- Speaker #0
Bonjour à tous les bandits du lundi matin, on est de retour avec une émission spéciale Kona, high tech, préparation, salut Mika, comment vas-tu ?
- Speaker #1
Hello tout le monde, à l'approche de la grande messe on voit de plus en plus de Kona spam qui arrive de partout donc on ne peut qu'y penser et puis effectivement on voulait parler d'un petit... c'est un sujet qui me passionne un peu et qui ne peut qu'être révélateur de la relation Ironman-sport-triathlon de manière générale. C'est tout ce qui est avancé technologique. C'est intimement lié puisque c'est un guidon de triathlète qui a fait gagner Greg Lehmann le Tour de France dans les années 80. On ne peut pas dire que le triathlète soit avare de technologie. On est tous un peu plus ou moins des geeks, que ce soit par envie ou par obligation, parce qu'aujourd'hui, même si on veut faire de la résistance, si on veut aller aussi vite que ceux qui sont devant, venir avec un tuyau de poêle, ça ne marche pas bien.
- Speaker #0
Pour aller aussi vite que ceux qui sont devant, ça m'amène sur un podcast que j'ai écouté ce matin sur ma séance de turbo, qui est le podcast de Joe Skipper, où ils sont revenus un petit peu sur les chiffres d'Ironman Barcelona. Alors déjà, première chose, le parcours vélo d'Ironman Barcelona est court. 174 km et 41,5 à pied. Ça, c'est la première chose. Mais les gars, ils ont quand même pris le temps d'aller regarder sur les fichiers Strava des professionnels et des top edge groupers les écarts en watts pour savoir... En fait, l'idée, c'était de savoir comment les meilleurs groupes d'âge se comparaient aux professionnels en termes de puissance et de vitesse de déplacement. Et Barcelone, c'est... pas vraiment une course qui est réputée pour être super faire, à la fois du côté des professionnels, mais également du côté des groupes d'âge, mais surtout du côté des professionnels. Et ils se sont rendus compte, parce qu'il y avait un gros fil de pros quand même, et ils se sont rendus compte, donc ils sont allés faire des relevés chez les professionnels, donc les professionnels qui roulent entre 4h02 et 4h05, donc on parle quand même de 44 km heure de moyenne, la moyenne... des puissances qui ont été relevées, c'était entre 235 et 255 watts. Donc soit les mecs, ils ont un CDA qui est simplement pas réalisable de 0.18 ou 0.17, soit il se passe beaucoup de choses avec les motos et le drafting en amont. Et pour mettre ça un petit peu en perspective, le meilleur groupe d'âge qui lui est parti décaler par rapport au pro, qui a roulé seul sur toute la durée de la course, il a un temps vélo de 4h20. Et il a fait une moyenne de 285 watts en NP, en Normalized Power. Donc le gars, il roule à peu près un quart d'heure moins vite que les groupes d'âge en poussant à peu près 35 watts de plus. C'est-à-dire que, calcul simple qui a été fait, c'est que si jamais il fallait qu'il roule entre 4h02 et 4h04, il faudrait qu'il pousse 100 watts de plus que ce que les professionnels poussaient. Ce qui n'est clairement pas réalisable. parce que tous ceux qui sont montés sur un turbo ou qui ont un capteur de puissance 100 watts, on peut tous vous dire ce que ça représente. Donc la seule raison et la seule explication logique à ces écarts de puissance phénoménaux et surtout de vitesse, ce n'est pas que les pros sont beaucoup plus aéros parce qu'ils ont un équipement qui est beaucoup plus aéro, c'est simplement parce qu'à l'amont de la course, il y a des véhicules et bien évidemment beaucoup de drafting. Donc tout ça c'était pour... parce qu'en fait on voit régulièrement aujourd'hui sur les courses des temps vélo qui sont très très proches de 4 heures et 45 km heure de moyenne on sait tous, déjà quand on arrive sur le plat à rouler à 45 sur une petite portion on a tous bien conscience de ce que ça peut représenter en termes d'efforts mais sur 180 km ça dépasse un petit peu l'entendement Et surtout, c'était intéressant de voir que des professionnels, même eux, se grattent la tête sur certains temps de course qui sont publiés. Et surtout, que les mecs aient quand même les couilles de mettre ça sur Strava, 235 watts de NP pour 4h02. Ça sent quand même pas très bon.
- Speaker #1
Ça sent l'arnaque. Après, il y a plein de facteurs extérieurs, tout ce qui est le rapport poids-puissance, parce que certainement qu'un pro va être quelques kilos plus léger qu'un Edge Group.
- Speaker #0
Un Edge Group qui roule 4h20, je pense que le mec, il a son programme.
- Speaker #1
Non, mais tu peux avoir des différences de gabarit sur les fichiers, c'est ça qui rend complexe la comparaison. Mais effectivement, si on parle de 235 et de 280 plus 100... C'est affreux et encore à 280, le gars il fait 80, il prend un quart d'heure dans la tête alors qu'il pousse plus de watts. C'est vrai que ça peut être interrogatif.
- Speaker #0
Voilà, donc évidemment la plupart des professionnels aujourd'hui investissent une grosse partie de temps et d'argent dans leur équipement et c'était un petit peu ce sur quoi on voulait arriver parce que bien évidemment plus on se déplace vite, plus la qualité de l'équipement est importante. On a vu les positions évoluer de façon impressionnante ces dernières années. Et je pense qu'on est à même d'avoir certaines surprises cette année à Kona avec des positions. D'ailleurs, je ne sais pas si tu as vu, mais il y a Gustav Hiden qui a partagé une photo sur son Insta où il est sur le nouveau Giant Trinity. qui est un vélo qui est UCI légal. Il faut quand même le rappeler. La raison pour laquelle j'ai eu une discussion avec un de nos écouteurs sur les réseaux où il avait tendance à allumer un petit peu le cadre CADEX. Le cadre CADEX, il n'a jamais eu la vocation d'être légal UCI. C'était un cadre qui était typique destiné au triathlon et surtout de pouvoir offrir une capacité de stockage et d'emport de nutrition. qui soit important et surtout qui soit intégré dans le cadre. Ce qui n'est pas du tout le cas d'un vélo qui est UCI, parce que les longs chronos UCI, généralement, ça va être 30-40 bornes maximum. On est loin de parler de 180 km. Et pour l'anecdote, c'est que Giant était la dernière marque, et Giant sponsorise plusieurs équipes du Pro Tour, dont la Jayco Alula. Et Giant était les seuls qui n'avaient pas de cadre UCI. enfin pas de CAD, de chrono, UCI à disque. Ils utilisaient encore la version patin. Et c'est pour ça que Gustav Hiden, qui lui n'a jamais fait le choix de passer sur CADEX, mais de rester sur GIANT, parce qu'il était mieux sur le Trinity, il est resté sur ce Trinity, et là il bénéficie du nouveau Trinity, qui est donc UCI légal, mais il est arrivé, j'étais surpris d'ailleurs qu'il poste cette photo relativement en amont de Kona. Et je pense que ça a dû en amener certains à se gratter la tête plutôt sérieusement, parce qu'il a une position qui est vraiment super extrême, où il est extrêmement allongé sur la partie avant, avec des extensions qui sont super super longues. Et je trouve que c'est... Encore une fois, les Norvégiens conduisent un petit peu l'innovation, et on verra les résultats, mais il n'est pas impossible que... plusieurs athlètes placés un peu plus bas dans la chaîne alimentaire des pros essayent d'adapter leur position à ça, simplement pour essayer d'aller chercher du gain marginal au niveau aéro. Et on sait bien qu'à Kona, s'il y a bien une course où l'aéro compte beaucoup, c'est Kona.
