- Speaker #0
Bienvenue dans le troisième épisode de notre podcast dédié à la transmission positive en agriculture. Agriculteurs, agricultrices, pour engager vos collaborateurs, vous êtes sur la bonne voie. Alors après la marque employeur, après l'engagement des collaborateurs au quotidien, voici le moment d'aborder ensemble la transmission, ses enjeux humains, et émotionnel et son anticipation également avec toujours trois voix complémentaires pour nous guider, la voix d'un chef ou d'une chef d'entreprise agricole, celle d'un expert du monde de l'entreprise et enfin la voix d'un professionnel de la communication. Et c'est parti pour un échange avec notre invité Agri. de ce troisième épisode du podcast Transmissions Positives. Bienvenue Isabelle Leballeur, vous êtes éleveuse de volailles, de porcs, de vaches, productrice de céréales dans la Sarthe. Vous êtes également secrétaire générale de la Confédération Française de la Viculture, présidente de la Commission Économique d'Envol. Vous êtes maire de votre commune et en pleine phase de transmission, en plein tuilage depuis quelques années déjà, mais ça y est, ça s'accélère. Vous allez nous le raconter Isabelle. J'avais tout d'abord une première question à vous poser. Qui vous a transmis à vous, il y a quelques décennies, les rênes de l'exploitation et comment vous l'avez vécu ?
- Speaker #1
Oui, alors bonjour à tous. Alors donc, eh bien oui, j'ai eu la chance d'être la dernière d'une famille de cinq enfants avec des parents absolument, comment dire, motivés et aimant beaucoup leur métier. Et donc, en fait, ils ont réussi le pari fou que leurs cinq enfants, dont je suis la dernière, sont devenus agriculteurs. Et puis moi, en tant que dernière, j'ai construit à côté de leur exploitation d'origine, à côté de celle de mes frères finalement, qu'elle ait repris l'exploitation d'origine, j'ai construit ma propre exploitation, bien sûr avec leur aide. Et c'est précieux, effectivement, quand on peut faire comme ça, s'installer comme ça.
- Speaker #0
D'accord et vous m'avez expliqué qu'effectivement vous êtes installé avec votre mari Vous aviez fait aussi à l'époque le choix d'avoir un salarié à vos côtés Aujourd'hui ça se démocratise un petit peu, il faut dégager du revenu pour pouvoir le faire Le revenu, dégager du revenu c'est vraiment important pour vous, c'est la base
- Speaker #1
Alors c'est essentiel parce qu'on n'est pas très différent, on n'est même pas différent du tout de d'autres corporations professionnelles Pour durer dans le temps, il faut gagner de l'argent, ce n'est pas un gros mot Merci. Et comment dire, moi je me suis effectivement installée dans une première phase toute seule après mes parents et à côté dans un début. Mon mari est vite revenu me rejoindre parce que seul sur une exploitation, ça devenait un petit peu compliqué. Puis on avait un projet ensemble. Donc on a très vite pris effectivement un salarié parce que la famille aussi chez nous s'agrandit. Donc un, deux, trois et puis quatre enfants. Donc, à un moment, il y a deux conditions pour moi. Il y a gagner sa vie, comme on dit, gagner de l'argent. Et puis l'autre, c'est bien partager sa vie aussi entre sa profession et puis sa famille. Et c'est temps libre. Donc, il faut en avoir parce qu'il faut respirer aussi dans nos métiers. Et si on ne prend pas le temps de respirer, en tous les cas, moi, ça, c'est un conseil que je donne aux jeunes. on a la tête dans le guidon tout le temps et on a des métiers qui sont tellement captivants, prenants, qu'on peut vite s'essouffler. Donc pour éviter ça, il faut prendre le temps et donc nous la solution, on l'a trouvée au travers d'un salarié qu'on a eu sur notre exploitation à la naissance du troisième enfant et il a quitté l'exploitation l'année dernière pour prendre sa retraite. Alors je veux dire qu'on l'a eu longtemps, mais ça a été d'un confort inestimable chez nous pour partager bien aussi nos temps.
- Speaker #0
Alors ce salarié Isabelle, il aurait pu reprendre votre exploitation s'il n'avait pas été dans la même tranche d'âge que vous, mais vous avez transmis le virus du métier agricole, du métier d'éleveur, à vos enfants, notamment vos deux fils. Justement, cette transmission, vous la vivez depuis quelques décennies. Vous m'avez parlé d'un tuilage. Comment ça se passe ? Est-ce que c'est une transmission qui se travaille d'année en année, qui s'anticipe ? Racontez-nous.
