- Speaker #0
Profitez pleinement de ces 9 mois, ils ne reviendront pas, le corps donne déjà tout à votre bébé. Alors ces 9 mois-là, offrez-les-vous à vous.
- Speaker #1
Bienvenue dans Tout Simplement, le podcast des supermarchés match qui parle de nutrition, bien-être et d'idées reçues. Je suis Pauline Budinsky, diététicienne nutritionniste et aujourd'hui on va parler d'un sujet aussi merveilleux que compliqué, la grossesse et la maternité. Pour en parler, j'accueille Nadia Carmel, sophrologue et naturopathe qui accompagne des femmes pendant la grossesse et le postpartum. Avec Nadia, on va parler du corps, de l'alimentation, des émotions, des peurs et de la charge mentale de la grossesse et du postpartum. Hello Nadia.
- Speaker #0
Bonjour Pauline.
- Speaker #1
Merci en tout cas d'avoir accepté cette invitation.
- Speaker #0
Avec plaisir.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu fais à manger ce matin en petit déjeuner ?
- Speaker #0
J'ai tendance à manger toujours la même chose, j'adore les oeufs, je suis une grande féru d'oeufs, donc du coup j'ai mangé deux oeufs, j'ai mangé un pain de seigle avec et un peu de fromage dessus tout simplement et j'ai pris un matcha.
- Speaker #1
Un petit déjeuner avec un bon équilibre, bonne graisse, un peu de glucides, tout ce qu'on veut pour un corps en bonne santé finalement. Est-ce que tu peux te présenter un peu de la manière dont tu le souhaites ? Peut-être parler de ton parcours, tes métiers du coup, parce que tu as plusieurs casquettes. Surtout ce qui t'a donné peut-être envie de faire de la naturopathie et de la sophrologie. Je te laisse te présenter.
- Speaker #0
Alors j'ai découvert la sophrologie assez tôt par rapport à... A beaucoup de personnes, je suis rentrée très tôt dans la sophrologie, j'avais une vingtaine d'années et c'était pour gérer mon propre stress et ma propre anxiété. J'ai d'abord fait une formation généraliste, qui permettait d'accompagner tout le monde. Et naturellement, j'ai voulu devenir maman assez tôt, c'était un rêve absolu pour moi. Et donc je me rappelle très jeune, je veux être maman à 25 ans et j'ai d'ailleurs été maman à 25 ans. Donc je me suis spécialisée en maternité, enfance et adolescence, avant justement d'avoir mon premier enfant. L'idée était justement de pouvoir prévenir un peu ce qu'allait être ce grand chemin de la maternité. Et puis la sophrologie c'est quelque chose qui m'a beaucoup aidé, beaucoup apporté sur l'anticipation vraiment positive du futur, la préparation mentale, etc. La respiration aussi. J'avais une respiration très haute étant jeune, qui était liée à mon anxiété justement. Ça a amélioré aussi mon sommeil, mais il manquait quelque chose, une cartographie un peu plus globale. du corps et du fonctionnement du corps. Donc c'est naturellement justement que je suis allée vers la naturopathie, comprendre mon alimentation, mon hygiène de vie au global et pouvoir accompagner les gens aussi dans cette compréhension. Parce que pour moi, vraiment, l'accompagnement holistique, c'est un peu la clé, comprendre le corps, l'esprit et pouvoir se conditionner aussi pour aller vers une vie qui nous ressemble le plus. Après, il me fallait un socle plus technique, la nutrition fonctionnelle. Donc je me suis formée à la nutrition fonctionnelle. et Pierre. J'ai eu un grand intérêt pour le microbiote suite à la lecture d'un livre que certainement tout le monde connaît maintenant sur l'intestin. Et donc, je me suis formée au microbiote et à la santé.
- Speaker #1
N'hésite pas. C'est quel livre que tu as lu ?
- Speaker #0
Le charme discret de l'intestin.
- Speaker #1
C'est vrai, tout le monde le connaît. C'est un très bon livre. Ok. Est-ce que tu dirais que justement aujourd'hui, tu étais une personne anxieuse, mais ce que tu disais, grâce à la sophrologie, tu es beaucoup moins anxieuse ou tu l'es encore un peu ?
- Speaker #0
Alors, j'aime bien dire à toutes les personnes que j'accompagne qu'il n'y a pas de mauvaise structure de personnalité. Je suis toujours anxieuse. L'anxiété est une structure de personnalité qui permet, quand elle est bien maîtrisée, de pouvoir anticiper positivement le futur. Je vais prendre un exemple qui porte sur le podcast. Quand tu veux tomber enceinte, si tu fais une anticipation positive, tu vas même contribuer à soit optimiser ta fertilité, soit potentialiser ta grossesse ou ton postpartum. Si à l'inverse, tu n'arrives pas à canaliser tes peurs, toutes tes pensées limitantes, mais aussi tout... toutes tes projections, ou si tu as tendance à être happé par les injonctions, tu vas faire totalement l'inverse, c'est-à-dire une anticipation négative de ton futur. Et tout peut dérailler. Donc, je suis, moi, pour ma part, toujours anxieuse. Les personnes que j'accompagne, je ne les aide pas à ne plus l'être. Je leur apprends justement plutôt à équilibrer leur anxiété pour pouvoir en faire une force et pas une faiblesse.
- Speaker #1
Donc, du coup, tu accompagnes des patients à ton cabinet, qui est sur Reims, ce que tu m'as dit tout à l'heure, et aussi à distance. Pour les personnes qui nous écoutent, sachez que si vous en ressentez le besoin, vous pouvez consulter Nadia à distance. Tu as un compte Instagram aussi, c'est Nadia Carmel tout simplement. Et qu'est-ce qui t'a mené à créer un peu ce compte Instagram ?
- Speaker #0
Comme je te dis, moi quand je me suis formée, il y avait très peu de sophrologues. Et j'avais envie de pouvoir apporter un peu un savoir peut-être à d'autres personnes qui ne connaissaient pas. Percevoir aussi différemment la sophrologie, la naturopathie, la nutrition fonctionnelle. Parce que je trouvais que soit les comptes étaient trop experts, on avait tendance à ne pas assez vulgariser, soit c'était trop éloigné du quotidien des personnes. Et j'avais envie de leur montrer qu'en fait, on peut tout à fait adapter ces connaissances qui paraissent techniques à un quotidien tout à fait lambda. Maîtriser certaines techniques ou alors améliorer son hygiène de vie, c'est finalement pas si compliqué que ça quand on apprend à s'écouter.