- Speaker #1
Au cas où les gens ne l'auraient pas vue, la photo, c'est celle de Gustav Hideng, où on pense, pour ceux qui ont quelques années, Des quarts avec nous, pas beaucoup. Ça fait énormément penser à Graham Aubry, qui était un révolutionnaire sur la piste. C'est lui d'ailleurs qui a fait bouger un peu l'UCI et qui a commencé à faire des règles comme des boîtes d'allumettes. C'est d'ailleurs assez frustrant. Mais cette position-là, OK pour un pistard, OK pour un truc d'une heure, pas de souci. Mais aller voir Gustave essayer ça, on sait très bien qu'on ne fait pas du vélo, on fait du triathlon. Et on fait du vélo après avoir nagé. Et comme le dit très très bien, comment il s'appelle déjà, j'ai regardé son podcast hier, Ben Kanout. Quand on fait de la natation en eau libre, on est obligé de regarder un petit peu plus souvent au devant pour pouvoir s'orienter. Donc ça met une tension supplémentaire au niveau des lombaires. Et si après derrière on se met en position extrême à aéros, ça vient contraindre encore un petit peu plus les lombaires. Ce qui fait que natation plus vélo avec des lombaires verrouillées, si jamais derrière il faut qu'on se redresse, Donc là, la position des bras très étendus devant, ça va venir spasmer le diaphragme. Et quand on se redresse pour aller courir, c'est pas mal de respirer quand même. Et on a besoin un petit peu de la chaîne postérieure. Donc il faut que ce soit gainé au niveau du bassin. Et si on a les lombaires qui sont déjà comme un bout de bois, ça peut compliquer la chose. Et c'est donc puisqu'on est parti sur l'aéro, on est parti sur l'aéro. C'est ce qui explique qu'il y a quelques années, on voyait tout le monde avec le nez qui léchait un petit peu la roue avant. Et de plus en plus, on se retrouve avec des positions de vent qui sont un petit peu plus hautes que ce qu'on avait l'habitude de voir. Au détriment peut-être, on pourrait croire du CDA, du coefficient de pénétration dans l'air. Sauf que ce n'est pas du tout ça, c'est le global de l'épreuve qui rend la position beaucoup plus efficace. Parce que déjà, le premier frein, c'est la tête. Et donc, si on a les avant-bras qui touchent la roue avant, c'est très bien. Mais si on est obligé de regarder et de mettre la tête en l'air parce qu'on n'a pas la souplesse qui va bien, c'est compliqué. Donc, il faut essayer de faire un petit compromis avec des curseurs entre l'aéro pur et le confort dans l'effort, puisque derrière, ce n'est pas fini. Une fois qu'on a posé le vélo, ce n'est pas fini. Et le mix parfait des trois disciplines, natation, vélo, course, on n'est pas des nageurs, on n'est pas des cyclistes, on n'est pas des coureurs. Encore une fois, le triathlon se différencie du reste pour ça.
- Speaker #0
En fait, si tu regardes la position de Gustave tel qu'il l'a publiée, elle est dans la ligne de l'évolution des positions relativement récentes. C'est-à-dire qu'on a vu des athlètes, si on regarde sur les 7-8 dernières années, on a eu des athlètes qui se sont redressés petit à petit, c'est-à-dire que l'angle torse-cuisse... a été plus ouvert, simplement pour garder une plus grande vascularisation au niveau des jambes et moins souffrir sur la partie course à pied. Pour faire ça, on a avancé la position de la selle, les avant-bras ont été avancés, et puis là on a un pas supplémentaire qui est franchi, où vraiment l'athlète est quasiment allongé sur la partie avant. Je ne suis pas sûr qu'il y ait un gros impact au niveau des lombaires. Le fait d'avoir les mains en avant le plus haut possible au niveau de la tête, c'est simplement pour positionner la tête et le casque dans une partie de pseudo-dépression. C'est ce qu'on appelle du no-loss gain au niveau aéro. C'est-à-dire que dès l'instant où vous êtes dans une partie de dépression, l'impact de ce qui est dans la dépression est quasiment négatif. C'est pour ça que les bouteilles derrière votre selle ont plusieurs avantages. Déjà, elles ne prennent pas d'air. et puis derrière, elles remplissent une partie de dépression, ce qui fait que ça crée moins de drague derrière vous. Moi, je trouve que si tu veux, si on arrivait à superposer l'évolution des positions sur une dizaine d'années d'athlètes, malheureusement, on n'a pas beaucoup d'athlètes qui… Peut-être Joe Skipper, où on aurait vu son évolution, parce qu'il est là depuis longtemps. Peut-être David McNamee, de voir comment ça a évolué. Mais clairement, en fait, si tu veux… Ce sont des gars qui sont passés au travers de plusieurs évolutions technologiques. Joe a toujours été à l'avant de ça. En plus, Joe est quand même balèze. Il est massif, il est bâti comme un rock. Il n'a pas une super grande flexibilité, mais malgré tout, il a toujours réussi à faire évoluer sa position. Rappelez-vous, Sub-7, Sub-8, ils avaient une position avec des bouteilles qui avaient été ajoutées devant, derrière. au-dessus des avant-bras. Et moi, je trouve que la position d'Iden, alors évidemment, je ne sais pas, il faudrait se mettre sur le vélo pour voir, mais le fait d'avoir les bras qui soient avancés comme ça, je pense que c'est peut-être plutôt au niveau du cou et des épaules que ça risque de pénaliser, parce que quand on a les bras à 90 degrés, la totalité du poids du torse repose sur les coudes, alors que là, c'est les épaules et l'ouverture des avant-bras qui étant beaucoup plus importante, qui risque de poser un petit peu des problèmes de confort.
- Speaker #1
Là, je te fais faire les tests tout de suite. Tu te mets en position de planche.
- Speaker #0
Je ne sais pas si jamais tu vois. Je vais te montrer parce que regarde, Arnaud le renard, la position a déjà été adaptée à la hidden. Donc, ça n'a pas mis longtemps.
- Speaker #1
Tu te mets en position planche quand on travaille les abdos. Quand on travaille les abdos, on se met en position de planche. On appuie sur les pieds derrière et tu te mets sur les coudes. Les coudes, au lieu de les mettre à la verticale de tes épaules, tu les avances de 10-15 cm. Puis tu vas voir ce que ça donne au niveau de la ceinture scap derrière, puis de l'ouverture du diaphragme pour respirer. Tu fais ça 15 secondes, tu fais ça une minute. Et tu verras que c'est tout sauf confortable et c'est tout sauf efficace.
- Speaker #0
Sauf que quand tu fais une position planche, tu n'as pas les fesses qui sont posées sur une selle.
- Speaker #1
Oui, mais c'est pour aller plus loin. Il ne le fait pas 5 minutes. Et il est parti pour 4 heures. Non,
- Speaker #0
écoute, connaissant les Norvégiens, pour moi, il y a deux choses. Soit c'est de l'intox.
- Speaker #1
Ouais. Allez-y, copiez-nous et faites n'importe quoi.
- Speaker #0
exactement faites vous mal ou ils ont clairement travaillé et trouvé quelque chose et je pense pas que Gustave prenne des risques s'il maintient cette position c'est certainement que qu'ils ont dû bosser quand même un petit peu dessus là on est à deux semaines de Kona un petit peu moins ils sont déjà sur l'île on va voir passer pas mal de photos il y a pas mal de groupes d'âge de journalistes qui sont déjà arrivés je pense qu'on va commencer à voir beaucoup beaucoup de choses rappelez-vous, déjà il va y avoir des nouveaux vélos qui vont apparaître rappelez-vous quand Specialized a présenté leur dernier le dernier S-Works le dernier Chiv S-Works qui était là-bas c'était à l'époque Lucie Charles et puis euh... Celui qui est aujourd'hui sur le SuperTri, qui est manager d'un team, merde, pas team de boom.
- Speaker #1
Team Don.
- Speaker #0
Team Don, voilà, merci, merci, merci. Team Don qui avait eu son accident l'année d'avant, on l'avait vu passer sur la Queen K, et moi je me rappelle, j'y étais. Donc on va voir du nouveau matériel, on va voir des nouvelles choses. Moi ce que j'ai vu qui m'a un petit peu surpris, c'est qu'on a vu notre Sam Lidlow national qui roulait avec une lenticulaire à Kona. Mais lenticulaires sont interdits à Kona. Donc, soit il y avait du test qui était fait, soit il y a un changement de règles qui se précise à arriver pour cette année, où les pros ont peut-être accès à la possibilité d'utiliser une lenticulaire.
- Speaker #1
Non, je pense que c'était du benchmark, ça. Qu'est-ce que ça donne avec une roue lenticulaire et qu'est-ce qu'on perd avec une roue tout simplement un petit peu haute, quoi. Je pense que c'était plutôt ça, ou de la communication pour les sponsors, parce que ça peut être aussi à vocation de ça. Ah oui, tu es bon. De toute façon, c'est interdit pour l'instant, mais ils ne vont pas prévenir les pros deux jours avant que la lenticulaire est autorisée.
- Speaker #0
Peut-être que les pros sont déjà informés. Et puis, il ne faut pas oublier que Sam est sponsorisé par Aide au niveau des roues et qu'Aide, ils ont cette pseudo-lentille. La roue, elle fait...
- Speaker #1
1080.
- Speaker #0
C'est une 180 mm. Non, ce n'est pas une 1080, c'est une 1800. En langage zip, parce que moi, j'avais des 1080. qui faisait 10,8 cm, la sienne fait 18 cm. Donc, c'était une roue qui était faite pour être utilisée, en fait, sur deux courses où les disques sont pas autorisés, que sont Cozumel, si je ne me trompe pas, et Kona. Il l'avait la dernière fois, il y avait lui qui l'avait, qui d'autres, Magnus Ditlew, l'avait utilisé, parce qu'il est également chez Ed, et c'est sûr que... Aujourd'hui les gars sont partis pour rouler quasiment à 45 kmh de moyenne à Kona, si les conditions sont plutôt clémentes. Et l'impact de l'aéro à ces vitesses-là, il est beaucoup plus important que chez les groupes d'âge qui vont se déplacer à 30 ou même 35 kmh. Il faut savoir que la résistance augmente avec le carré de la vitesse. Le moindre petit gain que vous allez pouvoir gratter, Quand vous vous déplacez à 45 km heure, l'impact sur le temps final ou sur les watts est beaucoup plus important.
