- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Track Access, le podcast qui partage les anecdotes du monde automobile, des voitures emblématiques aux oubliés, en passant par le récit de chaque acteur qui fait vibrer cet univers.
- Speaker #1
Aujourd'hui, nous recevons Alexis Perrin, photographe automobile qu'on retrouve majoritairement sur la Formule 1 ou 4.9. De son premier Grand Prix à la victoire de Charles Leclerc à Monaco, il nous a raconté les histoires derrière ses plus belles œufs.
- Speaker #0
Vous écoutez la version audio mais cette version est également disponible sur YouTube et Instagram avec la vidéo. Merci à Alexis pour cette belle discussion et n'hésitez pas à vous abonner,
- Speaker #1
ça nous aide énormément.
- Speaker #0
Bonjour Alexis, comment vas-tu ?
- Speaker #1
Salut Camille, ça va et toi ?
- Speaker #0
Ça va bien. Merci d'être venu sur ce podcast. Déjà, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots pour ceux qui ne te connaîtraient pas ?
- Speaker #1
Déjà, merci de m'avoir invité. Je suis Alexis Perrin, j'ai 25 ans. J'ai été diplômé cette année en master de direction artistique et sinon je suis photographe à plein temps, on va dire, dans le sport auto.
- Speaker #0
Là maintenant, tu vas passer à plein temps.
- Speaker #1
C'est ça, mais j'étais déjà un peu à plein temps même pendant les cours.
- Speaker #0
Tu as une saison très chargée sur la F1 majoritairement, même si tu fais aussi de la Formule E et du MotoGP. On va revenir un peu sur toute ta saison, on va surtout parler de la F1, du sport mécanique et du métier de photographe. Et puis on finira le podcast sur 5 de tes photos qui ont des belles anecdotes et puis 2 formats qui sont plutôt chouettes. Déjà, comment tu te sens après cette saison qui était intense ?
- Speaker #1
Content, satisfait, fatigué. Ouais, très satisfait je dirais. Mon but c'est de chaque année progresser et être vraiment satisfait à la fin de l'année. Et je pense que c'est le cas cette année. C'est la première fois que je fais autant de courses en F1. C'est pas l'année dernière, j'avais fait beaucoup plus de courses. L'année dernière, je crois que j'étais à 26 ou 27. Cette année, je dois être à 23 ou 24.
- Speaker #0
Ça se fait 24 week-ends de déplacement dans l'année.
- Speaker #1
Donc cette année, un petit peu moins que l'année dernière, parce que j'ai enlevé 2-3 MotoGP et 1 ou 2 Formule E dans l'histoire, mais bonne saison.
- Speaker #0
T'en es à ton combien de sième Grand Prix de Formule 1 ?
- Speaker #1
40, je crois.
- Speaker #0
C'est énorme.
- Speaker #1
40 ou 30 ? J'ai un doute. 40, ça je dirais.
- Speaker #0
Ça fait combien de temps que tu fais de la Formule 1 ?
- Speaker #1
2023, j'en ai fait 4 en 2023, 6 en 2024 et 14 là.
- Speaker #0
Est-ce que ton but, ça serait de faire tous les week-ends ? De suivre vraiment la saison entière ?
- Speaker #1
Non, j'aimerais bien monter un peu plus. Tout dépend aussi quand tu follows un team ou pas, tu fais plus de courses. Mais 14, c'est bien, entre 14 et 18, je pense que ça serait bien.
- Speaker #0
Quel a été ton meilleur Grand Prix cette saison ? Et pourquoi ? Si tu peux en choisir un.
- Speaker #1
Si je dois en choisir un, c'est dur. En vrai, Monaco, il est toujours bien dans la liste. un carbonaco. Tous les endroits sont un peu des spots, c'est vraiment sympa. Et surtout la célébration de Norris, qui gagne, qui était assez exceptionnelle. Donc ouais, je choisirais celui-ci, mais après il y en a tellement d'autres qui sont bien.
- Speaker #0
Et puis les ambiances, elles étaient tellement folles à chaque... Ouais, c'est ça.
- Speaker #1
Mais c'est vraiment des émotions différentes. Monaco, c'est une émotion. Après, quand j'ai fait une vidéo YouTube avec Hydro à Monza, c'était une émotion totalement différente. Quand on est à la SPA, entre potes aussi, c'était trop bien. Toutes les courses ont leur petite histoire et c'est ça qui est chouette.
- Speaker #0
Et justement comment tu es venue à faire de l'AF1 ? Je vais peut-être poser ma question en deux temps Pourquoi la F1 d'où t'es venue la passion et comment t'as réussi à aller en Formule 1 ?
- Speaker #1
En gros ça remonte quand mon père lui était passionné de moto quand j'étais petit, il regardait tout le temps la moto GP le dimanche et après en vrai ça m'a un petit peu passé. Et après en 2019 quand Drive to Survive est sorti, j'ai regardé ça et j'étais en mode ah c'est pas mal et je faisais déjà de la photo depuis trois ou quatre ans dans le monde de l'e-sport avant et du coup quand j'ai vu Drive to Survive je me suis dit ok là il faudrait que je fasse de l'automobile. Et en fait, pendant longtemps, la F1, c'est compliqué à atteindre dans le sens où si j'ai envie de photographier de la F1, qu'est-ce que je dois photographier avant ? Si tu as envie de photographier Roland-Garros, tu sais que tu vas photographier ton petit club de tennis. Mais la F1, ce n'est pas évident dans un premier temps. Et du coup, c'est un peu comme ça que l'idée m'est venue. Et après, en 2020, du coup, après le premier confinement, j'ai fait ma première course d'automobile. Et là, j'ai enfin compris un peu le chemin pour arriver en F1.
- Speaker #0
Et justement, tu dois passer par de la monoplace, tout ça, pour y accéder ou non ? Finalement, tant que tu shoots du sport mécanique, À un moment donné, potentiellement, le chemin peut te mener à la F1.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Après, j'ai même connu des photographes qui n'avaient pas shoot d'automobile, qui sont arrivés en F1 comme ça. En vrai, c'est juste par chance aussi parfois. Mais oui, c'est quand même recommandé, je pense, de shooter de la monoplace, parce qu'il faut s'habituer à avoir des voitures ouvertes et pas des voitures fermées. Je pense que ça a une ergonomie différente et les photos sont différentes aussi comparées à des GT. Donc, c'est quand même un peu important pour moi, je pense, de passer ce step de monoplace.
- Speaker #0
après c'est vrai que il y a aussi tout ce qui est les monoplaces historiques enfin on Il y a aussi des manières plus faciles de shooter des monoplaces, mais c'est intéressant de le savoir.
- Speaker #1
Même le karting, c'est très conseillé. Le karting, je pense que ça va bien t'habituer à composer avec les casques, parce que les casques, c'est quand même le sujet un peu principal du monoplace. J'ai fait deux ou trois fois du karting avant de m'essayer à la monoplace, mais ça m'a bien aidé.
- Speaker #0
Le métier de photographe de formule 1, ça fait rêver beaucoup de personnes. Si tu enlèves un peu toutes les paillettes, à quoi ça ressemble en réalité ? Parce que ça fait toujours rêver.
- Speaker #1
Moi, ça me fait toujours rêver car je suis passionné de voyage. Du coup, tu voyages tout le temps, donc ça, c'est trop bien. Après, oui, tu es toujours tout seul, entre guillemets. Moi, je voyage quasiment toute l'année tout seul. Je me retrouve dans la chambre d'hôtel tout seul. Quand tu vas dans le paddock, c'est que pour travailler. Techniquement, je travaille, je me réveille le matin pour un vendredi où ça roule le plus. Je me réveille vers 8h au circuit à 9h. Je fais l'arrivée des pilotes. Ensuite, il y a la Free Practice 1. Entre la FP1 et la FP2, déjà, je commence à retoucher et à trier. Après la FP2, pareil. Et ensuite, je retouche jusqu'à 3-4 heures du mat. Donc en fait, je dors 4 heures par nuit, par week-end. Donc oui, ça fait rêver, mais il faut avoir la passion quand même.
- Speaker #0
Il faut avoir la passion de la Formule 1, mais aussi quand même de la photo.
- Speaker #1
Ouais, les deux. En fait, surtout pour la partie retouche, il faut être passionné de photo même, parce que sinon, tu ne peux pas retoucher 500 photos dans le week-end si tu n'es pas passionné de photo. Et pareil, je pense à vite te faire chier de photographier de la F1 tout le week-end si tu n'es pas passionné de F1.
- Speaker #0
Ça te fait combien de photos par week-end pour se faire une idée ?
- Speaker #1
Je dirais dans les 20 000, un peu moins. Ça dépend les week-ends. Monaco, en fait, je shoot beaucoup plus que si j'étais à Silverstone, par exemple. Parce que Silverstone est un peu moins sympa que Monaco. Mais ouais, je suis à peu près à 6 000 photos par jour. 5-6 000.
- Speaker #0
Tu aurais le ratio de ce que tu gardes à la fin ?
- Speaker #1
Un dixième, je crois.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Je crois que j'avais compté, c'était pas loin d'un dixième. Après, ça dépend. Quand je fais des filets, je suis à un dixième. Quand je suis en photo statique, je peux être à 100%.
- Speaker #0
Comment tu prépares tes week-ends de course ? Est-ce que tu sais déjà les spots à l'avance, le timing ?
- Speaker #1
Ouais, en gros tous mes week-ends de course, du coup que ce soit F1, MotoGP, peu importe, je prépare tout à l'avance. Donc si je suis déjà allé sur le circuit, on va faire déjà. Si je suis jamais allé sur un circuit, je vais aller sur Google Maps et je vais déjà regarder comment le circuit fonctionne, les accès, etc. Ensuite je vais regarder les photos des années précédentes, donc dans des banques d'images genre Getty, etc. Et ensuite dans un petit PDF genre sur Photoshop, je vais poser un plan de la map et je vais mettre toutes les photos à tous les spots. Et comme ça, déjà, j'ai une idée globale. Et ensuite, je vais me dire, ok, ça peut être intéressant d'aller là en FP1 parce que la lumière, elle est moins bonne. Du coup, en FP2, je vais pouvoir aller là pour utiliser la meilleure lumière. La course, forcément, virage 1, 2 en général. Et c'est un peu ça. Et le jeudi, quand j'arrive au circuit, du coup, le matin, quand j'arrive, juste entre l'arrivée des pilotes et les conférences de presse, je fais un tour en intérieur ou un tour en extérieur pour encore repérer tous les spots, mais dans la vraie vie cette fois-ci. Et petit tip, en plus, vous faites de la photo, toujours faire le tour de reconnaissance à l'envers. Parce que si tu le fais dans le même sens que les voitures, tu vois pas par où elles arrivent. Voilà, c'est mon petit tips. Et ensuite, après les conférences de presse de l'après-midi, je fais mon tour en extérieur ou en intérieur, le deuxième que j'ai pas fait. Et comme ça, à la fin de la journée, dans mon téléphone, j'ai une petite map du circuit où j'ai mis des petits points rouges. Et le soir même, après, je confirme ce que j'avais préparé.
