Speaker #0Bonjour à tous, bienvenue dans ce podcast dédié à la pratique du métier d'avocat, un espace de réflexion entre confrères autour de ce que nous vivons au quotidien dans nos cabinets, les dossiers, les décisions, les relations humaines et les évolutions de notre profession. Je vous propose ici de prendre un peu de recul sur notre pratique, sur notre métier et sur la manière dont nous choisissons de l'exercer. Je vous souhaite une agréable écoute. Bonjour à tous, bienvenue dans ce podcast dédié à la pratique du métier d'avocat, un espace de réflexion entre confrères autour de ce que nous vivons au quotidien dans nos cabinets, les dossiers, les décisions, les relations humaines et les évolutions de notre profession. Je vous propose ici de prendre un peu de recul sur notre pratique, sur notre métier et sur la manière dont nous choisissons de l'exercer. Je vous souhaite une agréable écoute. Bonjour à tous, on se retrouve après une petite pause depuis fin janvier. Petite pause durant laquelle j'ai voulu repenser ce podcast pour parler un peu plus aux confrères, aux avocats qui sont confrontés comme moi chaque jour à des questions de stratégie, de gestion de dossier, de gestion de cabinet et de gestion personnelle aussi. Alors j'avais envie que ce podcast évolue. Les billets seront certainement un peu plus longs, comme une réflexion partagée entre confrères. Ils se voudront certainement aussi plus libres, quelques invités en perspective, quelques conversations libres, pour partager ce que je vis au quotidien. et ce que certains confrères me rapportent également durant mes accompagnements. Donc le podcast revient, mais avec un format un peu différent, qui j'espère vous plaira. Aujourd'hui, j'avais envie de commencer par un sujet que je rencontre et que vous rencontrez également dans votre pratique, c'est le piège du focus. Je m'explique. Dans notre métier, nous sommes formés à analyser. Et c'est une compétence centrale. On examine les faits, on identifie les points de droit, on construit le raisonnement, la stratégie, et on peut rapidement tomber dans le piège de la suranalyse de situation, la suranalyse du problème, qui va finir par amplifier le problème et nous éloigner de la solution. Il arrive très régulièrement qu'un client arrive au cabinet avec une situation qui, objectivement, n'est pas insoluble. Bien évidemment, il a un focus sur ce problème qu'il voit comme étant une chose dramatique, insoluble, voire obsessionnelle. Un désaccord entre associés, une relation contractuelle qui va se dégrader. En somme, une solution, une sortie est possible, mais comme toute l'attention du client est concentrée sur ce point précis, la situation Merci. va se cristalliser autour de ce détail et de ce point précis. Si je prends un exemple classique pour les affairistes, et je vais parler d'un conflit entre associés. Au départ, il peut s'agir simplement d'une divergence assez simple, ou d'un délai de réponse un peu trop long, un désaccord sur un investissement, ou une trésorerie un peu tendue. Et puis très vite, le conflit... va se personnaliser, va s'amplifier. Chaque décision va devenir suspecte. Chaque attitude va devenir une preuve. Ou chaque silence devient une intention. Tout va être interprété à travers la perception que le client va avoir de la situation et de son associé. Alors il va vous tenir ce discours, mon associé veut m'évincer, il prépare quelque chose, il agit contre moi. Finalement, quand on va creuser un peu, on se rend compte que la situation est souvent beaucoup plus nuancée. Mais dans l'esprit de notre client, le problème est devenu central. En psychologie, il y a un phénomène et un mécanisme qui expliquent très bien cela, c'est ce qu'on appelle le biais de confirmation. Je m'explique. Quand vous commencez à croire quelque chose, votre cerveau va naturellement chercher les éléments qui vont confirmer cette croyance. Dans les dossiers, c'est exactement pareil, tant pour votre client que pour vous-même. Si votre client pense que son associé agit contre lui, il va alors chercher et trouver tout ce qui semble aller dans ce sens. Un mail va lui sembler trop sec. Un rendez-vous dont il n'a pas été informé va paraître suspect. Une décision banale prise sans lui va devenir une mauvaise intention de la part de son associé. À partir d'un certain moment, La personne ne voit plus que le problème, la situation, et le cerveau va simplement lui trouver toutes les confirmations de son inquiétude. Alors, vous comprenez rapidement où je veux en venir. Ce biais de confirmation, il agit dans un sens, mais il peut aussi agir dans un autre sens. Et c'est bien là le cœur de la bascule et le cœur du changement. Et dans nos stratégies de dossier, c'est exactement la même chose. Si on défocus sur le problème, mais qu'on se focus sur la solution, eh bien notre cerveau va naturellement chercher des confirmations pour trouver la solution. Et la question clé pour permettre cette bascule, c'est quel est l'objectif ? Quand vous interrompez votre client qui est