- Speaker #1
Tu as une amie que tu connais bien, Yana Arishtrova, qui est déjà arrivée sur place. Elle a mis une vidéo hier, on se disait que sur la fin du mois d'octobre, ça allait peut-être souffler un petit peu plus. Apparemment, les ventilateurs sont en marche, il n'y a pas de souci.
- Speaker #0
D'ailleurs, tu pars bientôt, c'est tout dans les valises déjà ?
- Speaker #1
Alors pas le vélo, pas le vélo encore, mais bientôt, sinon les valises sont prêtes.
- Speaker #0
Ton nouveau Canyon, c'est comment au niveau du transport, au niveau du poste de pilotage ? Ce n'est pas trop un casse-tête à démonter et remonter ?
- Speaker #1
J'ai un peu fait évoluer le poste de pilotage d'origine pour avoir les avant-bras remontés, un petit peu inclinés justement. Ça rajoute deux, trois petites vis et ça rajoute deux, trois petites pièces. Mais je pense qu'au niveau du transport, ça ne change pas grand-chose. De toute façon, il faut démonter les deux roues et le poste de pilotage. Donc, ça promet un petit peu de mécanique avant, un petit peu de mécanique après. C'est tout relativement bien fait quand même. C'est assez bluffant. J'étais très dubitatif quand j'ai vu le bazar arriver. J'étais sur le point de garder le carton pour voyager. Et je me suis dit quand même, parce que leur carton est sacrément solide. Mais là, du coup, c'est une valise canyon. et je me demande comment un vélo peut tenir là-dedans, mais c'est assez bluffant. Je ne veux pas faire de la pub à canyon, mais ça marche bien.
- Speaker #0
Alors, un petit conseil que moi je peux te donner à toi et à ceux qui vont aller à Kona, qui vont voyager, si vous avez des petites vis de votre poste de pilotage, des petits trucs comme ça, ne les foutez pas dans la valise vélo. Parce que moi j'avais pour habitude, quand on était à Singapour, le vélo on l'emballait, on le déballait, aller entre 5 à 8 fois par an. Et il y avait des destinations où ça se passait plutôt bien. Vous savez que quand vous allez aux US, systématiquement, Les valises vont être ouvertes et ils vont tout regarder. Une fois, je me suis fait appeler par la douane en arrivant à Kona. Tiens-toi bien, c'est quand même du lourd. Ils avaient bien évidemment ouvert la valise et ils avaient enlevé les bouchons en bout des extensions. Et comme j'habitais à Singapour, il était très chaud, on transpirait beaucoup. Et sous la guidoline... et à l'intérieur des bouchons, il y a toujours ce petit dépôt de sel, même si ton vélo est bien entretenu, bien nettoyé. Et ils avaient vu qu'il y avait de la petite poudre blanche qui était là et le gars qui était quand même un gros bourrin, il avait pris une pince multiprise et il avait arraché les poignées qui étaient le premier Dura-Ace Di-I2 en 10 vitesses à l'époque pour aller regarder s'il n'y avait pas de la coque qui était cachée à l'intérieur des extensions. Et il m'avait arraché les câbles électriques. Et quand je suis arrivé à la douane, les mecs m'ont dit on avait un problème avec votre valise. Le mec m'a, je suis arrivé, la valise était grande ouverte, j'ai cru que j'allais faire un meurtre. Il m'avait littéralement niqué les deux extensions et les deux shifters qui étaient sur le basebar. Et bien évidemment, je n'ai pas pu changer ça. Heureusement qu'il y avait Shimano là-bas à Kona qui m'avait dépanné en me switchant les commandes qui étaient sur le basebar. le guidon de base et j'avais gardé que les changements de vitesse en haut des extensions. Il faut savoir que systématiquement, les mecs vont tout ouvrir et tout regarder. Une autre fois où j'ai été sponsorisé par Falco, qui faisait un vélo qui était précurseur du P5X et du P3X, un vélo un petit peu à la softride, il y avait un poste de pilotage qui était un petit peu compliqué et j'avais l'habitude de... C'était un système un peu mnémotechnique que je faisais. Toutes les vis, en fait, je les mettais dans des petits ziplocs et je les attachais sur mon guidon avec du scotch. Et comme ils ouvrent tout, ils avaient réouvert les ziplocs, ils ne les avaient pas refermés. Les petites vis avec les vibrations dans le transport étaient tombées dans la valise. Une valise, ce n'est pas étanche. Je suis arrivé, il me manquait cinq vis. Donc, gros stress, arriver à Kona, aller chercher des vis à droite, des vis à gauche. Enfin, bref, c'était vraiment un drame. Et donc, à la fin, moi, ce que je faisais, c'était... tout ce qui était petite visserie ou pièce qui était propre à mon vélo, que j'étais sûr de ne pas pouvoir retrouver, je les foutais dans des ziplocs et je voyageais avec mon sac que j'avais dans l'avion, ce qui fait que quand j'arrivais à Kona, j'étais sûr à 100% d'avoir la totalité des vis pour pouvoir remonter mon vélo. Alors, ne prenez pas la caisse à outils dans l'avion parce qu'ils vont vous la garder, mais tout ce qui est visserie et tout ça, vous les mettez avec vous et au moins vous êtes sûr que vous allez avoir les parties qui sont propres à votre vélo. que vous ne pourrez pas remplacer, parce qu'aujourd'hui, sur tous les vélos de chrono, le système potence, toutes les vis, c'est souvent des vis qui sont propriétés des marques, et c'est très difficile d'arriver à les remplacer. Donc ça, c'était un petit type que j'avais trouvé, et au final, ça se passait plutôt bien sur la fin. Mais à chaque fois, les valises, elles ont été ouvertes. À chaque fois. Systématique.
- Speaker #1
C'est pas la première fois que je pars aux Etats-Unis, et je ne suis plus surpris de rien là-bas. Du coup, voilà. Et sinon, en termes d'avancée technologique, forcément, l'aéro a été une grosse avancée. Donc, tout ce qui est matériel, casque, position, c'est quelque chose. Mais après, en termes d'entraînement et d'alimentation, je pense qu'on ne peut pas dire que ça n'a pas évolué à la vitesse de la lumière ces quelques dernières années. On a vécu plus ou moins tous les deux... L'avènement du low carb il y a quelques années, qui a été basculé tout de suite par l'hyper carb. On passait avant à très peu de carb et maintenant on est à des doses qu'on n'ose même plus annoncer. Je pense que ça a permis aussi aux athlètes de passer la vitesse supérieure en mettant le bon carburant au bon moment.
- Speaker #0
Et puis certainement qu'au niveau des athlètes professionnels et des bons groupes d'âge, il y a un haut degré de professionnalisation aujourd'hui. qui fait que l'approche est beaucoup moins empirique que ce qu'elle a pu être dans le passé. Moi j'ai toujours eu des gros soucis en termes d'hydratation à Kona et dès 2013 j'avais fait des tests de perte de sueur et de mesure de ma quantité de sodium que je perdais par litre de sueur avec à l'époque une marque qui s'appelait TORQ qui était australienne puis qui est devenue, dont la personne qui était chez TORQ est partie et a créé SHOTS. Et Schott avait été parmi les premiers à développer des pastilles avec un dosage relativement élevé en termes de sodium. Parce qu'on avait déjà abordé le sujet, mais quand il fait très très chaud, au niveau de tout ce qui est nutriments, au niveau des électrolytes, c'est principalement le sodium qui est important, surtout dans des conditions comme Kona. Et c'est surtout important de connaître les valeurs et ce que vous perdez en termes de sodium. Et il nous avait fallu trois années. pour arriver à bien caler la quantité de sodium avec les bons produits, c'est-à-dire qu'il vous faut des produits qui ne vont pas vous déranger l'estomac, parce qu'une fois que vous avez l'estomac dérangé, les carbes ne rentrent plus et il n'y a plus de carburant dans le moteur, et surtout d'arriver à garder sous contrôle la déshydratation. Et ça, ça passait à la fois par le choix d'habits, à la fois par... la qualité de la nutrition et puis surtout la quantité de ce que vous étiez à même de prendre. Moi, j'avais une certaine chance, c'est qu'en vivant à Singapour à l'époque, les conditions d'entraînement étaient hormis le vent, mais c'était relativement similaire en termes d'humidité et de température à ce qu'on pouvait avoir à Kona, avec un peu moins de soleil quand même. Mais on arrivait à retomber sur des valeurs qui étaient assez similaires. Mais c'était vraiment en permanence, comme on dit, un work in progress. Il fallait sans arrêt faire évoluer les choses parce que ce qui marchait une année, ce n'était pas sûr que ça allait marcher l'année d'après. Les produits changent, les gammes de produits changent, les dosages changent. Et j'étais arrivé à maîtriser 2018 à ma septième participation. J'avais vraiment réussi à faire une course pleine où je n'avais pas eu de problèmes gastro-intestinaux. que je n'avais pas eu de problème d'hydratation. Et au final, c'est là que j'avais fait ma meilleure course en allant 9h21 à Kona, qui reste mon meilleur temps.
