- Speaker #0
Bienvenue chez The Patron, le podcast qui démystifie la réussite. Ici, le syndrome de l'imposteur se transforme en courage et la chance se provoque. Je suis Elvire, coach en leadership, je suis ravie de t'avoir parmi nous. N'hésite pas à liker et partager et enjoy. Aujourd'hui sur The Patron, j'accueille Lucie Carbon, Lucie tu es... humoriste, mais avant ça, tu étais Product Owner, qui est un nom aussi assez drôle. Bienvenue sur The Patron Lucie.
- Speaker #1
Merci, je suis très contente d'être là.
- Speaker #0
Tu viens de sortir un livre qui s'appelle Burotopia et tu as aussi un spectacle qui est en rodage et qui sera dès le mois de septembre au point virgule. Exactement. Donc actus de dingue. Avant de parler de tout ce qui fait que tu es drôle et que tu aimes la scène et que tu nous fais rire sur les réseaux sociaux. Moi je voudrais savoir comment quelqu'un qui a fait un bac S, une hypocagne et après Sciences Po est devenu Product Owner.
- Speaker #1
Putain ! Moi-même, je sais pas si j'ai des éléments de réponse. Non, mais c'est une succession de... C'est vrai que c'était pas gagné. Les RH appellent ça un profil atypique. Honnêtement, ça a été surprenant pour moi aussi, parce que c'est vrai que raccourcié comme ça, on se dit, qu'est-ce qui s'est passé dans sa vie ?
- Speaker #0
Ou tu aimes beaucoup de choses et tu es forte dans beaucoup de domaines.
- Speaker #1
Je sais pas. Je pense que j'ai un tapement déjà un peu curieux. J'aime bien m'intéresser à ce qui vient à moi. en termes d'actu, j'adore les documentaires artés je suis quand même assez curieuse j'aime bien, et d'ailleurs tu parlais de mon cursus un peu scolaire, académique, j'ai toujours choisi les formations les plus généralistes la socio j'ai adoré ça, la philo j'ai adoré ça l'économie j'aimais bien j'étais nulle mais j'aimais bien donc c'est vrai, assez curieuse assez créative aussi un peu foufou dans la tête tout peut m'intéresser, vraiment Ciao ! tout peut m'intéresser. Et donc, sur le parcours, écoute, en fait, c'est vrai, il y a eu Hippocagne et Cagne parce que c'était, comme je te disais, le plus généraliste possible. Mon choix, je trouve, ça a toujours été un non-choix, de choisir le plus large. Donc, Hippocagne et Cagne...
- Speaker #0
Tu te fermais le moins de portes, en fait.
- Speaker #1
Voilà. Toujours avoir les chakras les plus ouverts. Donc, Hippocagne et Cagne, ça a été ça. En plus, Hippocagne et Cagne, tu sais, il y en a deux. Donc, il y a vraiment littéraire et littéraire. Et il y en a une qui est un petit peu plus hybride, un petit peu plus fluide, où tu as de la littérature, des lettres, mais aussi des mathématiques, de l'économie, de la sociologie, de la philo. Donc, c'est quand même assez large. Et donc, c'est celle-ci que j'ai faite. Et puis, Sciences Po, Toulouse, après, c'était aussi ça. Et puis ensuite, j'ai fait un master communication à Sciences Po pour la même raison. C'est que c'était... plus large possible. Alors communication, j'aimais bien parce qu'il y avait un côté assez créatif. Et puis au moment de trouver un CDI, c'est vrai que je ne savais pas trop vers où aller. Tout ce qui était informatique, technologie, ça recrutait quand même beaucoup. Et en même temps, ça correspondait un peu à mon cursus parce que communication, j'avais fait beaucoup de stages dans le digital. Donc sur tout ce qui est... Intranet, site Internet. C'était le début des réseaux sociaux, etc. Donc, j'avais fait beaucoup, beaucoup de stages en communication digitale. Et donc, ensuite, j'ai intégré un cabinet SS2I, donc un cabinet de conseil en informatique. Et puis, petit à petit, j'ai fait mon nid en informatique. Mais c'est vrai que je n'ai pas du tout un parcours d'ingénieur.
- Speaker #0
Oui, parce que c'est quand même si dans les deux, il y a un ordinateur. C'est quand même très très loin de créer un site web pour une marque ou animer les réseaux sociaux sur Insta en faisant des campagnes et aller faire de l'informatique dans une grosse boîte où tu vas gérer des tickets de personnes qui n'arrivent pas à allumer leur ordinateur.
- Speaker #1
Ouais, complètement. En fait, c'est différent parce que moi, je me suis retrouvée à des postes d'ingénieur, sauf que je n'en avais pas la formation. Donc, je pense que j'étais... Tu sais, souvent, dans les grandes boîtes, t'as un peu le principe de la tête bien faite. Comme, bon, voilà. Elle va comprendre. Elle va comprendre, elle va s'adapter. Sauf que c'est le cas, mais c'est pas complètement le cas. C'est-à-dire que, oui, je peux m'adapter, mais par contre, il y a un vocabulaire que moi, j'avais pas. Donc, je me suis retrouvée sur des missions à parfois pas comprendre ce qu'on me demandait. Parce que, simplement, c'était pas ma formation. Quand on me demandait de mettre en place, par exemple, j'ai souvenir... L'une de mes premières missions en SS2I, j'ai mon client qui vient me voir en me disant Lucie, ce serait bien que tu travailles sur le catalogue des SLA. Le catalogue de SLA ? C'est des Service Level Agreement. C'est par exemple quand on t'envoie un message, tu dois répondre dans les 24 heures. Et moi, catalogue des SLA, déjà j'avais même pas compris que c'était de l'anglais. Le laisse, c'est du SLA. Attends, tu crois qu'il y a un H, il y a deux S ? Enfin vraiment, mais l'enfer quoi ! Donc je suis allée voir un collègue, je lui ai dit c'est quoi les S.L.E. ? Ah les S.L.E. ! Je lui ai dit vas-y, vas-y, mais prise-moi en plus ! Donc j'avais pas le vocabulaire, tu vois la première fois qu'on m'a dit ce serait bien que tu fasses une recette en pré-prod. Enfin... Tu vois, quand tu parles de recettes en pré-prod, moi, mon premier réflexe, c'était de penser à Marmiton. Alors que ce n'était pas du tout le truc. Je n'avais pas le vocabulaire, je n'avais pas le langage qui permettait de comprendre l'activité que je devais faire. Est-ce qu'eux-mêmes comprenaient ce qu'ils disaient ? Ah ça c'est une autre question, je crois que certains non. Je crois que certains non, honnêtement je crois que certains non.
- Speaker #0
Parce qu'en fait j'ai déjà vu des réunions où des personnes répètent des acronymes et qu'ils n'ont eux-mêmes pas compris, tu vois.
- Speaker #1
C'est clair, mais ça ça peut arriver sur des trucs par exemple d'agilité. Quand on m'a dit ouais il faut déployer la méthode agile, il n'y a pas un petit... Un Scrum Master. Scrum Master, c'est-à-dire... Bah tu sais les Scrum Masters, les Scrum Masters, je dis oui mais concrètement ils font quoi ? Tu ne vas pas me dire que ce n'est pas ce qu'il fait le Scrum Master, mais tu ne veux pas me dévoiler. Explique-moi. Tu n'en sais rien, en fait. Donc, oui, oui, je pense qu'il y a quelques-uns qui ne savaient même pas ce qu'il racontait. C'est les légendes, tu sais, les trucs qui se transmettent de génération de Product Owner à génération de Product Owner.
- Speaker #0
Il ne faut pas remettre en question.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. On a toujours fait comme ça. Donc, non, non, c'est vrai que, oui, en termes de parcours, c'est déjà particulier. Moi, je me suis retrouvée, mais je l'aurais dit d'ailleurs à ma hiérarchie de l'époque, parce que je me suis retrouvée aussi sur des, par exemple, comment on appelait ça ? Un peu chef de la messagerie. Je me suis retrouvée, tu sais, les messageries, les mails, etc. Tu peux dire, c'est bon, les mails, ils s'envoient, ils se reçoivent. Peut-être sur le papier, c'est simple. Sauf qu'en fait, techniquement, il y a des coulisses. C'est complexe. Et moi, j'étais en charge de maintenir un peu les coulisses. de l'envoi des emails. Et je me souviens, une fois, il y a une collègue...
- Speaker #0
T'étais l'humain derrière Outlook.
- Speaker #1
J'étais l'humain derrière Outlook. Alors, je recevais les courriers et je les distribuais. J'étais là, elle n'a pas tamponné le timbre. Et je me souviens, une fois, j'avais une collègue qui était venue à mon bureau qui m'a dit, mais vraiment, je me suis sentie, mais perdue et tellement démunie quand elle m'a dit, Lucie, on m'a envoyé un mail, mais je n'ai pas reçu le mail. Il est où, le mail ? Et là, vraiment, je me souviens d'un vide existentiel. Je me dis, mais je ne sais pas. Puis, je ne sais pas si j'ai envie de savoir, en fait. Parce que j'étais incapable de lui répondre où il était le mail. Et c'était... Donc, ça, c'est vrai que c'est... Ça, pour le coup, le fait de ne pas avoir une formation, quelque part, adaptée à mon poste, c'est vrai que ça a pu être des moments, honnêtement, de solitude. Parce que tu ne sais pas quoi répondre.
- Speaker #0
Surtout quand je t'entends et quand je te vois, je me dis mais la Lucie curieuse qui aimait un peu tout, la socio, l'éco et qui se retrouve dans ces conversations. J'ai l'impression qu'à un moment,
- Speaker #1
tu étais une petite fille égarée sur la plage où il y avait un côté,
- Speaker #0
qu'est-ce que tu faisais là ?
