- Speaker #0
Bonjour à tous et bienvenue sur Tout Connecté, le podcast. Je suis Aurélie Mour, l'animatrice de ce podcast, entrepreneur et comédienne. Je suis ravie de vous retrouver ici où nous publions deux épisodes par mois, pour et nomades, à écouter quand vous voulez, à votre rétude. Nous recevons des femmes et des hommes, des personnes inspirantes, des entrepreneurs, des passionnés qui partagent leurs expériences, leurs conseils et leurs bonnes pratiques pour développer le réseau, la visibilité et les opportunités. abonnez-vous pour ne rien rater de nos rendez-vous et embarquer dans cette communauté connectée. Merci d'être avec nous et c'est parti pour un nouvel épisode de Tout Connecté, le podcast qui booste ton réseau et ton business. Bonjour à tous et bienvenue sur Tout Connecté, le podcast. Aujourd'hui, je suis en présence d'une invitée, j'ai envie de dire exceptionnelle, qui est Lucie Branco. Bonjour Lucie.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Tu vas bien ? Oui, ça va, merci et toi ? Ça va bien. Écoute Lucie, je vais te laisser te présenter. Dis-nous un petit peu. peu qui tu es, ce que tu fais.
- Speaker #1
Si vous m'avez invitée, c'est pour cette spécificité qui est que je suis compagnon du devoir. J'étais reçue la première femme, la toute première femme compagnon du devoir dans un métier aussi particulier qui est tailleur de pierre. Et aujourd'hui, ce que je fais, je ne taille plus, mais je suis responsable de la démarche de développement durable RSO, RSE pour les compagnons du devoir en nationalité.
- Speaker #0
Donc, compagnon du devoir, c'est bien là que se joue l'histoire.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Comment elle a commencé cette histoire ? Est-ce que tu peux nous dire un petit peu ? Comment on devient femme dans les compagnons du devoir et en plus dans un métier qui est celui de tailleur de pierre ?
- Speaker #1
Alors pour moi, ce qui est quand même fou, c'est qu'en fait, je n'étais pas du tout prédestinée à ça. Je ne connaissais pas du tout le métier. Je connaissais vraiment de nom les compagnons, mais pas plus que ça. Et ce n'était pas du tout le domaine dans lequel je voulais aller. Je m'orientais plutôt dans la médecine. Et en fait, comment j'ai rencontré les compagnons et les tailleurs de pierre ? C'est par hasard dans un bar. Voilà. Et tous ces jouets-là, j'étais vraiment à la croisée de mes chemins. Et ma vie a basculé.
- Speaker #0
Donc c'est une rencontre, un lieu. Et qu'est-ce qui donne envie de poursuivre ? Parce que ce n'est pas courant, ce n'est pas commun.
- Speaker #1
Alors oui, ce n'est pas courant, c'est vrai. Ce qui m'a donné vraiment envie, c'est que quand j'ai rencontré ces jeunes, ils avaient une force en eux, vraiment une intensité qui était assez extraordinaire. Ils savaient vraiment en fait ce qu'ils faisaient, où ils allaient, ils étaient passionnés. Je ressentais qu'ils disaient, nous savons où nous allons et nous y allons ensemble. Et cette force qu'ils avaient en eux. Et cet esprit, en fait, de communauté, d'apprentissage, très innovant finalement, parce que c'est un apprentissage chez les compagnons du devoir qui n'existe nulle part ailleurs. Et donc, on apprend, en fait, par le biais de la transmission, par plusieurs choses, dont le voyage et la vie en communauté. Et je suis tombée amoureuse de cet état d'esprit. C'est ça qui m'a marquée et c'est ça qui m'a donné tout d'un coup envie vraiment, profondément. Ça m'a bouleversée, c'était viscérable. Et là, j'ai décidé d'y aller. Et pourtant... Je n'étais pas quelqu'un qui était forcément extraverti, il était timide, je ne savais pas où j'allais. Et à partir du moment où je les ai rencontrés, il y a plein de choses qui se sont transformées, il y a plein de lignes qui ont bougé dans ma tête et j'étais convaincue. Donc à partir du moment où j'étais convaincue, rien ne pouvait m'arrêter.
