- Voix off
Être entrepreneur, c'est être confronté aux sentiments de solitude. Est-ce un frein, une liberté, une angoisse ou un challenge ? Avec Tout Seul, un des podcasts d'Orange pour les pros, nous rencontrons partout en France des entrepreneurs qui vous partagent leurs expériences et leurs histoires. Le monde de l'optique est souvent associé à des grandes enseignes qui ont pignon sur eux. Et pour se faire un prénom dans ce domaine très concurrentiel, il ne faut pas manquer d'énergie ni d'idées. Non loin de la Saône, dans une petite rue piétonne aux façades délicatement colorées, les petites lunettes d'Héloïse ont ouvert leurs portes à l'emplacement d'une ancienne librairie. Les familles y ont gardé l'habitude d'y venir avec leurs enfants, dès le plus jeune âge. Le rez-de-chaussée leur est même réservé. Au premier étage, les adultes trouvent des lunettes de style, dont certaines dénichées à Milan. Héloïse Langlard a hérité de ses grands-parents et parents la bosse du commerce et de l'entrepreneuriat. L'envie qu'elle partage avec son équipe, accueillir ses clients dans, dit-elle, une bonne ambiance.
- Agnès Séverin
Bonjour Héloïse, racontez-nous le parcours qui vous a amené à créer les petites lunettes d'Héloïse.
- Eloïse Lenglard
Bonjour Agnès, alors j'ai créé les petites lunettes d'Héloïse à la suite d'un parcours assez traditionnel. Après mon diplôme, j'ai travaillé dans des magasins indépendants. donc sans enseigne. J'ai rapidement été à des postes de responsable de boutique et un jour, je me suis rendue compte que sur des périodes calmes, il y avait énormément d'enfants qui venaient dans la boutique dans laquelle je travaillais, que les prescripteurs, donc les médecins, avaient compris que je travaillais bien avec eux. Ça faisait plusieurs années que j'avais été un peu préparée à monter mon projet. Mais entre-temps, ma vie personnelle m'a amenée à mettre en pause ce projet-là. Ensuite, quand j'ai repris le travail après l'arrivée de mon petit garçon, j'ai vite remarqué que les médecins m'envoyaient leurs petits patients et que mon projet était viable. J'ai sauté le pas assez rapidement finalement, quand j'ai trouvé mon local. C'était le déclic, c'était l'emplacement. Et le jour où on m'a présenté le lieu où j'ai ouvert la boutique... Ça a été évident et là tout s'est enchaîné beaucoup plus rapidement. Déjà c'est une boutique que je trouvais belle, qui avait une histoire, c'était une librairie. Le côté petite rue Piétonne, clientèle familiale, des gens qui ont vu grandir les enfants d'eux et qui ont eux-mêmes amené leurs enfants dans la librairie. Moi j'ai beaucoup aimé ça, j'ai beaucoup aimé l'authenticité du lieu, on s'y sent bien.
- Agnès Séverin
Est-ce que vous aviez depuis longtemps le projet de créer votre propre entreprise ?
- Eloïse Lenglard
Oui, j'ai eu ce projet depuis presque le début finalement, parce que j'ai poursuivi mes études en direction d'études de commerce, qui m'apprenaient à faire des études de marché. analyser un petit peu la clientèle. Donc oui, je pense qu'au moment où j'étais encore à l'école, j'avais ce projet en tête que j'avais construit une fois, deux fois, trois fois en fonction des situations géographiques dans lesquelles j'étais, jusqu'au jour où ça a été vraiment possible finalement.
- Agnès Séverin
À partir de quel moment, justement, avez-vous su que votre idée d'entreprise allait fonctionner ?
- Eloïse Lenglard
Je crois que quand les médecins ont accordé leur confiance, il m'a semblé que j'étais légitime en termes de compétences. De toute façon, je n'avais pas grand-chose à perdre finalement. J'avais tout à construire. Mais après, on y met une énergie qui est différente. Puis je touche du poids parce que ça marche.
- Agnès Séverin
Est-ce qu'il y a des personnes dans votre entourage qui vous ont encouragé ou ont inspiré des entrepreneurs ?