- Speaker #1
Mais j'ai vraiment senti ça. Je me suis vraiment posé cette question telle que tu viens de l'évoquer. qu'est-ce que je fais là ? Et c'est vraiment même les mots que j'ai eus quand j'ai échangé avec ma RH, Nadine, et d'ailleurs je suis toujours en contact avec elle. On l'embrasse ? Ah ouais, on l'embrasse. Vraiment, on l'embrasse plusieurs fois et on lui fait un gros ok alors Nadine. Et Nadine, je provoque un peu un rendez-vous, parce que j'en peux plus en fait. Vraiment, je craque, on est sur le dernier virage avant la fin. On est sur le dernier virage, on va dire, avant ma rupture conventionnelle. Et donc, je ne me sens pas bien. Ça fait des mois que ça ne va pas dans ma tête. Honnêtement, je me demande effectivement ce que je fais là. Et puis, ça devient physique. C'est-à-dire que ça devient, je commence à faire des malaises, je pleure sans raison. Vraiment, je ne suis pas bien. Et puis, il y a un côté hyper culpabilisant quand tu n'es pas bien dans des situations où sur le papier, c'est très bien, si tu veux. C'est David Graeber qui en parle très bien dans Bullshit Job. Il dit, en fait, quand vous ne vous sentez pas bien dans un métier dont on pourrait dire que c'est un bullshit job, de vérifier que les gens fassent bien leur taf, d'envoyer les CR, de s'assurer que les SLE sont respectés. Il y a un côté... En tout cas, moi, je n'ai pas trouvé ça intellectuellement très épanouissant et effectivement très riche. Mais par contre, effectivement, tu as la sécurité, tu as le salaire, tu as tout ce qui va bien. La reconnaissance sociale. Il y a des gens qui te le renvoient, qui te disent que c'est super. Oui,
- Speaker #0
c'est super intéressant.
- Speaker #1
C'est super ce que tu fais. Tu te rends compte, la prochaine étape, c'est la retraite. Oui,
- Speaker #0
oui.
- Speaker #1
C'est dans longtemps, mais en fait, il y a quand même une sécurité de l'emploi. Et il y a des gens, et c'est vrai, qui font tout un parcours pour arriver à cette situation. Et toujours, il y a toujours des gens qui me le disent. Je me dis, mais quand même, t'étais bien. En fait, sur le papier, oui, j'étais bien. Oui, c'est vrai que j'étais bien. Et David Graeber, il insiste sur la culpabilité de se sentir mal. dans une situation qui est objectivement... C'est super. Et ça me fait toujours penser à Lady Di. Alors, on dirait... Attention, c'est un gros écart. Il y a un lien.
- Speaker #0
Mais vas-y, je te suis.
- Speaker #1
Lady Di, quand elle est arrivée princesse, tu dis princesse. Franchement, toutes les petites filles rêvent d'être princesse. En fait, elle ne s'est jamais sentie aussi mal que quand elle a été princesse. Mais alors qu'elle avait... Elle avait un royaume, tu vois Lady Di, elle avait des super, elle avait des valets, enfin je peux te dire princesse franchement, à part prince ou queen, enfin je veux dire, bon, objectivement c'est bien. Et ben moi c'est pareil, c'est-à-dire que j'avais la situation, j'avais pas de valets, mais j'avais effectivement une bonne situation, et pour autant, et j'entends que certes beaucoup en rêveraient, mais moi à ce moment-là, je me suis jamais sentie aussi mal. Et du coup, tu culpabilises aussi de, un, aller mal, et deux, aller mal dans cette situation. Donc, en fait, c'est hyper dur. Et c'est vrai que cette question de « Mais qu'est-ce que je fais là ? » , en fait, elle est hyper difficile parce que c'est limite existentiel. Donc, quand je vois Nadine, je lui dis « Écoute, là, franchement, honnêtement, je ne sais pas ce que je fais là. » Et elle me dit « Mais pourquoi le matin, tu viens ? » Et en fait, je me mets à pleurer parce que je viens au bureau. C'est-à-dire qu'effectivement, je me tape une heure de transport en commun, ARR et compagnie, pour aller voir deux collègues. Et je lui réponds, je lui dis, je viens pour voir Christine et Eva. Donc, tu vois, c'est quand même, je trouve, une source d'espoir parce que c'est quand même deux collègues. Et maintenant, c'est des amis. Mais c'était les voir. C'était les voir discuter avec elles. Mais il n'y avait rien de... Je ne lui ai pas dit d'imaginer des projets stimulants. Je ne lui ai pas dit de participer à l'innovation. C'était vraiment deux personnes. C'était le lien que je venais chercher. Et c'était la seule réponse que j'avais. Et du coup, c'est vrai que ça a été, honnêtement, ça a été un peu une source d'angoisse. Parce qu'en fait, physiquement, c'est assez étonnant. Parce que physiquement, vraiment, j'étais là. Mais alors, intellectuellement et émotionnellement, j'étais vide. Vide.
- Speaker #0
c'est une période quand même assez compliquée ce que tu viens de dire je pense que beaucoup de personnes dans des cages dorées vont comprendre ce sentiment moi je disais souvent quand j'ai quitté Hermès j'ai toutes les raisons de rester et j'ai envie de partir et j'étais pas en tel décalage pour le coup moi j'aimais ce que je faisais mais du coup j'en viens à te demander est-ce que c'était un concours de circonstances qui a fait que t'es vraiment tombée dans le mauvais job Est-ce qu'il manquait des choses pour rendre la mission plus intéressante pour toi ? Est-ce que c'était un problème de casting ?
- Speaker #1
Honnêtement, je pense que j'en étais arrivée à... Comment dire ? Parce que, si tu veux, pendant des années, j'avais mon CDI et puis le soir, j'allais jouer. Je faisais de temps en temps des petits festivals et les deux cohabitaient très bien.
- Speaker #0
Donc, tu avais ton side hustle, comme on dit en anglais,
- Speaker #1
la petite activité d'épanouissement. Exactement.
- Speaker #0
T'as démarré quand d'ailleurs ça le stand-up ?
- Speaker #1
J'ai démarré l'écriture en 2017. Ok. J'ai très vite adoré, vraiment obélixant la marmite, j'ai adoré ça. Enfin pour moi c'était la récré quoi, ça faisait très longtemps que je voulais faire du théâtre. Pour moi c'était hyper sacré, c'était tellement sacré que j'osais pas y toucher tu vois. Donc quand j'ai un peu modestement commencé à écrire, jouer devant des gens, c'était... Il y a quelque chose de assez... Honnêtement, je vous ici, à avoir des idées, essayer de le présenter à un public et de se dire « ça fait connivence, les gens rigolent, un truc qu'elle t'a pensé, tu ne sais pas d'où c'est venu, et les gens rigolent et parfois ils applaudissent, je trouve ça fantastique. » Et donc c'est vrai que quand j'ai démarré l'écriture et mes premières scènes, honnêtement, ça a été quand même une révélation. C'est devenu une passion. Et donc je pense qu'au bout de... J'ai démarré en 2017, et donc en 2019, en fait c'est À force de jouer, à force d'écrire, j'ai commencé à avoir un spectacle. Et puis à avoir envie de le jouer. Sauf qu'en fait, les deux, faire un CDI et puis jouer un spectacle, ça commençait à être nerveusement un peu compliqué. Parce que si tu veux, toute la journée, moi j'étais... Faut recontextualiser un peu. Toute la journée, j'étais une femme dans la tech. Donc plutôt jeune. Une femme dans la tech, dans un milieu plutôt masculin. Donc si tu veux, les réunions, j'étais pas rigolote du tout. Les réunions, j'étais plutôt...
- Speaker #0
Tu sortais pas ton atout bout en train en pleine réunion ?
- Speaker #1
Non, je sortais mon atout compte rendu. Vraiment. Je sortais très sérieuse, très carré. Et puis, comme je te disais, c'est quand même un milieu assez masculin. Donc, il valait mieux pas rigoler. Ou rigoler à leurs blagues. Et rigoler à leurs blagues. Qu'ils avaient sorties quand ils te... au moment où peut-être ils vont même couper la parole. Après, pas tous, parce qu'il ne faut pas faire une généralité. Mais honnêtement, j'ai quand même vécu des petites pépites. Donc, c'est vrai que je ne rigolais pas du tout. Je ne rigolais pas du tout. J'étais très sérieuse, très carrée. D'ailleurs, quand je lui ai dit que je pars faire de l'humour, il y a des gens qui ont douté. Ils m'ont dit, mais tu es sûre ? Parce que c'est vrai que je n'étais pas du tout rigolote. Ils doutaient de toi. Ils doutaient de moi. Ils m'ont dit, mais en fait, elle était drôle depuis deux ans. On ne s'en était pas du tout rendu compte. C'est comme si pendant deux ans, ils avaient vu quelqu'un de très sérieux et au dernier moment, mais vraiment au pot de départ, il y a des gens qui m'ont dit « du coup, tu pars faire quoi ? » « Je vais jouer à un spectacle d'humour. » Il y a des gens, ils sont « mais toi ? » Ils n'avaient pas du tout vu cette compétence en moi, finalement. Tu avais quand même du coup complètement caché cette partie de ta personnalité pour apprendre le costume corporate. Il n'y a que Christine et Eva qui étaient au courant de moi. mon petit potentiel galéjade. Mais sinon, par défaut, non, non, très calme. Enfin, je pense, très serre. Enfin, je n'ai pas du tout l'image, je n'ai pas souvenir de moi en train de rigoler en open space. J'étais plutôt en observation, très réservée, timide, le compte rendu dans les temps, les mails, carrément. Carré. Vraiment carré. et Karim est pas pas non plus j'entends pas quelqu'un qui va énormément s'affirmer en mode en mode assertive genre je vais jouer non comme les mecs à mettre tout sur la table non je pense pas honnêtement franchement je pense bon élève Dans... Ouais, bonne élève, carrée, consensueuse, en réunion timide, dire les choses telles qu'elles doivent être dites, mais pas plus, tu vois, pas sur un décibel de plus, pas sur un ton de gravité. En plus, non, juste, je pense, ouais, dans une forme un peu de justesse, quoi. Donc, c'est vrai que quand je leur ai annoncé que je voulais faire de l'humour, non, non, ouais, il y a eu des... Il y a eu des surprises. C'est vrai qu'au bout d'un moment, quand j'ai eu ce spectacle-là, ça m'a appelée. Par rapport à ce qu'on disait, sur le fait de mal se sentir dans une situation, la cage dorée, j'ai très vite eu l'image de... Je ne sais pas si tu as vu, je le sors tout le temps, Nemo. J'ai eu l'image de Nemo sur mes derniers jours. Quelle partie du film ? La partie où il atterrit dans un aquarium de dentistes. il m'a fait penser à moi Nemo en fait il atterrit, donc Nemo petit poisson, petit thème pauvre il est une petite nageoire en moi il termine un moment dans un aquarium de dentiste et l'aquarium de dentiste il est comme ça les vitres, elles sont léchées, un truc de dingue il y a des gens qui viennent s'assurer que t'as bien tes tickets resto que t'as bien, tu vois tes petits congés payés, que t'es bien. Les algues, il n'y a pas de courant. Les algues, elles sont d'une qualité vraiment réfléchissante, tout ce qu'il faut. Dans un environnement, t'es bien. Il y a des gens sympas. Il y a des gens sympas, personne qui ne la porte croquée. Je veux dire, c'est pas le cycle alimentaire. Pas de danger, sécurité.