- Speaker #0
Et pourtant il y a eu des choses pour vous arrêter sur ce parcours, il y en a eu plein. C'est un chemin qui est axé mais d'embûches et en plus parce que vous êtes une femme, qu'est-ce qui a été le plus difficile ?
- Speaker #1
Le plus difficile c'est de réussir... à se sentir légitime. Dans un environnement qui doute des capacités des femmes, le bâtiment qui est un bastion masculin, les compagnons, c'était presque une forteresse imprenable, de lutter contre tous ces préjugés, ces stéréotypes, ce sexisme courant, ça c'était très compliqué. De réussir en fait à vaincre ça pas à pas, tout en se disant qu'on est légitime, quand on n'est pas forcément entouré.
- Speaker #0
Et puis il y a l'âge aussi. Au début, vous aviez quel âge au départ quand vous l'avez rencontré ?
- Speaker #1
20 ans.
- Speaker #0
Voilà, je ne me sens pas légitime à 20 ans, enfin, généralement, pas forcément. Donc, vous, vous êtes attirée à ce moment-là par la passion, par l'état d'esprit, si j'ai bien compris, de ces personnes. Mais au-delà de cette passion, il y a le fait de se sentir légitime ou pas. Et comment on acquiert cette légitimité-là ?
- Speaker #1
C'est un long parcours, c'est un long périple même, j'ai envie de dire, parce qu'on ne se sent pas légitime comme ça. même à l'époque donc il n'y avait pas de femmes chez les compagnons du tout donc quand j'ai commencé en fait à essayer de tracer ma voie j'ai mis beaucoup de temps vraiment beaucoup de temps donc en fait j'ai appris à user de stratégies inconscientes conscientes parfois et pendant des années pour essayer de réussir à faire ma place parce que je ne suis pas rentrée chez les compagnons tout de suite, pas devenu compagnon tout de suite non plus. Donc autant dire que ma légitimité, je l'ai ressentie bien plus tard. Chacun en fait a sa mixture, chacun a sa propre recette qu'on découvre finalement à force d'ajouter des ingrédients, d'en enlever, etc. Moi la mienne, ça a été déjà de persévérer, ça a été de réussir à faire ma place, d'être acceptée, mais ce n'était pas suffisant. Parce qu'on peut se dire, j'ai été acceptée, mais est-ce que c'est parce qu'à un moment donné, j'étais tellement envahissante qu'ils n'ont pas pu avoir le choix que de...
- Speaker #0
Allusure.
- Speaker #1
Allusure, en fait, j'ai eu allusure. Non, non, donc il y a plein de choses en fait qui viennent se greffer. Et puis, il ne faut pas hésiter aussi à se faire accompagner, à bien s'entourer. Donc déjà d'amis, de personnes fiables, pourquoi pas d'un psy ou d'une psy, peu importe, pour décortiquer tout ça en fait, comprendre tout ce qui se passe. comprendre les nœuds et trouver les meilleures solutions et les meilleurs chemins pour pouvoir atteindre son objectif. Ne pas se laisser envahir par la peur, ni par quoi que ce soit d'autre. À partir du moment où c'est viscéral, c'est ancré, il faut y aller. Et ça, c'est vrai que c'est une expérience qui était fondatrice pour moi, parce que ça m'a pris 12 ans, donc la légitimité, elle est arrivée bien plus tard. Ça m'a pris 12 ans et aujourd'hui, je suis complètement alignée avec mes aspirations et même aussi farfelue qu'elles puissent être, j'irai quand même. parce que c'est les miennes. Et j'ai compris grâce à ça qu'on est capable de tout faire, en fait. Et il faut se l'autoriser.
