouve.
- Speaker #2
Ton imaginaire, exactement, c'est très stimulant pour le lecteur.
- Speaker #1
De l'interpréter à ta façon, de le vivre. Voilà.
- Speaker #0
Donc si vous devez écrire un discours de mariage... Vous pouvez piquer les poètes qu'on vous a dit, vous pouvez tenter le bluff de faire croire que c'est vous qui avez écrit le poème.
- Speaker #2
Allez-y !
- Speaker #0
Et si vous voulez vous lancer vous-même dans l'écriture de votre discours, soyez pudique. Ça peut bien marcher d'être pudique et de suggérer, plutôt qu'être tarte à la crème et mettre tout le monde mal à l'aise.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #2
Sobre et élégant.
- Speaker #0
Voilà. Est-ce que quelqu'un a quelque chose à rajouter sur le mariage ?
- Speaker #1
ouais mais non c'est pas le droit ok dans ce cas là on attend l'invitation pour ton mariage Cyril et puis c'est marrant parce que je suis témoin d'un mariage au mois de septembre donc quand le podcast sortira je vous ferai un retour dessus parce que je pense que je vais faire un discours sympa ah bah ouais vas-y tu dois lire le discours tu dois lire un discours je suis témoin donc forcément je vais devoir faire un discours et Et... Je pense que je vais m'inspirer des auteurs qu'on a dit là.
- Speaker #0
Ok, bah écoute, c'est un grand discours de mariage de l'histoire.
- Speaker #1
J'espère que je ne vais pas ruiner le mariage, on en reparlera.
- Speaker #0
On en reparlera et on a hâte d'avoir le débriefing.
- Speaker #1
Oui, je veux ça.
- Speaker #0
Alors, maintenant, sujet principal du jour. Le sujet principal, c'est quel livre pour débuter la littérature ? Le grand problème, souvent, pour débuter la littérature, c'est que, souvent, notre première expérience littéraire... Elle est liée au collège, au lycée, avec le programme de l'éducation nationale. Le programme de l'éducation nationale. Et donc souvent, on force la lecture de certains écrivains qui pour moi parfois ne sont pas adaptés à un jeune public. Parfois c'est un peu trop. Le style est un peu trop daté, etc. Et donc voilà, si aujourd'hui vous aviez un ami qui a une vingtaine d'années par exemple qui souhaiterait débuter la littérature, quel livre ? quel auteur, qu'est-ce que vous lui recommanderiez pour que ce n'est pas écoeuré immédiatement.
- Speaker #1
Je pense que c'est un super sujet, ça, qui va intéresser tout le monde. Et je vous raconterai une anecdote. J'ai une anecdote là-dessus, je raconterai. Vas-y, vas-y, vas-y, comment ça ? J'ai mon meilleur pote, en fait, qui ne lit pas, qui n'a jamais vraiment lu. Je crois qu'il lisait un peu du Jack London quand il était jeune, comme tout le monde, mais très rapidement. Et il se foutait de ma gueule au lycée et à la fac parce que moi, je lisais tout le temps. et bye Quand j'ai créé mon compte en 2020, il s'est abonné, il m'a suivi, et un jour il m'a envoyé un message, le message que j'espérais. Il me dit « mec, j'ai envie de me remettre à lire » . Alors je lui ai dit « bah ok » . Et il me dit « qu'est-ce que tu me conseilles ? » . Et là, mon travail, vraiment, j'ai voulu vraiment le happer et ne pas gâcher cette cartouche qu'il me laissait, parce que je n'avais qu'une chance en fait. Je le connais le gars, justement, il ne se serait pas investi dans n'importe quelle lente.
- Speaker #0
Il n'y a pas de deuxième chance avec toi.
- Speaker #1
Il n'y a pas de deuxième cartouche, lui c'est un mec qui les tranchante, c'est un mec du sud. Donc c'est me déçois pas. Ouais, exactement. Et du coup, j'ai longtemps affiché ça.
- Speaker #0
C'est un contexte, Cyril et moi,
- Speaker #1
on vient du Sud. Ouais, donc nous, c'est la matière.
- Speaker #0
On sait de quoi on parle.
- Speaker #1
Ouais, on sait de quoi on parle. Et donc, j'ai vraiment fait un gros travail de recherche sur lui, tu vois, d'adaptation. Et j'ai conseillé un bouquin qui collait à ce qu'il faisait. C'est-à-dire, il s'intéressait beaucoup à l'écologie à ce moment-là, à la nature, tu sais, à la vie à l'extérieur. Et je lui ai conseillé un Sylvain Tesson, tu vois, qui a priori ne serait pas un auteur vers lequel il irait. c'était dans les forêts de Sibérie alors c'est pas le livre que je vais conseiller là aujourd'hui lui j'ai conseillé ça parce que c'était personnalisé et c'était adapté à ses envies du moment et depuis le mec, vraie histoire il pourra venir témoigner, il lit plus que moi il lit beaucoup plus vite il a une bibliothèque chez lui, ça fait 4 ans là qu'il lit et il enchaîne les livres, il me demande plus rien et la dernière fois c'est lui qui m'a conseillé un bouquin j'avais fait un post sur mon profil c'était La Route c'est lui j'ai fait Noël avec lui la dernière ... En partant en janvier, ma vie dit tiens prends ça et je l'ai lu dans la bagnole et je confie à tout le monde. Voilà.
- Speaker #0
Plus de mots sur La route de Cormac McCarthy. C'est un chef d'oeuvre et d'ailleurs c'est un très bon livre pour débuter la littérature parce qu'il est assez court mais il est très très très puissant. C'est une relation dans un monde désolé, détruit. C'est très fort, c'est très noir, c'est sans espoir ou quasiment sans espoir et c'est une oeuvre magnifique pour vous. gâcher les vacances en été, c'est super. Mais voilà, c'est pas mal.
- Speaker #1
Et attends, j'en profite parce que si vous voulez lire une excellente chronique sur ce livre, vous allez sur ma page Instagram. Et vous allez au 1er janvier, c'est le premier post que j'ai fait cette année. Et voilà,
- Speaker #0
c'est tout. La page, c'est Cyril Maltev comme Corto Maltev. Cyril est le fils spirituel de Corto Maltev.
- Speaker #1
Le petit-fils spirituel. Et
- Speaker #0
Corto Maltev en plus beau gosse encore.
- Speaker #1
Ouais, c'est difficile quand même. On ne va pas exagérer.
- Speaker #0
Ok, donc voilà, sujet du jour, donc quel livre pour débuter la littérature ? C'était à moi de commencer, c'est ça ? Ouais. Ok, alors pour moi, la problématique de débuter la littérature, c'est que pour moi, il faut un livre assez court, parce qu'on ne peut pas commencer la littérature en prose, ce n'est pas possible. Pour moi, un livre assez simple à lire. Je voulais mettre aussi un livre qui soit surprenant, c'est-à-dire qu'on n'attende pas ça de la littérature. Et donc, le livre auquel j'ai pensé, c'est Mon chien stupide de John Fante.