- Speaker #0
Moi, ce que je trouve assez impressionnant, surtout dans la Formule 1, c'est qu'il y a plein de fois où il y a des spots qui sont complètement... Il y a ceux qui sont sur le circuit, qui sont logiques, et tu as ceux qui sont dans le building, à utiliser beaucoup les circuits de ville, comme celle-ci. Ceux-là, comment tu les trouves ? Est-ce que c'est aussi peut-être à force de faire les circuits que tu trouves ce genre de choses ?
- Speaker #1
Pas spécialement. Alors par exemple, là on était à Singapour. À Singapour, la F1 ne nous a pas mis d'hôtel à disposition, parce que ça c'est le Swiss Hotel qui était en haut, enfin à côté du circuit. Et en gros, je connaissais quelqu'un qui avait une chambre, du coup il m'a fait monter en haut. Du coup c'était pratique. Par exemple à Jeddah on avait un appartement au 46ème étage si je dis pas de bêtises. Et là par exemple la F1 nous a dit « inscrivez-vous sur une liste et à cette heure-là on vous fait monter en haut » . Du coup ça dépend.
- Speaker #0
Donc c'est l'organisation qui peut quand même un peu aider.
- Speaker #1
Ouais de temps en temps elle aide. Par exemple Jeddah cette année nous ont offert entre guillemets une place au niveau du paddock club. Du coup on avait une vue un petit peu en hauteur, c'était très sympa. Et pareil on avait cet appartement au dernier étage. Par exemple Monaco, les photos des appartements que tu vois c'est pas la F1 qui nous feront ni les accès. C'est soit tu connais quelqu'un, etc.
- Speaker #0
Et est-ce que quand tu dis qu'elle offre ça, c'est à tous les photographes ?
- Speaker #1
Oui, à tous les photographes. On arrive, il y a une liste. En plus, c'est même pas, ok, lui travaille pour Getty, il est avantagé. Non, non, c'est le premier qui arrive, qui se met sur la liste, qui est servi. Du coup, c'est cool.
- Speaker #0
Et justement, entre les photographes, est-ce que tu trouves que la concurrence est rude ?
- Speaker #1
Concurrence dans le sens où on se bat pour les mêmes clients, pas spécialement. Enfin, pas à mon échelle encore pour l'instant. mais la concurrence dans le sens où tout le monde fait des très belles photos ou du moins plus de 90% du coup je trouve ça cool parce qu'à chaque fin de journée genre moi le vendredi soir j'adore aller sur l'insta de gros photographes de F1 et je regarde un peu ce qu'ils font et je me dis putain ils ont fait ça c'est cool et du coup le lendemain je me dis ok peut-être que je vais essayer un truc comme ça du coup dans ce sens là concurrence elle est vraiment cool mais on n'a pas en mode on est tous les deux au même spot il y en a un qui va te pousser pour avoir la meilleure photo c'est déjà arrivé mais c'est très très très rare il y a une bonne ambiance ouais très bonne ambiance au revoir Par exemple, au Qatar, on avait des tables de ping-pong dans le Media Center. On a joué au ping-pong tout le week-end.
- Speaker #0
Du coup, tu arrives à te faire des relations assez facilement ?
- Speaker #1
Ouais. Après, je suis quelqu'un de très réservé de base. Du moins, j'ai été très réservé. Du coup, c'est toujours un peu compliqué d'aller parler à une personne comme ça. Tu as peur de lui faire genre tu grattes l'amitié. Mais non, ça va. Cette année, je me suis bien amélioré aussi là-dessus, à développer des relations. Du coup, ça va de mieux en mieux.
- Speaker #0
Est-ce que tu penses qu'il y aurait une hiérarchie un peu entre les photographes, entre ceux qui sont venus depuis longtemps, ceux qui viennent d'arriver. Est-ce que ça se ressent ou pas du tout ?
- Speaker #1
Non, ça ne se ressent pas spécialement. Après, on respecte les plus anciens, entre guillemets. Parce qu'il y a des photographes qui sont plutôt jeunes, entre guillemets. Donc, s'il y a un photographe un peu plus âgé, on va peut-être lui laisser un peu plus la priorité sur un spawn. Du moins, moi, je le fais. Du coup, cette hiérarchie-là, mais ça s'arrête là.
- Speaker #0
Comment tu réussis à être au bon endroit au bon moment ? Est-ce qu'il y a une part... Enfin, quelle est la part plutôt d'anticipation et d'improvisation ?
- Speaker #1
Je dirais qu'il y a quand même... 90% de G-Preshot en amont, et ensuite 10% de chance sur un crash. Mais après, en général, si je vais sur un spot au bon endroit, avec la bonne lumière à la bonne heure, c'est que je l'ai mérité, entre guillemets, cette photo. Mais oui, c'est seulement les crashs, je pense, qui sont compliqués à avoir.
- Speaker #0
Les célébrations, etc., tu sais ce que tu veux avoir, quand te placer ou te placer ?
- Speaker #1
Non, la célébration en F1, c'est quelque chose de très spécial, entre guillemets. c'est en gros A partir du moment où la course est lancée, on se rejoint tous devant le garage et on fait la queue. Le mec qui arrive tour 1 est le premier dans la queue, le mec qui va arriver milieu de course peut-être qu'il sera deuxième et peut-être qu'il y a 50 personnes qui seront arrivées. C'est un peu du hasard. Par exemple, moi il y a des courses, je suis arrivé à Singapour par exemple, je suis arrivé milieu de course, il y avait déjà 40 personnes devant moi au parc fermé. Et au moment où la course se finit, ils ouvrent les portes de là où on peut rentrer et il y a des barrières autour du top 3. Du coup, soit tu te mets devant, soit tu te mets sur le côté. Donc déjà, tu as ce premier paramètre à prendre en compte, de si j'ai envie d'être sur le côté ou devant, selon aussi le circuit, parce que la lumière peut être à contre-jour ou pas. Et après, il y a des circuits comme Abu Dhabi, par exemple, récemment. Je me suis dit, Lando va être champion du monde. J'ai fait 4 tours, je crois, de la course, et je suis rentré direct au parc fermé pour être premier. Et je crois qu'il restait 20 tours et j'étais encore tout seul. Donc les gens sont arrivés vachement tard, bizarrement. Donc ouais, le parc fermé, c'est un peu spécial, parce que tu ne sais jamais. C'est un peu la surprise. Donc c'est un peu spécial en F1 de jouer avec ça, mais parfois c'est cool, parfois c'est moins cool.
- Speaker #0
Quand tu organises ta course, est-ce que ce n'est pas difficile parfois de se dire, j'aimerais le départ, mais en même temps j'aimerais l'arrivée, et puis prendre la course, et puis aussi les célébrations, de réussir à gérer tout ça ?
- Speaker #1
L'avantage c'est que dans l'agence on est souvent deux photographes, même tout le temps deux photographes, donc on peut couvrir tout le circuit durant tout le week-end, et en général moi quand je prépare mes maps avec tous mes spots, j'arrive à courir l'entièreté d'un circuit en juste avec les free practice, la qualif et la course. Donc en général, je n'ai pas de circuit de tête où je n'ai pas réussi à couvrir l'entièreté. Donc en vrai, ça va.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux te déplacer librement sur le circuit où c'est hyper cadré ?
- Speaker #1
Non, il y a des circuits qui sont super simples. On va prendre le cas de l'Autriche où typiquement, tu peux faire tout le tour en extérieur sans trop sortir ou quoi. Monaco, c'est un peu plus spécial, par exemple, vu que c'est des circuits en ville. Il y en a 2-3, il y a Bakou que je n'ai jamais fait, mais c'est un enfer à ce qui paraît. Par exemple, si tu es au virage 15 et que tu passes au virage 16, tu dois repasser dans la ville, repasser un contrôle, etc. Donc il y a des circuits qui sont plus simples, d'autres un peu plus compliqués.
- Speaker #0
Ça, c'est l'expérience aussi qui va jouer à ce point-là, de dire comment réussir.
- Speaker #1
Monaco, moi je ne l'ai fait que deux fois en F1, mais j'ai eu la chance de le faire trois fois en Formule A avant. Donc je commence à connaître des raccourcis. Par exemple, des raccourcis pour passer du port au casino, ce qui te prendrait normalement 45 minutes à faire tout le tour. je peux le faire en 5 minutes grâce à un ascenseur donc en fait c'est plus tu vas au circuit, plus tu connais c'est normal
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a des règles en particulier que tu as dû apprendre dans les paddocks ? Des erreurs à éviter ?
- Speaker #1
C'est une bonne question. Des erreurs à éviter ?
- Speaker #0
Tu sais qu'il n'y en a pas ?
- Speaker #1
Oui, non, si, si, bien sûr, il y en a. Par exemple, la première qui me vient en tête, c'est lors de l'arrivée des pilotes. En gros, la première fois que tu en fais une, tu veux vraiment avoir le pilote devant toi, donc tu t'avances, mais en fait, il y a vraiment une ligne de photographe derrière, et donc tu évites de passer devant eux. il y a plein de petits trucs comme ça là j'en ai pas spécialement en tête mais...
- Speaker #0
Ça doit être particulier la première fois que tu vas dans un paddock, etc. De te dire, j'ai envie d'avoir ma photo, mais je ne veux pas non plus gêner, mais pas gêner les autres photographes, ni les pilotes, de trouver un peu sa place.
- Speaker #1
Moi, ma première fois, elle a été spéciale parce que, par exemple, c'est arrivé de pilote. Le premier que j'ai eu, c'était Hamilton, du coup, le jeudi. Et bizarrement, il n'y avait aucun photographe. J'étais tout seul. Pareil, on reviendra sur une de mes photos où Hamilton monte dans sa voiture. D'habitude, il y a des dizaines et dizaines de photographes. Là, encore une fois, j'étais tout seul. donc ma première fois était très spéciale parce qu'entre guillemets il n'y avait pas toutes ces règles Deux, il faut faire attention aux autres photographes.
- Speaker #0
C'était quoi ta première fois sur un circuit ?