- Speaker #1
Alors oui, on a une transmission d'une façon générale. Pour tous les agriculteurs, c'est quelque chose qu'il faut penser à minima dix ans à l'avance. Parce qu'il y a beaucoup d'inertie dans une exploitation et puis on anticipe aussi plein de choses, la fiscalité, la façon de transmettre, les investissements qu'on doit faire avant ou après. Tout ça, ça se travaille. Alors la chance qu'on a quand on fait une transmission familiale, c'est que ce temps de dix ans, on y pense même avant. donc ce qui a été le cas chez nous puisque sur les 4 enfants il y en a 3 qui sont agriculteurs et dont 2 qui souhaitaient tout de suite après leurs études vraiment exercer le métier et s'installer avec nous donc c'est ce qu'on a fait avec Julien, notre aîné qui voilà maintenant 12 ans a repris une exploitation à côté, celle de mon frère donc on reste vraiment dans les outils familiaux Merci. Et il a composé son installation avec nous. Et donc, on a constitué un Gaeque. Donc, on a une forme de coopération de travail à trois parents plus un. Et puis, huit ans, neuf ans après, Pierre, le troisième de la fratrie, il a le même parcours un petit peu que Julien. Et son souhait était de s'installer. et un voisin est venu lui proposer quelques... hectares de terre aussi, en lui disant écoute Pierre, j'aimerais bien que tu t'installes et puis installe-toi avec tes parents et moi je m'engage à te donner mes terres. Donc ce qu'il a fait, et puis il est arrivé sur l'exploitation. Donc nous, en parallèle, ça nous a permis de faire deux étapes de transmission, une première avec Julien, en lui mettant le pied à l'étrier pour bien connaître l'exploitation, et puis nous aider. Et la deuxième, avec Pierre, à qui on a commencé une transmission de parts. Nous, les parents, on est devenus à 40% propriétaires des parts sociales de l'exploitation. Ce qui a permis d'une transmission en douceur. Et puis là, on se prépare à la dernière phase. Celle où il faudra laisser les clés ? Voilà, les clés définitives. Donc, dans deux ans, on va transmettre nos 40% restants à nos deux enfants. Donc, voilà, c'est un chemin idéal qu'on a eu. C'est vrai,
- Speaker #0
vous êtes un exemple à suivre.
- Speaker #1
Voilà, mais quelque part, ce que je veux insister, c'est que ça se prépare. Ça ne se fait pas aussi naturellement que ça, finalement. Alors, en famille, peut-être plus, mais vraiment, ça se prépare. Il faut prendre le temps d'aller peut-être aussi en formation.
- Speaker #0
Tout à fait, on va y revenir. Pour parler avec d'autres. Oui, on va y revenir. Ça ne s'improvise pas, c'est bien votre message. Et j'ai aussi retenu que vous êtes une chef d'entreprise agricole. Ce goût de l'entrepreneuriat, c'est important aussi pour vous à transmettre à celles et ceux qui vont prendre les rênes de l'exploitation. On vous l'a transmis d'ailleurs, j'imagine.
- Speaker #1
Alors ça, oui. C'est aussi, je disais tout à l'heure, il y avait des phases indispensables, mais le temps de travail, le revenu. mais le côté chef d'entreprise. Parce que qu'est-ce qui motive aujourd'hui un jeune ? Et qu'est-ce qui nous a motivés, nous, à être agriculteurs et être dans cette dimension-là ? C'est celle de la liberté. La liberté d'entreprendre, la liberté de façonner notre outil de travail comme on le veut, comme on y veut y travailler tous les jours. Parce que ce qu'on a dit à nos enfants, il y a une chose importante, c'est que quand vous choisissez un métier, il faut le choisir avec passion. Certes, avec l'envie de gagner sa vie, mais avec passion. et ne pas y aller avec la boule au ventre. Et dans nos métiers, on a des métiers compliqués quand même, il y a quand même plein d'entraves et de contraintes, on va dire, de travail, puisque c'est 100% du temps, et donc il faut quand même bien y penser avant. Mais voilà, il faut laisser ce goût d'entreprendre et de façonner son environnement de travail, ce choix de ses productions, comme on le veut. Et ça, on a essayé de donner cette possibilité à Julien. Quand il s'est installé, il a façonné son outil avec une construction de poulailler qu'il a fait à sa façon. Et Pierre, quand il est arrivé sur l'exploitation, où il y avait déjà des choses de faites, on lui a dit, écoute, voilà, tu te rends responsable de toute la partie volaille sur l'exploitation et vas-y, quoi. Si tu veux réinvestir dans des trucs, tu le fais. Vraiment, tu crées l'outil. que comme tu as envie de le vivre tous les jours.
- Speaker #0
Et nous,
- Speaker #1
on t'accompagnera.
- Speaker #0
Merci beaucoup Isabelle, vous avez raison de le souligner. C'est vrai que l'autonomie, la créativité, c'est quelque chose qui revient souvent dans ce podcast de la part des agriculteurs et agricultrices que l'on a invité, qui est sans doute le moteur et la clé d'une transmission positive réussie. Justement, en ce sens, quel conseil vous donneriez, Isabelle Leballeur, à un cédant qui est aussi... comme vous, en train de réfléchir à sa transmission. On a bien compris qu'il y avait plusieurs étapes, mais voilà, des ingrédients de base pour bien réussir sa recette, si je reprends vos mots. Qu'est-ce qu'il faut ? Vous m'avez dit être heureux tous les jours.