- Speaker #1
Oh là là !
- Speaker #2
Ah, excellent !
- Speaker #0
Tiens, je pense que tu y as pensé, Cyril, peut-être, toi.
- Speaker #1
Je te montre un truc que j'ai sous la main. Ouais,
- Speaker #0
il l'a sous la main.
- Speaker #1
Non, c'est un autre, c'est Demande à la poussière. Je voulais parler de celui-là.
- Speaker #0
Ouais, ben voilà. Ben John Fante, en fait... Non, non, mais super. Comme ça, on est tous raccords. John Fante, c'est génial parce que c'est très simple à lire, comme par exemple pourrait être...
- Speaker #1
London.
- Speaker #0
Simple à lire comme London, mais je trouve que ce qu'il a de supplémentaire, c'est que lui, ce n'est pas un livre pour les bons élèves, entre guillemets. C'est-à-dire que ce n'est pas un livre fait pour les enfants, pour les adolescents, même si Jack London peut être lu à toutes les périodes de sa vie. On va dire que John Fante, ce n'est pas grand public. En tout cas, Mon Chien Stupide, c'est un livre qui est... très très politiquement incorrect, très drôle, très attachant. Donc ce qui est assez étrange, c'est que... Donc je vais raconter un tout petit peu l'histoire pour donner un peu de contexte. Donc c'est une personne qui... C'est John Fante qui parle à la première personne. Il rentre chez lui un soir de pluie et il trouve dans son jardin, quelque part en Californie, un espèce de chien qui est allongé. Il pleut, il y a un chien allongé à demi-mort dans son jardin. Il croit qu'il est mort, il le ramène à l'intérieur, le chien se met à survivre, il puce un espèce de chien de clochard. Sa femme veut qu'elle se débarrasse de son chien, donc le lendemain, il sort promener le chien pour l'abandonner sur une plage. Et le chien se fait à demi-agresser par le chien alpha du quartier, qui est le chien du voisin. Et voilà, le chien de John Fante, qui est un chien idiot et puant, au lieu de se laisser faire par le chien... il se tape le chien du voisin. Et donc voilà. En fait, ce chien commence à incarner la liberté, le côté rock'n'roll et complètement libre que justement le narrateur a perdu. Et voilà. Mon chien stupide, c'est une comédie familiale, ce qui est assez rare en littérature. Moi, ça me fait un peu penser à Malcolm, la série Malcolm, mais encore plus politiquement incorrect. Et voilà. Et tous les sujets politiquement incorrects vont être adoptés. vont être abordées. Par exemple, la femme du narrateur, elle est très raciste. Du coup, il a le fils aîné qui sort avec une fille qui est noire. Donc ça pose énormément de problèmes. Il y a plein de situations très drôles. Et enfin, pour finir, ce que j'adore dans ce livre, c'est que c'est un livre qui mêle deux émotions que je trouve assez géniales en littérature et même en général. C'est un livre qui est à la fois très drôle et à la fois très mélancolique. Et pour moi, c'est... La mélancolie et l'humour, c'est deux couleurs qui s'associent bien pour moi. Et c'est souvent aussi deux faces d'une même pièce. C'est deux façons de voir le monde aussi, je trouve. C'est une même façon de voir le monde, je trouve, mais déclinée de façon un peu différente. Et on alterne toujours entre l'humour, le mélancolique et le politiquement incorrect. Ça donne un espèce de mélange assez unique. Et ensuite, c'est un livre qui est court, dont les chapitres sont courts et dont le style est simple. Donc, c'est très, très, très sympathique. Voilà. Je ne sais pas si vous l'avez lu. Oui,
- Speaker #1
oui, oui. D'ailleurs, je trouve que c'est un petit peu le fils spirituel de Bukowski.
- Speaker #2
Alors, c'est son père spirituel ? Oui, oui. Non, mais vraiment, parce que Bukowski, à la base, c'était juste un clochard. Et un jour, il est rentré dans une bibliothèque municipale. Il a ouvert un bouquin de John Fante, je crois que c'était « Redemande la poussière » . Et il l'a lu et il s'est dit « Putain, enfin un mec qui parle de ma vie » . Parce qu'il avait marre des classiques américains, il n'arrivait pas à se retrouver dedans. Et un jour, il a lu Fante et il s'est dit « Mais putain, mais c'est ça en fait. C'est ça, je veux faire ça » . Et c'est comme ça qu'il a commencé à écrire Bukowski. Il s'est dit « Je vais faire ça » . Et d'ailleurs, c'est marrant parce que Fante inspire Bukowski et Bukowski remet à l'honneur Fante qui était un peu oubliée aux Etats-Unis ça c'est génial C'est beau quand même. Oui, c'est beau. J'adore. C'est un double hommage. C'est excellent.
- Speaker #0
J'ai oublié de donner le contexte. John Fante, c'est un écrivain américain plutôt milieu du XXe siècle. Et d'ailleurs, moi qui ai lu la correspondance de Bukowski, enfin une partie de sa correspondance, il y a une lettre dans laquelle il parle de l'enterrement de John Fante et c'était un enterrement où il n'y avait personne. C'est un mec qui est mort...
- Speaker #2
Génial.
- Speaker #0
Oui, mais c'est un mec qui est mort plus ou moins dans l'anonymat et dans la misère. Alors que c'est peut-être un des plus grands écrivains américains du XXe siècle, clairement, et un des plus grands écrivains du XXe siècle tout court,
- Speaker #2
je trouve. On adore ces histoires d'écrivains déchus, qui ont été sanctifiés plus tard. Moi, j'adore.
- Speaker #0
Oui. C'est un grand classique. Il y a beaucoup plus de grands écrivains qui sont morts dans l'anonymat.
- Speaker #2
Mais surtout quand c'est des rockstars comme ces mecs-là, tu vois.
- Speaker #0
Ouais, c'est vraiment... C'est vraiment une rockstar. C'est vraiment une rockstar,
- Speaker #1
John Fonte. C'est clair.
- Speaker #0
Et donc, il a écrit toute une série de livres sur sa jeunesse, dont un dont tu as parlé, qui s'appelle Demande à la poussière. En anglais, c'est Ask the Dust. Et c'est un très beau livre aussi.
- Speaker #2
Il est incroyable. Enfin, moi, c'est un de mes livres préférés de tous les temps. Toi aussi, Emilie ?
- Speaker #1
Ah ouais, je l'ai adoré aussi.
- Speaker #2
Incroyable. Pour moi, John Fonte, c'est... Tu lis ça, c'est comme si tu prends un uppercut et un câlin en même temps. J'adore ces théâtres. Et puis, il y a une espèce de naïveté dans ces écrits. Et j'aime bien aussi ces personnages qui sont... Tu as parlé du racisme dans Mon Chien Stupide. Et moi, parce que Demande à la poussière fait partie du cycle Bandini. Il y en a trois, c'est ça ? Sur la route de Los Angeles, Bandini et Demande à la poussière. Et dans les trois, moi j'aime bien parce que Bandini, c'est vraiment l'anti-héros. C'est un mec, il ne sait pas s'il est américain, il ne sait pas s'il est italien. rencontre une femme pareil. Aux États-Unis en fait, t'as ce truc, t'es jamais américain. T'es soit italo-américain, soit chicano-américain, ou je sais pas comment ils disent. Afro-américain.