- Speaker #1
Barcelone, 2023 du coup.
- Speaker #0
C'était impressionnant ?
- Speaker #1
Ouais, en vrai c'était toujours impressionnant. Et maintenant Barcelone, c'est vraiment le circuit que je pense que je mets tout en bas de ma liste. Parce qu'en termes de spots, la lumière à Barcelone, c'est un calvaire, elle est très très très dure. Mais ouais, Barcelone du coup, sympa.
- Speaker #0
J'aimerais bien faire une toute petite partie sur la créativité. Comment est-ce que tu arrives à capter une image différente quand... Je ne vais pas dire que tout a déjà été photographié, mais avec le nombre de photographes et d'années, il y a déjà beaucoup de choses. Comment tu arrives à te différencier ?
- Speaker #1
Je pense que le sport automobile, c'est l'un des sports les mieux de ce côté-là, où tu peux faire des photos statiques qui sont très belles, mais aussi des filets. Les filets, tu ne peux pas trop en faire dans d'autres sports. J'ai essayé au basket, au foot, mais ça rend tout de suite un petit peu spécial, alors que le sport auto, tu as les filets. Et c'est ça qui va faire toute la diff. Donc, on peut tous être à un même spot, mais on va être tous à des vitesses différentes. Et au final, on va tous avoir des photos différentes. Du coup, c'est ça que je pense l'originalité vient. Ça viendra plus par les filets, je pense.
- Speaker #0
Tu penses qu'il y a encore des spots qui sont à trouver et à creuser ?
- Speaker #1
Ouais, je pense. Ouais, obligatoirement. Enfin, il y a cette capacité de perdre des spots tous les ans. Par exemple, à Monaco, on a été habitué à énormément shooter à travers les rails. Et en fait, plus les années passent, plus il y a de petits panneaux publicitaires au niveau des rails. Du coup, tu peux de moins en moins shooter à travers les rails. Il y a des spots, à Abu Dhabi par exemple, il y a un spot virage 3, où la voiture est dans une sorte de longue ligne droite, dans un petit virage, et il y avait des palmiers. Et du coup, tu pouvais te mettre juste derrière les palmiers, shooter, avoir la voiture et les palmiers. Sauf qu'en fait, maintenant, ils ont rajouté un grillage et tu ne peux plus avoir ce spot. Donc en fait on perd un peu des spots tous les ans Donc ouais, dans tous les cas, il y a encore plein de photos à faire, je pense. Mais après, surtout, il y a des nouveaux circuits comme Madrid qui arrivent où personne n'a jamais été. Du coup, ça va être sympa.
- Speaker #0
Est-ce que tu penses que la météo, c'est vraiment un élément indispensable du week-end ? C'est que ça fait un peu tout le storytelling d'un Grand Prix ?
- Speaker #1
Ouais, et ça revient un peu à ta question d'avant. C'est que par exemple, Monaco, je l'ai fait deux ans. Deux ans, ça n'a pas été les mêmes conditions. Une fois, c'était un peu plus grisaille, l'autre un peu plus ensoleillé. Donc en fait, les conditions peuvent tout changer aussi sur un circuit. Donc ça peut aider.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu préfères shooter comme météo ?
- Speaker #1
La pluie. J'en ai rarement eu de la pluie en F1. Alors je ne sais pas pourquoi, je pense que j'ai eu que deux fois de la pluie, mais très rapidement au début d'une course sprint. Donc oui, j'aimerais bien avoir une bonne grosse pluie un de ces quatre.
- Speaker #0
C'est joli quand il y a vraiment beaucoup de pluie, parce que quand il y a une fine brune, c'est juste désagréable. Oui,
- Speaker #1
on ne voit pas grand-grand-chose, ça mouille juste un peu l'appareil, ce n'est pas agréable.
- Speaker #0
mais ouais une bonne pluie où les voitures dégagent plein d'eau derrière ça j'ai hâte comment est-ce que tu vois le fait qu'il y ait parfois des photographes qui se mettent en danger pour réussir une photo qui par exemple attendent quand il y a un crash qui leur arrive devant, etc. Est-ce que des fois ça irait pas un peu trop loin ?
- Speaker #1
Ouais, j'ai vécu ce cas-là à Silverstone cette année, où le départ on s'est mis vachement à découvert, je trouve. On s'est mis à peu près là où le zoo a eu son crash en 2022. En gros, les photographes, quand il y a eu ce crash, ils étaient derrière un grillage, donc ils étaient protégés. Sauf que là, cette année-ci, on s'est avancé d'un cran. Parce que justement, le grillage était red zone, mais devant son grillage, c'était pas red zone. Du coup, j'ai trouvé ça très, très dangereux à ce moment-là. On est quand même tous restés parce qu'on veut tous la photo, parce que tu en as besoin aussi pour vendre à la presse. C'est comme ça. Mais oui, c'était quand même très dangereux. Donc, après, en général, sur certains circuits, il y a des red zones. Donc, quand il y a des red zones, c'est fait qu'on n'y aille pas. Et après, quand il y a un crash qui t'arrive sur toi, comme moi à Monaco en 2024, où Perez me crash dessus, ce n'est pas une red zone, c'est un départ de course et c'est la vie.
- Speaker #0
Mais ça reste un métier vache fin. je pense que les gens ne se rendent pas forcément compte mais que c'est un métier vachement risque et puis de toujours en plus vouloir chercher la meilleure photo quand quelqu'un est plus proche je pense que ça peut être très dangereux il faut avoir conscience de ça,
- Speaker #1
il ne faut pas être inconscient perso je ne l'ai jamais trop été inconscient, je suis toujours quand même fait relativement attention mais c'est vrai que quand tu veux une photo tu peux toujours te rapprocher de 1 ou 2 centimètres tu vas te dire il ne va rien se passer mais si ça arrive quelque chose c'est comme ça il faut être responsable Oui.
- Speaker #0
Pour prendre les photos d'ambiance, on a dit qu'il faut être au bon endroit, au bon moment, etc. Mais il faut surtout aussi avoir les bons réglages, le focus, la vitesse qu'il faut. Est-ce que ça t'est déjà arrivé de rater LA photo pour une question de réglage ?
- Speaker #1
Ouais, de tête, je ne l'ai pas en tête, mais oui, je pense que ça m'est arrivé, et en plus même récemment. Car récemment, je commence à configurer mon appareil photo sur des modes C1, C2. Donc en gros, le mode C1, ça va être toutes les photos statiques, et le mode C2, ça va être des filets. En fait, je j'appuie sur un bouton et je vais passer du mode statique au mode filet. et je m'étais mis au mauvais réglage, au mauvais moment, je l'ai loupé. Après, si, c'était une belle photo. Ça n'aurait pas été la photo du siècle. Mais oui. En plus, j'ai cette fâcheuse habitude d'être souvent en mode filet quand j'ai des spins devant moi en ce moment. Je ne les ai jamais vraiment nettes, mais ce n'est pas grave.
- Speaker #0
Même avec l'expérience, ça arrive.
- Speaker #1
En fait, ce n'est juste pas de chance. C'est une question de timing aussi.
- Speaker #0
En étant photographe sur un formulaire, tu fais partie des gens qui sont au plus près des pilotes. Enfin, tu fais partie. Comment ça se passe les relations avec les pilotes ? Est-ce que tu arrives parfois à parler à certains d'entre eux ?
- Speaker #1
Non, moi pas spécialement. Je pense que peut-être les plus anciens, entre guillemets, quand il y avait peut-être moins de VIP, etc., ils étaient plus à l'aise de parler aux photographes. On a des pilotes qui rentrent et qui nous disent bonjour, mais sinon ça s'arrête relativement là.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a certains pilotes qui sont plus à l'aise devant l'objectif que d'autres ?
- Speaker #1
Non, je dirais qu'ils sont tous quand même très à l'aise. Ils ont tous été énormément médias-traînés, donc ils sont plutôt à l'aise. Après, il y en a comme Stroll que tu n'as pas spécialement envie de photographier, parce qu'il tire la gueule et puis il n'en a pas spécialement envie. Mais Hamilton, cette année, c'est pas mal caché, très dur à avoir. Il a souvent mis un peu son outil comme ça devant sa bouche. Donc moins compliqué, enfin plus compliqué.
- Speaker #0
Ils ont chacun leur petite spécificité. Ouais,
- Speaker #1
c'est ça.
- Speaker #0
Qui est-ce que tu préfères photographier plutôt dans les paddocks ?
- Speaker #1
Hamilton, je pense que tout le monde veut un peu Hamilton de par l'aura. Puis c'est très graphique avec ses tatouages, c'est toujours très sympa. Puis le rouge Ferrari aussi, cool.
- Speaker #0
Est-ce que tu as déjà eu une situation un peu tendue, un peu surprenante avec un pilote ?
- Speaker #1
Non, je ne pense pas.
- Speaker #0
Ça se passe finalement assez normalement. Oui,
- Speaker #1
je n'ai jamais eu trop d'accroche avec un pilote parce que j'étais peut-être au mauvais endroit au mauvais moment. Non, ça s'est toujours plutôt bien passé en vrai.
- Speaker #0
Est-ce que tu as... Plus belles rencontres que tu as eues dans ce métier ?
- Speaker #1
Ah, c'est une bonne question. En vrai, j'en ai eu plein. Ce sera trop dur d'en citer un, mais en vrai, j'ai rencontré de superbes personnes toute l'année, que ce soit photographes, journalistes, ou même juste des fans, entre guillemets. J'ai rencontré énormément de fans sur circuit qui m'ont reconnu et j'ai discuté avec eux, c'était trop gentil. Du coup, non, j'en ai pas une en tête, mais en F1, j'étais un peu étonné que tout le monde soit aussi gentil, entre guillemets. Donc j'ai fait de très belles rencontres.
- Speaker #0
C'est bien, c'est agréable dans ton métier au quotidien. C'est déjà un métier plutôt fatigant.
- Speaker #1
Je peux rarement tomber sur une tête de con ou quoi. On m'a déjà poussé pendant une célébration. C'est pas très grave.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
il y a des agitations.
- Speaker #0
Je vais aller un peu plus sur des anecdotes. Quelle est la course la plus marquante que tu aies photographiée ?