- Speaker #0
Et dans les moments où, j'imagine que tu as douté et que tu t'es parfois découragée, dans ces moments-là, où tu as trouvé les ressources pour continuer à avancer ?
- Speaker #1
Les ressources, c'est de la pure résilience. Pour le coup, c'est vraiment de la résilience. C'est déjà d'accepter qu'on peut se tromper. En fait, d'accepter de tomber parce que c'est en se relevant qu'on va toujours plus loin et qu'on atteint son objectif. Donc, comme je le disais tout à l'heure, Merci. d'être accompagné, de parler, de communiquer. Donc, c'est attenant à l'environnement, à l'entourage et à la communication. Ça, ça aide beaucoup. Ensuite, il faut être courageux. La colère, par exemple, c'est un bon moteur, mais ce n'est pas ça qui doit construire notre chemin et notre vie. C'est elle qui va nous donner le carburant. Donc, c'est bien d'être consciente de ses émotions, de les assumer. de parler, de discuter, d'avancer, de trouver des solutions, quitte à ce que ce soit en commun. Moi, si j'avais dû faire ça toute seule, je n'y serais pas arrivée. C'est parce que j'ai quand même eu un environnement qui m'a poussée et qui a cru en moi que j'ai réussi à un moment donné à avancer. Et puis, pareil, des fois, des béquilles, ça fait du bien.
- Speaker #0
Bien sûr. Dans cet environnement, tu penses à la famille, tu penses aux amis, je peux en dire une autre, peut-être, du coup ?
- Speaker #1
Oui, alors je pense, ça dépend, parce que la famille, un peu, elle a été présente au début, mais... Après, elle m'a quand même laissé faire mon truc. Ça n'a pas été acquis tout de suite avec la famille. Parce que c'est pareil, c'était une idée qui était tellement dingue qu'ils se disaient, mais pourquoi ? En fait, ça a été beaucoup des compagnons. Mes amis, très rapidement, je m'en suis séparée. Alors séparée, c'est-à-dire que je me suis éloignée puisque comme je suis partie faire un tour de France toute seule, on ne les voit pas, ses amis. Donc, on s'en fait dans les villes dans lesquelles on va. Et ça, en fait, n'importe quelle relation peut nous apporter beaucoup d'énergie. Et les compagnons, ils m'ont beaucoup soutenue, bien que j'ai eu énormément de barrières, mais j'ai eu aussi, en fait, les deux pendants. Les pendants, des compagnons qui m'ont tendu la main, qui m'ont écoutée, qui m'ont motivée, qui ont cru en moi avant même que moi j'y crois. Et c'est tout ça qui fait qu'on y arrive. Et c'est cette force, en fait, il y a une puissance du collectif et une fraternité, puisque c'est des hommes qui sont tellement forts. que c'est magique, en fait. Moi, ça m'a transportée.
- Speaker #0
Et tu vois, c'est surprenant. C'est à la fois les compagnons qui ont été tes ressources personnes, tes ressources humaines, et en même temps, c'est ces mêmes ressources-là qui n'ont pas forcément été à tes côtés. Du coup, comment tu... Comment t'as géré l'humain ? Eh oui, comme une famille, finalement.
- Speaker #1
C'est ça. C'est assez facile.
- Speaker #0
Oui. Et on avance comme on peut.