- Speaker #1
Oui, la bonne recette, c'est l'anticipation. Je le redis et c'est une chose importante. Anticiper, prendre le temps. Prendre le temps d'aller en formation aussi, de rencontrer à la fois des formateurs, mais aussi des gens qui sont dans la même... dans les mêmes espaces que nous, de temps, pour transmettre. Parce qu'on apprend des choses aussi à échanger entre nous.
- Speaker #0
Des choses auxquelles on n'a pas pensé,
- Speaker #1
par exemple. On n'a pas pensé, par exemple, il y a tous les aspects de la fiscalité, pour ne pas être surpris non plus, les aspects de bien préparer sa retraite aussi, parce que quand on est sédant de notre côté, on a aussi besoin intellectuellement de bien... imaginer aussi comment on va vivre. Les aspects humains, peut-être,
- Speaker #0
psychologiques un peu,
- Speaker #1
intergénérationnels. La préparation aussi du départ des parents, donc de la main-d'œuvre, dans notre cas, ou du sédant.
- Speaker #0
C'est très concret, ça.
- Speaker #1
Oui, parce que les jeunes qui vont reprendre, d'un seul coup, ils peuvent se retrouver. On sait que dans la famille, on s'entraide. À un moment, il va y avoir une coupure quand même. Donc ça, il faut surtout bien le préparer parce que ça peut être quelque chose qui conditionne positivement ou pas la suite. Donc voilà, ces choses-là, c'est important. Mais encore une fois, je pense que d'aller à la rencontre d'autres personnes, de se faire aussi, pas critiquer, mais de se faire amender un petit peu sur notre vision un peu préfète des fois des choses, ça fait du bien.
- Speaker #0
Ah, écouter la nouvelle génération qui arrive, c'est-à-dire. Oui, c'est ça.
- Speaker #1
La nouvelle génération, oui, c'est ça. Et puis, les laisser, voilà. Moi, je trouve qu'on a un rôle d'écoute, on a un rôle pour accompagner, mais on n'a surtout pas un rôle pour être dirigeant dans leur future entreprise. Et ça, c'est important, c'est-à-dire qu'il faudra qu'ils fassent, il y aura des écueils, parce qu'on en a eu, nous. Et on a fait des bêtises, clairement. Et des fois, on a beau le dire, on dit ce qu'on pense, on continue à le dire, mais ils ont envie de faire autrement. Eh bien, allez-y, faites-le. On est là pour le dire avant. Nous, on pense que ce serait bien comme ça, parce que là, vous allez voir, ça va être compliqué. Mais bon, à bon entendeur, s'ils ne le font pas, ils vont aussi mûrir et conforter leur système en faisant des erreurs. C'est aussi ça. Et nous, on reste là en soutien.
- Speaker #0
D'accord, c'est important. Et cette autonomie aussi, l'aspect de partager les investissements, ce que vous avez fait avec vos fils, par exemple. C'est-à-dire, quand il y a une grande décision qui est prise pour l'exploitation, ils en sont informés, c'est important pour vous. C'est un conseil aussi que vous donnez aux cédants d'impliquer la personne qui va reprendre.
- Speaker #1
Et dès le début, moi je crois que quand on est déjà parent, Et ça, c'est peut-être un rôle d'éducation vis-à-vis de nos enfants, mais après, ça se transforme très vite en concrétisation d'accompagnement à leurs futurs projets. Mais qu'ils fassent partie avec nous de la visite ou de la rencontre du comptable, du technicien qui nous accompagne dans un projet, de la visite d'un bâtiment, pour qu'ils voient comment on prend une décision d'investissement. Et ça, on l'a toujours fait avec nos enfants. Et au moment de leur installation, de leur entrée dans le GEC, à un moment, on leur a dit, écoutez, développez cet atelier. OK, allez, on vous accompagne aussi, mais c'est vous qui prendrez les décisions. Et nous, on reste en arrière-plan. Et ça, c'est important parce que la prise de décision dans nos métiers, elle est essentielle. Et il faut leur apprendre à prendre ces décisions très vite. Et plus jeunes ils sont. à nos côtés et plus vite ils prennent leur élan.
- Speaker #0
Le pilotage de l'exploitation, encore quelque chose qui ne s'improvise pas. La recette aussi, c'est évidemment d'aimer son métier, d'être heureux tous les jours, de le montrer. Et puis aussi les aspects humains et intergénérationnels. Le dialogue, ne pas hésiter à crever l'abcès quand il y a un problème. Ça, c'est quelque chose qui est très important pour vous, la communication ? Peut-être pas assez dit aux agriculteurs, aux agricultrices, justement.