- Speaker #0
Ça fait six générations que tes grands-parents sont arrivés, mais t'es encore italo-américain.
- Speaker #2
Ouais c'est ça, et j'adore parce que dans Demande à la poussière, ils le montrent bien. Ils te montrent bien que Bandini, il est à Los Angeles. Pour les Américains, c'est un rital. Pour les Italiens, bah pas du tout. Et c'est trop drôle, j'adore. C'est vrai que c'est marrant en fait, le héros il est trop mignon, il est paumé, il est humain. Et tu as fait un parallèle avec London, et moi je suis d'accord parce que dans la poussière pour le coup je trouve que c'est un peu le grand frère de Martin Eden, mais c'est moins idéaliste.
- Speaker #0
Alors Jack London juste pour le contexte c'est début du 20ème siècle.
- Speaker #2
Ouais, Martin Eden c'est 1906 je crois.
- Speaker #0
Il est bien avant
- Speaker #2
John Tranté. Et c'est vrai qu'à Fante il parle beaucoup de valeurs, et de choses qu'on rencontre tout le temps, donc c'est un bon bouquin pour commencer. L'échec, le désir, l'humiliation, c'est des trucs que tout le monde a déjà vécu, tout le monde vivra toujours. C'est universel.
- Speaker #0
C'est universel. C'est pas du tout dans l'ère du temps, d'ailleurs. On a une ère du temps de winner, de golden boy et tout.
- Speaker #2
Soit de winner, golden boy, soit de gens qui masquent un petit peu l'échec. C'est mal vu de réussir, c'est mal vu d'échouer. Enfin, tout est mal vu.
- Speaker #0
Et alors, John Fante et Bukowski, tout ça, ils échouent tout le temps et ils assument totalement. Vraiment,
- Speaker #1
ils n'ont rien à faire. Bon bah c'est... c'est un roman totalement différent mais pareil un roman très court parce que je pense que pour se remettre à la littérature c'est quand même plus accessible quand c'est un roman court moi j'avais pensé au Diable au corps de Raymond Radiguet super livre moi pareil j'ai adoré ce roman et puis c'est pareil je trouve qu'il a du fait de son destin parce que son roman est paru en 1923 et il est décédé juste après donc c'est vraiment Merci. Il a un petit côté aussi rockstar, étoile filante dans le ciel littéraire. Donc déjà...
- Speaker #0
Il est très jeune. Pardon, excuse-moi.
- Speaker #1
Oui, oui, oui.
- Speaker #2
À 18 ans, il est mort. À 18 ans. Oui,
- Speaker #1
18 ou 20.
- Speaker #0
Il l'a publié à 17 ans ou 16 ans. Il est mort l'année d'après, Radic.
- Speaker #2
Oui, c'est ça, je crois.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Il est mort à 20 ans. Donc, c'est vraiment... Et en plus, c'est un sujet qui se passe pendant la Première Guerre mondiale. Un ado de 16 ans qui va avoir une relation passionnelle avec une femme mariée. Le mari est au front. C'est quand même déjà un contexte compliqué. Et en même temps, c'est des sujets universels. l'amour, le sacrifice est-ce qu'on vit la passion égoïstement ils sont totalement déconnectés et en même temps c'est beau et très dur à la fois le mort de Sam Cougar, tout ça quoi sacré Marthe toujours d'actualité c'est un thème universel c'est vrai que c'est des la liaison comme ça un peu clandestine bon alors après je veux pas trop en dire Merci. mais on part vers un destin c'est tragique mais en même temps je trouve que l'écriture est vraiment magnifique et accessible, comme c'est très court je trouve qu'on est vite emporté dans l'univers et je pense que c'est une belle manière de découvrir la littérature, c'est une plume magnifique moi je trouve excellent franchement,
- Speaker #0
j'y avais pas pensé et en plus ce qui est hyper intéressant avec ce livre que j'ai lu moi aussi, c'est que il donne Un autre regard sur cette période de la Première Guerre mondiale qui étudiait, quand on l'étudie dans l'inconscient collectif, on voit que les poilus dans leur tranchée. Et je crois que Radiguet, il dit que pour tous les adolescents de cette époque, c'était une espèce de grande période de liberté où ils faisaient n'importe quoi.
- Speaker #1
Oui, ils faisaient l'école buissonnière, etc.
- Speaker #0
Il n'y avait plus l'autorité en fait, parce que la plupart des hommes étaient au front. Et c'est un livre qui est très politiquement incorrect. aussi. Franchement.
- Speaker #1
Oui, il n'a pas été particulièrement bien accueilli. C'est quand même un rebours des mœurs de l'époque. Mais je trouve que c'est une œuvre magnifique.
- Speaker #0
Et là, c'est vraiment Raymond Radiquet, il assume totalement ça.
- Speaker #2
Oui, c'est ce que j'allais dire. C'est ça qui est le plus choquant dans ce bouquin. C'est que le mec, il ne se justifie jamais.
- Speaker #1
Non, il fait ses choix, il avance et c'est assez déconcertant parce qu'il y a cette jeunesse, cette candeur et il y a de la souffrance forcément dans ses choix, ses décisions, mais il s'en fout. Il avance, il a soif de vivre, de liberté et peu importe ce qui peut arriver, je n'en dirai pas plus.
- Speaker #0
Il sait qu'il fait le mal et il n'en a rien à faire.
- Speaker #2
Il n'en a rien à foutre. Oui,
- Speaker #1
voilà, c'est ça.
- Speaker #2
C'est plus intéressant. Son style me faisait penser aux grands écrivains classiques, la Flaubert et compagnie, mais c'est plus violent, je trouve, à Diguet. Moi, je préfère aussi.
- Speaker #0
Je suis d'accord dans le style. C'est encore un écrivain du 19e siècle.
- Speaker #2
Il y a moins de lyrisme, mais oui, ça lui fait penser.
- Speaker #0
Mais trop intéressant. Et comme il est mort hyper jeune en Rockstar, c'est dommage. Il a pu être un très grand écrivain. Je suis sûr qu'il l'aurait.
- Speaker #1
Oui, c'est dommage.
- Speaker #0
Ou pas. Parfois, c'est bien pour ta légende.
- Speaker #1
Oui, de partir quand tout va bien et quand tu as sorti ton chef-d'oeuvre.
- Speaker #2
Ton chant du cygne. Tu fais ton chef-d'oeuvre et tu crèves.
- Speaker #1
C'est génial,
- Speaker #2
j'adore.
- Speaker #1
Mais oui, c'est vraiment romanesque.
- Speaker #0
À toi ressemblerait Kurt Cobain aujourd'hui. Rien.
- Speaker #2
James Dean disait vivre vite, mourir jeune et faire un beau cadavre. tout ce qui compte. Il l'a fait, il l'a fait le mec.