- Speaker #1
Et on avance comme on peut. Et aussi, parler de communication, c'est que j'ai une anecdote, par exemple. Très vite... il faut réussir à se positionner à s'imposer, il faut imposer sa place en fait, il faut pas se cacher dans un trou qui est pensé par d'autres, parce que c'est nous qui devons affirmer notre place, c'est comme une pierre dans une façade c'est la façade en fait qui se plie à la pierre et pas l'inverse ce que je veux dire c'est qu'un jour je me suis retrouvée, j'étais jeune, avec une rumeur sur mon dos, une sale rumeur bien dégueulasse, genre si vous voulez je peux Je couchais avec tout le monde dans une maison de compagnons vu qu'il n'y a que des gars. Si encore c'était vrai, mais même pas ! Donc je me disais, mais non ! Et en plus, je me devais d'être irréprochable et exemplaire, parce que comme il n'y avait pas de femmes, je savais que la moindre erreur, on pourrait dire que c'est lié à mon sexe. Et donc en fait, les portes pouvaient se fermer très vite pour un rien. Donc j'étais complètement irréprochable. Et quand j'ai appris cette rumeur, autant dire que c'était compliqué, évidemment pour moi, parce que déjà j'étais vexée, parce que je ne comprenais pas, parce qu'encore une fois, c'est de l'humiliation, c'est tout ce qu'on veut. Et j'ai appris que ça venait d'un ancien. Moi j'étais une gamine quand même, 19 ans par là, enfin je savais qui avait lancé la rumeur. Et je me retrouve le soir, il y avait un apéro, en face de lui. Eh bien j'ai pris mon courage à deux mains. Autant dire qu'à l'intérieur, j'en ai pas large, mais je lui ai dit, droit dans les yeux, il y a une rumeur et apparemment, ça vient de toi. Je ne savais pas si je pouvais être virée ou pas. J'avais peur parce que je me suis dit, est-ce que ça ne va pas tirer un trait sur ma carrière ? Je n'ai même pas encore commencé que voilà, ça y est, c'est déjà fini. Mais je l'ai quand même dit et je n'ai plus jamais été ruée. Plus jamais.
- Speaker #0
Donc, la force de la communication, on vous a dit de parler.
- Speaker #1
Voilà, droit dans les yeux, toujours.
- Speaker #0
De ce qui existe, de ce qui est.
- Speaker #1
Il ne faut pas s'exposer en fait. J'ai appris ça aussi. C'est avoir une posture qui n'est pas une posture de soumission ou d'excuse. En étant toujours comme ça, en disant, pardon, oui, excusez-moi, je les ai observés, les hommes, et je les ai mimés.
- Speaker #0
Oui, c'est ce que j'allais te dire. Il y a beaucoup de mimétisme parfois, peut-être, dans ton parcours. Au contact de cette population, entre guillemets, il y a forcément des postures, des codes qu'il faut intégrer, consciemment ou consciemment, et qui t'ont probablement permis d'aller sur les étapes d'après pour être accepté, pour être... Je pense que c'est quelque chose que tu as dû réaliser. Oui,
- Speaker #1
c'est ça. Je l'ai fait parce qu'en fait, quand on arrive dans un environnement qui est hostile et qui ne nous attend pas exactement, il faut savoir correctement. Et pour ça, effectivement, je les ai regardés, je les ai écoutés. J'ai usé de mots tranchants et vifs, des mots masculins. J'ai regardé leurs comportements pour adopter les mêmes comportements. Donc, j'ai caché ma féminité. J'ai travaillé trois fois plus que pour y arriver. Et j'ai usé des stratégies comme ça. Et en fait, j'ai réajusté en permanence. Comme un jour, un charpentier me dit, « Oh, Lucie, quand même, t'es hyper agressive. » Alors,
- Speaker #0
pour qu'un charpentier me dise ça,
- Speaker #1
je me suis dit, là, j'ai dit, « Ouais, à mon avis, tu vas vraiment y aller trop fort. » Donc, hop, j'ai réajusté. Je sais que je parlais beaucoup aussi avec ma mère et ma famille pour essayer de trouver les moyens de faire passer des messages quand ça ne se passait pas bien. comment je peux faire pour contourner le problème, ou pas contourner, mais en tout cas trouver la bonne méthode, plutôt que de rentrer dans l'art ou des tentales qui n'étaient pas forcément le meilleur des moyens parce que je les ai tous utilisés de toute façon et donc j'ai appris à utiliser l'humour pour désarmer trop tendu,
- Speaker #0
trop conflictuel c'est ça,
- Speaker #1
et puis au bout d'un moment j'ai fini par comprendre la nature humaine plus profondément en tout cas la nature masculine et... J'ai réussi à comprendre ce qui se cachait derrière un mot, un geste, une attitude, un regard, pour aller ensuite décortiquer les mauvais arguments et essayer de dire « toi tu penses ça, mais pourquoi ? » et lui faire comprendre qu'en fait, ses propres peurs et son propre jugement critique sur les femmes dans le bâtiment n'était pas tant parce qu'une femme n'est pas capable, mais plutôt parce que le problème vient de lui. Donc voilà, c'était tout ça.