- Speaker #0
À part la petite fille quand même. À part la petite fille. Mais bon, à part elle, tout va bien.
- Speaker #1
Mais bon, la petite fille, elle ne va pas dans le bocal. Donc Nemo, toujours sécurisé. Et en fait, au bout d'un moment, Nemo, il est dans son bocal et il regarde l'océan. Il regarde l'océan, il voit les vagues, il dit « Ah, moi j'ai envie de ça » . Et en fait, franchement, je t'assure, mais à un moment, je me dis « Mais moi, je ressens ça » . C'est-à-dire que j'étais... Je veux dire, c'est con. Enfin, je parle quand même d'un petit poisson avec une nageoire un peu atrophiée. Mais, il a eu beaucoup de courage. Je comprends, en fait, cette sensation de « Là, t'es bien. T'es objectivement bien. T'es dans la sécurité. t'es dans le confort mais il y a un truc en face là, tu sais pas ce que c'est tu sais pas comment ça va se passer et t'as envie d'y aller et ça c'est un mouvement c'est un élan je pense si on l'a pas vécu on peut pas savoir on peut pas évaluer parce que tu vois moi par exemple quand j'ai expliqué à ma mère que j'allais partir pour faire de l'humour son premier réflexe a été de me dire mais Lucie avec tous les tickets CE que t'as Et en fait, pour moi, c'est un profond décalage. Parce que je me sens pas bien. Je me sens pas bien dans mon petit aquarium. Qu'est-ce que tu viens de me parler des tickets CSE ? Et en même temps, je comprends parce que... En fait, quand deux ans plus tard,
- Speaker #0
t'en as plus du tout,
- Speaker #1
tu t'es dit que les tickets CSE, ils étaient pas mal quand même. En fait, c'est vrai que c'était une bonne référence. Finalement. Finalement,
- Speaker #0
je comprends l'intérêt du truc.
- Speaker #1
Mais j'y trouve autre chose, tu vois. Donc, c'est... Franchement, ce sentiment d'être... effectivement oui d'avoir la sécurité le confort mais une envie d'ailleurs qui te dépasse moi ça me rendait malade j'arrivais le matin il m'est arrivé d'ouvrir d'arriver à mon poste et de faire un malaise ou de pleurer quoi parce que tellement je me sentais pas bien quoi et c'est pas contre mes anciens collègues ou mon ancienne boîte c'est simplement que j'étais pas le bon fit j'étais pas à ce moment là au bon endroit quoi et en plus t'avais goûté à quelque chose qui te faisait vraiment virer Ah ouais
- Speaker #0
Donc ça crée encore plus de décalage.
- Speaker #1
Et c'est terrible en fait, toute la journée où tu dis physiquement que tu es là, mais tu attends la fin de journée, tu attends le week-end pour aller jouer, pour aller tester ton idée, pour aller rencontrer le public. Et ça, c'est terrible de laisser passer le temps, de se dire vivement, bien que ça passe. Honnêtement, c'est un sentiment assez particulier. Qu'est-ce qui t'a fait du coup sauter le pas ? Alors, mon déclic, ça a été, un jour j'arrive, je fais un malaise et vraiment, je suis malade. Et là, j'atterris à l'infirmerie, à la médecine du travail. Et en fait, je pleure, je pleure, je pleure, je n'arrête pas de pleurer. Et donc, on en discute et ils me disent, mais qu'est-ce qui se passe dans votre vie ? Alors, tout de suite, c'est un peu perso. Je dis, bien sûr, vous divorcez. Je dis, ben non, je ne suis pas mariée. Un deuil. Je dis, ben non, a priori, non. Enfin, en tout cas, je n'ai pas encore reçu l'appel. en fait c'est juste être rentrée d'avoir badgé en fait c'est aussi con que pas savoir ce que je fais là et on en revient à la question que tu soulignais je sais pas ce que je fais là et pourtant j'ai signé un contrat j'ai fait la démarche pour arriver jusqu'ici mais je ne sais plus ce que je fais là et vraiment le déclic ça a été quand je me suis dit Lucie qu'est-ce que tu t'infliges euh pour une décision que tu n'oses pas prendre. Et là, j'en suis allée me dire, en fait, tu ne te respectes pas. Là, tu as arrêté de te respecter. C'est-à-dire que tu es malade, physiquement, mentalement, tu étais en jachère. Et donc, de me dire, je ne me respecte plus. Et ça, franchement, ça m'a fait de la peine. Et je crois que ça a été le déclic pour avancer. Parce que du coup,
- Speaker #0
tu avais déjà conscience que c'était ce que tu avais envie de faire.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
Partir, mais tu n'osais pas parce que... Toute la société te renvoyait que ce n'était pas le bon choix.
- Speaker #1
Complètement. Je passais de, t'imagines, de CSP+, Cache Dorée, il y a des gens qui travaillent pour ça. Secteur en... Dans une grande boîte française. Vraiment. Et je sais qu'il y a des gens qui en rêveraient. Et moi, je veux faire troubadour. Vraiment, c'est vrai que c'était changer tout mon rapport à la vie. c'est à dire que De salaire régulier, la retraite, tu vois, une forme un peu de sécurité financière, une visibilité, un rythme aussi, tu vois, mine de rien. Tu sais quand tu vas partir en vacances, tu sais que le 5 du mois, tu vas avoir un salaire, un truc. Tu ne sais pas comment ça va se passer, quoi. Moi, l'intermittence, oui, l'intermittence, mais comment il faut l'avoir, l'intermittence ? Ah ouais, c'est caché, mais alors c'est 54 cachés de 8 heures ou c'est 62 cachés de 6 heures. Enfin, tu vois, c'est des... comment on allait cacher. Enfin, je passais vraiment du coq à l'âne, quoi, sur quelque chose de beaucoup plus incertain, avec moins de visibilité. C'était pas du tout... Enfin, c'était un changement du coq à l'âne, quoi. Et puis, personne te dit « Vas-y, fonce ! » Parce que... Non, non, non. Sur le papier, non.
- Speaker #0
Sur ce genre de choses, non.
- Speaker #1
Moi, j'ai tout entendu. Puis, alors, ce qui fait le plus mal, c'est, de toute façon, t'as un bon CV, tu sauras rebondir. Mais, tu vois, En fait, dans le sous-texte, si jamais il y a un échec, ce n'est pas forcément ce que tu veux entendre. En fait, le changement est tellement radical que tu attends... Enfin, tu attends... Moi, je crois que finalement, je n'attendais rien. Mais tout le monde te renvoie ses propres peurs. Bien sûr. Donc, tu as droit au cousin. « Ah ouais, moi, mon cousin, il a voulu faire du théâtre. » « Est-ce que... » « Bon, ben, dans six mois, il a fallu six mois pour revenir en entreprise. » « La queue entre les jambes. » Alors, tu te projettes, tu dis « Dans six mois, peut-être que je suis encore là. » Donc, tout le monde te renvoie ses propres peurs. Personne. ne va prendre le temps d'écouter et de dire finalement, vas-y, tente !
- Speaker #0
De toute façon, si ça se passe mal, il y a un échec. Je veux dire, les gens ne sont pas... Bien sûr qu'il faudra rebondir.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui t'a aidée à ce moment-là pour garder le cap ?
- Speaker #0
Honnêtement, je pense qu'il y a quelque chose de l'ordre de la survie. Parce que j'étais tellement mal. En fait, je pense que vraiment l'aspect culpabilisant aussi d'aller mal dans une situation super sur le papier. En fait, je pense que moi, ça m'a enfoncée. C'est-à-dire de me dire, oh là là, je suis assez sensible au sujet un peu sociétaux, économique, etc. Et de me dire, punaise, il y a des gens qui rêveraient d'être là, qui rêveraient de cette sécurité financière, qui rêveraient de ce confort. Il y a des gens, même dans des situations de travail, c'est canicule, il y a des gens qui galèrent, qui mettent deux heures parfois pour aller travailler, qui travaillent en pleine chaleur. Et moi, je suis dans un bureau climatisé, ça ne va pas.