- Speaker #1
C'est beau. Il est une légende éternelle.
- Speaker #2
Exactement.
- Speaker #1
Et d'ailleurs, j'en profite aussi, sur mon compte, vous pourrez trouver la chronique du Diablo Corps que j'ai publiée récemment, si ça vous intéresse.
- Speaker #0
Donc, Emilie June en un mot,
- Speaker #2
tiré books,
- Speaker #0
tiré du books, sur Instagram.
- Speaker #2
Merci Vincent. Je vais aller la lire dès qu'on arrête le podcast, je vais la lire. Mais je l'ai vu, mais je vais gérer leur mort.
- Speaker #0
Ça marche. Et toi, Cyril, c'est quoi ton roman que tu conseillerais à un ami de la littérature ?
- Speaker #2
Je suis d'accord avec ce que vous avez dit. Je pense que j'irais à contresens dans un truc scolaire. Je prendrais quelque chose d'accessible et surtout de percutant parce que je pense que c'est ça qui détourne les gens de la littérature. C'est de lire des livres qui ne sont pas adaptés à leur envie. C'est ce que tu disais. C'est le problème de l'éducation nationale, mais en même temps, comment faire autrement ?
- Speaker #0
Il y a un livre qui m'a plus pété l'envie de lire.
- Speaker #2
que les confessions de Rousseau à tout le monde en fait parce que tu le lis pas au bon moment parce qu'on te l'impose moi je me souviens de me péter les dents sur Nadja Alors qu'aujourd'hui je trouve qu'il est génial, mais à l'époque je comprenais rien au surréalisme. On fait lire Nadja, j'avais 17 ans je crois.
- Speaker #0
Ne parlons pas de cette escroquerie du surréalisme s'il te plaît.
- Speaker #2
Ouais c'est pas l'objet de notre...
- Speaker #1
Un autre sujet pour le podcast.
- Speaker #2
Mais voilà. Et c'est vrai que c'est ça qu'il faut prendre en compte, c'est s'adapter au mec, enfin à la personne en face, mais vraiment lui donner un truc qui envoie. Et là je pensais à du John Fante, mais j'ai un autre truc en tête, un bouquin là, vraiment que j'ai lu, qui m'a vraiment... Vous avez vu le film Requiem for a Dream ou pas ?
- Speaker #0
Ah ouais !
- Speaker #1
Ah oui !
- Speaker #2
Vous avez vu Trainspotting ? Oui ! Moi j'ai mieux, j'ai mieux, c'est un livre c'est un livre de Bulgakov et ça s'appelle Morphine ça coûte 2 euros chez Folio tu sais les petites éditions là, Folio là, 2 euros là ça coûte 2 balles et c'est mieux que toutes les pubs anti-drogue parce que ça te fout un shoot en fait c'est vraiment le livre qui porte le mieux son nom Avec 100 ans de solitude, parce que je l'ai trouvé vraiment chiant. Mais bon, Morphine,
- Speaker #1
c'est vraiment génial.
- Speaker #2
Je ne vais pas me faire des amis.
- Speaker #0
Tu sais que la fin de base de Garcia Marquez,
- Speaker #2
c'est des fous. C'est des fous, la fin de base de Garcia Marquez. Ils vont se désabouler. Mais Morphine de Bulgakov, je plante un peu le décor, si vous voulez. Ça se passe début du 20e. Bulgakov, c'est l'auteur du Maître et de Marguerite. C'est un des très grands écrivains russes. On le cite souvent après Tolstoy, Dostoevsky,
- Speaker #0
C'est le premier produit de la règle du 20ème.
- Speaker #2
Je sais pas, parce que moi je... Mec, je vais pas me lancer là-dedans parce que j'ai déjà reçu des menaces pour ça, tu vois. Non mais bon, Bulgakov c'est quand même... C'est pas rien. Faut savoir que ce mec était médecin. Et que, si je dis pas de bêtises, il a été envoyé en Sibérie, je crois, exercer la médecine dans la belle ville de Irkousk. Non, je sais plus dans quelle ville, mais... Je crois qu'il a exercé dans un dispensaire en Sibérie. Et en gros, dans Morphine, là je m'adresse à ceux qui n'aiment pas lire, qui veulent vraiment commencer à lecture, c'est 80 pages, donc n'hésitez pas, c'est 2 balles. Et c'est en fait le vrai faux journal, parce que je crois que ce n'est pas vraiment autobiographique, mais presque, d'un écrivain qui est dans un dispensaire au fin fond de la Sibérie. Le mec écrit son journal, et il raconte là-dedans son addiction. En fait, il glisse petit à petit vers la dépendance à la morphine. Parce qu'il est dans son truc, il commence à en prendre un jour, et petit à petit, quand on s'est vraiment habitué, il décrit à la perfection les effets de soulagement et de manque à la drogue. C'est horrible. Moi, quand je l'ai lu, ça se lit en une heure, ça se lit dans le train, ça se lit partout. Quand je l'ai lu, je me sentais mal. Je me sentais mal. C'est vraiment tellement bien écrit. Il n'y a pas de grande intrigue, mais c'est assez brûlant. C'est brûlant de lucidité, de solitude aussi, parce qu'il est seul dans son truc, le mec, là-bas. Il est en train de mourir à petit feu.
- Speaker #0
C'est l'enfer.
- Speaker #2
C'est frontal, c'est génial. Il n'y a pas de décor bourgeois, il n'y a pas de code à comprendre. C'est un livre dans lequel tu peux rentrer tout de suite. D'ailleurs, pour moi, c'est la grande plus-value des Russes. Tu prends Dostoevsky, tu peux lire un pavé de Dostoevsky, tu vois ce que tu veux, c'est pareil. Tu rentres tout de suite dedans, il n'y a pas de surriture. Oui,
- Speaker #0
il n'y a pas les 300 pages d'intro comme avec Victor Hugo, par exemple.
- Speaker #2
Ah bah ça c'est clair. Et là, tu lis Morphine et tu te rends compte que la littérature, parfois, c'est juste ça, en fait. C'est juste un mec qui prend un stylo, qui écrit une vérité, qui est moche, mais en tout cas, ça t'accroche directement. C'est une tuerie.
- Speaker #0
Et puis moi, j'aime bien ces figures-là d'espèces de golden boys qui sont déchus. Les médecins qui commencent à tomber addicts à la drogue. Ouais, mais... Ouais, t'as cru que je te le disais ?
- Speaker #2
Non, non, mais t'as raison. J'aime bien aussi. Sauf que là, c'est un médecin. de campagne russe c'est pas un golden boy ils sont médecins, ils ont fait 16 ans d'études mais ils gagnent 3 roubles et ils sont c'est pas le docteur Marty qui est connu à Toulouse le collectif français du médecin aujourd'hui c'est pas le médecin du XXe siècle non c'est pas le médecin russe du XXe siècle c'est pas ça c'est plus en raspoutine Et bref, du coup, c'est incroyable. Lisez-le, franchement, les gars, lisez-le. Je m'adresse à tout le monde. Tenez-le, lisez-le et vous verrez. Si ça ne vous plaît pas, arrêtez la littérature, si vous voulez. Et si ça vous plaît, lisez après d'autres russes, par exemple.