- Speaker #1
Il n'y a pas de mystère. De toute façon, si tu tombes en panne d'essence une fois que tu as franchi la ligne d'arrivée, c'est tout de suite un tout petit peu mieux que si tu tombes en panne d'essence un petit peu avant. Et c'est beaucoup plus simple que... Enfin, c'est beaucoup plus complexe que ce qu'on voudrait bien croire. Ce n'est pas simple du tout. arriver à résoudre l'équation de qu'est-ce que je mange, qu'est-ce que je bois, à quel moment et à quel rythme, c'est tellement individuel et c'est tellement complexe qu'effectivement, une fois qu'on a travaillé là-dessus et qu'on a rendu les choses un petit peu plus habituelles pour le corps, forcément c'est juste une énigme en moins. C'est juste la stat qui va bien, c'est 85% des abandons sur un triathlon longue distance, entre le half et l'Ironman, c'est dû à un problème digestif. Donc ça prouve que c'est pas pour rien si on y travaille bien.
- Speaker #0
En fait, si tu veux, je pense que sur une course comme Kona, il faut vraiment revenir à l'essentiel. Et l'essentiel, ça va être ta nutrition, ton hydratation. Et qu'est-ce que tu vas faire pour te protéger de la chaleur le plus longtemps possible ? Parce qu'il n'y a pas d'année où il ne fait pas chaud. Et c'est vraiment... Il y a une partie qui passe parce que ce que tu vas mettre à l'intérieur de toi, et il y a une partie qui passe parce que tu vas mettre par-dessus toi pour essayer de te protéger. Moi, quand j'ai fait la première fois Kona en 2012, il n'y avait pas de trifonction avec les manches longues. Alors effectivement, c'était moins efficace en termes d'aéro. Par contre, on a une grosse vascularisation sous les bras. Et d'avoir sur la partie vélo une circulation d'air à ce niveau-là sous les bras, ça permettait de garder les températures un petit peu plus basses. Et moi, j'avais fait des tests, parce que j'arrivais suffisamment longtemps à l'avance, quand j'avais eu ma première trifonction à manches longues qui devait être en 2015. J'avais un rythme cardiaque qui était plus élevé, en moyenne de 3 à 5 pulsations, en courant à la même vitesse sur la Queen K sur un 10 km. Et donc ça, ça avait imposé à changer pas mal de choses derrière, c'est-à-dire qu'à la fois il fallait adapter ma vitesse, donc ça m'obligeait à ralentir, c'est-à-dire que le gain que j'avais grâce à une tenue qui était un petit peu plus aéro sur le vélo, il fallait que j'en donne un petit peu sur la course à pied. Et surtout, il fallait arriver à tomber sur une matière qui ne vous donne pas la sensation d'avoir trop chaud. Et c'était un petit peu le début de la révolution dans le textile. On a vu récemment des solutions textiles qui ont été complètement révolutionnaires en termes d'application de différentes structures de tissus à certains endroits pour arriver à créer du gain. Du gain aéro, c'est bien. Par contre, de ne pas surchauffer, c'est mieux. Et rappelez-vous ce qu'a fait Sam Leglo au Tessent à Londres. Il a pris la décision de nager sans combinaison, donner du temps dans l'eau. simplement pour pouvoir attaquer le vélo plus vite avec un rythme cardiaque qui soit plus bas et pour pouvoir pousser plus dur. Et ça, c'est vraiment quelque chose. Alors sur le vélo à Kona, j'aurais tendance à dire que le problème de chaleur, il va surtout être sur la deuxième partie du vélo et les rares parties où il va y avoir un vent qui va être plutôt favorable. Mais comme je le disais dans le podcast précédent, moi, j'ai toujours pris la décision de systématiquement, à chaque ravitaillement, je sortais avec deux bouteilles d'eau. Une que je me mettais dans la trifonction. qui allait me permettre de m'arroser sur les 10 kilomètres. En gros, il y a 10 milles entre chaque ravito sur la Queen Quay. Et j'avais une bouteille d'eau qui me servait à boire et puis m'arroser et que je balançais rapidement après la sortie de la transition. Et j'avais une autre bouteille d'eau que j'avais dans la trifonction qui était dans la position, sur la poitrine, mais qui était la bonne position aéro sans que je le sache parce que c'était le seul endroit où je pouvais me la glisser facilement.
- Speaker #1
Mais ça maintenant, c'est interdit.
- Speaker #0
Maintenant, c'est interdit. Je me la mettais là et je m'arrosais en permanence, c'est-à-dire que sur quasiment la totalité du parcours vélo, j'étais dégoulinant de flotte. Alors oui, effectivement, il faut la sortir, il faut vous mettre en position haute, il faut vous arroser, mais j'avais un tel problème de sudation. Moi, je transpire 3,3 litres à l'heure sur la course à pied à Kona. et on ne peut jamais remplacer 3,3 litres à l'heure. Et moi, l'idée sur mon vélo, tout le travail qui avait été fait en amont, c'était d'arriver à limiter au maximum mes pertes de sueur sur le vélo pour que je puisse attaquer avec un déficit qui soit acceptable sur la course à pied. Donc ça passait par être arrosé en permanence, et surtout sur la course à pied, en général, dans mes 8 participations sur 7 fois, j'ai décidé de me changer en transition et j'ai souvent couru sur mes meilleures années avec un short de course à pied et un petit débardeur flottant au vent parce qu'il y a deux choses il y a votre température corporelle qui est vraiment importante et ça c'est lié évidemment à votre équipement et à la chaleur, à tout ça et ça c'est mesurable par contre il y a quelque chose qui n'est pas mesurable c'est la sensation Et moi, j'avais toujours la sensation que quand je courais avec ma trifonction, j'avais l'impression d'être un petit peu retenu au niveau de la cage thoracique et ça me limitait un petit peu au niveau de la respiration. Et surtout que j'avais beaucoup plus chaud quand je courais avec la trifonction que quand je courais avec le débardeur. Et cette idée de confort et de sensation, alors moi, je n'ai jamais craqué des chronos. Je vais dire, à Kona, je crois que mon meilleur temps, j'ai dû faire 3,27 ou 3,28 sur le marathon. Mais... Pour moi, le fait de pouvoir courir en confort sans avoir la sensation de surchauffe et surtout quand vous arrivez au ravito, de pouvoir vous balancer de l'eau glacée sur la gueule qui va vous dégouliner de partout, j'avais vraiment l'impression de ressortir et d'avoir l'impression que ma température corporelle avait bien baissé. Et cette course à pied short débardeur, pour moi, c'était vraiment une des meilleures décisions que j'avais prises.
- Speaker #1
Et là, du coup, tu mets la main sur trois évolutions technologiques en un seul coup, en one shot. Tu as la tenue, le composant textile, et ça, je vais y revenir, parce que tout le monde est en train de se diriger vers le full aéro. Mais c'est bien d'arriver super vite à la maison, mais si tu arrives super vite et que tu es en pleine cocotte minute, en pleine ébullition, ça ne sert pas à grand-chose. Le fait que la température interne puisse être mesurée et quelque chose qui soit, entre guillemets, bien connu maintenant, Ça, c'est une évolution technologique très récente. Ça a quoi ? Deux, trois ans, puisque c'était en 2022, je crois, que les capteurs Core Body Temp ont été posés. Et puis, la troisième...
- Speaker #0
Les capteurs extérieurs. Avant, il y avait déjà des...
- Speaker #1
En 2017,
- Speaker #0
quand j'avais fait l'Ultraman, Rob Gray, qui est un bon copain à moi, qui avait gagné et qui était devenu champion du monde d'Ultraman à cette époque-là, il avait une capsule qu'il avait avalée le matin sur le double marathon. Et il avait son team qui le suivait avec un iPad sur un vélo. qui lui donnait les valeurs, parce qu'à l'époque, la montre ne lisait pas directement les valeurs. Et il lisait l'évolution de cette température corporelle pour lui dire de prendre plus ou moins de fluides, plus ou moins chauds pour se refroidir. Donc déjà en 2017, pour aller gagner l'Ultraman, où il n'y a rien à gagner à part le titre, il fallait vraiment gratter la chose.