- Speaker #1
Monaco 2024, du coup. Ou Silverstone 2024. Les deux pour des raisons différentes. On peut commencer par Monaco. Je commence la course... Déjà, j'ai une grille d'accès à Monaco. A savoir que la grid access, c'est comme ce que j'ai dit tout à l'heure, une petite liste, où au début du week-end, tu te mets sur la liste, et ensuite la FIA décide d'accorder une grid access à lui ou pas à lui. Et du coup, j'étais sur la grid access à Monaco, puis après je suis allé au virage de Troyes, et là il y a eu le crash de Perez, où du coup, dans un premier temps, tu n'as pas l'impression que ce soit un crash impressionnant, parce que juste il spin et t'es en mode ok qu'est-ce qu'il se passe, tu comprends pas trop bien et puis en fait quand il se rapproche de toi très très vite tu comprends et là je me pousse et il y a eu une sorte de gros boom et là pendant un instant je sentais plus trop mon corps juste trop d'adrénaline et au final j'ai rien eu une petite égratignure sur mon appareil mais après j'avais un petit peu peur de me coller au rail du coup le reste de la course était compliqué et en fait tu passes de cette émotion là à Charles qui gagne pour la première fois à Monaco et c'est un peu le jour et la nuit en vrai c'était deux émotions bien différentes pas que j'ai eu très peur durant le crash de Pérez parce que c'était pas très impressionnant comme je t'ai dit mais juste le fait d'entendre ce gros boom à Monaco puis ici le rail avait lâché puis ici on sait pas Et puis la victoire de Charles à Monaco.
- Speaker #0
En fait, comme ton métier, c'est quand même de retranscrire les émotions, tu les vis aussi à fond. C'est des week-ends qui sont vachement émotionnels.
- Speaker #1
Oui, mais tu es obligé de les vivre à fond pour bien les retranscrire aussi. Parce que je pense que si tu vas là-bas et que tu n'as pas spécialement envie d'être là, la qualité de ton reportage va être moins cool, on va dire. Donc oui, tu as vraiment besoin de vivre ce week-end à 100%. Et tous les week-ends que je vis, je les vis à 100%. Même quand tu es en double ou triple header, à la fin, tu commences à être un petit peu fatigué. Mais il faut vraiment le vivre à fond et même s'impliquer dans la retouche pour vraiment faire ressentir les émotions que tu as vécues. C'est comme ça que moi, je le vois.
- Speaker #0
Quel sera le moment le plus improbable que tu aies vécu sur un circuit ?
- Speaker #1
Improbable... Je ne sais pas si c'est vraiment improbable, mais c'est à Silverstone en 2024 quand Lewis y gagne. Moi, j'adore Lewis. Vous avez bien compris déjà. et que du coup il n'avait pas gagné depuis quelques années maintenant avec Mercedes, il gagne à Silverstone donc c'est incroyable et en gros en F1 dans d'autres championnats c'est aussi comme ça mais en F1 c'est vraiment un peu une tradition, c'est qu'après la course, après le podium, après les conférences de presse le pilote va dans la pitlane avec son équipe et du coup là il célèbre ensemble et en gros Hamilton il commence à célébrer avec son équipe il monte sur le dos de ses mécanos enfin sur les épaules désolé, et là en fait il fait un nice contact à ma caméra pendant 2-3 secondes et là quand j'ai regardé la photo je suis en droit donc c'était improbable dans ma tête d'avoir un jour cette photo. C'est pas un moment improbable sinon, mais c'est un peu un moment fort et improbable entre guillemets.
- Speaker #0
Et puis c'est des moments forts d'être des fois aussi proche de pilotes qui te font rêver.
- Speaker #1
Ouais, t'es très proche. En plus, souvent dans ce genre de célébration, c'est un peu la jungle. C'est au moment où ils font péter le champagne, tous les photographes avancent à fond. Dommage qu'on puisse pas montrer de vidéo. Mais ouais, c'est un peu le zoo. Mais c'est très très cool en termes d'émotion.
- Speaker #0
Est-ce que tu as déjà eu une énorme galère technique, que ce soit en termes de voyage, les déplacements, le matériel ?
- Speaker #1
Oui, j'ai cassé un 24-70 l'année dernière. J'avais deux appareils, même peut-être trois appareils, parce qu'en gros on a Canon, Nikon et Sony sur les grands prix en général, et ils peuvent te prêter du matériel. Et j'avais emprunté peut-être une caméra, donc j'en avais trois au total. Et en fait, deux étaient accrochés autour de mon cou, la troisième non, et j'étais dans le Media Shuttle qui me ramenait au paddock, et au moment où je descends du Media Shuttle, je pensais que les trois caméras étaient accrochées, et il n'y en avait que deux. Et il y en a une qui tombe, elle 24-70, c'est que la temps d'eux. Heureusement, ils en avaient un autre pour me le prêter, et la réparation ne m'a pas coûté très cher, mais...
- Speaker #0
C'est embêtant quand ça arrive.
- Speaker #1
Ouais, c'est pas marrant.
- Speaker #0
Après, c'est le genre de truc qui t'arrive souvent une fois, pas deux.
- Speaker #1
Pas deux. C'est pour ça que maintenant je fais bien attention. Donc ouais, c'est je pense l'une des plus grosses galères que j'ai eues.
- Speaker #0
Est-ce que, t'as dû avoir pas mal d'anecdotes quand même sur des circuits, est-ce que là il y en a quelques-unes, une qui te vient en tête en particulier, que t'aimerais raconter ?
- Speaker #1
Une anecdote, quel style d'anecdote ?
- Speaker #0
Peu importe, ce qui te fait plaisir.
- Speaker #1
une anecdote ouais j'étais dans le paddock où ça c'était à Silverstone je pense et en gros c'était jeudi, media day, donc je me balade souvent dans le paddock et là je vois Yuki au loin donc je commence à le photographier et il arrive et il me fait ça devant la caméra donc je trouvais ça assez drôle, je suis en mode bon qu'est-ce qu'il me fait je lui ai rien fait de mal et avec le sourire en plus avec le sourire, donc vraiment il n'y avait rien de méchant et je regardais à moi et tout,
- Speaker #0
il n'y avait personne je suis en mode bon c'était gratuit tu te dis ça ferait une petite photo fail à garder que tu ne peux évidemment mettre nulle part que j'ai mis nulle part bien évidemment peut-être que je la mettrais sur Insta maintenant qu'il est plus là il y a prescription j'aimerais bien passer sur une partie un peu plus axée sur la photo moi-même est-ce que tu te souviens de la première image que t'as donné envie d'être photographe ?
- Speaker #1
que j'ai prise ?
- Speaker #0
que t'as prise ou que t'as vue ?
- Speaker #1
que j'ai vue pas spécialement c'est une bonne question que j'ai vue pas spécialement car j'étais pas spécialement intéressé par la photographie avant mes 17 ans Et en gros, à la toute base, on revient rapidement, mais j'étais graphiste et un pote à moi faisait de la photo. Il m'a fait « Oh, c'est trop bien de faire de la photo comme ça, tu peux mettre tes photos dans tes graphismes » . Je lui ai dit « Ok, bonne idée » . Et du coup, la première photo que j'ai prise, je pense que j'avais un shaker chez moi ou une connerie du genre. Et j'étais allé dehors et j'avais pris une photo de ce shaker. Et j'avais trouvé ça plutôt cool. Et du coup, par la suite, j'avais acheté un appareil photo. Et du coup, c'est un peu comme ça. Et mon premier événement que j'ai fait, c'était de l'e-sport en 2017. et j'avais bien kiffé un peu toutes les photos que j'avais prises et je me suis fait c'est pas si mal que ça et du coup c'est un peu comme ça que c'est resté
- Speaker #0
C'est sympa photographier l'e-sport.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Parler pas mal d'émotions. Ouais,
- Speaker #1
les émotions sont assez folles, surtout quand t'as accès au stage. Il y a des events, j'avais pas accès, d'autres j'avais, etc. Mais dans les grandes compétitions, quand t'as accès au stage, et que les pilotes viennent faire une belle action, gagner une manche, etc. Ils vont commencer à se lever de leur chaise, célébrer, etc. Et t'as des très très belles émotions. Et c'est encore un de mes regrets que j'ai jamais eu l'occasion de faire un gros stage en e-sport encore.
- Speaker #0
Après, est-ce que t'aimerais potentiellement revenir un peu à faire ça aussi ?
- Speaker #1
Si je pourrais en refaire une un jour ? J'ai la chance que la F1 m'ouvre énormément de portes. J'ai eu la chance de photographier un match du PSG récemment, alors que je n'ai jamais spécialement photographié de foot. Mais quelqu'un du PSG kiffe la F1, kiffait mes photos, il s'en va dire « tu veux faire un match ? » Je lui dis « bah oui, trop bien » . Du coup, je vois très bien que la F1 m'ouvre des portes. Et du coup, peut-être un jour.
- Speaker #0
Ça me fait réfléchir en disant, est-ce que pour toi, il y a plein de photographes qui sont des fois très bons et qui ne font pas toujours de la Formule 1, qui font du rallye, etc. Et est-ce que du coup... Faire de la Formule 1, ça effectivement, ça t'ouvre des portes sur plein d'autres choses parce que c'est de la Formule 1. Alors finalement, il y a aussi des très bons photographes qui font autre chose, mais comme c'est moins mis en avant.
- Speaker #1
Ouais, totalement. Et je le remarque surtout sur les réseaux sociaux. Faire un réel de photos de F1 et faire un réel de photos de MotoGP, je ne vais pas avoir le même impact. Donc ouais, sur mon Insta, il y a des tonnes de photos de Formule E, de MotoGP que j'aimerais poster, que je poste de temps en temps, mais très rarement, parce que la F1, en fait, ça fait énormément de stats, entre guillemets. On n'est pas là pour les stats, mais c'est toujours cool aussi de voir son travail un peu reconnu. Puis ça t'ouvre également d'autres portes, surtout moi qui me lance un peu sur YouTube, etc. Donc ça m'aide entre guillemets à développer tout ça.
- Speaker #0
Quelles sont les difficultés majeures dans la photographie automobile ?
- Speaker #1
Ça va vite. Ouais, ça va vite. T'es obligé de travailler autour d'un circuit. Je prends l'exemple du coût où t'es sur un haut bord d'un terrain. Donc t'es soit d'un côté, soit de l'autre et tu ne bouts pas pendant toute une mi-temps. Donc t'as pas 50 000 possibilités de placement. Un circuit, c'est plus de 5 km intérieur-extérieur, donc tu as 10 km de spot. C'est la plus grande difficulté, je pense, de savoir jouer avec tout ça.
- Speaker #0
Oui, c'est surtout aussi savoir où se mettre. Il y a tellement de choses, tellement de choses à voir, etc. Après, c'est comme ça aussi que tu peux refaire le circuit plusieurs fois par an, etc. Et tu peux toujours quelque chose. Est-ce que c'est possible d'avoir une vie personnelle à côté de ce métier ? Tu voyages énormément, c'est éprouvant.