- Speaker #1
Il y a des personnes qui n'ont pas ce luxe de pouvoir se poser des questions.
- Speaker #0
Exact. Ça, ça m'a enfoncée. Même j'en parle, j'ai encore un sentiment d'oppression. Parce que je n'arrivais pas à comprendre pourquoi je n'étais pas bien là. Parce que par A plus B, c'est bien. Par A plus B, tu as tout. Tu as la sécurité, le confort. Mais qu'est-ce qui fait que ce n'est pas là que tu dois être ? Honnêtement, c'est comme si... Moi, j'avais vraiment l'impression d'être parfois un peu sous l'eau. Et c'est comme si ce sentiment-là de me sentir pas bien dans un truc où c'est censé aller. C'est censé aller, punaise. C'est comme si ça te remettait, tu vois, de remettre un petit coup sous l'eau,
- Speaker #1
quoi. Donc,
- Speaker #0
c'était hyper difficile de franchir ce cap-là, ouais.
- Speaker #1
Le côté obscur des personnes très curieuses. Je suis aussi avec cet attrait pour la nouveauté. c'est que on peut se retrouver finalement dans des situations qui ne nous satisfont pas du tout. Parce qu'au début, il y a le challenge, on ne comprend pas ce que c'est, il y a quelque chose un peu à découvrir. Et le puzzle à faire, ça on aime bien le faire. Et du coup, on est capable de se mettre sur des sujets qui sont très très loin de notre source, on va dire. Et puis, une fois que la nouveauté est passée, tu es là, ok, maintenant que j'ai compris, je voudrais aller faire autre chose. Et l'entreprise, elle est là, ben non, t'es hyper forte. Ouais. Vas-y. Non, mais c'est pas parce que ma tête est assez bien faite pour comprendre que j'ai envie de le faire, en fait. Et je t'imagine bien, en fait, dans cette situation où finalement, au début, la nouveauté a fait que ça t'a gardé un petit peu stimulée. Mais une fois que la nouveauté, elle est passée, il y a un peu réveil en gueule de bois, quoi.
- Speaker #0
Ouais, ouais, sans doute. Puis moi, j'ai vraiment eu une révélation pour l'écriture, quoi. L'écriture et la scène, ça, c'est vrai que... Je ne sais même pas si j'avais eu un poste un peu plus créatif dans vraiment, par exemple, je ne sais pas, l'innovation ou la communication. Je pense en vérité, me concernant, que ça aurait juste décalé un peu le sujet. J'aurais peut-être, entre guillemets, tenu 5 ou 6 ans.
- Speaker #1
Un peu plus longtemps, oui.
- Speaker #0
Mais je pense que je l'aurais fait parce que c'était trop... Pour le coup, c'est vraiment une révélation de passion. Et alors, ce qu'il m'a fait... Parce que j'aurais pu tenir un peu à l'équilibre. et ça aurait pu rester un centre d'intérêt, un hobby. Mais je pense que vraiment, c'était une passion. Donc l'enjeu ensuite, ça a été de faire de cette passion un métier le plus pérenne possible.
- Speaker #1
Et alors du coup, tu as pris cette décision courageuse de partir parce que tu avais cette expérience, tu avais ces premiers succès aussi par rapport à ce spectacle que tu avais écrit. Et t'avais commencé à le jouer avant de partir ?
- Speaker #0
Peut-être deux ou trois fois, ouais, pas beaucoup.
- Speaker #1
Mais t'avais quand même des signaux positifs qu'il fallait aller par là. Sauf que là, on se retrouve en 2019. Et être intermittent du spectacle en 2020, c'est pas une bonne idée. C'est pas une bonne idée,
- Speaker #0
voire même c'est pas possible. Ouais, alors là, c'est vrai qu'on attend psychologiquement, ça a été un peu les montagnes russes. Parce que je termine donc en septembre 2019. Dans la foulée, je démarre mon spectacle à l'époque au Trois Bordes. Ça se passe super bien, je suis trop contente. Je me dis, c'est ça la vie d'artiste. Super, j'écris, je joue, j'écris, je joue. Ça décolle. Ça décolle. En fait, tous les gens là, gna Tu vois ? Et là, en février 2020, Covid a fermé. C'est pas vrai, c'est pas vrai. Et là, honnêtement, ça a été un exercice. Ça a été vraiment un exercice de savoir, est-ce que je maintiens mon cap ?
- Speaker #1
Et...
- Speaker #0
tous les jours, c'était un exercice. Parce que tous les jours, les théâtres sont fermés. Ils réouvrent, je crois que ça a réouvert juin, juillet, un truc comme ça. Mais bon, après, de toute façon, c'est refermé. Moi, j'avais pu partir avec une rupture conventionnelle. Ça, j'avais eu de la chance de l'avoir. Ce qui fait que, du coup, j'avais mes droits au chômage qui s'étaient déclenchés pour deux ans. Donc, si tu veux six mois de Covid, moi, je suis en train de faire Je me dis, 6 mois de confinement, 6 mois de théâtre fermé, je me dis que c'est 6 mois en moins de jeux. Donc c'est 6 mois d'occasion en moins de cumuler des cachets, d'avoir l'intermittence. Donc je voyais l'ambiance d'anxiété un peu globale, globalement hyper stress, dramatique. Et puis ma propre situation de, en fait les théâtres sont fermés, comment je vais faire là ? Et le temps qui passe, etc. Donc ça a été un... Et puis tout le monde te dit... Bon, les théâtres, c'est compliqué,
- Speaker #1
hein ? J'avais pas vu !
- Speaker #0
T'as pas choisi ton moment pour démarrer, hein ? C'est clair ! Vraiment, le goût est vraiment le nez ! Merci, quoi ! Et puis en plus, comme moi, j'avais travaillé dans la technologie et les outils collaboratifs, forcément au confinement, tout le monde fait des visios. Donc si tu veux, moi j'avais mon CV à jour.
- Speaker #1
T'aurais pu retrouver comme ça.
- Speaker #0
J'aurais pu retrouver comme ça, et puis même, je pense, en fin 2020... Fin 2020, je suis tellement stressée que je crois que même je candidate. Je candidate, je mets mon CV sur... Je ne suis plus une banque de CV et je passe deux coups de fil à des product-owner sans doute. Et là, je rediscute avec eux et je me dis mais... Je ne vais pas y arriver. Je ne peux pas. Donc en fait, là, l'exercice, c'est tenir. Mais vraiment, c'est tenir à... En fait, punaise, tu es si proche du but, tu ne peux pas... Ce n'est pas possible de faire machine arrière. Parce qu'en fait, c'est un truc un peu bête que si j'avais... En fait, je suis partie de ma précédente entreprise avec une rupture conventionnelle, qui fait que concrètement, j'ai pu déclencher mes droits au chômage et donc sécuriser ma reconversion.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Le problème étant que si je fais une année blanche ou si, par exemple, imaginons par stress, je refais un CDI dans une entreprise, en fait, il faut que je renégocie ma rupture conventionnelle. Et qu'en fait, il faut réécrire toute l'histoire. Psychologiquement, je pense que j'aurais pas... Franchement, ça aurait été l'enfer. C'est dur, en fait,
- Speaker #1
de faire machinerien en se disant c'est pas grave, c'est redécalé quand t'as...
- Speaker #0
Ah bah ouais, mais t'en sais rien. En fait, là, j'avais eu la chance d'avoir la rupture conventionnelle. Toutes les entreprises ne le font pas. Va chercher une rupture conventionnelle, alors qu'en gros, concrètement, tu viens d'arriver, donc t'es en période d'essai. Donc c'était remettre une pièce... En fait, c'était réécrire toute l'histoire. Et ça, je me suis dit, c'est pas possible. Et là, franchement, je me suis mis en mode bélier. Je me suis dit, franchement, je m'accroche. Je tiens, Quoi qu'il coûte. Donc bon, aussi, j'ai fait le quoi qu'il en coûte. Franchement, non, c'était vraiment un exercice de tenir. Ce n'était pas possible de regarder en arrière et refaire l'histoire. Là, maintenant, il fallait aller de l'avant et tenir. Et ça a duré quand même deux ans. Donc, ça a été long.
- Speaker #1
Ça a été long. Et à partir de quel moment tu t'es dit c'est bon, j'ai pris la bonne décision ? Tu t'es dit là, il y a... Honnêtement, pour reprendre la petite idée de Nemo, pendant longtemps, je me suis pris les vagues.
- Speaker #0
Franchement, je me suis pris... Le Covid, c'était quand même sacré dessous d'habillage. C'était une grosse vague. Puis il faut se rappeler que Nemo, il n'a qu'une petite nageoire. Mais le Covid, ça a déjà été une grosse vague. Après, je n'ai pas eu de chance parce que... Enfin, je n'ai pas eu de chance pour se décrire comme ça. Mais en gros, le premier spectacle que je lance, il est produit. Au bout d'un moment, la production me dit, bon, en fait, peut-être qu'on préfère produire un autre artiste. En soi, il n'y a pas de souci. Sauf que du coup, j'avais signé un contrat d'exclusivité. Donc, ce qui fait que du coup, eux, ils étaient obligés de produire le spectacle. Sauf qu'à partir du moment où on ne travaille plus ensemble, eux gardent les droits d'exclusivité. Donc moi, je ne peux plus produire mon spectacle. Donc là, je me dis, c'est pas vrai, il faut réécrire un spectacle. Il faut réécrire un spectacle. Je me dis, quand même, là, les vagues... Je suis un petit peu ébouriffée là. Donc je réécris un spectacle. C'est le spectacle que j'ai terminé l'année dernière, qui a duré 3 ou 4 ans, je ne me souviens plus. Peut-être plus. Enfin, trop dans l'ennemi, on va dire. Et là, c'est assez récent, où je me dis, j'ai l'impression que je commence à... J'ai l'impression que je commence à stabiliser quelque chose. Et pour moi, ça vient, ce sentiment-là, d'être à la tête de ma propre structure. C'est-à-dire que moi, je m'autoproduis. le fait de... Alors, je m'auto-produis sur... En fait, moi, je fais de l'humour en grand public. Donc, il y a le livre, là, je sors un nouveau spectacle. Et il m'arrive aussi de faire de l'humour en entreprise. Et donc, dans ce cadre-là, à la base, c'est pour ça que j'ai créé ma société de production. Et donc, bientôt, je serai autoproduite partout. C'est clair ce que je dis ?