- Eloïse Lenglard
Oui, évidemment, j'ai été élevée par un chef d'entreprise, je ne peux pas le cacher. Et puis une maman infirmière libérale, donc elle aussi est autonome dans son travail et puis indépendante et seule. Donc c'est vrai que j'ai grandi avec ça, j'ai eu des grands-parents commerçants, donc je pense que le côté commerce, clairement, est cool dans mes veines. Finalement, connaître les personnes qui viennent chez nous pour satisfaire leurs besoins et le faire avec plaisir. Ça, c'est quelque chose d'inné, finalement. Je pense que j'ai eu cet héritage et c'est chouette. Je me souviens avoir été surprise par le soutien que j'ai reçu de la part de Yves qui faisait les travaux au magasin. Et c'est une personne qui est devenue un ami, même plus que ça, c'est devenu la famille pour moi aujourd'hui. Des soutiens inattendus à qui on a envie de dire merci. J'ai eu un avocat des entreprises qui a été quelqu'un de vraiment génial. Je pense que la personne qui m'a vendue m'a aidée aussi parce qu'il a fallu comprendre comment fonctionnaient un peu les beaux commerciaux, la négociation aussi. J'ai eu la chance d'être bien entourée.
- Agnès Séverin
Pourquoi avez-vous décidé de vous lancer seule ?
- Eloïse Lenglard
J'ai décidé de me lancer seule parce que j'avais pas le sentiment qu'être accompagnée avec un associé à ce moment-là, ça allait m'apporter. Je pense que j'avais besoin d'efficacité. Je trouve qu'à ce moment-là, on est dans une période de stress. J'ai passé quasiment deux ans toute seule. Je cherchais des personnes à mi-temps, mais finalement, on avait du monde. Et puis, travailler le samedi n'est pas évident en termes de recrutement.
- Agnès Séverin
Et ensuite, vous avez eu des salariés ?
- Eloïse Lenglard
Ensuite, je suis tombée sur des chouettes personnes que j'ai accompagnées pour la fin de leurs études, donc en alternance. Ça a démarré au bout de deux ans comme ça avec un alternant qui a eu son diplôme, qui ensuite est venu à temps plein et puis ça s'est déroulé comme ça plusieurs fois. Aujourd'hui, on est cinq, donc trois à temps plein et deux apprentis. Finalement, on est nombreux, mais ça laisse la possibilité à chacun de faire un peu son bout de chemin. finalement l'ambiance était là, le monde était là et à certains moments on va avoir chacun plus de temps perso, de temps pro ça dépend un peu on
- Salarié
va tous S'attribuer des tâches chaque jour où ça va changer. Chacun va essayer d'un petit peu tout faire, tout voir, que ce soit les montages, les ventes, le rangement, le ménage. On peut qualifier l'équipe de joyeuse. On s'entend quand même tous très bien. Très bonne relation les uns avec les autres.
- Agnès Séverin
Vous avez tous à peu près le même âge ?
- Salarié
Oui, plus ou moins. On va dire qu'on peut se chambrer un petit peu là-dessus justement. C'est ce qui va me faire sourire parce qu'il y a des petites dizaines d'années d'écart. Mais on a tous entre 25 et 35 ans. globalement une équipe jeune et du même âge.
- Agnès Séverin
Et il y a des transferts aussi d'expérience, de compétences entre vous au sein de l'équipe, via Héloïse ?
- Salarié
Bien sûr, après moi quand je suis arrivé, je n'étais pas encore diplômé, donc forcément c'est ma seconde expérience, je bossais les week-ends avant dans une enseigne, puis en arrivant ici, Héloïse m'a apporté toute son expertise sur les choix de monture enfant, le comportement à avoir aussi avec les tout-petits. On fait aussi des lunettes pour des petits bébés entre 6 et 9 mois et c'est vrai que les premiers temps, avec peu d'expérience, ce n'était pas forcément évident d'appréhender. Des fois, presque être un peu ridicule en parlant à l'enfant, donc on a l'air un peu idiot, mais c'est là qu'on se rend compte de toute l'importance de cette démarche-là, parce que derrière, l'enfant est plus réactif, on le capte plus et c'est beaucoup plus facile de travailler comme ça. Le petit trait qu'on a, c'est vrai que je ne fais pas essayer une monture à un petit bébé tant que je n'ai pas eu un sourire en face de moi. Ça, c'est une partie des conseils qu'on m'a donnés. Je vais transmettre, par exemple, à Sasu qui est arrivé un peu après, un esprit famille que les clients vont ressentir aussi et qui est pour moi primordial, surtout quand on est spécialisé enfant, de retrouver cet esprit famille. Il y avait une petite fille, typiquement, elle avait 9 mois, elle est à 5 ans. C'est vrai que c'est touchant de les voir grandir et même les parents on se reconnaît.
