Speaker #0Bienvenue dans The Empire Within. Ici, tout commence par une histoire. La tienne, la mienne, la nôtre. Je suis Mariamat, issue d'une lignée où la main clé et où la voix se lève. Dans ce podcast, on parle d'identité, de vision, d'héritage, de discipline et de renaissance. Un pas après l'autre. on bâtit notre empire qui commence en nous et réunit bien au-delà bienvenue chez tout le monde quand la passion fatigue et que le corps demande une autre cadence depuis le mois de septembre j'entreprends beaucoup de choses vraiment beaucoup. Je suis sur tous les fronts. J'ai envie de tout réformer. Sur le plan spirituel, relationnel, professionnel, physique. J'ai cette envie presque viscérale de tout aligner, tout structurer, de faire évoluer chaque pilier de ma vie en même temps. Au début, c'est grisant. La motivation est au maximum. Les idées fusent, les plans se dessinent clairement, les actions sont précises, presque évidentes. Je me couche tard, souvent avec cette sensation délicieuse d'être exactement là où je dois être, d'avoir vécu une journée pleine, productive, alignée. Et puis, petit à petit, je m'essouffle. Forcément, l'énergie baisse, le corps ralentit, la tête sature. À trop vouloir tout faire en même temps, à trop vouloir tout transformer en profondeur, même lentement, parce que je ne suis pas pressée en réalité. Je me suis donné dix ans. dix ans pour construire ce que je veux vraiment et pourtant l'impatience est là parce que je sais exactement où je veux aller et je sais aussi à quel point j'en suis encore loin parce que parce que je dois encore désapprendre l'empressement cette urgence permanente ce besoin de résultats rapides un problème générationnel je crois et puis le creux de la vague arrive sans prévenir il me tombe dessus d'un coup je n'ai plus envie de rien même plus envie des choses que j'aime profondément tout ce que je veux c'est rester sous ma couette avec un bon livre et un plat au repas comme si mon corps me disait stop assieds-toi et respire c'est exactement l'état dans lequel je me trouvais ces dernières semaines avec le recul je pense que j'ai voulu trop faire deux choses d'un coup Pas parce que je n'aime pas ce que je fais, mais justement parce que je l'aime énormément. J'implante de nouvelles habitudes sur le plan physique et spirituel. Je fais des expositions. Je revois mon organisation de fond en comble. J'écris un livre, le bullet journal qui va avec. Je crée un podcast. Je crée l'expérience Blueprint. Et pour la créer, je fais tout moi-même. Les supports, les visuels, les montages, les scripts, les exercices, les réflexions de fond. La cohérence globale. J'aime ça, vraiment. Ça me nourrit, ça m'excite intellectuellement. Ça me donne l'impression d'être vivante. C'était déjà mon refuge avant, quand j'étais en école de médecine. Quand j'avais besoin de respirer entre deux cours, je faisais des moodboards, je dessinais. Je pensais des vêtements, des univers, des structures. C'était un jeu, un espace de liberté. Mais aujourd'hui, ça me fatigue. Parce que je ne fais pas les choses à moitié. Quand je m'engage, je m'engage entièrement. Avec le cœur, avec le corps, avec la tête. Mon cerveau est en ébullition permanente. Je n'arrive même pas à le mettre en mode pause. Les idées arrivent sans cesse. Des nouveaux projets, des déclinaisons, des connexions. Parfois même au milieu de la nuit. Une idée surgit. Je la note, puis une autre, puis encore une autre. Et sans que je m'en rende compte, la nuit est terminée. mon carnet ressemble à une carte mentale géante un réseau nerveux fait d'idées reliées entre elles et je me rends compte que ce qui me fatigue le plus ce n'est pas le travail en lui-même c'est l'intensité à laquelle je le fais l'investissement total mon obsession c'est de faire les choses bien peut-être même trop bien et derrière ça il y a sûrement quelque chose qui se cache hello petit syndrome de l'imposteur cette petite voix qui murmure que pour être légitime il faut Toujours en faire plus, faire mieux, faire davantage. Il y a une image qui peut-être t'aidera à comprendre ce que je traverse et peut-être ce que tu traverses toi aussi en ce moment. Celle du sport de haut niveau. Quand les futurs sportifs sont jeunes, ils découvrent un sport. Ils en tombent amoureux. Ils aiment s'entraîner. Ils aiment la sensation dans le corps. Ils aiment la progression. Ils aiment presque tout ce qui va avec. Alors ils pratiquent, souvent, parfois tous les jours. Ils sont