- Speaker #1
Si, c'est juste pour que tout le monde comprenne, autoproduite, ça veut dire que c'est toi qui te signes tes propres cachets ? Alors justement non,
- Speaker #0
parce qu'en fait maintenant je ne suis plus intermittente.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Je me verse des salaires via ma production.
- Speaker #1
Du coup tu touches tous les revenus liés à tes spectacles ? Exactement. Moins les frais de location des salles. Ouais Et c'est toi qui va gérer aussi la communication ? de tes spectacles et de ton livre.
- Speaker #0
De façon classique, il y a un producteur qui produit un artiste et donc quand il produit, il fait sa communication, il veille à son rayonnement, il trouve des dates, etc. Et donc l'artiste reçoit des cachets, il est rémunéré pour jouer. Et en fait là, je fais les deux. C'est-à-dire que je suis toute seule. Je m'entoure par contre, c'est vrai, mais je m'auto-produis. Donc, je suis toute seule à choisir un peu mes dates, à choisir un peu la stratégie de communication que je pense chouette. Et donc, le fait d'être ce que j'aime dans ce contexte-là, c'est l'indépendance. Et donc, le fait d'être indépendante chez moi, ça nourrit ce sentiment un peu de stabilité. De me dire, OK, en fait, j'ai ma boîte, j'ai ma société de production. C'est cette société de production, donc la mienne, qui me réminère. Donc je me réminère via ma boîte. Je m'entoure, je gère les projets. Cette indépendance-là fait que je choisis les projets que je veux, qui m'animent. Et donc c'est vrai que c'est cette organisation-là qui fait que je me dis « Ok, là j'ai passé un cap qui est chouette. » Parce que quand on travaille, en tout cas me concernant, quand je travaille parfois avec des productions, il y a un côté... Un peu plus incertain, je trouve. Tu ne choisis pas forcément tes dates. Forcément, tu travailles à plusieurs. Par exemple, tu vois un truc, quand je joue, j'aime bien qu'il y ait mes affiches. Parce que je trouve que les gens au moins savent que c'est au bon endroit. Bon, eh bien, pendant des mois, il n'y avait pas mes affiches. Et donc, c'est un truc, en tant qu'artiste, moi, je veux, j'ai besoin qu'il y ait mes affiches. Parce que je trouve que quand tu accueilles un public, ça fait partie d'un « Coucou, c'est bien ici » . Bon, et ben... Avec, par exemple, l'organisation avec laquelle je travaillais, on n'a jamais été capable d'envoyer les affiches. En fait, maintenant, en autoproduction, vu que c'est moi qui pilote, donc là, peut-être que je reviens à mes trucs un peu de gestion de projet, vu que c'est moi qui pilote, je choisis qui est quelqu'un dont l'envoi d'affiches, c'est la mission. Donc j'ai besoin, parce qu'en tant qu'artiste, moi je veux qu'il y ait des affiches. Enfin c'est un détail si tu veux,
- Speaker #1
mais c'est pour illustrer le fait que l'indépendance... Oui mais je vois du coup l'arrière.
- Speaker #0
C'est ça. Donc c'est pour signifier que pour moi l'indépendance, c'est quelque chose qui est de nature à me rassurer sur ma reconversion. De je suis indépendante, donc j'ai le choix de mes projets. J'ai le choix de ma stratégie. Quelque part j'ai le choix de ma carrière. C'est-à-dire que si je me plante, c'est ma faute. Et ça, c'est... Ça doit dater ce sentiment-là. Ça doit dater d'il y a peut-être depuis six mois, je me dis ça.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Tu vois ? Donc, c'est quelque part assez récent.
- Speaker #1
Mais ça a été un long cheminement, finalement, et qui t'a menée à devenir ton propre patron. Exactement.
- Speaker #0
Ta propre patronne. En fait, le fait d'être ma propre patronne, artistiquement, ça me libère. C'est-à-dire que... Bien sûr que ça a été des étapes, parce que déjà, il a fallu que je crée ma société. Ensuite, il a fallu que j'apprenne un peu à... Comment gérer un business ? Parce que vous le disiez, moi, je n'ai pas non plus fait une école de commerce. Donc voilà, comment un peu ça fonctionne ? Tu as créé quoi comme structure ? C'est une SASU.
- Speaker #1
C'est une SASU.
- Speaker #0
Quand tu dis que tu t'es entourée, tu t'es entourée de qui ? Alors ça, c'est hyper intéressant. Parce que de choisir le premier type d'activité pour lequel tu t'entoures. Donc moi, je me suis d'abord entourée... Pour le relais, on va dire B2B. Parce que je passais beaucoup de temps à faire des visios ou des prises de briefs. Par exemple, je reçois typiquement sur la partie spectacle en entreprise, je ne démarche pas du tout. Donc, ce n'est que des personnes qui m'écrivent sur LinkedIn ou en mail en me disant, tiens, on a un séminaire, on a pensé à vous. Et donc là, pendant très longtemps, c'est moi qui gérais un peu cet aspect-là. Sauf qu'en fait, moi, je ne peux pas écrire, partir en journée, jouer et faire des visios, quand bien même, ça me plaît beaucoup.
- Speaker #1
Et que c'est très rémunérateur.
- Speaker #0
Et que c'est très rémunérateur.
- Speaker #1
Mais oui, cette partie-là, ok.
- Speaker #0
Donc, c'est cette partie-là que j'ai commencé à déléguer. Ensuite, là, je suis en train de déléguer, vu que mon objectif, c'est plutôt l'autoproduction, mais que je n'ai pas non plus fait un parcours en formation culturelle. Je suis en train de me faire accompagner sur... un profil un peu plus administrateur culturel. Gérer les contrats, l'envoi d'affiches, tout ce qui est un peu, je ne sais pas, billetterie, droit d'auteur, toute la partie un peu administration de spectacle. Et là, je pense, donc ça, c'est en cours, et la prochaine étape, c'est, je pense, tout ce qui est un peu contenu, contenu audiovisuel, délégué. J'aimerais bien faire un petit pôle audiovisuel.
- Speaker #1
Kifferait quoi du coup exactement ?
- Speaker #0
Kifferait... En fait aujourd'hui je fais beaucoup de montage moi-même pour mes vidéos sur les réseaux sociaux et c'est pareil, déjà j'aime pas trop tout ce qui est technique je crois que ça me rappelle de mauvais souvenirs donc j'aimerais bien déléguer ça. Dans un monde idéal, j'écris... Alors attends, dans un monde idéal je fais une veille, je réfléchis j'écris, je joue. Ça ce serait parfait, je pense que ce sera jamais le cas. Donc, un monteur ou une monteuse qui m'aide sur la partie montage de contenu.
- Speaker #1
Ok, je comprends bien.
- Speaker #0
Mais il a fallu du temps de structurer aussi. En fait, j'ai dû passer par l'aspect patronne, par l'aspect un peu business, pour artistiquement, et mon artiste, je me sens un peu plus à l'aise à faire plus. tu vois à pas me cantonner à un seul thème ou à un seul sujet, à être un peu plus libre dans mon écriture ou dans mes propositions. C'est assez étonnant, je trouve d'ailleurs, d'avoir eu ce parcours-là, mais c'est aujourd'hui comme ça que... Que je me lève et que ça va. Est-ce que tu as pour projet de devenir productrice d'autres artistes ? Franchement, j'aimerais bien. Je pense que c'est un peu précoce. Et ça, c'est vraiment la productrice qui parle. C'est marrant parce que j'ai un peu les deux casquettes. Je pense que c'est un peu précoce parce que je n'ai pas encore stabilisé l'organisation pour ça. Et donc, vu que c'est vrai que... Moi, c'est ma carrière artistique, c'est mes spectacles, c'est ce qui prime. Oui,
- Speaker #1
tu as beaucoup envie de jouer et d'écrire. Oui,
- Speaker #0
mais complètement. Et donc, c'est vrai que tant que l'organisation, elle est récente quand même. C'est une boîte qui a maintenant quelques années, enfin, qui a quelques années, qui a 1000 ans. Ma boîte, elle a 4 ans. Mais ça reste quand même assez récent. Tu vois, l'autoproduction, ça doit dater d'il y a deux ans. Donc, ça fait deux ans que je suis tranquillement en capacité de me verser des salaires. Donc, ça reste quand même assez neuf. Donc, cette boîte, elle évolue aussi. Et le fait de produire d'autres artistes, je pense que c'est encore un peu tôt pour le gérer. Parce que je n'ai pas encore de RH qui soit en capacité de gérer, par exemple, les cachets. Mais d'ici deux, trois ans, c'est quelque chose que j'aimerais bien faire.