- Speaker #0
Et de ce parcours, quel est le... L'enseignement le plus profond que tu aies pu retirer ?
- Speaker #1
C'est dur, il y en a tellement.
- Speaker #0
J'imagine.
- Speaker #1
Je dirais la générosité dans le collectif. En fait, un enseignement de pure transmission, de pur don de soi. Quand on est soudé, qu'on sait de quoi on parle, on apprend parfois à s'effacer pour laisser la place à l'autre ou pour laisser la place à un projet qui nous dépasse. Donc ça, c'est une force de savoir. pourquoi on fait les choses et que parfois il faut aussi se mettre et ou en retrait et ou comprendre que l'objectif c'est quelque chose qui nous dépasse donc j'ai appris ça et puis tout ce qui touche du coup, la transmission ça touche aussi à l'humilité même si le fait d'en parler je ne suis pas sûre que ce soit humble en fait mais ça touche à ça cette posture là de savoir dire à l'autre ben vas-y en fait on te fait confiance, ça c'est super beau ça Ça en fait, ce truc-là de la confiance dès le départ, ça m'a appris énormément de choses.
- Speaker #0
Ça fait du bien.
- Speaker #1
Ah ouais.
- Speaker #0
Toutes connectées, donc c'est l'épisode qu'on est en train de faire sur ce podcast-là. Et justement, quand on te dit toutes connectées, en tant que femme avec ce parcours parmi des hommes, qu'est-ce que ça évoque chez toi ?
- Speaker #1
Je pense à une chaîne, une alliance en fait, comme une chaîne de toutes ces femmes qui sont connectées un peu comme ce que je vous disais. Donc la chaîne aussi qui nous lie et qui nous réunit, c'est ça, toutes connectées. En fait, toutes ces valeurs-là n'appartiennent pas aux compagnons. elles appartiennent à tout le monde à partir du moment où justement vous avez le même but et vous travaillez ensemble pour atteindre ce but c'est des valeurs qui sont inhérentes à chacun et chacune du coup donc toutes connectées ça me fait penser à ça en fait le mot en lui-même résonne comme quelque chose de beau et d'encourageant et d'engageant.
- Speaker #0
Est-ce qu'aujourd'hui il y a d'autres femmes qui sont qui font partie du voyage chez les compagnons ?
- Speaker #1
Oui aujourd'hui il y a 16% de femmes, un peu moins dans les métiers du bâtiment Ce n'est pas encore monnaie courante, mais c'est pareil en France, dans toutes les autres infrastructures. Beaucoup chez les peintres, les menuisiers, les boulangers, pâtissiers. Et les métiers des matériaux souples, donc le cuir, la maroquinerie, la tapisserie, la scènerie.
- Speaker #0
D'accord. Vous connaissez toutes, j'imagine ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Pas forcément ?
- Speaker #1
Il y en a quand même beaucoup. Alors, moi, je connais... pas toutes les jeunes parce qu'il y a beaucoup de monde et parce que je ne retiens ni les prénoms ni le visage. J'en connais quand même quelques-unes.
- Speaker #0
Est-ce que tu as pu partager avec elles sur leur parcours ? Parce que tu es la première donc tu as l'historique, tu as l'histoire. Comment elles le vivent aujourd'hui ?