- Speaker #1
C'est compliqué. en vrai ça va après moi ça va faire peut-être 100% parce que j'ai jamais été très vie de famille je m'entends très bien avec mes parents il n'y a pas de problème ils habitent à Nice mais du coup ça ne me dérange pas de ne pas les voir pendant 6 mois entre guillemets à Paris du coup j'ai ma copine mais du coup oui on ne se voit pas des masses et surtout quand je rentre j'ai toujours un milliard de choses à faire entre les vidéos YouTube les live Twitch les réelles affaires les posts donc c'est compliqué je fais de mon mieux en tout cas je pense que c'est vraiment pas simple du moins à l'échelle où je suis, où je veux encore... Trouver énormément de travail, sûrement plus que certaines personnes qui ont 30 ou 40 ans, qui sont déjà établies. Du coup, compliqué, mais je pense que c'est comme tout. Si tu as vraiment envie que ça marche, ça va marcher.
- Speaker #0
Tu te verrais avoir cette vie pendant des années, encore à 40, 50 ans, faire autant de voyages ?
- Speaker #1
C'est une bonne question. J'y ai réfléchi récemment. Je me suis dit, le temps que je ne suis pas fatigué, tout va bien. Après, je n'ai pas envie de ressembler à un photographe de 60 ans qui a mal au dos, qui... On a cette image du photographe un peu âgé sur les circuits qui me fait, moi, malheureusement, un petit peu de peine et je n'ai pas trop envie de faire ça non plus. C'est pour ça que j'ai un diplôme de direction artistique. La direction artistique me plaît énormément. Du coup, pourquoi pas me reconvertir entre guillemets directeur artistique dans ma... 30, 35 ans, enfin je ne sais pas quand le moment viendra. Et du coup, faire cette transition tout à fait naturellement.
- Speaker #0
À quel moment tu as décidé de créer une agence ? Parce qu'au début, tu étais donc photographe indépendant.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
À quel moment tu t'es dit, dans une agence, ça serait mieux ?
- Speaker #1
Ouais, en 2022. Je me suis dit, c'était... C'est 2022, 2023, 2023, si je dis bien. Je ne sais pas, un des deux. Bref, du coup, c'était juste après ma première ou deuxième course en Europe avec la Formule E. Et je me suis dit, en vrai, créer une agence, ça peut être cool parce que ça va pouvoir m'apporter des clients et je pourrais avoir une crédibilité auprès d'équipes au lieu de juste postuler en tant que freelance. Sachant qu'il y a quand même 3-4 ans, le freelance, c'était... Les équipes avaient plus de mal d'accepter des freelances purement en photo ou en vidéo et ils passaient plus par des agences. Du moins, c'est le ressenti que j'avais. Et du coup, c'est pour ça que j'ai créé là une agence, du coup, Overtake Agency qui est toujours là. Je me suis dit, au moins, j'ai un nom d'agent, je poste mes photos. Il n'y a rien d'officiel, mais au moins j'ai un nom sur Instagram, mais peut-être qu'un jour ça va marcher.
- Speaker #0
Et tu as senti une différence ?
- Speaker #1
Pas spécialement, parce que du coup je ne m'en suis jamais réellement trop servi. Mais là où la différence a été faite, c'est fin 2024, du coup l'année dernière. Le média pour lequel je travaillais en Formule 1, Motors Inside, le patron voulait arrêter un petit peu la partie rédactionnelle du site et il voulait lancer une agence photo. Et j'étais en mode, moi j'ai mon agence photo, donc si tu veux, on s'allie entre guillemets. Les accréditations de Motors Inside. On les passe sur Overtake et on monte notre agence photo. Et du coup, c'est là où ça a été vraiment utile, entre guillemets. Après, ça m'a servi pour avoir des accréditations de MotoGP, Overtake. Pareil, en formule E, du coup, ça me permet d'accréditer maintenant deux, trois autres personnes avec moi qui travaillent pour l'agence. Du coup, ça sert quand même.
- Speaker #0
Ça te permettrait d'avoir des accréditations un peu n'importe où ?
- Speaker #1
Ouais, c'est plus utile en tout cas pour avoir des accréditations.
- Speaker #0
Et d'avoir des gens aussi à envoyer en plus.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Quelle est la place maintenant que prend les réseaux sociaux dont on travaille, que ce soit Instagram, YouTube ?
- Speaker #1
82% de mon temps. Ouais, je passe énormément de temps sur Instagram à poster beaucoup de réels, des posts, j'essaie de m'y mettre un peu plus en plus. YouTube, ça prend énormément de temps, je pense que tu peux compter une bonne grosse journée entre l'écriture, le tournage et après le montage. Twitch, tu prends une ou deux heures. Et surtout que moi, ce que je fais, et que j'ai l'impression que personne ne fait parce que ça prend trop de temps, c'est à chaque fin de journée sur les Grands Prix, donc vendredi, samedi et dimanche, je fais des posts récap en story. Où du coup, je vais poster 20, 30, 40 photos. Et ça, ça va me prendre deux heures à la fin de la journée. Donc, au lieu de me coucher à une heure, je vais me coucher à trois, quatre heures. Mais bon, ça me fait plaisir de le faire parce que j'ai aussi envie de montrer ce que j'ai fait pendant la journée. Puisqu'il y a un côté un peu satisfaisant. Du coup, énormément de temps.
- Speaker #0
Après, ça te prend beaucoup de temps, mais tu as vraiment eu des retours. Oui, j'ai des retours. Il y a pas mal de gens qui te suivent, qui ont adhéré à ce que tu fais, etc. donc c'est chouette de donner du temps mais qu'il y ait des retours ouais voilà c'est ça,
- Speaker #1
si je le fais et que le matin je me réveille, j'ai zéro message Bon, ça m'aura fait quand même plaisir de le poster, mais t'as ce côté un peu moins satisfaisant. En vrai, c'est cool de se lever le matin. Donc oui, j'ai dormi que 4 heures, mais j'ouvre mes DM Insta, je vois 15-20 messages de « Oh, les photos sont trop bien ! » Je suis en mode « Ah, c'est cool, ça fait plaisir ! » Puis même, ça me permet d'avoir des feedbacks en temps réel. J'ai certains autres photographes qui m'envoient un message, ils me font « Ah, t'aurais peut-être dû tenter ça à cet endroit-là ! » Et je suis en mode « Ah, ben pas bête ! » Et du coup, j'ai aussi ce feedback que d'autres photographes en F1 ne vont peut-être pas me donner parce qu'ils veulent la photo. Donc ouais, en vrai, j'ai ce côté un peu échange avec les gens sur Instagram et aussi conseil.
- Speaker #0
pour le coup, de pouvoir utiliser ça en échange etc, et puis les gens ils aiment bien aussi je pense d'avoir quelqu'un qui soit accessible dans ce milieu pour discuter et je pense moi en tout cas,
- Speaker #1
je me mets souvent à la place de cette personne qui est fan de F1 et qui rêverait d'être photographe de F1 de, ok putain en fait je kifferais qu'un photographe réponde à toutes mes questions, je kifferais qu'un photographe poste toutes ses photos sur Insta le jour même du coup j'essaie un peu d'être cette personne que j'aurais voulu avoir. C'est chouette c'est cool en vrai.
- Speaker #0
Est-ce que l'argentique t'intéresse ? C'est vrai qu'on voit parfois des photographes sur des circuits qui shoot encore à l'argentique. Il n'y en a pas beaucoup, mais est-ce que tu te verrais faire ça ? T'aimes bien les styles rétro ?
- Speaker #1
Pas spécialement. En vrai, moi, j'aime trop la partie editing derrière.
- Speaker #0
Oui, du coup, on est un peu bloqué avec l'argentique.
- Speaker #1
Tu es bloqué ? Oui, j'ai toujours un petit Kodak jetable que j'ai depuis ce pas, que j'ai toujours pas fini d'ailleurs. Non, en vrai, ça m'intéresse moyen. Ça pourrait être marrant si je pars en vacances peut-être, mais sur circuit, pas spécialement.
- Speaker #0
Comment est-ce que tu définirais ton style photographique ?
- Speaker #1
lumineux, avec beaucoup de couleurs. Ouais, c'est compliqué. C'est une question qu'on m'a déjà posée, je sais pas trop quoi répondre. J'adore jouer avec les couleurs, avec le contraste. Je mets énormément de noir dans mes photos. Les blancs sont aussi très blancs. Donc, ouais, très contrasté et très coloré.
- Speaker #0
Est-ce que c'est difficile dans son style de retouche de se démarquer des autres photographes ? Après un moment vous n'avez pas les mêmes photos, il n'y a pas la même lumière etc.
- Speaker #1
Et on ne travaille pas avec les mêmes appareils aussi. De Nikon à Sony, de Sony à Canon etc. on n'a pas du tout les mêmes couleurs. Du coup tu as aussi ça qui joue, on n'a pas du tout le même style de retouche. Pourtant moi quand je retouche mes photos ça me paraît évident que tout le monde puisse faire mes retouches de photos. Alors qu'en fait non et je pense que plein d'autres photographes quand ils font leur style de retouche ils sont en mode c'est évident tout le monde préfère comme moi. bah non en fait chacun a sa petite patte et je pense qu'on la développe aussi au fur et à mesure des événements et en fait plus tu fais d'événements, plus t'apprends à retoucher tes photos différemment et là tu commences à trouver un petit style mais non si tu me poses la question j'ai toujours pas un style à proprement parler, en tout cas je ressens pas une patte quand je sais pas.
- Speaker #0
Ah c'est normal aussi c'est pas facile de décrire ça Qu'est-ce que tu vois le plus sur un circuit comme marque d'appareil ?
- Speaker #1
Canon je pense de plus en plus
- Speaker #0
Ah puis après c'est quoi ? Nikon, Sony ?
- Speaker #1
Canon, Sony et Nikon je dirais dans cet ordre là il y a de moins en moins de Nikon j'ai l'impression
- Speaker #0
Sony il y en a de plus en plus et Canon il y en a quand même beaucoup je défendrais Nikon jusqu'au bout mais c'est vrai qu'on voit énormément de Canon j'en vois de plus en plus est-ce que tu te verrais faire d'autres disciplines dans le sport mécanique ?
- Speaker #1
le rallye par exemple là j'aimerais faire le rallye de Monte Carlo en janvier, c'est à Nice c'est pas à côté de chez mes parents donc je kifferais de fou j'aimerais faire du WEC, j'aimerais faire les 24h du Mans l'Indycar, j'aimerais tout faire
- Speaker #0
Est-ce que tu sens ça possible prochainement ?
