- Céline Daviet
Accueillir un grand événement sportif, ce n'est pas seulement organiser un moment exceptionnel et fédérateur. C'est transformer durablement un territoire et apprendre à travailler autrement. Bienvenue dans Territoire en Grand, le podcast qui donne la parole à celles et ceux qui au sein des collectivités ont vécu de l'intérieur l'aventure des grands événements sportifs. en font vivre l'héritage et se projettent vers les défis de demain. Car derrière chaque événement, il y a des femmes et des hommes, des compétences qui se développent, des organisations qui évoluent et un héritage qui dépasse largement le temps de l'événement. Je suis Céline Davier et nous allons comprendre ensemble comment les territoires grandissent avec les grands événements et comment l'extraordinaire peut devenir durable. Pour ce premier épisode, nous avons le plaisir d'accueillir Ludivine De Bast, qui est directrice des sports au sein de la communauté d'agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines. Bonjour à toutes et à tous, bonjour Ludivine. Bonjour Céline.
- Ludivine Debast
Merci d'être avec nous aujourd'hui. Pour commencer, est-ce que vous pouvez vous présenter en quelques mots ? Quel est votre rôle aujourd'hui au sein de la collectivité ? Très bien. Comme vous l'avez dit Ludivine, de base, je suis directrice des sports au sein de la communauté d'agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines. J'exerce mes fonctions depuis près de deux ans, mais j'ai une longue histoire avec cette collectivité puisque je suis rentrée à l'agglo en stage de fin d'études, dans le cadre de mon Master 2, sur les projets d'aménagement du Vélodrome et de la Colline des Lancourts.
- Céline Daviet
Merci beaucoup pour cette présentation. Alors pour planter un peu le décor, puisque nous parlons d'événements sportifs, pouvez-vous nous partager votre tout premier souvenir lié à un événement à Saint-Quentin en Yvelines ?
- Ludivine Debast
Mon premier souvenir remonte je pense à 2015 avec l'accueil du Paris-Brest-Paris au Vélodrome National. Saint-Quentin était en charge avec l'Odax Club parisien de l'organisation du départ. C'est vrai qu'on avait une histoire, notre territoire a une histoire avec cette grande rando de cyclotourisme puisque depuis 2011 le départ se faisait déjà depuis Saint-Quentin au niveau du gymnase des droits de l'homme à Guyancourt. Et avec l'arrivée du Vélodrome, l'événement a pris une autre envergure. Et c'était la première fois qu'on avait vraiment un événement de masse puisqu'il y avait... plus de 6000 participants venus du monde entier au départ et c'est vrai que j'ai des souvenirs de rencontres avec des cyclistes japonais qu'on a dû raccompagner à la gare en dernière minute parce qu'ils avaient leur avion ils venaient de boucler leur Paris-Brest-Paris, ils étaient épuisés et on a vraiment vécu des choses extraordinaires à l'occasion de ce départ en 2015.
- Céline Daviet
Merci Ludivine. Effectivement, ce territoire, vous l'avez dit, accueille plusieurs équipements sportifs majeurs. Le Vélodrome National, évidemment, qui a ouvert ses portes en 2014, mais aussi le Golfe National qui a ouvert lui en 1990, et la Colline des Lancours, qui est également un équipement majeur. Alors, en quoi la présence de ces équipements sportifs structurants a accéléré ? justement l'accueil des grands événements sportifs. Pourrait-on dire finalement que l'infrastructure appelle l'événement ?
- Ludivine Debast
Oui, complètement. En fait, même si historiquement, le territoire a toujours accueilli des événements d'ampleur plus ou moins importantes, dans la mesure où on a organisé, on a eu des grands prix triathlon, on a eu le Tour de France à la voile, la collectivité aussi a... porter des événements plus à destination du grand public de façon, voilà, des événements de masse. Mais avec du coup, la création du Golfe National en 90, on a accueilli l'Open de France de golf qui a fait partie des plus grands tournois de golf mondiaux pendant de nombreuses années. Et le coup d'accélérateur a vraiment été du coup donné grâce au Vélodrome National, puisque au-delà des épreuves de cyclisme, on a pu accueillir des événements de diverses natures comme des championnats de judo, de gymnastique, de crossfit. On avait enfin une structure qui nous permettait de pouvoir briller au niveau national voire international grâce à la séance. grâce à cet équipement qui est assez extraordinaire.