- Speaker #1
Je pense que souvent, à l'inverse, quand il y a des problèmes, on s'aperçoit qu'il n'y a pas eu de communication. Donc, pour corriger ça, il faut simplement se dire et s'organiser pour prendre des temps. Dans une semaine, on n'est pas à se parler. On se voit, on se croise, mais il y a le travail, il y a les enfants, il y a plein de choses. Donc, se dire que dans une semaine, on s'arrête, ne serait-ce qu'une heure. C'est toujours possible de trouver une heure pour se dire les essentiels. Et se dire, tiens là, il y a un truc qui coince, là on voit bien, tu m'as fait une réflexion l'autre jour, je ne l'ai pas bien pris, mais pourquoi ? Et puis on se dit des choses pour que chacun reparte avec, ah ouais, écoute, la prochaine fois je ne le ferai pas comme ça, ou je m'améliore. Et puis en tous les cas, de dire les choses, ça les fait progresser. C'est automatique. Et dans un travail collectif comme le nôtre, où il se passe beaucoup de choses dans une semaine, entre un départ de volaille, une programmation, la vente d'un lot de céréales, il y a plein de sujets sur lesquels, quand on travaille ensemble et qu'on veut que ça marche, et quand on transmet encore en plus, il faut absolument bien partager les choses. Et ce n'est pas dans un couloir, c'est vraiment autour d'une table. où il faut se poser pour en parler. Ça, c'est super important, le dialogue.
- Speaker #0
Merci, précieux conseil Isabelle. Une petite question bonus, parce que je sais que vous êtes très active comme citoyenne, comme éleveuse de volailles, notamment à votre mairie, dans la filière. Est-ce que ces responsabilités ont nourri votre regard sur la transmission ? Est-ce que vous conseillez aussi à la jeune génération de s'engager ?
- Speaker #1
Oui, parce que je suis dedans et je suis hyper motivée à se dire aussi que sur un plan responsabilité de l'agriculture par rapport à l'alimentation de demain, l'alimentation et puis être en cohérence avec ce que les citoyens nous demandent aussi, à nous les agriculteurs, de produire un produit accessible, mais aussi qui correspond à des engagements sur la qualité des produits. Moi, je dis aux agriculteurs français, aux jeunes qui veulent s'installer, il faut y aller. Parce que, notamment dans la production qu'on fait en volaille, on a un boulevard devant nous. On apporte aujourd'hui un poulet sur deux. Il faut absolument qu'on dise aux Français demain et qu'on apporte, nous, notre savoir-faire et notre qualité de production à la française. et puis quand même, pour la planète, c'est quand même mieux de produire chez nous que d'aller chercher... très loin. Donc, il y a du potentiel. Et en tant qu'élu, moi, je souhaite vraiment aussi que, et je le vois, il faut qu'on explique notre métier. Aujourd'hui, il y a une trop grande, un trop grand fossé entre ce que disent les médias, et je pense que ce que vous faites, c'est bien, parce que ça permet aussi de bien expliquer aux gens que le métier d'agriculteur, ce n'est plus Martine à la ferme non plus. C'est un métier de chef d'entreprise. C'est un métier d'entreprise, on l'a dit tout à l'heure. Et c'est quelque chose qui nécessite aujourd'hui des bâtiments, de construire, de rendre nos cours de ferme modernisés. On ne travaille plus non plus avec des choses manuelles. On travaille beaucoup avec beaucoup d'automatismes. On essaye de se moderniser pour éviter aussi du mal. Donc tout ça, ça devrait donner une bonne image. Alors on n'a pas une mauvaise image, mais des fois on entend des critiques ou on entend des incompréhensions vis-à-vis de notre métier. Et ça, pour des jeunes qui s'installent, c'est un vrai frein.
- Speaker #0
Bien sûr, bien sûr.
- Speaker #1
Vous avez des oppositions sur un projet. Alors il peut y en avoir, mais au moins qu'on laisse la place à l'agriculteur, aux agriculteurs de s'exprimer sur leur métier. Et pourquoi pas faire des portes ouvertes aussi, parce qu'on n'a pas peur non plus de... de présenter ce qu'on fait. Mais je pense que ça, les lieux que je suis, je le vois au travers de nos concitoyens, ils ont une petite crainte aujourd'hui de ces changements et on doit les expliquer. Ça aidera.
- Speaker #0
Ça aide absolument Isabelle à une transmission plus sereine parce que j'imagine que on a conscience des potentiels, on a envie de dialoguer. On a un cap et avec cette posture-là, on est d'autant plus motivé à s'installer, à se développer et à expliquer à son voisinage la vie, les cycles de son exploitation agricole. Une toute petite question pour finir, merci beaucoup. Est-ce que vous auriez transmis pareillement votre exploitation si vous n'aviez pas eu vos enfants qui reprennent, s'ils s'étaient orientés vers d'autres métiers et s'il avait fallu former quelqu'un d'extérieur, un salarié, un stagiaire ? C'est une question un peu difficile, mais je vous la pose quand même. On refait l'histoire.