infatigables. Ils vivent, dorment, mangent avec ça en tête. C'est leur exutoire. Chaque moment de livre devient un moment d'entraînement. Et puis un jour, ils sont repérés. ils signent un contrat et là tout change ce n'est plus seulement un jeu ce n'est plus seulement un refuge tout devient plus structuré plus sérieux plus exigeant ils font pourtant exactement ce dont ils rêvaient pratiquer leur sport chaque jour mais la nuance est là ce qui était un exutoire devient une profession il faut pratiquer même quand on n'en a pas envie même quand le corps est fatigué même quand la tête n'y est pas la passion est toujours là mais le cadre a changé les attentes ont changé la pression aussi et la fatigue apparaît à ce moment-là la passion ne suffit plus il faut autre chose pour continuer et je crois que c'est exactement là que je suis ce que je fais je l'aime profondément mais je change de niveau ce qui était instinctif devient structuré Ce qui était spontané devient engagé. Ce qui était libre devient une construction. Et dans ce passage-là, il faut trouver un nouveau moteur. Ce moteur n'est plus la motivation, parce que la motivation est instable. Elle monte, elle descend. Ce moteur, c'est la discipline. Mais pas une discipline dure, pas une discipline violente, pas une discipline qui écrase, une discipline intelligente. Une discipline qui respecte qui je suis. Et pour mettre en place ce type de discipline, il y a une chose essentielle. Se connaître. Vraiment se connaître. Savoir comment on fonctionne. Reconnaître les signes de fatigue. Reconnaître les signes de créativité intense. Reconnaître les pics d'énergie. Ces moments où on peut abattre un travail colossal sans s'épuiser. Et surtout, accepter qu'on ne peut pas être constante. Pendant longtemps, j'ai cru que réussir, c'était être linéaire, régulière, toujours productive, toujours au même niveau. Mais ce n'est pas vrai, en tout cas pas pour moi. Quand je vois mon mari qui semble infatigable, toujours en action, toujours constant, toujours capable de continuer, peu importe les circonstances, ça a longtemps été un complexe pour moi. Pourquoi moi je m'arrête ? Pourquoi j'ai besoin de pause ? Pourquoi... je reviens parfois plus tard je me suis dit que je n'étais pas assez forte mentalement alors j'ai essayé de faire quand même malgré tout résultat travail médiocre fatigue intense frustration maximale alors mesdames asseyons nous vraiment pas pour débattre pas pour comparer juste pour regarder la réalité en face nous ne sommes pas des hommes et ce n'est ni une faiblesse ni une excuse ni une revendication c'est un fait pendant longtemps j'ai cru que pour être crédible il fallait fonctionner comme eux être constante toujours disponible toujours performante toujours au même niveau d'énergie j'ai regardé autour de moi et je me demandais pourquoi je n'arrivais pas à tenir ce rythme pourquoi après des périodes d'élan incroyables il y avait toujours ces moments où tout retombait alors j'ai lutté j'ai forcé j'ai culpabilisé jusqu'au jour où j'ai arrêté de lutter et c'est là que j'ai compris quelque chose de fondamental mon énergie n'est pas linéaire elle est cyclique comme la nature comme les saisons comme la vie elle-même quand j'ai commencé à observer mon énergie sur une année entière sans jugement sans objectif juste avec curiosité un schéma est apparu L'hiver, notre corps ralentit. Mon esprit devient plus silencieux. Je ressens moins le besoin d'agir, plus celui de comprendre. C'est une période où je doute davantage, où je questionne tout, où je fais beaucoup de travail intérieur, même si extérieurement il ne se passe pas grand-chose. Et pendant longtemps, j'ai vécu ça comme un échec, parce que dans ce monde, l'hiver n'existe pas. ou plutôt on fait comme s'il n'existait pas. On attend de nous la même productivité. En janvier qu'en juin, la même créativité en février qu'en août. Mais l'hiver n'est pas pour produire, il est fait pour intégrer. Puis vient le printemps, et là l'énergie remonte, doucement. Pas encore l'explosion, mais dans l'envie de remettre de l'ordre. On trie, on nettoie, on organise. C'est souvent à ce moment-là que j'ai envie de changer mes habitudes, de revoir mon organisation. de poser de nouvelles bases. Le printemps, pour moi, ce n'est pas encore l'action massive, c'est la préparation. L'été, en revanche, c'est le feu, le plaisir, la créativité à l'état brut. L'été, je fais ce que j'aime, sans structure, sans objectif précis, sans plan à