- Céline Daviet
Oui, un équipement extraordinaire et polyvalent de ce que l'on comprend. Alors justement, le fait d'accueillir régulièrement des événements d'une telle ampleur, avec cette montée en puissance, qu'est-ce que ça a pu changer dans la manière dont la collectivité s'est organisée en interne ? en termes de gouvernance ou de coordination ? Qu'est-ce qui a dû évoluer finalement pour pouvoir accueillir ces grands événements ?
- Ludivine Debast
Je pense que ça nous a obligés petit à petit à nous professionnaliser dans nos modes d'organisation, à travailler de plus en plus de façon transversale. Puisqu'il faut savoir, même si en général, la porte d'entrée chez nous est la direction des sports, On est vraiment la pierre angulaire pour aller activer l'ensemble des services de l'agglomération qui sont impactés par l'accueil de grands événements. On s'est retrouvés en fait, on va dire, d'une période où on était dans un montage un petit peu artisanal d'événements. Puis la réglementation aussi évoluant, on se devait effectivement d'être de plus en plus professionnels dans nos méthodes de travail. Donc ça nous a vraiment fait grandir.
- Céline Daviet
Alors c'est vrai que relever de tels défis en s'adaptant de manière continue peut sembler assez vertigineux. Avez-vous trouvé auprès de certains acteurs conseils, bonnes pratiques et soutien ? Alors je pense notamment au réseau territoire d'événements sportifs, mais il y a peut-être d'autres partenaires avec qui vous avez pu justement vous sentir un peu plus fort face à cette organisation.
- Ludivine Debast
C'est sûr que ce qui nous permet de nous améliorer dans nos pratiques, de nous faire grandir, c'est l'expérience en fait déjà vécue par soit des anciens collaborateurs ou notre réseau. Et c'est vrai qu'au sein du territoire d'événements sportifs. On a eu beaucoup d'échanges avec des homologues qui avaient pu accueillir des événements similaires de façon à pouvoir partager les problématiques communes, les difficultés qu'ils auraient pu rencontrer avec des acteurs similaires, que ce soit sur de la gestion de prestataires, que ce soit avec la préfecture, avec l'ONF. C'est vrai que ça nous a permis effectivement de gagner du temps.
- Céline Daviet
Qu'est-ce que l'accueil de ces grands événements a changé dans vos manières de travailler au quotidien ? Vous avez parlé tout à l'heure de transversalité, mais quels peuvent être aussi les acquis finalement pour l'ensemble des agents qui ont travaillé sur ces grands événements, et notamment pendant l'événement, qui est toujours un moment assez crucial ?
- Ludivine Debast
Sur le territoire, le... Le plus grand événement qu'on a accueilli, c'est bien évidemment les Jeux Olympiques. Avec 4-7 Olympiques sur 50 ans en Yvelines, on avait un enjeu fort aussi de faire en sorte que l'accueil des Jeux se passe bien. Du coup, très en amont, on a travaillé à la préparation des Jeux. On s'est structuré en interne, on a mis en place une comitologie de projets assez fine. Pour s'assurer du bon respect des échéances, parce qu'il y avait énormément de choses à livrer, on a même recruté une personne à la chargée de projet qui était spécifiquement dédiée à cette gestion de projet pour s'assurer du respect des plannings, de s'assurer que tout était bien validé politiquement, que l'information circulait bien. L'ensemble des services, puisqu'à Saint-Quentin, l'accueil des Jeux sur le territoire, c'était aussi au-delà de la promotion en amont auprès de la population pour faire en sorte qu'ils adhèrent, qu'ils participent à cette fête olympique. Nous, on avait une mission principale, c'était l'accueil des spectateurs depuis les gares jusqu'aux approches de sites. Donc on avait des enjeux aussi en termes d'accessibilité, de mobilité, de transport. On a la voirie qui est impactée, les espaces verts, la direction de la communication, les ressources humaines. Je pense qu'il n'y a pas un service de l'agglo qui n'a pas été impacté par l'accueil des jeux sur notre territoire.
- Céline Daviet
Oui, c'est là qu'on voit que la... La transversalité est un élément important pour la réussite de ces grands événements. Alors ces équipes, vous l'avez dit, elles ont toutes participé à la réussite notamment des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024. Comment ont-elles vécu cette expérience ? Est-ce que cela a pu créer une dynamique particulière en interne qui vous est encore utile aujourd'hui pour d'autres projets ?