- Speaker #1
Et donc, qu'est-ce qui t'a donné envie d'accompagner les femmes autour de la maternité ? Il y a eu le fait que toi, tu voulais devenir maman très jeune, mais finalement, qu'est-ce qui t'a vraiment donné envie peut-être d'accompagner les femmes ?
- Speaker #0
Accoucher, c'est donner la vie. Pour un enfant, c'est... Très très traumatique, mais pour une maman, c'est aussi un grand chamboulement. C'est plein de phases, dont aussi des phases de deuil. Tu fais le deuil de ton corps qui change, de tes perceptions physiologiques, ou alors tes perceptions futures, d'avenir, etc. C'est des grands chamboulements, et je me suis dit en fait, la femme n'est pas assez soutenue dans cette phase. Soit on l'idéalise en disant « mais tu as de la chance, tu vas avoir un enfant » , soit à l'inverse « moi vraiment, je ne pourrai pas les enfants, je ne sais pas comment tu vas faire » . Bref, ça amène tellement de contradictions que pour moi c'était humainement une belle mission que de pouvoir accompagner cette phase de vie qui est quand même un pan important chez une femme qui souhaite devenir mère.
- Speaker #1
Et justement, pourquoi est-ce que la grossesse est une période si particulière pour la femme ?
- Speaker #0
Chamboulement physique, chamboulement aussi psychique, on ne se reconnaît pas. Honnêtement, j'ai été maman quatre fois, donc je peux le dire que c'est un grand chamboulement. Et pourtant, j'ai eu des grossesses très faciles, des accouchements aussi faciles. Mais il y a beaucoup de changements entre le corps qui se modifie très vite. Le fait qu'on nous dise « c'est dans ta tête » .
- Speaker #1
Oui, ça m'entend beaucoup.
- Speaker #0
Typiquement, les nausées, alors que ça touche 80% des femmes et que c'est tout à fait normal d'en avoir et qu'on a l'impression qu'elles peuvent peut-être caricaturer, tu sais, en début de grossesse, alors que non, ce n'est pas une caricature. En fait, on ne caricature pas la grossesse. On la respecte presque pas assez, en fait. Surtout en France.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. En France, on travaille encore très tard et on a tendance à peut-être passer au-delà de notre corps, finalement. Et je trouve que c'est un truc que j'entends beaucoup aujourd'hui. Alors, je ne suis pas vraiment... mais j'ai plusieurs de mes copines qui sont en train de le devenir qui ont un peu ce truc de vouloir vraiment profiter de la grossesse comme une parenthèse et c'est vrai que ça on en entend de plus en plus parler de profiter de votre grossesse c'est une belle période de la vie alors que je pense qu'il y a 20 ans on disait pas ça finalement où c'était vivez votre grossesse et puis voilà accouchez, donnez en enfant et puis c'était tout. Aujourd'hui on est peut-être plus dans le respect du corps, je sais pas si c'est quelque chose que tu vois toi un peu plus
- Speaker #0
Je pense que ça commence à venir, tu as raison. Je ne suis pas certaine qu'il y a 20 ans, justement, on n'avait pas plus de considération pour la grossesse. Je pense qu'au contraire, je pense que nos parents, les femmes, avaient plus ce rôle maternant. Et c'était valorisé, tu vas le travailler parfois pas, etc. Donc ça leur laissait plus de latitude pour vivre aussi ces 9 mois de grossesse. Mais elles n'étaient pas forcément soutenues. Là, c'est maintenant, effectivement, c'est inversé dans ce sens-là, où souvent le papa prend aussi sa part de responsabilité. On est sur une génération où les papas sont engagés. vraiment dans le parcours parental. Et donc, le parcours parental, c'est déjà avant la conception, pendant et après. Par contre, je pense que les femmes ont plus de charge mentale, plus d'objectifs aussi professionnels, qui vient malheureusement mettre au second plan ces neuf mois. Et je trouve ça tellement dommage parce qu'effectivement, ils sont précieux.
- Speaker #1
Et justement, la grossesse, ça peut être souvent une période qui est idéalisée, surtout quand on n'en a pas encore vécu. Même des fois, quand on entend des médecins ou les hommes par rapport à la grossesse, on a ce truc de dire « Non mais c'est pas si compliqué une grossesse, comme tu disais, arrêtez d'en faire des caisses. » Mais dans la réalité, elle peut être quand même synonyme de fatigue, de symptômes, de doute, de peur, de changement corporel, comme tu l'as très bien dit. Pendant cette période-là, comment est-ce que tu pourrais expliquer un peu, peut-être de manière simple, les bouleversements hormonaux qui se passent dans le corps d'une femme ?
- Speaker #0
Les hormones féminines sont amenées à monter. La progestérone, l'HCG, c'est des choses qui vont déjà amener des premières nausées. C'est ce qu'on disait au début en disant que ce n'est pas une caricature. Vraiment, elles ne le font pas exprès. Ces petits vomissements qui peuvent arriver, c'est haut le cœur, etc. Après, forcément, il y a le poids aussi du bébé qui est en train de se mettre en place. Tout ça, ça va venir amener un poids aussi sur le bas du corps ou sur le dos. Donc, ça va créer des douleurs. Parfois, elles ne vont plus pouvoir aussi très rapidement soit faire leur activité professionnelle, soit leur activité physique. Tout ça, ça va venir amener aussi une prise de poids. La prise de poids, souvent, elle culpabilise beaucoup, alors qu'on considère qu'entre 11 et 16 kilos, c'est totalement normal sur 9 mois de grossesse. Ça paraît beaucoup, quand on le dit. Imaginez qu'on va prendre entre 11 et 16 kilos, mais c'est totalement normal. Elles vont être aussi beaucoup plus fatiguées, parce que le corps va demander aussi plus de fer, le transport des globules, etc. La constitution d'un petit être à l'intérieur de vous va demander beaucoup de ressources. que normalement les organes n'ont pas autant besoin d'être sollicités en temps normal et là on va leur demander beaucoup plus d'efforts, donc vous-même vous allez être beaucoup plus sollicité. Et tous ces changements physiologiques vont vraiment affaiblir, et il ne faut pas l'oublier, une femme elle est affaiblie pendant sa grossesse, même si elle est bien potentiellement, parce qu'elle est heureuse d'être enceinte, son corps est très sollicité pour prioriser le bébé. pas la prioriser elle. Et ça c'est très important, c'est pour ça que l'extérieur doit prioriser la femme et c'est pour ça qu'on disait tout à l'heure sur le monde professionnel, l'entourage comme ça doit être précieux et ça doit vraiment prendre soin de la maman parce que son corps lui n'est pas en train de prendre soin d'elle mais en train de prendre soin du bébé qui est en train de grandir.