- Speaker #1
Je comprends que c'est en cours. En tout cas, ça semble être dans la bonne trajectoire. En même temps, tu as une actu qui est absolument folle en ce moment, on le disait avec le spectacle, mais aussi avec ton livre. Et j'aimerais bien qu'on ait le temps d'en parler parce que tu as notamment une partie... Alors, c'est un livre concept, puisque tu l'as écrit comme un guide touristique à la découverte du monde, du pays, du travail. Exact. Et donc... Déjà, d'où est venue cette idée de cette méga métaphore pour le monde du travail ? Et parle-moi de tous ces codes qu'il faut bien comprendre pour naviguer en eau trouble. Alors déjà,
- Speaker #0
je pense que c'est un sentiment qui est né quand j'ai démarré en entreprise. C'est-à-dire que moi, j'avais une image de l'entreprise. En plus, moi, j'ai travaillé principalement dans des groupes du 440 où je me suis dit, ah, mais toutes ces tours-là, c'est... magnifique, tous ces gens costards, cravates, moi j'adore par exemple le cache-investigation, Élise Lucé, et donc chaque fois elle a souvent des plans à la défense. Et quand je voyais petite ou ado, tous ces gens super bien habillés, costards, cravates, hyper bien coiffés et tout, alors l'indemnité. Impeccable, je me dis, ça doit être fou, ça doit rouler. Rationnellement, je me dis, ça doit être jamais un problème, c'est sûr ça roule et en fait quand je suis arrivée en entreprise je me suis dit en fait pas tant en fait non et en fait c'est ça qui a été marrant parce que je me suis dit punaise comme s'il y avait des coulisses il y avait une vitrine en plus à la défense c'est vrai que les tours reflètent le soleil donc il y a quand même un côté un peu esthétique et c'est vrai que les coulisses je me suis dit ouh là ça fonctionne comme ça ça fonctionne comme ça ? ah ouais ça fonctionne comme ça mais pourquoi on ne nous le dit pas plus jeune que ça fonctionne comme ça ? donc je trouvais que je me suis dit ces études pour finalement faire un truc où tu dois t'adapter c'est à dire que moi j'avais pas l'impression j'aurais fait d'autres études le même étonnement j'avais une vision académique en fait du travail on m'avait appris à avoir un esprit critique on m'avait appris à raisonner mais on m'avait pas forcément appris à naviguer en entreprise tu vois Non. Et ça, tu ne l'apprends que quand tu y es.
- Speaker #1
Si tu arrives à l'apprendre.
- Speaker #0
Si tu arrives à l'apprendre.
- Speaker #1
Et si tu arrives en entreprise.
- Speaker #0
Si tu as le bon guide. Exactement. En fait, tout au long de ma carrière, il y a eu des successions d'étonnement. Tu vois, il y a des gens... Enfin, chaque fois, j'avais des images de gens qui couraient en open space en disant « Je suis sous l'eau, je suis sous l'eau, je suis sous l'eau. » Et moi, j'étais là « Bon, on n'est pas dans une... » piscine, qu'est-ce que tu veux ? Tu vois, des habitudes de langage. J'imaginais tout le monde dans une piscine à faire du dock-rôler. Ah là, faut faire l'audit ! Ou par exemple, je me souviens une fois, j'avais bugué. Il y avait un manager qui m'avait dit, on ne dit plus manager, maintenant on dit coach. J'ai dit, mais coach, mais t'as cru que j'allais courir derrière un terrain ? Là, on est assis toute la journée. Qu'est-ce que tu veux que je... Qui va me coacher de quoi que ce soit ? Parce que ça me faisait penser forcément au sport. Mais un coach, pour moi, c'est quelqu'un qui... qui gèrent des gens qui courent, par exemple, pas des gens qui restent assis toute la journée avec un sifflet. Et donc, tu vois, c'est des images, c'est des étonnements. Et je pense que c'est venu... Donc ça, déjà, c'est l'idée. J'avais une idée pendant très longtemps de... C'est marrant comment ça fonctionne. Tu vois, cet écart entre comment moi, j'appréhendais le monde du travail et comment je pense qu'il est aussi... retransmis dans les médias, dans l'univers un peu collectif. Et moi, mon expérience, je te dis, c'est une succession d'étonnements. Et puis ensuite...
- Speaker #1
Et du ridicule aussi, de certaines situations, j'ai l'impression, dans ce que tu décris. Ah bah ouais,
- Speaker #0
et puis vraiment de... Tu vois, par exemple, moi j'ai une blague, c'était sur les tickets. Je parlais des tickets. Quand j'étais en consultante, j'avais eu une mission, c'était du support, support informatique. T'avais de fou vos supports informatiques, t'as des gens, tu leur disais, ouais, faut ouvrir le navigateur. Ils disaient, mais un navigateur... Vous me parlez de Christophe Colomb. Je suis là, bon, pas du tout. Ouvrir la fenêtre, les gens étaient capables d'ouvrir la fenêtre. Vraiment, c'était un truc un peu un délire. Et donc, sur les tickets, tu avais des gens, je leur disais, il faut créer un ticket, parce que ça correspond à un process. Je veux dire, un process que par ailleurs, je peux comprendre. S'il y a trop de tickets, ça veut dire qu'il faut peut-être recruter quelqu'un supplémentaire. Et donc, je disais, il faut créer un ticket. Oui, mais mon ordinateur, il ne marche pas. Et en fait, du blocage. Vraiment le rond dans le carré. C'est-à-dire que moi, j'avais besoin du ticket. Pour démarrer la mission ? Pour débloquer l'ordinateur ? Et l'autre me disait, je ne peux pas parce que mon ordinateur ne marche pas. Je lui dis, je comprends. Mais il faut créer un ticket. Et donc, tu vois, vraiment cette sensation de rond dans le carré. Les réunions, c'était pareil. Je passais des journées entières en réunion. Je me dis, mais du coup, on travaille quand ?
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Le soir. Après, le soir, pour moi, au bout d'un moment, il faut partir. Les réunions, c'était aussi un délire. Et puis, il y avait des... Je trouvais qu'il y avait des effets de mode. Je trouvais ça très marrant. Tu vois, par exemple, il y a eu une mode sur l'agilité. Il fallait être agile. Mais agile, moi, je me dis, mais agile, je ne comprends pas. On travaille avec... Il y a des équipes qui sont en Inde. Il y a des équipes qui sont à Houston. Il y a des équipes qui sont à Paris. C'est-à-dire qu'on couvre plusieurs fuses horaires. À quel moment tu penses qu'on va arriver à trouver un créneau dans la journée pour réunir toutes ces équipes ? On ne peut pas travailler en mode agile. En plus, on a des process de sécurité. Dans certaines boîtes, ils sont tellement énormes que tu peux... pas du tout travailler en mode agile. Mais il fallait travailler en mode agile. Ce truc, tu vois, même le dress code, quoi. Dress code, moi, je me souviens, il y avait une boîte, ça faisait partie des objectifs. Il y avait une ligne, pas code vestimentaire, c'est pas le mot code, mais c'était posture vestimentaire, un truc, en gros, comment t'es habillée, quoi. Et je me souviens, j'ai dit, mais c'est quoi, ça ? Et je me souviens, j'avais un manager qui m'a dit, Lucie, tu peux dire une bêtise, mais si tu l'as dit en... Pas costard, cravar. En tailleur. En tailleur. Sans doute qu'elle passera. Et je me suis dit, Donc ça, tu vois, pour moi...
- Speaker #1
Utilisons nos biais cognitifs à notre avantage.
- Speaker #0
Ouais, fou, tu vois. Donc je me dis, du coup, tu peux dire, imaginons, un expert. Ça veut dire qu'il ne peut pas se pointer en jogging alors que c'est un expert, quoi. OK, intéressant. Et en fait, c'est tout ça. Tu vois, typiquement, le dress code, c'est du langage. Enfin, pour moi, c'est ce qui relève du code. Tu vois, du... Merci. Du code un peu des us et coutumes de l'entreprise. Ou le vocabulaire. Moi, je me souviens, il y avait beaucoup de gens qui n'assumaient pas de dire « je ne sais pas » . Pour moi, « je ne sais pas » , c'est une forme d'honnêteté intellectuelle qui mérite respect. « Je ne sais pas » , oui, c'est possible de dire « je ne sais pas » . On n'arrivait pas à dire « je ne sais pas » . On disait « je n'ai pas de visibilité, mais je prends le point » . Et alors, je me dis... Tu vois, encore une fois, une habitude de langage, parce que c'est pas complètement ok de dire je sais pas, parce que quand t'es consultant, par ailleurs, en plus, l'organisation te rémunère, t'as un TGM, tu vois, donc imaginons t'as un TGM de 900 euros, c'est pas forcément que la personne touche à la fin du mois, mais t'as un TGM de 900 euros, tu peux pas dire je sais pas, en fait t'es payé pour savoir, donc si tu dis je sais pas, c'est erreur. alors que j'ai pas de visibilité mais je prends le point c'est un petit enfumage pour dire là j'en sais rien, je pipe rien mais d'ici 2-3 jours je t'assure que je vais trouver j'aurai une réponse beaucoup plus crédible à te donner et donc c'est ça que je trouve marrant je trouve que c'est un peu un côté pied dans le plat on a compris que ça se passait qu'il y avait un petit langage tu vois un petit souvent on me dit du coup tu penses que le théâtre l'entreprise est une scène de théâtre honnêtement je pense parce que tu vois mais C'est bête, mais même le mot, on arrive en costume. On doit arriver en costume. Plus on monte dans la hiérarchie, plus il y a quand même un vocabulaire, une posture, une façon de faire. Et c'est ça que je trouve marrant. C'est de prendre sur quelque chose qui est très sérieux, qui peut être par ailleurs très prestigieux, de dire en fait que ça peut être une construction. Ou en tout cas que ça correspond à des codes. Moi, j'adore ça. ou tu vois par exemple sur le hum Souvent, il y a la question un peu du présentéisme, surtout là où on sort un peu du fou le télétravail. Il y a des gens qui doivent revenir sur site, etc. Tu as plein de codes qui existent, qui n'en disent pas le mot. Par exemple, moi, je vais me souvenir, j'avais des collègues, il y avait toujours leur veste sur la chaise. Et je me suis dit, mais pourquoi ils n'arrêtent pas de faire des réunions, ces gens ? Mais qu'est-ce qu'ils bossent ? C'est vraiment, ils sont sous l'eau. Et au bout d'un moment, je discute avec d'autres collègues, et je leur ai dit, mais dis donc, ils bossent. Benoît, il enchaîne et tout, il y a toujours sa veste. Il m'a dit, mais ça fait deux heures qu'il est à la pause café. Je lui ai dit, mais il y a sa veste ici. Je lui ai dit, ah non, mais Lucie, t'as pas compris. En fait, ça, c'est pour montrer qu'il est là. Il est là, mais c'est pas exactement où il est. Ah, c'est la technique de la veste. Ok.