- Agnès Séverin
Comment vous faites justement pour ménager cette ambiance, peut-être en faisant travailler ensemble des personnalités sans doute différentes ?
- Eloïse Lenglard
Alors ça c'est une grande chance, on est complètement différents tous les cinq, on a un caractère absolument hétérogène. Et en fait, je pense que chacun apporte un petit peu et je pense que le fait qu'on soit nombreux nous permet aussi de compter les uns sur les autres. C'est-à-dire qu'on est rarement tous ensemble à la boutique. On ouvre plus, ça m'a permis d'élargir mes horaires d'ouverture, ça m'a permis d'avoir des week-ends, d'avoir des vacances. Et à eux aussi, bien sûr. Donc c'est vrai qu'on est rarement tous les cinq, mais on adore être tous les cinq. Le jour où on se retrouve tous les cinq à la boutique, en général, on en profite pour déjeuner ensemble. chacun fait un peu le point. C'est des moments qu'on aime bien et c'est vrai que les clients me le font remarquer. Les clients ont tous un petit préféré finalement et ce ne sont jamais les mêmes personnes. Donc ça veut dire que nos personnalités correspondent aussi à notre clientèle et je pense que c'est une grande chance. J'en profite parce que je sais que ça pourrait ne pas durer. Je crois que c'est important de créer cette bulle de bonne ambiance finalement, de service client comme nous on l'entend. Musique
- Agnès Séverin
Et aujourd'hui, la clientèle des enfants avec qui vous avez des affinités depuis le début de votre carrière, ça représente encore une part importante de votre chiffre d'affaires ?
- Eloïse Lenglard
C'est vrai qu'on va dans la partie plus médicale avec les enfants, et en même temps beaucoup plus simple, parce que c'est ludique, on est obligé de faire rapidement avec les enfants. Moi, je me suis personnellement reconnue dans cette partie-là du travail, c'est pour ça que j'ai fait ça. En fait, j'ai eu la chance de rencontrer, quand j'ai commencé à travailler, une personne qui avait créé un magasin. en région parisienne qui faisait exclusivement de l'enfant, un tout petit peu d'adultes mais c'était vraiment majoritairement de l'enfant et elle avait créé sa formation, elle était seule dans sa boutique à ce moment-là, elle avait besoin de prendre des vacances et en fait finalement j'avais commencé à ce moment-là à travailler pour elle donc elle m'avait offert sa formation et demandé quelques remplacements pour qu'elle puisse prendre quelques week-ends et souffler. C'est vrai que la spécialité enfant m'apporte clairement 60% de ma clientèle en volume. Donc on est toujours à plus de la moitié, ce qui est assez rare finalement dans une boutique d'optique. Les chiffres du marché, c'est plutôt quand on a envie d'augmenter sa clientèle enfant, on vise 14-15%. Mais c'est un maximum dans un magasin. traditionnels. Donc c'est sûr que ma spécialité enfant, elle a fait ma réputation et c'est chouette aussi parce que ça nous permet d'avoir un magasin qui a quand même le rez-de-chaussée de la boutique qui est dédié aux enfants de se distinguer sur l'adulte parce que finalement ça laisse pas assez de clients adultes pour faire toutes les grandes marques que tout le monde connaît. Donc finalement on choisit nos fournisseurs adultes selon nos goûts, selon nos convictions parce qu'on a une minorité de clients adultes. Et les enfants, bah oui, c'est des potes un peu, puis on les voit grandir, c'est génial.
- Agnès Séverin
Vous impliquez vos salariés dans certaines décisions, par exemple dans des choix, quand vous allez à Milan à la foire ?
- Eloïse Lenglard
Quand on va au salon de l'optique à Milan, c'était une découverte, et puis c'est aussi une fierté pour moi de pouvoir faire ça. C'est des choses que je faisais seule avec mon sac à dos il y a quelques années, et qu'aujourd'hui on fait en équipe, de partager un moment un peu off. Tali, c'est les belles lunettes, c'est la mode, c'est des choses qu'on vit. pas au quotidien quand on est dans une boutique. J'avais envie de partager ces choses qui, moi, me font briller les yeux quand je le fais seule, mais c'est encore mieux quand on est avec l'équipe. Oui, ils sont impliqués dans les choix de la boutique, évidemment, parce qu'il est l'heure de question que je leur demande de faire des choses auxquelles ils ne croient pas. Ils doivent vendre des produits qu'ils aiment. comprendre aussi comment la gestion se fait.