- Speaker #1
C'est génial dit comme ça je trouve que c'est... même moi je l'ai jamais vu comme ça mais c'est vrai que c'est en fait c'est avant tout la conception et après seulement les besoins de la maman finalement.
- Speaker #0
Complètement secondaire.
- Speaker #1
Ok. hyper intéressant. Est-ce que tu trouves que les femmes enceintes ont une charge mentale quand même très importante ou pas trop par rapport aux patientes peut-être que tu accompagnes ?
- Speaker #0
Alors, je ne vais pas parler dans mon cas. Je vais parler vraiment par rapport aux patientes parce que comme je t'ai dit, moi j'ai eu des grossesses qui étaient vraiment faciles, donc avec très peu de symptômes. Par contre, pour les patientes qui viennent, quand elles viennent, on ne vient jamais malheureusement, enfin ça arrive maintenant un peu plus en préventif, mais les gens viennent souvent en curatif. Oui, complètement. Elles sont très anxieuses, elles ont l'impression qu'au travail, on ne comprend pas leur grossesse, qu'elle est mal acceptée aussi, il faut le savoir. Il y a quand même beaucoup de femmes qui se font juger quand elles annoncent leur grossesse, c'est lourd. C'est-à-dire qu'elles arrivent avec une belle nouvelle qui devrait être une grande joie pour tout le monde, y compris pour les personnes avec qui elles travaillent. Et finalement, elles se retrouvent accablées en disant comment on va faire sans POP, s'auraient pu attendre. Donc des choses vraiment... très dures, des phrases très difficiles à entendre, où elles se sentent dévalorisées, où elles ont l'impression qu'elles vont peut-être plus progresser aussi. Au lieu d'avoir l'impression d'avoir une impulsion de vie, elles se retrouvent presque rétrogradées. Donc oui, elles ont une charge mentale par rapport à l'aspect professionnel. Ensuite, il y a les attentes familiales. Pratiquement, il y a certaines femmes qui ont une appréhension par rapport au sexe du bébé. Ça paraît peut-être futile à un petit peu de dire comme ça à une fille ou un garçon tant que ça arrive en bonne santé, mais dans le fond, il y a souvent des attentes familiales. Et puis après, il y a toute la perception de ce qu'on a dit du changement physique, donc la relation au couple aussi. Il ne faut pas l'oublier, pendant les neuf mois, le corps de la femme change et pour certains hommes, c'est difficile aussi. Donc la femme a l'impression aussi d'être mise de côté. Donc la charge mentale, elle est multiple et elle est multifactorielle. Donc oui, c'est très difficile pour une femme.
- Speaker #1
Là, on va vraiment un peu plus parler aussi peut-être du côté physiologique et hormonal pour que pareil, peut-être les femmes, futures mamans ou enceintes qui nous écoutent comprennent ce qui se passe dans leur corps. Comment est-ce qu'on peut expliquer justement ici les variations d'appétit ? Généralement, il y a le premier trimestre où on voit des femmes qui ont très faim, à la fin de la grossesse également. Comment est-ce qu'on explique ça ? Ça, ça inquiète aussi.
- Speaker #0
Oui, ça inquiète. Alors, il y a effectivement juste l'appréhension de la grossesse, la prise de poids. Ça peut être déjà une première raison où d'un coup, on se bride un peu. Après, il y a juste l'utérus qui prend plus de place, qui vient appuyer aussi au niveau des organes, ce genre de choses. Généralement, ça diminue au fur et à mesure du deuxième trimestre aussi. Elle retrouve de l'appétit. Ça ne reste pas.
- Speaker #1
Ok, c'est assez variable. Et qu'est-ce qui fait que pendant une grossesse, il y a des fois où tu vas te dire, j'ai envie de viande. Il y a des patients qui sont végétariennes qui vont se retrouver à avoir envie de viande pendant la grossesse. Est-ce que pour toi, le corps, c'est vraiment ce dont il peut avoir besoin et ça peut se répercuter comme ça par des envies ou c'est plutôt psychologique justement ?
- Speaker #0
Moi j'aurais tendance à dire que, comme je t'ai dit tout à l'heure, le corps ne ment pas. Il n'est pas étonnant de retrouver des carences en fer chez la femme enceinte. Alors, il faut vraiment, les personnes qui écoutent, il faut qu'elles comprennent que la carence, elle était déjà certainement présente avant, elle s'est juste venue accentuer par les besoins accrus durant la grossesse. Et le corps va réclamer des aliments riches en fer naturellement. Donc des personnes végétariennes vont être stimulées justement naturellement vers des aliments qui vont pouvoir leur apporter ça. Ça peut être aussi lié, par exemple, on parlait tout à l'heure de l'humeur, etc., avec des besoins plus accrus vers des aliments riches en magnésium. Le corps ne ment pas. Donc, il faut accepter aussi que cette période, elle est très singulière. Elle ne dure pas toute la vie. Moi, je n'ai pas du tout de limite sur l'alimentation. Chacun est libre de faire en fonction de son éthique et de sa manière de manger et de ses convictions. Mais par contre... sans se mettre en danger et sans mettre en danger le projet de vie que vous avez à l'intérieur de vous. Et donc faites-vous confiance aussi, si votre corps réclame quelque chose, c'est certainement qu'il en a besoin.