- Speaker #1
Ça fonctionne bien, ouais.
- Speaker #0
Très efficace, la technique de la veste.
- Speaker #1
Ouais, C'est un coucou, je suis là, sans que tu sois là. C'est ça.
- Speaker #0
C'est parfait.
- Speaker #1
Je l'ai vu faire, je pense que je l'ai fait aussi de temps en temps. Tu t'arrives et tu poses bien ta veste et puis tu vas, tu descends la machine à café. Ah ouais. J'avoue. Et ça fonctionne. Ça fonctionne.
- Speaker #0
Ça fonctionne.
- Speaker #1
Ton livre, du coup, il est évidemment très drôle. L'idée, c'était quoi derrière ce récit ? Est-ce que c'était de donner des clés, justement, aux personnes en entreprise ? c'était de leur dire... fuyez ce monde-là ? C'était quoi ton intention ? Alors, mon intention, déjà, c'était... Je pense qu'il y a quand même une intention de point...
- Speaker #0
Comment dire ? De fin de chapitre. Parce que j'ai fait un premier spectacle qui n'était pas sur le milieu de l'entreprise et du travail. J'ai pu avoir le retour du fait que ça manquait un peu et que les gens étaient un peu frustrés, etc. Donc, je comprends qu'il y avait peut-être une attente par rapport à ça. Par ailleurs, ça reste quand même un sujet que je traite beaucoup en vidéo. Mais en vidéo, je trouve ça un peu éphémère, parce que tu les envoies, et puis ça fait sa petite vie. Mais je veux dire, c'est un...
- Speaker #1
Dans trois semaines, on est passé à autre chose.
- Speaker #0
Tu vois, il y a des gens qui me disent, tiens, tu pourrais faire une vidéo sur la green tech. J'en ai fait une il y a deux ans, j'avoue, j'aimerais bien un peu changer le sujet. Pas forcément, comment dire, spammer les gens avec des replays, tu vois. Donc, je pense que le livre, c'était... J'ai parlé du milieu du travail, je n'en ai pas fait un spectacle. Les vidéos, c'est intéressant, mais c'est pas... c'est intéressant, mais je n'ai pas vocation, je pense, à faire que sur le travail. Ok, je vais jouer le jeu de le faire en format livre, de faire un livre sur le milieu de l'entreprise, qui resitue tous mes étonnements. Donc, je trouve que pour moi, c'était aussi, en fait, c'était à la fois, je pense, une écoute des retours qu'on avait pu me faire et en même temps, moi, d'y trouver du plaisir. Je pense qu'il y avait un truc même de l'or de la réconciliation, tu vois, avec... Avec ce milieu-là, de le traiter, parce que je trouve que j'ai aimé l'exercice. Pour moi, c'est quand même un panorama. C'est un panorama du milieu du travail façon voyage. C'est-à-dire que je parle d'éco-anxiété, je parle d'intergénérationnel, je parle d'intelligence artificielle. Pour moi, ce livre, c'est l'occasion de dire, je pense que le milieu de l'entreprise, aujourd'hui, il est comme ça. C'est comme si, donc quelque part, de le traiter avec humour, de prendre le temps. de traiter de l'entreprise façon humour sur... OK, les amis, ce ne sera pas une vidéo, ce ne sera pas un spectacle, là, c'est un livre. Que chacun peut lire à son rythme. Et l'intention, je pense qu'il y avait quand même une volonté de partage, de partage d'une vision, de partage de... Tu vois, moi, j'ai longtemps souffert, mais ça m'a longtemps un peu chafouinée que mes parents ne comprennent pas. ce que je vivais ce décalage que toi tu ressens mon quotidien, même le titre de mon métier tu as des meilleurs par ça, product owner quand tu dis en soirée que t'es product owner, les gens ils te regardent t'es à Poudlard mais qu'est-ce que tu fais ? t'es propriétaire de produits t'es propriétaire, c'est toi qui gère les belles donc de rendre accessible je pense que vraiment mon intention c'est de rendre accessible un milieu que certains ne connaissent peut-être pas encore. Je pense par exemple aux étudiants, comme moi à un moment, je me suis dit comment ça va être en pensant que ça allait être carré et que ça allait rouler. Rendre accessible, rendre intelligible, un peu décrypté, un peu montrer les coulisses, avec un ton décalé parce que je ne voulais pas non plus en faire un témoignage. Vraiment rendre accessible aux gens qui ne connaissent pas forcément et puis je pense aussi quand même désamorcer. Les gens qui, auprès des gens peut-être dont c'est le quotidien, de proposer un autre regard sur le milieu de l'entreprise, qui parfois peut être lourd. Il n'y a jamais eu autant de maladies professionnelles. Peut-être parce qu'on les déclare plus, je n'en sais rien. Mais en tout cas, l'entreprise aussi peut être autant épanouissante que délicate et difficile. C'est pour ça que je voulais proposer un regard hyper décalé. et hyper originales sur l'entreprise. Je dis originales dans le sens... Parce que l'entreprise, aujourd'hui, on en parle... Comment dire ? C'est des chiffres échos ou c'est des reporting ou au contraire, c'est hyper critique. Et je trouve que ce livre-là, le décalage fait qu'il n'y a pas de parti pris. Chacun fait son... L'expérience, parfois ça peut être très chiant. Parfois c'est aussi, il faut le reconnaître, un moyen de s'intégrer ou un moyen de s'épanouir. Et donc il n'y a pas de... Moi j'y étais heureuse et j'y étais moins bien. Mais aujourd'hui j'en parle toujours. Donc je pense que c'était un point d'étape. Un point d'étape... dans ma carrière et puis je pense qu'il y a quand même quelque chose de l'ordre un peu de la réconciliation oui bien sûr qu'il y a des travers il y a des contradictions,
- Speaker #1
il y a des absurdités mais c'est bien de les dire tout n'est pas à jeter avec un bon guide il est possible de mieux naviguer dans cet univers au moins de savoir comment effectivement ça fonctionne sans être formatrice c'est
- Speaker #0
vrai que c'est un concept mais je me suis dit C'est... Moi, je trouvais ça marrant. Je trouvais ça marrant de me dire, tu sais, quand tu pars en destination exotique, tu achètes toujours un guide. Moi, je trouve que l'entreprise, c'est aussi de l'ordre de l'exotique. Tu ne sais pas, pour y avoir été, je ne sais pas, faire des reportings. La première fois qu'on m'a dit, il faut que tu fasses un reporting hebdo, je me dis, mais c'est sûr que ça va impacter une décision, un truc. Et en fait, non, c'est plus important de le faire de le rendre, de le produire, que finalement l'effet du reporting. Pour moi, le reporting... pouvait impacter une décision. Sauf que pas forcément. C'est plutôt important de le faire que de le... Tu vois un peu ce que je veux dire ?
- Speaker #1
C'est l'acte de transparence et de rigueur d'avoir fait ton reporting, d'être carré, qu'il n'y a pas forcément derrière une valeur ajoutée.
- Speaker #0
En fait, moi, j'avais longtemps plus l'impression de justifier mon travail,
- Speaker #1
de dire j'ai fait le reporting parce que j'ai fait des trucs. J'ai fait des trucs.
- Speaker #0
Plutôt que faire un reporting Parce que ce que t'as fait, ah bah tiens, en fonction du nombre de tickets, on peut potentiellement rajouter quelqu'un au support, tu vois. C'était... J'ai travaillé. Je trouve, j'avais ce sentiment-là. Donc je trouve que montrer aussi comment ça fonctionne, quelque part, ouais, je trouvais que c'était rendre accessible, quoi. Je pense qu'il y a une notion de partage.
- Speaker #1
C'est une excellente idée. Moi, je disais beaucoup par rapport au reporting, j'ai l'impression de passer plus de temps à dire ce que j'ai fait qu'à vraiment faire de nouvelles choses.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Donc, je comprends ce point sur le reporting. Et oui, je pense que ton guide du monde corporate est utile pour tous ceux qui veulent apprendre à naviguer cet univers-là. On arrive à la fin du podcast, je surveille l'heure. Trois questions rituelles pour terminer le podcast. La première, c'est je t'offre un panneau publicitaire dans la ville de ton choix. Tu y affiches ce que tu veux, c'est ton message au monde.
- Speaker #0
Dans la ville de mon choix ?
- Speaker #1
Oui. Tout le monde y passe ? Tout le monde... Tout ton univers passe en dessous et c'est ton message au monde.
- Speaker #0
Alors, je pense que je choisirais Pras-de-Sournia. C'est un petit village où j'ai grandi. Je suis hyper attachée à mon ancrage familial. C'est un petit village. Il n'y aura peut-être pas beaucoup de passages.
- Speaker #1
Qui est où, du coup ?