- Agnès Séverin
Donc vous partagez aussi avec eux un savoir sur la gestion, sur les achats, des choses comme ça ?
- Eloïse Lenglard
Oui, j'essaye. Après, c'est vrai que je pense que maintenant que la boutique a 6 ans, j'ai un rythme sur la gestion des achats, sur la gestion tout court, la comptabilité. Je suis assez autonome et indépendante. Je ne me rends pas compte si je partage ça avec eux ou pas. Je pense que j'essaye de les impliquer, mais que j'ai ma manière... solitaire à faire ça.
- Agnès Séverin
Comment avez-vous fait pour trouver les premiers clients ?
- Eloïse Lenglard
Alors les premiers clients, la première journée où la boutique ouvre, ça c'est la grande angoisse. C'est la grande angoisse. Y a-t-il quelqu'un qui va pousser la porte demain ? J'ai téléphoné un petit peu autour de moi. J'avais fait des affiches, mais je crois même que je n'avais pas eu le temps de les déposer, les affiches, avant l'ouverture. Mais j'ai prévenu les cabinets médicaux, j'ai prévenu les crèches, les écoles. J'en ai parlé autour de moi et il y a eu des clients. C'était génial. Mais c'est vrai que ce matin-là, on ouvre la boutique et on se dit, comment du jour au lendemain, cette boutique était fermée hier et demain elle va ouvrir. Comment les gens vont pousser la porte avec une ordonnance dans leur sac et nous demander de leur faire des lunettes ? Comment ça va être possible cette magie-là ? Et en fait, j'avoue que je n'ai pas de recette secrète. Pendant les travaux, j'avais un peu fait des affiches sur la vitrine. Je m'étais présentée aux passants. Je pense que ça a dû faire un petit peu aussi.
- Agnès Séverin
Et aujourd'hui, vous avez un site, vous êtes actif sur les réseaux sociaux. C'est un relais important pour vous de croissance ?
- Eloïse Lenglard
Oui, alors le site internet, je l'ai créé dès le début parce que je pense que ça, c'était important en tant que professionnel de santé qu'on puisse savoir où on allait. Je n'ai pas d'enseigne, je n'ai pas derrière un nom très connu avec lequel on peut chercher des garanties, un cadre, on va dire, légal. Donc moi, j'ouvre une boutique du jour au lendemain, j'ai les petites lunettes d'Éloïse, je mets mon prénom dessus et puis personne ne sait qui c'est. Donc oui, le site internet a été très important au démarrage. Et puis, les réseaux sociaux, oui, c'est important. Je dirais que c'est difficile à travailler au quotidien, parce que là encore, ce n'est pas une grosse entreprise, donc je n'ai pas un budget communication pour faire fonctionner les réseaux. Je n'ai pas de formation spécifique pour ça. Je fais toujours des choses qui nous correspondent. Il faut que ça soit marrant, que ce soit sympa, bonne ambiance.
- Agnès Séverin
Il y a une dimension esthétique aussi.
- Eloïse Lenglard
Chaque fois qu'on a des nouveautés, c'est un peu comme un cadeau de Noël. On ouvre un carton. ton et on voit les nouvelles lunettes. J'ai envie de les prendre en photo, de les montrer aux clients et j'ai envie que ça leur fasse le même effet.
- Agnès Séverin
Est-ce que vous avez le souvenir d'un moment d'euphorie ou de succès où vous vous êtes dit tiens, là je suis fière de ce que j'ai accompli ?
- Eloïse Lenglard
Oui, je ne sais pas pourquoi. Je pense que c'est vrai que cette année, je crois que la boutique a eu six ans et j'ai improvisé mais le matin pour le soir, en apéritif, j'ai appelé quelques clients des... Des familles complètes, des enfants qui venaient depuis leur plus petit âge et qui sont en CP maintenant. Des choses comme ça. J'ai improvisé cet apéritif et je me souviens qu'à un moment, j'étais en train de descendre l'escalier et de regarder mes clients dehors et de me dire « bravo à moi » . Franchement, j'avoue que là, j'ai eu ce petit moment où même mon équipe, de les regarder, de les voir rire ensemble. De rester avec plaisir en dehors des horaires de travail finalement pour boire une coupe de champagne avec des clients. Je pense qu'il y aurait pas mal de contextes professionnels dans lesquels ce serait des heures à rattraper ou des choses comme ça. Là, la question ne se pose même pas. En fait, c'est du plaisir. Donc non, ça, c'est une grande fierté. Oui, cette année, j'ai pu savourer ça.