- Speaker #1
Oui, alors si ça se serait présenté comme ça, parce qu'effectivement, on a des amis qui ont des enfants et qui ne reprennent pas l'exploitation familiale. C'est une autre approche. Mais voilà, effectivement, la question, si on serait à cette place-là, comment on aurait fait ?
- Speaker #0
J'espère, et au regard de tout ce que je vous ai dit, j'espère qu'on aurait la même attitude, et en tous les cas, dans cette volonté de transmettre un outil qui a vocation à évoluer. Parce que ce qu'on a fait pendant 30 ans, 35 ans, forcément, j'ai modernisé, j'ai changé l'outil par rapport à celui que mes parents m'ont transmis. Donc je souhaite vraiment que la génération d'après fasse de même. Le seul souhait qu'on a, et c'est ça qu'il faut se donner les moyens quand on transmet, c'est d'adapter le bon prix. Et moi, j'ai eu un impératif là-dessus, et je pense que c'est mes enfants, mais si ça aurait été quelqu'un d'autre, j'aurais adopté le même calcul, c'est la transmission à la valeur économique de l'exploitation. C'est-à-dire qu'on transmet un outil qui doit générer un revenu, et on ne le transmet pas à une valeur patrimoniale. On n'a pas capitalisé sur un outil pour se dire on va le vendre au prix d'un marché. Non, c'est faux. Et ça, il faut que tout agriculteur qui transmet se mette bien ça dans la tête. On transmet à sa valeur économique, c'est-à-dire la valeur dont la capacité à produire du revenu.
- Speaker #1
Eh bien, on terminera sur ces propos et ces bons conseils. Merci beaucoup pour votre témoignage, Isabelle Leballeur. Je rappelle que vous êtes avicultrice dans la Sarthe et aussi maire de votre commune engagée dans la filière. Merci beaucoup. Et je reçois maintenant Isaac Goetz. Bienvenue Isaac, je rappelle que vous êtes auteur et conférencier, expert internationalement reconnu en leadership et innovation managériale. Alors Isaac, on avait envie de vous poser cette question, comment préparer sereinement finalement et efficacement la reprise de son exploitation agricole et avec quel état d'esprit ? Vous avez dit, vous avez prononcé un mot, je vous donne la clé, c'était ce dirigeant qui disait je vous ai donné la clé. Vous m'avez aussi parlé d'un très célèbre patron d'entreprise qui a donné la clé à son fils, mais qui lui a dit, je garde le double. Non, alors,
- Speaker #2
je ne sais pas s'il est célèbre ou non, mais j'ai entendu effectivement ça. Je ne suis pas du tout spécialiste de transmission d'entreprise. Alors là, c'est sûr. J'ai étudié les transitions, mais pas nécessairement de père à fils, et d'un... directeur à notre directeur, par exemple. Ils sont rachetés, etc. Donc, il y a des transitions dans le monde de l'entreprise. C'est tout le temps. Cette histoire des transitions, je les ai étudiées et généralement, ça se passe mal.
- Speaker #1
D'accord. Vous dites transition ou transmission ?
- Speaker #2
Transmission, c'est autre chose. Transmission, c'est les transmissions de patrimoine. Et donc, ça appartient à moi et je transmets à toi. Mais tu peux transmettre l'entreprise, mais la deuxième génération n'a pas envie de s'en occuper. Ils vont prendre un dirigeant, un gérant, un directeur, et puis eux, ils veulent vivre leur vie. Donc, tu as transmis le capital, transmis le bien, mais ce n'est pas nécessairement qu'ils vont... Donc, pour moi, la problématique intéressante dans cette histoire, ce n'est pas un capitaliste. Ce n'est pas le bien qui est passé, mais c'est capitaliste, c'est la problématique de management. Donc, il y en a un dirigeant. Il s'en va, il y a un autre dirigeant qui arrive. Donc, en l'occurrence, ça peut être un fils, mais ça peut être un neveu, ça peut être quelqu'un d'autre ou quelqu'un de l'extérieur. Et donc, là, de nouveau, je pense que c'est une chance pour cette jeune génération qui arrive de faire des choses autrement.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #2
À une condition, donc, éventuellement, au revoir, parce que assez souvent... Ils ont face à un bilan, à des problèmes qui sont là depuis des années ou dizaines d'années. Pour telle ou autre raison, la personne qui est partie à la retraite ou qui a transmis cette entreprise n'arrivait pas, ou ne voulait pas, ou ne voyait pas comment on peut faire autrement que depuis des générations. C'est ce qu'on entend d'ailleurs dans les restaurants ou dans les exploitations.