- Ludivine Debast
Globalement, les agents de Saint-Quentin ont très bien perçu l'accueil des Jeux sur le territoire parce que ça a été intégré très en amont dans nos charges de travail et dans l'appropriation par l'ensemble des salariés de cet événement. C'est-à-dire qu'à un moment donné, c'est vrai que souvent, quand on doit travailler en temps d'aversaire avec des projets sur lesquels on n'est pas forcément en lead, on perçoit ça comme une charge de travail supplémentaire. Pour les Jeux Olympiques, c'était assez différent, car tout le monde s'est vraiment mis au diapason en ordre de marche pour faire en sorte de livrer les Jeux dans les meilleures conditions possibles. Et chacun a eu un rôle qui a été clairement défini par la direction générale pour œuvrer à l'accueil des Jeux sur Saint-Quentin.
- Céline Daviet
On comprend donc que l'anticipation est une clé du succès dans votre cas. Et si vous deviez nous citer un moment particulièrement marquant ou une fierté collective pour l'ensemble de ces agents, lequel choisiriez-vous ?
- Ludivine Debast
La réussite de l'accueil de façon globale sur le territoire. On était, je pense, tellement bien structurés. C'est vrai qu'on avait mis en place aussi, nous, des responsables de site. Donc, c'est des agents de Saint-Quentin qui avaient été nommés responsables de site, qui faisaient l'interface, en fait, avec le COJO, le comité d'organisation des Jeux Olympiques. Donc, il y avait une vraie prise de responsabilité pendant l'événement. Ensuite, derrière, on avait tout un système, effectivement, de relais sur lequel on s'appuyait. Je pense que la plus grande fierté, c'est qu'il n'y a eu aucun souci. pendant toute la période des Jeux Olympiques. Il y avait une atmosphère effectivement assez incroyable. Moi, j'étais plus particulièrement en charge du pilotage de la fan zone départementale sur l'île de Loisirs. C'était un sacré défi parce que c'est vrai que dans notre culture territoriale, on n'avait pas forcément l'habitude de proposer des fan zones autour d'événements importants. Parce que déjà, c'est un coût qui est à moindre. Mais ça a été une vraie décision politique de se dire... on veut que tous les Cinquantinois puissent vivre l'émotion des Jeux. Tout le monde n'aura pas de billet. Nous, on avait quand même le retour d'expérience de la Ryder Cup en 2018. Ils sont venus, ils sont partis. Et la population, quelque part, s'est trouvée un petit peu en marge de cet événement. Alors qu'on avait quand même travaillé, nous, pendant de nombreuses années pour œuvrer notamment à la démocratisation du golf, etc. Mais pendant l'événement, les Cinquantinois ne se sont pas sentis concernés. Tu vas me dire, les Jeux Olympiques, c'est beaucoup plus universel. Mais grâce à cette fan zone, on a permis vraiment à chacun de pouvoir vivre l'émotion des Jeux. Nous, on a fait gagner en plus régulièrement des places, de façon à pouvoir donner la chance à des gens qui n'auraient pas pu en avoir de se rendre sur les épreuves du territoire. On retransmettait les épreuves, il y avait des concerts. On avait mis en place un espèce de grand village d'animation sportive. Et ça, c'est vrai que c'était aussi un moment fort. On avait fait un pari un petit peu sur... On n'avait aucune idée de la fréquentation qu'on allait avoir. Et on a accueilli sur les 15 jours près de 60 000 personnes. Ça a été une expérience effectivement très positive et on ne regrette pas d'avoir pris ces décisions.
- Céline Daviet
Oui, j'imagine que ça a rendu aussi fiers les habitants, au-delà des agents, d'avoir un lieu aussi qualitatif. où effectivement tous les habitants pouvaient participer à cette liesse collective des jeux. Mais y a-t-il quelques éléments peut-être un peu plus concrets qui auraient pu être mieux anticipés ou travaillés un peu différemment si c'était à refaire ?
- Ludivine Debast
Je pense que la principale difficulté, pourtant l'avait anticipée, c'était sur la gestion du temps de travail. On sait que globalement, dès qu'on touche à l'événementiel, qu'on accueille des événements, c'est très chronophage. Là, je pense que l'un des secteurs sur lesquels on a été plus attentifs et sur lesquels on a plus progressé, c'était vraiment sur la planification du temps de travail de l'ensemble des agents qui ont œuvré. Et malgré ça, on s'est rendu compte que ce n'était pas encore suffisant. Quand vous avez un événement qui dure un jour, deux jours, vous dépassez un petit peu, vous arrivez à absorber. Quand vous êtes sur l'accueil des Jeux Olympiques, nous, on a eu des épreuves sur le territoire quasiment pendant les 15 jours des Jeux Olympiques, plus la période de Jeux Paralympiques. En termes de gestion de la fatigue, etc., on se devait, et du temps de travail, on se devait effectivement d'anticiper les choses. Et on a subi des imprévus, que ce soit sur la fan zone, sur la gestion des bénévoles, sur les différents sites, qui font qu'on s'est rendu compte que malgré toute l'anticipation, il faut absolument... Prévoir des ressources humaines supplémentaires si on veut effectivement faire en sorte de pouvoir effectivement préserver la santé de chacun.