- Speaker #1
Pour le côté historique de la chose, on peut même remonter encore plus loin, puisque les premiers tests avec les pilules que tu avales, les premiers capteurs thermiques internes, C'est en 2012 avec Chris Lieto et Len Samstrong. Et ils se faisaient à Hawaï déjà. Et donc du coup, c'est là où ils s'étaient rendu compte que un, c'était quelque chose qui était vraiment à surveiller. Donc l'entraînement sous chaleur, ce n'est pas tout nouveau. Mais par contre, c'était quelque chose qui était assez compliqué à aller chercher puisque si tu prends une pilule et que tu la mets en interne, c'est très bien, ça te donne ta température interne, ça tombe bien, c'est la chose que tu as besoin. Par contre, si tu manges ou si tu bois quelque chose, ça vient complètement... T'impactes. Ça va complètement perturber les données. Et l'objectif, quand tu veux te refroidir, c'est de boire du frais. Et quand ta pilule et ton capteur, il est dans un système digestif où tu mets du frais, tes données ne veulent plus dire grand-chose. Donc effectivement, le capteur externe, Core Body Temp, il a ça comme légitimité. Et c'est quand même, on peut lui donner tous les travers qu'on veut, mais avoir ça qui est peut-être un tout petit peu moins précis, c'est au moins beaucoup plus légitime que quelque chose qui va être sujet à ton hydratation ou autre chose. Et puis donc, du coup, l'entraînement sous chaleur. Aujourd'hui, on sait que les perturbations induites Les perturbations physiologiques induites par l'entraînement en altitude sont hyper bénéfiques, mais aller en altitude, ce n'est pas tout le monde, ce n'est pas donné, ce n'est pas facile à organiser. Soit tu peux le faire à la maison, mais une tente qui vit hypoxique, tu dors un peu tout seul, ou tu ne dors pas bien parce que ce n'est pas très silencieux. Par contre, l'entraînement sous chaleur, c'est assez faisable, c'est facile à réaliser. Et maintenant, on sait que les perturbations physiologiques induites par l'entraînement sous chaleur sont très proches, voire même un petit peu supérieures à celles en altitude. Elles sont beaucoup plus durables et elles sont tout aussi bénéfiques. Aujourd'hui, on voit bien que tous s'entraînent à la chaleur et tous s'entraînent en altitude quand ils ne font pas les deux. Nos Norvégiens qui vont au Maroc s'entraîner à 2007 parce que font Romeux, ce n'est pas assez haut. Ils vont plus haut et ils vont plus chaud. Ils poussent toujours tous les curseurs plus loin. C'est indéniable. Aujourd'hui, Les cyclistes, d'ailleurs, le passage de Christian Blumenfeld chez les cyclistes pro, ça faisait partie du contrat. Il n'arrivait pas tout seul, il arrivait aussi avec la technologie qu'ils avaient réussi à mettre en avant, les méthodes d'entraînement et les connaissances sur l'entraînement, à la fois sous chaleur et en altitude. C'est quand même assez démonstratif que le triathlète sera toujours un peu en avance sur la technologie.
- Speaker #0
Oui. Alors, si tu veux... Pour moi, ça m'attire plusieurs choses. Parce que l'entraînement en altitude, c'est quelque chose qui est dur physiquement. Quand tu arrives en altitude, tu en prends quand même plein la gueule. Déjà physiquement et puis mentalement. Parce que généralement, on n'est pas complètement hors fitness. On arrive déjà avec un niveau de fitness qui est plutôt relativement bon. Et de voir ces temps et de toujours galérer en termes de... Des premières séances, il faut en gros une dizaine de jours d'adaptation. Psychologiquement, c'est quand même relativement dur. La chaleur, c'est pire. C'est-à-dire que faire l'immense majorité de ses entraînements dans un environnement qui va être très chaud et très humide, c'est vraiment dur sur le corps et c'est vraiment quelque chose qui est dur psychologiquement. J'entendais un des athlètes professionnels qui disait que... Je ne peux pas me rappeler qui c'était. que lui, il avait grandement limité aujourd'hui son entraînement à la chaleur parce qu'il en tirait effectivement des bénéfices physiques, mais ça le pénalisait extrêmement au niveau de son aspect mental et qu'il avait tendance à arriver sur des courses beaucoup plus fatiguées et épuisées mentalement avec moins de niaques et moins de hargnes que quand il s'entraînait uniquement en altitude ou dans des conditions... moins durs. Et c'est vraiment quelque chose qu'il faut prendre en compte parce que quand les mecs font 25 ou 30 heures d'entraînement par semaine, si l'immense majorité des séances elles sont faites... de façon dure, c'est-à-dire que dure dans un environnement dur, avec des conditions dures et des séances qui sont dures, il y a un épuisement mental qui se crée, et si vous arrivez sur une course comme Kona, pas frais mentalement, la journée risque quand même d'être très très longue.
- Speaker #1
Le stress thermique ou le stress de l'altitude, c'est un stress physiologique supplémentaire, donc même si nous on ne le perçoit pas comme Comme l'effort dur, parce que l'effort dur, on le sent, plus on va vite et plus ça cogne, plus ça brûle. Donc ça, on sait mettre un mot dessus. Mais le stress thermique ou le stress de l'altitude, sauf les gens qui sont très, très habitués, ils ne voient pas l'impact direct que ça. Par contre, aujourd'hui, notamment le HRV, la variabilité de la fréquence cardiaque, ça permet de mesurer ça. Essayer d'aller passer une nuit, donc moi, j'ai eu la chance d'aller au Krebs, par exemple, et d'aller passer une nuit en altitude. Le HRV, le lendemain, il est dans les chaussettes. et c'est juste parce que le corps est en souffrance en permanence il est en difficulté, il faut qu'il aille chercher l'oxygène et qu'il mette tout en place pour ça, ça lui demande un gros gros travail et ça c'est du travail dit invisible nous on le sent pas, on a pas l'impression parce qu'on a pas nagé, on a pas pédalé, on a pas couru mais physiologiquement on est fatigué et bah du coup le lendemain on essaye d'aller faire un footing et au lieu de courir à 11 on court à 10 et dans la tête on se dit mais ça va pas et donc c'est une mauvaise spirale donc c'est tout un tout un mindset à préparer et à se dire ben voilà, là je vais aller faire ça, je vais aller prendre une semaine en altitude ou une semaine avec de l'entraînement sous chaleur par contre je vais faire un step back derrière et je vais accepter d'eux et donc ça c'est bien le rôle de l'entraîneur à planifier ça en amont avec l'athlète en lui disant, en le mettant bien dans les bonnes conditions, à la fois physiques, physiologiques mais aussi mentales, que c'est sûr que si t'arrives le jour J avec la langue dans les rayons ça sert pas à grand chose, d'ailleurs il y en a beaucoup qui s'en rendent pas compte de ça
- Speaker #0
et au niveau des groupes d'âge si tu veux, moi sur les athlètes que j'entraîne qui sont soit dans des conditions difficiles soit qui veulent absolument faire de l'entraînement à la chaleur il faut savoir que s'entraîner entre 30 et 32 degrés avec un haut degré d'humidité chez vous sur votre turbo moi j'ai toujours considéré que c'était comme si vous vous entraîniez à peu près à 2000 mètres d'altitude et l'impact sur la durée et la difficulté de la session il doit être adapté c'est à dire que Si vous avez l'habitude de faire une séance de tapis où vous allez faire vos intensités à 15 km heure, je vais vous dire une connerie mais par exemple 16 fois une minute à 15 km heure avec 30 secondes de récup les pieds sur le côté, si vous voulez simuler ça dans la chaleur, ne la faites surtout pas à 15 km heure parce que vous allez vous mettre sur le toit et derrière il va vous falloir 10 jours pour récupérer. Et l'image d'avoir que la chaleur, plus la chaleur va augmenter, voyez là un petit peu comme... plus l'altitude va augmenter. Et pour ceux qui ont fait des grands cols dans les Alpes, on sait tous que généralement, il y a un cap autour de 1400-1600 mètres, il y a un autre cap vers 2100, et quand vous arrivez à 2005-2006, le moteur ne fonctionne plus pareil. Et c'est exactement pareil avec la chaleur. Pensez-y, adaptez vos vitesses, adaptez vos intensités, adaptez la durée également, parce que passer deux plombes, la gueule en plein soleil sur le principe... Petite anecdote encore une fois, j'ai que ça des anecdotes, je devrais écrire un bouquin un jour. 2013 à