- Agnès Séverin
Que vous vous souvenez d'un moment où vous avez cessé d'avoir peur ?
- Eloïse Lenglard
Je me souviens des moments où j'ai re-eut peur, on va dire. Le confinement était compliqué, la boutique était fermée. Chaque samedi soir était une crise de rire ou de larmes d'ailleurs, c'était une alternance. Mais j'ai eu très peur, j'ai eu très très peur. Et je voulais pas, c'était comme si je pouvais pas... Admettre, j'ai mis un moment, j'étais en état de choc de devoir fermer. Je dirais que là, ça y est, je commence à ne plus avoir peur. Mais c'est récent. Suite au conseil, finalement, j'ai énormément de soutien des commerçants puisqu'on est tous un petit peu pareils. Donc on a la chance d'avoir une rue Péritone avec un voisinage avec lequel je m'entends très bien. Et une des commerçantes nous a partagé un centre de formation qui m'a fait une formation gestion du temps et management. Je pense que ces filles-là m'ont donné... des outils. Pour donner un exemple, essayer d'équilibrer le perso et le pro, je crois que ça m'aide. J'espère pas trop avoir changé. Disons qu'un sale caractère un peu autoritaire peut plus se justifier quand on est chef d'entreprise. Je plaisante, j'ai pas entendu de critique. Je crois que le fait que ça me rende heureuse, leur fait plaisir. Alors la prochaine étape, apprendre à en profiter, je crois. Je pense que... Évidemment, quand on a une boutique qui tourne, on a toujours le doux rêve d'en avoir une deuxième. C'est un temps pour construire, c'est très important. Toute la vie, je crois que ce serait, en tout cas pour moi, pas très sain. Et en effet, les projets me guident. Ils le feront toujours, j'en ai plein tête. Simplement, je vais laisser un peu la vie faire son travail.
- Agnès Séverin
Alors c'est vrai que la question du rythme est très importante, puisque j'imagine que le rythme est effectivement plus intense au début, c'est ce que vous décriviez. Quand soi-même, on s'impose finalement une forte exigence, est-ce que parfois c'est plus difficile d'accepter que les autres n'aient pas le même rythme ou pas la manière de faire ?
- Eloïse Lenglard
Oui, quand on est fatigué, c'est très difficile. Quand on est fatigué, on ne comprend pas pourquoi les autres ne se rendent pas compte à quel point on travaille. Moi, j'ai remarqué être plus efficace quand je coupe. Maintenant que je travaille moins en nombre d'heures, je travaille beaucoup plus efficacement.
- Agnès Séverin
À qui arrivez-vous à vous confier ?
- Eloïse Lenglard
L'association des commerçants est sympa aussi. Je ne vais pas dire le contraire parce qu'au moment où on est nouveau, on ne connaît personne. Ça aide aussi ce genre de structure. C'est une structure dans laquelle j'ai vraiment été active pendant trois ans. Et dans ma profession aussi, on a des centrales d'achat qui nous permettent d'être un peu moins seules aussi.
- Agnès Séverin
Et quel conseil donneriez-vous aujourd'hui à un entrepreneur qui débute ?
- Eloïse Lenglard
Je pense que si on se trouve des excuses pour ne pas le faire, c'est qu'on n'est pas prêt à le faire. Mais je pense qu'on peut toujours se trouver des excuses pour faire son projet. En fait, je crois qu'il faut vraiment croire en soi. Si on a une démarche qui est sincère, faite avec le cœur, l'esprit et les mains, on est complètement capable de faire ce qu'on rêve de faire et je crois que ça c'est valable même dans d'autres cas que professionnels je crois que quelqu'un qui a envie de créer sa boîte d'en vivre et qui est sûr d'avoir les compétences pour faire ça il ne doit même pas se poser de questions
- Voix off
Bonne continuation à Héloïse Langlard. Merci d'avoir écouté tout seul un podcast d'Orange pour les pros.