- Speaker #0
Dans les exploitations,
- Speaker #2
tout à fait. Mon grand-père toujours faisait comme ça. Donc, c'est une chance. Peut-être de remettre en cause et de transformer la façon d'organiser, je n'aime pas trop le mot manager non plus, d'organiser le travail dans cette entreprise, dans cette exploitation. Ça peut être le cas à une condition, qu'il a vraiment les manettes. Et c'est d'où cette expression de quelqu'un, mais c'est encore pas seulement l'exploitation dans beaucoup d'entreprises familiales. Il y a effectivement cette expression que le père a donné les clés de son entreprise à son fils et, il y a une pause, gardait le double. Et donc il est toujours là.
- Speaker #1
Absolument. Il vient tous les jours. Il vient à l'habitation.
- Speaker #2
soit elle vient, etc. Soit elle passe à côté, elle appelle le soir et dit j'ai vu pourquoi il y en a un truc, pourquoi il y a des camions là-bas, pourquoi elle n'est pas ici, etc. Et donc elle ne quitte jamais. Et ça c'est un problème parce que dans ce cas, ce nouveau patron, est-ce que c'est un fils ou un directeur ou une fille ou un neveu, ils ne peuvent pas. Ils ne peuvent pas mettre en place quelque chose qui va être radicalement différent. Bien sûr,
- Speaker #1
bien sûr, parce qu'il y a des comprises par on a une émotionnelle.
- Speaker #2
Il y a un ordre psychologique qui est très important.
- Speaker #1
Je pense que ça va parler aux agriculteurs, Isaac.
- Speaker #2
Ils vont tellement, parlant psychologiquement, peut-être culpabilisation, tu trahis, tu défais tout mon oeuvre, tu défais tout, tu vas te casser la figure. J'ai entendu des expressions comme ça dans le monde des entreprises familiales, il y en a beaucoup.
- Speaker #1
Bien sûr, il y a beaucoup de points communs.
- Speaker #2
et donc Je pense, je n'ai pas des conseils à donner, mais ce que j'ai constaté, c'est que c'est quand même important pour ce nouveau patron de mettre très vite les choses au clair.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #2
S'il ne veut pas surruiner la santé.
- Speaker #1
Mais alors donc très vite s'imposer, parler ?
- Speaker #2
Discuter en disant comment on fait qu'il y a un seul patron dans cette entreprise, et c'est moi.
- Speaker #1
Très important ça.
- Speaker #2
et discutons éventuellement quels sont tes besoins t'as besoin évidemment parce que t'es attaché à ça, que tu sois informé pour que tu sois au courant mais le seul patron c'est une dame ou un monsieur que les salariés de exploitation voient c'est moi et si on dit qu'est-ce qui se passe avec un monsieur Dupont il est chez lui il est parti à la pêche il est sur le bateau il est pas là Merci. Et donc, si vous avez envie d'échanger, discuter, avec moi.
- Speaker #1
Très bien. Autre chose qu'on pourrait...
- Speaker #2
Ça, c'est déjà le préalable.
- Speaker #1
C'est le préalable. Et par la suite,
- Speaker #2
comme j'ai expliqué, si cette personne-là ne veut pas répéter et refaire la même chose et vivre les mêmes difficultés que la génération précédente, à condition... Parfois, ça peut être une situation très, très bonne.
- Speaker #1
Bien sûr, bien sûr.
- Speaker #2
et peu. Et ce qui est transmis est très bien.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #2
Et il continue à améliorer, etc. Oui. Mais vous m'avez parlé beaucoup de difficultés. Donc, si c'est des entreprises, des situations qui ont des difficultés, dans ce cas, il faut aller à la racine de ces difficultés. Et pour moi, c'est l'organisation du travail.
- Speaker #1
Eh bien, merci beaucoup, Isa Goetz, pour votre avis d'expert. Et c'est le moment de la voix de la com. Et bien bonjour Hugo Leroch, vous êtes directeur conseil au sein de l'agence Gulfstream Communications du groupe Province.
- Speaker #3
Bonjour Marie-Laure.
- Speaker #1
Et bien on l'a vu Hugo tout à l'heure avec Isabelle Leballeur, la transmission c'est quelque chose qui se fait par étapes, parfois sur dix ans en fait, ça doit s'anticiper.
- Speaker #3
Oui c'est vrai qu'on peut se donner quelques repères, Isabelle nous le disait, c'est un processus qui est long et qui touche beaucoup de dimensions. Alors elle a énuméré... le volet économique, le volet juridique, le volet fiscal, le volet technique, parce qu'effectivement l'organisation au travail ça se transmet, ça se prépare. Mais il y a une dimension souvent qui prend encore plus de temps, c'est la dimension humaine. Pour toutes ces raisons, on considère qu'il faut s'y prendre. C'est vrai qu'elle nous disait 5 ans à l'avance, 10 ans à l'avance, c'est un calendrier qu'il faut essayer de suivre. C'est vrai que sur le plan humain... Il faut du temps pour en parler. Il faut aussi du temps, elle nous disait aussi, il faut du temps pour l'accepter, pour faire évoluer les rôles, pour transmettre les savoir-faire. Il faut aussi laisser progressivement de la place aux repreneurs, qu'ils soient familiales ou extérieures, et créer la confiance pour que le repreneur puisse vraiment prendre ses marques. Finalement, le bon moment, ce que nous disait aussi Isabelle, le bon moment pour penser à la transmission, c'est quand l'exploitation va bien.