- Speaker #1
Ouais, mon objectif l'année prochaine, je ne l'ai pas encore totalement défini, mais j'aimerais bien faire la triple couronne. Du coup, faire l'Indy 500, Monaco et les 24 Heures du Mans. Sachant que maintenant, Monaco et l'Indy 500 ne sera pas aux mêmes dates pour la première fois. Du coup, j'aimerais bien faire ça l'année prochaine en petite challenge.
- Speaker #0
Ce serait bien.
- Speaker #1
C'est cool.
- Speaker #0
Est-ce que le matériel fait vraiment la différence à ce niveau ?
- Speaker #1
Ouais. je pense quand même si t'as un appareil d'entrée de gamme et moi j'ai le dernier des appareils déjà au niveau de la rafale ça va changer l'autofocus va un petit peu changer après tu peux quand même faire d'excellentes photos avec un appareil amateur et quand t'as du talent t'as du talent après en terme de production peut-être que ta quantité sera un petit peu plus minime avec un appareil amateur mais en tout cas la qualité je pense que tu peux bien rivaliser mine de rien
- Speaker #0
A quoi reconnais-tu un bon photographe ? Est-ce que tu arriverais à dire la différence entre un bon photographe et un grand photographe ?
- Speaker #1
À la retouche et à la prise de vue, en vrai ça se ressent toujours. À la prise de vue, on va très vite voir l'amateur dans le sens où il va toujours vouloir centrer son sujet. Donc si on parle vraiment côté amateur et très professionnel, et en termes de retouche, l'amateur va avoir tendance à dénaturaliser un petit peu les couleurs de son image, alors que le professionnel, soit il va garder une photo très presse, Soit il va pousser l'editing, mais tu vas quand même garder un côté couleur très naturel.
- Speaker #0
Ça m'amène une question justement. Est-ce que des fois, quand tu es photographe, tu vas surtout sur des circuits pour des clients, etc. Est-ce que des fois, tu n'es pas bridé par le fait de devoir sortir des photos presse, donc des photos qui montrent où on n'a pas la pâte artistique qu'on aimerait avoir ? Est-ce que du coup, il y a des photographes qui ne sont pas vachement bridés par ça ?
- Speaker #1
Oui, totalement. Même moi, j'ai énormément de contraintes cette année. ou du coup c'est un peu la première année où je vends des photos à la presse avec l'agence et du coup oui t'es obligé de faire des photos très presse, très peu retouchées etc puis ça te rajoute aussi une tâche de travail parce qu'en plus tu veux rendre d'autres photos très travaillées pour ton agence c'est un peu compliqué le travail pour tes clients et le travail que tu fais aussi perso pour c'est ça tu montres et montres et montres en fait on a des photos qu'on vend sur notre site Overtake et des photos qu'on vend sur un autre site de banque d'images du coup en fait je fais le travail en double tous les week-ends du coup quand je fais 400 photos la journée sur notre site mais en fait en réalité j'en fais 800 parce que j'en fais 400 autres pour l'autre donc oui tu peux vite être bridé entre guillemets mais je pense que ça change pas grand chose dans ton week-end de course car tu peux prendre 5 minutes pour faire des photos presse à un spot et tu peux prendre 5 minutes pour faire des filets donc ça va après c'est vrai que quand je vais en moto GP et que j'ai pas de contraintes bah si j'ai envie de faire une heure de filet je fais une heure de filet et je fais ce que je veux
- Speaker #0
Qu'est-ce que t'as comme contraintes dans les photos presse ?
- Speaker #1
On reste sur un editing quand même très naturel et en fait les photos presse il faut sortir du fait qu'on soit photographe, on est journaliste Merci. où il faut vraiment illustrer l'endroit, il faut que la personne sache, ok, c'est quelle voiture, on est où, si tu arrives à contextualiser la course, c'est bien, tu contextualises en fait, tu es plus journaliste quand tu fais de la photo de presse que photographe.
- Speaker #0
Et si, imaginons, il y a un photographe qui se dit, bon maintenant je veux uniquement faire des photos avec mon style, etc. Est-ce qu'il arrivera quand même à faire sa place et à trouver clients, etc. Ou il faut vraiment faire aussi de la photo presse ?
- Speaker #1
Non, si tu as envie de travailler que pour une équipe ou que pour des sponsors, ils vont vouloir un style, etc. La presse n'est pas vitale, chacun fait un peu ce qu'il veut.
- Speaker #0
J'aimerais bien passer sur le format où tu nous as donné 5 photos qui ont une histoire. J'aimerais bien que tu nous les racontes. Les photos s'afficheront sur la vidéo YouTube, mais pour ceux qui n'ont que le son, on va essayer de les expliquer un petit peu. La première, celle qui date de 2023, où on voit Hamilton dans le box qui rentre dans sa Mercedes. Tu avais l'air idéalement placé pour avoir cette photo.
- Speaker #1
Effectivement. Du coup, c'était ma première course à Barcelone. Du coup, je ne sais pas comment ça se passe. Juste, quelqu'un m'avait briefé un jour et m'avait dit avant le départ de la course, avant que tout le monde aille sur la grid, tu peux te mettre devant un garage, celui que tu veux. Et si tu as de la chance, tu peux rester le temps que le pilote monte. Et si tu n'as pas de chance, le pilote monte trop tard et tu dois sortir de la pitlane. Par chance, j'avais la grid access. Donc, dans tous les cas, j'aurais pu rester plus longtemps. Je suis devant le garage d'Hamilton, je ne vois aucun photographe, alors qu'il doit partir peut-être dans 10 minutes je crois. Et là j'étais un peu culotté, je rentre dans le garage Mercedes en mode j'ai le droit, alors que j'ai totalement pas le droit.
- Speaker #0
T'as pas le droit de faire ça, t'as pas le droit de rentrer dans les boxes. Non,
- Speaker #1
t'as pas le droit de rentrer dans les boxes, à part si on tient vite. Donc je rentre parce qu'il n'y avait vraiment personne, il n'y avait pas de photographe, c'était très bizarre. Donc je rentre, je prends une ou deux photos, rien de spécial. et là je fais oh quand même attendre Hamilton à l'intérieur du box je fais peut-être pas du coup je suis ressorti et là toujours aucun photographe Bien sûr quand je suis rentré dans le box j'ai gêné personne, il y avait presque personne, il y avait quand même du monde qui m'ont vu, je suis pas rentré comme ça, je défends ma cause. Et du coup Hamilton arrive, je suis toujours tout seul en face de la voiture, donc en vrai c'est un shot que moi j'avais idéalisé dans ma tête, où t'as le pilote qui rentre, tout est symétrique, les lumières, la voiture etc. Et là il rentre dans la voiture, je me mets au 24-70, j'ai l'angle parfait, il rentre dedans et j'ai la photo que je veux, je suis au 24.
- Speaker #0
Donc là à ce moment là t'as le box, toi t'es côté pitlane du coup ? Ouais, c'est ça. En fait,
- Speaker #1
il y a une ligne rouge. en qui sépare le garage et la pitline et t'as le droit de te mettre là après t'as le droit quand même d'avancer un peu ton appareil tant que tu gênes personne mais du coup j'ai ce shot parfait, aucun photographe j'étais absolument tout seul pour mon premier week-end j'ai tremblé après c'est pas facile d'être tout seul à des endroits non moi j'aime bien, j'ai toujours été très solitaire comme personne, c'est pour ça que je me voyageais tout seul sur le circuit,
- Speaker #0
rien ne me dérange au moins t'as la photo que personne c'est cool d'être tout seul parfois J'aimerais bien passer sur la série de photos. C'était la victoire de Charles Leclerc à Monza, avec toute l'effervescence des tifousies. Quelle ambiance ça devait être ?
- Speaker #1
Dingue. En vrai, c'est aussi pour ça que la F1 est exceptionnelle comme sport. C'est les émotions que tu vis là. Je pense que tu ne peux pas les vivre ailleurs. Enfin, du moins, très rarement. Monza, Charles gagne. Déjà, moi, j'ai eu sa victoire à Monaco, donc déjà, j'étais très content cette année. Là, je vais à Monza. Comme je te disais, j'attends devant le garage Efia pour le parc fermé. Je crois que c'était, je ne sais plus, c'était Piastri qui était en tête. Je pense que c'était une des deux McLaren. Et au bout d'un moment, Leclerc se retrouve premier parce qu'il ne boxe pas. Et on est en mode, what the fuck, qu'est-ce qui se passe ? Et là, on voit que Charles va gagner la course. Et Charles gagne la course. Du coup, pareil, on sort. J'ai mes photos quand il sort de la voiture. Donc ça, c'est cool. Il saute sur ses mécanos devant moi, un peu comme ce que j'avais eu à Monza. Très belle photo. Et en fait, à Monza, une fois que ce parc fermé est terminé, pour le podium, tous les photographes vont sur le pit wall et on monte sur le pit wall et là quand tu vois toute la piste se remplir de spectateurs Avec les drapeaux Ferrari, les drapeaux italiens, les drapeaux de tous les pays, les drapeaux brésiliens, mexicains. T'es en mode wow. C'est beau, l'ambiance est folle et tu te dis... C'est compliqué de revivre ce genre d'émotions. Parce qu'après, quand le lundi tu rentres et que tu prends le RER, c'est très compliqué. Mais ouais, les émotions, Monza, Ferrari qui gagne. Jusqu'à présent, même cette année quand Max a gagné à Monza, tu ressens pas la même chose.
- Speaker #0
C'est différent, c'est tellement beau d'avoir... Tous ces détails alignés. C'est ça,
- Speaker #1
tous les détails alignés, même si Max à Monza, tout le public rentre sur le circuit, rien techniquement ne change, mais l'ambiance entre guillemets change.
- Speaker #0
Donc sur du plus récent, tu as la victoire de Landon Norris à Monaco, où il fait littéralement un câlin à ta caméra, c'est génial d'être aussi proche.
- Speaker #1
Ouais, et surtout Monaco c'est un petit peu spécial. Monaco c'est pas comme les autres circuits où je te disais que tu attends devant le garage EFIA, on te fait rentrer sur la piste. Là Monaco, tu attends au niveau de la sortie de la pitlane, on va dire. Et en gros, soit tu montes sur une petite plateforme en haut et du coup, t'es trop bien parce que t'es en face du podium. Mais du coup, t'es en plongée pour prendre la photo de célébration que moi, j'aime un peu moins. Ou soit tu vas sur la piste. Du coup, bien sûr, je vais sur la piste. Et là, du coup, au moment où ils nous disent qu'on peut courir, je cours avec les mécanos McLaren. Et je me retrouve. J'aime bien, j'ai aussi ce défaut parfois de toujours vouloir avoir tout centré. Du coup, forcément, Lando sort de sa voiture, je veux être parfaitement droit. Et je suis au milieu de ses mécanos.