- Speaker #1
Il y a certaines femmes, pareil, les premiers mois, elles n'ont pas faim du tout. Moi, ça m'est déjà arrivé en consultation de les avoir. Est-ce que pour toi, ça c'est un problème ? Ou comment tu peux peut-être conseiller ces femmes-là, quand elles se disent « Oui, moi j'ai pas faim, manger c'est vraiment compliqué, à cause des nausées. » Ou alors, on parle de l'équilibre alimentaire, mais elles disent « Mais en fait, j'arrive pas à manger des protéines parce que ça m'écœure. » fin.
- Speaker #0
Moi, je pars du principe qu'il ne faut pas se mettre de pression. Tu sais, on dit souvent que pendant la grossesse, il faudrait manger pour deux, ce genre de choses. Moi, je trouve que c'est une aberration. Les besoins ne sont pas plus accrus, surtout pas au premier trimestre en plus. Donc, elles n'ont pas besoin de changer leur alimentation. Ça augmente un petit peu, mais franchement, ce n'est pas dingue. On parle de 200, 300 calories au deuxième trimestre.
- Speaker #1
C'est à peine une collation. Voilà,
- Speaker #0
j'ai envie de te dire, une barre céréale, une barre d'amandes, ce que tu veux, suffit déjà à augmenter. et puis s'ils ne le prennent pas, ça ne changera pas la face du monde non plus parce que le bébé ira chercher ce dont il a besoin dans les réserves de la maman et un tout petit peu plus au troisième trimestre. Donc si elles n'ont pas plus d'appétit qu'avant, il ne faut pas qu'elles s'inquiètent. Si par contre il y a une vraie perte d'appétit, il faut regarder aussi au niveau des émotions, de l'humeur, etc. Il faut plus aller creuser du côté psychique plus que physiologique. Il n'y a pas besoin de changer son alimentation si c'était déjà leur base. C'est si elle n'était pas qu'il faut se questionner.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. C'est vrai que des fois, j'ai des femmes qui viennent en consultation et qui sont déjà enceintes de 4-5 mois et qui avaient une alimentation hyper déséquilibrée déjà avant. C'est compliqué de remettre un cadre alimentaire quand tu es à 5 mois de grossesse. J'ai envie de dire, quand c'est comme ça, je leur dis, on va essayer de faire au mieux, mais on ne va pas se prendre la tête non plus. Le but, ce n'est pas que tout soit tout le temps parfait. Il y a déjà suffisamment de charge mentale, comme tu l'as très bien dit. Et si on arrive à respecter l'alimentation idéale, tant mieux, mais ce n'est pas tout en parfait. Je pense que tu vas me dire que ce n'est pas très grave non plus, je suppose.
- Speaker #0
Non, pas du tout. Et puis la grossesse, elle vient enclencher quelque chose qui est de l'ordre du projet de vie. Donc on peut commencer, comme tu le dis, à engager un suivi pour améliorer son hygiène de vie, mais ça sera à poursuivre après la grossesse. C'est juste se mettre la pression pour se dire, je veux bien manger parfaitement pour que mon enfant ne manque de rien. Rassurez-vous, si vous avez réussi à concevoir un petit bébé à l'intérieur de vous, il va réussir à grandir aussi, il ira chercher ce qu'il faut. Par contre, par la suite... Pourquoi pas effectivement continuer de faire perdurer ce suivi-là pour justement apporter déjà son équilibre alimentaire à soi, pour pouvoir le transmettre. Moi, j'aime bien l'éducation nutritionnelle, donc tu vois, ça va être plus une vision long terme, mais sans pression pendant ces neuf mois-là. Le plus important, c'est l'équilibre psychique pendant cette période.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu pourrais conseiller peut-être pour des mamans, tu vois, qui sont peut-être à sept mois, sept, huit mois de grossesse, un peu peut-être anticiper le postpartum ? qui peut des fois être compliqué aussi avec la fatigue, le stress, les nuits écourtées. Qu'est-ce que tu pourrais leur conseiller peut-être par rapport à leur alimentation pour qu'elles gèrent le mieux possible ?
- Speaker #0
Moi, je suis une grande fan du batch cooking. Je trouve que c'est quelque chose qui est vraiment idéal, autant au postpartum qu'en parentalité classique, c'est-à-dire quand l'enfant est plus grand. Ça permet justement cette anticipation positive. Il y a moins de contrôle. Il y a un contrôle en amont, c'est-à-dire pendant que tu batch cook. Mais après, il n'y a plus du tout de contrôle et tu n'as plus qu'à te servir et tes plats sont faits. Soit, ben... Vous avez de la chance, vous avez un entourage super gentil et ils peuvent vous aider. Patchcooker pour vous en amont, quelques plats pour vous aider sur les premières semaines. Soit vous le faites vous et vous congelez et puis sur les premières semaines, ça va vous aider par la suite. Ça, c'est une première piste. Ne pas hésiter à déléguer aussi. Je parle plutôt de l'aspect physique, pas alimentaire uniquement, mais plus physique aussi. Toutes les tâches qui sont difficiles, qui vont vous épuiser. Et ne pas se mettre de pression pour que tout soit parfait. Ça c'est quelque chose qu'il faut vraiment sortir de son esprit. La maternité, ce n'est pas un moment de perfection. C'est un moment humain. Ce n'est pas un moment de perfection.
- Speaker #1
Un moment à vivre, du coup. Oui,
- Speaker #0
c'est un moment humain. Et si justement on cherche la perfection, on passe à côté de la connexion.
- Speaker #1
D'accord. Tu veux vraiment la connexion avec l'enfant. Et tout ce qu'on peut vivre avec l'enfant, c'est qu'on cherche trop à être parfait, trop droit. Ma type-là,
- Speaker #0
ça relève un peu de l'anxiété de performance qu'on peut avoir d'ailleurs à l'école ou ce genre de choses. Déjà, c'est des profils qui ont tendance déjà à l'être comme ça. Et donc, on le retrouve pendant la maternité et on le retrouve pendant la grossesse et on le retrouve en postpartum. C'est vraiment un axe à travailler parce qu'on est rarement connecté à ses besoins quand c'est comme ça. Et on ne sera du coup pas connecté forcément à sa maternité. Et c'est dommage parce qu'en réalité, c'est des personnes qui ont terriblement envie de bien faire.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Et puis même avec tout ce qu'on voit aujourd'hui sur les réseaux, dans les livres, surtout les livres un peu sur la maternité qui montent cet axe. parfait de la maternité et du postpartum, je pense que du coup, quand surtout c'est ta première grossesse, tu as tendance à beaucoup te renseigner et à dire « Ah oui, il faut que tout soit bien, tout soit carré. » Et en fait, tu te rends vite compte que ce qu'on dit dans les livres, c'est du papier. Mais dans la vraie vie, c'est très différent. Et je pense qu'il y a beaucoup de stress par rapport à ça. Sur les réseaux, tu as souvent des femmes qui peut-être t'écrivent ou échangent avec toi par rapport à cette perfection qu'on voit plutôt partout.