- Speaker #0
C'est à une heure de Perpignan.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Et je mettrais un panneau pour toi, mamie. parce que c'est vrai que ma grand-mère a eu quand même beaucoup d'impact dans mes choix de vie suite à son décès malheureusement que j'ai démarré un peu l'écriture, en tout cas que ça a eu un déclic et Carbone est un nom de scène qui vient de Mamie, Mamie Carbone donc c'est pour toi Mamie et puis c'est vrai qu'en grandissant il y a des choses un peu qui reviennent de... de mon enfance et un peu ma construction d'adulte. Donc, je pense pour toi, ma vie. Puis, côté rigolo, je pense pour toi, mami. Mi-Johnny, mi-personnel. Donc, ce serait ça.
- Speaker #1
Et si tu voyageais dans le temps et que tu te retrouvais face à toi, donc Lucie, tu as 10 ans. Qu'est-ce que tu veux dire à cette petite fille de 10 ans ? Je garde confiance.
- Speaker #0
Parce que je pense que je n'ai pas eu... C'est comme s'il y avait eu un parcours parallèle. Parce que très vite, moi, je voulais faire du théâtre, en fait. Depuis toute petite, je voulais faire du théâtre. Comme je te disais, je trouvais que le théâtre, c'était sacré. J'ai jamais... Toujours, on m'a dit dans mes bulletins de notes, les bulletins de trimestre, on me disait, je devrais faire du théâtre. Mais vraiment, j'adorais ça, quoi. Et c'était toujours, on fait des études. En plus, moi, je ne suis pas du tout d'une famille de comédiens. Alors, pas du tout. Et donc, c'était d'abord les études, et puis ensuite, une carrière, et puis ensuite, une carrière, il faut devenir manager. Donc, il y avait toujours quelque part... quelque chose d'autre et donc c'est comme si j'avais attendu quelque part faire tout ce qu'on m'avait un petit peu demandé de faire
- Speaker #1
La bonne élève à bien écouter. Ouais,
- Speaker #0
j'ai bien écouté. Bon, bah maintenant, ok, j'ai 27, 28 ans, j'en ai marre du travail. Je sais plus quel âge j'avais quand je suis partie. Mais en tout cas, d'arriver à... C'est comme si pendant toute ma vie, on m'avait dit, tiens, la Savoie, c'est super, la Savoie, c'est super, faut aller à la Savoie. Et arrivé en Savoie, je me dis, c'est super la Savoie,
- Speaker #1
mais elle est où la plage ?
- Speaker #0
Ouais, elle est où la plage ? Elle est où la playa, quoi ? J'ai rien contre la Savoie, mais tu vois, la Savoie, pour moi, à ce moment-là, c'était pas la Savoie, quoi. Mais une fois que j'y suis arrivée, Je m'autorisais à aller ailleurs. Je pense que je lui dirais, ouais, garde confiance. Et puis, souvent, on me dit, mais est-ce que tu regrettes tes choix ? Est-ce que tu aurais dû quitter l'entreprise avant ? En fait, non, parce que, quelque part, tout ce parcours-là, il m'a appris à gérer des projets. Il m'a appris à avoir une capacité de gestion de projet. Donc aujourd'hui, tu vois, si j'arrive à écrire un livre, à sortir un spectacle, faire de l'humour en entreprise, arriver à gérer...
- Speaker #1
Il y a alors ta boîte de prod.
- Speaker #0
Ma boîte de prod. à me poser la question de peut-être produire d'autres artistes, que ce soit même en entreprise, en entreprise ou en théâtre. C'est quelque part tout ce vécu-là, un peu de multicompétence. Dans la même journée, je peux organiser un festival, ce fameux Prince de Sournière dans le Petit Village avec plusieurs humoristes, et en même temps faire une vidéo, et en même temps réfléchir à des contrats pour m'autoproduire. Et ça, je pense que j'aurais eu un cursus peut-être classique de théâtre, Peut-être que je n'aurais pas réussi, mais en tout cas, l'histoire s'est écrite comme ça. Et aujourd'hui, je suis heureuse comme ça. Alors, bien sûr, je travaille beaucoup. Et parfois, il y a des côtés un peu stressants de gestion de boîte aussi. Parce que quand tu es capitaine à bord, tu es capitaine, c'est toi qui rames. Tu fais un peu tout. C'est la cesse du vent. Donc, il peut y avoir ce côté stressant. Mais pour autant, je suis contente de prendre les vagues. Je suis quand même contente de prendre les vagues. donc je suis contente de la navigation il y a un bon vent derrière toi t'as bien chopé le... je suis contente honnêtement je pense que je suis bien sûr il y a des moments un peu compliqués mais j'adore ce que je fais donc et le pourquoi je suis heureuse et épanouie aujourd'hui quelque part je le dois aussi à cette expérience et à
- Speaker #1
ce vécu là en tout cas ça t'a inspiré pas mal de très bons sketchs donc rien que pour ça bon ben voilà c'était ouais c'était une belle expérience et dernière question si t'avais pas peur d'échouer quel projet tu lancerais demain ?
- Speaker #0
bah tu vois produire des gens produire parce que je trouve que c'est quand même un métier qui est assez solitaire et produire des gens produire des gens je pense ou pas trouver un concept peut-être je sais pas en troupe ça me manque un peu l'esprit collectif un peu équipe ah bah faut tomber sur les autres personnes à la prochaine pas aussi... Parfois, tu fais des appels à la vie. Tiens, j'aimerais bien. Mais bon, il y a un effet aussi rencontre. Mais produire des gens ou des concepts. Par exemple, la télé, je n'ai pas encore eu l'occasion d'y goûter un peu. Trouver des programmes, j'adore. En fait, je me découvre assez créative. J'aime bien produire des idées, des concepts. Tu vois, le livre est un concept. Par exemple, décliner le livre en film ou en série, je trouve ça trop marrant. Après, je pense que... Sur certains projets, il y a un effet un peu rencontre. J'ouvre le chakra.
- Speaker #1
La petite annonce est lancée dans l'univers.
- Speaker #0
Voilà. Écoute, l'annonce est faite, le ticket est créé.
- Speaker #1
Le ticket est ouvert.
- Speaker #0
Mais ce genre de projet un peu collectif, quoi, quand même un peu... Ouais, ça j'aimerais bien quand même.
- Speaker #1
écoute je ne doute pas que ça va bientôt arriver puisque l'alignement est là je suis sûre que l'univers écouté ou en tout cas dans notre communauté ça va pas tomber dans l'oreille d'une sourde et je te souhaite encore plus de succès on viendra te voir en septembre au point virgule pour ton spectacle qui s'appelle ça va trop vite ça va trop vite ça va trop vite ça va trop vite génial et je pense qu'il va falloir refaire un deuxième épisode parce qu'on n'a pas parlé assez des femmes dans la tech alors là Au revoir. Pourtant, c'est un sujet qui passe toujours.
- Speaker #0
Et les femmes aussi. Il y avait quand même des éléments dans l'entreprenariat. Les femmes aussi. Ça va faire une V2, je pense. Les femmes dans la tech, c'est quand même un sujet. Malheureusement, mais c'est toujours un sujet.
- Speaker #1
Je trouve que c'est encore plus... Je travaille pas mal avec des boîtes dans la tech. Et en fait, ce qui est fou, c'est que tu as l'impression, même s'ils sont en jean, d'être dans le monde bancaire il y a 40 ans. c'est à dire il n'y a que des mecs en fait en bout de course il n'y a que les femmes qui ont vraiment beaucoup de mal à rester dans le game regarde les grands décideurs Elon Musk,
- Speaker #0
Mark Zuckerberg, Jeff Bezos c'est que des hommes même derrière par exemple on en parlait un peu à une époque sur les biais cognitifs des IA par exemple il y avait des tests qui avaient été faits sur une femme qui prompte à une IA par exemple de l'aider à négocier son salaire En fait, c'était un salaire, mais plus bas. Parce que c'était un biais cognitif, parce que ça avait été cogné par des hommes. Je me dis, mais ce n'est pas vrai. Je veux dire, intelligence artificielle, il y a quand même intelligence. On n'est pas aidés. Donc, on crée des outils pour nous aider. En fait, ils ne nous aident pas du tout. C'est toujours effectivement un sujet. Ce que j'aime bien dans la tech, et je suis contente de m'y remettre avec le spectacle, c'est que c'est de moins en moins technique. Ça devient aussi de plus en plus géopolitique, stratégique. tu vois sur par exemple les dernières hum hum comment dire, référentiel d'entropies qui n'ont pas été déployées en Europe mais qu'aux Etats-Unis je trouve que c'est aussi un là on parle beaucoup de souveraineté numérique donc je trouve que ça devient de plus en plus un sujet sociétal et en plus même écologique tu vois, Canicube,
- Speaker #1
Data Center bon on est reparti peut-être plus mais du coup j'ai rigolé parce que j'ai vu ton dernier sketch sur la souveraineté numérique qui était très très bon donc allez le voir sur LinkedIn vous pouvez aussi suivre Lucie sur Instagram bien sûr, TikTok un peu oh tiktok tiktok ouais c'est pour dire bonjour j'y suis ok surtout insta linkedin prenez vos places pour le spectacle en septembre on fera une V2 pour parler plus des femmes et de la tech parce que sujet assez dingue et bah merci beaucoup mais merci je suis très contente d'avoir été là bon bah déjà de la V2 trop bien trop bien merci si vous avez aimé cet épisode mettez 5 étoiles, faites le suivre à toutes vos amies et pouvez l'envoyer aux hommes aussi ils ont le droit d'écouter The Patron et à très bientôt sur les réseaux merci à toi d'être resté jusqu'au bout j'espère que cet épisode t'aura plus intrigué inspiré et n'hésite pas à le partager ainsi que de laisser une évaluation, un commentaire ça aidera énormément le podcast à être plus diffusé merci et à très bientôt sur The Patron Podcast