- Céline Daviet
Oui, on se rend compte que dans l'événementiel, l'humain reste au cœur de l'organisation et que préserver les humains, les agents publics notamment, est essentiel. Vous avez évoqué justement le programme des bénévoles qui a été mis en place sur votre territoire. En quoi ce programme des bénévoles a pu fonder finalement des nouvelles pratiques aussi pour l'accueil des grands événements ? Avez-vous pu le reconduire ou le répliquer en vue de l'accueil de futurs événements sur votre territoire ?
- Ludivine Debast
Je pense que c'est l'une de nos plus grosses fiertés puisque... On a réussi à créer une communauté de plus de 500 bénévoles dans le cadre de l'accueil des Jeux. On s'y est pris quasiment deux ans en amont, parce que l'objectif c'était effectivement de les former, de les acculturer aussi à cette culture olympique. Nous l'objectif c'était aussi pour la population de commencer à se faire connaître, a créé ce sentiment de fierté par rapport à l'accueil de grands événements et des Jeux quelques années en amont. On avait travaillé sur un programme qu'on a appelé « Les villages avouent les Jeux » . C'était une sorte de roadshow qui allait de commune en commune. On a fait quasiment 70 dates sur un an et demi et on allait s'aimer l'esprit olympique. et donc ça nous a permis effectivement ces villages étaient animés par la communauté de bénévoles qui grossissait on va dire d'année en année, ça nous a permis aussi de les recruter sur ces villages olympiques on proposait des initiations sportives en s'appuyant aussi sur le tissu associatif local on apportait de l'information à la population sur les Jeux, qu'est-ce qui allait se passer à 50 ans en Yvelines on faisait gagner des places pour pouvoir aussi accéder aux Jeux et du coup cette de... La communauté, on l'a créée à peu près deux ans avant les Jeux, et on continue à l'entretenir avec les moyens dont on dispose actuellement. Malheureusement, c'est vrai que les ressources humaines sont toujours assez limitées, mais on a vraiment réussi à créer un esprit de famille au sein de ces bénévoles. Dès qu'on a un événement... qui est organisée sur Saint-Quentin, on les sollicite. On garde le lien avec eux régulièrement à travers aussi des newsletters. On a organisé encore très récemment, dans le cadre de la semaine olympique et paralympique, une soirée de remerciements pour entretenir et les remercier. Parce que certes, ils sont mobilisés sur les Jeux, mais c'est des gens qui continuent à se mobiliser sur des journées de sensibilisation vélo auprès des scolaires. Sur des actions de nettoyage de la colline des Lancournes, qui est un ancien site olympique. Et il y a eu de très belles histoires d'amitié qui sont créées au sein de cette communauté de bénévoles. Donc oui, on continue et on a à cœur de l'entretenir. Je crois que c'est le plus bel héritage, nous, des bénévoles. des Jeux Olympiques.
- Céline Daviet
C'est une belle expérience en tout cas et on voit que les bénévoles ont eu un rôle crucial dans la réussite de ces Jeux. En termes d'héritage, évidemment, on se pose la question du développement du sport. Bien sûr, ces grands événements, notamment les Jeux Olympiques et Paralympiques... ont-ils fait évoluer l'ambition de la communauté d'agglomération de Saint-Quentin en Yvelines en termes de développement des pratiques sportives vers certains publics ou de nouvelles disciplines ?