- Speaker #1
Alors elles le vivent bien. Je vois l'évolution de ces jeunes filles qui sont très heureuses, très épanouies, très ancrées, fières, dignes. Elles sont magnifiques. Et souvent, ça m'arrive de faire des causeries le jeudi soir quand on m'appelle dans des villes pour raconter mon parcours. Et puis, elles viennent me voir, même les jeunes garçons d'ailleurs. Elles peuvent se confier aussi parce qu'elles rencontrent aussi encore des difficultés. Évidemment, parce que ça reste un microcosme d'adolescents.
- Speaker #0
ou d'adolescentes même mais elles sont bien il y en a qui se sentent à leur place il y en a un peu moins mais c'est normal et en tous les cas pour toutes celles que je peux voir la plupart franchement elles m'impressionnent je pense qu'elles te doivent beaucoup t'as ouvert le chemin et rendu ça possible et ça c'est hyper inspirant tu disais tout à l'heure je sais pas si c'est très humble d'en parler moi je pense que c'est nécessaire et indispensable que tu parles encore et toujours de Merci. de ton parcours parce qu'il est hyper encourageant pour d'autres. Écrire un bouquin, ne bâtis pas des cathédrales avec des idées reçues. Comment ça t'est venu cette idée ?
- Speaker #1
C'est les jeunes. En fait, quand je faisais ces causeries où je racontais mon parcours, donc il y a quelques années de ça, ils m'ont dit, mais il faut absolument que tu écrives un livre, on a besoin de savoir. Il y a des jeunes qui m'ont apporté des témoignages tellement beaux et tellement forts, comme je m'en rappelle d'un qui me disait, tu sais, moi, quand ça ne va pas, Je ne connaissais pas. Je pense à toi et je me dis que je n'ai pas le droit de me plaindre. Et là, je me suis dit, waouh ! Ah bon ? Mais enfin ! Alors, j'atterrissais complètement. Et je me suis rendue compte avec tous ces témoignages-là qu'en fait, c'était important pour eux d'avoir un repas. Et par hasard, mais vraiment, c'est par hasard. C'est en discutant dans la famille avec mon oncle que j'ai dit, il y en a qui me demandent d'écrire un livre. Et puis que là, ils m'ont donné un contact. Et puis, le contact a pris. Et puis que... Les éditions Kallmann-Levy m'ont dit qu'on voudrait que vous écriviez votre histoire et que j'ai écrit mon histoire. Et là,
- Speaker #0
ça a été un peu plus haut. Tu peux continuer à faire des choses par hasard. Parce que dans ce bar, dans le temps de barrière, quand tu es allé voir un coup par hasard, tu rencontres tes futurs compagnons de voyage. C'est quand même une super histoire. Ce livre que tu écris par hasard, c'est un super témoignage aussi de ce qui est possible de faire quand on est une femme. C'est quoi le prochain hasard ?
- Speaker #1
Il y en a plein.
- Speaker #0
Est-ce que tu veux nous en dire quelques-uns ?
- Speaker #1
Le prochain, ça va être un TEDx Woman. TEDx Woman. Ensuite, à Saclay.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
J'ai mon site Internet aujourd'hui. J'ai des conférences à venir. Je développe de plus en plus ça. Je vais aller dans des collèges, dans des lycées, dans des associations, dans des entreprises. Et peut-être, pourquoi pas, un film, j'espère.
- Speaker #0
Ça, ce serait un super hasard.
- Speaker #1
Ça serait un super hasard, oui. ça m'entends-tu ?
- Speaker #0
m'entends-tu ?
- Speaker #1
bien ça rend compte de nouveau qu'elle puisse nous inspirer encore et encore trop bien Lucie le mot de la fin c'est le tien qu'est-ce que t'aimerais nous dire toute connectée j'ai cette phrase en tête qui vous parlera ou pas que j'ai dit il n'y a pas très longtemps vous n'allez peut-être pas signer d'oeuvre mais pourtant vous en êtes le fondement infiniment merci pour ce pâte-échange merci à vous et puis allez-y c'est très très chouette Merci.