Speaker #0Bienvenue dans The Empire Within. Il y a trois ans, j'ai réuni ma fratrie chez mes parents. J'avais ma plus jeune fille attachée dans mon dos, la maison sentait encore le thé et le riz du dimanche, et je leur ai dit « Mon but dans la vie, c'est de faire rayonner l'Afrique dans le monde. Et pour ça, je veux contribuer à son développement. » C'était simple, brut, authentique et vrai. Nous sommes en 2025, j'ai 30 ans, mes filles vont maintenant à l'école, et si je suis honnête, je n'ai encore rien accompli de vraiment visible. Mais cette promesse est toujours là, elle vit dans mon ventre, dans ma voix, dans mes souvenirs. Je viens d'un héritage qui me porte, un héritage qui pousse, qui demande, qui appelle. D'un côté, ma mère, la créativité. Je la revois dans sa petite pièce de couture entourée de tissus concentrés comme si elle racontait des histoires avec ses mains. Je restais avec elle fascinée. Elle me fabriquait des jupes, avec les chutes de wax, des patchworks pleins de couleurs. Et moi, j'allais à l'école fière. Fière de porter un morceau de mon pays, de mes racines, de ma mère. Et de l'autre côté, mon père. Le feu. Mon père était un grand militant pour les sans-papiers. Un homme qui ne supportait ni l'injustice ni le silence. Il a contesté ouvertement le pouvoir politique en Mauritanie, au point de mettre sa sécurité en jeu. Certains soirs, on sentait dans l'air que ce qu'il faisait n'était pas sans risque. Mais il continuait, parce qu'il croyait profondément que chacune de ses actions pouvait faire avancer les choses. Il nous a transmis l'idée qu'on ne vit pas seulement pour soi, on vit pour laisser une trace, pour améliorer ce monde. même d'un millimètre à la fois. Et c'est ça qui m'habite. Cet équilibre entre la beauté et la lutte, la création et l'engagement, la douceur et la détermination. Je suis l'enfant de deux forces complémentaires, la main qui coud et la voix qui se lève. Et pourtant, malgré cet héritage puissant, l'adolescence m'a éloignée de moi. L'envie de plaire, l'envie de se fondre dans le moule. À force. J'ai oublié la fierté que j'avais enfant avec mes jupes patchwork et mes cheveux naturels. Et soudain, mes cheveux crépus, ma peau noire, mes vêtements traditionnels ne correspondaient plus au type de beauté qu'on valorisait autour de moi. Alors, j'ai voulu ressembler aux filles qu'on disait belles. Des frisages, tendances, assimilations. J'ai perdu des morceaux de moi. Et pourtant, même dans cette perte, les racines n'ont jamais cessé de pousser. Dans tout ce que je créais, dans tout ce que j'imaginais, il restait toujours ce fil invisible qui me ramenait à mes origines. Même en école de mode, même dans les projets qui n'avaient rien à voir avec l'Afrique, il y avait toujours ce détail, cette texture, ce geste qui venait de chez moi. Toujours, même silencieusement, je me souviens d'un projet sur le Japon. On devait travailler le workwear avec une technique traditionnelle japonaise, et je suis tombée amoureuse du shibori. Pourquoi ? parce que ça me rappelait mes tantes au village qui teignait des basins parce que ça me rappelait les grands boubous que portent les mariés les djombadj comme on dit en peule qui laissent sur leur passage des traces d'indigo comme une marque de leur présence dans la maison familiale dans tout ce que je faisais l'afrique était là en filigrane Alors, ce dimanche 15 janvier 2023, pendant notre réunion familiale, j'ai tout posé. Je leur ai parlé de ma mission. Je leur ai dit que je voulais faire ma part. Et depuis ce jour-là, même si je n'ai pas encore bâti quelque chose de grand, cette petite voix, elle me suit. N'oublie pas la promesse. Aujourd'hui, j'ai décidé de parler, de faire porter ma voix. Parce que plus on parle d'un projet, plus on l'incarne. Plus on l'incarne, plus il devient atteignable, réel. Plus il devient atteignable, plus on attire les bonnes personnes, les bonnes opportunités, les bonnes portes. Alors maintenant, est-ce que j'ai peur ? Oui. Est-ce que c'est trop grand pour moi ? Peut-être. Mais si ça me touche autant aujourd'hui, si ça brûle encore quand j'en parle, c'est que c'est là que je dois aller. J'ai donc un plan. Parce que oui, je suis Madame Plan. Je ne l'essuie pas toujours. Parfois, j'abandonne, je reviens, je repars. Et longtemps, j'ai cru que ça voulait dire que j'étais dispersée, que je voulais trop en faire, trop comprendre, trop créer. J'ai passé des années à me le reprocher. Mais aujourd'hui, je comprends que je n'étais pas dispersée. J'étais en train de cartographier les pièces d'un puzzle plus grand que moi. Chaque idée, chaque détour, chaque passion était une trajectoire qui menait au même endroit, à ce plan. à cet empire intérieur. Alors oui, parfois ce podcast sera un peu brouillon, un peu fou, un peu dans tous les sens, mais ça c'est moi, entière, et je n'ai plus envie de me réduire pour entrer dans une case. Ma vingtaine est passée en un instant, sans intention, sans direction claire. Alors, pour cette décennie, j'ai décidé de choisir, d'être intentionnelle, de ne plus laisser la vie décider à ma place, et un jour me réveiller en me disant Ce n'était pas ce que je voulais. Il y a le destin, oui, et il y a le libre arbitre. Aujourd'hui, j'utilise le mien. Aujourd'hui, je choisis. Je fais les causes. Je ne sais pas si j'accomplirai tout ce dont je rêve, mais je construis la trajectoire de la femme que je veux être dans dix ans. On dit « vise le soleil et au pire tu atterriras dans les étoiles » , alors je vise haut, je vise loin, je vise le soleil. Et c'est là que vous entrez en scène. Je vais partager mon plan, mes avancées, mes défis, mes étapes. On va avancer ensemble parce que pour faire rayonner l'Afrique, pour construire notre Wakanda, il y a du travail, beaucoup. Et ça fait peur, mais c'est aussi grison. Donc, bienvenue dans The Empire Within, l'empire que je construis dehors en partant de ce que je construis dedans.