long terme. Je crée parce que j'ai envie. Je teste, j'explore, je joue. Je redeviens cet enfant qui s'entraîne juste parce qu'il aime ça. Il n'y a pas de stratégie, il n'y a pas de cadre, juste une liberté immense. Et c'est précisément à ce moment-là que naissent mes idées les plus fulgurantes. Des intuitions fortes, des visions, des connexions que je n'aurais jamais pu provoquer volontairement. L'été est un espace de respiration, un terrain sauvage, un laboratoire intérieur. Mais l'erreur que j'ai souvent faite, c'est de vouloir y mettre de la structure, de transformer cette énergie-là en norme. de croire que parce que je me sens puissante inspirée illimitée je peux fonctionner comme ça indéfiniment alors je m'engage trop je disperse mon focus je veux tout faire en même temps et sans m'en rendre compte je prépare l'épuisement parce que l'été n'est pas fait pour durer il est fait pour nourrir puis vient l'automne et pour moi l'automne ce n'est pas la fin c'est le pic le vrai c'est là que mon énergie devient dense stable orienté toutes les idées que l'été m'ont offertes commencent à s'organiser à se relier entre elles à prendre une forme concrète l'automne c'est le moment où je peux travailler énormément mais pas dans tous les sens il y a une direction une cohérence un fil conducteur c'est la saison où je construis vraiment où je structure où je mets en oeuvre c'est aussi là que je suis la plus efficace pas parce que je force mais parce que tout ce que je fais est aligné mais même ce pic là a une limite et quand je l'oublie quand je veux prolonger l'automne artificiellement quand je refuse de voir l'hiver arriver alors mon corps me rappelle à l'ordre c'est une période exigeante mais très satisfaisante jusqu'à ce que le cycle recommence et comme si cette cyclicité annuelle ne suffisait pas il y a le cycle menstruel Un cycle à l'intérieur d'un cycle. Pendant longtemps, je l'ai ignoré, ou plutôt on m'a appris à l'ignorer, à faire comme si mon énergie était la même tous les jours du mois. Mais ce n'est pas vrai. Il y a des phases d'expansion, où on se sent tourné vers l'extérieur, plus sociable, plus confiante, plus créative, et il y a des phases de retrait, où tout en nous appelle au silence, à l'introspection, à la lenteur. Le problème, ce n'est pas cette alternance. Le problème, c'est qu'on vit dans un monde qui ne le reconnaît pas. Un monde qui attend une performance constante, alors que notre corps, lui, fonctionne en vague. Et c'est là que le creux devient dangereux. Pas parce qu'il existe, mais parce qu'on le vit comme une anomalie. Quand on est dans une dynamique de progression, il y aura toujours des phases de creux. Toujours. Ce n'est pas un bug du système, c'est le système. Nos pics d'aujourd'hui seront un jour nos creux, parce qu'entre-temps, nous aurons avancé, grandi, atteint certains objectifs, et que de nouveaux sommets seront apparus à l'horizon. Le creux n'est pas un retour en arrière, c'est un changement de référentiel. Ce n'est pas une régression, c'est une transition. L'enjeu n'est donc pas d'éviter ces phases, mais de ne pas s'y abandonner. avancer oui mais autrement parfois avancer c'est ralentir observer ajuster parfois le plus grand acte de discipline ce n'est pas de forcer mais d'écouter de reconnaître que le repos n'est pas une pause dans le processus mais une partie intégrante de celui-ci alors si tu traverses en ce moment un creux j'aimerais que tu te rappelles une chose tu n'es pas en train d'échouer tu n'es pas en train de reculer Tu es en train d'intégrer. Ton rythme n'a pas besoin de ressembler à celui des autres, pour être juste. The Empire Within, on ne construit pas dans la précipitation, on construit dans la conscience. Alors, prends soin de ton énergie, parce que c'est elle, ton véritable empire. Si cet épisode a fait naître une question, un inconfort, une nouvelle perspective ou simplement un silence, alors il a fait son travail. Tu n'as rien à résoudre maintenant, rien à corriger, rien à performer. Garde seulement ce qui a résumé et laisse le reste s'éloigner. Si tu veux soutenir ce travail, tu peux t'abonner au podcast. Et surtout me laisser un message, un commentaire. J'aime mieux vos mots. Parce que The Empire Within, ce n'est pas un monologue. C'est une traversée partagée. Merci d'avoir pris ce temps avec moi. Merci d'avoir écouté jusqu'au bout. On se retrouve dans le prochain épisode. Même endroit, même voix. Un pas de plus vers... les empereurs des femmes.