- Speaker #0
t'as le droit d'être à ce moment là là avec les mécanos ?
- Speaker #1
J'ai totalement le droit. J'ai la même photo de Charles en 2024 où là du coup pour le coup je savais pas si j'avais le droit d'être là. La FIA nous a pas dit clairement qu'on pouvait être là. J'ai juste vu les mécanos Ferrari courir du coup j'ai couru avec eux. Mais du coup cette année j'avais clairement le droit d'être là. Et du coup Lando sort de sa voiture point en l'air etc. Et on pense que la célébration va s'arrêter là. Et là en gros quand ils sont au parc fermé et ils ont chacun un petit cube 1, 2, 3 pour poser leurs affaires dessus. Et Lando prend ce cube et il le met Et il le met, genre, littéralement devant moi et devant ses mécano, et il monte sur ce cube. Et là, je me retrouve, du coup, entre tous les mécano, et il fait un câlin aux mécano, et ma caméra se retrouve parfaitement au milieu. Et du coup, ouais, assez content de cette photo. Il est en mode, bah, celle-ci, du coup. Du coup, pas le grand format, mais ouais, c'est exactement ça. Incroyable. Ouais. Et là, tu te dis, ok, j'ai une vraie photo.
- Speaker #0
Je trouve que ça, c'est un peu, justement, la part d'improvisation et d'anticipation, de dire, j'aimerais ça, etc. Et là, l'improvisation de... Il met son cube ici et tout colle bien.
- Speaker #1
Les célébrations, ce qui est dur à jouer avec, c'est jouer avec les différents objectifs. Est-ce que je vais mettre un 70-200, un 100-500, un 16, un 24-70 ? Donc oui, la photo de Norris, j'aurais préféré avoir un 16mm qu'un 24-70. Mais en vrai, s'il n'avait pas fait ça et qu'il aurait juste sauté un peu, j'aurais été content d'être 24-70. Donc tu as aussi cette part de chance, mais aussi d'expérience. À force, maintenant, je sais à peu près quoi mettre. Quand mettre, heureusement que j'ai deux appareils, du coup toujours avec un 72 et un 24-110, mais c'est vrai que parfois tu hésites entre le 24-110 et le 16.
- Speaker #0
Est-ce que du coup tu sais un peu quand tu te dis ok là je vais courir, je vais être dans les mécanos, tu sais que tu vas être très proche donc tu sais que ce sera le 24-70 et quand tu vois que t'es un peu derrière tu te dis de toute façon je vais prendre le 70-200 parce que je serais trop loin.
- Speaker #1
Ouais mais tu vois par exemple à Monza, j'étais quand Max gagne, j'étais à côté de ses mécanos et j'étais au 10-20, donc grand temps, grand temps. Et là typiquement j'étais à 10. et en fait même s'il a sauté à notre distance sur l'objectif 10 t'es quand même super loin ah quand même c'est trop grand angle t'es trop grand angle et 10-20 le 20 même si tu zooms t'es toujours pas au 24 donc t'as pas des masses c'est toujours un peu dur de choisir mais je pense que c'est avec l'expérience aussi c'est que ma 3ème année j'ai
- Speaker #0
pas fait non plus 50 milliards de célébrations donc je pense que c'est quelque chose que je vais continuer d'apprendre selon les circuits du coup est-ce qu'il y a des objectifs qui sont peut-être pas forcément nécessaires par exemple le 10-20 finalement tu l'utilises rarement moi je l'ai pas je l'emprunte à Canon à chaque fois
- Speaker #1
Donc souvent, je l'ai pendant une petite free practice, c'est cool. Typiquement à Abu Dhabi, à l'hôtel, c'est cool d'avoir le 10-20 parce que tu as toute l'architecture et le 10 te donne vraiment une impression de grandeur. Mais sinon, dans des célébrations, rarement, enfin bref.
- Speaker #0
Tu as aussi une photo avec Lewis Hamilton, toujours. Grand sourire aux lèvres, qui tient sa coupe. Comment tu t'es retrouvé à cet endroit-là ?
- Speaker #1
Du coup, c'était pendant sa célébration à Silverstone d'après-course. Et là, tu te retrouves, du coup, ils font une photo de famille, tous les photographes, on est derrière, ils font péter le champagne. tous les photographes s'avancent et en fait j'avais pas de la chance parce que j'étais arrivé en avance du coup je l'avais un peu mérité cette place et du coup au moment où il fait le champagne je suis l'un des premiers à avancer près d'Hamilton et en fait c'est dur parce que t'as les mécanos qui te poussent, t'as les photographes qui te poussent t'as les journalistes et t'es en mode mon but c'est de pousser personne mais de quand même rester proche de mon sujet mais pas trop proche du coup t'essaies un peu de composer avec ça et en fait je me retrouve littéralement en dessous d'Hamilton à une distance quand même convenable pour bien l'avoir et en fait ça a duré bien 5... Dans ma tête, c'est 5 minutes, mais je pense qu'en réalité, ça durait une minute. Et du coup, t'es là, t'essaies de composer avec tout le monde, tout le bruit. Et c'est quand même cool.
- Speaker #0
Ça doit être particulier quand même, la première fois en tout cas, que tu fais ça où t'as tout le monde, etc. Tu dois dire, oh mon Dieu, il y a trop de monde, il y a trop d'agitation, qu'est-ce que je fais là ?
- Speaker #1
Les gens peuvent s'en rendre compte sur le documentaire. Tu sais, la mini-série de Hadjar sur Canal+, l'épisode, je ne sais plus, le 2 ou le 3, où il finit podium à Zandvoort. dans la fin de l'épisode de canal tu peux voir en fait ce Cette célébration dans la pitlane avec son équipe. Du coup, là, tu peux vraiment te rendre compte à quel point c'est un peu le zoo.
- Speaker #0
Tu m'étonnes. La dernière photo, donc on retourne, tu en as parlé tout à l'heure, la victoire de Charles à Monaco, une victoire assez iconique. Qu'est-ce que ça fait de photographier des moments historiques, si on peut le dire, du sport auto ?
- Speaker #1
C'est vrai que sur le moment, tu ne réalises pas spécialement. En fait, moi, sur le moment, je réalise peu parce que je suis en mode, je veux juste la meilleure photo. Donc en vrai, je m'en fous de qui est là. Mais une fois, après coup, tu es en mode. Ok, en fait, c'est bien. J'étais là quand Charles Leclerc a gagné à Monaco. Et après, surtout, on s'en raconte plutôt dans 10 ans, que là, ça ne fait que 2 ans. Dans 20 ans, quand on se dira, Leclerc, il a gagné pour la première fois à Monaco en 2024, là, je pense que ça sera plus impressionnant de s'en rappeler. Parce que là, pour l'instant, ce n'est pas que ça ne me fait rien. C'est cool, c'est quand même très sympa. Mais je pense que ça sera plus impressionnant dans quelques années.
- Speaker #0
Est-ce que tu te rends compte de la chance, ce n'est pas de la chance, mais du travail qu'il t'a fallu pour arriver là, une place où... Tout le monde rêve d'être là.
- Speaker #1
C'est aussi de la chance de rencontrer les bonnes personnes au bon moment. Mais dans l'idéal, c'est la chance que tu la provoques. Tu la provoques parce que j'ai été en F1, parce que j'ai envoyé ce mail à cette personne à ce moment-là. Et surtout que j'ai énormément travaillé avant. J'ai fait des championnats pas très intéressants. Je suis allé dans des circuits pas très intéressants, quand il ne faisait pas beau, quand je n'avais pas envie, quand j'avais école en même temps. Du coup, tu finis l'école le vendredi midi, tu vas sur le circuit, tu rentres lundi dans la nuit, puis tu vas à l'école. J'ai fait ça pendant 2-3 ans, donc avant d'arriver en F1 j'ai quand même fait plus d'une vingtaine de courses, que ce soit moto, karting, monoplace, enfin bref du coup je pense que je l'ai vraiment mérité entre guillemets et je pense que c'est important aussi de travailler dur et t'arriveras pas en F1 juste parce que t'as envie et que tu vas envoyer des mails donc peut-être que ça se passera. Mais c'est comme beaucoup qui me demandent, même si demain t'as jamais fait d'automobile et que t'arrives en F1, bah en fait oui tu auras réalisé ton rêve mais tu vas pas être content de toi et ni de tes photos. Donc pour moi, si t'as envie de faire de la F1, et même si là demain on te le propose sans expérience, dis non. Et fais-toi de l'expérience, sois satisfait de tes photos, et quand t'iras en F1, là ça sera cool.
- Speaker #0
Puis il y a aussi plein de gens qui veulent faire photographe dans la Formule 1, etc. Mais il y a tellement d'autres courses qui sont hyper intéressantes, auxquelles ils sont moins médiatisés, auxquelles les championnats sont moins médiatisés. Mais quand on se met dedans et qu'on découvre des championnats, il y a tellement d'autres courses et d'autres disciplines qui sont intéressantes.
- Speaker #1
Surtout que la F1, c'est techniquement l'un des moins intéressants à photographier. car d'une, tu as très peu de roulage, les sessions c'est qu'une heure, tu ne peux pas aller dans la pitlane quand tu veux, il faut demander, tu ne peux pas aller sur la grid non plus quand tu veux, alors que d'autres championnats en France, ça va rouler de 8h à 19h, tu vas dans la pitlane quand tu veux, c'est hyper ouvert, tu vas sur la grid, enfin la F1 oui c'est cool parce que tu as... Les pilotes dont tu rêves, les voitures qui sont cool, mais techniquement c'est pas là où tu prends le plus de plaisir.
- Speaker #0
Tu as le droit d'aller sur la grid ?
- Speaker #1
Quand on me l'autorise. Du moins, c'était l'année dernière quand on me l'autorisait. A partir de l'année prochaine, en gros en F1, t'as le pass permanent après 14 courses. Et du coup j'ai fait 14 courses cette année. Du coup l'année prochaine j'ai le pass permanent qui me permet d'aller sur la grid à toutes les courses. Donc ça c'est cool.
- Speaker #0
T'arrives quand même à faire des photos sur les grids ? Je sais qu'il y a beaucoup de monde. C'est en amont.