Kona, la semaine avant, j'avais ma dernière grosse sortie vélo qui était placée le dimanche, donc la course à Kona c'est le samedi, donc à J-6, j'avais fait le parcours complet de l'Ironman, j'étais avec Jürgen Zak, on avait roulé, il m'avait foutu dans les cordes tout le long cet enfoiré. et j'étais rentré, j'étais quand même bien plié et le lendemain, j'avais ma dernière grosse séance à pied qui était à peu près 18 km avec 6 km d'intensité légèrement au-dessus de mes allures de course. L'énorme problème, c'est que je m'étais super déshydraté sur la partie vélo de la veille et évidemment, on ne se réhydrate pas en l'espace de moins de 24 heures. Et quand j'avais attaqué la séance course à pied, On s'était fait poser à Energy Lab, on avait recouru d'Energy Lab en ville les 10-12 derniers kilomètres et derrière on avait les 6 x 1000 à faire sur Alidrive. J'avais sauté au bout de 3, j'avais commencé à avoir des crampes et sur Alidrive vous n'avez pas de commerce, vous ne pouvez pas aller acheter facilement une bouteille d'eau. Et il avait fallu que je retourne au King Cam, donc l'hôtel où vous allez retirer vos dossards pour aller chercher des bouteilles. Mais j'avais failli perdre connaissance en arrivant au niveau du Banyan Tree. Jürgen m'avait accompagné jusqu'à là-bas. J'étais complètement cramé. J'étais rentré à la maison perclut de crampes. Et il m'avait fallu 3-4 jours pour arriver à repasser une séance. Je n'osais plus sortir. Et c'est une année où j'ai pris une énorme cartouche sur le marathon. Et il m'a fallu des années pour comprendre, mais ces séances-là, j'avais tellement transpiré, j'avais tellement perdu d'énergie et je n'avais certainement pas récupéré de ces séances-là, pas d'un point de vue physique, mais d'un point de vue hydratation. C'était peut-être l'année où j'étais le plus fit, j'avais complètement laissé passer ma course à ce moment-là et ça m'avait brisé pendant un bon moment. Mais pensez qu'une fois que vous arrivez là-bas, il y a toujours un temps d'adaptation pour le corps, passez des grosses séances sur Kona. On n'est pas des professionnels, moi j'ai toujours été relativement prudent après ce coup-là, et surtout avec mes athlètes qui y sont allés, où c'était plutôt ce qu'on appelle du take-over une fois qu'on arrivait là-bas. Évidemment, reconnaître, courir certaines parties du parcours, oui ça c'est bien, c'est super important, c'est primordial. Par contre, aller faire des grosses intensités, et vous verrez pour ceux qui vont y être, tout le temps, chaque année, vous allez voir les deux jours avant, des mecs qui vous font des séances d'intensité à 3.30 ou 3.40 sur AliDrive, courir le jeudi ou même le vendredi sur la Queen K qui retourne en ville et vous vous dites putain mais ils font quoi quoi et c'est facile quand on est à Kona de tomber dans ce tourbillon de vouloir en faire trop au niveau d'intensité parce que tous les mecs qui sont là-bas sont tous fit, il y a quand même pas mal de show off et puis généralement quand on arrive là-bas le job il est déjà fait quoi, c'est à dire qu'on est super fit, les entraînements ils sont derrière vous et de vouloir trop en faire trop en rajouter. Il y a tellement de mecs qui laissent passer leurs courses dans les jours avant en voulant faire des trop grosses séances. On n'est pas tous Christian Blumenfeld, on n'est pas tous Samley de l'eau. Et j'ai toujours moi considéré que prendre le départ de Kona, il valait mieux être avec les batteries complètement rechargées, quitte à perdre un petit peu de fitness dans la dernière semaine, que d'arriver avec un gros niveau de fitness, mais des batteries complètement flinguées et d'être déjà en déshydratation, parce que derrière, ça part vite en pleurs.
- Speaker #1
On n'est pas là-bas pour aller faire des footings, on est là-bas pour aller faire la course. Donc c'est vrai qu'aller faire le beau la semaine et arriver sur les genoux le jour J, c'est quand même un petit peu dommage. On sait très bien que l'affûtage les deux dernières semaines ou la dernière semaine avant un Ironman, ce n'est quand même pas le moment où il faut essayer d'aller pousser les curseurs un peu plus loin, sauf ceux de la récupération. Donc tout mettre en place pour qu'on arrive avec les batteries rechargées. Et c'est effectivement un super mantra. Il vaut mieux arriver au départ. un petit peu sous-entraîné, mais avec les dents qui rayent le parquet, plutôt qu'avec la langue dans les rayons et envie de se dire vivement que ce soir, que ça se termine. Parce que quand on se dit ça le matin au départ, la journée, le temps, il est relatif. Et là, la journée, elle se rallonge sérieusement.
- Speaker #0
Oui, et puis d'en profiter aussi, parce que c'est quand même un gros investissement personnel, financier. Vous avez vos proches, certainement, qui vont être là avec vous. Et je pense que de faire profiter nos proches de la totalité de l'expérience hawaïenne, c'est quand même super important. Évitez d'aller vous balader aux heures les plus chaudes, évidemment, mais prenez du temps pour aller à l'expo, prenez du temps pour aller boire un petit café, prenez du temps pour vous balader. Parce que moi, j'ai toujours considéré que Kona, c'était quand même la récompense d'années et d'années de travail. Et d'aller là-bas, surtout que si tu veux, aller... Et par groupe d'âge, il y a une dizaine de mecs qui vont aller chasser le podium. Le reste, on est là pour évidemment faire la course, faire une belle course si c'est possible, mais surtout en profiter. Et moi, sur mes huit participations, il y a quelques années, j'ai vraiment fait la course dans le dur du début à la fin parce que pour la plupart des fois, c'était des erreurs qui étaient liées à moi dans ma partie de préparation et surtout dans ma partie de préparation finale. Et ça, c'est vraiment important. C'est-à-dire que j'ai flingué trois courses. Et j'ai flingué trois courses dans les derniers jours avant la course, en voulant trop en faire et en me laissant prendre un petit peu dans la dynamique de tous. Et pourtant, il y a une année ou 2014 où j'étais vraiment peut-être super super fit et j'ai fait la plus mauvaise course de ma vie. Je suis tombé malade sur le vélo et j'ai mis plus longtemps sur le marathon que j'avais mis sur le vélo. Et ça, je ne le souhaite à personne. Même si aujourd'hui avec Durkul, c'est une expérience que je suis content d'avoir parce que faire Energy Lab et le retour de nuit, les ravitaux quand il n'y a plus grand monde et les bénévoles qui sont là jusqu'au milieu de la nuit à vous encourager. Et quand on m'a tendu le glow stick, l'espèce de collier réfléchissant à la sortie d'Energy Lab, le premier je l'ai refusé et le mec est venu en me disant non, non, tu ne m'as dit que tu n'allais pas rentrer à la maison, il va falloir que tu ailles au bout. Et c'était malgré tout une belle expérience. Et surtout, même si vous avez une journée difficile, moi, je pense que le message, c'est de dire, essayez de rester positif. Au final, on est quand même les chanceux de pouvoir aller à Hawaï. Il n'y a pas beaucoup de monde qui peut se le permettre. De pouvoir arriver à Hawaï dans des conditions de course, même si jamais on est diminué à certains moments. Ma foi, il y a pire que ça sur Terre. Et pensez de faire des sourires et puis de continuer à avancer. Typique. Il n'y a que quand on s'arrête qu'on n'avance pas. C'est con, j'ai un peu l'impression d'avancer une porte ouverte, mais même si jamais vous marchez doucement, je pense que c'était le Dalai Lama qui avait dit Vous ne souciez pas d'être lent, souciez-vous quand vous vous arrêtez. Et ça vaut pour la vie, et ça vaut pour cette course en particulier. Et il est important de rester à peu près en contrôle de ses moyens du début à la fin, parce que c'est une course qui ne vous offre aucune possibilité de vous cacher, et surtout qui ne pardonne pas. C'est-à-dire que si jamais vous vous mettez à un moment dans le rouge, la chance que vous arriviez à vous remettre dans le sens de la marche, elle est proche de zéro. Donc prudence, patience, et puis surtout profitez-en, parce qu'il y en a tellement qui voudraient y aller et qui ne vont jamais, que c'est quand même... Enfin du coup, on n'aura pas tellement parlé des évolutions aéros, on aura parlé de plein de choses, du