- Speaker #0
Et autre conseil, si vous voulez devenir un grand écrivain, vous pouvez faire médecine. Énormément de grands écrivains font médecine.
- Speaker #2
Ouais, ou fac de droit.
- Speaker #0
Ou fac de droit, ouais. En tout cas, ne faites pas d'études de lettres.
- Speaker #2
Non, surtout pas. c'est la pire chose expliquer à des gens comment écrire et le faire soi même c'est quand même
- Speaker #0
Donc ok, c'est des super choix. C'est vrai qu'un livre de 80 pages, c'est super pour débuter la littérature. Et en plus, ce qui est bien, c'est que quand on finit son premier livre, on a un vrai sentiment d'accomplissement. Même moi aujourd'hui, quand je finis un livre, j'ai un sentiment d'accomplissement et qui fait plaisir. Et après, on a envie d'aller plus loin. Moi, je compare un peu la lecture à un peu l'alpinisme. C'est-à-dire que ce n'est pas forcément toujours agréable de lire. Il faut produire un effort. c'est C'est exigeant, c'est dur, mais une fois qu'on a monté une montagne, on est vraiment heureux de l'avoir fait, ça nous a nourri, ça nous a apporté beaucoup de choses. Et je trouve que la littérature permet de pénétrer l'âme de l'écrivain et de voir le monde à travers ses yeux. Et je trouve que vraiment, ça ouvre énormément l'esprit.
- Speaker #1
Oui, complètement. Et puis, commencer par des œuvres courtes, en plus... Comme tu disais, tu as la satisfaction d'avoir fini la lecture de ton ouvrage. Ça te redonne confiance, tu as peut-être envie d'en découvrir d'autres. C'est quand même un des plus beaux moyens pour sonder l'âme humaine et des thèmes un peu universels. On arrive à se retrouver dans des auteurs qui ont écrit il y a 100 ou 200 ans. C'est une super expérience, même si ça vient progressivement. Mais une fois qu'on se lance là-dedans... Je pense qu'après, c'est une belle nourriture spirituelle, humaine, intellectuelle. Même dans la vie, ça nous apprend beaucoup.
- Speaker #2
Exactement. Il y a juste un truc, c'est que... Bon, je vais passer pour un snob, mais après, ce n'est pas grave. Tu es un snob,
- Speaker #0
tu es un snob.
- Speaker #2
Non, je ne pense pas, parce que je ne dénigre pas, mais juste, je tiens à alerter. Je rigole, je plaisante. Non, mais ce que vous dites, je suis 100% d'accord. Mais la littérature, c'est comme l'art en général. Pour moi, il y a un prix de l'effort, on est d'accord. C'est ce qu'utilisait Vincent Lamontagne. Et pour ressentir cette victoire sur l'effort que tu as fait, il ne faut pas s'attaquer à des textes de divertissement, à des textes sympas, qui ne te laissent pas de place, qui t'expliquent tout ce qu'on appelle les romans de gare. Je ne vais pas citer d'auteurs parce que je n'ai pas envie de vexer. Musso-Lévy et compagnie, donc je ne citerai pas de nom. Et si vous voulez lire ça, c'est super parce que ça vous fera lire. Mais c'est bien, mais essayez autre chose, essayez un peu, parce que essayez la littérature plus compliquée, qui demande de l'effort, mais une fois que tu as la clé de ce truc, une fois que tu l'as déchiffré et que tu es rentré dedans, là c'est génial, parce que là du coup tu as investi un monde que tu pensais trop complexe pour toi, et quand tu finis le livre, tu te dis, mais non, et c'est ce qu'a dit Émilie. Moi quand je lis, je me rappelle quand j'ai lu, pour la première fois, j'étais au lycée ou à la fac, quand j'avais lu Dostoevsky, j'avais lu l'idiot, et je m'étais dit sûrement par rapport au titre, je m'étais dit ça parle un peu de moi, alors que le mec il a vécu il y a 200 ans, il avait une barbe de hipster il était en prison en Russie à priori on a rien en commun, moi je suis un petit mec du sud de la France et en fait pas du tout, il parlait vraiment de moi moi je me suis retrouvé là-dedans donc c'est important de s'attaquer à des oeuvres qui sont pas trop non plus simples d'accès le prix de l'effort est important je pense ouais mais c'est vrai qu'il y a deux types de littérature pour schématiser un peu,
- Speaker #0
il y a une littérature qui est un peu romantique. de gare, de piscine, tout ça. C'est un truc un peu récréatif, sympa. Mais on ne va pas se mentir, c'est quand même la Ligue 2. Et ici, cette chaîne, on parle de la Ligue des champions, on ne parle pas de la Ligue 2, on parle de la littérature. Moi, j'assume mon snowboardisme. Et donc, je pense qu'il y a un vrai... C'est vrai que l'entertainment, ce n'est pas idéal, la littérature, pour l'entertainment. Mais par contre, pour des livres qui... Ouvre l'esprit, qui nous permet de rencontrer des gens qui ont notre destin, des siècles d'écart et des cultures d'écart, qui nous permet de comprendre le monde dans lequel on vit, qui nous permet de prendre du recul sur notre époque, de voir qu'il y a plus de solutions sur Terre que ce que nous propose par exemple le monde politique dans lequel on vit ou l'époque dans laquelle on vit. Et ça c'est clair qu'on peut le trouver dans des grands livres et dans des grands auteurs. Et si c'est des classiques, c'est pour une raison.
- Speaker #2
Ouais, et puis même cette littérature... cette littérature du divertissement dont on parle, ça reste une littérature. Et même si c'est de la Ligue 2, c'est pas grave, ça peut être une porte d'entrée pour la Ligue 1, pour paraphraser Vincent. Et je pense que, même les gens qui... Je pense qu'on peut lire les deux. Je pense qu'on peut lire les deux, mais juste, moi, mon message, c'est qu'il ne faut pas se fermer à la littérature classique. Il ne faut pas se dire, putain, je n'ai pas fait d'études de lettres. Moi, je n'ai pas fait d'études de lettres, du tout. j'ai fait du droit et je me suis attaqué à des auteurs tout seul et pareil parfois je me suis un peu heurté Et parfois j'ai compris en lisant, en relisant, en me documentant. Et là c'est vraiment génial.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu en penses, Émilie,
- Speaker #1
de ça ? Moi, je pense que oui, cette littérature très accessible, un peu entertainment, c'est bien pour les gens qui sont un peu frileux, ça peut les aider déjà à se remettre dans le bain de la lecture. Mais comme disait Cyril, il ne faut pas se contenter de ce genre de lecture, il faut oser aller vers des choses un peu plus exigeantes et prendre le temps, ne pas se mettre la pression. prendre le temps de les découvrir, vraiment de les savourer. Et finalement, on s'aperçoit que ce n'est pas si inaccessible que ça. C'est très universel, mais il faut prendre le temps de s'investir et de se lancer. Et après, c'est un bonheur de découvrir finalement des textes très lumineux et très profonds sur la condition humaine de manière générale. On s'y retrouve énormément.