- Ludivine Debast
Effectivement, c'est vrai que nous, les Jeux Olympiques, nous ont permis enfin d'aménager la colline des Lancours, qui était support des épreuves de VTT, avec la création d'une piste olympique et dans la phase héritage, des pistes de niveau complémentaire bleu, rouge. rouge, vert, pour aboutir vraiment à la création d'un véritable stade VTT, qui est labellisé stade de cross-country par la Fédération Française de Cyclisme, un pump track, et du coup, le site de la colline est devenu un parc sportif et paysager. Saint-Quentin a continué le développement, puisque on s'est aussi rendu compte qu'on avait, au-delà des VTTistes, énormément de randonneurs, de trailers qui venaient, puisque la colline est le point culminant de l'île de France. Et fort de ce constat, nous, par rapport à notre enjeu d'accessibilité du sport pour tous, puisque ça fait partie, effectivement, d'un axe fort de nos politiques sportives publiques, on s'est dit, comment, avec ce nouvel équipement, qui est la colline, élargir le spectre des disciplines et... développer et pourquoi pas développer toute une stratégie autour du trail. On a créé une station de trail sur l'ensemble du territoire de Saint-Quentin-en-Yvelines. On a 400 km de parcours répartis sur 18 tracés de niveaux de difficultés différents. Pareil, du parcours noir au parcours rouge, un petit peu comme les stations de ski. L'objectif, c'est de s'appuyer sur cette station de trail aussi pour permettre aux Saint-Quentinois de rechausser leur tennis, d'avoir une pratique régulière. Donc on a créé toute une communauté là depuis quelques mois pour faire découvrir effectivement la station de trail de Saint-Quentin. Et on anime en fait ces parcours régulièrement. On avait encore un départ là du Vélodrome mercredi dernier. sur lequel on avait une soixantaine de participants, parce que les gens recherchent la possibilité de courir ensemble. On a un run 100% féminin la semaine prochaine, et cet aménagement de la colline nous a permis de pouvoir nous inscrire dans une dynamique plus globale et rendre le sport accessible à tous.
- Céline Daviet
On voit que dans votre cas, vous ne manquez pas d'idées pour développer le sport pour toutes et tous, y compris dans des sports qui ne sont pas olympiques. Vous évoquiez justement ce pôle sportif et événementiel incontournable qui est devenu Saint-Quentin-en-Yvelines. Quels sont les prochains défis que vous comptez relever pour conforter ce positionnement ?
- Ludivine Debast
Le territoire va accueillir des gens les épreuves de cyclisme sur piste des champions du monde de cyclisme. Alors c'est vrai que c'est une particularité puisque tous les quatre ans, normalement, les mondiaux, toutes les disciplines du vélo sont rassemblées sur un même territoire. Donc c'est la Haute-Savoie qui accueille les mondiaux 2027. Mais les épreuves de cyclisme sur piste se tiendront quand même à Saint-Quentin en Yvelines. aussi bien pour les épreuves valides que pour les épreuves paras et puis les jeunes, les juniors. Donc un beau défi à relever et pourquoi pas aussi une nouvelle Ryder Cup en 2032 au Golfe National.
- Céline Daviet
Vous avez évoqué Ludivine, justement cet événement qui vous rassemble avec la Haute-Savoie, l'accueil des Mondiaux de cyclisme. On sait que les collectivités de Haute-Savoie vont accueillir un certain nombre d'événements dans les années à venir, notamment les Mondiaux de cyclisme, mais aussi les Jeux Olympiques des Alpes 2030. Alors quel conseil donneriez-vous à une collectivité qui se lance dans l'accueil des grands événements ?
- Ludivine Debast
Moi, je leur conseillerais de travailler effectivement sur leur ancrage local le plus en amont possible, pour associer la population à l'accueil de cet événement, pour pas que ce soit subi comme une contrainte. Nous, on l'a un petit peu vécu avec la Ryder Cup, où l'événement final n'a pas forcément pu bénéficier aux Cinquantinois. contrairement aux Jeux Olympiques où là c'était vraiment une grande fête populaire, ça a permis de développer un sentiment de fierté aussi pour les Saint-Quentinois de dire c'est chez nous et effectivement plus vous avez travaillé sur l'ancrage local avec les scolaires avec les associations donc tissus associatifs dans quelle mesure ils peuvent aussi avoir un rôle à jouer dans l'accueil de cet événement et plus vous avez des chances de réussir cet accueil. Encore une fois, on en revient à cette notion d'anticipation.
- Céline Daviet
On voit que l'héritage est devenu un élément très important dans l'accueil des grands événements. Comment fait-on en sorte que ces événements soient des vrais accélérateurs ? Pour les territoires, et pas seulement de beaux moments de liesse, même si on a vu que cette liesse était aussi très importante.