- Speaker #0
Oui. C'est marrant que tu parles de livres parce que souvent, que ce soit sur les réseaux ou en consultation, elles demandent des titres d'ouvrage, etc. Je trouve ça génial, mais la réalité fait que tu as beau lire une dizaine ou une vingtaine de livres, autant que tu veux, sur la maternité, la parentalité, appliquée au quotidien, tu ne pourras pas restituer exactement tout ce que tu as. Donc il faut piocher sans se mettre cette pression en se disant je fais déjà de mon mieux. Tu vois, se dire juste ça, je fais déjà de mon mieux, je n'ai pas besoin que tout soit parfait. Je fais à... hauteur de ce que je suis, c'est-à-dire que je suis une maman qui est en train de devenir une maman. Il ne faut pas l'oublier non plus. Tu n'es le parent que de l'enfant en fonction de son âge. Donc là, vous êtes la maman d'un bébé, peut-être d'un mois, deux mois, trois mois, etc. Et quand vous êtes enceinte, vous êtes enceinte d'un premier trimestre. Donc n'anticipez pas trop toujours la suite. Et laissez-vous le temps aussi de vivre chaque étape. Et de faire des erreurs. Parce que c'est comme ça, c'est de l'expérience et de l'erreur qu'on améliore aussi les choses. Et même, j'ai envie d'aller plus loin, tu vois, on parlait tout à l'heure des potentielles carences, etc. Mais la carence, elle vient justement te permettre de corriger. Et si tu ne l'avais pas, tu ne corrigerais peut-être jamais ton alimentation. Et finalement, elle vient te réveiller pour te dire, tiens, et si tu l'as repéré et que tu fais les choses bien, par la suite, ça ira. Donc, tout est là pour t'apprendre quelque chose sur toi. Et on est tous différents.
- Speaker #1
Et justement, toi qui as eu quatre grossesses, tu penses que tu vas même dire que pendant ta quatrième... Après une grossesse, tout n'était pas parfait.
- Speaker #0
Pas du tout. J'ai même envie de te dire, l'accouchement n'a pas été compliqué en soi, mais la suite a été compliquée. Donc tu vois, pourtant, c'était soi-disant rodé.
- Speaker #1
Ça peut rassurer, je pense, les personnes qui nous écoutent, de se dire, ok, même si on en a quatre, ça ne veut pas dire que... Ah,
- Speaker #0
mais même la parentalité, il ne faut pas se mettre sur le postpartum. Chaque maternité est différente. et c'est ça qui est beau.
- Speaker #1
Et du coup, quand on est enceinte, on reçoit généralement beaucoup de conseils, souvent contradictoires aussi. Et justement, encore une fois, on va le répéter, on peut vivre une grossesse sereine sans suivre toutes les règles qu'on a pu entendre, qu'on peut lire ou qu'on peut voir sans tout respecter à la lettre. Et ça, je pense qu'il faut vraiment le comprendre.
- Speaker #0
Je vais peut-être même dire quelque chose de contradictoire, mais moi, je n'ai pas suivi à la lettre et à la perfection toutes les règles que l'on m'a apprises, que ce soit pendant mes études ou qu'on m'a transmises. Donc non, par contre, j'ai fait attention à certains points de vigilance, effectivement, à ne pas m'oublier, à préserver mon sommeil. On n'en a peut-être pas parlé, mais c'est quelque chose de très important. Préservez votre sommeil durant votre grossesse parce que derrière, les nuits ne seront peut-être pas optimum et ce sera toujours ça de capitalisé. Prenez soin de vous, tout ce qui est douceur que vous pouvez vous offrir. Je ne parle pas de douceur alimentaire, je ne parle pas de bonbons et de chocolat, mais je parle de temps pour vous, juste pour vous, parce que vous allez être deux après un, et même trois du coup. Et là, vous avez un temps qui vous est offert juste de vous à vous-même, et c'est précieux à conserver.
- Speaker #1
Tu parlais du sommeil, comment est-ce que tu peux conseiller peut-être, parce qu'il y a souvent quand même des troubles du sommeil, voire des insomnies aussi chez les patientes enceintes. Tu leur conseilles quoi, toi, dans ces moments-là ?
- Speaker #0
Pas de mélatonine.
- Speaker #1
Déjà, premièrement.
- Speaker #0
Pas de mélatonine. Pas du tout. Moi, je conseille par rapport, si c'est des douleurs liées vraiment au placement du bébé, etc., l'ostéopathie peut être une grande aide aussi, parce qu'il y a des personnes qui ont des problèmes de bassin, etc., de placement du bébé. Donc ça, ça peut aider aussi, parce qu'ils vont avoir des difficultés à se positionner. Elles avaient l'habitude de dormir sur le côté. D'un coup, le bébé ne se place pas bien, etc. Donc ça, ça peut être pas mal. Après, moi, je suis une grande fan du magnésium. Donc, c'est quelque chose qui aide vraiment et qui peut être utilisé et qui accomplit aussi son job sur la partie sommeil. Voilà, moi, c'est les deux grosses pistes que je donnerais par expérience et par conseil sur ces deux sujets.
- Speaker #1
Et est-ce qu'il y a peut-être des exercices de respiration ? Oui, ce que j'allais dire de cohérence cardiaque, de chauffe-t-en-face, on n'en a pas encore parlé. Justement, cet insomnie, il y a quoi quand on est enceinte ?