- Speaker #2
C'est un beau challenge. C'est un beau défi. Le message, je pense que ce serait ça, c'est de dire n'ayez pas peur, allez-y. Et ne vous en privez pas. Et la littérature de gare dont on parlait, en fait, pour info, ça s'appelle comme ça, je l'ai su plus tard. Parce qu'en fait, c'est une littérature qui est faite pour pouvoir être lue dans un RER ou dans le train. Et c'est fait pour pouvoir s'arrêter comme ça en plein milieu. Puis reprendre le bouquin trois jours après. Et de telle manière que... En fait, t'es tellement guidé dans le truc que tu peux pas te perdre. Donc c'est vrai qu'après, bon... Moi, j'en vois plein. Le matin, je prends le métro, j'en vois plein qui lisent des bouquins un peu plus légers comme ça. Et je comprends le délire parce que c'est cool. Tu te coupes du métro, tu lis une histoire sympa. Ça peut m'arriver aussi. Mais voilà, il y a des moments et il faut pas se... Et pareil, ne pas hiérarchiser la littérature, c'est manquer de respect à la littérature. Non, non, tout se vaut. Non, tout se vaut pas. et c'est pas grave non mais c'est pas juste le dire et c'est pas être snob que l'ensemble
- Speaker #0
si vous êtes habillé en Chanel est-ce que vous voulez traîner avec un mec habillé en Célio à un moment donné dans la vie tu vois ce que je veux dire alors sur les Champs-Elysées t'es un aigle est-ce que t'as envie de voler avec les mouches tu vois à un moment donné après tu peux regarder moi je suis pas contre cette littérature mais parfois il y a des moments dans la vie où t'as envie de regarder une télé-movie c'est super c'est bien c'est cool c'est agréable mais c'est une télé-movie Enfin, et... Voilà, elle a sa fonction dans l'univers, te détendre. Et si tu veux regarder un grand film, tu vas regarder Kubrick et c'est pas la même chose.
- Speaker #2
En fait, il faut le savoir, il faut en être conscient et l'assumer, c'est pas grave.
- Speaker #0
Ouais, voilà. On s'en tape.
- Speaker #1
Oui, voilà, il faut avoir conscience que ça existe. Et oui, il y a forcément une hiérarchie. Et c'est pas grave, c'est comme ça, c'est comme dans tout domaine artistique, que ce soit la peinture ou même le cinéma, tout ne se vaut pas. Et c'est pas toujours pour le même public. Mais ça existe, c'est comme ça, il faut en avoir conscience.
- Speaker #2
Et il n'y a pas de problème.
- Speaker #1
Et c'est ok. Il en faut pour tout le monde.
- Speaker #2
Est-ce que, je ne sais pas si vous voulez conclure cette rubrique, mais ce serait dommage de la conclure comme ça, parce que on avait parlé d'un titre chacun, j'en ai d'autres qui sont pas mal. Ce bouquin-là, c'est un bouquin de Stéphane Zweig, il s'appelle Le bouquiniste Mendel. Je l'ai acheté dans l'édition sillage, j'adore ces éditions. Et il fait, regardez, je vous montre en live, il fait 60 pages. Ouais.
- Speaker #0
les gens ne voient pas l'image ils ne voient pas,
- Speaker #2
je vous montre à vous c'est dommage les gars parce que j'ai un livre dans la main qui est magnifique le bouquiniste Mendel de Stefan Zweig 60 pages, il est incroyable c'est vraiment un super bouquin je n'en parle pas plus parce que en gros c'est deux types dans un bar dans un café à Vienne comme d'habitude donc c'est toujours le même, Zweig c'est toujours pareil t'as un personnage bizarre d'autres personnages qui se mettent à une table et qui parlent de lui et qui découvrent son histoire Et là, le personnage bizarre, c'est un bouquiniste, un vieux gars qui est au fond du bar, comme ça, et qui a des fiches, là, et en fait, ce type, c'est Wikipédia. Sauf que c'est Wikipédia avant Internet, c'est le mec qui connaît toutes les références de tous les livres, de toutes les bouquineries de Vienne. Et c'est une déclaration d'amour au livre, à la littérature, c'est magnifique. Et dans un autre délire, toujours à 1,50€, chez Pocket, un livre de Fitzgerald, c'est Benjamin Button. Il fait... Il fait, il fait, je vais vous dire. 100 pages, donc il ne faut pas s'en priver. Pour commencer l'ittérature, c'est incroyable de faire ça à son petit-neveu, à sa petite-cousine, c'est trop bien. L'étranger histoire de Benjamin Button.
- Speaker #0
Ça parle de quoi ?
- Speaker #2
C'est l'histoire d'un mec qui rajeunit. Je ne sais pas si tu as vu le film. J'avais vu le film avant de le lire. Et plus tard, je tombais dessus, je l'ai trouvé dans une bourse au livre, je l'ai acheté, je l'ai lu, il est vraiment bien. Et c'est le texte intégral, il fait 100 pages.
- Speaker #1
Oui, il est excellent. Moi, je l'avais lu aussi. J'avais vu le film avant et puis j'avais réussi à obtenir le livre et il est vraiment très bien.
- Speaker #2
Il est chouette. Oui,
- Speaker #1
et puis super accessible. Et c'est une très belle histoire en plus. Je pense que ça peut vraiment captiver quelqu'un qui a envie de se remettre à la littérature.
- Speaker #2
C'est ça. Et sinon, dernier, après j'arrête. Il y a les nouvelles de Gogol, les deux nouvelles de Saint-Pétersbourg. Ah oui, génial.
- Speaker #0
Gogol, littérature russe encore.
- Speaker #2
Ouais, Gogol, littérature russe. 3 euros chez Folio. Donc ça s'appelle Les deux nouvelles de Saint-Pétersbourg. Enfin, Deux-Pétersbourg, pardon. C'est des chroniques, en fait, de la perspective Nevsky à Saint-Pétersbourg. Et enfin, et j'arrêterai là-dessus, les Edgar Allan Poe. Moi, j'avais commencé la littérature par ça.
- Speaker #1
Génial.
- Speaker #2
Ouais, par Double assassinat dans la rue Morgue, par La lettre volée, par... Ouais,
- Speaker #0
c'est des histoires extraordinaires.
- Speaker #2
Ouais, c'est un personnage qui s'appelle Dupin. qui est un détective et qui a inspiré plus tard Roule Tabi, peut-être même Sherlock Holmes. C'est incroyable. Edgar Allan Poe, Les histoires extraordinaires. C'est trop bien.
- Speaker #0
Traduit par Charles Baudelaire.
- Speaker #2
Traduit par Baudelaire, exactement. Oui,
- Speaker #1
absolument.
- Speaker #2
Et c'est cette traduction-là que j'ai lue en plus. Oui.
- Speaker #0
C'est magnifique. Le deuxième siècle traduit par le patron.