matériel, mais... Mais je pense qu'on a abordé quand même pas mal de sujets. Il y avait un sujet que je voulais aborder, qui sont les espèces de casquettes qu'on voit ou les bandes de front homium. Homius, pardon. Il y a eu pas mal de discussions autour de ça. Alors moi, j'en avais essayé une à Kona, justement. Alors, je ne sais plus quelle année c'était. C'était les balbutiements. J'avais rencontré le mec qui avait développé ça. Parce que... Pour revenir sur mes problèmes de température corporelle, j'ai toujours cherché à réduire ma température. Et 2013, j'avais été en contact avec, à Singapour, un gars qui vendait des systèmes de rafraîchissement à l'armée singapourienne. Parce que savoir que l'armée singapourienne, elle intervient, ils s'entraînent bien évidemment dans des conditions chaudes et humides, tropicales, équatoriales même, comme à Singapour, et ils interviennent. parfois en Indonésie, dans des milieux comme ça, il fait très chaud, très humide. Et c'était un vrai problème parce que quand vous êtes un militaire, vous n'êtes pas en singlet et short, vous portez souvent un barda et les problématiques de température corporelle chez les militaires élites, donc on parlait de l'équivalent des naviciles ou des commandos, étaient quelque chose qui était primordial. Et ce gars-là, il avait développé un produit, en fait c'était des bandes, vous savez comme les bandes que Björn Borg avait au poignet, des bracelets en mousse qui étaient noirs, où vous les imbibiez d'une espèce de solution qui était, alors je n'ai jamais su ce qu'il y avait dedans, une espèce de solution mais qui était, ça sentait fortement l'alcool, et l'alcool s'évapore, tout liquide qui s'évapore crée du froid, quand vous transformez un liquide en gaz, vous créez du froid. J'avais ces bandes, ils m'avaient aidé, on avait fait des tests à Singapour et ça avait l'air de marcher plutôt pas mal. J'avais une headband et des bracelets de poignée, deux à chaque, qui étaient noirs. Je les imbibais d'une lotion dans des ziplocs qui étaient dans mon sac de transition en T2. Et arrivé en T2, tu te les mettais au niveau des poignées et au niveau de la tête. L'évaporation créait du froid et ça avait tendance à te rafraîchir. Alors l'idée sur le papier, elle était excellente. En pratique, elle l'était beaucoup moins parce que sur un Ironman, on est tout le temps en train de s'arroser et vous dégouliner. Donc au bout de 10 bornes, j'avais lavé la solution qui était dedans et j'avais fini par balancer les trucs parce que ça ne marchait pas ou moins bien. Et puis surtout, la solution alcoolique dans la headband, quand vous vous foutez deux verres d'eau glacés sur la tronche, l'alcool qui vous glisse dans les yeux, pas bon. Mais... Donc cette problématique d'essayer de se rafraîchir, c'était Tobian Simbalé qui avait déjà développé des gants avec des poches intérieures pour mettre de la glace. Cette problématique d'essayer de contrôler sa température à Kona, c'est quelque chose qui a toujours existé. Et au mieux, l'idée, c'est des petits blocs de céramique. qui sont en contact d'un côté. Imaginez une petite pyramide qui va faire 2 à 3 mm de côté et à peu près 1,5 cm en longueur. Vous avez le petit carré de 2 à 3 mm en contact avec votre front qui vient pomper votre sueur sur votre front. La sueur se dissipe à l'intérieur de ce petit prisme céramique. Comme la surface en contact avec l'air est plus importante que la surface en contact avec votre front, vous créez de l'évaporation avec la chaleur. et vous créez du froid. Et c'est très efficace. Tout le monde ne le supporte pas. Tout le monde n'a pas la même sensation parce que sachez qu'on est tous différents. Vous allez rentrer dans une pièce qui va être à 20 degrés, vous avez 50% qui vont vous dire qu'ils ont trop chaud et 50% qui vont vous dire qu'ils ont trop froid. Et la sensation de chaleur, elle est vraiment propre à vous, à votre ADN. Mais pour certains athlètes, ça marche plutôt pas mal et c'est surtout une question de... de ressenti de confort. Je n'ai pas vu d'études qui prouvaient que la température corporelle baissait effectivement. Par contre, de tous les athlètes avec qui j'en ai parlé qui sont sponsorisés ou pas, qui achètent leur headband, dont certains qu'on a eu sur le show, m'ont tous dit, et moi, j'ai eu l'occasion d'essayer, et c'est vrai qu'on a vraiment cette sensation d'un plus grand confort thermique. Et ça, c'est vraiment une évolution technique. qui est importante pour des courses qui sont à la fois d'enconnables, mais qu'on voit certains athlètes aujourd'hui utiliser, même sur des courses où il fait plus froid, parce que même quand il fait 20 degrés, même comme au Tessent à Londres où il ne faisait pas spécialement beau, on a vu des athlètes qui en utilisaient, parce que plus vous allez arriver à maintenir votre température corporelle basse, plus vous allez pouvoir courir à un certain niveau de vitesse élevé. Regardez, des fois il fait 10 degrés, vous allez partir, vous faites votre échauffement, vous avez une veste et vous avez un pantalon. Une fois que vous êtes chaud, derrière, il vous faut que vous vous mettiez en short et en débardeur. Même qu'il fasse 10 ou 8 degrés, vous n'avez pas cette sensation de froid. D'arriver à garder la sensation d'être relativement confortable au niveau température, elle est importante et elle est primordiale à Kona, où dans tous les cas, on est tout le temps en train d'essayer de gérer la surchauffe.
- Speaker #1
Là, c'est deux choses en même temps. Tu as la gestion de la température interne et tu l'as très bien dit, il n'y a absolument aucune étude et on est d'accord là-dessus. Ce n'est pas parce que tu... tu te mets une bande sur la tête que tu vas arriver à te refroidir plus vite. Par contre, c'est à l'entraînement, la sensation de chaleur. Toi, comment tu la gères ? Tu peux très bien être un tout petit peu plus élevé en température interne. Si toi, tu as l'impression d'être plus frais grâce à des artefacts, comme cette bande Omnius, tu vas être un petit peu plus performant ou tu vas pouvoir aller un petit peu plus loin. Donc oui, quand il fait 20 degrés, si tu l'as sur la tête, ce n'est pas ça qui va te refroidir. Par contre, toi, tu vas avoir l'impression d'être mieux et c'est quelque chose qui est... très important dans l'entraînement sous chaleur. L'entraînement sous chaleur, il y a des fois un seuil, comme le deuxième seuil ventilatoire, il y a un seuil de température interne. Quand tu le dépasses, tu passes vraiment du côté obscur, sauf que là, c'est pas en minutes, c'est vraiment en quelques secondes. Ce seuil-là, il peut être repoussé un tout petit peu, où tu peux, toi, t'y habituer à l'entraînement et tu vas effectivement t'habituer à cette sensation de chaleur. Plus tu vas avoir l'impression d'être prêt, plus tu vas pouvoir performer. même si ta température est élevée. Donc c'est quelque chose, c'est une avancée. Et d'ailleurs, ça rejoint un tout petit peu, alors c'est quelque chose dont on aurait dû parler, mais on en parlera peut-être plus tard, l'avancée sur les casques. Il y avait énormément de gens qui, à l'époque, dans les années 2010, se disaient, oulala, à Hawaï, ça ne sert à rien de mettre un casque aéro, parce que ça va être une cocotte minute. Sauf que, donc on est tous d'accord maintenant, les études, ça par contre, ça pleut. l'impact de la température de la tête sur le ressenti et sur la température interne du corps, il est nul. Par contre, encore une fois, c'est le ressenti. Donc si tu as un casque aéro qui est moins aéré qu'un casque normal, du coup tu as moins d'aération. Toi, tu ressens plus la chaleur et donc ça te donne un petit peu plus de sensation de pénibilité. Mais ça n'a aucune importance, ça n'a aucun impact sur ta température interne. Donc encore une fois, on est vraiment dans la sensation et c'est quelque chose qui était déterminant. Il faut en parler à Craig Alexander, par exemple. qui avait la première fois... C'est l'exemple Prime. Lui, il était au départ sur des routes, sur des casques routes, parce qu'il cherchait à être beaucoup plus aéré qu'autre chose. Sauf que tout le monde était avec des casques aéros, et même si tu es le meilleur coureur à pied du circuit, à un moment donné, il faut aussi être capable d'aller un petit peu plus loin en vélo.