- Speaker #0
Alors si tu veux parler de la respiration, on a trois étages respiratoires, abdominale, thoracique et scapulaire, donc c'est au niveau des clavicules. Souvent en fait, le bébé s'il est trop haut, les personnes naturellement vont respirer par le haut et ils ne vont pas réussir à descendre leur respiration sur le bas-ventre. Sauf que la respiration ventrale est celle qui est la plus apaisante, qui va ralentir le rythme cardiaque et apaiser le mental. Donc c'est très difficile quand on est enceinte, surtout dernier trimestre, aller chercher ça. Donc ça demande du temps et de la connaissance de son corps. Donc, les exercices de respiration, ils sont à faire relativement tôt. C'est pour ça que les accompagnements sur la partie sophrologie, sur la partie grossesse, doivent commencer le plus tôt possible. Maintenant, tu as des femmes qui se présentent au cabinet ou en distanciel sur la fin, parce qu'ils anticipent négativement l'accouchement. Et du coup, ils viennent plutôt pour ça. Et on se rend compte qu'il y a effectivement soit des troubles du sommet, soit beaucoup d'anxiété et qu'elles ont une respiration haute. Tu disais qu'il y avait des exercices sur YouTube, des podcasts aussi maintenant autour de la sophrologie. C'est très bien, mais la base de la base, c'est juste obtenir une respiration ventrale.
- Speaker #1
Je suis en train de réfléchir. Moi, comme je suis en train de respirer là tout de suite, je me rends compte que je ne respire que par les clavicules. Je pense qu'une grande partie de la population respire comme ça. Thoracique,
- Speaker #0
la plupart. Les enfants, naturellement, respirent par le ventre. Mais nous, la plupart, on respire de manière thoracique. Là où c'est plus problématique, c'est quand c'est très haut. Tu vois, quand ça devient haletant. Là, on est en train de discuter, donc on a un débit de parole qui est plus rapide. Donc, naturellement, on respire par le haut. Mais l'idée, c'est que si on souhaitait revenir à nous, calmer notre anxiété et notre stress, il faudrait que naturellement, en conscience, on revienne sur une respiration ventrale.
- Speaker #1
Ok, donc les patients qui ont peut-être ces difficultés à dormir, elles peuvent se concentrer sur cette...
- Speaker #0
C'est merveilleux quand tu es enceinte, parce que du coup, tu te concentres sur ton ventre. Et il y a des exercices en sophrologie spécifiquement à la préparation justement à la maternité. qui te permettent de te connecter avec ton enfant. Alors, ça paraît abstrait, mais de diffuser un message à ton enfant. On sait aujourd'hui avec l'épigénétique, etc., que le stress a vraiment une empreinte sur ton bébé, clairement, disons les mots tels qu'ils doivent être, dit, mais c'est vraiment important de connecter le plus tôt possible avec son bébé et avec le bon développement de son bébé et la respiration peut être une voie d'entrée.
- Speaker #1
C'est vrai qu'on parle, moi je trouve qu'on a grossesse, on attend vraiment à parler. Prise de poids, alimentation, mais tout ça on n'en parle jamais quoi.
- Speaker #0
Tu entends ton battement de coeur, ton bébé entend le battement de ton coeur, donc tout ça va être calmé par la respiration, ça a vraiment un impact sur lui.
- Speaker #1
Tout à l'heure tu me parlais du magnésium justement que tu peux conseiller à tes patientes, est-ce qu'il y a certains micronutriments, là on va revenir un peu plus sur le côté naturopathe, micronutriments qu'il faut quand même essayer d'avoir pendant la grossesse pour que le bébé ait tout ce qu'il faut ?
- Speaker #0
D'abord en fer, en iode ? en B12, en magnésium, tout ça, c'est des apports qui sont nécessaires, qui sont idéaux. Bien sûr, selon justement ce que la maman était habituée à consommer ou souhaite maintenant consommer durant sa grossesse. S'il venait à avoir une carence sur suivi médical, il y aura une supplémentation qui sera mise en place. Après, naturellement, ces micronutriments, on les retrouve dans l'alimentation et ils doivent être apportés normalement par des sources variées. Donc oui, c'est fondamental pour le bon développement du bébé et de la maman aussi, qu'elle garde aussi de l'énergie. Le faire, ce n'est pas que pour le bébé. Aussi la maman.
- Speaker #1
Oui, c'est pour prévenir les pertes en fer qui auraient aussi l'air de l'accouchement. Quand vous perdez beaucoup de sang, vous perdez énormément de fer aussi. Même quand on a nos règles. Bien sûr,
- Speaker #0
exactement.
- Speaker #1
Ok. Et le bébé, est-ce qu'il a des besoins peut-être pour bien développer son cerveau ? Oui, les oméga-3.
- Speaker #0
Bien sûr, les oméga-3. Mais la maman aussi, j'ai envie de te dire. Pour l'humeur, c'est quelque chose aussi qui est intéressant. Pour la partie hormonale, c'est aussi intéressant chez la femme. Donc les oméga-3, j'ai envie de te dire qu'autant le bébé que la maman en a besoin. apportée par l'alimentation, apportée par la supplémentation, si vraiment il y a une difficulté dans les apports en oméga-3, si à la main on n'aime pas les sardines, macros, etc., les oléagineux, tout ce que tu veux, elle peut se supplémenter, c'est quelque chose pour le coup qui est sans risque.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux avoir des patientes qui vont avoir un peu une alimentation émotionnelle, justement, pendant la grossesse, ou en postpartum également, mais comme on le disait, ça peut être une période qui a été très stressante et ce besoin peut-être de se réfugier dans l'alimentation ?
- Speaker #0
Alors tu sais, même quand tu veux devenir maman, ça te renvoie à... ton propre vécu. Donc, c'est devenir parent, c'est quelque chose qui vient faire travailler aussi tout ce qui est mémoire. Donc, c'est au niveau émotionnel aussi très lourd, au-delà même de la connexion au bébé, de soi à soi-même. Donc, effectivement, tu vas avoir des femmes qui vont avoir des vraies compulsions alimentaires. L'inverse est aussi vrai, des femmes qui n'ont pas moins d'appétit, ce que tu disais tout à l'heure, mais il y a aussi les femmes qui vont avoir envie de plus manger, d'avoir une alimentation réconfortante, qui est liée soit à une émotion positive, Et tu as l'autre versant, malheureusement, qui est lié plus à l'anxiété, au stress, aux pensées parasites qu'elles peuvent avoir, lié à la grossesse ou au travail ou à leur couple, qui va effectivement déclencher une alimentation beaucoup plus dense, beaucoup plus riche et pas forcément intéressante, mais en tout cas qui va amener plus d'alimentation, c'est sûr.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a d'autres choses que tu voudrais rajouter sur l'alimentation ?