- Speaker #2
Offrir à tout le monde, je pense, ça peut plaire à tous les jeunes qui veulent débuter. Ou moins jeunes, d'ailleurs, qui veulent débuter.
- Speaker #0
Oui. Et s'il y a quelque chose que la littérature n'est pas C'est cher
- Speaker #2
Et d'ailleurs ça c'est grave C'est ce que je me dis à la fois J'ai acheté un bouquin à 2 euros On vit dans un monde dans lequel ça ça coûte 2 euros Ça coûte rien Mais tant mieux Et t'as des trucs complètement superficiels Qui coûtent 500 balles Mais bon tant mieux Non mais c'est
- Speaker #0
Parmi ce qui fait que la littérature est plus accessible que ce qu'on croit, il y a le prix. C'est-à-dire qu'un bon livre, ça coûte du mal. Donc, n'hésitez pas à vous mettre à la littérature. N'hésitez pas à débuter par les livres qu'on vous a conseillés. Vous pouvez en trouver d'autres sur les comptes de Cyril, d'Emilie et de moi-même sur les comptes Instagram. Voilà. Pour finir l'épisode, notre premier épisode, Merci. on a une petite chronique de fin qui est un peu plus légère il s'agit des recommandations de la semaine et là le but c'est pas de parler de quelque chose qu'on a vu cette semaine il n'y a aucune contrainte ça peut être un CD, ça peut être de la musique ça peut être un film, ça peut être une expo tout ce que vous voulez qui veut commencer ?
- Speaker #1
Emilie tu commences ? la reco que je vais proposer c'est plutôt musical j'ai découvert là vraiment il y a quelques jours Merci. Le dernier album de Men I Trust, je sais pas si vous connaissez.
- Speaker #2
Pas du tout. Pas du tout.
- Speaker #0
Comment tu l'écris Men I Trust ?
- Speaker #1
Men et I Trust.
- Speaker #0
Les hommes auxquels je crois.
- Speaker #1
Voilà. Donc c'est un jeune groupe canadien avec une vibe un petit peu rock, pop indé. Moi ça me fait penser, il y a un mélange un peu entre Fleetwood Mac, Beach House etc.
- Speaker #2
Ah stylé.
- Speaker #1
Ouais, un petit son de l'été, vraiment, je pense que c'est une bonne, bonne son. C'est plein de chaleur, une petite touche électro, etc. Et ils ont sorti un album, là, au mois de mai, qui s'appelle « Equus Cavalus » . Mais je crois que c'est un diptyque. Il y a eu un premier album qui est sorti quelques mois avant. Et vraiment, c'est aérien, il y a de belles influences. C'est vraiment du son feel-good. Vraiment, je le recommande vivement.
- Speaker #0
Et on a toujours besoin de feel good en plus.
- Speaker #1
Mais oui, oui, oui. On est dans une période où il faut des sons comme ça un petit peu.
- Speaker #0
Cyril, tu as une recro de la semaine ?
- Speaker #2
Ah ouais, mais du coup, c'est ni léger ni feel good. Moi, je vais aller à contre-courant encore. Je suis désolé, mais je reviens de Verdun. J'y étais le week-end dernier. Et je vais sortir de Paris pour la recro. Non mais là, tu sens l'ambiance de plomb. Non mais en gros je sors de Paris parce qu'il n'y a pas que Paris dans la vie et Verdun, d'ailleurs c'est une ville assez mignonne, j'étais étonné, je pensais que c'était très austère et tout, c'est mignon. Et là-bas j'ai visité plusieurs musées dont un tout petit musée qui a été créé par un collectionneur qui s'appelle le musée du poste de garde, notez bien ça pour ceux qui sont intéressés par la première guerre mondiale. et là-dedans, je ne vais pas vous parler de la guerre, je vais vous parler d'un truc encore mieux. Là-dedans, j'ai découvert l'existence d'un mec qui s'appelle Michel Dupré. Je suis en train d'écrire un texte dessus, je l'ai mis en story, je ne sais pas si vous avez vu. Et ce type-là, c'est un poilu qui a fait la guerre, qui était dans les tranchées, et qui, pour témoigner de ce qu'il voyait, n'écrivait pas, mais dessinait. Ce gars dessinait tout ce qu'il voyait dans des carnets. Je ne sais pas si vous imaginez le truc. Il était en train de se faire pilonner d'obus par les Allemands. Et lui, il dessinait ça. Pendant que les mecs se faisaient canarder, lui, il dessinait. Et son carnet a été retrouvé par ce collectionneur qu'il a exposé dans le musée. C'est incroyable. ça parle du devoir de mémoire, ça parle de l'héroïsme, ça parle de tout ça. J'encourage tout le monde à aller le voir, si vous êtes dans le coin, visitez ça. Et d'ailleurs...
- Speaker #0
Puisqu'on parle de devoir de mémoire, il y a une expo à Paris que j'ai très envie de faire. C'est Paris Noir, je ne sais pas si vous l'avez faite. C'est au centre Pompidou je crois. Paris Noir, j'ai vraiment envie de le voir parce que c'est une expo, c'est une revendication. C'est un devoir de mémoire aussi. C'est une fenêtre sur l'engagement des diasporas noires en France à travers l'art.
- Speaker #1
Et ça a l'air vraiment stylé.
- Speaker #0
Des diasporas noires en France à travers l'art. Et ça a l'air vraiment stylé. J'avais regardé... Sur le site du Centre Pompidou, j'avais regardé la programmation et je suis très chaud d'y aller. Le seul truc qui me dissuade, c'est la foule en fait au Centre Pompidou.
- Speaker #2
Tu sais que si tu y vas en soirée, c'est vide.
- Speaker #1
Ils font des nocturnes. En nocturne, c'est vide le Centre Pompidou.
- Speaker #0
Ouais, après c'est des nocturnes à 19h, non ? Ouais. Voilà. J'ai fait une fois, je suis allé à Olouvre en nocturne. Je me suis dit trop cool, il n'y avait personne. et à 20h ils nous ont dit on ferme
- Speaker #1
Non, je crois que Pompidou, de mémoire, ça ferme vers 22h30. C'est une vraie nocturne. Oui,
- Speaker #2
ça ferme tard.
- Speaker #1
C'est vrai que ça a l'air très intéressant.
- Speaker #0
En tout cas, ça donne la place aux artistes afro-descendants qui ont été invisibilisés pendant longtemps, etc. Et rien que pour ça, je pense qu'il faut aller la voir. Mais tu as bien raison.
- Speaker #1
Et donc moi, ma recommandation de la semaine, c'est un film que je suis allé voir à la Filmotech du quartier latin. C'est hyper intéressant. À Paris, il y a des cinémas qui passent des vieux films classiques. Dans toutes les principales villes de France, il y en a aussi. Et donc, j'ai vu un film que je n'avais pas vu, qui s'appelle Les parapluies de Cherbourg. C'est le film qui a inspiré La La Lande, pour ceux qui ont vu La La Lande. Et même pour moi, La La Lande, c'est carrément une adaptation des Parapluies de Cherbourg.