en boucle, sur le problème et que vous lui demandez si nous mettions le problème de côté, quel était et quel serait votre objectif, que voulez-vous ? Généralement, vous avez un temps de silence, des yeux qui se plissent et le regard qui se lève. Parce que quand vous demandez à votre client d'arrêter d'être en boucle sur son problème, mais de vous donner son objectif, souvent ce n'est pas très clair. Mais c'est là où le changement va commencer. Quand on est dans un dossier de conflit entre associés et que le client vous fait la liste de courses de tout ce qu'il agace chez son associé, de tout ce qu'il trouve suspect, et que vous l'interrompez en lui demandant « mais vous, concrètement, que voulez-vous ? » Très rapidement, et très souvent d'ailleurs, la solution va apparaître, parce qu'il va simplement vous dire « je veux simplement continuer mon activité sereinement » . C'est aussi simple que ça. À partir de là, vous lui avez permis de faire un pas de côté sur son problème, de se remettre au centre de l'objectif qu'il veut atteindre, et votre stratégie. et votre dynamique vont se déplacer. Tant que l'attention reste fixée sur un problème, l'énergie va rester au même endroit. Et c'est là que le déplacement de regard va devenir essentiel. Le cerveau cherche des preuves, vous l'aurez compris, il va chercher des arguments, des confirmations. Mais dès que vous déplacez la question vers l'objectif, toute la dynamique va changer, et vous allez commencer à... avoir des opportunités, des options que vous n'aviez même pas envisagées avant. Ce déplacement de focus suffit souvent à décristalliser la situation. Et on le voit souvent. Parfois, la solution vient avant même que l'on envisage de prendre une quelconque initiative. Ce n'est pas de la magie, c'est de la neuroplasticité. C'est de la psychologie, c'est juste la façon dont notre cerveau, qui est une machine exceptionnelle, fonctionne. Et je crois que c'est aussi une part importante de notre rôle, quand on commence à exercer différemment avec cet angle des neurosciences et de la psychologie, c'est que notre expertise juridique, bien évidemment, elle est indispensable, mais nous sommes aussi souvent les premiers à remettre de la perspective dans une situation qui a été figée et qui est enfermée dans un problème. Parce que notre métier nous oblige à regarder les choses autrement, à dépassionner le débat et à décristalliser ce sur quoi nos clients maintiennent et concentrent leur attention. Nous sommes là pour élagir le champ de vision, pour remettre les faits à leur place et parfois simplement à poser la bonne question. Et c'est ce que je m'encourage chaque jour à faire, poser les bonnes questions. Parce que le problème... peut trouver une solution de manière assez simple si l'on pose les bonnes questions. C'est une image que j'utilise assez souvent, le regard et la loupe. La tension, elle va fonctionner comme une loupe et elle va amplifier ce que nous regardons. Eh bien, dans le focus, c'est exactement la même chose. Alors la question que je vais vous poser aujourd'hui est assez simple. Dans les dossiers que vous avez en ce moment, ou dans un dossier en particulier, qui vous prend un peu la tête, Où est posé votre regard ? Est-ce que votre regard est posé sur le problème ou est-ce que le regard est posé sur l'objectif ? Parce que vous l'aurez compris, il suffit simplement de déplacer le regard pour que tout le reste commence à bouger. Et j'insiste sur « simplement » parce que de prime abord, on peut me dire « Oula, c'est pas aussi simple, stop, ça c'est aussi une croyance » . Regardez simplement, prenez un dossier un peu plus lourd que les autres et regardez simplement où vous posez votre regard. C'est l'une des dimensions que j'ai découvertes ces dernières années et que je transmets à mes confrères et aux dirigeants. Une vision différente, plus ouverte et très intéressante également. Parce que travailler le droit, bien sûr, mais travailler aussi les perceptions. les représentations, nos propres croyances sur les dossiers et celles que nos clients ont sur la situation. Cela permet d'avoir un accompagnement différent, plus interactif, plus humain, et avec une stratégie qui est souvent plus efficiente et plus efficace. J'espère que ce nouveau format vous aura plu. Je serai très heureuse de poursuivre ces réflexions avec vous dans les prochains épisodes. Et je vous dis à très bientôt. Merci d'avoir pris ce moment avec moi. Si cet épisode vous parle, n'hésitez pas à le partager à un confrère ou à en poursuivre la discussion. Je serai très heureuse de lire vos retours et vos réflexions. Et je vous retrouve très bientôt pour un nouvel épisode consacré à la pratique du métier d'avocat. A bientôt. Merci d'avoir pris ce moment avec moi. Si cet épisode vous parle, n'hésitez pas à le partager à un confrère ou à en poursuivre la discussion. Je serai très heureuse de lire vos retours et vos réflexions. Et je vous retrouve très bientôt pour un nouvel épisode consacré à la pratique du métier d'avocat. A bientôt !