- Speaker #1
Mais très bien Hugo, mais justement, est-ce qu'il existe des signes concrets qui montrent qu'il est temps de penser à la transmission ?
- Speaker #3
C'est vrai que les premiers signes souvent sont ceux d'une fatigue physique ou mentale, mais il y a des signaux plus discrets et ceux-là je pense qu'il y en a certains qui se reconnaîtront quand ils viennent à notamment s'absenter de l'exploitation et qui se disent « si je ne suis pas là, rien n'avance » ou « quand je m'absente une journée, je passe mon temps au téléphone, je passe mon temps à recaler, à organiser les choses » . Donc le deuxième c'est quand se projeter devient plus difficile, quand on se pose la question « est-ce que ça vaut vraiment le coup ? » sur un investissement, nous le rappelait aussi tout à l'heure Isabelle, on doit comme ça challenger son point de vue. Donc est-ce que ça vaut vraiment le coup ? Quand on se pose ces questions, parfois il faut aussi se poser la question de « il est grand temps pour moi de transmettre » .
- Speaker #1
Mais justement quand on ne peut pas transmettre à ses enfants, comme l'a fait d'ailleurs avec succès Isabelle Leballeur, on pense souvent à chercher un repreneur loin à l'extérieur. Vous, vous défendez une autre idée. Laquelle et pourquoi ?
- Speaker #3
Oui, le point de vue qu'on défend au sein de l'agence et qu'on a challengé aussi sur un grand nombre d'expériences, c'est qu'on a constaté que l'agriculture, c'est une aventure qui est avant tout collective. Très souvent, on cherche loin déjà ce qu'on a sous les yeux. Sur beaucoup d'exploitations, on a constaté qu'il y a des salariés. Ils connaissent parfaitement le métier, connaissent bien souvent les espaces sur lesquels sont exploitées les cultures. mais connaissent aussi les pratiques, le rythme, les valeurs, l'identité de l'exploitant et de l'exploitation. On a vu dans notre premier épisode la nécessité de construire des parcours professionnels avec ces salariés et de leur construire des perspectives pour les engager et puis pour les fidéliser. La question n'est pas de dire qu'ils seront tous repreneurs, mais de se demander est-ce qu'on leur a déjà ouvert la porte, leur ouvert la porte à cette opportunité.
- Speaker #1
Mais justement pourquoi les agriculteurs ont parfois, on a l'impression... mal à imaginer leurs salariés comme de futurs repreneurs, même parfois avec leurs propres enfants.
- Speaker #3
C'est vrai que souvent en agriculture, et c'est encore l'expérience qui m'en fait faire le récit, historiquement un salarié c'est quelqu'un qui donne une aide, qui apporte une aide, qui fait tourner l'exploitation, et pas quelqu'un qui est censé reprendre. Ce n'est pas sa mission en tout cas première. Et puis il y a aussi bien souvent ce qu'on a constaté dans les entretiens qu'on a pu conduire avec plusieurs chefs d'exploitation, c'est que beaucoup ont peur de se tromper. ou d'aborder un sujet qui leur semble sensible, est-ce que je leur fais un cadeau ou est-ce que je leur fais un fardeau ? Ça, c'est une question qu'ils peuvent se poser aussi bien directement sur les salariés auxquels ils veulent transmettre, mais aussi à leurs propres enfants. Et puis, qu'est-ce qui se passe si ça se passe mal ? Mais ne pas en parler, nous on considère que ne pas en parler, ne pas ouvrir la porte, c'est clairement ne pas donner la chance à la transmission d'exister.
- Speaker #1
Alors concrètement, en quoi la communication, ça a été rappelé par tous nos invités au long du podcast, en quoi la communication peut jouer un rôle dans cette projection ?