- Speaker #1
En fait, moi, j'adore les grilles avant qu'ils font rentrer tout le public, avant que les voitures arrivent. Du coup, je vais vraiment au fond de la grille, au niveau du P20, et les voitures, elles arrivent pile poil en face de toi. Tu peux être à ras du sol et c'est là où les photos sont cool. Parce que oui, après, quand la voiture, il l'emmène à son point et qu'il sort, ok t'as des photos quand il sort mais après façon les pilotes ils partent, ils vont aux toilettes, ils vont je sais pas où Et du coup, tu n'as plus personne sur la grid et tu n'as que des VIP ou des conneries du genre.
- Speaker #0
Justement, souvent, les photographes qui vont là-bas, c'est plutôt pour aller chercher les VIP, etc. C'est ça.
- Speaker #1
Donc, non, moi, j'aime bien ce côté un peu où les voitures arrivent, tu peux les prendre, les pilotes qui sortent des voitures. De toute façon, on ne les a pas quand les héros rentrent dans leurs voitures. Du coup, tu as vraiment ces 5-10 premières minutes qui sont intéressantes. Après, oui, tu as 2-3 VIP qui peuvent être intéressants à prendre. Pour de la presse, c'est toujours très cool. surtout quand tu vois le président de l'AFIA Bon, il y a toujours deux, trois trucs à avoir, mais oui, en termes graphiques, c'est bien les cinq minutes avant qui m'intéressent.
- Speaker #0
J'aimerais bien passer sur un des derniers formats, qui est vérité ou fausse croyance. Donc, je vais te donner des phrases ou des questions, et tu me diras si c'est une vérité ou une fausse croyance. Est-ce que le talent suffit à accéder à la Formule 1 ?
- Speaker #1
Fausse croyance, du coup.
- Speaker #0
Il n'y a pas que le talent, il faut du timing, un petit coup de chance, et pour qu'il y ait de la chance. Et donc, les photos filées sont indispensables pour être reconnues en Formule 1.
- Speaker #1
Vérité.
- Speaker #0
Pourquoi ?
- Speaker #1
C'est difficile. C'est difficile, mais il faut savoir aussi être original. Tu ne peux pas faire que des photos fixes tout le temps.
- Speaker #0
Mais ça reste important les photos fixes ?
- Speaker #1
Oui, pour la presse, c'est toujours important.
- Speaker #0
Après, même pour moi,
- Speaker #1
graphiquement, c'est toujours cool de faire des photos fixes.
- Speaker #0
Le matériel fait 80% du travail en Formule 1 ?
- Speaker #1
Fausse croyance, je dirais 50%.
- Speaker #0
Ok, c'est important. Oui,
- Speaker #1
parce que tu as quand même besoin d'avoir des appareils, par exemple, qui font du FTP pour envoyer les photos en live. Pas tous les boîtiers amateurs le font. Donc oui, 50%, je dirais.
- Speaker #0
Tout a déjà été photographié en Formule 1 ?
- Speaker #1
Fausse croyance. Je pense qu'il y a encore énormément de choses à faire.
- Speaker #0
Heureusement, parce que si c'était le métier, on ne le perdrait pas.
- Speaker #1
C'est ça, sinon tout le monde arrêtait.
- Speaker #0
Les réseaux sociaux ont changé le métier de photographe.
- Speaker #1
Vérité.
- Speaker #0
Est-ce que maintenant tous les photographes sont sur
- Speaker #1
Instagram ? La nouvelle génération, oui. L'ancienne génération, encore pas totalement, je pense.
- Speaker #0
Après, peut-être que l'ancienne génération n'a pas forcément besoin, comme ils ont dit à leurs clients. Elles ont besoin aussi.
- Speaker #1
Mais je pense aussi qu'on prend des photos maintenant où on sait qu'elles vont être belles sur Instagram. Par exemple cette photo je l'ai prise en verticale et pas en horizontale parce que je savais qu'elle allait finir sur Insta.
- Speaker #0
Oui mais du coup le vertical est vachement plus rentré.
- Speaker #1
Après je shoot quand même 98% du temps en horizontal.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Mais c'est vrai que celle-là je ne sais pas pourquoi je m'étais dit d'aller en vertical.
- Speaker #0
Est-ce que du coup c'est embêtant le format Instagram qui oblige à sortir plutôt des photos carrées parce que finalement on ne sort jamais de photos horizontales ?
- Speaker #1
Rarement.
- Speaker #0
Et est-ce que ça gâche ? C'est compliqué. En fait maintenant... J'ai vraiment eu ce truc là, je pensais que ça gâchait un peu la photo.
- Speaker #1
du coup maintenant t'essaies de composer celle là elle est faite en horizontal mais je savais que du coup en la prenant en horizontal au grand angle j'allais pouvoir cropper dedans pour faire mon carré donc j'essaie maintenant de réfléchir mon image pour Instagram aussi c'est dommage il faudrait remettre un peu l'horizontale mais c'est vrai que sur Instagram ça fait petit en fait pas
- Speaker #0
facile pour qu'Instagram il repense ça pour finir j'ai 60 secondes de questions et réponses des réponses simples ok Je ne me connais pas vraiment 60 secondes, mais on va dire que ça fait 60 secondes. Alors, F1 ou MotoGP ?
- Speaker #1
F1.
- Speaker #0
Le pilote que tu préfères photographier ?
- Speaker #1
Hamilton.
- Speaker #0
Le pilote qui a le meilleur casque ?
- Speaker #1
Hamilton.
- Speaker #0
Le circuit que tu préfères photographier ?
- Speaker #1
Monaco.
- Speaker #0
La meilleure livrée de monoplace de tous les temps ?
- Speaker #1
La McLaren 94, la Livret Malboro.
- Speaker #0
Couleur ou noir et blanc ?
- Speaker #1
Couleur.
- Speaker #0
Téléobjectif ou grand angle ?
- Speaker #1
Grand angle.
- Speaker #0
Le circuit le plus difficile à shooter ?
- Speaker #1
Singapour, pas simple.
- Speaker #0
Course ou ambiance ? À shooter.
- Speaker #1
Course.
- Speaker #0
T'aimes bien la pluie pendant la course ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Plutôt filet ou net ?
- Speaker #1
Filet.
- Speaker #0
F1 d'hier ou d'aujourd'hui, pour shooter ?
- Speaker #1
J'ai pas connu hier, donc je dirais aujourd'hui.
- Speaker #0
Set-up complet ou emporter pas beaucoup de matériel ?
- Speaker #1
Complet.
- Speaker #0
Un circuit dans un lieu qui n'existe pas que t'aimerais voir ?
- Speaker #1
Je dois dire un lieu ?
- Speaker #0
Un lieu.
- Speaker #1
Nice.
- Speaker #0
Monaco est-il un circuit sympa à photographier ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Aimes-tu les GP de nuit ?
- Speaker #1
Oui, j'adore.
- Speaker #0
Est-ce que la rafale est indispensable pour capter le bon moment ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Quel autre sport pas mécanique aimerais-tu photographier ?
- Speaker #1
Le tennis.
- Speaker #0
Ta team de F1 préférée ?
- Speaker #1
Mercedes.
- Speaker #0
Tu aimerais shooter avec Canon toute ta vie ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Tu aimerais shooter aussi des voitures ou exclusivement du sport auto ? Des rallies, twisty ? Oui, un peu de tout. Aimes-tu shooter les courses de camion ?
- Speaker #1
C'est sympa.
- Speaker #0
Aimerais-tu être photographe exclusive d'un pilote ?
- Speaker #1
Ouais, pilote ou équipe.
- Speaker #0
Qu'est-ce que c'est un peu cette vie, je lâche un peu mon format, d'être photographe exclusive d'un pilote ?
- Speaker #1
Bah du coup, je ne vis pas cette vie encore, mais j'imagine que tu voyages souvent avec le pilote, ou du moins, vous voyagez peut-être différemment, mais vous vous retrouvez tout le temps, vous passez tout le week-end ensemble. Du coup, je pense que c'est quand même chouette. Je pense que ça devient aussi forcément l'un de tes meilleurs amis, obligatoirement. Je pense qu'être photographe d'un team, ce que j'ai déjà vécu une fois en formule E, c'est quand même une expérience différente parce que là tu as deux pilotes à suivre et tu es plus vie de team. Donc tu dois prendre aussi des photos des mécanos, tu dois vraiment prendre l'ambiance générale. Alors que quand tu es focus sur un pilote, c'est que lui tout le temps que tu dois prendre. Donc même en dehors des courses, il va faire un paddle, tu vas prendre un paddle. Du coup, ça doit être sympa mine de rien.
- Speaker #0
Est-ce que chaque photographe là sur la grille a un photographe exclusif ?
- Speaker #1
Pas tous je pense, mais je pense que plus de 50% en tout cas.
- Speaker #0
Oui, parce qu'aussi, il faut quand même trouver des affinités.
- Speaker #1
Oui, je pense que tu ne peux pas faire ça avec n'importe qui non plus.
- Speaker #0
C'est particulier quand on voit un petit peu ce que font les frères Truchet. C'est vrai qu'ils les suivent partout. Oui,
- Speaker #1
c'est ça.
- Speaker #0
Mais après, ça doit effectivement être génial à faire. Merci Alexis. Merci à toi. C'est une vie passionnante.
- Speaker #1
Gentil.
- Speaker #0
On te souhaite plein de belles choses, surtout pour la prochaine saison, qui va être très chargée aussi. Tu auras combien de grands prix à peu près ?
- Speaker #1
Au moins 14, je suis sûr. À voir si j'en fais plus ou moins. mais en tout cas j'irai à Melbourne pour la première fois en début d'année chouette Donc long voyage, les photos vont se mériter.
- Speaker #0
Quand tu pars aussi loin, tu pars combien de temps ?
- Speaker #1
En général, du moins en Europe, je pars du mercredi au lundi. J'arrive le mercredi soir, je repars le lundi matin. Mais là, les voyages un peu plus longs, en général, tu essaies de partir le lundi quand même, lundi ou mardi.
- Speaker #0
Tu profites un peu sur place ou pas ?
- Speaker #1
Rarement, rarement. Seulement les double-headers. Les double-headers, vu que je reste souvent soit dans une ville, soit dans l'autre avant le début du week-end de la course d'après, je t'en profite un peu
- Speaker #0
On te souhaite quand même de bien profiter de cette saison, de ne pas être trop fatigué à la fin.
- Speaker #1
Merci à vous.
- Speaker #0
Merci Alexis.