- Speaker #0
Lui était réputé pour ça. Chrissie Wellington également refus d'utilisation d'un casque aéro. Et Craig Alexander, il avait poussé le truc encore plus loin. Rappelez-vous, début des années 2010, beaucoup d'athlètes ne couraient pas avec des casquettes, mais couraient avec des visières. Et Crowey avait pour habitude, quand il arrivait à Kona, trois jours avant la course, d'aller se faire raser la tête. Simplement parce que quand il courait, il avait la sensation, comme il courait avec une visière, il avait la sensation du passage de l'air sur la tête. Et quand il s'arrosait, il se mettait de l'air froid. Ça lui donnait cette notion de confort. Moi, je n'ai jamais aimé courir avec une visière. Je l'ai fait un paquet de fois à Kona. Mais je trouvais que... L'impact du rayonnement sur ma tête, et je suis plutôt chevelu, mais l'impact du rayonnement était plutôt pénalisant pour moi en termes de sensation. C'était vraiment une question de sensation. Et le fait d'avoir une casquette qui me protégeait de l'aspect rayonnement, et surtout dans laquelle je pouvais arriver à mettre des glaçons, pour moi c'était un plus. Et Crowey avait une autre anecdote qu'il utilisait, c'est qu'il était sponsorisé, il est toujours d'ailleurs par Oakley, et Oakley lui fournissait les verres les plus noirs qu'il pouvait avoir sur la partie course à pied, parce qu'il avait sa visière, et quand vous regardez les photos de Crowey sur la Queen K, la visière était tirée le plus bas possible, et il avait des lunettes qui étaient les plus noires possibles, parce qu'il disait que dès l'instant où il arrivait en transition, quand il mettait ses lunettes les plus noires possibles, ça lui créait une bulle où il avait l'impression que... comme il faisait plus sombre qu'il faisait moins chaud. Et donc, on touche vraiment ce qui est pour moi hyper important, c'est la sensation et comment l'athlète va réagir face à telle ou telle situation. Et un athlète qui est bien dans sa tête et qui pense que pour lui c'est bénéfique, vous êtes sûr que c'est un athlète qui va aller plus vite. Et c'est vraiment quelque chose qu'il faut bien garder à l'esprit, surtout pour nous, groupe d'âge, où au final, 2 à 3 minutes ne vont pas changer la donne. Mais la notion de confort est de trouver ce qui nous va et ce qui fonctionne bien. Et rappelez-vous, Daniela Riff avait des casquettes Red Bull qui lui couvraient le haut des oreilles parce qu'elle détestait avoir les oreilles qui soient exposées au niveau du soleil. Il y a l'Ironman d'Hawaï et pavé d'innovations technologiques ou de choix, des fois voulus, des fois non voulus, qui faisaient que certains athlètes se sont retrouvés où on les voyait arriver avec des... tenu en se disant mais qu'est-ce qu'est-ce qu'il faisait et pour l'anecdote rappelez-vous d'une année où Jürgen Zach avait fait donc je sais plus quelle année c'était mais quand il bat le record vélo il était uniquement avec un cuissard de vélo simplement parce qu'il avait oublié son haut de je vais pas vous dire où il l'avait oublié mais il avait oublié son haut et quand il est arrivé le matin il s'est rendu compte qu'il avait pas son haut de tenue mais il s'était dit en fait plutôt que de dire à d'autres merde j'ai oublié ma tenue... Il est arrivé, il avait mis son cuissard de vélo et tout le monde s'était dit, mais qu'est-ce qu'il fait ? Et il a dû penser à quelque chose. Et les années d'après, il y avait quelques mecs des groupes d'âge qui couraient avec un cuissard de vélo. Or que lui, il avait couru avec un cuissard de vélo simplement parce qu'il avait oublié son haut dans la piole à quelqu'un. Mais voilà. Et pour la petite histoire, à cette époque-là, il avait roulé 4h17 sur son soft ride. Et un soft ride, c'était pas un canyon au niveau aéro. et Jürgen Zak au niveau aéro c'était pas Pogacar non plus ça remonte à quelques années parce que Jürgen c'était dans les années 90 ça doit remonter fin des années 90 97 je me rappelle bien ça doit être sa dernière ou son avant-dernière participation rappelez-vous quand Greg Welch gagne en 94 il était short débardeur singlet et il avait fait la meilleure partie course à pied Marc Allen courait toujours débardeur singlet... Et il y a un côté, moi j'ai recouru l'année dernière à Vouglan en maillot de bain et singlet pour le fun, mais il y a un côté tellement agréable de courir avec le short qui vous flotte sur les cuisses et puis le singlet qui bat au vent. Et quand j'ai refait l'Ultraman en 2019, sur la partie course à pied, on court de Avis à Kona, c'est 84 bornes sur la Queen K, et cette notion de confort thermique, d'avoir quelque chose qui flotte au vent. Elle est encore plus importante parce que plus vous allez long, plus c'est important. Et si vous regardez les ultra-trailers, des mecs qui font du 100 km, du 100 miles ou plus long, souvent l'aspect confort passe bien au-delà de l'aspect technologique de la tenue. Et c'est quelque chose qui, d'un point de vue groupe d'âge, moi j'ai toujours essayé d'encourager mes athlètes à aller chercher le confort et le bien-être, surtout sur la partie course à pied de Kona. qui se fait 100% dans l'inconfort.
- Speaker #1
Forcément, forcément. Et puis l'évolution des chronos, au final, avec l'impact de ces technologies-là, on va peut-être pouvoir en parler un petit peu plus précisément, j'espère, avec notre prochain invité du coup.
- Speaker #0
Oui, parce qu'on va vous rebalancer. En fait, on avait dit qu'on ne ferait qu'un seul épisode entre là et Piconam, mais on va en refaire un. Romuald Lepers nous fait l'honneur et le plaisir de revenir nous voir mercredi. On enregistre un épisode avec lui. On vous le balancera certainement dans la foulée, le temps que tu le mettes en forme juste avant que tu partes. Mais Romu, il a ce point de vue beaucoup plus scientifique que nous, on n'a pas. Et puis Romu, il a toujours des choses intéressantes. à dire. Donc voilà pour la suite. Moi hier, il y avait un petit triathlon pas loin de chez toi, à Louen, dans le triathlon Bressan. C'était une belle organisation de fin de saison avec la partie natation sur le XS et sur le S qui se font en contre-la-monte et en piscine. Vous faites 100 mètres par ligne d'eau et à chaque 100 mètres, vous vous décalez d'une ligne d'eau. Je trouve que c'est vraiment une superbe idée, une superbe organisation. ça permet de démocratiser un petit peu cette pratique du triathlon où vous n'avez pas le stress de l'eau froide, de l'eau libre et puis de la nécessité d'avoir une combinaison. Et vraiment, je trouve que ce petit club de loin, ils font un super boulot à ce niveau-là et vraiment, c'était à célébrer parce que c'est des belles, belles épreuves. Et puis, il y avait du beau niveau, donc c'était bien sympa. Voilà. Et puis moi, je suis en train de paquer le gravel parce qu'il y a course ce week-end, comme on dit.
- Speaker #1
Et puis tu ne vas pas voir n'importe qui en plus.
- Speaker #0
Non, normalement, on devrait pouvoir aller voir Frodeno. Et puis il y a d'autres athlètes professionnels qui sont annoncés pour venir là-bas faire la fiesta. Donc ça va être bien sympa. Ça me fait vraiment envie d'aller faire cette course. J'ai mon beau gravel que je suis en train de regarder. C'est bien sympa. Ça va être une course qui fait du bien à la tête avec café et donuts au Ravito. Et puis, bière et burger à la fin. C'est cool. Je suis vraiment impatient d'aller faire cette course et voir un petit peu ce qu'il en ressort. Un petit peu, les amis. Toi, je te souhaite... On se revoit mercredi, de toute façon, pour enregistrer avec Romu. Fin prêt ? Il te reste quoi comme séance cette semaine ?
- Speaker #1
Fin prêt, un petit peu de vélo, un peu de course à pied, un peu de natation. On ne va pas laisser tomber le job tout de suite. Et puis après, vogue la galère. Je vais arriver huit jours avant la course, donc je ne vais pas non plus aller faire des étincelles là-bas.
- Speaker #0
Ça te fait arriver quoi ? Jeudi ou vendredi,
- Speaker #1
toi ? Je pars jeudi matin à... 10h du matin et après 26h de trajet, j'arrive jeudi soir à 20h à la bord.
- Speaker #0
Donc tu voles avec qui ?
- Speaker #1
United. Je pars de Genève, puisque c'est juste à côté. Genève, Francfort, San Francisco, Los Angeles à l'aller et je ne sais plus quel autre au retour. San Francisco, je crois. San Francisco. Et puis voilà.
- Speaker #0
Et tu as un gros layover à San Francisco ?
- Speaker #1
Non, on a une heure et demie à Francfort et trois heures ou trois heures et demie à San Francisco. C'est même assez short parce que tu repasses les frontières et ainsi de suite.
- Speaker #0
Surtout que tu fais la douane aux US.
- Speaker #1
On espère que ça va passer.
- Speaker #0
Parce que savoir que Kona, ce n'est pas un aéroport international et qu'il n'y a pas de douane quand vous partez. Il y en a une, mais quand vous arrivez, vous n'avez pas de douane. Les seuls vols qui arrivent où la douane est faite avant, c'est les vols qui arrivent du Japon. Vous avez des vols Tokyo-Kona directs que j'avais pris quelques années. Vous aviez un petit bureau de la douane US qui était à l'aéroport de Narita au Japon. Ce qui était super cool, c'est que tu descendais de l'avion directement, tu récupérais tes bagages. Et puis cet aéroport de Kona, quand tu arrives là-bas, tu sais où tu arrives. Il y a des jaïums. Il n'y a pas de mur, c'est particulier.
- Speaker #1
Ça fait rêver,
- Speaker #0
ça m'énerve parce que je ne sais toujours pas si ça va pouvoir se faire. Je continue à y croire. Ça sera Girona en premier et peut-être Kona. Et puis un petit up à mon gamin qui a gagné hier le triathlon à Loin. de main de maître en s'en mettant une grosse en transition 2, en mettant le pied dans le dérailleur arrière, il s'est arraché un ongle et il est parti il a quand même bien couru, il fait le meilleur temps en course à pied et il gagne le XS au général en mettant les cadets et puis les seniors en ligne et j'étais bien content et puis bien fier pour lui surtout qu'il a eu quelques semaines un peu difficiles donc ça lui a fait du bien à la tronche donc voilà Un épisode supplémentaire dans la boîte. A bientôt tout le monde. Ciao,