- Speaker #0
Manger ce qui vous fait du bien. Dans le vrai sens du mot, manger ce qui vous fait du bien. qui vous fera du bien intérieurement, qui vous fera du bien à votre esprit et qui fera du bien à votre bébé.
- Speaker #1
Et je voudrais maintenant parler de quelque chose, je pense, qui va te parler et qui va parler à beaucoup de femmes, la peur de l'accouchement. Je pense que ça, tu dois en avoir qui viennent te voir pour ça. Comment est-ce que tu peux peut-être rassurer certaines femmes qui vont peut-être accoucher, qui ont cette peur-là, et pourquoi est-ce qu'il y a cette peur de l'accouchement ?
- Speaker #0
Parce que c'est ce que je te disais au début du podcast, donner la vie ça paraît beau, c'est quand même quelque chose de très traumatique, autant pour le bébé que pour la maman. C'est l'inconnu pour les primipares. Pour celles qui en ont déjà eu, c'est peut-être un accouchement qui a été traumatique avant. Donc du coup elles ont une appréhension, ça ne veut pas dire qu'elles ne veulent pas devenir mère, ça veut dire qu'elles se disent en fait je l'ai mal vécu, même si l'après c'était extraordinaire, le pendant c'était un enfer. Donc forcément elles arrivent avec des appréhensions, l'idée c'est de potentiellement préparer. cet accouchement avec l'équipe de soignants, de faire un projet aussi d'accouchement. Donc ça, c'est tout à fait possible. On peut laisser aussi une lettre ou quelque chose qui peut être suivi. Maintenant, les établissements sont de plus en plus capés aussi pour accompagner les grossesses de manière adaptée. J'ai envie de dire selon les volontés de chacune. Ça, c'est quand même chouette. Moi, je te dis, je suis maman quatre fois, donc j'ai vu l'évolution. Je prends l'exemple, par exemple, de ma petite dernière. Ils m'ont amenée dans une salle, tu sais, nature, des petits bruits. Ma première, c'était absolument pas ça. C'était le classique. J'ai accouché très vite. J'étais catapultée. Ils ne m'ont même pas posé la question de comment je voulais accoucher. Il n'y avait pas de position physiologique. Il n'y avait pas tout ça. Et donc ça, c'est important de pouvoir le préparer en amont pour justement se sentir beaucoup plus sereine et de faire cette anticipation positive avec la visualisation. Nous en souffrons. On travaille beaucoup ça. Découpez. couper justement les différentes heures, les différents passages que vous allez vivre jusqu'au moment de la délivrance et la suite, même le post-partum, tout ça, ça peut être anticipé.
- Speaker #1
Avec la visualisation, oui.
- Speaker #0
On peut vraiment se conditionner, vraiment on peut se conditionner.
- Speaker #1
Dans le positif finalement, encore une fois.
- Speaker #0
Et comme dans le négatif justement. C'est pour ça que c'est intéressant de travailler ça en amont.
- Speaker #1
Oui, de travailler sur le fait que ça peut potentiellement être douloureux, mais on va le gérer et ça se passe pas bien.
- Speaker #0
Soit avec l'équipe de soignants, soit avec le compagnon, soit même avec soi-même. Malheureusement, il y a des femmes qui ont peur parce que leur mari est en déplacement tout le temps, qui sera peut-être pas là, parce qu'elles connaissent pas sa nouvelle ville où elles vont accoucher, elles ont pas eu le temps de préparer, etc. Tout ça, ça peut bien se passer avec soi d'abord.
- Speaker #1
De toute façon, c'est encore une fois avec soi. Le lien de confiance,
- Speaker #0
il doit se faire avec soi, tu sais. Il y a une vraie confiance attitée. Et il y a une différence entre l'estime de soi et la confiance. L'estime de soi, c'est le discours qu'on a de soi-même. La confiance en soi, c'est sa capacité à se mettre en mouvement. L'accouchement met en jeu les deux. Qu'est-ce qu'on pense de soi en tant que future maman et en tant que maman ? Parce qu'on est maman au moment où on tombe enceinte, on est déjà maman. Et donc c'est le discours qu'on va avoir de soi. Et la confiance en soi, c'est comment je vais avoir la capacité à me mettre en action pendant cet accouchement ? Quelle actrice je veux être pendant mon accouchement ?
- Speaker #1
Comment justement tu aiderais une femme à peut-être refaire confiance à son corps ? Comme tu disais, il y en a certaines femmes, elles ont eu des accouchements compliqués, donc elles ont peur par la suite de re-accoucher. Comment est-ce qu'on peut refaire confiance à notre corps dans ces moments-là ?
- Speaker #0
Remarquez la force qu'il a. Vraiment, le corps d'une femme enceinte, c'est extraordinaire. L'image de la lionne, elle est parfaite. C'est exactement ça. Vous êtes déjà dans un aspect de protection. Vous êtes déjà dans un aspect de construction, de consolidation. Vous êtes la lionne et vous allez donner naissance à un petit roi lion. C'est vraiment cette image-là, elle est très importante. Et votre corps, il n'est que la représentation de tout ce combat. qui est un combat positif, il ne faut pas l'imaginer comme une grosse bagarre, tu sais, avec une grosse violence, mais plutôt un combat qui est construire quelque chose. Vous construisez un monde, c'est vraiment ça. Vous êtes en train de construire votre monde.
- Speaker #1
De pas être une famille et quelqu'un qui sera lié, pour le coup, à vous toute votre vie.
- Speaker #0
Les femmes sont des bâtisseuses pour moi, vraiment. Sans elles, le monde ne serait pas ce qu'il est.
- Speaker #1
De pareil, tout ça, ça me fait penser un peu à une patiente que j'ai eue en consultation, qui était enceinte de six mois, très stressée, qui, justement, avait toujours peur de mal manger, Elle avait cette peur, encore une fois, elle prenait du poids, mais elle prend encore plus de poids, surtout si moi, généralement, c'est là où on prend davantage de poids. Elle avait cet hyper contrôle, tout le temps, surtout, et elle avait le corps très tendu, justement. Comment tu aurais accompagné cette femme, toi, en tant que sophro et naturopathe ?