- Ludivine Debast
Oui, l'accueil de grands événements sur un territoire est forcément impactant. Je l'ai dit juste avant, ça peut aussi parfois être perçu comme une contrainte, mais aussi vraiment comme vecteur d'accélération pour les territoires. puisque ça permet de pouvoir aussi laisser un héritage durable en termes de savoir-faire. On en a parlé tout à l'heure au niveau de l'amélioration du développement de nos pratiques, la construction de savoir-faire commun aussi au sein de l'agglo, sur les équipements, puisque grâce au jeu, nous, on a pu enfin aménager le site de la colline des Lancourts. Il faut savoir qu'il y a eu peut-être plus de 30 années de... projets divers et variés sur ce site avant d'arriver à la version qu'il est actuellement, un parc sportif et paysager qui comprend notamment un stade VTT avec une piste olympique et maintenant un certain nombre de parcours de la station de 50 ans Nivelline. Grâce au jeu, le réseau des pistes cyclables a pu être développé de façon beaucoup plus rapide. que si on n'avait pas accueilli effectivement ce type d'événement. Il y a eu aussi des transformations au niveau du Pôle-Gare de Montigny-Bretonneux. Ça a vraiment poussé en termes d'attractivité aussi pour le territoire et l'image. On ne va pas se mentir, il y a un certain nombre de personnes qui ont connu Saint-Quentin-en-Yvelines grâce à la Ryder Cup, grâce aux Jeux Olympiques. grâce à des Coupes du Monde de cyclisme. Donc on a effectivement un enjeu d'image par rapport à tout cela. Et puis en termes de cohésion sociale, on a évoqué déjà le programme des bénévoles qui est vraiment l'héritage immatériel, je pense qu'il laissera une trace sur le territoire. On a aussi développé une fierté locale auprès de la population, auprès des associations sportives, de dire que ça s'est passé chez nous.
- Céline Daviet
En effet, c'est un événement que l'on accueille pour quelques semaines, mais qui a un impact durable sur un territoire pour de nombreuses années, de nombreuses décennies. Merci Ludivine pour cet échange vraiment passionnant et inspirant. Avant de se quitter, y a-t-il un dernier message que vous souhaitez adresser à nos auditeurs, qu'ils soient passionnés de sport, d'événements ou des futures collectivités hautes des grands événements ?
- Ludivine Debast
J'ai envie de leur dire de foncer, parce que ce qu'on vit à travers tous ces projets, je pense que c'est unique et ça... Et ça vous marque dans votre carrière. Mais foncez en gardant la tête sur les épaules.
- Céline Daviet
J'aimerais aussi que nous puissions conclure par un souvenir plus personnel, puisque le sport est avant tout vecteur d'émotions et de passions. Pouvez-vous nous partager votre plus beau souvenir sportif ?
- Ludivine Debast
Mon plus beau souvenir sportif pendant les Jeux Olympiques, c'est que j'ai eu la chance de pouvoir assister à la finale des épreuves de BMX Homme. C'est vrai que moi, j'ai été très prise de façon opérationnelle pendant toute la durée des Jeux sur le pilotage de la Fan Zone. Donc, pas l'occasion de me rendre sur les épreuves forcément. Et là, j'ai eu la chance de pouvoir assister à la finale. Donc, je me rends encore partir en last minute de la Fan Zone, prendre une trottinette électrique pour arriver tout juste au début des épreuves. et voir là le trio français faire un, deux et trois, il y avait une ambiance, une atmosphère extraordinaire sur un site et là on dit mais en fait c'est chez nous ce Stadium BMX nous on y a organisé des journées olympiques c'est un équipement qui était pour nous limite de proximité qui... A accueilli les Jeux Olympiques et de voir le bonheur, c'était historique. Et de recevoir les quatre pilotes sur la fanzone quelques jours après pour célébrer leur médaille, voir la fierté de tous les gens qui sont venus, les applaudir, les remercier pour les émotions qui nous ont fait vivre, c'était extraordinaire.
- Céline Daviet
C'est une image qui a marqué ces Jeux Olympiques de Paris 2024, de voir ces trois champions sur le même podium, en effet. Merci beaucoup Ludivine. Merci Céline. Merci d'avoir écouté cet épisode de Territoires en Grand. Si cet échange vous a inspiré, n'hésitez pas à le partager. Vous pouvez retrouver tous les épisodes sur vos plateformes d'écoute habituelles. Territoires en Grand. est une série produite avec le soutien de l'association Territoires d'événements sportifs, lieu d'expertise, d'échange et de partage autour de l'accueil des grands événements. A très bientôt pour un nouvel épisode et d'ici là, continuons à faire grandir les territoires.