- Speaker #3
Isabelle nous l'a dit tout à l'heure, c'est vraiment indispensable de pouvoir créer un contexte de communication, avec ses enfants oui, mais aussi avec ses salariés, pour pouvoir justement identifier ce moment où je vais pouvoir leur confier ou du moins étudier avec eux cette option. Je dirais que le premier moment, on en a un petit peu parlé dans notre premier épisode, c'est le moment de l'accueil. L'accueil, ce n'est pas juste un moment pour expliquer la façon dont on va travailler sur l'exploitation, mais c'est un moment pour raconter l'histoire de l'exploitation, pour raconter son propre parcours en tant que chef d'entreprise, les choix qu'on a fait, les choix stratégiques, les choix d'investissement qui ont été conduits, aussi bien dans les bâtiments, mais aussi dans les technologies qu'on a ramenées. de parler aussi des clients, direct ou indirect, les partenaires aussi, et la manière dont on travaille. Donc quand un salarié comprend le sens du projet, il ne vient plus seulement faire 16 heures, il commence enfin à s'inscrire dans quelque chose de plus large. Puis ensuite la projection se construit pour nous dans la durée, c'est-à-dire qu'une fois qu'on a passé la phase d'accueil, on n'accueille pas ses salariés tous les jours, ou même si, mais en tout cas on n'en prend pas autant de temps, il y a un moment pour nous qui est souvent sous-utilisé, Merci. c'est le moment de l'entretien annuel. Bien souvent, on a l'impression que c'est un moment qui est réservé aux grandes entreprises tertiaires. Mais tout à l'heure, Isabelle nous le rappelait, c'est impératif de considérer qu'on pilote une entreprise de la même façon, qu'elle soit agricole ou non. Et ce moment de l'entretien annuel, c'est un moment pour aborder avec le salarié, de manière professionnelle, un certain nombre de sujets. Et je dirais même qu'on peut le faire aussi avec ses enfants, quand parfois, avec un peu de pudeur, on a des difficultés à l'exprimer. autour d'une table ou d'un dîner de famille, ce moment fait peut-être l'occasion de faire le point sur la façon dont le salarié ou l'enfant dans son rôle de salarié vit le quotidien et la façon dont on pourrait envisager de nouvelles responsabilités. pour de la formation, aller vers plus d'autonomie, et tout ceci de le faire, bien sûr, sans engagement, sans promesse. L'idée, c'est de planter la graine, à la fois en tant que chef d'exploitation, dans sa propre façon de penser, mais aussi dans le regard du salarié.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a, Hugo, d'autres moments à saisir, d'autres opportunités à créer pour cette passation ?
- Speaker #3
Oui, je dirais qu'il y a un autre moment, ça pourrait nous faire deux moments un peu clés dans l'année, donc il y a cet entretien annuel, mais il y a aussi un moment qui est celui du partage des résultats. C'est-à-dire qu'on le disait tout à l'heure, l'entreprise agricole est une entreprise qui génère en tout cas des résultats, de la performance économique, de la performance financière, de la performance commerciale. Il ne faut pas avoir peur de partager ces informations avec ses salariés pour leur dire voilà ce qui fonctionne, voilà ce qui devrait fonctionner un petit peu mieux à venir, etc. Et puis surtout de partager les prochains investissements avec ses salariés pour les impliquer encore plus. Parce qu'ils ne travailleront plus seulement dans une exploitation, ils travailleront pour l'avenir de cette exploitation.
- Speaker #1
Vous expliquez que la communication passe aussi par des moments très concrets et privilégiés d'échange avec les salariés. Pour les agricultrices, les agriculteurs qui nous écoutent et qui se demandent par où commencer, est-ce qu'il existe un outil simple pour structurer ces échanges sans tomber dans l'entretien trop formel, trop compliqué ?
- Speaker #3
Avec l'agence, on s'est dit qu'aujourd'hui, on peut donner des outils assez simples en prise en main par un chef d'exploitation. C'est pour ça qu'on vous mettra dans les commentaires de notre podcast. une grille qui va permettre, avec le salarié, d'un support d'échange qui permettra de balayer avec lui la façon dont il voit le travail au quotidien, ses envies d'évolution, ses envies de formation, la place qu'il occupe aujourd'hui, celle qu'il voudrait pourquoi pas occuper demain. Bref, de donner les clés au chef d'exploitation pour qu'il puisse détecter le potentiel ou les potentiels de ses salariés.
- Speaker #1
Merci Hugo. Quel dernier message aimeriez-vous adresser aux agriculteurs, aux chefs d'entreprise agricoles qui n'ont pas encore envisagé que leurs salariés, leurs enfants ou non d'ailleurs, puissent un jour reprendre l'exploitation ?
- Speaker #3
Je dirais que la première chose, c'est de ne pas avoir peur d'en parler. Parce que parler de transmission, c'est ne rien promettre, mais c'est juste ouvrir la discussion. Et déjà ouvrir la discussion, c'est donner à ses salariés la capacité à exprimer un désir, un souhait. Et puis s'ils l'expriment, aux chefs d'entreprise, c'est son... C'est son devoir d'accompagner cette ambition.
- Speaker #1
Merci beaucoup Hugo Leroch pour ce dernier conseil. Je rappelle que vous êtes directeur conseil au sein de l'agence Gulfstream Communications du groupe Province.
- Speaker #3
Merci beaucoup Marie-Laure.
- Speaker #1
Ainsi s'achève ce troisième épisode du podcast Transmission Positive. Merci de nous avoir écoutés et à très bientôt.