- Speaker #0
On a un super allié, nous, en sophrologie, c'est le travail sur la tension détente. C'est-à-dire qu'au lieu d'essayer à tout prix de détendre la personne, on lui fait comprendre et ressentir ce qu'est sa tension, d'abord. Parce qu'elles ne se rendent pas toujours compte qu'elles sont tendues. Tu vois, elles ne sont pas connectées à leur corps. Leur corps, c'est devenu normal d'être tendu comme ça. Elles ne se rendent même plus compte qu'elles sont raides. Donc du coup, se connecter à chaque étage respiratoire, à chaque partie de son corps, ça leur permet vraiment de se rendre compte, chaque tension, ce que ça génère en termes de sensorialité et justement après aller chercher la détente. Pas à tout prix, tout de suite, vouloir faire descendre justement dans un état de relaxation. Non. Aller chercher quelle est la pensée limitante. Souvent, par exemple, je prends l'exemple de la colère. Par exemple, si elle est en colère parce que son mari n'a pas préparé la chambre encore, qu'est-ce qui se cache derrière ? Souvent, les projections des personnes anxieuses, elles ne sont pas vers les autres, elles sont vers elles-mêmes. Par exemple, je suis en colère parce que mon mari n'a pas préparé la chambre de bébé. En réalité, c'est « je ne suis pas en colère parce que mon mari n'a pas préparé la chambre de bébé, mais je suis en colère parce que quand mon mari n'a pas préparé la chambre de bébé, alors je me dis qu'on ne va pas être de bons parents, alors je ne serai pas capable, je ne vais pas réussir à gérer. » Tu vois, quelle est la vraie pensée limitante ?
- Speaker #1
Généralement, c'est plus des peurs qui sont en lien avec le postpartum, pour toi ?
- Speaker #0
Non, ça peut être très variable. Ça peut être antérieur, ça peut être vraiment des mémoires de « elle n'a pas été aimée, choyée, etc. » Donc, elle a l'impression qu'elle ne pourra pas transmettre cet amour qu'elle a envie de donner. Ou ça peut être effectivement sur le futur, en se disant, je ne sais pas, moi, ça peut être des inquiétudes, ça peut être des choses, mais parfois, qui vont paraître complètement abstraites, mais même sur le monde va mal, tu vois, ça peut être vraiment des projections qui peuvent être effrayantes, et il faut aller chercher qu'est-ce qui se cache derrière cette pensée limitante.
- Speaker #1
Et comment est-ce qu'on peut s'autoriser à faire moins, accepter que c'est une période qu'on met en parenthèse aussi, et qu'on ne peut pas être tout le temps sur tout ce qu'on faisait avant ? Comment accepter psychologiquement cette chose ? peut-être faire moins de sport, de moins travailler, d'avoir besoin d'être dans le canapé et de rien faire, surtout pour les femmes qui sont peut-être des fois un peu hyperactives. Comment est-ce qu'on peut accepter tout ça ?
- Speaker #0
On ne fait jamais rien. On est en train de construire un petit être à l'intérieur de nous, donc on ne fait jamais rien. C'est aimer ce qu'on est en train de vivre, aimer ce qu'on est en train de réaliser, aimer ce qu'on est en train de construire. Donc finalement, c'est aimer aussi cette part de nous, parce qu'on n'est jamais que mère, on est une femme, on est une travailleuse, ce que tu veux. Mais juste respecter et aimer. Ce qui est en train de se passer, donc cette phase... de maman en construction. C'est beau.
- Speaker #1
C'est une belle conclusion. Je termine toujours le podcast par un vrai faux, mais j'avoue qu'on a répondu beaucoup aux questions des vrais faux, donc ça va faire peut-être un récap au moins pour les personnes qui nous écoutent. Le stress est toujours dangereux pour le bébé.
- Speaker #0
Faux, moi je dirais. Ça dépend quel type de stress. Le stress, elle dit stress. Si c'est un bon stress qui te permet d'être dans l'action, très bien. Si c'est un mauvais stress, oui.
- Speaker #1
Les fringales doivent être contrôlées.
- Speaker #0
Ça dépend aussi. Je te dirais vrai, faux aussi. Si ça vous fait du bien sur le moment et que ce n'est pas, comme on disait tout à l'heure, des compulsions alimentaires répétées, etc. Pourquoi pas ?
- Speaker #1
Une femme enceinte doit constamment manger équilibré ?
- Speaker #0
Non, faux.
- Speaker #1
La prise de poids doit être contrôlée ?
- Speaker #0
Dans la mesure du raisonnable, mais honnêtement, non. En général, de toute manière, le variable est de 11 à 16 kilos. Vous avez largement de latitude pour pouvoir manger comme vous le faisiez avant.
- Speaker #1
Le postpartum est une période facile ?
- Speaker #0
Oui et non. Elle peut l'être. C'est pareil, c'est multifactoriel et du coup, ça va dépendre de beaucoup de choses. Donc, elle peut être magnifique, elle peut être très difficile.
- Speaker #1
Est-ce que toi, tu veux conclure sur quelque chose ? Peut-être un message que tu veux faire passer aux personnes qui nous écoutent ?
- Speaker #0
Profitez pleinement de ces neuf mois, ils ne reviendront pas et ils vous sont dédiés en fait. C'est surtout ça. Ils sont pour vous en fait. Le corps donne déjà tout à votre bébé. Alors, ces neuf mois-là, offrez-les-vous à vous.
- Speaker #1
Trop bien, très belle conclusion. En tout cas, je te remercie beaucoup pour cet épisage que j'ai trouvé hyper enrichissant et très intéressant. Donc, comme je vous l'ai dit, si vous voulez suivre tout ce que Nadia partage, vous pouvez aller sur son compte Instagram, on laisse tout en description. Et puis, merci beaucoup. Tu nous en as beaucoup appris en tout cas aujourd'hui.
- Speaker #0
Merci, c'était un plaisir.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté cet épisode. Si vous avez passé un bon moment à nos côtés, n'hésitez pas à laisser un commentaire et à vous abonner. Tout simplement est un podcast des Supermarché Match, produit par l'ACME. Réalisé par Alice Dorouade, sur une musique de Basile Bocca.