- Speaker #0
Je ne l'ai pas vu.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
La La Lande,
- Speaker #0
oui. il y a déjà Emily tu m'avais force à le voir et je t'avais dit que je suis intéressé je ne l'ai pas vu il faut absolument le voir La La Land ou Les Parapluies de Cherbourg ?
- Speaker #2
les deux comme tu dis c'est une réinterprétation des Parapluies de Cherbourg c'est absolument génial
- Speaker #1
La La Land c'est génial Les Parapluies de Cherbourg c'est génial c'est bien pour les gens qui ont des histoires d'amour impossibles Merci. qui m'ont connu, c'est vraiment c'est un beau film mélancolique et ce qui est hyper intéressant, sur la forme c'est bizarre parce que c'est une comédie musicale les acteurs arrêtent pas de chanter, il n'y a même pas un dialogue parlé dans le film, donc c'est très perturbant au début.
- Speaker #0
C'est tellement chiant ça, je déteste
- Speaker #1
Bah moi je déteste aussi mais là j'ai aimé, ça m'a eu et en plus parfois ils chantent mal, il y a plein de fausses notes et tout mais malgré tout je trouve que ça passe, c'est un film avec de très très belles couleurs des couleurs primaires, très beau bleu très beau jaune, très beau rouge et c'est un film qui se passe à Cherbourg, donc Cherbourg c'est quand même pas une ville qu'on voit souvent qui est souvent représentée au cinéma c'est la seule fois d'ailleurs je crois c'est la seule fois et la dernière fois première et dernière c'est vraiment un très très beau film qui a très bien vieilli et moi au delà de ce simple film je vous recommande si vous avez la chance d'avoir des cinémathèques des films qui... qui passent des vieux films, je vous recommande vraiment d'y aller parce qu'il y a des perles dans le passé. L'histoire du cinéma est immensément plus riche que ce que fait l'époque contemporaine, je trouve. Il y a énormément de choses intéressantes à voir. C'était moi sur la semaine.
- Speaker #2
Il y a beaucoup de films à découvrir et à redécouvrir. Et puis c'est vrai que Les Parapluies de Chabon, c'est vraiment un excellent film. Il faut vraiment le découvrir.
- Speaker #0
Il mérite. Il y a des films aussi qu'on a tous vus, mais qu'on n'a jamais vus au ciné. Moi, j'aime bien la filmothèque au Champot. Pour ça. Parce que tu regardes Orange Mécanique au cinéma ou Taxi Driver au cinéma.
- Speaker #2
C'est quand même excellent.
- Speaker #0
Et là, encore une fois, si on parle de transmission, c'est trop bien d'amener les plus jeunes. J'avais amené mon neveu voir un film à la filmothèque. Il l'adorait.
- Speaker #2
Oui, c'est important aussi.
- Speaker #0
T'es à la salle de cinéma. Et puis... Moi, je suis vieux, donc à mon époque, les cinémas, c'était vraiment un truc avec des fauteuils en velours rouge et tout. Il y avait une ambiance. Il y avait la pause avec des popcorn et tout. Oui. C'est ce que dit Woody Allen. Il a commencé à faire du cinéma parce qu'un jour, il pleuvait à New York. Il est rentré, il avait 16 ans, je crois. Il est rentré dans une salle pour s'abriter de la pluie. Et c'est l'ambiance qui lui a donné envie de faire des films. Et je comprends parce que c'est unique, surtout à la filmothèque. C'est petit, mais...
- Speaker #1
C'est le mur en velours.
- Speaker #0
Il y a les toilettes dans la salle. ouais c'est incroyable tu vas aux toilettes tout le monde te voit de cette façon horrible
- Speaker #1
il y a une porte dans la salle qui mène aux toilettes c'est sympa t'as zéro intimité non mais c'est vrai que limite on t'entend tirer la chasse mais voilà en tout cas à part ce détail, moi ce détail ça rajoute au charme je trouve et donc il y a une salle bleue une salle rouge,
- Speaker #2
pardon je t'ai coupé non non pardon, je disais ça permet de retrouver cet endroit que je connais aussi, vraiment l'atmosphère du vrai cinéma enfin on l'a connu une cave humide et tout,
- Speaker #0
c'est assez cool c'est génial t'es avec le mec qui poinçonne ton ticket au début et en plus il est Je ne sais pas si tu écouteras, je ne pense pas, mais il n'est pas super sympa le mec à l'entrée de la filmographie.
- Speaker #1
Non, il fait la gueule.
- Speaker #0
Si tu nous entends, reste comme ça, parce que ça fait partie du décor, c'est génial en fait.
- Speaker #1
Ah ouais, ouais.
- Speaker #0
Et il y a un autre truc que je ne comprends pas là-bas, c'est que tu fais la queue dans la rue. Un jour, j'ai acheté des billets sur Internet. Je me suis dit, j'en ai marre de faire la queue, fais chier. J'arrive, je vois la queue et je passe devant. Le mec, il me dit, OK, merci, vous pouvez... Tu sais, il regarde mon ticket et il me dit, super, vous pouvez aller faire la queue. Ouais, ouais. Faut savoir que même quand on cachait des billes... Tu fais la queue, c'est génial Tu sais c'est du communisme le truc J'adore, c'est génial Prends ton ticket,
- Speaker #1
tu fais la queue
- Speaker #0
C'est bien, tu dégages
- Speaker #1
Et donc c'est un lieu assez sympa en plus Rien que le lieu est sympa, il y a pas mal d'étudiants En lettres parce que c'est à côté des facs de lettres Il y a des gens un peu éclectiques et tout Et franchement l'ambiance elle est bonne C'est une super idée de date
- Speaker #0
Le date il peut commencer au bar qui est en face Et le bar qui est en face il est trop cool pour les dates Il est trop stylé Merci.
- Speaker #1
Vous commencez au bar en face, vous allez au cinéma, vous ressortez au bar en face.
- Speaker #0
On va laisser peser.
- Speaker #1
On va laisser peser si vous ne gagnez pas. Enfin, on vous rembourse. Ouais, voilà, de rien. Bah écoutez, c'est fini du coup ? C'est bon pour vous ?
- Speaker #0
Bah écoute, ouais, je pense qu'on a dit pas mal de choses, Émilie.
- Speaker #1
Ouais, bah écoutez, merci beaucoup pour ceux qui sont arrivés jusqu'à la fin. C'était notre premier épisode. de notre podcast qui s'appelle Tendrez la nuit. Donc encore une fois, le titre est inspiré par le roman de Francisco Fitzgerald. J'ai été accompagné ce soir par Émilie, dont le compte Instagram, qui est assez génial, s'appelle émiliejune, en un mot, tiré du 8, books, et Cyril, dont le compte Instagram est cyril.malthèse, et moi-même. Mon compte Instagram, c'est jardinsoubliés. On vous remercie et on vous dit à bientôt pour un prochain épisode.
- Speaker #0
Salut, merci à tout le monde.
- Speaker #2
Salut, merci à tous, à bientôt.